Le Débat sur la passe
lancé par Sophie Gayard, prend de l’ampleur.
JOURNAL DES JOURNÉES
N° 58
le mardi 17 novembre 2009, édition de 5 h 29

AGENDA/ ACTA
par Jacques-Alain Miller
- Les choses à faire par moi, mes agenda, se transforment en acta avant que j’ai le temps de les écrire. Je cours plus vite que moi-même, « plus vite que mon ombre », comme Lucky Luke. Je croyais pouvoir aujourd’hui me poser, mais voilà que Giesbert me fait demander par Olivia, pour demain matin, un article destiné au« Point » de jeudi, sur un sujet qui mérite mon intérêt. Donc, je diffère le moment de me rassembler dans ces pages.
- Tout de même, une bonne chose de faite : Margot Jeanne, Miller de son nom, vient de paraître sur la scène du monde. Déjà très avisée pour son âge, elle a choisi pour ce faire le 14 novembre, soit le même jour que François Regnault, à 71 ans près. Margot acta est ! Tous nos vœux. Et toutes nos félicitations à la maman, Anaïs Feuillette, ansi qu’au papa, Gérard Miller.
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sandrine corouge portrait d’anna wintour
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catherine lazarus-matet le profil de l’ae hélène bonnaud lettre à sophie gayard
jeanne joucla que disent les passeurs ? patricia bosquin-caroz question de mode de jouir
dominique heiselbec passe caduque ? eugenia varela la passe et le sacré
agnès aflalo la passe et sa croix jean-daniel matet la passe et les passeurs
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paulo siqueira le chausse-pieds et la chaussure
jacques-alain miller le journal se ramifie
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PORTRAIT D’ANNA WINTOUR
par Sandrine Corouge
Le documentaire The September Issue – qui montre Anna Wintour, directrice de Vogue au travail – m’a fait penser à la direction que vous donniez aux Journées (pairs de textes pour effet de sens inédit,) et à ce que furent les Journées elles-mêmes : jouer des signifiants de la société actuelle, de l’image, sans rien céder du discours analytique.
« Allons les sacs à main n’ont plus aucune valeur !Je l’ai lu dans Vogue. En ce moment, le must, c’est d’avoir quelque chose que personne d’autre ne possède. Un objet unique en son genre »1
Comment maintenir au XXIe siècle, une revue de mode au top N° 1? Anna Wintour à la tête de Vogue US depuis 1988 qui, peut-on lire ci et là, « est et fait la mode d’aujourd’hui et de demain » pourrait à cet égard nous donner une magistrale leçon. Mais d’ailleurs, qui est la fameuse rédactrice en chef à l’image immuable - coupe au carré à frange, lunettes de soleil-? Pour certains, femme intrépide et géniale visionnaire; pour d’autres, despote froid et hautain, au doux surnom de « nuclear winter ». Et ce n’est pas son portrait au vitriol de Cruella de la mode dans le Diable s’habille en Prada2 qui aide à éclaircir le mystère Wintour ; ajouté au fait, que c’est toute de Prada vêtue qu’elle est apparue à la Première du film : pour une femme dite dénuée d’humour, on admire.
Quelques données biographiques : Anna Wintour née en 1949 à Londres, fille de Charles Wintour, rédacteur du Evening Standard, qui la consulte très tôt afin d’accroître son lectorat auprès des jeunes Londoniens du milieu des années 60. C’est d’ailleurs lui qui aurait décidé de sa carrière : rédactrice en chef de Vogue US. But que celle-ci atteint une vingtaine d’années plus tard, traînant déjà sa célèbre réputation. A ceux qui l’interrogent sur son aura glacial, elle rétorque que « seul Vogue importe » : « elle n’a pas à être aimée, elle fait son job » réplique un assistant dans The September Issue3, documentaire de R J Cutler qui couvre la préparation et le bouclage du September Vogue 2007 ; particularité étant pour ce numéro, battre le record du September 2004 et ses 832 pages. Or au lieu de remplir encore et encore – impératif du chiffre oblige-, on voit Anna Wintour « vider », au fil des jours qui passent, le grand tableau-maquette mural du numéro de Septembre; au grand dam de la photographe-artiste, Grace Coddigton, autre anglaise infiltrée au sein de la rédaction de Vogue US. C’est d’ailleurs le répétitif ballet entre ces deux drôles de partenaires, autour du tableau-maquette, qui fascine ici. T1 : Coddigton affiche les belles images de sa série-mode. T2 : rapide passage de Wintour qui retire 1, 2, plusieurs photos, positionne autrement deux autres, écarte celle-là jugée « trop chargée » ou « trop noire » : « Vogue n’est pas sinistre ». Quand elle repart, il reste quelques photos éparses. T3 : Coddigton crie au scandale, déplorant que « l’air du temps » soit désormais aux commandes. De fait, Wintour est la première à avoir misé sur la valeur « célébrité », préférant à une griffe de créateur, la figure d’une Sienna Miller4 ou d’autres people en couv’. Est-ce à dire que la ligne éditoriale de Vogue s’en trouve dévoyée? Qu’il y a sacrifice de la mode sur l’autel de la rentabilité? On pourrait en douter s’agissant de celle qui fût la seule à refuser le deal d’Armani : une publicité moins chère contre plus de pages pour les produits Armani ; qui a fait sienne la devise de Mies van der Rohe : « less is more »5 réplique Wintour, dans une scène du documentaire, à des industriels qui s’en remettent à elle pour convaincre les créateurs de produire plus et plus vite. Alors qu’est-ce qui préside au choix de Wintour ?
