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#369 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Dimanche 18. Octobre 2009  12:21
Sujet: L'imitateur [Wolverine]
amonfadar
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Le ciel de cette dernière nuit d'août est couvert d'épais nuages au-dessus du
manoir Xavier. L'air est lourd, presque irrespirable. Un orage menace du
sud-est. Des flashs de lumières zèbrent silencieusement les nues dans les
lointains.

Mimic, le plagieur de pouvoirs, récemment admis à l'Institut, survole doucement
un bosquet d'arbres dont les frondaisons abondantes dissimulent un sous-bois
ténébreux et accidenté. L'extraordinaire odorat qu'il tient du Fauve et de
Wolverine perçoit l'odeur bestiale qui émane du corps mutant de ce dernier mais
son exceptionnelle vision nocturne ne parvient pas à le discerner dans
l'obscurité du taillis ombrageux, savamment entretenu par les élèves de
L'Institut sous les conseils du Docteur MacCoy. Les effluves transportent un
message inquiétant : un mélange d'adrénaline, de testostérone et autres hormones
naturelles de combat, distribuées au rythme du cœur bradycarde d'un guerrier zen
qui se prépare à la bataille. La Bête aux aguets attend, immobile, invisible,
prêt à bondir.

#368 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Dimanche 18. Octobre 2009  12:17
Sujet: Marche en avant.... [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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L'inconnue dort profondément tandis que le camping-car s'enfonce en Ombre,
traversant sur une longue autoroute jeté entre les mondes, des paysages
fantastiques, très différents les uns des autres : un bord de mer tempétueux, un
bocage humide peuplé de scarabées géants, une prairie sèche au ciel rouge comme
le sang, une steppe équatoriale aux herbes chantantes, une jungle tropicale
silencieuse… La marche en avant semble d'autant plus facile que Joenes se
concentre sur les singularités de la jeune femme : les traits, les courbes et la
respiration de la belle au bois dormant forment comme une carte routière qui
semble conduire l'ambrien vers une destination précise. De plus en plus souvent,
il trouve dans la définition des ombres qu'il traverse des caractères propres à
l'inconnue, des concepts inédits, du jamais vu, qui lui murmure qu'il approche
de quelque chose d'important.

Après deux jours, Joenes doit se rendre à l'évidence, sa nymphe est tombée dans
un coma profond. Il est obligé de la mettre sous perfusion pour éviter qu'elle
ne dépérisse. Il lui faut 10 jours pour atteindre le bout de l'autoroute puis
encore 3 jours à rouler sur de petites pistes sauvages avant de toucher ce qui
lui semble être un but.

Le camping-car passe sous une arche de pierre de style néolithique gravée qui
n'est pas sans rappeler les portes de Stonehenge et entre, sur une petite sente,
dans une vallée noyée dans le brouillard. Au milieu de ce nulle part, la piste
s'arrête devant un dôme chromé aux dimensions cyclopéennes aux proportions
parfaites qui semble n'être que la partie supérieur d'un édifice enterré et qui
barre complètement la vallée.

A l'arrière du véhicule, la jeune femme n'est plus là.

#367 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Mercredi 14. Octobre 2009  10:40
Sujet: Retour à Westchester [Wolverine]
amonfadar
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La nuit…

Les jardins du Manoir Xavier sont autant une merveille de beauté qu'une
inestimable ressource botanique, rassemblant des plantes rares ou mutantes du
monde entier.

Ils s'organisent selon des cheminements sinueux ouvrant sur des points de vue
picturesques. Ces points de vue sont des lieux où un peintre aimerait à poser
son chevalet. Loin du système géométrique des jardins classiques, ils mettent en
valeur à travers les points de vue des éléments naturels remarquables : arbres
rares aux feuillages colorés, troncs torturés, ruisseaux, étangs, prairies et
même éboulis et précipices.

La composition répond aux règles du tableau. On recherche l'équilibre des
volumes, la variété et l'accord des coloris et des matières végétales.

A la perspective optique, exploitée dans le modèle classique, on substitue la
perspective atmosphérique, inspirée de la peinture anglaise, dans laquelle les
effets de profondeur sont créés par la brume qui noie les lointains ou bien par
la variation des feuillages des différents bosquets du jardin.

L'organisation en une succession de point de vue pousse, exploite, plutôt que de
corriger, les accidents du site. Les reliefs deviennent ainsi des belvédères,
les effondrements des grottes. Les jardins forment l'écrin du vieux Manoir
Xavier.

Avec l'agilité d'un fauve, une ombre lourde passe d'un bond le haut mur
d'enceinte de briques rouges qui ceint les jardins. La créature massive bouge
silencieusement sans déclencher aucun des systèmes d'alarme hyper sophistiqués
mis en place par le docteur MacCoy pour protéger l'Institut pour Jeunes
Surdoués. Elle se déplace en utilisant avec une extraordinaire efficacité les
angles morts des caméras de surveillance. Ses pensées, dissimulées derrière une
brume impénétrable, même pour les talents du professeur Xavier, sont concentrées
vers son but.

#366 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Mardi 6. Octobre 2009  13:24
Sujet: Contact [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Joenes penché sur celle dont il vient de sauver la vie effleure le visage de la
femme du bout des doigts et le tourne doucement vers lui. Il plonge ses yeux
bleus dans les deux orbes bruns aux pupilles étrécies qui lui lancent un regard
étrangement neutre. L'ambrien tente d'établir un contact mental.

Une souffrance fulgurante explose dans son crâne. Il se jette instinctivement en
arrière en se prenant la tête dans les mains et se tord de douleur dans le
sable. Le contact est rompu. Jamais Joenes n'avait été débordé à ce point dans
un combat psychique.

La femme s'assoit avec un mouvement de recul, se recroqueville en ramenant ses
pieds derrière elle et protège instinctivement de ses mains sa poitrine dénudée
et son sexe. Elle penche la tête sur le coté pour observer Joenes dont les
tempes tapent cruellement un rythme violent, annonçant une migraine effroyable.
Le jeune ambrien se relève finalement encore nauséeux et dit :
- Veuillez m'excuser ma dame. Je n'avais pas l'intention de vous nuire. Je
voulais simplement votre bien.
Il hésite puis ramasse finalement le marcel qu'il a abandonné sur la plage avant
de sauter à l'eau. Il tend le vêtement sec à la jeune femme.
L'inconnue se met de dos et enfile le marcel trop grand avec des gestes
parfaits. Elle fait un nœud pour le resserrer sur son ventre. Elle tourne à
nouveau pour faire face à l'ambrien.

L'inconnue a dans chaque attitude ce on ne sait quoi de terriblement craquant
qui perturberait n'importe quel homme. Mais ce n'est pas ce qui dérange Joenes.
La femme possède tout simplement une originalité immanente et rafraîchissante
dans cet Univers sans surprise.

Une pensée ancienne traverse l'esprit de l'ambrien malgré lui :
*N'importe quoi pourvu que ça change…

La femme chancelle et s'écroule dans le sable. Le vent souffle de la mer vers la
terre, soulevant des embruns salés.

#365 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Mardi 6. Octobre 2009  10:28
Sujet: Inédite[Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Le ciel se déchaîne à son tour : la bruine devient pluie et un vent glacial se
lève de la terre. Des vagues rendues folles par des courants contraires se
jettent les unes sur les autres, s'éventrent et saigne une écume furieuse.
L'inconnue avance un moment, indifférentes aux éléments tempétueux, avant d'être
happé violement par l'océan. Elle disparaît.

Le voyageur aux cheveux d'or, vêtu seulement d'un pantalon, torse et pieds nus,
traverse la plage au sprint, cours un moment dans l'onde puissante, avant de
plonger dans les flots. L'eau est gelée. La sensation est de prime abord
agréablement vivifiante avant qu'elle ne devienne douloureuse comme un millier
d'aiguilles qui percent la peau de l'ambrien. Joenes ignore la douleur, qui se
fond vite dans la puissance de son effort pour crawler dans la direction où la
femme se tenait quelques secondes plus tôt. Athlète prodigieux, il fend les
courants contraires avec l'aisance d'un nageur confirmé et vite se retrouve
au-dessus de l'endroit où il a perdu de vue l'inconnue.

Les cieux et les eaux se mélangent jusqu'à devenir indifférenciable. Une tempête
se lève.

Joenes plonge se décalant en ombre pour traîner la jeune femme dans des eaux
plus calmes. Il visualise sa main dans sa main.

Il y a une infinité de mains féminines inscrites dans La Marelle : des belles,
des crochus, des douces, des vieilles, des jeunes, des fortes, des tendres… mais
cruellement pas celle que cherche Joenes. C'est même plus étrange que ça encore,
l'ambrien a la sensation que plus il manipule le tissu d'Ombre dans un sens ou
dans un autre plus il s'éloigne de la femme… comme si elle n'existait que dans
une ombre unique, précise… comme si elle n'avait aucun reflet dans les ombres
adjacentes.

La motivation de trouver l'inconnue n'en est que plus forte. Enfin quelque chose
de nouveau…

Soudain, il la voit… inconsciente… entre deux eaux. Elle est belle à force
d'être inédite.

L'athlétique sauveur se bat contre des éléments qui aurait laminer n'importe
quel mortel. Les courants contraires le balaient à droite et à gauche, menaçant
à chaque battement de coeur d'entraîner le jeune homme trop loin de la noyée.
Finalement, presque à bout de force, la main du héros vient effleurer celle de
la femme puis se referme fermement sur elle.

Joenes ramène la jeune femme sur la grève.

L'ambrien allonge la jeune femme sur le sable de la plage et s'agenouille à coté
d'elle. Il pleut mais le vent s'est calmé. Le corps de l'inconnu est glacé et
anoxique. Sa robe de lin rouge colle à sa peau, moulant des vallées et des monts
aux galbes agréablement féminins.
L'ambrien déchire le col de la robe pour permettre à la femme de mieux respirer
et colle son oreille sur la poitrine froide. Il se redresse et lui bascule
prudemment la tête en arrière en tirant son menton vers le haut, une main sur le
front et deux doigts sur la pointe du menton. Il ouvre la bouche de la noyée et
en retire calmement des lambeaux d'algues. Il approche sa joue de son nez et
observe la pointe des seins immobiles. Il prend un plusieurs inspirations
profondes puis colle ses lèvres sur celle de l'inconnue. Il insuffle : une fois…
deux fois. La poitrine se soulève une fois… deux fois… puis retombe.
Joenes se déplace près du thorax et dénude le haut du corps de la jeune femme.
Il place le talon d'une main dans la moitié inférieure du sternum et place
l'autre main sur la première en entrecroisant les doigts. Il réalise des appuis
verticaux ménagés avec la régularité d'un métronome. Chaque geste à la précision
du médecin d'expérience et bientôt le jeune ange crache de ses poumons une eau
muqueuse qui bave sur ses joues.
L'ambrien place l'inconnue sur le coté. Elle vit.

