C'est un exemplaire rarissime, Thierry.
Non massicoté.
Et tirage de tête, bien sûr !
M.
--- Dans amisdesana@..., BONNARDEL Thierry <sana_le_magnifique@...>
a écrit :
>
> Moi, je cherche de partout sur le net depuis hier "In bed with an alien" de
Dominique Gautier...
> J'ai hâte de le trouver!
> Titi le picte.
>
>
>
>
> ________________________________
> De : Carlos Jösler <carlo@...>
> À : amisdesana@...
> Envoyé le : Mar 1 Décembre 2009, 16 h 43 min 34 s
> Objet : [amisdesana] le monde est petit
>
>
> Pour la première fois je lis un polard d´une certaine
> Virginia V.
> Y a beaucoup de nouveaux personnages, mais j´ai aussi
> retrouvée une copine de longue date : la fille Marchandise.
> Dans ce monde tout nouveau ça fait du bien de rencontrer des
> vieilles connaissances.
>
> Amicalement Carlo
>
Je vous ai mentionné il y a quelques jours les manifestations autour de San-A à Tourcoing en janvier.
Le soir de l'inauguration, une comédienne va donc jouer des extraits de San-A que je lui aurai choisis.
Je l'ai eue au téléphone pour finaliser un peu le projet, et là, je me dis que, merde, faire jouer San-A par une gonzesse, c'est déjà super, mais j'aimerais carrément lui faire jouer "Les monologues du vagin de Berthy" !
Sauf que je dois lui filer les textes pour dans deux semaines...
Si vous avez en mémoire des San-A dans lesquels Berthe se livre à quelques passages d'anthologie (ça peut être dialogué, ils peuvent être à deux sur scène), je suis preneur, car je vais devoir opérer une sélection très vite.
Ah d'accord, tu voulais juste signaler l'inanité de ma phrase ? ;-)
Parce que c'est vrai qu'à la relire, je comprends toujours pas ce que j'ai voulu
dire...
M.
--- Dans amisdesana@..., "Thierry Gautier" <ThierryP.Gautier@...> a
écrit :
>
> Mais c'est pas la (petite) répétition que j'avais voulu
> mettre en valeur ! :-(
> C'était juste en rapport avec la citation...
>
> Th.
>
> --- Dans amisdesana@..., "Monseigneur" <maxime.gillio@> a écrit :
> >
> > Ah ça, c'est sûr que sur k-libre, ils ont pas le même rédac chef qu'au MSA,
sinon, il aurait pas laissé passer.
> >
> > Fait chier, mais fait chieeeeeeer !
> >
> > M.
> >
> > --- Dans amisdesana@..., "Thierry Gautier" <ThierryP.Gautier@> a
écrit :
> > >
> > > Oui, c'est exactement ça qu'a relevé le chroniqueur :
> > > "Un amour pudique, qui apparaît avec retenue et pudeur, mais qui vous
touche." ;-)
> > >
> > > Th.
> > >
> > > --- Dans amisdesana@..., Mousse Sébastien <l.aligator@> a
écrit :
> > > >
> > > > ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un
peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la
masturbation. Difficile à dire.
> > > > J'adore...
> > > >
> > > >
> > > > Mosésu sur Facebook
> > > >
> > > >
> > > >
> > > >
> > > > ________________________________
> > > > De : Maxime Gillio <maxime.gillio@>
> > > > À : amisdesana@...
> > > > Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 13 h 14 min 38 s
> > > > Objet : [amisdesana] Lecture
> > > >
> > > >
> > > > Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas fait partager un coup de
coeur lecture. "Opale", de Stéphane Lefebvre. A lire. Vite.
> > > >
> > > > J'ai chroniqué le livre sur un site où je sévis de temps en temps, c'est
là :
> > > > http://www.k- libre.fr/ klibre-ve/ index.php?page=livre&id=545
> > > > J'ai également réalisé une interview de l'auteur, bientôt en ligne sur
le même site. Si ça vous intéresse...
> > > >
> > > > M.
> > > >
> > > >
> > > > http://maximegillio .blogspirit. com
> > > >
> > >
> >
>
Tu m'étonnes !
Putain ! Frédéric Lefebvre ! Je ne crois pas qu'il y ait actuellement dans le
paysage politique un mec qui me donne autant envie de gerber que ce mec-là ! Il
me donne des envies de meurtre, ce facho l'Oréal !
Entre lui et Besson, merde, mais on va où !
M.
--- Dans amisdesana@..., "Thierry Gautier" <ThierryP.Gautier@...> a
écrit :
>
> C'est mieux qu'une interview de Frédéric Lefebvre !!!
>
> Th.
>
> --- Dans amisdesana@..., "Maxime Gillio" <maxime.gillio@> a écrit
:
> >
> > Uniquement pour ceux qui ne s'en branlent pas totalement.
> >
> > Il devrait y avoir une répétition ou deux...
> >
> > http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=interview&id=47
> >
> > M.
> >
> >
> > http://maximegillio.blogspirit.com
> >
>
Mais c'est pas la (petite) répétition que j'avais voulu
mettre en valeur ! :-(
C'était juste en rapport avec la citation...
Th.
--- Dans amisdesana@..., "Monseigneur" <maxime.gillio@...> a écrit :
>
> Ah ça, c'est sûr que sur k-libre, ils ont pas le même rédac chef qu'au MSA,
sinon, il aurait pas laissé passer.
>
> Fait chier, mais fait chieeeeeeer !
>
> M.
>
> --- Dans amisdesana@..., "Thierry Gautier" <ThierryP.Gautier@> a
écrit :
> >
> > Oui, c'est exactement ça qu'a relevé le chroniqueur :
> > "Un amour pudique, qui apparaît avec retenue et pudeur, mais qui vous
touche." ;-)
> >
> > Th.
> >
> > --- Dans amisdesana@..., Mousse Sébastien <l.aligator@> a écrit
:
> > >
> > > ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un
peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la
masturbation. Difficile à dire.
> > > J'adore...
> > >
> > >
> > > Mosésu sur Facebook
> > >
> > >
> > >
> > >
> > > ________________________________
> > > De : Maxime Gillio <maxime.gillio@>
> > > À : amisdesana@...
> > > Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 13 h 14 min 38 s
> > > Objet : [amisdesana] Lecture
> > >
> > >
> > > Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas fait partager un coup de
coeur lecture. "Opale", de Stéphane Lefebvre. A lire. Vite.
> > >
> > > J'ai chroniqué le livre sur un site où je sévis de temps en temps, c'est
là :
> > > http://www.k- libre.fr/ klibre-ve/ index.php?page=livre&id=545
> > > J'ai également réalisé une interview de l'auteur, bientôt en ligne sur le
même site. Si ça vous intéresse...
> > >
> > > M.
> > >
> > >
> > > http://maximegillio .blogspirit. com
> > >
> >
>
Je cite : Beauté souillée, violée ; quête d´un amour absolu, sans taches...
C´est parce que tu bosses dans l´Éducation nationale que tu écris des
romans baudelairiens ?
Bordel, voilà, ou part notre beau pays!!! Carlita chérie retiens moi, je vais les pulvériser.... On les payes à éduquer nos enfants, qui devienne sauvageons, parce que ces messieurs se pavanent dans la littérature!!!
De : Maxime Gillio <maxime.gillio@...> À : amisdesana@... Envoyé le : Mar 1 Décembre 2009, 18 h 25 min 55 s Objet : [amisdesana] Stéphane Lefebvre, l'interview
Uniquement pour ceux qui ne s'en branlent pas totalement.
Merci Yannick !
Je n'avais jamais vu cette belle photo, qui doit être
une photo de "La fête à Robert Hossein", diffusée
en décembre 86 sur la Télé Suisse Romande.
Th.
--- Dans amisdesana@..., yannick Garçon <yannitch@...> a écrit :
>
>
> Une derniere pour aujourd'hui, pour être sur de partager avec vous tous
> ce doc qui a de la gueule, croyez moi.
>
> Certe pas aussi celebre que le trio Brel/Brassens/Ferré, certes moins intimes
et perso que
> les superbes photos d'Albert ( merci encore, Albert encore...!), mais
franchement elle est
> belle non.
>
>
> Le Garenne (qui cherche encooooooooooore)
>
De :
amisdesana@... [mailto:amisdesana@...] De la part de yannick Garçon Envoyé : mardi 1 décembre
2009 14:40 À : amisdesana@... Objet : [amisdesana] vous
aviez deja vu ??? 4
Une derniere pour aujourd'hui, pour être sur de partager avec vous tous
ce doc qui a de la gueule, croyez moi.
Certe pas aussi celebre que le trio Brel/Brassens/Ferré, certes moins
intimes et perso que
les superbes photos d'Albert ( merci encore, Albert encore...!), mais
franchement elle est
belle non.
Le Garenne (qui cherche encooooooooooore)
Ce courriel et toutes les pièces jointes sont confidentiels et peuvent être couverts par un privilège ou une protection légale. Il est établi à l’attention exclusive de ses destinataires. Toute utilisation de ce courriel non conforme à sa destination, toute diffusion ou toute publication, totale ou partielle, est interdite, sauf autorisation expresse préalable. Toutes opinions exprimées dans ce courriel ne sauraient nécessairement refléter celle de Natixis, de ses filiales. Elles sont aussi susceptibles de modification sans notification préalable. Si vous recevez ce courriel par erreur, merci de le détruire et d’en avertir immédiatement l’expéditeur. L’Internet ne permettant pas d’assurer l’intégrité de ce courriel, Natixis décline toute responsabilité s’il a été altéré, déformé ou falsifié et chaque destinataire qui utilise ce mode de communication est supposé en accepter les risques.
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Une derniere pour aujourd'hui, pour être sur de partager avec vous tous ce doc qui a de la gueule, croyez moi.
Certe pas aussi celebre que le trio Brel/Brassens/Ferré, certes moins intimes et perso que les superbes photos d'Albert ( merci encore, Albert encore...!), mais franchement elle est belle non.
ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la masturbation. Difficile à dire.
------------ --------- --------- --------- --------- --------- --------- --------- --------- --- Orange vous informe que cet e-mail a été contrôlé par l'anti-virus mail. Aucun virus connu à ce jour par nos services n'a été détecté.
ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la
palette d'un peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert
par hasard la masturbation. Difficile à dire.
---------------------------------------------------------------------------------------
Orange vous informe que cet e-mail a été contrôlé par l'anti-virus mail.
Aucun virus connu à ce jour par nos services n'a été détecté.
