Bonjour,
Voici les 2 CR de cette réunion.
Le premier est celui de Pierre Fourgeaud, un ami montpelliérain
carouxophile, le second est le mien. Les deux se complétant.
Ils sont déjà sur C2C, mais merci de les diffuser le plus possible.
François Baben.
CR de Pierre :
Petit compte rendu de la réunion sur le Caroux qui s'est tenu à
Béziers le 21 Juin 2008 à la maison de la vie associative, salle
trouvée par le CAF Béziers. Ce compte rendu n'a pas vocation à être
entièrement exhaustif et peut être amené à être compléter par
d'autres participants à cette réunion.
Etaient présents une vingtaine de personnes.
La réunion s'est ouverte par une intervention d'Henri Blanc qui a
rappelé son attachement au Caroux. Parmi les points à noter, Henri
Blanc a clairement annoncé qu'il n'était pas question de ferrailler
le Caroux. Cependant il est sceptique quand à l'appellation Terrain
d'aventure pour qualifier l'escalade au Caroux préférant parler
d'escalade de voies « montagnes » voir carrément de voies
Carouxiennes. J'ai aussi noté cette phrase : « Le Caroux doit rester
à portée des gens qui le grimpent »
Ensuite Daniel Cruz, président du CD 34 nous a exposé le projet.
Ce projet est dans les cartons depuis 1997 et a été plus ou moins
accéléré par la mise en place de Natura 2000 qui a exigé l'inventaire
des activités humaines sur le massif du Caroux, en particulier de
l'escalade.
Suite à ça, l'ONF a cherché un interlocuteur référent pour gérer
l'escalade. Le CD FFME s'est naturellement imposé.
La Convention TA a été proposé à l'ONF, qui l'a refusé. Une
convention FFME/ONF a alors été rédigée mais n'est pas encore signée.
Il s'agit d'une « convention autorisant l'usage des terrains
domaniaux en vue de la pratique de l'escalade ». Il s'agit d'une
convention générale, ensuite une convention secteur par secteur sera
signée dans la quelle seront décrite précisément toutes les voies
couvertes par cette convention.
Cette convention a une durée de 9 ans renouvelable.
Pour cela il faut faire un inventaire des voies, notamment du
matériel en place, pour cela il y a mise en place d'une commission
technique qui va assurer le suivi des travaux.
Les voies qui vont être étudiées par la commission sont au nombre de
240-250 (liste établie notamment par H. Blanc et JL Raynal)
Sur le massif du Caroux, il va donc y avoir :
- des voies conventionnées
- des voies non conventionnées.
Parmi les voies conventionnées, certaines qui peuvent se protéger
naturellement seront nettoyées des pitons actuels, les autres seront
plus ou moins équipées en fonction de l'avis de la CT.
Dans les voies non conventionnées, l'équipement actuel sera laissé
tel quel.
La CT travaillera sur la base de fiches établies par des grimpeurs et
comportent notamment un descriptif de la voie, le nombre de points en
place, ceux qui sont estimés comme indispensable et/ ou mal placés et
qui seront dans le cadre du conventionnement remplacé par des
scellements. Les autres points seront enlevés.
Le cahier des charges provisoire fait état d'un certain nombre de
points (précédemment énoncé par Daniel sur le forum) :
nielda a écrit (président du CD FFME 34) :
avant d'être équipées/déséquipées, les voies seront parcourues par
les équipeurs afin de s'imprégner de la voie.
la réhabilitation respectera l'itinéraire et le nombre de points de
l'ouverture.
le rééquipement se fera à l'identique, en respectant l'engagement
antérieur le nombre de points dans chaque longueur.
aucun point ne sera rajouté y compris aux relais. (par exemple, en
cas d'arbre au relais, on ne rajoute rien)
dans certaines voies, les points rajoutés au fil des ans, seront
supprimés, ceci rendra tout son engagement à l'itinéraire et
permettra de conserver sa configuration d'origine.
pour le remplacement des points vétustes, des points scéllés seront
placés dans un rayon de 50 cm du point originel.
un balisage discret des chemins d'accès sera choisi en concertation
avec les représentants d'Hérault Sports, principal partenaire
institutionnel du CD34.
tous les travaux, quels qu'ils soient, ne se feront qu'apres
validation de la commission de suivi technique.
celle ci assurera le suivi, le controle et la validation de chaque
conventionnement.
Le premier secteur réhabilité serait "la Grande Paroi".
En ce qui concerne le calendrier, le CD espère fait les travaux à la
grande Paroi d'ici la fin 2008 puis de laisser s'écouler quelques
mois histoire d'avoir un maximum de retour de grimpeurs pour ensuite
pouvoir corriger le tir si nécessaire.
Un exemple de fiche est montré. L'exposé se termine là et on passe
aux questions. La discussion ayant été menée tambour battant, je n'ai
pas eut le temps de noter toutes les questions et les réponses.
