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chauffage et textiles en autarcie   Liste de messages  
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Bonjour tous,
Une petite remarque préalable pour la compréhension du texte de Sabine que je vous propose ici...
L'idée du "retour au néolithique" est une théorie de Sabine selon laquelle les habitants de la planète entière se retrouveront inéluctablement à ce stade de "retour à la case départ" avec la fin à venir des ressources pétrolières qui ont permis la réalisation de tout ce que nous connaissons. Sans le pétrole plus rien de ce que nous connaissons n'existe, et nous ne retournerons ni au Moyen-âge ni à l'Antiquité car aucune des structures de cette époque n'existe plus (une multitude de petits paysans et artisans disposant de savoir-faire, cheptel, bâtiments, outils et matériels).
Des détails quant à cette théorie sont là : http://fr.groups.yahoo.com/group/leternelquotidien
pour ceux qui veulent en savoir plus.
 
Pierre/geispe
 
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A propos de chauffage et textiles en autarcie.
 
 
 
On peut vivre en autarcie rustique - et bien vivre, puisque c'est suite à l'efficacité de ce système qu'ont pu s'installer les abus et excès des derniers 10.000 ans : grâce à la capacité énorme de production de la population "travaillant dans le primaire".
 
La plupart des problèmes que nous mettons sur le compte de la pauvreté, de l'illetrisme, des conditions "rustiques", sont apparues APRES cette période néolithique et A CAUSE des excès et abus rendus possibles par l'efficacité optimale de cette époque.
 
Il n'est donc pas nécessaire de chercher SI et COMMENT on peut vivre en autarcie, mais comment éviter, "étouffer dans le germe", les dérives intervenant dès que cette autarcie permet d'avoir l'abondance et le confort.
 
Bien sûr, à ce stade optimal du Néolithique, il convient d'ajouter quelques éléments supplémentaires glanés dans la période suivante, puisqu'il y avait tout de même quelques inconvénients et qu'il y a eu, durant ces 10.000 ans, aussi, de bonnes idées, simplement elles ont été mal appliquées.
 
Mais, tout d'abord, il faut être convaincu que le modèle autarcique du Néolithique était optimal, car, si on craint de "retourner à l'âge de pierre", avec, à l'esprit, les préjugés véhiculés sur cette époque, on va d'emblée en rejeter l'idée et ne pas oser aller assez loin dans la recherche des solutions aux problèmes modernes.
 
Exemple : le bois comme seule énergie ; bien sûr qu'on peut (sur)vivre avec uniquement du bois et qu'il n'est pas impossible de vivre sans électricité, sans gaz, pétrole ou charbon - il paraît que, au siècle dernier, lorsque le charbon est devenu plus rare, on était persuadé que tout le monde allait mourir de froid...On vit depuis des milliers d'années avec cette ressource éminement renouvelable, même pendant une partie de l'ère glaciaire...Et on vit si bien avec cela, qu'on a, en plus, construit des bateaux, des flottes de guerre, des charrettes et des engins de guerre, fabriqué du verre et du métal, avec, comme moyen de chauffage, du charbon de bois. Donc, laissons tomber l'idée selon laquelle, sans énergies fossiles, en autarcie rustique, on vit mal, on souffre du froid, il n'y a pas de confort, mais du travail harassant...
 
Voici mon expérience personnelle, en la matière. Au départ, nous chauffions au mazout et cuisinions au gaz ; c'était il y a une trentaine d'années ; puis nous avons quitté la ville et avons progressivement opté pour le bois ; à présent, nous en sommes à peu près à 90% d'utilisation de bois, car, les deux jours par semaine où nous partons à 5H du matin au marché, il est évidemment impossible de chauffer le petit déjeuner au bois... Et, quelquefois, j'ai encore des circonstances qui m'amènent à me "dépanner" avec mon petit gaz à deux flammes. Je suis donc dans une situation de "néolithique + innovations ultérieures - inconvénients liés au contexte moderne".
 