Joenes est torse nu. L'eau coule sur sa musculature athlétique. Il reprend enfin
son souffle et peut observer de plus près celle qu'il a sauvée : c'est une femme
d'une vingtaine d'année de type européen de l'ombre Terre. Elle a des cheveux
courts bruns, tirant sur le châtain et des yeux sombres, tristes. Ses courbes
sont admirablement dessinées du visage jusqu'à la pointe des pieds. Mais ce
n'est pas tant ça qui marque une nouvelle fois Joenes. Des belles femmes il en a
vu des légions, tout aussi extraordinaires que celle-là. Non, l'inconnue a
quelque chose de plus… quelque chose d'unique. Non, c'est plus que ça encore :
elle est complètement nouvelle.

#364 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Jeudi 1. Octobre 2009  8:50
Sujet: Joenes [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Le resto El Parasol est une petite bâtisse en bois, posée sur pilotis devant une
longue plage de sable blanc au bord d'un océan gris sous un ciel sombre. Pour y
manger ou prendre un pichet entre amis, c'est un endroit agréablement dépaysant.
Tous les incontournables de la culture ibérique sont présents: tapas et sangria
naturellement, mais aussi tauromachie et catholicisme font partie intégrante du
décor. Un juke-box enchaîne les morceaux flamencos. Hors saison, le contraste
avec la plage battu par un vent glacial renforce l'ambiance chaleureuse. On aime
ou on n'aime pas mais on ne reste pas insensible.

Depuis ces 3 jours que les deux hommes passent leurs après-midi dans la salle à
manger de la gargote, ils ont pris leurs habitudes. Ils s'installent à une
petite table à coté de la grande baie vitrée encadrée dans un magnifique rosier
de rose rouge qui donne sur l'océan. L'éternelle lumière diaphane d'un jour
mourrant pose sur leurs interrogations des caresses encourageantes. Maria, une
superbe beauté brune andalouse, à la peau de pain d'épice d'une vingtaine
d'année, vêtu d'un jean taille basse et d'un débardeur agréablement provocant,
leur sert régulièrement une sangria fruitée aux arômes puissants et chauds qui
enrage leur conversation au rythme entraînant de la guitare flamenca qui
s'affole. Le cuisinier lui-même, un nabot noireaux à la moustache longue et à
l'accent andalou à couper au couteau, introduit chaque repas par une
pantagruélique ración de tapas d'une variété qui donne des idées de l'infini. Le
philosophe, un dénommé Karl Marx, jeune bobo d'une vingtaine d'année au fin
collier de barbe noir, doit jeter l'éponge rapidement tandis que le voyageur, un
homme entre deux âge aux cheveux bruns coupés courts avec une mèche en pointe,
la barbe naissante et un visage de baroudeur couturés de cicatrices qui dénote
fortement avec son vis-à-vis, fait disparaître les amuse-gueules gargantuesques
comme des cacahuètes avant de réclamer le plat de résistance.

Ce jour-là, la conversation bouillonne déjà de plein feu au cœur de l'après-midi
quand le voyageur semble soudain distrait de ses propos, comme absent de la
petite auberge. Un sentiment familier s'est emparé de lui : cette petite voix
muette qui lui susurre parfois que quelque chose se joue en ce moment pas très
loin de là et qu'il pourrait être intéressant d'y prêter attention [sens offert
par une psyché classé].
Son regard se tourne intuitivement vers la baie vitrée et la plage de sable fin
que balaye une brise habitée d'une fine bruine.

Sur la plage, seule, une femme brune aux pieds nus, vêtue d'une simple robe
droite rouge qui souligne agréablement sa silhouette gracieuse, s'avance à la
manière de la vierge innocente offerte en holocauste à un océan menaçant,
soudain en furie comme un dragon de légende. Elle entre dans l'eau.

#363 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Vendredi 2. Octobre 2009  10:40
Sujet: Soeur Ysalin ne vois tu rien venir ? [Les Princes d'Ambre]
amonfadar
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Personne ne la délivrerait de ce joug qu'elle avait - pire des tortures -
accepté de son plein gré. Le silence avait régné sur la chapelle, et le pasteur
entonnait les dernières phrases sacrées, lui arrachant une grimace de dégoût
chaque fois qu'il prononçait le nom donné par son grand-père, avait d'appuyer
particulièrement sur le terme "éternité". Une éternité... de malédiction si elle
trahissait le serment qu'elle venait de prêter. Comme pour confirmer des propos
si funestes, le pasteur s'effondra sur le sol, et le lierre obscur sur les murs
fleurit de corolles bleu nuit emplissant la salle de leur lourd parfum. Les
marches de l'autel se couvrirent d'un liquide vermeil et son 'jeune époux' - à
cette pensée, Isalyn réprima un soupir - se tourna vers elle, presque hilare.
Par bonheur, il ne chercha pas à l'embrasser, mais les prunelles d'or de la
maîtresse des lieux - qu'on ne vienne pas lui insinuer le contraire ! -
flamboyèrent bientôt d'un feu rageur.

- Je ne suis pas votre petit pinson ! siffla-t-elle tandis que le vent se
levait. Pourtant elle lui emboîta le pas.

----------------------------------------------------------------------

A l'extérieur de la petite chapelle, il fait sombre comme en pleine nuit et des
éclairs rageurs éblouissant illuminent un ciel lourd avec des craquements
assourdissants.
Isalyn a juste le temps de traverser la cour pour entrer dans le castle
Zord'Araz avant que ne se déchaîne un déluge bruyant.

La salle du banquet a été apprêtée sur les ordres d'Arkhimêdês en dépit de
toutes les instructions de la maîtresse des lieux. Des chandelles fournissent
une étrange lumière tamisée ocre et déploie une odeur lourde. Les tables
dégorgent d'une nourriture grasse et dégoulinante. Des créatures lascives
polymorphes offrent un spectacle salace où qu'on puisse poser le regard. Le
marié, tout à la fête, ne sait plus où donner de ses petits yeux lubriques
tandis qu'il dévore salement une quantité de viande correspondant à plusieurs
fois son poids et ingurgite une quantité de bière à saouler un bakanek.

Du coté du marié, il n'y a pas plus d'invité qu'il n'y a eu de témoin.

----------------------------------------------------------------------

Isalyn prit peur un instant en voyant l'état de son hâvre de paix. Le ciel
obscur était lacéré d'éclairs. Elle aurait bien crié au nabot quelque chose du
genre "je parie que c'est vous, qu'est-ce que vous faites à mon domaine ?!" des
plus rageurs, mais avec le tonnerre assourdissant qui retentissait, elle
n'aurait pas été entendue. Elle avait à peine passé les portes de son château
qu'un déluge déferlait sur le parc tout à l'heure ensoleillé. Elle resta
quelques instants, à observer les éléments se déchaîner, puis se décida à faire
face, ses yeux d'or brillant d'un éclat plus métallique que jamais.

La salle du banquet avait été apprêtée sur les ordres d'Arkhimêdês, et elle
s'arrêta sur le pas de la porte pour observer l'ampleur des dégâts. Aucune
délicatesse, aucun raffinement. Et ce spectacle... A vomir. Il était
inconcevable qu'elle traverse une salle aussi... sale pour aller s'asseoir à
côté de lui. D'ailleurs, il avait bien assez à regarder autour de lui, et si ça
pouvait lui éviter de poser ses yeux chafouins sur son corps à elle. Elle arrêta
une de ses cuisinières pour lui demander expressement un mets quelque peu plus
raffiné et une table à l'écart. Oui, même dans le hall ou en cuisine s'il
fallait, mais pas question de prendre part à une telle orgie.

----------------------------------------------------------------------

Les noces s'éternisent jusqu'à ce que la jeune Isalyn désespère d'en voir la
fin.

Arkhimêdês engloutit une quantité de charcutaille et de boisson éthylique
proprement inhumaine. Les artistes graveleux s'épuisent et se succèdent au fil
des heures qui peuvent sans mal donner naissance à des jours.

Le marié n'adresse pas un regard à sa nouvelle femme qui se tient à l'écart sur
une petite table installé par ses propres servantes très mal à l'aise.

----------------------------------------------------------------------

*Ca ne s'arrêtera donc jamais ? Et comment peut-il ingurgiter tout ça ? Ca dure
depuis combien de temps d'ailleurs ? Et cet orage qui n'en finit pas...*

Au moins, il ne la regardait plus comme il l'avait fait plus tôt dans les
jardins. Dire qu'elle était mariée (déjà le terme l'écoeurait) à ça (c'était
pire encore). Remarque, c'était ça où celui choisi Sire D'Arkon... Il avait
réquisitionné ses propres domestiques... Les pauvres se trouvaient bien mal à
l'aise devant pareille scène... Elles n'y étaient pour rien, elles. C'était une
des rares choses pour lesquelles elle n'était pas si égocentrique. Isalyn avait
beau être la maîtresse des lieux (jusque-là, elle commençait à en douter à
présent), et avoir toujours été ferme sur ce qu'elle voulait, elle n'avait
jamais été comme sa mère ou son grand-père, à rabaisser ceux qui la servaient
tous les jours parce qu'ils n'étaient pas du même rang. Et ils auraient fait
quoi, les deux aristocrates en fin de race, sans leurs serviteurs pour leur
préparer leurs vêtements, leurs bains, leurs repas ? Bref, c'est un sourire
contrit qu'elle adressa à une des cuisinières qui lui apportait un repas un peu
plus digne que ce qui jonchait les autres tables.

- Merci, fit-elle simplement. Essayez de vous relayer avec les autres, pour vous
reposer un peu. Je ne sais pas combien de temps ça va durer...

