On 14/04/2008, Philippe Verdy <verdy_p@...> wrote:
>
>
> > -----Message d'origine-----
> > De : Unicode-Afrique@...
> > [mailto:Unicode-Afrique@...] De la part de Denis Jacquerye
> > Envoyé : lundi 14 avril 2008 09:38
> > À : Unicode-Afrique@...
> > Objet : Re: [Unicode-Afr] Vaï, vaïe
>
> >
> > On 14/04/2008, Patrick Andries <patrick@...> wrote:
> > > Petite question sur le vaï du Liberia. Quelqu'un sait-il si ce mot
> > > s'accorde au féminin en français ?
> > >
> > > La littérature « vaïe », « vaï » , « vaie » ou encore « vai »
?
> >
>
> > Je retrouve uniquement les orthographes « langue vai » ou «
> > langue vaï », où l'adjectif ne change pas d'orthographe au
> > féminin. Les rectifications orthographiques de 1990
> > permettent l'accord au pluriel « vaïs » mais rien ne semble
> > indiquer l'ajout du E au féminin.
>
>
> Pour les termes pour lesquels il n'y a pas d'orthographe définie:
> * soit on emploie l'orthographe de la langue d'origine, sans modification
> autant que possible (et tant que cela reste lisible: on accepte les accents
> et diacritiques supplémentaires mêmes s'ils ne sont pas utilisés en
français
> tels que des accents aigus sur autre chose que le "e" pour indiquer un
> accent tonique, ou les macrons pour indiquer les voyelles longues, qu'un
> francophone peut prononcer facilement. Dans ce cas le terme devrait être
> invariable (ni féminin, ni pluriel) mais on utilise quand même les règles
de
> capitalisation françaises (donc les adjectifs avec une minuscule, écrite en
> capitale uniquement en tête de phrase).
> * soit on emploie une translitération qui se veut la plus fidèle de la
> prononciation originale mais adaptée à l'orthographe française (ici on
> ajoute un tréma pour éviter le digraphe vocalique français "ai" prononcé
> comme "è".
>
> Personnellement, la similarité avec "thaï" me fait opter pour la seconde
> solution.
>
> Dans ce cas il n'y a aucune raison de ne pas accorder de façon régulière,
> comme cela est recommandé dans l'orthographe de 1990 (qui dans ce cas n'est
> pas une "réforme" puisqu'il s'agit de nouveaux termes:
> * l'adjectif "vaï" se déterminera donc comme "thaï -> thaïs, thaïe,
thaïes"
> (dans tous les dicos français, même avant 1990) et donc "vaï -> vaïs,
vaïe,
> vaïes",
> * et aussi pour le substantif comme "un Thaï (homme) -> des Thaïs (hommes),
> une Thaïe (femme), des Thaïes (femmes)" donc "un Vaï (homme) -> des Vaïs
> (hommes), une Vaïe (femme), des Vaïes (femmes)".
>
> Je ne vois aucune raison valable d'introduire de nouvelles exceptions:
> * les exceptions doivent être documentées avec un usage attesté par des
> références littéraires reconnues par les Académies et experts (ce n'est
pas
> du tout le cas ici), et tant qu'elles ne sont pas reconnues ce sont des
> fautes inutiles destinées à compliquer inutilement la langue (l'Académie
> recommande avant tout la simplicité), alors que les désinences régulières
> ont le mérite de maintenir la précision du discours (qui est écrit sans
> leurs rithme et intonations qui aide à préciser le sens). On doit trouver
un
> dictionnaire revu par des linguistes pour utiliser les exceptions (que
> celles-ci soient historiques ou non, et qu'elles soient soit requises, soit
> recommandées, soit possibles de façon indifférente, soit possibles mais
> vieillissante et plus recommandées).
> * De telles fautes d'accord sont introduites essentiellement par la
> traduction rapide de l'anglais ou de langues asiatiques qui ne marquent pas
> les désinences de genre et de nombre sur les adjectifs (mais marque les
> pluriels sur les substantifs uniquement: le français n'est pas l'anglais, et
> marque le genre aussi sur les substantifs dérivés des adjectifs). Une autre
> faute courante est de vouloir leur donner inutilement des majuscules...
>
> L'absence de référence avec un usage au féminin ne signifie pas du tout
> qu'on a le droit d'introduire une exception. La régularité est de mise,
même
> sur des termes peu fréquents, et d'autant plus facilement qu'il existe des
> termes d'orthographe similaire (cf. "thaï(e)(s)", "massaï(e)(s)").
Cela semble convaincant. J'aurais dit que l'usage prévaut («langue
vai» ou «langue vaï») mais une exception ne semble pas justifiée, si
le pluriel s'applique autant appliquer le féminin.
Pour les termes d'orthographe similaire, on retrouve aussi les formes
invariables, parfois même avec plus d'attestations d'usage.
La forme invariable (retrouvée dans l'usage) ou celle qui s'accorde
(selon le modèle des termes d'orthographe similaire) sont toutes les
deux acceptables. À chacun d'en choisir une et de l'utiliser de façon
cohérente.
--
Denis Moyogo Jacquerye --- http://home.sus.mcgill.ca/~moyogo
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