Les inconvénients liés au contexte moderne, outre le petit recours au gaz pour cause professionnelle, c'est aussi l'absence de vie en groupe, en "tribu", en "petit village autarcique" : nous sommes un petit couple nucléaire, deux personnes dans une grande maison, ce qui enlève l'un des gros atouts de l'utilisation du bois : celui d'être à plusieurs à ramasser et à débiter le bois, tout en ne chauffant qu'une pièce. A travail égal de ramassage de bois, on peut chauffer une, deux, cinq ou dix personnes - à condition, bien sûr, de ne pas redouter la promiscuité et vouloir vivre à la moderne, une pièce chauffée par personne + douche chaude quotidienne + lieux de travail chauffés, etc...
 
Mais cela m'aura au moins permis d'expérimenter la quantité de travail nécessaire pour vivre en "tout bois". Si l'on regarde les tas de bois que les campagnards rassemblent, actuellement, des dizaines de stères, juste pour une maison, uniquement pour chauffage, et seulement souvent pour chauffage d'appoint, on peut craindre une corvée écrasante... Mais c'est précisément pour le mode de vie "individualiste", chambres individuelles chauffées, surchauffées, d'ailleurs, puisqu'on trouve qu'il faut du 22° pour être à l'aise, et c'est le cas, puisqu'on ne veut pas s'habiller chaud, et qu'on est, individuellement, immobile, devant une télé, un ordi, un bouquin... Souvent, c'est du chauffage central, ce qui entraîne beaucoup de déperdition et de gaspillage. Gaspillage, aussi, parce qu'on ne veut que du "bon" bois, droit, "propre", lisse, calibré, bien empilable. Moi, je "fais feu de tout bois", et surtout de bois petit, tordu, hétéroclite, parce que, sans tronçonneuse et tracteur, il serait absurde que je préfère des gros troncs lourds et droits à ce que je peux aisément ramasser, couper et transporter... Je vois souvent des bucherons, ici, qui brûlent sur place des piles impressionnantes de bois "invendable" - et, qui plus est, comme c'est du bois vert, ils utilisent abondamment de gasoil pour le faire brûler...
 
Alors, résultat de ma petite expérience personnelle : nous ramassons, à l'aise, le bois pour toute l'année, sans tronçonneuse, et avec une petite charrette à bras, et quelquefois, le cheval qui tracte une charrette plus grande. A l'aise : séances de ramassage lorsque le temps s'y prête (pas de pluie, de froid trop intense), lorsque nos autres activités nous en laissent l'occasion (marché, jardin, fauchage, ménage, lessive, etc..) ; en somme, cela ne représente pas un travail considérable, pourtant, nous utilisons du bois toute l'année, pas seulement pour chauffer en hiver, mais aussi pour l'eau chaude et pour cuisiner toute l'année...
 
A ce propos, je parlais de "néolithique + innovations ultérieures". En effet, au néolithique, il n'y avait pas encore de cuisinière à bois avec four, de tuyau de poêle, d'allumettes et de papier... Or, la fabrication d'un poêle ou d'une cuisinière, en métal, brique réfractaire, fonte, c'est déjà du "luxe"...
 
J'ai une cuisinière, et un poêle en faïence : avec cela, je chauffe la cuisine et le séjour, et, par la même occasion, je fais bouillir mon linge, cuire les pâtisseries, je chauffe l'eau pour la toilette et pour la vaisselle, mes fers à repasser, je sèche des vêtements et du linge, des herbes aromatiques, des tisanes et des champignons, je chauffe les briques pour chauffer les pieds la nuit dans le lit, je garde les repas au chaud, je mijote mes conserves et je teins ma laine, j'humidifie l'air ambiant avec de l'eau additionnée de sel, d'essences, de plantes ou de vinaigre parfumé, je fais griller mon pain, et, en prime, je récupère des cendres pour le compost (je compte également faire de la lessive de cendres).
 
Le ramassage de bois, c'est de l'exercice physique en plein air, scier et fendre le bois, en hiver, est déjà réchauffant en soi. Chauffer au bois, c'est agréable, crépitement et lueur du feu, chaleur irradiante ET ponctuelle ; c'est "vivant", parce que je "nourris", j'entretiens le feu ; cela permet de brûler directement d'éventuels déchets (sans transport et usine pour recyclage...) ; cuisiner au bois, c'est le summum : il y a toutes les nuances de chaleur sur une plaque de cuisinière ;  je peux saisir rapidement sur la flamme ou mijoter pendant des heures, sans que ce soit du gaspillage, puisque je chauffe de toute façon... Le feu de bois assure un bon renouvellement de l'air dans la pièce - la version moderne consistant à tout calfeutrer "hermétiquement" pour économiser le chauffage, et ensuite, il faut installer des moyens de ventilation...J'ajouterai encore le côté convivial, se retrouver autour du foyer, et, bien sûr, le contact du bois, son odeur quand on le coupe, et quand il brûle ; j'oubliais également la possibilité de fumer de la viande ou du poisson dans les cheminées aménagées à cet effet.
 