Elle reposa ses yeux d'or sur le gnome qui continuait à ingurgiter des quantités
faramineuses de nourriture et d'alcool. Quand tout cela allait-il finir ?

*Vous avez intérêt à tenir votre promesse, sinon je ferai de votre vie un
calvaire, croyez-moi...*

Que de pensées aimables envers son cher et tendre époux...

----------------------------------------------------------------------

Les servantes sont reconnaissantes à Isalyn de sa sollicitude mais elles sont
manifestement écœurées par le triste spectacle de cette noce. La chaosienne peut
sentir leur trouble mais surtout l'incompréhension face à ce mariage et la
crainte de voir leur condition, qu'elle avait toujours su rendre enviable, se
dégrader.

Le banquet se poursuit inlassablement au rythme de l'orage… jusqu'à devenir une
incroyable preuve de l'endurance mythologique du gnome. La nuit semble vouloir
durer éternellement.

----------------------------------------------------------------------

Isalyn se rendait bien compte que ceux qui tenaient sa demeure s'inquiétaient de
leur sort, et à vrai dire, elle ne voyait pas comment les rassurer davantage.
Les heures s'égrénaient, les jours mêmes, et cet abominable petit être auquel
elle s'était volontairement enchaînée ne semblait pas vouloir mettre un terme à
tout cette sordide mascarade. Soit. Isalyn avait quitté la salle, plusieurs
fois, sous prétexte de s'enquérir du travail effectué aux cuisines. Pas qu'un
prétexte fut véritablement nécessaire pour s'éclipser, vu comme son "cher et
tendre époux" n'avait d'yeux que pour les danseurs lubriques qui évoluaient un
peu partout dans la salle de réception. Sa salle de réception. Son domaine. Elle
avait pourtant les nerfs solides, mais là, c'en était trop. L'orage et la nuit
englobaient Zord'Araz depuis trop longtemps, et cette orgie dégoûtante n'avait
que trop duré. Sans plus de cérémonie, elle retraversa sa demeure, des cuisines
jusqu'à cette salle qu'elle voyait dénaturée depuis des heures et des heures, se
faufila entre les tables jonchées de victuailles dégoulinantes ou servant
d'estrade aux "artistes" si tant est qu'on eût pu les appeler ainsi, en une
fraction de seconde et se planta devant le gnome, ses prunelles lançant
littéralement des éclairs. Elle se retourna vers les danseurs qu'Arkhimedes
reluquait fixement, manifestement gêné à présent par son arrivée intempestive,
et les foudroya du regard.

- Krolak !

Instantanément, leur danse perdit de sa "fluidité", car elle n'aurait jamais pu
parler de grâce les concernant, comme le mot de pouvoir utilisé affectait leur
coordination musculaire. Sa voix tonna comme le tonnerre, étrangement grave pour
une femme, trop aigue pourtant pour être celle d'un homme.

- Fichez-moi le camp, tout de suite ! leur lança-t-elle, excédée.

Puis elle reposa ses yeux glacés vers le petit homme. Les poings sur la table à
laquelle il était installée, penchée en avant comme si la posture avait pu
asseoir quelque domination que ce fût, elle comptait bien lui faire comprendre à
qui il avait affaire.

- Ca va ? Vous vous êtes bien amusé ? Et bien votre petite fête est terminée !

Un instant, elle se redressa, se concentra sur le labyrinthe du Logrus, pour,
cette fois, non pas faire venir à elle divers matériaux en provenance d'ombres
plus ou moins proches, mais pour faire disparaître toutes les horreurs qui
jonchaient sa salle de réception. Puis, droite comme un i devant le gnome,
visiblement furieuse, elle reprit.

- Laissez-moi vous rappeler les termes de notre contrat : vous vouliez un
atelier, un mécène et une femme, mais vous ne deviez en aucun cas dénaturer mon
domaine. Je tolère que vous réquisitionniez la moitié de mon domaine pour vos
machines et autres bizarreries, si tant est que vous accomplissiez votre tâche.
Je tolère même vos gens, plus répugnants les uns que les autres, tant qu'ils
servent vos besoins. Et je suis même prête à tolérer l'emprise que vous avez
voulu prendre sur mes serviteurs tant qu'ils restent bien traîtés et qu'elle
sert à vos travaux. Mais pas pour ça !

Elle se pencha de nouveau, ponctuant ses propos de petits coups portés par son
index tendu sur la poitrine crasseuse de son époux.

- Vous allez me faire le plaisir de tenir votre promesse, et bien mieux que ça !
Ou je ferai de votre vie le pire des calvaires, croyez-moi...

Tiens, elle avait pensé ça combien de fois depuis le début de cette "charmante
soirée" ? Trop pour qu'elle eût pu s'empêcher de l'énoncer à voix haute à cet
instant...

----------------------------------------------------------------------

Les restes insanes ou répugnants qui jonchent les tables du banquets bondissent
et s'agitent avant de disparaître dans l'air comme attrapés et engloutis par les
tentacules furieux d'un kraken invisible évoqué par les mains rageuse d'Isalyn.

Le mot de pouvoir de la chaosienne tombe sur la salle comme la foudre.

Le sourire d'Arkhimêdès se fige à l'instar des danseuses nues et autres artistes
débauchés... puis s'élargit.
Goguenard, le gnome s'excuse :

- Ma tendre et douce, je vous prie de bien vouloir pardonner mon incorrigible
légèreté à votre égard. Je comprend parfaitement votre impatience de voir cesser
ces plaisirs vulgaires au profit des charmes plus concret de votre... nuit de
noce ?

Il sourit de plus bel, les yeux pétillants de lubricité.

Ailleurs en Ombre, les reliefs d'une bacchanale mythique s'éparpillent et
s'écrasent mollement au hasard, comme une manne diabolique.

----------------------------------------------------------------------

Un sourire. Pourquoi un sourire ? Le regard de la maîtresse des lieux laissa un
instant paraître l'étonnement, puis l'horreur que lui inspiraient les propos de
son époux, et puis la colère reprit sa place et elle tapa du poing sur la table,
qui résonna malgré ses membres frêles.

- JE NE PARLE PAS DE CA ! ET VOUS LE SAVEZ TRES BIEN !!

Elle se redressa finalement, surplombant de toute sa hauteur - pas bien élevée,
mais toujours davantage que le nabot face à elle - ses yeux d'or plus brillants
de rage que jamais.

- Vous avez une tâche à accomplir, Arkhimedes, je vous conseille de ne pas
l'oublier, siffla-t-elle, hargneuse. Puis sans attendre, elle tourna les talons
et quitta la pièce, prenant la direction de ses propres appartements.

Le haut de forme regagna alors une étagère, et elle s'approcha de la fenêtre
pour observer l'extérieur, qu'elle avait pourtant scruté un nombre incalculable
de fois. L'orage ne cessait pas, paraissait même redoubler de violence, et rien
de ce qu'elle avait créé ne semblait vouloir y survivre. Si elle songeait avec
amertume être moins mal lotie avec le gnome qu'avec le bodiak promis par son
grand-père, elle ne trouvait bien là qu'une bien maigre consolation. Mais au
moins, pour l'heure, était-elle seule... Seule ?

----------------------------------------------------------------------

- Mon poussin...

Isalyn a senti la présence irritante de son époux quelques secondes avant
d'entendre ses premiers mots.
Il est assis avec nonchalence sur le couvre-lit de la couche de la jeune femme.
Il n'était pas là un instant plus tôt. La chaosienne en est sûr. De surcroit, il
semble avoir été ignoré par tous les systèmes de sécurité qui défendent les
appartements de la maîtresse de Zord'Araz.

- ... il est hors question pour moi de vous forcer à faire quoi que ce soit pour
lequel vous ne soyez pas pleinement consentente et enthousiaste.

Il sourit en caressant les hanches de la jeune chaosienne d'un regard lubrique.

- Je vous propose un autre marché, une nouvelle close à notre contrat si vous
préférez : faisons chambre à part... pour le moment. C'est triste pour un couple
si bien assorti que le notre mais, à terme, notre Amour , galvanisé par la
chasteté de nos rapports, en sortira incontestablement sublimé.

L'espace d'un instant, le regard d'Arkhimêdès croise celui d'Isalyn et abandone
son immuable étincelle concupiscente pour briller d'une lueur plus sibylline :

- Voici les règles : je m'interdirai vos appartements... et votre intimité et
dans l'ensemble je vous laisse la jouissance de la surface de Zord'Araz... En
échange, vous me concédez le sous-sol et vous ne pénètrerez jamais dans les
caves du château qui deviendront mes quartiers personnels.

Les yeux du gnome ne lache pas le regard de la chaosienne :

- Est-ce que ça vous va ?

----------------------------------------------------------------------

Evidemment, il était là. Il était venu... Lentement, la jeune femme se tourna
vers lui, comme si elle avait voulu repousser le plus longtemps possible le
moment où son regard devrait se poser sur lui.

- Je ne suis pas votre poussin...

Sa voix paraissait plus lasse que tout à l'heure. Bon sang, il n'allait donc
jamais la laisser tranquille, même ici ? En même temps, elle ne pouvait pas lui
reprocher d'entrer ainsi dans les appartement d'une Dame alors qu'elle faisait
tout pour s'éloigner au maximum de l'image qu'on donne aux femmes de la cour...
Mais... Consentente et enthousiaste... ? Il songeait donc vraiment qu'elle le
serait un jour ? C'en était presque ridicule... Et ce regard qui ne semblait pas
vouloir le quitter !

Allons bon, voilà qu'il lui proposait un nouveau marché. Bon, ses élans
romanesques la laissaient de marbre, mais l'idée de ne pas partager sa chambre
avec lui était plutôt rassurante. Ne plus accéder aux sous-sols ? Ca ressemblait
à cette légende de l'ombre-terre... Mélusine ? Bah, soit... Drôle de lueur dans
son regard, ceci dit, mais elle n'y attacha pour l'heure, pas plus d'importance.
Elle n'avait plus qu'une envie : être tranquille.

- Oui, oui, ça me va... répondit-elle, visiblement pressée qu'il vide les lieux.
D'ailleurs, elle lui ouvrait déjà la porte. Je ne vous retiens pas...