On la voit ici, malgré la pression du temps, attendre, maintenir un certain vide jusqu’au shooting de la série-célébrité. C’est en effet à partir de là qu’elle composera le tableau d’ensemble, pouvant alors réintroduire des photos d’abord écartées. « En fait, c’est mon vogue, elles y sont presque toutes » constate à la fin, triomphante, Coddigton; en fait, aveugle au tour de passe-passe opéré par Wintour. Car la série-célébrité ayant ordonné l’ensemble, cela fait effet de sens nouveau : l’image accrocheuse qui fait vendre en couv’, pour qu’à l’intérieur le luxe – du moins, une certaine idée de la mode- trouve à se loger. Rien n’a été cédé sur l’essentiel. Et si pour cela, des célébrité doivent être en couv’, si pour cela, celle qui restait cachée doit monter sur scène – preuve en est ce documentaire dont elle ira jusqu’à assurer la promo dans la célèbre émission The Late Show with David Letterman –, ou intégrer le Comité des Arts et des Lettres du président Obama, Wintour n’hésite pas. Jouer de l’image sans se prendre dans ses rets, serait-ce aussi cela - pour reprendre Jacques-Alain Miller6 qui situait là l’enjeu pour l’analyste du XXIe-, « être absolument moderne, sans cesser d’être soi-même » ?
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DÉBAT SUR LA PASSE
Catherine Lazarus-Matet : le profil de l’AE
Lors de mon intervention aux Journées, j’ai parlé du « profil de l’AE ». Or, il n’y a pas de « profil de l’AE ». C’est que mon énoncé ne saurait être séparé de mon énonciation.
Il y a en effet un écart entre ce que l’Ecole attend des AE, à savoir un enseignement singulier, et le mode standard sous lequel l’institution loge cette singularité. Autrement dit, il n’y a pas de profil de l’AE, mais il y a un standard institutionnel de l’AE enseignant, parce que l’institution génère nécessairement des formes généralisables.
Est-il concevable qu’à l’issue d’une analyse dont on pense pouvoir témoigner pour l’Ecole, ce témoignage soit donné sous une forme originale, distincte de la forme d’enseignement préétablie par l’institution ? La question est restée ouverte pour moi.
Il y a maintenant quelques années, alors que j’étais réticente à l’idée de faire la passe car peu désireuse d’avoir à enseigner comme les AE le faisaient si j’étais nommée, mon analyste me dit qu’il ne tiendrait qu’à moi d’enseigner selon un mode cohérent avec ma problématique, et à sa réduction à la fin de l’analyse. C’était donc poserque la chose était au moins possible.
Parler du « profil de l’AE », c’est, avec une pointe de provocation envers moi-même, offrir au débat cette question, ma question, tout en rendant hommage aux anciens et actuels AE, qui savent se plier, pour l’Ecole, aux exigences de l’institution.
Hélène Bonnaud : Lettre à Sophie Gayard
Chère Sophie Gayard,
J’ai beaucoup aimé la façon dont tu ouvres la question de la passe dans notre École.
Je pense en effet, comme toi, qu’il y a un paradoxe à toujours se plaindre de l’absence d’AE, et de le corréler à l’absence de demandes de passe. Je pense que beaucoup de gens ont fait la passe dans l’École mais n’ont pas été nommés. Le manque d’AE ne veut donc pas dire manque de passants. Certains s’y présentent même plusieurs fois. C’est une première remarque.
La deuxième remarque porte sur le silence qui entoure la passe depuis plusieurs années. A force de ne pas en entendre parler, on se demande si elle a encore de la valeur dans l’Ecole.
La troisième remarque porte sur la nomination et ses conséquences. Il est évident que se présenter à la passe, c’est désirer être nommé AE. J’ai souvent été frappée par le fait que l’on fait du titre d’AE une nomination qui ne peut être que désirable. Pour l’être, il faut qu’elle signifie pour le passant quelque chose qui soit en accord avec son désir. Je me suis souvent demandée pourquoi je ne le désirais pas vraiment. De quelle résistance étais-je porteuse ? D’où ma question de savoir ce que changerait pour moi une nomination d’AE et si cela correspondrait à ce que je désire. Et les réponses qui s’imposent, m’obligent à considérer que ce titre recouvre le réel qu’elle promeut d’un idéal et d’un travail qui, comme le soulignait Éric Laurent lors de l’AG de samedi soir, demande beaucoup à l’AE. Un enseignement pendant trois ans, des voyages pour porter sa parole de par le monde, être présent et l’ouvrir à chaque occasion importante, etc. À l’époque de la mondialisation, c’est logique. Et je ne le conteste pas. Mais comment interpréter alors, comme le soulignait Laure Naveau lors de cette même AG, qu’une fois le titre qui la portait perdu, elle se sente tout à coup, une « AE jetable » ? N’y a t-il pas là l’indice d’une déception liée au fait que ce travail énorme reste pourtant flottant dans l’École, comme s’il se détachait, une fois le temps révolu de la nomination, - reste de passe ou identification à la position de déchet de l’analyste ?