Tout cela avec une "énergie renouvelable éternellement", exactement au rythme où on la consomme - à condition, bien sûr, de le faire dans un petit groupe autarcique...
 
Je ne vois aucun autre moyen qui réunisse autant de caractéristiques écologiques, équilibrées, plaisantes, pratiques, économiques, optimales... Dans les conditions modernes, même un "retour aux sources" a toujours, "mathématiquement", un revers proportionnel à l'avantage recherché : coût du bois acheté, transport du bois fourni, impossibilité d'entretenir un feu ou de chauffer rapidement en rentrant le soir si on travaille, obligation de cuisiner rapidement, besoin de chauffage individuel et de masses d'eau chaude pour les douches et bains, habitude de surchauffer, etc...
 
Je n'expose donc pas les bienfaits du "tout-bois" en tant que solution immédiate, mais pour enlever la peur du "retour à la bougie" ou au "Moyen-âge", pour envisager sereinement le "retour à un néolithique amélioré" qui me semble inéluctable - et fort souhaitable...
 
Encore quelques suppléments qui me reviennent à l'esprit : en ramassant du bois, on ne manque pas de découvrir bien d'autres trouvailles utiles : des champignons, du gui, des plantes, des chataignes, de la résine, des pièces de bois utilisables à d'autres fins : décoration, manches d'outils, perches, cannes, sculpture, piquets de parc, barrières tressées ; écorces pour teindre ; feuillage pour nourrir le bétail.
Sans parler du contact avec la nature, les animaux, l'ambiance de la forêt... Et le côté "instructif" : on apprend à reconnaître les essences de bois, leurs qualités respectives, leur vitesse de croissance. Et puis, le bois stocké offre abri aux insectes, oiseaux, hérissons, crapauds, etc...
Et, sur le bois, poussent les pleurotes, délicieux à manger, les amadouviers, qui servent à allumer le feu et à faire des vêtements et objets...
 
Voilà pour le bois. Passons aux fibres textiles. Dans le même ordre d'idées, je me base sur un retour radical à des conditions "néolithiques avec améliorations ultérieures". Pas de synthétique, donc. Sans regret aucun :
- leur fabrication est totalement dépendante des énergies fossiles : matières premières (pétrole), transformation polluante, acheminement (du pétrole et du produit fini) obligatoire car impossibilité de fabriquer soi-même une fibre synthétique ; difficilement biodégradable, polluant au recyclage ou à la destruction.
- contrairement à la laine, les fibres synthétiques attirent (électricité statique) la saleté, la poussière, donc fréquents lavages nécessaires ; ne peuvent pas être bouillis, ce qui n'est guère hygiénique, ni repassés chaud.
- provoquent souvent des allergies, de l'électricité statique sur la peau, de l'accumulation de chaleur et d'humidité favorisant les maladies de la peau et des maladies "intimes" (infertilité masculine...)
- nécessitent des techniques de teinture chimiques, car difficiles à teindre naturellement.
- je n'ai pas de renseignements précis à ce sujet, mais je gage que la fabrication de fibres synthétiques doit être , pour les ouvriers, très nocive - quand je sens l'odeur que dégage une fibre synthétique qui brûle...
- à propos combustion : la laine est naturellement "non-feu", tandis que du synthétique est très inflammable, particulièrement dangereux (il fond et s'incruste dans la peau en brûlant), ou alors, il faut des traitements chimiques pour atténuer ce défaut...
 
En autarcie locale, dans nos contrées, pas de coton, non plus. Le coton est devenu, suite à la consommation effrénée, l'une des cultures les plus polluantes : comme ce n'est pas un produit alimentaire soumis à certaines restrictions, on y déverse des quantités effroyables de pesticides, par avion, souvent. La culture de coton a pris la place des cultures vivrières sur des surfaces énormes; pour la récolte et la transformation on recourt à une main d'oeuvre, à des enfants, dans les conditions dignes de l'esclavage.
 
