Y'a des jours où on s'arrête pour mieux voir
et où on oublie de regarder le ciel et les sourires des belles qui
ne demandent qu'à être encore plus belles à nos yeux...
Sans virgule, d'un seul souflle.
À cette heure, un poême vibrant de l'ami
JPD,
un autre Parisien du bout du monde ;-)
Rich'
***
O
RAGE
rage d'eaux
larmes crispées
crépitant au fond des yeux fracturés d'éclairs secs
grêle nacrée
qui éclate
explose
extase orage nu
nuée dévêtue
qui se cambre et s'enroule
qui se cabre et s'écoule
fleuve vertical aux aiguilles
de lumière
vent coupant comme les
lames humides d'herbes argentées
dans un champ de floraisons
liquides
horde d'eaux sauvages
hors d'âge hors
saison
la bouche de la nuit s'entr'ouvre
et mille et une syllabes
mouillées composent un poëme
refrain de fracas aigus
et
redites multipliées
par l'écho des murs nocturnes
pavés astres furtifs
sous les pas de la pluie fugitive
esquivant écrivant
le frisson délice
et la caresse précise
faiseuse d'autres pluies
escarbilles froides
comètes d'eau
soeurs utérines
des sources secrètes et des puits éventrés
poussières d'averse balayées
par le souffle sacré des vortex noirs
et le geste hésitant
des minutes aux horloges du vent
du temps secondes de sable et
de quartz vivant
et d'ocre vert
embruns cassants caressants
comme cristal de désir
que la voix haute et profonde
du destin
rompt d'un cri éternellement
renouvelé
répété
ressassé
ressac calcaire
oeuf message de fragilité
définitive
comme un ciel d'hiver où
la neige jaillit des larmes des étoiles
ô
rage d'oser essayer le geste
irréparable
qui nous laissera à jamais
baptisés aux fonds provisoires
d'un narthex
foudroyé
foorme@...