Ces trois remarques forment l’état d’esprit dans lequel je me trouve depuis plusieurs années quand je me pose la question de savoir pourquoi je ne me suis pas représentée à la passe. D’autres raisons me sont plus intimes, et n’ont pas lieu d’être énoncées ici.
Voici maintenant où me mène ma réflexion dans l’après coup des dernières Journées.
Tout d’abord, la levée de l’interdit de parler de soi comme analysant a constitué l’événement majeur de ces dernières Journées. Les témoignages de chacun ont rendu l’École forte de « son expérience même ». C’est cela qui compte. Mais c’est un événement d’École, je veux dire de plusieurs sujets pris dans le moment historique du thème des Journées, et non pas d’un seul, au titre d’AE. C’est une différence qui, à mon sens, devrait être interrogée et trouver un fil logique.
Je considère que ce choix fait par J.-A. Miller de laisser s’ouvrir le plus intime de son analyse de façon publique est une entrée dans l’ECF3 qui pose de nouvelles questions sur la passe, son dispositif, ses AE, ses non-AE comme tu le dis aussi, chère Sophie. L’exemple de Sonia Chiriaco doit ouvrir sur une réflexion quant aux critères de nomination, au pari dont celle-ci est l’objet puisqu’évidemment, il n’y a pas de garantie tout au long de la procédure.
C’est pourquoi, à l’heure où pour nous, la fin de l’analyse ne signifie plus traversée du fantasme et chute du sujet supposé savoir, je me demande ce qu’incarne précisément la nomination qui renvoie forcément à une signification de vérification de ce passage de l’analysant à l’analyste.
Il faut bien une nomination pour inscrire une place singulière dans la passe. Je ne remets nullement cela en cause. Bien au contraire. Mais pourquoi ne pas réfléchir à ce qui est à nommer dès lors que la fin de l’analyse n’est pas une… mais bien multiple. Peut-être est-ce par ce bout de la pluralité des fins d’analyse que pourrait se transmettre ce que c’est qu’une analyse. Et cet appel à une non standardisation de la fin de l’analyse, une approche singulière de pourquoi un sujet pense avoir terminé son analyse, etc. ouvrirait sur un savoir plus expérimental, moins certain, je n’ose pas penser « parfois contradictoire ». L’expérience de ces Journées indique qu’il n’y a pas de fin idéale ou de parcours normalisé. Cela libérerait la voie pour mieux saisir la façon dont chaque passant est habité par un désir de transmettre son expérience de l’analyse, et du devenir analyste qui le soutient dans sa pratique de la psychanalyse. N’est-ce pas là l’essentiel ?
Certes, tu pourrais me répondre que de tels analystes qui sont dans ce ressort de transmission et de transfert à la cause analytique, il en existe déjà. Au delà de l’AE. Qu’aurait donc de plus le nouvel AE ? Eh bien justement, ce qui en fait un sujet différent, c’est qu’il vient juste de faire l’expérience de la passe, juste d’être nommé et que de ce fait, il est précipité dans cet après-coup de la nomination qui est sans aucun doute le principe même de la passe. D’être un moment. D’en être l’objet. D’en obtenir un effet. D’en transmettre le vif. Que la psychanalyse soit transfert à l’Autre de son époque. L’Ecole, ce qui en porte la cause.
J’espère, Chère Sophie, que cette réponse aura des suites.
Bien amicalement à toi.
Jeanne Joucla : Que disent les passeurs ?
Cette question - parmi les autres, toutes pertinentes, de Sophie Gayard - ne m’a pas laissé tranquille depuis hier soir… Elle me réveille, et pourtant tout au long des deux expériences que j’ai eues en 2008, c’était là, constamment…Que disent les passeurs de leur expérience ? Qu’écrivent-ils ? Qui sont-ils ? Comment les autres se sont-ils débrouillé pour occuper cette charge et assumer la responsabilité de la transmission.
Pour être une charge discrète – au sens de discontinue ainsi qu’au sens de ce qui touche à l’intime - est-ce pour autant une charge incommunicable ? Je ne le crois pas…
Pourtant peu de textes existent ou bien ils datent du tout début de la passe. Je le sais, je suis allé y voir, cherchant naïvement dans des mots écrits quelque assurance, des indications, quelque vade-mecum…aussi bien que les impasses possibles rencontrées par d’autres avant moi.
Bien sûr que le véritable vade-mecum, c’est la propre analyse du passeur avec ses moments de franchissement...je n’en doute pas…
Les matinées de la passe m’ont cependant apporté, après coup, quelques éléments de réflexion. Pourquoi ne pas donner la parole aussi à des passeurs dans ces occasions ?
Leur fonction est d’apparaître puis disparaître, certes, à chaque tirage au sort de leur nom. Une expérience, et un savoir peut-être, ne s’en sont pas moins déposés.
La singularité de chaque transmission n’équivaut pas à un échange impossible.
Discrétion n’équivaut pas à silence.