Le coton n'est pas du tout adapté à l'usage sous nos latitudes ; dans les pays chauds, il est tout à fait à sa place : "frais", long à sécher. Mais ici, ce séchange ardu est gênant. Le coton ne chauffe pas ; il est assez rigide, peu souple, c'est pourquoi on en fait essentiellement du jersey pour qu'il soit tout de même souple et agréable à porter - mais le jersey, c'est du "tricot microscopique", impossible à faire manuellement, il faut des machines pour cela.
 
Le jersey est difficile à laver à la main, on ne peut pas le brosser, il faut donc un lave-linge et des produits chimiques "forts".
 
Alors, en autarcie, il ne reste "que" la laine, le lin et le chanvre. C'est tout ce qu'il faut, et c'est exactement ce qu'il faut... La laine est réchauffante le lin est raffraîchissant, le chanvre est très solide.
 
La laine est une fibre d'oirigine animale, le lin et le chanvre d'origine végétale. Le mouton, qui procure la laine, fournit aussi du lait, de la viande, du fumier, du cuir, et il "tond le gazon". Le lin nous donne, en plus de ses fibres, ses graines, avec leur huile très utile ; le chanvre fournit également des graines comestibles - et, sous nos latitudes, il ne risque guère de conduire à la toxicomanie...
 
La laine est une fibre creuse, qui fait des vêtements chauds, tout en laissant la peau "respirer". Elle n'attire pas la saleté, comme le synthétique, mais, carrément, la "repousse" : un vêtement en laine reste longtemps propre, et se nettoie facilement en le secouant ou en l'accrochant à l'air libre ; les rares lavages qui seront nécessaires, se contentent d'eau tiède et d'un peu de savon.
La laine peut se tricoter, se crocheter, se tisser, se feutrer ou s'utiliser telle quelle en guise de rembourrage, ce qui fournit une large gamme de matières : souples ou raides, moelleuses et élastiques ou solides, fines ou épaisses, des yourtes et des draps, des pulls et des matelas... La laine est "vivante" et a des propriétés médicales, sous forme de compresses (en allemand : "Heilwolle", laine qui guérit...). Elle est facile à teindre avec des produits naturels. Elle se prête bien au tricot irlandais, qui, outre sa beauté, procure une chaleur particulièrement efficace grâce aux "poches d'air" emprisonnées dans les motifs en relief. Les patchworks étaient, à l'origine, doublés de fibre de laine feutrée.
La laine favorise la croissance des enfants dormant sous une couverture en laine : il paraît qu'on
soigne les enfants qui ont l'une des jambes plus courte que l'autre en l'enveloppant d'une couverture en laine : la jambe pousse alors plus vite et rattrape l'autre... Plus besoin d'hormones de croissance, donc, si on en revient à la bonne vieille laine...
 
Le lin pousse facilement chez nous - j'en cultive tous les ans, et rien que les fleurs, bleues, sont de toute beauté ; j'imagine un champ de lin, bleu azur, cotoyant un champ de moutarde, jaune éclatant, à côté de la blondeur du blé parsemé de coquelicots rouges et de bleuets, et puis les moutons blancs sur la prairie verte... L'autarcie me semble plus poétique et esthétique que les champs de maïs "propres" à perte de vue...
 
Le lin se récolte et se stocke facilement. Sa fibre est d'une douceur soyeuse et d'un aspect éclatant jamais atteint par une autre fibre, à part, peut-être, la soie, mais celle-ci ne nous concerne guère, ici...
 
Le lin est très agréable à porter - c'est d'ailleurs devenu une fibre de luxe, très, très chère...
 
Je n'ai pas encore filé du lin ; je file de la laine, avec un rouet ; c'est une activité très agréable, "planante". A l'époque, on emportait son rouet pour se retrouver à des soirées conviviales, l'action de filer étant suffisamment routinière pour qu'on puisse bavarder, chanter, tout en étant "productif". Le fuseau est bien pratique pour filer en toute circonstance : en gardant les oies, en se déplaçant à pied ou en charrette ; et c'est une bonne habitude, que d'avoir toujours un petit ouvrage entre les mains, car, au fur et à mesure que le temps défile, on "consomme" sans cesse : on brûle ses calories, on use ses vêtements. Alors, produire au même rythme, en continu, permet de "maintenir l'équilibre", sans avoir besoin d'un tiers qui produit à notre place ce que nous consommons, en plus de ce qu'il peut tranquillement produire pour lui-même.
 