Tout d'abord, le but du réequipement/réhabilitation est avant tout
d'éviter d'envoyer les grimpeurs « au carton » en enlevant les
mauvais points et en les remplaçant par des points solides.
En ce qui concerne Natura 2000, son emprise au Caroux est uniquement
sur du territoire domanial et non du territoire communal et 80% de
l'escalade au Caroux se déroule sur un territoire ONF / Natura 2000.
Hors des réserves Natura 2000, rien n'est interdit pour l'instant et
deux sites sont à surveiller : la Main de Farrière et la Roque rouge
qui pourrait faire l'objet d'une réserve.
Il a été mentionné qu'une voie ne peut pas être réequipée à
l'identique, on va donc avoir "une revisite" de la voie.
Ceci a conduit à des questions sur l'éthique du réequipement
notamment :
- Est ce que la volontée de mettre les nouveaux points dans un
rayon de 50 cm des anciens est réaliste ?
- Les passages qui se font actuellement en artifs et qui peuvent
être libérés : comment on les réequipe ? Doit on avoir un passage en
libre obligatoire quitte à ce que cela fasse « exploser » le niveau
de la voie ?
Autre temps, autre mœurs, le niveau et aussi les moyens
techniques en escalade ayant évolués, on ne peut pas trop comparer
les méthodes utilisées à l'ouverture de la voie et celle dont dispose
le grimpeur actuellement.
La cas de la « Batarde » à la grande Paroi a été évoquée. Grosso modo
dans cette voie, il y a une traversée d'une dizaine de mètres non
protégeable et non protégée. Dans cette longueur le relais est
composé d'un vieux spit de 8 et d'un piton, il y a ensuite un piton
puis la traversée et ensuite un piton à la fin de la traversée : la
question est de savoir comment on rééquipe ?
Toutes ces questions seront discutées au sein de la commission
technique.
L'équipement se ferait en ring (scellement) et non en goujons même si
il a été mentionné que cette dernière méthode serait plus rentable
notamment en terme de coût puisque sa pose nécessite moins de
travail. Les pitons n'ont pas été retenus comme équipement sur car le
président du CD FFME engage sa responsabilité en cas d'accidents sur
un site conventionné et que D. Cruz ne tient pas à engager sa
responsabilité sur des points qu'il ne considère pas comme sûr
NOTAMMENT au cours du temps puisque le massif du Caroux étant soumis
à une influence maritime, les pitons peuvent être amenés à se
corroder assez rapidement.
Le financement sera assuré par le conseil général de l'Herault.
Une question est restée sans réponse : pourquoi la grande Paroi a été
choisie comme « site pilote » pour le projet, un site dans les gorges
d'Heric, plus facile d'accès, aurait pu être choisi. Pour ceux qui ne
connaissent pas le Caroux, les gorges d'Heric sont le site le plus
fréquentés du Caroux, notamment par les grimpeurs et le plus sujet
aux équipements sauvages, alors que la Grande Paroi, par son ampleur
reste sans aucun doute un site mythique et sans doute un chouilla
sensible et susceptible de heurter les sensibilités.
La prochaine réunion de la CT aura lieu en Septembre.
Voilà pour ma part, les autres participants complèteront
éventuellement mes omissions.
CR de François Baben :
- Concernant l'ONF et sa volonté d'une convention :
Nous (les défenseurs du TA) n'avons pas eu de réponse sur la raison
du refus d'une convention FFME "TA" de la part de l'ONF. Celle-ci
permettrait de couvrir l'ONF et éviterait une convention "équipement"
au Caroux. En l'absence du représentant de l'ONF (normalement prévu à
cette réunion), il ne nous a rien été répondu à notre remarque sur
l'argument de responsabilité juridique de l'ONF sur ses terrains
domaniaux. En effet, celle-ci n'est que gestionnaire et ne peut donc
pas être attaquée en justice en cas d'accident. La question se pose
dans tous les autres sites ONF, Bleau ou les parcs nationaux sans que
pour autant un "spitage" s'impose à cause de nécessités sécuritaires.
- Cahier des charges de la Commission Technique pour le
rééquipement :
--> Respect des points d'origine.
--> respect de l'engagement (cf le point particulier de la Bâtarde).
--> Balisage à refaire.
--> Validation des fiches de renseignements des cordées par la CT
(par consensus en son sein, par vote majoritaire ?), puis contrôle
dans la voie, puis à nouveau validation par la CT du travail des
équipeurs.
Cette commission est encore incomplète : moins de 8 membres pour
l'instant, il faut donc la peupler. Le président s'est montré très
ouvert et les déclarations qu'il avait faites sur C2C ont été suivie
dans les actes : le CD FFME 34 souhaite travailler le plus possible
avec toutes les sensibilités carousiennes. Nous avons été plusieurs à
nous inscrire sur cette liste, mais il y a encore de la place. A
noter qu'il a été décidé que les réunions de cette CT se feront à
Colombières, sur site donc, et dans un but de rapprocher tout le
monde (Mazamétains et Toulousains notamment).