Patricia Bosquin-Caroz
Être ou devenir analyste, même bateau. D'accord. Tomber analyste comme on tombe amoureux ? C'est un point-de vue féminin. Se "mêmer" dans l'Autre ( équivoque "mêmer-m'aimer"- Séminaire 20. Encore). C'est-là que l'embrouille commence, c'est vrai. Par l'amour de transfert et l'identification à l'analyste. C'est donc un début. Dans ce fil, il y a "'le consentement au désir de l'analyste". Pas si simple. Non plus pour une femme à se faire à son irreprésentable. Pas de signifiant pour dire l'analyste, non plus la femme. Sinon, un consentement? Un "se laisser faire", jamais abouti, toujours sur le métier. Tout commence, il me semble avec un dérangement de la défense que l'analyste opère osant bousculer, débusquer...le mode de jouir de l'analysant. Y consentir (côté analysant), serait un premier consentement au désir de l'analyste. Ce serait là une première percée.
Dominique Heiselbec
La passe est une procédure, hypersélective, relativement lourde et opaque dont peu d'élus sortent par une nomination. Pour le passeur que j'étais, elle avait un côté intimidant et secret, au point que me rendant rue Huysmans pour rencontrer le jury, je n'avais pu trouver mon chemin et m'étais perdue! En outre, comme le regrettait Anne-Marie Le Mercier ( JJ 57), du précieux qui s'y dépose, pas ou peu de traces.
Ces Journées, à l'inverse, étaient ouvertes, elles ont fait offre à chacun, à chaque "nain face au réel" (emprunté à Esthella Solano JJ 54) de témoigner à partir du savoir qu'il élabore de l'inconscient dans sa cure. Cela a changé la donne.Et remis les pendules à l'heure...de l'inconscient, au détriment du maître.
En ce qui me concerne, le transfert fut massif à JA Miller qui se faisait garant de cette ouverture, pourtant si simple et si incroyable à la fois, aux "Formations de l'ics de l'analyste" (premier intitulé). Transfert qui permit que le savoir d'années de cure s'articule et précipite en un texte qui a été exposé. Il est possible que ces Journées me conduisent à la passe. Sans elles, cela aurait été différent. J'ai pensé que peut-être, ces Journées court-circuitent la passe, voire qu'elles la rendent caduque dans ses modalités actuelles.
Pour finir, quand PG Gueguen énonce (JJ 57) : "l'Ecole idéale serait celle dans laquelle chaque exposé, chaque texte, chaque prise de parole serait un moyen de s'analyser, c'est à dire de continuer son analyse par d'autres moyens", j'y souscris. M'approchant de monsieur Miller dans le hall, tout à la fin des Journées pour lui demander si la publication des textes prendrait bien en compte la version présentée aux Journées et non la version initiale, ce à quoi il répondit par l'affirmative, je m'entendis ajouter: "Ce texte, je le retravaillerai toujours!".
Eugenia Varela Navarro : la passe et le sacré
Daphné Raynaud a témoigné de son attirance pour l’analyse à partir de l’écoute attentive qu’elle a eu pour le discours de Françoise Dolto à 8 ans qui parlait à la radio, et de comment cette écoute l’a amené à devenir analyste malgré elle-même. Cette intervention éclairante m’a rappelé cet aphorisme de vous : « Les psychanalystes sont condamnés à parler de ce qu’ils ne voient pas »
L’événement de discours provoqué par l’organisation logicienne et joyeuse des journées nous a mis devant l’absence du Sacré. Dorénavant il n’y aura plus des hiérarchies qui détiennent un savoir sur l’Acte, les Journées de l’ECF ont été la monstration, un par un, de ce renversement.
Dans « la Méprise du Sujet supposé savoir », Lacan rappelle aux analystes : les mots « Méné, méné, tékel , oupharsin , si ça apparaît sur le mur pour que tout le monde le lise, ça vous fout un empire par terre » Lacan rappelait aux analystes en 1967: il y a un savoir qui se transmet sans qu’aucun sujet le sache. [1]
Ce savoir lisible à plusieurs dans les Journées n’a pas été attribué, ni destiné au Tout-Puissant, ni à la Dame Ecole dont on a parlé récemment dans les JJ, en nous faisant croire que la faute est de l’Autre, qui par ailleurs n’existe pas, car nous savons bien que dans l’expérience analytique le sujet est confronté aux signifiants qui causent sa jouissance, et que ces signifiants, le sujet les investi malgré lui, et qu’il a la responsabilité de les dégager .
Donc, les Journées sont une expérience qui mérite être élucidée dans sa force constituante : elles instituent une nouvelle forme de la transmission de la psychanalyse.
A savoir : pas de hiérarchie, pas de respect pour les positions acquises ou les mauvaises habitudes, pas de choix préférentiels pour les amis et les copines. Le hasard dans la distribution des salles, et la bonne fortune d’une lecture attentive de la part de Pierre Naveau et de vous-même, ont fait saillir les fondements d’une expérience, les éléments signifiants fondamentaux de celle-ci, les lettres, les objets, enfin une délivrance de son sinthome en clair ! pour les intervenants et les participants.
Les sigmas que nous sommes, c'est-à-dire les sinthomes qui nous sommes, nous étions invités au Banquet des Analystes pour entrer dans un discours en parlant ou en se mariant à un autre sigma.
Est-ce que le désir de l’analyste n’appartient qu’à quelques-uns ? Combien des fois j’ai entendu dans les soirées de la passe des affirmations de ce genre de la part des ex-AE. Est-ce que le désir de l’analyste peut se confondre avec les tâches multiples au sein d’un groupe analytique ? Malheur ?! le travail , les exposés cliniques, les déplacements , ça alors ! ça ne sert pas à devenir analyste ?