----------------------------------------------------------------------

Le gnome descend du lit avec son éternel grand sourire et clopinent vers la
sortie de la chambre. A la porte, il s'arrête, se retourne et dit :

- Ne me trahissez pas ma Belle.

Puis il disparaît derrière l'entrebâillement.

Les pluie torrentielles cessent de tomber soudainement, laissant la place à la
caresse rafraîchissante d'une douce brise. Plus aucun éclair ne vient zébrer le
ciel. Un rai de lumière perce sur l'horizon et embrase la nue d'un
extraordinaire camaïeux de rouge qui vient baigner le visage d'Isalyn. Devant
elle, son royaume s'étend intact avec une fabuleuse netteté qui en rehausse les
couleurs et les contrastes comme sur une toile de maître.

Cet étrange mariage ressemble bientôt à un mauvais rêve : les pièces
réquisitionnées par Arkhimêdès pour entreposer tout son fatras de savant fou
retrouvent leur aspect d'origine, le matériel et les familiers du gnome ont
disparu aussi soudainement qu'ils étaient arrivés. Seul trace de cette étrange
histoire, l'énorme porte de chêne massif, bardés de fer, qui interdit désormais
l'entrée des souterrains et de derrière laquelle il est possible d'entendre le
souffle et le cœur d'un étrange chantier.

#362 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Vendredi 2. Octobre 2009  10:29
Sujet: Noce funèbre [Les Princes d'Ambre]
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- Ce n'est pas tant l'emballage qui fait le cadeau, belle Isalyn, que ce qu'il
cache.

De qui parlait-il à cet instant ? D'elle ? Ou de lui-même ? Un instant, le doute
plana dans l'esprit de la chaosienne, et puis son regard lubrique effaça ces
pensées. Elle frissonna et se releva presque aussitôt. Il enchaînait, aussi
resta-t-elle sur place, immobile, le toisant de ses yeux d'or froid.

- Marché conclu. Je me mettrai volontier au travail dès que les noces auront été
dignement célébrées, Ma Dame.

Etrange regard qu'il avait là... Elle hocha la tête. Elle n'avait pas vraiment
le temps d'y réfléchir plus avant de toutes les manières. Aussi, comme elle
contactait d'ordinaire ses serviteurs par la pensée, donna-t-elle rapidement
quelques ordres en cuisine et pour la préparation de la Grande Salle. Elle
sentit l'étonnement chez certains, mais n'y prêta pas plus d'attention. Ca avait
de quoi choquer ses quelques serviteurs, qui la connaissaient suffisamment à
présent pour savoir qu'il ne fallait surtout pas l'appeler Lady, qu'elle accepte
de se "fiancer"...

- Ce sera près pour ce soir, si vous le souhaitez. Je ne veux pas les voir sur
mon territoire, vous aurez carte blanche pour les empêcher d'entrer.

----------------------------------------------------------------------

Arkhimêdês est très vite comme chez lui dans le sanctuaire d'Isalyn.

Alors que le mariage n'est pas encore célébré, il s'adresse aux serviteurs en
maître et se fait obéir au doigt et à l'oeil par les valets de la chaosienne.
Il réquisitionne des appartements sur une trentaine de pièces qui se remplissent
rapidement d'un amoncellement d'établis et de bibliothèques pleines de
tablettes, parchemins, livres et ordinateurs. Une armée de diablotins et de
droïdes divers prend possession des lieux. Le mobilier et la faune bigarés
semblent avoir les origines les plus variées.

Le gnome s'empare aussi d'une grande partie des caves et des greniers pour en
faire son atelier et y entreposer des machines impossibles et des artefacts
obscurs. Il en interdit l'accés à quiconque, y compris à sa futur.

Le soir, alors qu'on sonne la noce, le refuge d'Isalyn a pris des allures de
château de Frankenstein.

----------------------------------------------------------------------

Isalyn fulminait. Il avait réquisitionné une bonne partie des pièces, des caves
aux greniers, fait venir une horde de créatures diverses et variées sur
lesquelles elle pouvait parfois à peine poser les yeux sans éprouver de
hauts-le-coeur, et régissait sa maison en maître.

Tout était près pour la noce, et ses gardiens lui avaient confirmé la marche de
"l'autre prétendant" vers son domaine, tant et si bien qu'elle ne pouvait plus
reculer, mais elle enrageait. "Tant que vous ne le dénaturez pas"... Et que
faisait-il à présent ? Son paisible manoir, au style si pur prenait des allures
de maison hantée, et il lui interdisait même l'accès à certaines pièces !

Je n'ai pas le choix, se répétait-elle, bien qu'elle n'y trouvât aucun
réconfort, et c'est vêtue comme pour un deuil, d'un costume et d'une chemise
noirs, d'un gilet et d'une cravate chocolat, coiffée d'un haut de forme qu'elle
parut devant lui, pour signer une alliance qu'elle regrettait déjà. Alors qu'ils
s'apprêtaient à célebrer cette union étrange, elle se pencha pour lui murmurer à
l'oreille d'une voix sifflante.

- Si vous ne remplissez pas votre part du marché, je vous jure qu'il n'y aura
pas que mon domaine qui sera dénaturé...

----------------------------------------------------------------------

Arkhimêdês se présente dans la chapelle, aménagée pour l'occasion, vêtu d'une
inénarable redingote à carreaux d'une jaune criard sur un petit gilet rose et
vert amende du plus bel effet et d'un pantalon rouge à patte d'éph duquel
dépassent des brodequins cirés bien trop longs pour des pieds humains. Le gnome
est coiffé d'un chapeau melon carotte. Il arbore un sourire radieux et une mine
des plus satisfaite.

Il remonte, en clopinant gaiement, la nef vide, dans laquelle résonne une marche
nuptiale revisitée façon Cours du Chaos, interprété par un orgue désaccordé. Les
bancs sont vides. Personne n'a été convié à la cérémonie. Un étrange lierre noir
courrant sur les murs constitue sinistrement la seule décoration.

La mariée en garçonne endeuillée, est debout devant l'autel, seule face à un
grand échalas livide d'une maigreur cadavérique, vêtue d'une grande aube noire.
La blanche chevelure arachnéenne sur le crane parcheminé du pasteur fait
ressortir des orbites qui ne sont que deux orbes de ténèbres.

Arkhimêdês, pimpant, détonnant avec l'atmosphère délétère de la pièce, vient se
placer au coté de sa promise. Du bout de ses petits doigts potelés, il jette un
baiser gluant de lubricité à la face d'isalyn.

- Alors ? Heureuse mon petit poussin ?


Le pasteur noir commence à parler d'une voix d'outre-tombe qui glace le sang
d'Isalyn, pourtant aguerrie par des années de vie au sein des Cours :

- Mon très cher frère, ma très chère sœur, nous voilà réuni en cette nuit pour
vous unir l'un à l'autre devant l'Eternité, pour le pire et le meilleur, face à
l'adversité comme à la fortune. Si quelqu'un souhaite s'opposer à cette union,
qu'il parle maintenant ou se taise... à jamais.

Un silence sépulcrale tombe.

----------------------------------------------------------------------

C'est à peine si Isalyn retint une grimace de dégoût quand elle vit son "futur
mari" se présenter dans la chapelle, vêtu de l'accoutrement le plus immonde,
criard et grotesque qu'il lui ait été donné de voir. Son air radieux l'écoeura
un peu plus encore, et, comme il remontait la nef pour venir auprès d'elle,
l'orgue retentit d'une mélodie plus proche des pompes funèbres que de la marche
nuptiale. Même la décoration semblait de circonstance avec ce lierre morbide qui
courait le long des murs. Et ne parlons pas de celui qui devait les bénir ! Elle
ne lui jeta qu'à peine un regard méprisant, et Arkhimêdês n'obtint rien de mieux
après le baiser qu'il lui envoya du bout des doigts.

- Alors ? Heureuse mon petit poussin ?

- Ne m'appelez plus jamais de la sorte, ni d'aucun autre nom ridicule que votre
esprit tortueux pourrait élaborer, siffla-t-elle pour toute réponse, avant de
répéter : Encore une fois, si vous ne remplissez pas votre part du marché, je
vous jure qu'il n'y aura pas que mon domaine qui sera dénaturé....

Mais déjà le pasteur lugubre commençait à parler, et malgré l'habitude, la
chatelaine frémit. Personne ne parlerait parce qu'il n'y avait personne ici,
parce que le nabot était trop heureux d'avoir obtenu gain de cause, et parce
qu'elle-même, acculée, ne voyait pas quelle autre issue, elle pourrait avoir.
Magnifique destin que celui de celle qui était née héritière bâtarde des
d'Arkon, tiens ! Si elle avait été plus sensible, elle en aurait peut-être
pleuré... Pourtant, c'était du dégoût et du mépris qui pouvait se lire dans son
regard d'or à cet instant, pour l'ecclésiastique devant elle, pour le gnome à
ses côtés, pour sa famille absurde qui la mettait dos au mur, et pour elle-même,
impuissante, forcée de céder aux caprices de l'être difforme qui devenait ce
soir son époux. Pour le meilleur et pour le pire, disait l'autre. Le pire
surtout, le meilleur, si ce n'était la sauvegarde de son Domaine, elle ne voyait
pas de quoi il s'agissait...

----------------------------------------------------------------------

Le pasteur goûte le silence puis reprend :

- Chevalier Arkhimêdês Kerendisias Telenek de Korinchald, voulez vous prendre
Dame Isalyn Kalinka Nereïs Harkon de Zord'Araz pour légitime épouse ?

Le gnome s'empresse de répondre joyeusement :

- S'il le faut vraiment je me résoud à cela. Oui.

Le pasteur se tourne vers la chaosienne :

- Dame Isalyn Kalinka Nereïs Harkon de Zord'Araz, voulez vous prendre Chevalier
Arkhimêdês Kerendisias Telenek de Korinchald pour légitime époux ?

----------------------------------------------------------------------

Le pasteur avait laissé une minute de silence, bien trop longue aux yeux de la
maîtresse des lieux. C'est bon, c'était déjà suffisamment pénible comme ça pour
qu'il n'en rajoute pas. Enfin il reprenait la parole, ânonnant les phrases
consacrées... La réponse du gnome présentait un tel contraste entre les mots
prononcés et le ton employé qu'elle haussa un sourcil, reposant ses yeux d'or
sur lui. Il avait vraiment décidé de se payer sa tête jusqu'au bout...

