Bonjour,
Le 14/02/2012 14:16, JEAN LUC PETIT a écrit :
> ...
> mais on oublie le Neem dans tout ça
> D'après Jean François c'est très mal parti
> la présence d'isomère compromet son homologation... le discours officiel
> français les soupçonnent d'agir sur le systèmes reproducteur
> après contact avec les instances compétentes qui ont homologué l'extrait
> de neem en Suisse et en Allemagne ce genre de propos les fait sourire et
> peu scientifiquement recevable
> quel isomère sont responsable, c'est très vague comme terme générique :
> isomère
Il faudrait savoir d'abord quelle molécule présente cette isomérie
qui les inquiète. (et les inquiète pour quelle action sur qui!)
Personnellement, dans un extrait de Neem, je retiens (principalement, on
connais en fait une trentaine de molécules parmi les limonoïdes):
- l'azadirachtine réputée insecticide
- la nimbinine réputée répulsive et bactéricide
- la salanine réputée la plus répulsive
- la nimbine réputée répulsive
et de ces molécules, je ne connais que l'azadirachtine qui présente des
isoméries. A, B, C et D principalement, A et B pour les plus présentes
et jusqu'à H et I sous forme de traces. Dans toutes les publications
que je connais (je ne connais pas tout) je n'ai jamais vu de
distinction d'action selon l'isomère.
Il ne faudrait pas que (je me suis toujours bien porté d'une "parano"
raisonnée) le but soit, tout simplement, d'arriver à dire que seule
l'azadirachtine-A est autorisée, obligeant ainsi à passer par une
industrie seule capable de l'isoler ...
Car en fait, l'intérêt du neem est dans son complexe de toutes ses
molécules. Il est ainsi essentiellement répulsif, et ne devient
insecticide que lorsque la folie pousse des insectes à en manger (lors
d'une pullulation pas exemple). Cela d'ailleurs invalide le principal
reproche que l'on pourrait faire à cette molécule, son large spectre.
> qui a raison ?
D'après le principe "du gala organisé au profit de l'organisateur de
gala", généralement c'est l'organisateur du gala à son profit qui fini
par avoir raison ...
> le neem serait il si dangereux, autant, voir plus que les insecticides
> chimiques
> je rappelle qu'il est homologués en bio dans 80 pays sauf en France
> seraient ils aussi inconscients nos amis étrangers ?
> et reproche t'on la même chose à l'huile de neem employé depuis la nuit
> des temps dans les différents continents
> il est vrai que notre civilisation est supérieure (je plaisante, clin
> d'oeil à l'actualité)
> mon propos est volontairement polémique pour provoquer vos réactions, à
> vos plumes
> n'oublions pas qu'un mouvement de producteurs bio réclament son utilisation
> ils ont passé plusieurs messages sur cette liste pour se faire
> connaître, entendre, pour les soutenir
> peu de réactions à ce jour !
> je vous invite à lire (ou à relire) le livre " Biopesticides d'origine
> végétale" ed : doc & toc
> ou 18 chercheurs (pas un seul français sauf pour la synthèse et la
> traduction) font le point sur les insecticides de demain, le neem
> apparaît comme le plus intéressant aussi bien en fonction de sa tox et
> son non agressivité sur la faune prédatrice.
> Qui peut nous éclairer ?
Personnellement, j'utilise ces même molécules (trouvés dans une autre
plante, le Melia) avec succès (ce qui signifie une action sur ce que je
souhaite, et pas de résultat que je ne souhaiterai pas -comme la mort
de tous les insectes par exemple-) sur bien des situations:
- j'ai vu (chez un copain, ce n'est donc pas personnel) un tunnel
infecté d'aleurodes, débarrassé des aleurodes en une nuit par le dépôt
au sol de branches et feuilles de mélia. Je n'ai pas trouvé le
lendemain de cadavre d'aleurode ni d'autre insecte (bien que je
manquais de temps pour faire cela de façon approfondi, je suis
convaincu que si il y avait eu des cadavres, je les aurais vu)
- J'ai vu (chez moi, par deux fois à deux ans d'intervalle) des
charançons dans des sacs de blé; la disposition de boules (fruits) de
mélia entre les sacs et au sol autour des sacs, a fait disparaitre les
charançons en deux ou trois jours. J'ai retrouvé des cadavres, tant
dans les sacs qu'à l'extérieur, mais sans commune mesure avec ce qui
était présent; je me suis dis, "ce sont les quelques qui sont morts de
crise cardiaque en fuyant".
- j'ai vu, des boules de mélia éloigner les mouches d'un tas de pommes
de terre pourrissant sur un tas de compost. J'en ai déduit que ces
molécules ne sont pas "exotiques" et sont bien connues de nos insectes
locaux comme étant dangereuses (d'où l'effet répulsif, avant d'en
venir à l'effet insecticide en cas de pullulation) (à rapprocher de la
tradition méridionale où l'on met le mélia là où on veut profiter de
l'ombre sans être importuné par les insectes -pour la sieste par ex.-)
- ...
J'en reste là, car vous avez probablement compris:
- je ne me battrais pas pour qu'il existe un produit industriel
(d'autant plus cher qu'il passera pour miraculeux)
- je préfère (et de loin) utiliser le complexe, bien plus écologique,
des feuilles, des fruits (sans exclure un extrait de fruits
ponctuellement en cas de pullulation qui ne pourrait être traité par
les branches et les feuilles)
Cordialement,
--
|Claude Safon, AgriPacTe, (agripacte@...)|
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|- Pour une nouvelle agriculture méditerranéenne, écologique, durable -|
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