Aller dans le monde pour prendre une place d’analyste relève pour Lacan de la bousculade. Pour lui, il s’agit plutôt de l’acting-out. La position du psychanalyste vient de son inscription du sujet dans le réel, de cette élucidation qui se fait dans une structure discursive, qui n’est pas l’affaire d’une personne, émerge la significantisation du sinthome .La béance entre le sinthome et la chaîne signifiante est inhérent à la position de l’analyste, les nœuds et les liens qui se créent maintiennent l’ininterprétable. D’où l’analyse infini de l’analyste-analysante.
Agnes Aflalo : La passe et sa croix
J’ai eu l’occasion de vous dire de vive voix et de vous écrire ce que je pensais du succès de ces Journées avec sujet, verbe et compliments. L’appel au désir a été entendu largement au point que l’ECF est la première des Écoles de Lacan à se réinventer au moment crucial où le malaise dans la civilisation à fait précipiter la question de savoir comment on devient psychanalyste au XXIe siécle.
La série des exposés du samedi a suscité un enthousiasme inédit de ceux qui ont payé de leur personne pour s’exposer. Les effets attendus des couplages et des présidences n’a pas fini de se produire, et c’est tant mieux parce que c’est là une autre occasion pour le désir de se faire entendre.
S’agissant du dimanche la séquence Freud analysant et Lacan analysant avait un caractère exceptionnel à plus d’un titre, et pourtant les échos sont assez rares, voire inexistants. C’est comme si le tyran extérieur était audible, mais pas celui qui nous est le plus familier. Et, je dois le concéder que ce n’est que dans l’après-coup que la question s’est posée pour moi de savoir pourquoi, j’avais été programmée là. Vous avez évoqué trois raisons dans le JJ : le jugement de Pierre Naveau, le fait qu’il s’agisse d’actualité et une place vide à combler. Il y a sans doute d’autres raisons à évoquer. J’en mentionnerai ici deux : d’abord je suis une femme, et ce n’est le cas ni de Freud ni de Lacan, et ensuite le divorce irrémédiable de la psychanalyse et du psychanalyste m’a conduite à un engagement militant pour la cause analytique qui accueille les différences avec les différends.
Cet engagement-là relève d’une décision politique, non pas de la politique du symptôme qui est la politique de l’autruche : avoir pris acte d’un réel, mais en même temps refuser d’en tirer les conséquences. Et, en particulier, croire qu’il y en a un, au moins un, qui le fera pour nous. La politique du symptôme - politique du pire parce que c’est celle du père - comporte la croyance à l’Autre : qu’il soit gentil ou méchant, détesté, ignoré ou aimé, est secondaire au regard du fait de le faire consister. L’affect - colère, tristesse, etc., naît en ce point-là où l’Autre se remet à exister. Le trop dont on pâtit - le pathos -, c’est le moment où au lieu de consentir à lâcher sur la jouissance, le sujet préfère faire consister l’Autre et se faire croire qu’il existe. Un nouveau tour est alors nécessaire pour cesser d’y croire, et retrouver la voie du partenaire inhumain - partenaire symptôme des uns et partenaire ravage des autres - plutôt que la voix d’un Autre qui intime l’ordre de jouir du silence de la pulsion de mort.
Au regard de la politique de l’inconscient, qu’est-ce qu’une politique lacanienne ? Il me semble qu’elle propose en acte le traitement du partenaire inhumain, non pas de l’Autre méchant ou gentil, mais le traitement de la part maudite de chacun qui ne cesse pas de produire sa propre méconnaissance. La politique lacanienne ne spécule sur rien d’autre que sur le désir pour faire passer la jouissance par l’amour- transférentiel, toujours - pour qu’elle s’évide assez et que le désir émerge. La question qui se pose alors est celle des conséquences à tirer pour chacun et pour l’École de Lacan.
Une École de Lacan n’est pas une École digne de ce nom sans le désir de passe. C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé de me présenter aux cartels de la passe dès qu’ils seront en fonction. Cesser de faire une croix sur la passe pour l’extraire de sa gangue religieuse faite d’addiction au transfert et ses différents accros : prendre le risque absolu de s’avancer dans une zone où le savoir est à extraire et à transmettre pour une action de politique lacanienne avant tout. C’est une des leçons que je tire de l’assassinat manqué et pour réinventer le dialogue avec vous.
J.-D. Matet : Petite note sur la passe et les passeurs à la lumière des Journées
A l’issue des Journées « Comment devient-on psychanalyste au XXIème siècle ? », il a été dit « passe d’École, passe généralisée ». Il paraît plus adéquat de souligner la pullulation des moments de passe qui ont été exposés lors de ces Journées et qui en fait un événement véritablement authentique et exceptionnel. Peut-on y voir un espoir de nomination d’AE ? Question complexe dont une partie de la réponse sera donnée par l’afflux ou non des demandes de passe dans le dispositif. S’engager dans le dispositif de la passe à l’ECF est fort différent que d’intervenir devant le public des Journées. Est-ce donner trop d’importance à ce fonctionnement institutionnel, quand certains disent qu’il est daté et qu’il freine plus qu’il n’encourage la mise en valeur de ce moment particulier et spécifique du passage à l’analyste ? Le dispositif voulu par Lacan pour l’EFP en 1967 reconduit à la création de l’ECF en 1981 doit-il s’appliquer sous les mêmes formes alors que la psychanalyse a changé, tant concernant la formation des analystes que dans le rapport à la garantie de leur pratique ? La grande différence entre l’exposé aux Journées et le dispositif de la passe c’est l’existence du filtre des passeurs.