Après avoir pris sa retraite, la femme de notre ami Michel a insisté pour qu'il l'accompagne dans ses courses à Carrefour. Malheureusement, comme la plupart des hommes, il trouve cette tache ennuyeuse et préfère ses bonnes soeurs, il n'aime pas que les courses durent des heures et des heures. Hélas, sa femme est comme la plupart des femmes, elle aime faire du shopping pendant des heures et des heures ! Hier, sa chère épouse a reçu la lettre suivante de Carrefour :
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chère Madame, Au cours des six derniers mois, votre mari a été à l'origine de plus d'un problème au sein de nos magasins. Nous ne pouvons tolérer ce comportement et sommes contraints de vous interdire, à tous les deux, l'accès à nos magasins. Nos plaintes contre M. BERGNES sont énumérées dans l'historique ci-dessous et documentées par nos caméras de surveillance vidéo. Le 15 juin : Il a prit 24 boîtes de préservatifs pour les mettre au hasard dans les chariots des autres clientes quand elles ne regardaient pas ! Le 2 juillet : Il a réglé tous les réveils dans le rayon des articles ménagers/literie pour qu'ils se déclenchent à intervalles de 5 minutes. Le 7 juillet : Avec une boîte de concentré, il a fait une traînée de jus de tomates sur le sol conduisant aux toilettes des femmes. Le 15 août : Il a monté une tente dans le département de camping et proposait aux autres clients d'amener des couvertures et oreillers. Le 23 août : Quand un employé a demandé s'il pouvait l'aider, il a commencé à pleurer et a crier : "Pourquoi vous ne me laissez pas tranquille ?" Le 4 septembre : Il a regardé directement dans la caméra de sécurité et l'a utilisée comme un miroir, pour aller chercher des trésors dans son nez. Le 11 septembre : Il a manipulé des armes à feu dans le département de chasse et pêche et a demandé au préposé dans quel rayon se trouvaient les antidépresseurs. Le 18 octobre : Il s'est caché dans un rayon de vêtements, à l'intérieur d'une longue robe et lorsque les gens approchait, il criait : "choisis-moi, choisis-moi !" Le 21 octobre : Quand une annonce est venue sur le haut-parleur, il s'est couché au sol en position foetale et a crié : "Oh non ! C'EST ENCORE CES VOIX !" Et le dernier incident, mais pas le moindre. le 20 novembre : Habillé en prêtre il a déambulé dans les rayons du magasin, un San-Antonio à lamain, en apostrophant les clientes : Béru dit à Saint Pierre, une tiote fumelle commac faut y péter l'oigne avec le saint Chrème comme lubrifant!!! Le 25 novembre : Il est entré dans une cabine d'essayage, a fermé la porte, a attendu un certain temps, puis a crié très fort : "Hé ! Il n'y a pas de papier cul ici ?"
S'il vous plait, Madame, mettez le chez les soeurs en passant, avant de venir au magasin
Après
avoir pris sa retraite, la femme de notre ami Michel a insisté pour qu'il l'accompagne
dans ses courses à Carrefour. Malheureusement, comme la plupart des
hommes, il trouve cette tache ennuyeuse et préfère ses bonnes soeurs, il n'aime pas que les courses durent des heures et des heures. Hélas, sa femme est comme la plupart des femmes, elle aime
faire du shopping pendant des heures et des heures ! Hier, sa chère
épouse a reçu la lettre suivante de Carrefour :
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chère Madame, Au
cours des six derniers mois, votre mari a été à l'origine de plus d'un
problème au sein de nos magasins. Nous ne pouvons tolérer ce
comportement et sommes contraints de vous interdire, à tous les deux,
l'accès à nos magasins. Nos plaintes contre M. BERGNES sont énumérées
dans l'historique ci-dessous et documentées par nos caméras de
surveillance vidéo. Le 15 juin : Il
a prit 24 boîtes de préservatifs pour les mettre au hasard dans les
chariots des autres clientes quand elles ne regardaient pas ! Le 2 juillet : Il a réglé tous les réveils dans le rayon des articles ménagers/literie pour qu'ils se déclenchent à intervalles de 5 minutes. Le 7 juillet : Avec une boîte de concentré, il a fait une traînée de jus de tomates sur le sol conduisant aux toilettes des femmes. Le 15 août : Il a monté une tente dans le département de camping et proposait aux autres clients d'amener des couvertures et oreillers. Le 23 août : Quand
un employé a demandé s'il pouvait l'aider, il a commencé à pleurer et a
crier : "Pourquoi vous ne me laissez pas tranquille ?" Le 4 septembre : Il
a regardé directement dans la caméra de sécurité et l'a utilisée comme
un miroir, pour aller chercher des trésors dans son nez. Le 11 septembre : Il
a manipulé des armes à feu dans le département de chasse et pêche et a
demandé au préposé dans quel rayon se trouvaient les antidépresseurs. Le 18 octobre : Il
s'est caché dans un rayon de vêtements, à l'intérieur d'une longue robe
et lorsque les gens approchait, il criait : "choisis-moi, choisis-moi
!" Le 21 octobre : Quand
une annonce est venue sur le haut-parleur, il s'est couché au sol en
position foetale et a crié : "Oh non ! C'EST ENCORE CES VOIX !" Et le dernier incident, mais pas le moindre. le 20 novembre : Habillé en prêtre il a déambulé dans les rayons du magasin, un San-Antonio à lamain, en apostrophant les clientes : Béru dit à Saint Pierre, une tiote fumelle commac faut y péter l'oigne avec le saint Chrème comme lubrifant!!! Le 25 novembre : Il
est entré dans une cabine d'essayage, a fermé la porte, a attendu un
certain temps, puis a crié très fort : "Hé ! Il n'y a pas de papier cul
ici ?"
S'il vous plait, Madame, mettez le chez les soeurs en passant, avant de venir au magasin
De : GREG <gravos26@...> À : amisdesana@... Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 22 h 35 min 06 s Objet : Re : [amisdesana] Pivert
Bien d'accord avec toi Claude....bonne fête aussi à Dédou
GREG
De : Bories Claude <claude.bories@ natixis.com> À : "amisdesana@ yahoogroupes. fr" <amisdesana@yahoogro upes.fr> Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 14 h 13 min 44 s Objet : RE: [amisdesana] Pivert

Alors là Michel, tu t´es surpassé : accoupler un mouton avec un coq pour donner un coq au vin...Génial !
Bises
Claudius.
PS : Et bonne fête au Dédou
De : amisdesana@yahoogro upes.fr [mailto:amisdesana@ yahoogroupes. fr] De la part de michel.bergnes Envoyé : dimanche 29 novembre 2009 11:10 À : amisdesana@yahoogro upes.fr Objet : [amisdesana] Pivert
Bonjour,
Le dimanche c´est mon jour de repos, alors je me lève très tôt, plus tôt que d´habitude, pour avoir plus de temps à ne rien faire.
Parce que la semaine est chargée.
Après avoir tenté d´accoupler un mouton et un coq afin de faire directement du coq au vin,
Je suis en train de tenter une nouvelle expérience, j´accouple des pigeons voyageurs avec des piverts.
Je me lasse de devoir chercher mon courrier dans les nichoirs des pigeons, ou d´être obligé de monter sur le toit du pigeonnier a potron-minet, en pantoufles et robe de chambre, avec mon épuisette, pour découvrir que le message est : « Pas de message par pigeon aujourd´hui. »
Si je réussis mon expérience, doré de l´avant, (*) mes pigeons voyageurs-piverts, frapperont a la porte en emmenant le courrier.
Ce sera beaucoup plus commode.
Mais c´est du boulot.
Faire la démonstration au pivert de comment engrosser mes pigeonnes, ce n´est pas facile, et au bout de cinq ou six fois c´est positivement épuisant.
Je me suis endimanché ce matin pour aller saluer vos amies les Soeurs du couvent de Polastron.
Avant la messe il y avait une cérémonie d´obsèques dans la chapelle du couvent.
Très émouvant avec les soeurs qui chantaient du grégorien.
Pas mal, ma foi. C´est beau le chant choral.
Peut-être ais-je aimé ça parce que j´étais petit chanteur a la croix potencée de Notre dame la noire de la Daurade dans ma prime jeunesse ?
On enterrait Marcel l´ancien jardinier du couvent. Monsieur le curé fit de lui un éloge dithyrambique, toutes ses qualités, réelles ou supposées, bon père ,bon citoyen, bon mari, sobre, charmant, fidèle, dévoué, généreux, courageux, tellement que sa veuve a coté de moi me regardait régulièrement avec un drôle d´air, mâtiné d´étonnement et d´incrédulité.
Elle finit par me tirer par la manche et me glisser dans l´oreille :
- J´y crois pas, à tout ce qu´y dit le Curé !
- Pourtant c´est un bel hommage, non ? lui répondis-je.
Elle leva alors le bras, interrompit le curé :
- Monsieur le curé, s´il vous plait, on peut rouvrir le cercueil ?.
- Pourquoi ma fille ? répondit-il époustouflé.
- Avec tout ce que vous venez de dire, ce n´est pas possible que ce soit mon Marcel qui soit dans cette boite !
Voilà. Je ne voulais pas vous cacher cette péripétie, parce qu´elle m´a incité a rentrer chez moi aussi tôt, et de ce fait, de manquer une fois de plus la messe qui suivait cette cérémonie.