- Dame Isalyn Kalinka Nereïs d'Arkon de Zord'Araz, voulez-vous prendre Chevalier
Arkhimêdês Kerendisias Telenek de Korinchald pour légitime époux ?

Et c'est d'un ton glacial qu'elle répondit, toisant l'homme en noir de son
regard métallique.

- Puisqu'il le faut vraiment, je me résouds à cela, oui.

Et tandis qu'il poursuivait son office, elle ne le quitta plus des yeux, faisant
abstraction du petit être à côté d'elle, réalisant alors que la fin du protocole
voudrait qu'il embrasse la mariée, ce qui lui arracha une grimace de dégoût...

----------------------------------------------------------------------

Le triste pasteur annonce alors à l'assemblée des bancs vides :

- En vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous délare, vous, Chevalier
Arkhimêdês Kerendisias Telenek de Korinchald et, vous, Dame Isalyn Kalinka
Nereïs d'Arkon de Zord'Araz, époux et épouse pour l'Eternité.

Il ajoute comme un anathème :

- Par mon sang, malheur à celle...

Il lance un regard ineffable au gnome :

... ou celui qui trahirait cette union.

Puis il tombe en cendre comme une momie trop vieille tandis que le lierre noir
qui décore les murs et plafonds de la salle fleurit soudain en un feu d'artifice
silencieux de fleurs bleues nuits au parfum sombre. Un liquide vermeille coule
sur les marches de l'autel.

L'époux, rougeaud, comme ivre, se tourne vers son épouse avec un sourire
sardonique qui lui va jusqu'aux oreilles. Puis il se détourne d'elle sans lui
offrir ce baiser auquel a droit une épouse et file vers le perron pour
disparaître dans les ténèbres de la nuit en disant :

- Allons manger mon petit pinson.

Le vent se lève annonçant un étrange orage et des jours nouveaux sur Zord'Araz.

#361 De: "amonfadar" <amonfadar@...>
Date: Jeudi 1. Octobre 2009  8:41
Sujet: Marché conclu ? [Les Princes d'Ambre]
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Le rire du nabot agaça profondément Isalyn, mais ce fut sa réponse qui la fit
bondir. Quoi ? Son dégénéré de grand-père osait la promettre en mariage à un
être aussi... aussi... il n'y avait même plus de mot qui lui vienne à l'esprit
tant l'idée la répugnait. L'évocation de la nuit de noces lui arracha une
grimace de dégoût, qu'elle fût censée se dérouler avec le bodiak ou le nabot
d'ailleurs. D'ailleurs, le regard vicieux du petit être n'était pas pour la
rassurer non plus. Et ses propos quant aux failles de son domaine non plus. Elle
serra les poings de rage. Comment était-il arrivé là, celui-là, d'ailleurs ? Et
pourquoi était-il venu lui raconter tout ça ? La réponse à cette question ne
tarda pas à venir.

Leurs regards se croisèrent de nouveau, et le sourire qu'il lui adressa la
renfrogna encore un peu plus. Arkhimêdês... Ingénieur... Et capable de fortifier
son refuge ? Vraiment ? Ah c'est sûr que voir la tête du baron, enrageant de ne
pouvoir l'atteindre, ça allait valoir son pesant de cacahuètes, mais donner sa
main à ce petit être-là... Elle plissa les yeux, pensive un instant tandis que
l'autre s'esclaffait. Acculée, elle n'avait guère d'options.

- Un atelier, un mécène, et une épouse, n'est-ce pas ? répondit-elle reprenant
presque ses premiers propos. Vous pourriez bien les obtenir, ai-je réellement le
choix ? Mais je crains fort que vous deviez vous passer de l'amante, mon cher
Arkhimêdês.

Elle scruta le visage du nabot aux 5G comme il s'était présenté, cherchant à y
déceler sa réponse avant qu'il ne la prononce...

----------------------------------------------------------------------

Les pensées du gnome sont illisibles, perdus dans les vallons profonds de son
visage jouflu. Il ne cesse de de sourire béatement sans parvenir jamais à
laisser son regard grimper assez haut sur le corps d'Isalyn pour le plonger dans
les yeux de la jeune femme. Toujours l'esprit ailleurs, il dit :

- L'amante ? Si j'avais reçu une pièce à chaque fois qu'une tendre et douce m'a
assuré qu'elle ne m'accorderait jamais les faveurs de sa couche puis m'a ouvert
tout grand son jardin secret, je serai plus riche qu'Obéron, belle demoiselle
Isalyn. Aucune ne s'en est jamais plainte.

Son rire se fait plus ineffable encore :

- Mais nous ne parlons pas de ça Ma Dame. Laissons la bagatelle pour ce soir, au
banquet que vous donnerez en l'honneur de nos fiançailles. Ce que je vous
propose c'est bien un marché de raison et non des promesses de passions. Vous
avez besoin de renforcer votre bastion et je veux une chose sur laquelle
travailler. Un mauvais mariage vaut mieux qu'un bon pacte : je m'assure
simplement que je ne me ferai pas chasser du lieu quand mon travail sera fini.

Il penche la tête de coté, canaille, et dit enfin :

- Laissez vous convaincre. Comme vous le dîtes vous même : avez vous vraiment le
choix ?

----------------------------------------------------------------------

- L'amante ? Si j'avais reçu une pièce à chaque fois qu'une tendre et douce m'a
assuré qu'elle ne m'accorderait jamais les faveurs de sa couche puis m'a ouvert
tout grand son jardin secret, je serai plus riche qu'Obéron, belle demoiselle
Isalyn. Aucune ne s'en est jamais plainte.

Obéron ? Celui d'Ambre, c'était bien cela ? Le regard d'or de la jeune femme,
puisqu'il l'avait percée à jour avec une trop évidente aisance, se glaça. Elle
ne daigna pas répondre, d'autant qu'il enchaînait déjà :

- Mais nous ne parlons pas de ça Ma Dame. Laissons la bagatelle pour ce soir, au
banquet que vous donnerez en l'honneur de nos fiançailles.

Evidemment, elle ne manquerait pas de le faire, n'est-ce pas ?

- Ce que je vous propose c'est bien un marché de raison et non des promesses de
passions. Vous avez besoin de renforcer votre bastion et je veux une chose sur
laquelle travailler. Un mauvais mariage vaut mieux qu'un bon pacte : je m'assure
simplement que je ne me ferai pas chasser du lieu quand mon travail sera fini.

Un léger sourire vint effleurer ses lèvres. Drôle de calculateur que celui-là...
Et quand il pencha la tête pour conclure en reprenant ses propres mots, elle
appuya son visage sur sa main, le coude sur sa cuisse, et lui répondit d'une
voix bien trop calme et courtoise pour être honnête.

- Je n'ai guère d'autre choix il est vrai. Cependant j'imposerai à mon tour
quelques conditions... Vous voulez mon domaine comme atelier, bien. Tant que
vous ne le dénaturez pas, et comme j'ai besoin de vos murailles, je l'accepte.
Vous préférez un mariage à un pacte, trop facile à rompre, certes. Mais vous
n'aurez pour épouse qu'un dandy juvénile. Hors de question que je porte autre
chose, et hors de question que mon domaine perde de sa splendeur actuelle. Quant
à la "bagatelle" au banquet de fiançailles, ne soyez pas trop pressé, Seigneur
Arkhimêdês...

Ca n'était pas si énormes comme concessions qu'elle lui demandait là, n'est-ce
pas ? Cependant, elles lui laissaient au moins l'impression de batailler un peu,
de ne pas se rendre trop vite, même si elle n'avait pas mis longtemps à se
rendre compte qu'elle n'avait aucune chance de s'en sortir vainqueur.

----------------------------------------------------------------------

Le nabot ne quitte pas le bas-ventre de Lizie du regard tandis qu'il répond :

- Ce n'est pas tant l'emballage qui fait le cadeau, belle Isalyn, que ce qu'il
cache.

Il arbore un sourire plus lubrique encore qui fait courir un froid liquide sur
l'échine de la chaosienne.

- Marché conclu. Je me mettrai volontier au travail dès que les noces auront été
dignement célébrées, Ma Dame.

Le nain relève doucement la tête et laisse son regard pétillant, dissimulant un
secret ineffable, croiser à nouveau celui d'Isalyn.

#360 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 25. Juin 2009  11:00
Sujet: Arkhimêdês [Les Princes d'Ambre]
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- Lord Isalyn, reprit-elle sèchement.

Belle demoiselle... Elle aurait tout entendu aujourd'hui. Cependant, elle resta
songeuse un instant. Un atelier, un mécène, et une femme... drôle de requête,
qu'il lui faisait là, dont elle n'arrivait pas à percer le mystère. Pourquoi ?
Enfin pour la "femme", à son regard lubrique, elle n'avait que peu de doute
quant à sa motivation, mais pourquoi un atelier et un mécène ? La meilleure
façon d'obtenir une réponse, si tant est qu'elle y parvienne, restait de lui
poser la question.

- Et pourquoi vous offrirai-je tout cela ? Vous n'espérez tout de même pas que
je vous fasse cadeau de mon domaine sans contrepartie, n'est-ce pas ?

Volontairement, elle passa sous silence l'allusion à son physique et modifia sa
position de sorte qu'elle rabattit les pans de sa cape sur son torse. Les coudes
ainsi posés sur ses genoux, elle continua de scruter le petit homme sans ciller.
Il en avait du culot, d'ainsi débarquer sans avoir eu la politesse de
s'annoncer, ni même de se présenter !

- Et me ferez-vous l'immense honneur de me préciser avec qui j'ai le plaisir de
converser ?

Un sourire tout aussi ironique que le ton qu'elle venait d'employer ponctua sa
dernière question. Il en savait trop pour être parfaitement honnête celui-là, et
elle n'aimait pas ça, mais alors pas du tout. Il faudra qu'elle apprenne comment
il était arrivé là, aussi, mais chaque chose en son temps, pour l'instant, il y
avait bien assez d'interrogations en suspens...