L’expérience des cartels de la passe est passionnante, mais rapidement, des différences sensibles se font jour dans la transmission que font les passeurs de ce qu’ils ont entendu. On peut les questionner, leur demander de prendre à nouveau des informations sur tel ou tel point auprès du passant, mais il apparaît que le témoignage du passeur reste lié au point atteint dans sa propre analyse. Je ne tomberais pas dans ce travers des vieux professeurs qui trouvent toujours que le niveau de leurs élèves baisse pour dire des généralités sur les passeurs. Il est sensible que l’effet produit par l’énonciation directe d’un moment de passe face à un public n’est pas le même quand il est transmis par les passeurs au cartel. Il apparaît alors plus comme poisson froid dont on cherche les arrêtes que comme le même vif au fil de l’eau.
Les cartels de la passe encourent toujours le reproche d’une attitude malthusienne à l’égard des nominations d’AE. Par définition, ceux ou celles qui entrent dans le dispositif sont animés de la certitude qu’ils ou elles sont arrivés au point qui peut leur valoir cette nomination. Qu’il n’y ait pas d’équivoque : le cartel dont j’ai fait partie avait le vœu le plus chère de nommer des AE. Il y a parfois des collègues que nous connaissons pour leurs interventions publiques, pour leur engagement pour la cause analytique et dont nous attendrions une nomination et dont pourtant nous ne retrouvons pas dans le travail sur le témoignage ce qui justifierait celle-ci, soit parce que des effets de vérité n’ont pas débouché sur un traitement de l’angoisse, soit parce que celle-ci n’a pas permis de dégager le réel qu’elle pointait. Faut-il supprimer les passeurs ? Ce serait vraiment renoncer à une fonction importante dans le dispositif institutionnel dont on réalise qu’il va au-delà de la passe elle-même.
Faut-il rencontrer directement les passants quand le cartel achoppe sur une difficulté pour prendre position ? Ce serait là encore faire fi de l’importante fonction des passeurs.
Alors, il y a une difficulté qui ne peut être surmontée que par l’afflux des analysants vers la passe et il est probable que ces dernières Journées y contribue. C’est un effort à poursuivre et les instances de l’Ecole doivent en garder une constante préoccupation.
La passe ne peut être pour tous. Elle est élitiste par nature et cela n’est pas toujours bien supporté, même chez les analystes. Le jury de la passe (ses deux cartels et le secrétariat) doit en supporter quelque chose. Le 15.11.09
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PAULO SIQUEIRA
Du chausse-pieds à la recherche d’une chaussure à son pied
ou Le psychanalyste en cordonnier mal chaussé
Après avoir été déçu par l’ingratitude manifestée par nos amis argentins vis-à-vis de leur « dieu obscène », don Diego Maradona, je ne peux que m’incliner devant la performance d’un autre argentin. Il s’agit du psychanalyste porteño Leonardo Gorostiza, futur Président de l’AMP. Dans deux interventions remarquables, dans un style plus proche de celui d’Alain Prost que du flamboyant et néanmoins mystique Ayrton Senna, Leonardo nous a fait en deux temps trois mouvements, deux exposés remarquables.
Dans le premier de ces exposés, fait à la dernière séance de nos 38èmes Journées de l’ECF, sous l’intitulé « Le chausse – pieds sans mesure », Leonardo nous a déplié avec brio et élégance les tenants et aboutissants de la psychanalyse d’Orientation lacanienne et son aboutissement en fin d’analyse jusqu’à la passe en vue d’une formation de l’analyste à la hauteur des défis du XXI ème siècle. Sa démonstration s’est appuyée avec subtilité sur les concepts forgés par Jacques Lacan et sur les avancées des derniers cours de Jacques-Alain Miller qui, à son tour, a propulsé vers une nouvelle voie l’Ecole de Lacan en indiquant comme boussole de notre « praxis » le « Dernier Enseignement » de Lacan.
Dans un deuxième temps, après ce deuxième exposé fait rue Huysmans, le mardi 10/11/2009, Leonardo Gorostiza s’est prêté à une discussion riche d’enseignements avec des membres de notre communauté, ceux de Paris, bien entendu, mais aussi des analystes argentins et brésiliens, tous membres de l’AMP, bien entendu. Ils étaient de passage à Paris, toutes et tous sont venus pour nos Journées d’Automne. Les échos de ces Journées, oh combien réussies, étaient profondément ancrés dans l’esprit de ce public cosmopolite, tout au long de cette Soirée mémorable de la rue Huysmans.