--- Dans amisdesana@yahoogro upes.fr, "Eric" <eric.chabanon@ ...> a écrit : > > > > > > Sonnerie, le rideau se lève lentement. > > > > Je sais pas pourquoi je te vous raconte tout ça, des histoires > vraies, dame ! on devrait jamais hein ! Ou alors les transposer un peu, > par pudeur. J'aurais pas dû et seulement rester sur mon île > imaginaire à débloquer, mais puisque j'ai commencé, > finissons si c'est possible. > > > > Et je reprends Samain en pleine gueule. Une vieille tempête se > déchaîne, une familière, à décorner les bioùs. > Dans ces cas-là, mes chevaux
mettaient le cul au vent, baissaient la > tronche et fermaient leurs mirettes, se mettait en roue libre sur trois > pattes et attendaient que notre foutu Mistral ait fini de > déconner. Pas moi, moi je suis lourd, j'insiste. > > J'étais en virée solitaire. Quand c'est arrivé, que > j'ai reconnu la route, j'ai foncé pour un détour vers le > passé, sans me poser de question, sans penser à mon agenda > surbooké. Je suis encore loin de chez moi, par ici. > > J'ai remisé ma tire à perpette sous des arbres sans même la > bouclarès, comme si je ne devais jamais la revoir, le coffre rempli > de mes bagages inutiles, et puis je suis parti à pince dans la > caillasse au rendez-vous pour pouvoir profiter de mon sentier > retrouvé ; plus rien ne compte que ça. L'émotion. > > Il est bien plus étroit qu'autrefois, ou bien c'est > mézigue qui est
plus large, il n'est plus que passage, comme il > l'avait toujours été, fait par les bêtes des origines, > draille sans doute, qui a toujours été là, un truc naturel > d'avant les hommes... Je m'en vais maintenant, les poings dans mes > poches crevées.mon paletot soudain. > > Il arrive que je me récite des vers ainsi, en m'appliquant comme > un gosse, accommodés à la sauce de l'instant. Mais > seulement ceux que j'ai appris à la communale, ou au > collège. Mon père ce héros. Il neigeait. autour du > toit qui nous vit naître . Bientôt nous plongerons dans les > froides ténèbres. Voici les feuilles d'automne qui tombent > sur le gazon. Gastibelza, l'homme à la carabine . La blanche > Ophélia flotte comme un grand lys, flotte très lentement, > couchée en ses longs voiles... La digue du cul en revenant de > Nantes. non, pas celui-là, ça c'est
plus tard, > bidasse. Des amis d'enfances, ces vers-là, des camarades de > classe. J'aimerais que ça soit eux qui me tortorent un > jour. J'avais pas beaucoup de copains, alors. trop > bohème, le gitan. Mes livres et mon porte-plume. Ceux que > j'ai lus, depuis, je ne les retiens pas par cour, comme s'il > n'y avait plus de place dans mon âme d'adulte. je les > retrouve seulement dans mes livres, à l'occasion, avec tout > autant de plaisir . Mais ceux de mon enfance, donc, c'est > drôles, c'est comme incrustés qu'ils sont. Au > commencement était l'émotion, Céline. > > Au fur et à mesure, à écarter les ronces et les genêts pour > progresser sur le sentier, j'ai rajeuni, je le jure. Albert se > pointe, normal. > > Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets, > > Là-bas tord la forêt comme une chevelure. >
> Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure > > Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets. > > La mer me manque quand je m'en éloigne. mais ça n'a > rien à voir, Charles. Je ne l'aime pas vraiment, mais cette > récitation de môme depuis longtemps me hante plus qu'une > autre. depuis une nuit particulière que tu sais, depuis que je > suis venu passer ici un certain temps, pour des raisons familiales sans > doute suffisamment graves pour que mes parents permettent que je rate la > rentrée des classes de près d'un mois cette année-là, si > je me souviens bien. Mais je ne me souviens pas de tout. C'était la > mort d'un très très proche, des suites d'une longue > machine merdique. tu sais ? La vérité est ailleurs, Mulder, > pas de Poe. > > Et quarante cinq piges se sont écoulées, tumultueuses ou > peinardes,
inexorables en tout cas, et je suis devenu un homme à ce > qui paraît (ça, on est souvent le seul à ne pas le savoir, hein > !), un mec en partie construit sur des moments comme cet > épisode-là, pourtant bien insignifiant de mon existence. Va > comprendre. Les hasards de mes pérégrinations, un soir sans > GPS m'ont donc ramené sur ce plateau sauvage. > > Rien n'a changé depuis, enfin, pas la nature éternelle. La > forêt est toujours là. Il paraîtrait même que les loups y > sont revenus aujourd'hui, au grand dam du nouvel éleveur occupant > la ferme de ma grand-tante et qui se promène toujours avec un flingot > sur les espaldes. > > Je n'ai pas la santé de mes dix piges, quand je dévalais cette > pente-là vers la ferme. > > L'Automne qui descend les collines voilées > > Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre
coeur ; > > Et voici que s'afflige avec plus de ferveur > > Le tendre désespoir des roses envolées. > > Les toits de lauzes, une fumée. L'odeur des bêtes, le > tintement des sonnailles et l'aboiement d'un clebs. Et puis > l'étrange silhouette d'un berger farouche... Timide, plutôt. > > C'est un parent éloigné, on ne s'est jamais rencontré > mais il a tôt fait de me reconnaître comme l'un des siens... > Dina, l'ancêtre commune, ça fait lurette qu'elle fume sa > maigre terre natale, sur la hauteur, là-bas, sous un sapin. On va > à la ferme. Toujours aussi délabrée, mon aile, mais pas > plus. > > Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos > > S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ; > > La tonnelle grelotte et la terre est mouillée, > > Et le linge blanc claque, éperdu, dans
l'enclos. > > C'est pas que ça me botte ces trucs-là, mais ça me parle > à l'oreille, avec un souffle chaud, docteur. Comme une > ritournelle à la con dont on peut pas se débarrasser. Je lui > en veux à Albert, d'avoir sa main mise sur un pan de ma > mémoire. Fait chier. > > Le jardin nu sourit comme une face aimée > > Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ; > > Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien > > Monte, mélancolique, à la vitre fermée. > > Le parent est très hospitalier, et je lui raconte mes vacances à > la ferme, y'a lurette. Mais pas tout. On boit canons sur > canons, des hectolitres de solitude qu'il fabrique lui-même, le > gavot, avec sa maigre vigne qui court la montagne, et ses châtaignes > embaument la cuisine enfumée. > > Il est dit que je vais passer
la nuit ici, j'ai su amener ça avec > diplomatie, que ce soit lui qui le décide. Que nous avons trop > picolé pour que je conduise. et j'exprime le vou de > retrouver ma chambre. Il a l'air embarrassé, Gaston. C'est > qu'elle sert à saler le cochon, désormais. Mais il y a > toujours un pieu enseveli sous des hardes, sans doute le même. > > Un vrai grenier, un galeta avec sur le sol des pignes pour la > cheminée, et des pommes. Je vais roupiller parmi les saucisses et les > jambons, le lard et les andouilles qui occupent tout un coin de la > grande salle. C'est ma place. Y'a une ampoule crasseuse, > maintenant, constellée de chiures de ces mouches qu'il faut > combattre pour conserver intactes les salaisons. Une vraie guerre > avec du sel de ma Camargue. Il insiste pour que j'abandonne mon > idée. Mais non. > > Il faut une bonne heure pour
aménager le coin. Le décor, à > quelques détails près, est donc toujours le même, et je > n'ai pas perdu mon imagination, je crois. Je suis heureux, > malgré ce bourdonnement qui me bounzine le bulbe. le pinard, sans > doute. Putaing, un vrai poison pour l'estomac. à prendre > avec du bicarbonate. Le navire tangue et craque, j'ai le mal de > mer. > > Suscitant des pensées d'immortelle et de buis, > > La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse ; > > Et la lumière, avec un long frisson d'angoisse, > > Écoute au fond du ciel venir des longues nuits... > > Je ne suis pas encore allé la voir, ma nuit à la fenêtre. Il me > faudra d'abord trouver un chiffon pour nettoyer ces vitres > crasseuses où j'ai posé le front autrefois. Pour > l'heure, j'ai envie de pisser. Je me dirige vers la porte et > songe aux chiottes,
sur le palier. Puis j'éclate de rire et fais > demi-tour. Un rire de soulographe, satanique, quand j'ouvre la > croisée et que le souffle envahit la chambre. un vent chargé > de murmures. > > Ça coule un peu sur le rebord, comme les chutes de Victoria, puis le > long de la façade et enfin tout en bas, sur les buissons, > éloignant les malfaisants qui pourraient s'y planquer. Une belle > aventure, jubilante, familière. Je vais quand même pas me > branler ici, seulement pour te faire marrer, imbécile, ce serait trop > pour le sanctuaire ! Je regarde au loin la forêt tordue comme une > chevelure, longuement. et des visions massaï. > > C'est pas possible. C'est trop gros, hein ! Je vais pas te > raconter que je la vois. Je te le raconte donc pas, que je la vois > comme on s'y attendrait dans un truc de littérature à deux > balles pour colique et
colloque. mais je la vois ma dame blanche, > comme je te vois me lire en rêve, un peu floue, les bras levés > vers le ciel, avec sa crinière qui luit à la lune. Mais la vois-je > ? Hein ? Et puis je referme la fenêtre en jurant et vais cuver > d'un trait, jusqu'au matin. Une nuit agitée quand > même. > > Les longues nuits demain remplaceront, lugubres, > > Les limpides matins, les matins frais et fous > > Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux > > Et de voix sonnant clair dans les brises salubres. > > > > Je n'ai pas le temps de m'attarder, j'ai pris bien du retard > et on doit m'attendre avec angoisse, quelque part dans un monde > réel. Un caoua avec Gaston, des tartines et un morceau de > pélardon. une caillette pour la route. Puis, mystérieux, il se > lève et ouvre la grande armoire dont
s'échappent des odeurs > d'antan. Il en sort une grande boite en fer, de biscuits. Il dit > qu'elle était à Dina, qu'il n'en a rien à faire, et > me la donne, et je m'en vais sans l'ouvrir. Je me retourne > sur le sentier et contemple mes souvenirs partir en panache sur les > lauzes. > > Qu'importe, la maison, sans se plaindre de toi, > > T'accueille avec son lierre et ses nids d'hirondelle, > > Et, fêtant le retour du prodigue près d'elle, > > Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit. > > J'ai espéré tout au long du chemin jusqu'à ma caisse que > le miracle se produise, qu'il y aurait ce foutu cahier > d'écolier, dans la boite à Dina, avec une clé. Mais ce > n'était que quelques photos bien jaunies, dont une de moi sur la > murette assis avec les chèvres, et puis une coupure de journal > vieille de