----------------------------------------------------------------------

Le nain entremêle ses petits doigts potelés en étouffant un petit rire aigu.
Puis il ouvre grand ses petits yeux noirs, jusque là dissimulés sous les rides
de son visage, en déclarant sur un ton taquin :

- Vous m'offrirez tout ça pour ne pas avoir à l'offrir à un autre, jolie
demoiselle Lord Isalyn. Votre papi, ce gros porc de Baron Arkon, vous a trouvé
un prétendant, un bien tout comme il faut. Je crois que c'est un bodiak de la
plus pur souche, originaire tout droit des marches de la Zone Noire. Vous avez
du être bien vilaine pour qu'il vous en veuille à ce point là. On dit que votre
futur mari sent si fort que même ce brave Valdimir n'a pu le souffrir au sein de
sa demeure. Je ne peux vous cacher que je lui envie la nuit de noce.

Il passe une petite langue vicieuse sur ses lèvres, le regard perdu bien bas sur
le manteau de la jeune chaosienne, et continue sans être totalement à ce qu'il
dit :

- Votre fiancé vient, ma toute douce, pour cueillir le fruit qu'on lui a promis.
Etes-vous certain que les remparts de Zord'Araz sont assez solides pour laisser
à la porte un de ses vieux seigneurs des marches à la tête d'une légion
démoniaque ? Ils ne m'ont pas empêché d'arriver jusqu'ici moi en tout cas.
Il relève les yeux pour croiser le regard d'Ysalin et avec un large sourire dit
:

- Vous avez devant vous, en toute simplicité, le Grand, le Génial et
l'inéGalable Arkhimêdês, l'inGénieur des Géants. Je peux fortifier Zord'Araz
pour vous mon petit poussin, à en rendre jaloux Merlin lui-même. C'est un défi
qui m'intéresse. Donnez moi votre main et en échange je vous livre un sanctuaire
inviolable qui vous protégera de tous vos ennemis et vous donnera un pouvoir
incommensurable. Imaginez la rage du baron de vous voir échapper à ses mimines
graisseuses.

Il laisse jaillir un rire désaxé.

----------------------------------------------------------------------

#359 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Mercredi 24. Juin 2009  15:45
Sujet: Isalyn [Les Princes d'Ambre]
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Dans la même histoire, un autre point de vue, toujours écrit à deux mains, celui
d'Isalyn. L'honneur au dames :

Un territoire plutôt restreint, encerclé de hautes montagnes, une vallée désolée
qui ne semble abriter que quatre sentes caillouteuses... et puis on parvient par
chacun de ses sentiers à une arche de pierre tel un dolmen celtique, frappé d'un
symbole stylisé, reflet du blason du gardien de cette porte.

L'une d'elle mène à une citadelle médiévale, Bastion, place forte conçue pour
résister à quelque assaut que ce soit, son gardien y maintient une surveillance
farouche. Nul doute qu'il s'agit là du territoire qu'il considère comme le plus
important. Le pont-levis se lève et s'abaisse pour continuer le sentier...
Une autre guide les pas jusqu'à ce qu'on pourrait qualifier de sanctuaire tant
les lieux inspirent le calme et la sérénité. Au Refuge, des bâtiments aux
colonnes qu'on dirait faites d'opale jonchent ça et là une plaine à la
végétation luxuriante. La sente y prend tant de virages qu'un voyageur non
averti s'y perd aisément...
Une troisième vous plonge au coeur de Sylve, une forêt si dense qu'on n'en voie
guère l'orée, et d'un enchevêtrement de cabanes de bois à mêmes les arbres. On
s'y sent observé sans pouvoir dire si cette impression provient des étranges
bâtisses suspendues ou du sous-bois en lui-même. Et difficile dans cette
éternelle pénombre de voir où se poursuit l'étrange route dont on provient...
La dernière, enfin, amène à une étrange rencontre avec ce qu'on pourrait prendre
pour un vaisseau spatial échoué sur terre s'il n'était si bien ancré dans le
paysage. Un dôme de métal, Exodar, aux hublots de verre ponctuant sa surface
émerge du sol en plein milieu du chemin. Il est clair qu'il faut le traverser
pour poursuivre son voyage...

L'invité de Lord Isalyn ou d'un de ses gardiens pourrait trouver une arche
identique à la première, frappée d'une salamandre, qui le mènerait à un manoir
de l'époque de la Renaissance, entouré de vastes jardins savamment dessinés,
agrémentés de fontaines et de bancs. Un ruisseau cristallin semble séparer ce
hâvre de paix du reste du monde et des mansardes, la maîtresse des lieux peut
admirer la brume étrange qui semble s'élever de l'onde pour former un mur
infranchissable entre les quatre arches menant à son domaine.

Isalyn contemplait, comme elle le faisait chaque matin, l'étendue de son
domaine. Oh... Il restait de taille modeste, mais c'était là sa plus grande
fierté. Ca, et sa garde-robe de dandy romantique peut-être. Les terres qu'elle
avait acquises grâce à ses seuls pouvoirs, ou presque, représentaient ce qu'elle
avait de plus cher. Car rallier les quatre gardiens à sa cause, ça tenait du
tour de force et de l'usage de ses compétences, n'est-ce pas ? Les quatre arches
entourées de brume dévoilaient les territoires protégeant son manoir, et
jusqu'alors, elle n'avait pas eu de souci concernant la préservation de son
domaine. Déjà fallait-il vouloir s'approcher, et même sa position parmi la
hiérarchie des Cours ne lui faisait guère craindre d'être d'importunée à ce
sujet. Si on lui demandait, elle répondrait que toutes ces précautions n'avaient
pas de fondement particulier, simplement qu'on n'était jamais trop prudent. En
fait, elle refusait de voir la famille d'Arkon s'approcher de SON fief. Mais
elle ne l'avouerait jamais de son plein gré...

Une brise légère vint remuer les mèches brunes encadrant son visage androgyne,
et elle rabattit la lourde cape couleur chocolat autour de son corps. Un petit
tour des jardins s'imposait par ce temps clair, et elle aimait s'y promener.
Elle ne les aurait pas créés sinon. Elle arpentait donc tranquillement les
allées parfaitement dessinées, s'attardant à contempler la courbe de certaines
fleurs, ou a écouter le clapotis de l'onde d'une fontaine, puis se décida à
s'installer sur un des bancs de pierre blanche disséminés ça et là. Une bien
belle journée en perspective en fait...

----------------------------------------------------------------------

- Une bien belle journée en effet.

La voix est joviale et elle vient... de la place libre à coté d'Isalyn sur le
banc de marbre blanc. C'est exactement là que se tient un petit bonhome chauve à
la longue barbe poivre et sel, aux yeux rieurs et à la mine de patriarche
sympathique. Il porte un étrange tablier de cuir sur une tunique bleu longue et
un pantalon rouge bouffant.

Isalyn se demande l'espace d'une seconde si elle n'avait pas fait que penser que
ce serait une bien belle journée en perspective en fait... quant elle réalise
soudain qu'elle est sûr d'autre chose : ce petit nain n'était pas là une minute
plus tôt !

La protection de Zord'Araz est le fruit de la réflexions méticuleuses du jeune
seigneur du chaos et il lui parait soudain bien décourageant qu'il soit si
facile de passer les barrières et les défenseurs qu'elle a patiemment érigé.

Le bonhomme balance ses pieds comme un enfant en regardant les oiseaux qui
volent.

----------------------------------------------------------------------

Isalyn sursauta comme une voix retentissait à côté d'elle. Elle n'avait fait que
penser. Comment cet homme avait-il pu la percer à jour ? Et quelle surprise de
trouver en cet instant quelqu'un à ses côtés ! Oh ! Qu'elle n'aimait pas les
surprises, surtout quand celles-ci signifient que quelqu'un a franchi ses
barrières pour pénétrer dans sa demeure ! Comment ? Par quel moyen avait-il
réussi à parvenir jusqu'ici ? Ses yeux d'or à l'éclat glacé à cet instant se
posèrent sur le petit bonhome chauve et barbu qui se tenait là. Il avait l'air
jovial, mais elle n'avait pas vraiment envie de sympathiser à cet instant.

- Que faites-vous là ? lui demanda-t-elle sans grand ménagement, sans
délicatesse ni raffinement non plus d'ailleurs.

La couleur poivre et sel de la pilosité de son interlocuteur laissaient deviner
un âge avancé, et pourtant son attitude était des plus juvéniles. Celle qui se
faisait appeler Lord Isalyn plissa des yeux, détaillant le petit homme près
d'elle. Etrange tenue également qu'il arborait, mais elle refusait de le
questionner davantage tant qu'il n'avait pas déjà répondu à sa première
question. A en poser trop les unes après les autres, on risque de n'obtenir des
réponses que partielles ou qu'à certaines d'entre elle. Et elle voulait obtenir
des réponses à TOUTES ses questions, et des réponses complètes. Restait à savoir
s'il accepterait d'y répondre à présent...

----------------------------------------------------------------------

Le gnome, les joues rougeaudes et pommelées, sourit largement :

- Je cherche un atelier, un mécène... et une femme. Zord'Araz semble pouvoir
m'offrir tout ça. Cela ne dépend que de vous belle demoiselle Isalyn.

Ses yeux pétillent de malice et de lubricité en s'attardant sur les courbes
dissimulées sous la longue cape de la jeune femme.

#358 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Mercredi 24. Juin 2009  15:37
Sujet: Piège [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Lydwin entend le cri percent de sa « sœur », elle se précipite vers la salle
principale, bousculant au passage une troupe de nains qui traversait un champ de
radis. Ses sens sont en éveil et inconsciemment elle commence à faire appel au
Logrus. Elle cherche autour d'elle tentent de percer les ombres qui l'entoure.
Elle a la chair de poule quelque chose ou alors quelqu'un de très puissant fait
lui aussi appel au Logrus. Lydwin se rapproche de sa sœur dans le but de la
protéger, elle se concentre d'avantage mais cette fois elle fait appel au Logrus
pour découvrir ce que lui apparaît comme l'essence du mal même. Doucement elle
commence à percevoir quelque chose trop facilement presque comme si la chose se
laissait faire…

----------------------------------------------------------------------

Pârvatî, choquée, est dans les bras d'une créature de plus de deux mètres,
drapées dans un ample manteau sombre, la tête dissimulée dans un profond
capuchon. De ses manches tombantes s'échappent des mains décharnées dont une
serre délicatement la gorge fine de la jeune chaosienne et l'autre tient une
grande faux dont la lame a été retournée.