D’ailleurs, cette rencontre avec Leonardo est due à une heureuse initiative de l’actuel Président de l’AMP, Éric Laurent, fidèle défenseur de l’esprit de l’École Une. Cette rencontre a pris rapidement l’allure d’une conversation. Elle s’est engagée comme telle tout de suite après l’exposé de Leonardo par un duo plein d’esprit et de sens de la répartie formé par nos deux collègues de l’ECF, Éric Laurent et Rose-Paule Vinciguerra. Ces deux partenaires de la Cause freudienne ont rivalisé d’inventivité signifiante pour faire circuler la parole dans cette soirée en continuité parfaite avec l’ambiance de nos Journées. Ils ont donné le signal du départ d’une conversation à plusieurs, ils ont su ouvrir les discussions de la Soirée dans la même veine d’humour et de gay sçavoir qui a caractérisé ces Journées du week-end. Éric Laurent et Rose-Paule Vinciguerra ont su nous nous entraîner grâce à leur style vif et plein de trouvailles signifiantes dans une discussion à bâtons rompus sur les concepts avancés avec pertinence par Leonardo dans son allocution. Bref, l’esprit des Journées montrait déjà sa fécondité dans cette soirée, car les interventions autour du texte de Leonardo étaient du style caractéristique de la politique du witz, soit l’usage averti par le psychanalyste des formations de l’inconscient, socle incontournable sur lequel s’appuyer pour élucubrer la théorie dont dépend le devenir analyste dans ce XXI ème siècle qui commence.
Angelina Harari du Brésil, Hugo Freda, Pierre Naveau, Laure Naveau, Pierre-Gilles Guéguen et Esthela Solano-Suarez de l’ECF, toutes et tous ont contribué à rendre vivante et spirituelle cette conversation avec Leonardo Gorostiza.
À partir des deux signifiants maîtres de l’exposé de Leonardo, le chausse-pieds et la chaussure, j’ai développé à l’impromptu les propositions suivantes, essayant de rendre compte des principales Leonardo, mais sans esprit de sérieux (je n’emploie pas sérieux ici dans son sens lacanien, mais vulgaire).
Partant des formules de la sexuation proposées par Jacques Lacan dans son Séminaire Encore, j’ai pu soutenir :
1) Que du côté mâle des parlêtres, aucun homme ne peut trouver chaussure à son pied ;
2) Que du côté femme de la sexuation par contre, pas toute femme ne trouve chaussure à son pied, sauf si elle (une femme) rencontre un Homme dans la psychose (voir Télévision de Jacques Lacan) ;
3) Du côté de la psychose chez les hommes, les choses se compliquent. Tout se passe comme si les psychotiques étaient dotés de pieds tellement boiteux qu’il leur faudrait d’abord l’aide d’un bon orthopédiste et après celle d’un cordonnier suffisamment bon (comme dirait Winnicott) pour qu’ils trouvent un nouveau style de chaussure à leurs pieds ;
4) Les choses ne sont pas moins compliquées dans la formation du psychanalyste de l’École car il n’y a pas de chaussure universelle qui aille aux pieds du psychanalyste. Le sujet analysant pour devenir psychanalyste doit fait preuve d’invention et non seulement trouver des chaussures à nulle autre pareille qui aille à son pied, mais aussi utiliser une nouvelle pair de chaussure pour chaque cas sans compter qu’il se doit (s’il est lacanien) de les faire homologuer par un jury de la passe qui authentifie la solution trouvée par le psychanalysant en devenir d’analyste. L’analysant en passe de devenir analyste se présente aux passeurs avec son sinthome en guise de chaussure à son pied. Mais, non sans faire la démonstration que l’analyste d’aujourd’hui, compte tenu de l’état de désorientation qui est le sien devant le nouveaux malaises dans la civilisation, est avant tout un cordonnier mal chaussé.
Pour conclure, je dirais que suis parti de cette soirée avec Leonardo Gorostiza le cœur léger, l’enthousiasme toujours en bannière, dans le même état d’esprit qui ne m’a plus quité depuis nos « hystoriques » Journées d’Automne de cette année. Leonardo m’a paru être un de ces porteños qui ont adopté une fois pour toutes le pays de la psychanalyse et qu’à ce titre, ils peuvent défendre de la bonne façon le devenir de la Psychanalyse dans le monde. L’AMP peut être rassurée, elle sera, dans l’après Éric Laurent dans des bonnes mains.
2010
7 février : Forum des psys
26-30 avril : Congrès de l’AMP (members only ?!)
10 et 11 juillet : Journées de l’Ecole à Rennes
9 et 10 octobre : Journées de l’Ecole à Paris
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LE JOURNAL SE RAMIFIE
par Jacques-Alain Miller
Après sa prochaine livraison, 59, le Journal des Journées ne publiera plus de messages concernant le déroulement des dernières Journées. Il ne publiera plus de textes dépassant 4 500 signes. Il ne publiera plus de textes dont la communication au public demande des corrections orthographiques et grammaticales étendues. Il ne publiera plus de textes comportant des notes en bas de page. Il ne publiera plus de réactions d’humeur. Il publiera exclusivement des textes réfléchis, des textes soigneusement dactylographiés, des textes qui lui auront été transmis en document attaché.
D’autre part, le Journal mettra en orbite un certain nombre de blogs satellites, à des fins spécifiques. C’est ainsi que, après ses deux prochaines livraisons, 59 et 60, les textes et messages concernant les Journées de Rennes paraîtront sur le nouveau blog Rennes 2010, que j’ai créé ce dimanche avec Olivier Ripoll, et dont les clefs ont été remises hier à Michel Grollier. L’adresse du blog sera communiqué dans les meilleurs délais par l’équipe responsable.
