L'ACHP appelle à voter NON au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen.
En effet, il nous semble qu'avec ce Traité la situation des victimes
potentielles et réelles du harcèlement au travail ne pourra qu'empirer.
Voir ce qu'on nous prépare en matière de dumping social, non seulement avec la
"liberté des prestations", etc... mais même avec les offres "conventionnelles"
de travail. Exemple: le site allemand Job Dumping qui va bientôt s' "agrandir"
à toute l'Union Européenne.
Pour le principe de fonctionnement, si vous pouvez lire l'allemand, voir:
http://www.jobdumping.de
Sinon, voir de toute façon:
http://www.01net.com/editorial/275838/emploi/que-le-plus-bas
Que le plus bas salaire gagne !
Le site Web allemand Jobdumping.de va arriver en France cet été, avec son
système d'enchères inversées pour les emplois promouvant les salaires les plus
bas.
Karine Solovieff , 01net., le 29/04/2005 à 18h50
« Embauche développeur confirmé pour réaliser des tableaux de bord à 10 euros de
l'heure. Qui dit moins ? » Aujourd'hui, aucune entreprise française n'oserait
formuler une telle annonce sur Internet. Mais cela pourrait changer dès cet
été. En effet, un site allemand spécialisé dans les enchères inversées pour des
offres d'emploi va lancer en août sa version internationale.
Le principe de ce site, baptisé Jobdumping , est simple : une entreprise propose
un emploi, et les internautes répondent en offrant des salaires de plus en plus
bas. Ouvert en août 2004, il revendique aujourd'hui 20 000 à 30 000 visiteurs
par mois et publie 8 000 offres d'emplois réparties en 1200 catégories. Il
s'agit essentiellement de « petits travaux » : ménage, vente, nettoyage, etc.
Ce site avait provoqué un tollé lorsque le quotidien Libération avait révélé,
fin mars, son existence. C'est le manque total de scrupules de son créateur,
Fabian Loew, qui avait le plus choqué l'opinion française. « Les salaires
allemands sont trop élevés », déclarait-il alors, affirmant lutter ainsi contre
le taux important du chômage outre-Rhin.
Interrogé aujourd'hui sur ses ambitions françaises, Fabian Loew déclare : «
L'économie et le marché du travail sont pratiquement dans le même état en
France qu'en Allemagne, et nous allons bien sûr essayer d'aider les Français à
gérer par eux-mêmes leur situation face au chômage. »
Si le site Jobdumping.de fait peur, rien n'interdit, légalement, de l'importer
dans l'Hexagone. « La seule restriction est de respecter le salaire minimal de
référence », explique un juriste spécialisé dans le droit de l'Internet. « Le
principe des enchères inversées sur Internet se répand de plus en plus, et on
peut s'attendre à ce que quelqu'un copie Jobdumping.de, n'y voyant qu'un
business model de plus », ajoute-t-il.
De fait, les plates-formes visant à obtenir le prix le plus bas sur les
prestations informatiques se sont fortement développées , avec des sites comme
Prestataires.com ou HiTechPros. Les sociétés qui y sont en concurrence - en
utilisant leurs propres salariés - se battent en cassant leurs marges. Mais
d'autres font appel à des travailleurs indépendants, qui finalement acceptent
de baisser leur prix, et donc leur salaire, pour répondre à ces appels
d'offres. Jobdumping.de ne ferait que supprimer un intermédiaire.
La menace est bien réelle. La pratique est très courante en Hollande, et, même
en France, certaines sociétés s'y sont essayées. « En 2001, Danone avait voulu
le faire pour des centres d'appels, et nous l'avions fortement dénoncé »,
rappelle Noël Lechat, secrétaire général de la fédération CGT des sociétés
d'études, prête à se mobiliser à nouveau si le cas se présentait.
Les syndicats ont un allié de poids face à ce phénomène : le Medef. Dans ses «
Lignes directrices pour l'organisation des enchères inversées sur Internet »,
publiées en juillet 2004, il déconseille formellement à ses entreprises
adhérentes l'application aux offres d'emploi de cette technique : « Le
mécanisme d'enchère est en revanche inadapté [...] lorsque le facteur humain
est prépondérant (ex. : construction d'immeubles ou d'ouvrages publics,
transport routier de marchandises, travail temporaire, prestations
intellectuelles, fourniture de certaines pièces ou systèmes complexes) ;
ceux-ci doivent être expressément exclus de son champ d'application. »