La chose émet un hurlement strident.
7 chaosiens vétus de longs cache-poussières bruns et armés de lames courbes
sortent des ombres de la pièce. Ils s'interposent devant Lydwin.

----------------------------------------------------------------------

La grande faucheuse ! La mort vient de se matérialiser devant Lydwin, elle
menace d'emmener avec elle la jeune sœur. Lydwin ne peut s'y résoudre après
avoir découvert l'amour, elle découvre une nouvelle sorte de peur, celle de voir
un être cher souffrir, très vite ce sentiment est remplacé par une haine
inégalable. Une fureur telle que Lydwin n'a jamais ressentie s'empare d'elle et
pour la première fois dans sa vie ce n'est plus la raison qui guide ses gestes
mais l'amour. Pârvatî aurait-elle affaiblie Lydwin où au contraire aurait elle
réveillé en elle en une nouvelle force. Sans même s'en rendre compte se
métamorphose en Panthère, la forme primale de Lydwin est ainsi révélé, elle
n'avait jamais au part avant ressentit quelque chose de suffisamment puissant.
Lydwin n'est plus totalement elle-même, elle est guidée par l'instinct de la
panthère. Elle bondit sur l'un des sept Chaosiens toutes griffes dehors.

----------------------------------------------------------------------

La faucheuse recule et emporte Pârvatî en glissant vers la porte de l'auberge.

Les chaosiens dans leur long manteau se déplacent de manière à couper la route à
Lydwin. Lorsque la panthère saute sur l'un d'eux, ils dégainent des lames
sacrificiels et se jettent ensemble sur elle pour la poignarder.

----------------------------------------------------------------------

La faucheuse disparait hors de l'auberge, et Lydwin sous sa forme de panthère se
retrouve encerclée par huit guerriers tout droits sortis de la zone noire.
Ceux-ci se battent avec des lames sacrificielles, cela ne présage rien de bon
sur leurs intentions.

Le puissant coup de griffe que porte Lydwin au visage de son premier adversaire
en bondissant sur lui, lui arrache littéralement la tête. Les deux mouvements
suivants expriment tout aussi bien sa rage. Elle se jette en effet sur la
poitrine de ses victimes, et goutte au sang de leur jugulaire par de méchants
coups de sa machoire acérée.

Il n'en reste plus que cinq, et ils réagissent enfin. Une lame se plante dans
l'épaule gauche de la panthère et deux autres lui entaillent le dos. D'un saut
habile, elle parvient à se sortir de là, envoyant voler au passage l'un de ses
assaillant.

Si elle veut avoir une chance de rattraper la faucheuse et donc de récupérer sa
soeur, elle doit en finir et vite avec ceux-là.

----------------------------------------------------------------------

Les 4 guerriers noirs restants, drapés dans leurs grands manteaux noirs, les
poignards prêts au combat, s'interposent de nouveau avec agilité entre Lydwin et
la sortie de l'Auberge.

Ils ne sont pas de taille face au seigneur du chaos mais impossible de les
ignorer. Ils semblent disposer à mourir pour lui faire perdre du temps.
La Faucheuse a déjà disparu avec Pârvatî dans le brouillard qui inonde les
ruelles tortueuses et changeantes de la Capitale du Chaos.

----------------------------------------------------------------------

Lydwin aussi rapidement que la première fois ce reméthamorphose. La raison
reprend le dessus sur la fureur. Elle a assouvie sa soif de sang. Affaiblie,
blessé, son esprit ce met à fonctionner à toute allure, elle doit réagir vite si
elle ne veut pas perdre la trace de sa sœur. Elle fait alors appel au logrus et
après une minute de concentration, elle découvre que ses assaillants ne sont en
fait que de simple individu. Elle les attaques à mains nue puisque c'est dans ce
type de combat qu'elle est le plus habile. Elle est déterminée, elle veut les
vaincre ; elle le doit pour sa sœur !

----------------------------------------------------------------------

Les guerriers du chaos n'attaquent pas. Ils défendent la porte de concert, comme
mue par un seul esprit.
L'un d'eux se place face à Lydwin pour la retenir, devant la porte, tandis que
les autres flanquent la chaosienne et l'attaque par derrière dès qu'elle entre
dans le piège.

#357 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 18. Juin 2009  13:48
Sujet: L'Auberge des 3 lunes [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Dans la même histoire, encore un autre point de vue, toujours écrit à deux
mains, celui de Lydwin.
Avec sa permission, je passe devant :


Une tempête bouillonnante rugit depuis plusieurs heures dans la cité. Le vent
hurle comme une hordes de banshees et des éclairs de lumière sombre zébrent
silencieusement l'obscurité de la grande salle déserte de l'Auberge des 3 Lunes.

Lydwin n'a pas vu grand monde depuis que cette étrange brouillard torturé a
inondé les rues. Il est rare de voir des choses durer dans ce lieu profondement
inconstant et cela contribue à rendre tout le monde mal à l'aise. Les habitués
ont préféré se terrer en attendant que ça passe.

Soudain la porte s'ouvre... La tourmente qui fait rage au dehors soudain soudain
la pièce comme une horde de démons avinées du premier cercle s'engouffre dans un
lupanar. Une brume poisseuse est entrainé dans les lieux et noie l'ambiance dans
un brouillard inconstant. La porte se referme. La lumière rouge mordorée d'un
éclair muet transforme la pièce en une vision d'enfer au centre duquel se tient
une petit individu drappé dans un ample manteau safran, le visage dissimulé dans
un ample capuchon.

L'inconnu s'avance calmement et s'assoit à une table au beau milieu de la pièce.
Il attend.

----------------------------------------------------------------------

Lydwin était comme souvent assise derrière son bar. Elle s'exerçait à
métamorphoser certaines parties de son corps, tout en regardant d'étranges
monstres marins passer non loin d'elle. Elle avait tenu à installé son auberge
dans un coin assez stable de la ville enfin aussi stable que l'on pouvait l'être
dans les Cours. Elle regarda avec curiosité un petit homme entrer dans
l'auberge. Elle ne pensait voir personne aujourd'hui et se fut donc avec une
certaine curiosité qu'elle s'approcha du nouvel arrivent. Elle traversa une
parcelle assez marécageuse qui avait apparue au centre du bar voilà quelques
semaines et prit la commande du client.

- Bonjour Monseigneur, que puis-je vous servir ?

Elle avait prit l'habitude de saluer ainsi tous ses nouveaux clients, au moins
jusqu'à ce qu'elle sache si c'était utile ou non.

*Je me doute que celui-ci vienne d'une famille aisée, mais restons sur nos
gardes, mon intuition me dit qu'il vaut mieux se méfier. *

Elle resta face à l'homme, un sourire d'usage aux lèvres attendant qu'il lui
réponde.

----------------------------------------------------------------------

L'étranger ne se retourne pas pour regarder la chaosienne et ne semble pas
vouloir parler. Un silence gênant s'installe. Un éclair vert et mauve illumine
silencieusement la pièce, à travers les petits carreaux plombés, durant
seulement un battement de coeur. Le vent rugit. Au moment où Lydwin s'apprête à
parler, la personne répond d'une douce et voluptueuse voix... féminine :
- Servez moi ce que vous voulez et prenez quelque chose aussi. J'aimerais vous
parler.
Elle rejette son capuchon sur ses épaules révélant le visage d'une jeune
adolescente aux cheveux blonds ondulés, aux yeux sombres et au sourire espiègle.


----------------------------------------------------------------------

Lydwin se rendit compte avec stupeur que l'étranger était en fait une étrangère.
Elle ne se démonta pour le moment. Elle réfléchit un instant: était-il
convenable de s'asseoir à la même table qu'un client.

*Nous sommes seules dans le pub et cette jeune fille m'intrigue, j'ai envi
d'écouter ce qu'elle a à me dire. *

Elle retourna donc derrière le bar et servi dans deux énormes verres un cocktail
non alcoolisé, qui comportait une demi-douzaine de fruits venant d'Ombre bien
différentes. Elle avait choisi cette boisson en ce fiant à l'age de son
interlocutrice. Elle s'assit donc en face d'elle.

- Qu'à vous vous donc à me dire, Mademoiselle.

Son ton n'était ni agressif ni amicale mais il laissait percevoir une certaine
curiosité.

----------------------------------------------------------------------

La gamine dévisage Lydwin comme si elle cherchait quelque chose dans les traits
de la femme. Elle amène le gobelet à sa bouche, boit d'un trait, sans suspicion,
comme on le fait à cet âge. Elle ne baisse pas le regard.

Lydwin trouve quelque chose de famillier dans ses airs et ses postures. A n'en
pas douter, c'est une polymorphe comme tout ce qui échoue vivant aux Cours du
Chaos. Mais pour l'observateur avisé, il y a toujours de petits aspects que ne
savent pas modifier le commun des chaosiens : des attitudes, des tics, des
cicatrices... des traits de parentés !

La gamine sourit et, n'y tenant plus, dit fébrilement :

- Je suis ta soeur.

----------------------------------------------------------------------

Sous le coup de la surprise Lydwin laissa tomber sa chope. Alors qu'elle faisait
appel au logrus pour faire venir à elle un chiffon, son cerveau réfléchissait à
toute allure. Comment cette jeune fille pouvait-elle affirmer être sa sœur,
elle-même ne connaissait rien de ses origines. Elle avait été déposée bébé sur
le perron d'un temple dédié à Bénédict. Elle fixa intensément la jeune fille
essayant d'en savoir un peu plus en forçant les barrières de son esprit, cela ne
donna rien même son instinct ne lui apportait aucune réponse. Elle se ressaisie
persuadée qu'il y a avait erreur sur la personne.

- Puis-je savoir ce qui vous permet d'affirmer ceci, mademoiselle.

----------------------------------------------------------------------

La jeune fille semble contente de son effet. Elle penche la tête avec un air
mutin et explique, fier d'elle-même :

- Père a un atout de toi. Il te surveille avec, je ne sais pas comment. Je l'ai
vu faire plusieurs fois, le soir, quand il se croit seul. Il ne dit rien, ne
fait rien. Il se contente de fixer cette carte avec un air étrange. J'ai
emprunté l'objet et j'en ai fait une copie. J'ai ensuite fait mon enquête chez
les proches de mon père. Il l'a appris et j'ai cru qu'il allait me tuer. Je l'ai
payé cher mais j'ai quand même su qui tu étais. C'est le valet qui t' a déposé
sur le perron d'une chapelle dédiée à Benedict qui m'a tout raconté. Tu es bien
ma soeur, ma demi-soeur au moins.