En particulier, c’est sur ce blog qu’il sera traité, comme promis, des textes refusés pour les Journées de novembre, et des mentors disposés à aider leurs collègues à parfaire leur contribution éventuelle aux Journées de Rennes.
D’autres blogs se préparent, dont le public sera informé en temps utile.
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Le Journal se consacrera par priorité aux missions suivantes :
1 - l’Ecole de la Cause freudienne : accompagner et stimuler sa rénovation, et d’abord, celle de la passe.
Une large place sera donnée au débat sur la passe, qUi est bien parti, comme on le voit dans ce numéro, à l’initiative d’un membre de l’Ecole qui ne fait pas parti du Collège de la passe qui siège actuellement, j’ai nommé Sophie Gayard. Bien entendu, ces pages sont largement ouvertes aux membres du Collège de la passe qui, à titre individuel, pourraient vouloir participer à ce débat crucial, comme vient de le faire Jean-Daniel Matet, membre du Collège, et président-élu de l’Ecole (au sens américain). Une seconde rubrique, « Rénover l’Ecole », accueillera les contributions concernant les autres champs d’activité de l’Ecole.
2 - le Congrès de l’AMP : promouvoir cette manifestation, qui sera repensée à partir de l’Evénement de Paris.
Le Congrès sera recentré sur l’avenir de la psychanalyse. Le public est informé qu’une « Campagne du Congrès » sera lancée lundi prochain par un texte du président de l’AMP, Eric Laurent.
3 - le Forum des psys : le penser, le promouvoir.
Le Forum du dimanche 7 février à la Mutualité aura pour thème « L’Evaluation, une culture de mort », expression empruntée à un éditorial de BHL, lequel apporte une participation enthousiaste au projet. Tout reste à faire.
Par la suite, viendront successivement sur le devant de la scène : les Journées de la NLS à Genève, en juin ; celles de Rennes, en juillet ; celles de Paris, en octobre.
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COMMUNIQUÉS
Communiqué par Sophie Marret
Un spectacle que je recommande aux amateurs d'Alice, pour la création duquel j'ai été consultée l'an dernier et qui ne manque pas de rendre hommage à Lacan.
A . L . i . C . E
A l i c e & L e w i s i n Ca r r o l l E x p e r i e n c e s
Ecriture, images et mis en scène Benoît Bradel
d’après Through the Looking-Glass and what Alice found there
et autres inventions, dessins et photographies de Lewis Carroll
Avec Ese Brume, Fanny Catel et Julie Moreau / Guitare préparée : Thomas Fernier
Du 18 au 26 novembre 2009
au Théâtre National de Chaillot à Paris
Réservations : 01 53 65 30 00
Interrogé par les intérêts de Carroll pour la science et l’image, Benoît Bradel présente un spectacle sur « le sens et le non sens, sur l’endroit et l’envers, le réel et le rituel », une Alice résolument moderne, au pays des Beatles et des Sex Pistols, un spectacle un peu « déjanté », à l’anglaise, bilingue, qui saisit avec force l’actualité et l’entre deux du texte, entre merveilleux et cauchemar, hyper-régulation et désir, science et inconscient.
Communiqué par Dora Pertessi
Les actes violents et leur logique. Editions Sakoula, Athènes, 2009, Pages 245. Sous la direction du Pr. Nestor Kourakis et de Dora Pertessi (NLS). Département de Droit de l’Université d’Athènes. Laboratoire de recherches pénales et criminologiques
Voici un livre qui ouvre pour la première fois en Grèce le dialogue entre la criminologie et la psychanalyse lacanienne. Il s’agit d’un recueil d’articles qui examine d’une part, les théories criminologiques de nos jours et, d’autre part, à travers l’examen de cas cliniques, trace le cheminement de la logique de l’acte chez le sujet/parlêtre. Les contributions de J.-A. Miller et de L. Solano ont mis en lumière les différents niveaux de l’Agieren freudienne –passage à l’acte, acting out, acte manqué, acte psychanalytique– comme ils ont été élaborés par Lacan dans son Séminaire X, L’angoisse. Ont été abordées, les questions suivantes : la logique du passage à l’acte criminel, la responsabilité du sujet, les impasses de la criminologie classique, le poids de l’expertise dans les décisions judiciaires, l’analyse de Foucault sur le système pénal etc.
2010
7 février : Forum des psys
26-30 avril : Congrès de l’AMP (members only ?!)
10 et 11 juillet : Journées de l’Ecole à Rennes
9 et 10 octobre : Journées de l’Ecole à Paris
ECF 1 rue Huysmans paris 6è Tél. + 33 (0) 1 45 49 02 68
diffusé sur ecf-messager, forumpsy, et amp-uqbar
1 Dixit un personnage du roman de Candace Bushnell, Cinquième Avenue, Ed Albin Michel 2009
2 Le Diable s’habille en Prada (2006) de David Frankel, adapté du roman de Lauren Weisberger paru en 2003
3 Sortie en France le 16 septembre 2009
4 Sienna Miller, plus starlette qu’actrice, a fait la couv’ du September Vogue 2007
5 Mies van der Rohe n’est pas en fait l’auteur de cette phrase – devise du minimalisme. C’est Robert Browning (1812-1889), poète et dramaturge britannique, qui l’a écrite en 1855 dans son recueil de poèmes Men and Women
6 Journal des Journées Spécial du 05 novembre 2009