quarante cinq piges, racontant le meurtre d'une pauvre > femme sur le plateau. > > Faudra que je continue à écrire, ça fait du bien, pardon pour > le dérangement. > > > > Bises, E. > > > > > > > > > > > > > --- Dans amisdesana@yahoogro upes.fr, "Eric" <eric.chabanon@> a > écrit : > > > > > > > > > > . intitulé : Albert Samain > > > > > > > > J'avais une fièvre de bourrin, ce jour-là, mais le > > thermomètre de Dina était plus petit que celui du > > vétérinaire qui soignait ses vaches, pas de bile. J'étais > loin > > de chez moi, chez une grand-tante. Elle
était plutôt gentille, > pas > > très maternelle mais douce et, surtout, en temps normal, elle me > > foutait une paix royale, me laissant à ma guise errer dans la > > montagne alentour à organiser mes expéditions, ne se souciant > que > > de mes repas et de mon linge. > > > > Dina me soignait bien depuis deux jours, avec ses tisanes. Elle me > > dorlotait à sa manière, comme ses bêtes et son chien, un peu > > rudement quand même, me reprochant mon imprudence. Pas de docteur, > > donc pas d'antibiotique, pas de suppositoires qui reculent quand tu > > les en., pas de sirop trop sucré qui écoeure et abrutit, pas > > de piqûres désagréable dans les miches, c'était pas le > > genre. seulement ses trucs étranges, visqueux, qui fumaient, > > acres dans un grand bol, glauques, amers, et qui me refilaient > >
d'étranges sensations pendant des plombes, j'aimais bien. > > > > Je logeais dans une aile déserte de sa grande ferme délabrée, > > un peu sinistre, dont la toiture craquait comme un navire ; mais je > > n'ai jamais été effrayé par le noir, les bruits > > étranges. Mes héros me protégeaient et j'en étais un > > moi-même. J'étais déjà un petit mec courageux, je le jure, > > malgré mon imagination. > > > > Elle était veuve, Dina, et moi j'avais dix piges. À ceux qui > > s'attendent maintenant à des trucs salaces, je dois dire : pas de > > bol, les aminches, l'idée avec elle ne m'a jamais > > effleuré, pas même quand je m'astiquais le vers luisant à > > la lueur de ma lampe à pétrole, en prenant bien garde avec > > l'autre main d'endiguer le flot impétueux de mon crachotement > > pour ne pas
dessiner de carte de France sur ses torchons. Ensuite, je > > m'essuyais à mes chaussettes, de toute façon, j'en > > changeais tous les jours, j'avais des ordres. La tante badinait pas > > avec ça. > > > > Après la branlette, je lisais jusqu'à pas d'heure, personne > > vérifiait. Pour m'endormir, je regardais les taches au > > plafond, un plafond du siècle dernier d'alors, qui n'avait > > jamais vu un rouleau de peintre, et j'imaginais des formes que je > > dessinerais le lendemain... Toujours en liaison avec mes lectures. Je > > sais pas si j'avais alors déjà vu la TV. > > > > Pour les commissions, il fallait aller sur le palier, mais il y avait > > aussi, dans la table de nuit, un grand seau hygiénique en fer > > émaillé et qui faisait un boucan de tous les diables, à > > rameuter la maisonnée malgré la
distance. Ça me gênait et > je > > pissais souvent par la fenêtre. Ça coulait un peu sur le rebord, > > comme les chutes de Victoria, puis le long de la façade et enfin > tout > > en bas, sur les buissons, éloignant les malfaisants qui pouvaient > > s'y planquer. Une belle aventure, jubilante. > > > > > > > > Cette nuit-là il y eut comme une détonation. Au lieu de me > cacher > > au fond de mon pieu sous le grand édredon de plumes, je me levai > pour > > courir jusqu'à la fenêtre. C'était la fin de l'automne. > > Il pelait. Instantanément, quand j'ai posé mes pieds nus sur > > la dalle humide, j'ai eu envie de pisser. J'ai cramponné ma > > zigounette à pleine main, la tordant cruellement pour pas qu'elle > > me trahisse, et j'ai foncé dans le noir. J'ai posé le > > front sur la
vitre glacée, un courant d'air venu direct du > > pôle nord et passant sous la vieille croisée me gonflait comme > une > > montgolfière. Inutile de te dire que je dansais sur place, > confondant > > mes frissons de fièvre avec ceux de ma pressante envie de giclette > > sauvage. > > > > Mais il fallait d'abord que je comprenne ce qui venait de faire ce > > bruit... Je savais bien qu'il n'y avait que ça pour ne pas > > commencer à sombrer dans le doute puis la pétoche, comme un > gamin > > que je ne voulais plus être. > > > > Je regardais donc longuement dehors, mon souffle troublant le verre et > > je compris tout quand le battant revint violemment heurter le mur. > > Puis, au loin je crus entendre. un cri. > > > > Comme le disait ma récitation d'Albert Samain, le vent > >
tourbillonnant qui avait rabattu le volet, « tordait la forêt > > comme un chevelure. Des troncs entrechoqués montaient comme un > > murmure pareil au bruit de la mer ».etc. > > > > Et puis c'est là que je l'ai vue. J'allais ouvrir la > > fenêtre pour pisser quand surgissant à l'orée, une forme > > humaine, ébouriffé, dans la bruyère. Elle levait les bras > > au ciel. Moi, j'en ai pissé sur le carrelage. > > > > Le lendemain quand elle m'a retrouvé étendu sur le sol, la > > fenêtre ouverte, ma tante a pris peur et elle a téléphoné > au > > docteur Ducros. J'avais attrapé la crève. Il paraît que > > j'ai déliré des plombes. Elle a faillit appeler mes > > parents.. > > > > > > > > Puis, j'ai guéri et on a oublié un peu tout ça. Les > > vacances tiraient à leur fin
quand je suis tombé sur le canard > de > > Dina, dans les chiottes. > > > > Une femme du hameau avait été retrouvée morte dans la lande, > > non loin de là, le lendemain de la fameuse nuit. Un crime > passionnel, > > crois-je me souvenir. Quand j'ai raconté ce que j'avais > > vécu ce soir là à ma tante, tout excité en brandissant le > > baveux comme une preuve, elle m'a rit au nez, en disant que > > j'avais rêvé, que c'était la fièvre. Je l'ai > > presque crue (cuite, elle eût été moins dure, la vieille > carne > > !) > > > > > > > > Enfin, j'ai inventé une histoire dans un cahier d'écolier que > > depuis j'ai perdu, pute borgne ! Et depuis, je me demande > > toujours. Et c'est pour ça que j'écris un peu encore, de > > temps en temps. sans doute, non ? Je sais
pas. > > > > > > > > Bises, E. > > >
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De : BONNARDEL Thierry <sana_le_magnifique@...> À : amisdesana@... Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 19 h 31 min 38 s Objet : Re : [amisdesana] Bonne fête...
Bonne fête au Dédou, ce soir, je suis sur qu'il y aura de la moule à la sétoise au menu ;-) Titi le picte
De : Eric <eric.chabanon@ wanadoo.fr> À : amisdesana@yahoogro upes.fr Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 8 h 57 min 26 s Objet : [amisdesana] Bonne fête...
...André, dit Dédou le Sétois et ...si c'est toi c'est donc mon frère. Bises, E.
Bien d'accord avec toi Claude....bonne fête aussi à Dédou
GREG
De : Bories Claude <claude.bories@...> À : "amisdesana@..." <amisdesana@...> Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 14 h 13 min 44 s Objet : RE: [amisdesana] Pivert

Alors là Michel, tu t´es surpassé : accoupler
un mouton avec un coq pour donner un coq au vin...Génial !
Bises
Claudius.
PS : Et bonne fête au Dédou
De : amisdesana@yahoogro upes.fr
[mailto:amisdesana@ yahoogroupes. fr] De la
part de michel.bergnes Envoyé : dimanche 29 novembre
2009 11:10 À :
amisdesana@yahoogro upes.fr Objet : [amisdesana] Pivert
Bonjour,
Le dimanche c´est
mon jour de repos, alors je me lève très tôt, plus tôt que d´habitude, pour
avoir plus de temps à ne rien faire.
Parce que la
semaine est chargée.
Après avoir tenté
d´accoupler un mouton et un coq afin de faire directement du coq au vin,
Je suis en train
de tenter une nouvelle expérience, j´accouple des pigeons voyageurs avec des
piverts.
Je me lasse de
devoir chercher mon courrier dans les nichoirs des pigeons, ou d´être obligé de
monter sur le toit du pigeonnier a potron-minet, en pantoufles et robe de
chambre, avec mon épuisette, pour découvrir que le message est :
« Pas de message par pigeon aujourd´hui. »
Si je réussis mon
expérience, doré de l´avant, (*) mes pigeons voyageurs-piverts, frapperont a la
porte en emmenant le courrier.
Ce sera beaucoup
plus commode.
Mais c´est du
boulot.
Faire la
démonstration au pivert de comment engrosser mes pigeonnes, ce n´est pas
facile, et au bout de cinq ou six fois c´est positivement épuisant.
Je me suis
endimanché ce matin pour aller saluer vos amies les Soeurs du couvent de
Polastron.
Avant la messe il
y avait une cérémonie d´obsèques dans la chapelle du couvent.
Très émouvant avec
les soeurs qui chantaient du grégorien.
Pas mal, ma foi.
C´est beau le chant choral.
Peut-être ais-je
aimé ça parce que j´étais petit chanteur a la croix potencée de Notre dame la
noire de la Daurade dans ma prime jeunesse ?
On enterrait
Marcel l´ancien jardinier du couvent. Monsieur le curé fit de lui un éloge
dithyrambique, toutes ses qualités, réelles ou supposées, bon père ,bon
citoyen, bon mari, sobre, charmant, fidèle, dévoué, généreux, courageux,
tellement que sa veuve a coté de moi me regardait régulièrement avec un drôle
d´air, mâtiné d´étonnement et d´incrédulité.
Elle finit par me
tirer par la manche et me glisser dans l´oreille :
- J´y crois pas, à
tout ce qu´y dit le Curé !
- Pourtant c´est
un bel hommage, non ? lui répondis-je.
Elle leva alors le
bras, interrompit le curé :
- Monsieur le
curé, s´il vous plait, on peut rouvrir le cercueil ?.
- Pourquoi ma
fille ? répondit-il époustouflé.
- Avec tout ce que
vous venez de dire, ce n´est pas possible que ce soit mon Marcel qui soit dans
cette boite !
Voilà. Je ne
voulais pas vous cacher cette péripétie, parce qu´elle m´a incité a rentrer
chez moi aussi tôt, et de ce fait, de manquer une fois de plus la messe qui
suivait cette cérémonie.
--- Dans amisdesana@yahoogro upes.fr,
"Eric" <eric.chabanon@ ...> a écrit :
>
>
>
>
>
> Sonnerie, le rideau se lève lentement.
>
>
>
> Je sais pas pourquoi je te vous raconte tout ça, des histoires
> vraies, dame ! on devrait jamais hein ! Ou alors les transposer un peu,
> par pudeur. J'aurais pas dû et seulement rester sur mon île
> imaginaire à débloquer, mais puisque j'ai commencé,
> finissons si c'est possible.
>
>
>
> Et je reprends Samain en pleine gueule. Une vieille tempête se
> déchaîne, une familière, à décorner les bioùs.
> Dans ces cas-là, mes chevaux mettaient le cul au vent, baissaient la
> tronche et fermaient leurs mirettes, se mettait en roue libre sur trois
> pattes et attendaient que notre foutu Mistral ait fini de
> déconner. Pas moi, moi je suis lourd, j'insiste.
