Manao ahoana Tompoko,
Mesdames et messieurs bonjour,
Mars culturel entre poésie et livres.
Et aussi Mars social entre revendications et devoir de mémoire.
Comme nous le verrons plus loin, pour nous malgaches en France, la vigilance est de mise. Nous ne devons pas dormir sur nos lauriers ‘français’ ou s’oublier dans nos habituelles soirées dansantes communautaires sous prétexte d’une dureté de la vie quotidienne…
Cet e-zin Echos du Capricorne, sans trahir sa vocation culturelle, va essayer aujourd’hui de vous donner quelques éléments de réflexion…
D’un projet de loi à l’autre:
en passant par deux festivals
Le climat actuel en France est préoccupant, avec la grogne des étudiants, leur occupation des universités et les descentes dans les rues pour exprimer leur méfiance et leur mécontentement vis à vis du CPE.
Samedi 11 mars dernier à 4 h du matin le président de la Sorbonne a décidé de faire évacuer par la police les étudiants qui occupaient depuis quelques jours les locaux.
Il a ensuite décidé de fermer tous les sites de la Sorbonne pour la journée de samedi par mesure de sécurité.
C'est ainsi que la conférence sur la littérature malgache contemporaine, s’inscrivant dans le cadre du « 3ème Printemps des poètes des Afriques et d'Ailleurs » et qui était prévue samedi 11 mars sur le site de Censier Daubenton, n’a pas pu avoir lieu, contrairement aux précédentes journées de la semaine poétique programmée en Sorbonne, qui elles se sont déroulées normalement.
Les organisateurs expriment leurs vifs regrets face à ce contretemps indépendant de leur bonne volonté.
Ce festival était inscrit dans le programme national du Printemps des poètes avec comme thème cette année : « Chant des villes, Le Paris noir ». Il a débuté le 5 mars par une soirée hommage à Jacques Rabemananjara, avec une brillante prestation de l’association UPEM et des poètes des afriques et d’ailleurs, complétée par une après-midi d’animations dédiée aux enfants. Le festival s’est terminé dimanche 12 mars par des déclamations de poèmes et un dîner dans un restaurant camerounais à Paris.
Mis à part la poésie, la langue française était le point commun de tous ses poètes et voici un extrait de ce qu’en dit dans le quotidien Libération du 10 mars, Thierry Sinda, président du festival, défenseur de la néo-négritude, poète et professeur de lettres : on y lit en conclusion de l’article « Quant à la question de la langue, si importante en poésie, Sinda y apporte une réponse singulière. Celle que parlent les poètes des Afriques et d'ailleurs est, selon lui, «leur langue maternelle ». Moi, par exemple, je parle le français du XIIIe arrondissement de mon enfance.»
La programmation de ce Printemps des poètes des Afriques et d'Ailleurs au sein du festival national du Printemps des poètes fut un bon exemple d’intégration réussie.
La ‘francophonie’ qui s’invite cette année dans le cadre d’un festival (Francofffonies)en France, avec l’inauguration au Salon du livre, a quoiqu’on en dise, encore des beaux jours devant elle…
Deux écrivains malgaches sont invités d’honneur au salon du livre de Paris : Raharimanana et Djaomanoro(*).
La francophonie est une forme de recherche d’intégration, et cette remarque m’amène à évoquer le sujet de l’émission de mercredi 15 mars dernier : l’immigration. Immigration choisie et non plus subie, ce sont les mots constituants le fil conducteur de l’avant-projet de la réforme de la loi sur l’immigration présentée par le premier ministre français, inspirée par son ministre de l’Intérieur.
Le projet préconise également une immigration cohérente, juste et rigoureuse, mais quels méthodes et efforts cela suppose t’il de choisir et de faire avant de pouvoir légiférer en vue d’une immigration respectueuse ?
L’association AEOM, Association des Etudiants d’Origine Malgache, signataire de la pétition contre l’immigration jetable, nous a apporté des éclaircissements sur ce projet de loi sur l’immigration. Pour ceux qui sont intéressés par ce thème, l’émission est diffusée et archivée sur les sites de nos partenaires Internet (emap, madagate, linuxmg).
Mars 1947 – Mars 2006 :
Devoir de mémoire, enfin, avec le 29 mars 1947.
A un an de l’annniversaire des 60 ans de cette tranche d’histoire commune avec la France, des points d’ombres subsistent, les archives de l’administration coloniale ne sont toujours pas ouvertes, des thèses s’affrontent…
L’émission Echos du Capricorne a eu l’honneur de recevoir en direct Mr Solo Ravoahangy Andrianavalona le 8 mars dernier. Journaliste et fils du député, il nous a accordé une série d’entretiens sur le rôle et la position du MDRM (Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache) en 1947. Une page résumant les points abordés lors de cette série d’entretien est disponible sur le site Echos.
Pour s’informer plus amplement, une conférence est organisée le 29 mars au FIAP à Paris, avec avec J. Tronchon et R.W. Rabemananjara. (*)
Des ouvrages d’histoire seront disponibles en expo-vente lors de cette rencontre.
Marsement vôtre,
CJL
(*) Sur le site www.echoscapricorne.org : voir Rubrique rendez-vous
(**) sur le site www.echoscapricorne.org : voir Rubrique Archives