- La fiche de renseignement à remplir sur les voies concernées par le
rééquipement :
C'est une fiche bilan de l'équipement d'une voie, non définitive
(Daniel nous a dit qu'elle sera améliorée, mais n'ayant pas eu
d'exemplaire en main et lui-même étant resté évasif -beaucoup de
choses se disaient et il a été souvent difficile d'être soi-même
rigoureux dans le fil de ses propos, il est donc tout excusé- on ne
sait pas trop quoi lui reprocher).
Un exemple a été projeté sur l'écran, à savoir l'exemple de la
voie "Sortie de l'artiste". On a pu tout de suite voir combien les
discussions de la CT allaient ête animées et combien il y a un
gouffre entre les deux visions du "lifting" selon les équipeurs ou
selon les "TAistes" :
--> La fiche remplie donne plusieurs points "indispensables" par
longueurs (5 environ par longueur), c'est-à-dire que ces points
seront remplacés par des broches/spits. Notre question sur les choix
des critères permettant d'établir "l'indispensabilité" d'un point est
restée sans réponse (la faute là encore à l'entrain de la
discussion). N'ayant pas parcouru cette voie, cette indispensabilité
ne peut pas être actuellement discutée : il est tout à fait possible
que la voie franchisse ces dalles très compactes parcourues de minces
fissures, dans laquelles seules les lames fines (pitons) permettent
la protection, et qui sont si caractéristiques de la Grande et Petite
Parois.
--> En revanche, l'exemple d'un des relais de la voie est un cas
d'école flagrant de nos deux visions diamétralement opposées : un
relais se fait sur 1 piton/1 becquet/1 coinceur, ils proposent de le
remplacer par 1 broche/1 becquet/1 coinceur. Alors là on n'est plus
d'accord ! Ou bien le becquet est solide et alors il suffit au
relais, ou alors il est douteux et il faut le consolider (coinceur)
ou faire autre chose. Mais où passe la valeur pédagogique des voies
du Caroux si tous les relais nécessitant de réfléchir pour les
fabriquer disparraissent !?!???
--> De plus, un départ d'un relais pose la question du respect de
l'engagement des auteurs de la voie et de son caractère : en effet,
si dans les principes du rééquipement le critère de ce respect est
clairement affirmé, l'exemple de la fiche montrait que ce départ
devait être protégé par un point, pour éviter un facteur 2 et éviter
un passage expo, point qui n'existe pas actuellement.
--> Enfin, autre point délicat, la question des blocs à purger. La
fiche mentionne 2 fois la nécessité de blocs ou écailles à faire
partir. Je suis personnellement en désaccord avec ça : le Caroux est
aussi un terrain où l'on apprend à se confronter à un terrain qui
demande de l'attention.
- Diverses réactions individuelles :
- Intervention de Dominique Bourret, rééquipeur de l'Hortus et
habitant de Rosis (qui s'est étonné d'avoir été prévenu de cette
affaire il y a un mois seulement...) :
--> une convention peut -être dénoncée unilatéralement si elle ne
satisfait pas l'un des contractants. Donc la Convention actuelle avec
l'ONF n'est en rien le seul cadre de nos rapports avec cette
institution (ça nous renvoie à la question "pourquoi pas une
convention TA ?").
--> Le rééquipement ne doit pas être à l'identique car les pratiques
ont évolué et le niveau a monté. Il faut favoriser le libre. Cette
remarque n'a pas fait l'unanimité, on s'en doute, pour tout un tas de
raisons pas nécessairement convergentes de la part des différentes
tendances.
--> Tout le budget prévisionnel des 200 000 € sera-t-il utilisé ?
Daniel a répondu en expliquant que "non", et qu'il s'agit d'un budget
prévisionnel de la part du Conseil Général. Le reliquat à chacune des
étapes du rééquipement sera restitué. Daniel a par ailleurs expliqué
en détail le déroulement des étapes et des rapports entre le CD FFME
et le Conseil Général.
- Intervention d'André Théron, conseiller municipal à Colombières et
ouvreur de voies au Caroux :
--> Il souhaitait connaître en détail les limites de Natura 2000 et
savoir comment le plan de rééquipement se calquait dessus. Comme
Pierre le rappelle au-dessus, 20% du Caroux sont hors de cette zone
et n'ont donc aucune raison d'être concernés par l'oukaze de l'ONF.
La discussion s'est égarée sur l'imprécision des cartes disponibles
et a oublié de répondre à la question "pourquoi conventionner les 20%
restant ?". A noter qu'André Berché a resoulevé ce point (à propos du
Pilier du Bosc) et qu'à nouveau pas de réponse plus claire n'a été
donnée.
- Intervention de Pradel, du CAF Béziers :
--> Il souhaite un rééquipement à l'identique, spits/broches
remplaçant les actuels pitons (tous ou rien que ceux
jugés "indispensables", je n'ai pas très bien compris).
--> A noter une invention du "déconnoscope" certainement promise a un
bel avenir !