L'éco-prêt à
taux zéro limite l'accès des isolants minces au marché de la rénovation
Sur un marché de la rénovation boosté par l'éco-prêt à taux zéro, le conflit
opposant le CSTB et les fabricants d'isolants réflecteurs mince connaît un
nouveau rebondissement avec l'enquête ouverte par l'Autorité de la Concurrence
dans le secteur de l'isolation.
Plusieurs perquisitions
ont été menées au CSTB, à l'Afnor, au syndicat des fabricants d'isolants en
laines minérales (Filmm) et dans plusieurs sites du producteur de laine
minérale Isover.
Ces acteurs sont
soupçonnés de s'être entendus pour empêcher l'arrivée de nouveaux entrants sur
ce marché.
On pense évidemment aux
isolants minces réfléchissants qui mènent depuis des années un combat sans
merci contre les organismes de normalisation et de certification pour faire
admettre que leurs produits dérogent à la norme selon laquelle le pouvoir isolant
des produits de construction est caractérisé par la résistance thermique R,
mesurée en laboratoire et exprimée en mètres carrés.degrés Kelvin par Watt
(m².K/W).
Les fabricants de ces
produits minces, notamment Actis, ont beau défendre la thèse de phénomènes
physiques différents dans leurs produits et dans les isolants traditionnels,
qui nécessiteraient des méthodes de caractérisation différentes, la résistance
thermique R reste l'unique critère d'évaluation de la performance d'un produit
isolant.
C'est donc le seul qui
soit pris en compte par la réglementation technique.
Or les produits minces présentent une piètre résistance
thermique,
comparés aux isolants "traditionnels" :
R atteint tout au plus 2
m².K/W dans les meilleures conditions pour un produit de 2 cm d'épaisseur avec
deux lames d'air adjacentes, à comparer à 5 m².K/W pour 20 cm de laine de
verre.
Les exigences de la
réglementation thermique RT 2005 ne permettent pas aux produits réfléchissants
d'accéder au marché de la construction neuve.
Ils trouvaient donc jusqu'alors des débouchés dans la
rénovation,
non réglementée, où les maîtres d'ouvrage particuliers étaient séduits par ces
produits gain de place, même à prix élevé et sans garantie formelle de
résultat.
Mais, avec l'arrivée de l'éco-prêt à taux zéro, ce
débouché pourrait lui aussi se voir considérablement réduit.
Les "bouquets de
travaux" intégrant l'isolation thermique de la toiture ou des murs
extérieurs ne donnent droit à l'éco-PTZ que si la résistance thermique apportée
atteint 2,8 m².K/W pour les murs et respectivement 3 m².K/W, 4 m².K/W et 5
m².K/W si l'isolant est posé en toiture terrasse, en rampant de combles
aménagés et en plancher de combles perdus.
Dans tous les cas les
produits minces réfléchissants ne peuvent apporter à eux seuls la résistance
thermique exigée.
Ils ne leur reste plus
qu'à prétendre au statut de "complément d'isolation thermique à base de
produit mince réfléchissant".
Neuf produits de ce type
font l'objet d'avis techniques et certains d'agréments techniques européens.
A moins que le syndicat
des fabricants d'isolants réflecteurs minces multicouches (Sfirmm), réunissant
cinq fabricants dont Actis, réussisse à convaincre le Comité européen de
normalisation (Cen) de créer une norme d'essai spécifique, sur la base de tests
in situ.
Un groupe de travail y
réfléchit depuis mai dernier.
MACIAK Hubert
Gérant
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