>
> J'étais en virée solitaire. Quand c'est arrivé, que
> j'ai reconnu la route, j'ai foncé pour un détour vers le
> passé, sans me poser de question, sans penser à mon agenda
> surbooké. Je suis encore loin de chez moi, par ici.
>
> J'ai remisé ma tire à perpette sous des arbres sans même la
> bouclarès, comme si je ne devais jamais la revoir, le coffre rempli
> de mes bagages inutiles, et puis je suis parti à pince dans la
> caillasse au rendez-vous pour pouvoir profiter de mon sentier
> retrouvé ; plus rien ne compte que ça. L'émotion.
>
> Il est bien plus étroit qu'autrefois, ou bien c'est
> mézigue qui est plus large, il n'est plus que passage, comme il
> l'avait toujours été, fait par les bêtes des origines,
> draille sans doute, qui a toujours été là, un truc naturel
> d'avant les hommes... Je m'en vais maintenant, les poings dans mes
> poches crevées.mon paletot soudain.
>
> Il arrive que je me récite des vers ainsi, en m'appliquant comme
> un gosse, accommodés à la sauce de l'instant. Mais
> seulement ceux que j'ai appris à la communale, ou au
> collège. Mon père ce héros. Il neigeait. autour du
> toit qui nous vit naître . Bientôt nous plongerons dans les
> froides ténèbres. Voici les feuilles d'automne qui tombent
> sur le gazon. Gastibelza, l'homme à la carabine . La blanche
> Ophélia flotte comme un grand lys, flotte très lentement,
> couchée en ses longs voiles... La digue du cul en revenant de
> Nantes. non, pas celui-là, ça c'est plus tard,
> bidasse. Des amis d'enfances, ces vers-là, des camarades de
> classe. J'aimerais que ça soit eux qui me tortorent un
> jour. J'avais pas beaucoup de copains, alors. trop
> bohème, le gitan. Mes livres et mon porte-plume. Ceux que
> j'ai lus, depuis, je ne les retiens pas par cour, comme s'il
> n'y avait plus de place dans mon âme d'adulte. je les
> retrouve seulement dans mes livres, à l'occasion, avec tout
> autant de plaisir . Mais ceux de mon enfance, donc, c'est
> drôles, c'est comme incrustés qu'ils sont. Au
> commencement était l'émotion, Céline.
>
> Au fur et à mesure, à écarter les ronces et les genêts pour
> progresser sur le sentier, j'ai rajeuni, je le jure. Albert se
> pointe, normal.
>
> Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
>
> Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
>
> Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
>
> Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
>
> La mer me manque quand je m'en éloigne. mais ça n'a
> rien à voir, Charles. Je ne l'aime pas vraiment, mais cette
> récitation de môme depuis longtemps me hante plus qu'une
> autre. depuis une nuit particulière que tu sais, depuis que je
> suis venu passer ici un certain temps, pour des raisons familiales sans
> doute suffisamment graves pour que mes parents permettent que je rate la
> rentrée des classes de près d'un mois cette année-là, si
> je me souviens bien. Mais je ne me souviens pas de tout. C'était la
> mort d'un très très proche, des suites d'une longue
> machine merdique. tu sais ? La vérité est ailleurs, Mulder,
> pas de Poe.
>
> Et quarante cinq piges se sont écoulées, tumultueuses ou
> peinardes, inexorables en tout cas, et je suis devenu un homme à ce
> qui paraît (ça, on est souvent le seul à ne pas le savoir, hein
> !), un mec en partie construit sur des moments comme cet
> épisode-là, pourtant bien insignifiant de mon existence. Va
> comprendre. Les hasards de mes pérégrinations, un soir sans
> GPS m'ont donc ramené sur ce plateau sauvage.
>
> Rien n'a changé depuis, enfin, pas la nature éternelle. La
> forêt est toujours là. Il paraîtrait même que les loups y
> sont revenus aujourd'hui, au grand dam du nouvel éleveur occupant
> la ferme de ma grand-tante et qui se promène toujours avec un flingot
> sur les espaldes.
>
> Je n'ai pas la santé de mes dix piges, quand je dévalais cette
> pente-là vers la ferme.
>
> L'Automne qui descend les collines voilées
>
> Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
>
> Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
>
> Le tendre désespoir des roses envolées.
>
> Les toits de lauzes, une fumée. L'odeur des bêtes, le
> tintement des sonnailles et l'aboiement d'un clebs. Et puis
> l'étrange silhouette d'un berger farouche... Timide, plutôt.
>
> C'est un parent éloigné, on ne s'est jamais rencontré
> mais il a tôt fait de me reconnaître comme l'un des siens...
> Dina, l'ancêtre commune, ça fait lurette qu'elle fume sa
> maigre terre natale, sur la hauteur, là-bas, sous un sapin. On va
> à la ferme. Toujours aussi délabrée, mon aile, mais pas
> plus.
>
> Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
>
> S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
>
> La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
>
> Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
>
> C'est pas que ça me botte ces trucs-là, mais ça me parle
> à l'oreille, avec un souffle chaud, docteur. Comme une
> ritournelle à la con dont on peut pas se débarrasser. Je lui
> en veux à Albert, d'avoir sa main mise sur un pan de ma
> mémoire. Fait chier.
>
> Le jardin nu sourit comme une face aimée
>
> Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
>
> Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
>
> Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
>
> Le parent est très hospitalier, et je lui raconte mes vacances à
> la ferme, y'a lurette. Mais pas tout. On boit canons sur
> canons, des hectolitres de solitude qu'il fabrique lui-même, le
> gavot, avec sa maigre vigne qui court la montagne, et ses châtaignes
> embaument la cuisine enfumée.
>
> Il est dit que je vais passer la nuit ici, j'ai su amener ça avec
> diplomatie, que ce soit lui qui le décide. Que nous avons trop
> picolé pour que je conduise. et j'exprime le vou de
> retrouver ma chambre. Il a l'air embarrassé, Gaston. C'est
> qu'elle sert à saler le cochon, désormais. Mais il y a
> toujours un pieu enseveli sous des hardes, sans doute le même.
>
> Un vrai grenier, un galeta avec sur le sol des pignes pour la
> cheminée, et des pommes. Je vais roupiller parmi les saucisses et les
> jambons, le lard et les andouilles qui occupent tout un coin de la
> grande salle. C'est ma place. Y'a une ampoule crasseuse,
> maintenant, constellée de chiures de ces mouches qu'il faut
> combattre pour conserver intactes les salaisons. Une vraie guerre
> avec du sel de ma Camargue. Il insiste pour que j'abandonne mon
> idée. Mais non.
>
> Il faut une bonne heure pour aménager le coin. Le décor, à
> quelques détails près, est donc toujours le même, et je
> n'ai pas perdu mon imagination, je crois. Je suis heureux,
> malgré ce bourdonnement qui me bounzine le bulbe. le pinard, sans
> doute. Putaing, un vrai poison pour l'estomac. à prendre
> avec du bicarbonate. Le navire tangue et craque, j'ai le mal de
> mer.
>
> Suscitant des pensées d'immortelle et de buis,
>
> La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse ;
>
> Et la lumière, avec un long frisson d'angoisse,
>
> Écoute au fond du ciel venir des longues nuits...
>
> Je ne suis pas encore allé la voir, ma nuit à la fenêtre. Il me
> faudra d'abord trouver un chiffon pour nettoyer ces vitres
> crasseuses où j'ai posé le front autrefois. Pour
> l'heure, j'ai envie de pisser. Je me dirige vers la porte et
> songe aux chiottes, sur le palier. Puis j'éclate de rire et fais
> demi-tour. Un rire de soulographe, satanique, quand j'ouvre la
> croisée et que le souffle envahit la chambre. un vent chargé
> de murmures.
>
> Ça coule un peu sur le rebord, comme les chutes de Victoria, puis le
> long de la façade et enfin tout en bas, sur les buissons,
> éloignant les malfaisants qui pourraient s'y planquer. Une belle
> aventure, jubilante, familière. Je vais quand même pas me
> branler ici, seulement pour te faire marrer, imbécile, ce serait trop
> pour le sanctuaire ! Je regarde au loin la forêt tordue comme une
> chevelure, longuement. et des visions massaï.
>
> C'est pas possible. C'est trop gros, hein ! Je vais pas te
> raconter que je la vois. Je te le raconte donc pas, que je la vois
> comme on s'y attendrait dans un truc de littérature à deux
> balles pour colique et colloque. mais je la vois ma dame blanche,
> comme je te vois me lire en rêve, un peu floue, les bras levés
> vers le ciel, avec sa crinière qui luit à la lune. Mais la vois-je
> ? Hein ? Et puis je referme la fenêtre en jurant et vais cuver
> d'un trait, jusqu'au matin. Une nuit agitée quand
> même.
>
> Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
>
> Les limpides matins, les matins frais et fous
>
> Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
>
> Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.
>
>
>
> Je n'ai pas le temps de m'attarder, j'ai pris bien du retard
> et on doit m'attendre avec angoisse, quelque part dans un monde
> réel. Un caoua avec Gaston, des tartines et un morceau de
> pélardon. une caillette pour la route. Puis, mystérieux, il se
> lève et ouvre la grande armoire dont s'échappent des odeurs
> d'antan. Il en sort une grande boite en fer, de biscuits. Il dit
> qu'elle était à Dina, qu'il n'en a rien à faire, et
> me la donne, et je m'en vais sans l'ouvrir. Je me retourne
> sur le sentier et contemple mes souvenirs partir en panache sur les
> lauzes.
>
> Qu'importe, la maison, sans se plaindre de toi,
>
> T'accueille avec son lierre et ses nids d'hirondelle,
>
> Et, fêtant le retour du prodigue près d'elle,
>
> Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.
>
> J'ai espéré tout au long du chemin jusqu'à ma caisse que
> le miracle se produise, qu'il y aurait ce foutu cahier
> d'écolier, dans la boite à Dina, avec une clé. Mais ce
> n'était que quelques photos bien jaunies, dont une de moi sur la
> murette assis avec les chèvres, et puis une coupure de journal
> vieille de quarante cinq piges, racontant le meurtre d'une pauvre
> femme sur le plateau.
>
> Faudra que je continue à écrire, ça fait du bien, pardon pour
> le dérangement.
>
>
>
> Bises, E.