D'après mes "calculs", un travail en "vitesse de croisière" de huit heures par jour (en moyenne), par personne, permet juste de bien produire ce qui est nécessaire à la vie. Il reste alors huit heures pour le repos, et huit heures pour les activités facultatives. Mais cela est un autre sujet, revenons à nos fibres textiles.
 
En "autarcie rustique", il est difficile d'imaginer un certain nombre de choses qui sont devenues courantes, sinon "indispensables" avec le confort moderne : des sous-vêtements, sans coton, sans jersey ; des vêtements, fins, extensibles, fermés par "zip" ; des coutures faites avec du fil fin et des aiguilles fines ; des draps de 2,40 sur 1,80m ; des mouchoirs en tissus très fin - ou jetables...
 
Et pourtant, là encore : au Moyen-âge, en Egypte, dans l'Antiquité, on a bien fabriqué des quantités étonnantes de tissus étonnants et de vêtements étonnants... Et, à la fin du néolithique, on tissait des étoffes à carreaux multicolores, on portait des pantalons et des chemises, on stockait les grains dans des sacs tissés, on sortait en hiver et on langeait les bébés...
 
Pour l'imperméabilité, il y a la laine, non dessuintée, c'est à dire à laquelle on n'a pas retiré la graisse qui la recouvre naturellement. D'ailleurs, filer la laine non dessuintée est une bonne manière de soigner les mains, puisque cette "lanoline", comme on l'appelle, est un bon "cosmétique" ; lorsqu'on dessuinte la laine, on peut la récupérer pour l'utiliser en tant que produit de beauté... sauf de nos jours, car les moutons sont trempés dans des bains insecticides, actuellement...
 
Teindre la laine n'est pas seulement destiné à des fins esthétiques, mais aussi pratiques : la laine est généralement écrue, ce qui est gênant pour travailler, car on voit la moindre tache ; les teintures naturelles ont l'avantage de fournir un camaïeu de couleurs harmonieuses, faciles à combiner, du jaune au marron, en passant par le beige, le vert "sourd" et le rose tendre - ce qui évite les "fautes de goût", les couleurs qui se heurtent et les hésitations pour savoir quoi assortir, les couleurs criardes et les teintes "difficiles" telles que le bleu et le rouge étant difficiles ou impossibles à obtenir naturellement...
 
Le sujet du "textile" me fournit un bon exemple pour expliquer pourquoi il me paraît difficile, impossible, même, de "revenir en arrière" modérément ou progressivement lorsqu'on remet en cause les conditions de la société actuelle, pour des raisons éthiques, écologiques ou autres. Si, par exemple, on décide de tricoter un pull au lieu de l'acheter, déjà, ce n'est pas plus économique, car les fils naturels sont devenus très chers et le temps passé à tricoter n'est pas "rentable" par rapport à un tricotage industriel. De plus, sur du fil, acheté, on n'a pas plus de garanties sur l'origine, la qualité et la fabrication de la laine qu'avec un pull fini ; l'acheminement de la laine du producteur au consommateur requiert autant de pétrole qu'un vêtement. On évite simplement l'éventuelle exploitation indigne d'une ouvrière, d'un enfant - mais on risque aussi de priver une petite tricoteuse artisanale "autochtone" de son gagne-pain ; pour payer celle-ci au juste prix, il faut avoir les moyens, donc aller bosser - et alors, on n'a plus le temps de tricoter soi-même...
 
D'où ma préférence pour le scénario - pas du tout "catastrophe" - de la "chute de l'empire moderne", qui mettrait radicalement "de niveau" et les ouvriers du Tiers-Monde, et l'artisan d'ici, et le consommateur d'ici : chacun reprend sa propre production et sa propre consommation en main à la base, "système D", en sachant ce qu'il veut et ce qu'il peut...
 
Sabine.
 
 
 


Mercredi 29. Octobre 2003  14:09

geispe
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Bonjour tous, Une petite remarque préalable pour la compréhension du texte de Sabine que je vous propose ici... L'idée du "retour au néolithique" est une...
geispe
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29. Octobre 2003
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