>
>
>
>
>
>
>
>
>
>
>
>
> --- Dans amisdesana@yahoogro upes.fr,
"Eric" <eric.chabanon@> a
> écrit :
> >
> >
> >
> >
> > . intitulé : Albert Samain
> >
> >
> >
> > J'avais une fièvre de bourrin, ce jour-là, mais le
> > thermomètre de Dina était plus petit que celui du
> > vétérinaire qui soignait ses vaches, pas de bile. J'étais
> loin
> > de chez moi, chez une grand-tante. Elle était plutôt gentille,
> pas
> > très maternelle mais douce et, surtout, en temps normal, elle me
> > foutait une paix royale, me laissant à ma guise errer dans la
> > montagne alentour à organiser mes expéditions, ne se souciant
> que
> > de mes repas et de mon linge.
> >
> > Dina me soignait bien depuis deux jours, avec ses tisanes. Elle me
> > dorlotait à sa manière, comme ses bêtes et son chien, un peu
> > rudement quand même, me reprochant mon imprudence. Pas de docteur,
> > donc pas d'antibiotique, pas de suppositoires qui reculent quand tu
> > les en., pas de sirop trop sucré qui écoeure et abrutit, pas
> > de piqûres désagréable dans les miches, c'était pas le
> > genre. seulement ses trucs étranges, visqueux, qui fumaient,
> > acres dans un grand bol, glauques, amers, et qui me refilaient
> > d'étranges sensations pendant des plombes, j'aimais bien.
> >
> > Je logeais dans une aile déserte de sa grande ferme délabrée,
> > un peu sinistre, dont la toiture craquait comme un navire ; mais je
> > n'ai jamais été effrayé par le noir, les bruits
> > étranges. Mes héros me protégeaient et j'en étais un
> > moi-même. J'étais déjà un petit mec courageux, je le jure,
> > malgré mon imagination.
> >
> > Elle était veuve, Dina, et moi j'avais dix piges. À ceux qui
> > s'attendent maintenant à des trucs salaces, je dois dire : pas de
> > bol, les aminches, l'idée avec elle ne m'a jamais
> > effleuré, pas même quand je m'astiquais le vers luisant à
> > la lueur de ma lampe à pétrole, en prenant bien garde avec
> > l'autre main d'endiguer le flot impétueux de mon crachotement
> > pour ne pas dessiner de carte de France sur ses torchons. Ensuite, je
> > m'essuyais à mes chaussettes, de toute façon, j'en
> > changeais tous les jours, j'avais des ordres. La tante badinait pas
> > avec ça.
> >
> > Après la branlette, je lisais jusqu'à pas d'heure, personne
> > vérifiait. Pour m'endormir, je regardais les taches au
> > plafond, un plafond du siècle dernier d'alors, qui n'avait
> > jamais vu un rouleau de peintre, et j'imaginais des formes que je
> > dessinerais le lendemain... Toujours en liaison avec mes lectures. Je
> > sais pas si j'avais alors déjà vu la TV.
> >
> > Pour les commissions, il fallait aller sur le palier, mais il y avait
> > aussi, dans la table de nuit, un grand seau hygiénique en fer
> > émaillé et qui faisait un boucan de tous les diables, à
> > rameuter la maisonnée malgré la distance. Ça me gênait et
> je
> > pissais souvent par la fenêtre. Ça coulait un peu sur le rebord,
> > comme les chutes de Victoria, puis le long de la façade et enfin
> tout
> > en bas, sur les buissons, éloignant les malfaisants qui pouvaient
> > s'y planquer. Une belle aventure, jubilante.
> >
> >
> >
> > Cette nuit-là il y eut comme une détonation. Au lieu de me
> cacher
> > au fond de mon pieu sous le grand édredon de plumes, je me levai
> pour
> > courir jusqu'à la fenêtre. C'était la fin de l'automne.
> > Il pelait. Instantanément, quand j'ai posé mes pieds nus sur
> > la dalle humide, j'ai eu envie de pisser. J'ai cramponné ma
> > zigounette à pleine main, la tordant cruellement pour pas qu'elle
> > me trahisse, et j'ai foncé dans le noir. J'ai posé le
> > front sur la vitre glacée, un courant d'air venu direct du
> > pôle nord et passant sous la vieille croisée me gonflait comme
> une
> > montgolfière. Inutile de te dire que je dansais sur place,
> confondant
> > mes frissons de fièvre avec ceux de ma pressante envie de giclette
> > sauvage.
> >
> > Mais il fallait d'abord que je comprenne ce qui venait de faire ce
> > bruit... Je savais bien qu'il n'y avait que ça pour ne pas
> > commencer à sombrer dans le doute puis la pétoche, comme un
> gamin
> > que je ne voulais plus être.
> >
> > Je regardais donc longuement dehors, mon souffle troublant le verre
et
> > je compris tout quand le battant revint violemment heurter le mur.
> > Puis, au loin je crus entendre. un cri.
> >
> > Comme le disait ma récitation d'Albert Samain, le vent
> > tourbillonnant qui avait rabattu le volet, « tordait la forêt
> > comme un chevelure. Des troncs entrechoqués montaient comme un
> > murmure pareil au bruit de la mer ».etc.
> >
> > Et puis c'est là que je l'ai vue. J'allais ouvrir la
> > fenêtre pour pisser quand surgissant à l'orée, une forme
> > humaine, ébouriffé, dans la bruyère. Elle levait les bras
> > au ciel. Moi, j'en ai pissé sur le carrelage.
> >
> > Le lendemain quand elle m'a retrouvé étendu sur le sol, la
> > fenêtre ouverte, ma tante a pris peur et elle a téléphoné
> au
> > docteur Ducros. J'avais attrapé la crève. Il paraît que
> > j'ai déliré des plombes. Elle a faillit appeler mes
> > parents..
> >
> >
> >
> > Puis, j'ai guéri et on a oublié un peu tout ça. Les
> > vacances tiraient à leur fin quand je suis tombé sur le canard
> de
> > Dina, dans les chiottes.
> >
> > Une femme du hameau avait été retrouvée morte dans la lande,
> > non loin de là, le lendemain de la fameuse nuit. Un crime
> passionnel,
> > crois-je me souvenir. Quand j'ai raconté ce que j'avais
> > vécu ce soir là à ma tante, tout excité en brandissant le
> > baveux comme une preuve, elle m'a rit au nez, en disant que
> > j'avais rêvé, que c'était la fièvre. Je l'ai
> > presque crue (cuite, elle eût été moins dure, la vieille
> carne
> > !)
> >
> >
> >
> > Enfin, j'ai inventé une histoire dans un cahier d'écolier que
> > depuis j'ai perdu, pute borgne ! Et depuis, je me demande
> > toujours. Et c'est pour ça que j'écris un peu encore, de
> > temps en temps. sans doute, non ? Je sais pas.
> >
> >
> >
> > Bises, E.
> >
>
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Liens des Amis de San-Antonio - Frédéric et Patrice Dard
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ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la masturbation. Difficile à dire.
------------ --------- --------- --------- --------- --------- --------- --------- --------- --- Orange vous informe que cet e-mail a été contrôlé par l'anti-virus mail. Aucun virus connu à ce jour par nos services n'a été détecté.
Ah ça, c'est sûr que sur k-libre, ils ont pas le même rédac chef qu'au MSA,
sinon, il aurait pas laissé passer.
Fait chier, mais fait chieeeeeeer !
M.
--- Dans amisdesana@..., "Thierry Gautier" <ThierryP.Gautier@...> a
écrit :
>
> Oui, c'est exactement ça qu'a relevé le chroniqueur :
> "Un amour pudique, qui apparaît avec retenue et pudeur, mais qui vous touche."
;-)
>
> Th.
>
> --- Dans amisdesana@..., Mousse Sébastien <l.aligator@> a écrit :
> >
> > ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un
peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la
masturbation. Difficile à dire.
> > J'adore...
> >
> >
> > Mosésu sur Facebook
> >
> >
> >
> >
> > ________________________________
> > De : Maxime Gillio <maxime.gillio@>
> > À : amisdesana@...
> > Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 13 h 14 min 38 s
> > Objet : [amisdesana] Lecture
> >
> >
> > Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas fait partager un coup de coeur
lecture. "Opale", de Stéphane Lefebvre. A lire. Vite.
> >
> > J'ai chroniqué le livre sur un site où je sévis de temps en temps, c'est là
:
> > http://www.k- libre.fr/ klibre-ve/ index.php?page=livre&id=545
> > J'ai également réalisé une interview de l'auteur, bientôt en ligne sur le
même site. Si ça vous intéresse...
> >
> > M.
> >
> >
> > http://maximegillio .blogspirit. com
> >
>
ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la masturbation. Difficile à dire.
--------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a été contrôlé par l'anti-virus mail. Aucun virus connu à ce jour par nos services n'a été détecté.
Oui, c'est exactement ça qu'a relevé le chroniqueur :
"Un amour pudique, qui apparaît avec retenue et pudeur, mais qui vous touche."
;-)
Th.
--- Dans amisdesana@..., Mousse Sébastien <l.aligator@...> a écrit :
>
> ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un
peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la
masturbation. Difficile à dire.
> J'adore...
>
>
> Mosésu sur Facebook
>
>
>
>
> ________________________________
> De : Maxime Gillio <maxime.gillio@...>
> À : amisdesana@...
> Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 13 h 14 min 38 s
> Objet : [amisdesana] Lecture
>
>
> Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas fait partager un coup de coeur
lecture. "Opale", de Stéphane Lefebvre. A lire. Vite.
>
> J'ai chroniqué le livre sur un site où je sévis de temps en temps, c'est là :
> http://www.k- libre.fr/ klibre-ve/ index.php?page=livre&id=545
> J'ai également réalisé une interview de l'auteur, bientôt en ligne sur le même
site. Si ça vous intéresse...
>
> M.
>
>
> http://maximegillio .blogspirit. com
>
ça : C'était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d'un peintre parkinsonien. Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la masturbation. Difficile à dire.
Alors là Michel, tu t´es surpassé : accoupler
un mouton avec un coq pour donner un coq au vin...Génial !
Bises
Claudius.
PS : Et bonne fête au Dédou
De : amisdesana@...
[mailto:amisdesana@...] De la
part de michel.bergnes Envoyé : dimanche 29 novembre
2009 11:10 À :
amisdesana@... Objet : [amisdesana] Pivert
Bonjour,
Le dimanche c´est
mon jour de repos, alors je me lève très tôt, plus tôt que d´habitude, pour
avoir plus de temps à ne rien faire.
Parce que la
semaine est chargée.
Après avoir tenté
d´accoupler un mouton et un coq afin de faire directement du coq au vin,
Je suis en train
de tenter une nouvelle expérience, j´accouple des pigeons voyageurs avec des
piverts.
Je me lasse de
devoir chercher mon courrier dans les nichoirs des pigeons, ou d´être obligé de
monter sur le toit du pigeonnier a potron-minet, en pantoufles et robe de
chambre, avec mon épuisette, pour découvrir que le message est :
« Pas de message par pigeon aujourd´hui. »
Si je réussis mon
expérience, doré de l´avant, (*) mes pigeons voyageurs-piverts, frapperont a la
porte en emmenant le courrier.
Ce sera beaucoup
plus commode.
Mais c´est du
boulot.
Faire la
démonstration au pivert de comment engrosser mes pigeonnes, ce n´est pas
facile, et au bout de cinq ou six fois c´est positivement épuisant.
Je me suis
endimanché ce matin pour aller saluer vos amies les Soeurs du couvent de
Polastron.
Avant la messe il
y avait une cérémonie d´obsèques dans la chapelle du couvent.
Très émouvant avec
les soeurs qui chantaient du grégorien.
Pas mal, ma foi.
C´est beau le chant choral.
Peut-être ais-je
aimé ça parce que j´étais petit chanteur a la croix potencée de Notre dame la
noire de la Daurade dans ma prime jeunesse ?
On enterrait
Marcel l´ancien jardinier du couvent. Monsieur le curé fit de lui un éloge
dithyrambique, toutes ses qualités, réelles ou supposées, bon père ,bon
citoyen, bon mari, sobre, charmant, fidèle, dévoué, généreux, courageux,
tellement que sa veuve a coté de moi me regardait régulièrement avec un drôle
d´air, mâtiné d´étonnement et d´incrédulité.
Elle finit par me
tirer par la manche et me glisser dans l´oreille :
- J´y crois pas, à
tout ce qu´y dit le Curé !
- Pourtant c´est
un bel hommage, non ? lui répondis-je.
Elle leva alors le
bras, interrompit le curé :
- Monsieur le
curé, s´il vous plait, on peut rouvrir le cercueil ?.
- Pourquoi ma
fille ? répondit-il époustouflé.
- Avec tout ce que
vous venez de dire, ce n´est pas possible que ce soit mon Marcel qui soit dans
cette boite !
Voilà. Je ne
voulais pas vous cacher cette péripétie, parce qu´elle m´a incité a rentrer
chez moi aussi tôt, et de ce fait, de manquer une fois de plus la messe qui
suivait cette cérémonie.
--- Dans amisdesana@yahoogroupes.fr,
"Eric" <eric.chabanon@...> a écrit :
>
>
>
>
>
> Sonnerie, le rideau se lève lentement.
>
>
>
> Je sais pas pourquoi je te vous raconte tout ça, des histoires
> vraies, dame ! on devrait jamais hein ! Ou alors les transposer un peu,
> par pudeur. J'aurais pas dû et seulement rester sur mon île
> imaginaire à débloquer, mais puisque j'ai commencé,
> finissons si c'est possible.
>
>
>
> Et je reprends Samain en pleine gueule. Une vieille tempête se
> déchaîne, une familière, à décorner les bioùs.
> Dans ces cas-là, mes chevaux mettaient le cul au vent, baissaient la
> tronche et fermaient leurs mirettes, se mettait en roue libre sur trois
> pattes et attendaient que notre foutu Mistral ait fini de
> déconner. Pas moi, moi je suis lourd, j'insiste.
>
> J'étais en virée solitaire. Quand c'est arrivé, que
> j'ai reconnu la route, j'ai foncé pour un détour vers le
> passé, sans me poser de question, sans penser à mon agenda
> surbooké. Je suis encore loin de chez moi, par ici.
>
> J'ai remisé ma tire à perpette sous des arbres sans même la
> bouclarès, comme si je ne devais jamais la revoir, le coffre rempli
> de mes bagages inutiles, et puis je suis parti à pince dans la
> caillasse au rendez-vous pour pouvoir profiter de mon sentier
> retrouvé ; plus rien ne compte que ça. L'émotion.
>
> Il est bien plus étroit qu'autrefois, ou bien c'est
> mézigue qui est plus large, il n'est plus que passage, comme il
> l'avait toujours été, fait par les bêtes des origines,
> draille sans doute, qui a toujours été là, un truc naturel
> d'avant les hommes... Je m'en vais maintenant, les poings dans mes
> poches crevées.mon paletot soudain.
>
> Il arrive que je me récite des vers ainsi, en m'appliquant comme
> un gosse, accommodés à la sauce de l'instant. Mais
> seulement ceux que j'ai appris à la communale, ou au
> collège. Mon père ce héros. Il neigeait. autour du
> toit qui nous vit naître . Bientôt nous plongerons dans les
> froides ténèbres. Voici les feuilles d'automne qui tombent
> sur le gazon. Gastibelza, l'homme à la carabine . La blanche
> Ophélia flotte comme un grand lys, flotte très lentement,
> couchée en ses longs voiles... La digue du cul en revenant de
> Nantes. non, pas celui-là, ça c'est plus tard,
> bidasse. Des amis d'enfances, ces vers-là, des camarades de
> classe. J'aimerais que ça soit eux qui me tortorent un
> jour. J'avais pas beaucoup de copains, alors. trop
> bohème, le gitan. Mes livres et mon porte-plume. Ceux que
> j'ai lus, depuis, je ne les retiens pas par cour, comme s'il
> n'y avait plus de place dans mon âme d'adulte. je les
> retrouve seulement dans mes livres, à l'occasion, avec tout
> autant de plaisir . Mais ceux de mon enfance, donc, c'est
> drôles, c'est comme incrustés qu'ils sont. Au
> commencement était l'émotion, Céline.
>
> Au fur et à mesure, à écarter les ronces et les genêts pour
> progresser sur le sentier, j'ai rajeuni, je le jure. Albert se
> pointe, normal.
>
> Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
>
> Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
>
> Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
>
> Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
>
> La mer me manque quand je m'en éloigne. mais ça n'a
> rien à voir, Charles. Je ne l'aime pas vraiment, mais cette
> récitation de môme depuis longtemps me hante plus qu'une
> autre. depuis une nuit particulière que tu sais, depuis que je
> suis venu passer ici un certain temps, pour des raisons familiales sans
> doute suffisamment graves pour que mes parents permettent que je rate la
> rentrée des classes de près d'un mois cette année-là, si
> je me souviens bien. Mais je ne me souviens pas de tout. C'était la
> mort d'un très très proche, des suites d'une longue
> machine merdique. tu sais ? La vérité est ailleurs, Mulder,
> pas de Poe.
>
> Et quarante cinq piges se sont écoulées, tumultueuses ou
> peinardes, inexorables en tout cas, et je suis devenu un homme à ce
> qui paraît (ça, on est souvent le seul à ne pas le savoir, hein
> !), un mec en partie construit sur des moments comme cet
> épisode-là, pourtant bien insignifiant de mon existence. Va
> comprendre. Les hasards de mes pérégrinations, un soir sans
> GPS m'ont donc ramené sur ce plateau sauvage.
>
> Rien n'a changé depuis, enfin, pas la nature éternelle. La
> forêt est toujours là. Il paraîtrait même que les loups y
> sont revenus aujourd'hui, au grand dam du nouvel éleveur occupant
> la ferme de ma grand-tante et qui se promène toujours avec un flingot
> sur les espaldes.
>
> Je n'ai pas la santé de mes dix piges, quand je dévalais cette
> pente-là vers la ferme.
>
> L'Automne qui descend les collines voilées
>
> Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
>
> Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
>
> Le tendre désespoir des roses envolées.
>
> Les toits de lauzes, une fumée. L'odeur des bêtes, le
> tintement des sonnailles et l'aboiement d'un clebs. Et puis
> l'étrange silhouette d'un berger farouche... Timide, plutôt.
>
> C'est un parent éloigné, on ne s'est jamais rencontré
> mais il a tôt fait de me reconnaître comme l'un des siens...
> Dina, l'ancêtre commune, ça fait lurette qu'elle fume sa
> maigre terre natale, sur la hauteur, là-bas, sous un sapin. On va
> à la ferme. Toujours aussi délabrée, mon aile, mais pas
> plus.
>
> Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
>
> S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
>
> La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
>
> Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
>
> C'est pas que ça me botte ces trucs-là, mais ça me parle
> à l'oreille, avec un souffle chaud, docteur. Comme une
> ritournelle à la con dont on peut pas se débarrasser. Je lui
> en veux à Albert, d'avoir sa main mise sur un pan de ma
> mémoire. Fait chier.
>
> Le jardin nu sourit comme une face aimée
>
> Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
>
> Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
>
> Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
>
> Le parent est très hospitalier, et je lui raconte mes vacances à
> la ferme, y'a lurette. Mais pas tout. On boit canons sur
> canons, des hectolitres de solitude qu'il fabrique lui-même, le
> gavot, avec sa maigre vigne qui court la montagne, et ses châtaignes
> embaument la cuisine enfumée.
>
> Il est dit que je vais passer la nuit ici, j'ai su amener ça avec
> diplomatie, que ce soit lui qui le décide. Que nous avons trop
> picolé pour que je conduise. et j'exprime le vou de
> retrouver ma chambre. Il a l'air embarrassé, Gaston. C'est
> qu'elle sert à saler le cochon, désormais. Mais il y a
> toujours un pieu enseveli sous des hardes, sans doute le même.
>
> Un vrai grenier, un galeta avec sur le sol des pignes pour la
> cheminée, et des pommes. Je vais roupiller parmi les saucisses et les
> jambons, le lard et les andouilles qui occupent tout un coin de la
> grande salle. C'est ma place. Y'a une ampoule crasseuse,
> maintenant, constellée de chiures de ces mouches qu'il faut
> combattre pour conserver intactes les salaisons. Une vraie guerre
> avec du sel de ma Camargue. Il insiste pour que j'abandonne mon
> idée. Mais non.
>
> Il faut une bonne heure pour aménager le coin. Le décor, à
> quelques détails près, est donc toujours le même, et je
> n'ai pas perdu mon imagination, je crois. Je suis heureux,
> malgré ce bourdonnement qui me bounzine le bulbe. le pinard, sans
> doute. Putaing, un vrai poison pour l'estomac. à prendre
> avec du bicarbonate. Le navire tangue et craque, j'ai le mal de
> mer.
>
> Suscitant des pensées d'immortelle et de buis,
>
> La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse ;
>
> Et la lumière, avec un long frisson d'angoisse,
>
> Écoute au fond du ciel venir des longues nuits...
>
> Je ne suis pas encore allé la voir, ma nuit à la fenêtre. Il me
> faudra d'abord trouver un chiffon pour nettoyer ces vitres
> crasseuses où j'ai posé le front autrefois. Pour
> l'heure, j'ai envie de pisser. Je me dirige vers la porte et
> songe aux chiottes, sur le palier. Puis j'éclate de rire et fais
> demi-tour. Un rire de soulographe, satanique, quand j'ouvre la
> croisée et que le souffle envahit la chambre. un vent chargé
> de murmures.
>
> Ça coule un peu sur le rebord, comme les chutes de Victoria, puis le
> long de la façade et enfin tout en bas, sur les buissons,
> éloignant les malfaisants qui pourraient s'y planquer. Une belle
> aventure, jubilante, familière. Je vais quand même pas me
> branler ici, seulement pour te faire marrer, imbécile, ce serait trop
> pour le sanctuaire ! Je regarde au loin la forêt tordue comme une
> chevelure, longuement. et des visions massaï.
>
> C'est pas possible. C'est trop gros, hein ! Je vais pas te
> raconter que je la vois. Je te le raconte donc pas, que je la vois
> comme on s'y attendrait dans un truc de littérature à deux
> balles pour colique et colloque. mais je la vois ma dame blanche,
> comme je te vois me lire en rêve, un peu floue, les bras levés
> vers le ciel, avec sa crinière qui luit à la lune. Mais la vois-je
> ? Hein ? Et puis je referme la fenêtre en jurant et vais cuver
> d'un trait, jusqu'au matin. Une nuit agitée quand
> même.
>
> Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
>
> Les limpides matins, les matins frais et fous
>
> Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
>
> Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.
>
>
>
> Je n'ai pas le temps de m'attarder, j'ai pris bien du retard
> et on doit m'attendre avec angoisse, quelque part dans un monde
> réel. Un caoua avec Gaston, des tartines et un morceau de
> pélardon. une caillette pour la route. Puis, mystérieux, il se
> lève et ouvre la grande armoire dont s'échappent des odeurs
> d'antan. Il en sort une grande boite en fer, de biscuits. Il dit
> qu'elle était à Dina, qu'il n'en a rien à faire, et
> me la donne, et je m'en vais sans l'ouvrir. Je me retourne
> sur le sentier et contemple mes souvenirs partir en panache sur les
> lauzes.
>
> Qu'importe, la maison, sans se plaindre de toi,
>
> T'accueille avec son lierre et ses nids d'hirondelle,
>
> Et, fêtant le retour du prodigue près d'elle,
>
> Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.
>
> J'ai espéré tout au long du chemin jusqu'à ma caisse que
> le miracle se produise, qu'il y aurait ce foutu cahier
> d'écolier, dans la boite à Dina, avec une clé. Mais ce
> n'était que quelques photos bien jaunies, dont une de moi sur la
> murette assis avec les chèvres, et puis une coupure de journal
> vieille de quarante cinq piges, racontant le meurtre d'une pauvre
> femme sur le plateau.
>
> Faudra que je continue à écrire, ça fait du bien, pardon pour
> le dérangement.
>
>
>
> Bises, E.
>
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>
> --- Dans amisdesana@yahoogroupes.fr,
"Eric" <eric.chabanon@> a
> écrit :
> >
> >
> >
> >
> > . intitulé : Albert Samain
> >
> >
> >
> > J'avais une fièvre de bourrin, ce jour-là, mais le
> > thermomètre de Dina était plus petit que celui du
> > vétérinaire qui soignait ses vaches, pas de bile. J'étais
> loin
> > de chez moi, chez une grand-tante. Elle était plutôt gentille,
> pas
> > très maternelle mais douce et, surtout, en temps normal, elle me
> > foutait une paix royale, me laissant à ma guise errer dans la
> > montagne alentour à organiser mes expéditions, ne se souciant
> que
> > de mes repas et de mon linge.
> >
> > Dina me soignait bien depuis deux jours, avec ses tisanes. Elle me
> > dorlotait à sa manière, comme ses bêtes et son chien, un peu
> > rudement quand même, me reprochant mon imprudence. Pas de docteur,
> > donc pas d'antibiotique, pas de suppositoires qui reculent quand tu
> > les en., pas de sirop trop sucré qui écoeure et abrutit, pas
> > de piqûres désagréable dans les miches, c'était pas le
> > genre. seulement ses trucs étranges, visqueux, qui fumaient,
> > acres dans un grand bol, glauques, amers, et qui me refilaient
> > d'étranges sensations pendant des plombes, j'aimais bien.
> >
> > Je logeais dans une aile déserte de sa grande ferme délabrée,
> > un peu sinistre, dont la toiture craquait comme un navire ; mais je
> > n'ai jamais été effrayé par le noir, les bruits
> > étranges. Mes héros me protégeaient et j'en étais un
> > moi-même. J'étais déjà un petit mec courageux, je le jure,
> > malgré mon imagination.
> >
> > Elle était veuve, Dina, et moi j'avais dix piges. À ceux qui
> > s'attendent maintenant à des trucs salaces, je dois dire : pas de
> > bol, les aminches, l'idée avec elle ne m'a jamais
> > effleuré, pas même quand je m'astiquais le vers luisant à
> > la lueur de ma lampe à pétrole, en prenant bien garde avec
> > l'autre main d'endiguer le flot impétueux de mon crachotement
> > pour ne pas dessiner de carte de France sur ses torchons. Ensuite, je
> > m'essuyais à mes chaussettes, de toute façon, j'en
> > changeais tous les jours, j'avais des ordres. La tante badinait pas
> > avec ça.
> >
> > Après la branlette, je lisais jusqu'à pas d'heure, personne
> > vérifiait. Pour m'endormir, je regardais les taches au
> > plafond, un plafond du siècle dernier d'alors, qui n'avait
> > jamais vu un rouleau de peintre, et j'imaginais des formes que je
> > dessinerais le lendemain... Toujours en liaison avec mes lectures. Je
> > sais pas si j'avais alors déjà vu la TV.
> >
> > Pour les commissions, il fallait aller sur le palier, mais il y avait
> > aussi, dans la table de nuit, un grand seau hygiénique en fer
> > émaillé et qui faisait un boucan de tous les diables, à
> > rameuter la maisonnée malgré la distance. Ça me gênait et
> je
> > pissais souvent par la fenêtre. Ça coulait un peu sur le rebord,
> > comme les chutes de Victoria, puis le long de la façade et enfin
> tout
> > en bas, sur les buissons, éloignant les malfaisants qui pouvaient
> > s'y planquer. Une belle aventure, jubilante.
> >
> >
> >
> > Cette nuit-là il y eut comme une détonation. Au lieu de me
> cacher
> > au fond de mon pieu sous le grand édredon de plumes, je me levai
> pour
> > courir jusqu'à la fenêtre. C'était la fin de l'automne.
> > Il pelait. Instantanément, quand j'ai posé mes pieds nus sur
> > la dalle humide, j'ai eu envie de pisser. J'ai cramponné ma
> > zigounette à pleine main, la tordant cruellement pour pas qu'elle
> > me trahisse, et j'ai foncé dans le noir. J'ai posé le
> > front sur la vitre glacée, un courant d'air venu direct du
> > pôle nord et passant sous la vieille croisée me gonflait comme
> une
> > montgolfière. Inutile de te dire que je dansais sur place,
> confondant
> > mes frissons de fièvre avec ceux de ma pressante envie de giclette
> > sauvage.
> >
> > Mais il fallait d'abord que je comprenne ce qui venait de faire ce
> > bruit... Je savais bien qu'il n'y avait que ça pour ne pas
> > commencer à sombrer dans le doute puis la pétoche, comme un
> gamin
> > que je ne voulais plus être.
> >
> > Je regardais donc longuement dehors, mon souffle troublant le verre
et
> > je compris tout quand le battant revint violemment heurter le mur.
> > Puis, au loin je crus entendre. un cri.
> >
> > Comme le disait ma récitation d'Albert Samain, le vent
> > tourbillonnant qui avait rabattu le volet, « tordait la forêt
> > comme un chevelure. Des troncs entrechoqués montaient comme un
> > murmure pareil au bruit de la mer ».etc.
> >
> > Et puis c'est là que je l'ai vue. J'allais ouvrir la
> > fenêtre pour pisser quand surgissant à l'orée, une forme
> > humaine, ébouriffé, dans la bruyère. Elle levait les bras
> > au ciel. Moi, j'en ai pissé sur le carrelage.
> >
> > Le lendemain quand elle m'a retrouvé étendu sur le sol, la
> > fenêtre ouverte, ma tante a pris peur et elle a téléphoné
> au
> > docteur Ducros. J'avais attrapé la crève. Il paraît que
> > j'ai déliré des plombes. Elle a faillit appeler mes
> > parents..
> >
> >
> >
> > Puis, j'ai guéri et on a oublié un peu tout ça. Les
> > vacances tiraient à leur fin quand je suis tombé sur le canard
> de
> > Dina, dans les chiottes.
> >
> > Une femme du hameau avait été retrouvée morte dans la lande,
> > non loin de là, le lendemain de la fameuse nuit. Un crime
> passionnel,
> > crois-je me souvenir. Quand j'ai raconté ce que j'avais
> > vécu ce soir là à ma tante, tout excité en brandissant le
> > baveux comme une preuve, elle m'a rit au nez, en disant que
> > j'avais rêvé, que c'était la fièvre. Je l'ai
> > presque crue (cuite, elle eût été moins dure, la vieille
> carne
> > !)
> >
> >
> >
> > Enfin, j'ai inventé une histoire dans un cahier d'écolier que
> > depuis j'ai perdu, pute borgne ! Et depuis, je me demande
> > toujours. Et c'est pour ça que j'écris un peu encore, de
> > temps en temps. sans doute, non ? Je sais pas.
> >
> >
> >
> > Bises, E.
> >
>
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Liens des Amis de San-Antonio - Frédéric et Patrice Dard
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De :
amisdesana@... [mailto:amisdesana@...] De la part de
michel.bergnes Envoyé : lundi 30 novembre 2009 10:37 À : amisdesana@... Objet : Re: Re : [amisdesana] Bonne fête...
De
:
André JACQUES <andrejacques04@...> À :amisdesana@... Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 9 h 24 min 48 s Objet : Re : [amisdesana] Bonne fête...
Cémoi,chocolat.
...bof,je ne m'appelle pas Mousse!
merci
Rick
Bises
De
:
Eric <eric.chabanon@ wanadoo.fr> À : amisdesana@yahoogro upes.fr Envoyé le : Lun 30 Novembre 2009, 8 h 57 min 26 s Objet : [amisdesana] Bonne fête...
...André, dit Dédou le Sétois et ...si c'est
toi c'est donc mon
frère. Bises, E.