Elle pince entre le pouce et l'index un de ses fins cheveux blonds ondulés et
tire. Elle tend un fil brun à Lydwin.

- Il y a des ombres dans lequel, avec ça, tu trouveras la confirmation de ce que
je t'affirme.

----------------------------------------------------------------------

Lydwin était loin d'être tranquille, il y avait quelques années cette nouvelle
lui aurait fait énormément plaisir mais aujourd'hui ce n'était plus pareil. Elle
avait apprit à vivre seule avec l'idée qu'elle ne venait de nul part. Si la
jeune fille disait vrais elle risquait de se retrouver mêler aux histoire d'une
famille et elle ne le souhaitais pas. Elle aimait son indépendance, elle était
appréciée dans la pluparts des maisons justement parce qu'elle n'avait sa place
dans aucune ligne de succession. Cette jeune fille venait tout bousculer; elle
se disait sa soeur; pourquoi pas après tout. Il fallait bien qu'elle soit la
fille de quelqu'un. Elle saisit sans un mot la mèche de cheveux que lui tendit
la jeune fille.

- Très bien, si tu es ma soeur, raconte moi l'histoire de notre famille.


----------------------------------------------------------------------

L'adolescente a un petit sourire malicieux :

- Je n'en sais pas autant que tu l'espères. Je suis comme toi... une bâtarde.
Père m'a cachée dès ma naissance, comme une maladie honteuse, dans les passes de
Kailash, sous la surveillance d'un de ses fidèles vassaux, le Seigneur du Chaos
Siva. Il m'a promise à lui pour mon 50ème anniversaire. Il arrive parfois à
l'improviste et devient le maître des lieux comme un dieu descendu chez ses
fidèles. Tous le respectent et le craignent. On ne m'a pas caché que j'étais de
son engeance et que cela m'obligeait à tenir mon rang, à faire ses volontés.

Elle s'enflamme :

- Mais voilà, je n'ai pas l'intention de lui servir d'offrande à un serviteur
dévoué pour favoriser ses intrigues et accroître son pouvoir. Je vais bientôt
atteindre mes 50 ans. Je me suis enfuie et je suis venue te demander de m'aider
à lui échapper. Tu es la seule personne que je connaisse dont je puisse penser
qu'elle comprendra et qu'elle osera s'opposer à lui... pour moi.

Elle a les yeux fixés sur Lydwin. Au fond de son regard, il y a l'espoir
téméraire d'une adolescente… mêlé à la peur d'une enfant.

----------------------------------------------------------------------

Lydwin commençait à tomber sous le charme de la jeune fille, mais à près tout
pouvait-il en être autrement. Elle fut touchée par l'histoire qu'elle lui
raconta. Elle ne fut pas vraiment surprise par la description que lui fit la
jeune fille de son père. Après tout un homme capable d'abandonner son enfant ne
pouvais pas être d'une bonté extrême, Lydwin avait souvent espérer ce tromper
lorsqu'elle avait cette vision pessimiste. Elle oublia ses doutes vis-à-vis de
la jeune fille.

- J'ai donc du avoir de la chance d'être abandonnée à ma naissance.
- Si tu le souhaites tu peux rester vivre ici à l'auberge. Si notre père revient
te chercher nous l'affronterons ensemble.

----------------------------------------------------------------------

La gamine adopte un sourire ineffable. Elle se lève et se jette dans les bras de
Lydwin. Dans un sanglot, elle dit :

- Je m'appelle Pârvatî.

Quelques choses de nouveau sumerge Lydwin au moment où la joue humide de la
jeune fille touche la sienne : un sentiment indéterminable qui lui serre le
coeur et lui embrouille l'esprit. Si elle ne se connaissait pas si bien, elle
jurerait que c'est... de l'amour.


----------------------------------------------------------------------

Lydwin ne connaissait pas se sentiment, elle n'avait jamais aimé personne. Bien
sûr Lorik était quelqu'un de très important pour elle mais cela n'était rien de
plus que de l'amitié. Elle fut bouleversée par ce sentiment qui lui était jusque
là inconnu. Comment cette jeune fille qu'elle connaissait depuis quelques
minutes à peine pouvait-elle avoir changé tant de chose en elle. Petit à petit
Lydwin découvrait un nouveau pouvoir, le pouvoir de l'amour, elle ne le savait
pas encore mais il pouvait déplacer des montagnes et bientôt elle serait près à
tout par amour même à trahir ses idéaux les plus profonds. Doucement la jeune
fille nommé Pârvatî perçait les barrières que Lydwin avait depuis son enfance
bâties autour d'elle. Même son « instinct » se retrouverait bientôt endormi par
cet enfant.
Comme toujours Lydwin dissimula ses sentiments, une personne normale n'aurait
bien sûr rien pu percevoir mais l'être qui était en face d'elle était hors du
commun et doucement il sentait qu'il prenait le pouvoir sur elle.
Poussée par ses sentiments nouveaux, Lydwin sentit que son devoir était de
prendre soin de se « fragile » être. Il naissait en elle le même sentiment que
celui qui faisait qu'elle était l'une des plus ferventes protectrices des Cours.
Doucement elle poussa Pârvatî hors de ses bras et la rassit sur sa chaise.

- Tu dois être affamée. Reste là je vais te chercher quelque chose à manger.

Elle se dirigea dans la cuisine et prépara en quelques invocations du logrus une
simple omelette à sa « sœur ». Elle lui la servit à table.

- Je vais te préparer une chambre ne bouges pas.

----------------------------------------------------------------------

Le tonnerre craque étrangement...

Les éclairs blaffards s'enchaînent silencieux derrière les carreaux de la
cuisine où a trouvé refuge Lydwin en proie à une étrange émotion. Mais un
courant d'air qui déboule de la salle commune la sort soudain de sa réflexion en
venant jouer dans ses cheveux. Un sentiment de danger l'assaille furieusement.

Pârvatî hurle...

#356 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 18. Juin 2009  13:41
Sujet: Un océan gris [Les prince d'Ambre]
amonfadar
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La première sensation de Lizie est la fraîcheur des embruns sur sa peau,
immédiatement suivi d'une odeur d'iode et du balancement régulier du navire sur
lequel elle se trouve. Sa vision s'éclaircit rapidement pour lui livrer une
étendue sans fin d'océan agitée sous un ciel sombre. La sensation de vertige lui
est familière : c'est celle du transport par atout.
Le navire est un grand trois-mâts de 600 tonneaux qui filent sur une mer
écumeuse. Dans les haubans et sur les ponts, un équipage de fier marin, mort
depuis des mois, s'activent sans rechigner pour faire donner le meilleur du
bâtiment.

Au coté de Lizie, à la proue du navire, se tient un homme grand, brun, plutôt
mince, mais bien taillé. Il a un regard noir profond dans lequel luit une lueur
d'ineffables ténèbres. Il porte un bonnet noir, un grand caban sombre sur un
gros pull, des pantalons épais et de grosses chaussures de sécurité. Il tient
une canne de marche richement sculptée. L'homme regarde l'horizon chargé de
nuage sans prêter attention au crachin qui lui bat le visage.
Sa voix a quelque chose d'inexplicablement désagréable pour Lizie, peut-être
simplement de la condescendance, tout en étant terriblement fascinante :

- Ma petite Lizie, nous avons du travail, beaucoup de travail. Je veux te voir à
l'œuvre.

Il sourit :

- Tant de temps, pour faire si peu de choses !

----------------------------------------------------------------------

Lizie observe quelques instant le silence. Le regard fixé vers l'océan elle
remet un peu ses idées en place.

*Un vaisseau sinistre pour un homme sinistre dans un lieu sinistre*

Elle se tourne alors vers l'homme.

"Très bien et quelle sera alors cette première tache qui m'est assignée ?"

Elle s'assoit sur la rembarde dos à la mer et face à Jurt, indiférente aux
embruns et à la pluie.

"Et puisque nous sommes amené à nous fréquenter comment dois-je vous appeller ?"

----------------------------------------------------------------------

L'homme se penche doucement vers la jeune Sawall en prenant appui sur sa canne
et répond solennellement :

- Appelles moi Maître.

Il se recule avec un air grave puis... éclate d'un rire franc, invraisemblable
sur ce navire sinistre, sous ce ciel noir, et dit en reprenant son souffle :

- Corey... Appelle-moi Corey, ça fera l'affaire ! Est-ce que je peux t'appeler
Lizie ?

----------------------------------------------------------------------

Lizie écouta la première réponse de son interlocuteur. Elle s'attendait à ce
genre de chose et resta impassible.

*Rêve !* pensa très fort la jeune fille. Elle l'appellerait maître que si elle
estimait qu'elle avait vraiment quelque chose à apprendre de cet homme.

Le rire de l'homme la surprit. ainsi que sa nouvelle réponse.

*Il est complétement cyclothymique ou quoi ? Ou alors ça l'a amusé de jouer avec
moi. Je crois bien que je te déteste mon bonhomme.*

D'une voix ne laissant rien deviner de ses sentiments elle réplique.

"N'est pas un peu tard pour me demander mon avis, vous ne vous êtes absolument
pas gener avant. Mais soit appellez-moi Lizie, Corey.
Passons sur votre manque total d'éducation et venons-en à notre "pacte", notre
affaire ou comme vous voudrez bien l'appeler. Que voulez-vous que je fasse et en
échange de quoi exactement ?"

----------------------------------------------------------------------

L'homme étouffe son rire doucement et prend un air sybillin :

- Dis moi si je me trompe Lizie. Tu n'envisages pas ton avenir comme celui d'une
pondeuse d'un minable seigneur du Chaos, de cette espèce qui complotent pour
s'accaparer des miettes de pouvoirs. Non...

Il secoue doucement la tête en signe de négation :

- Toi, tu vois plus grand que ça. Toi, tu veux du vrai pouvoir... celui qui
permet de façonner l'univers selon tes désirs. Et moi... moi, j'ai ce pouvoir.

Il sourit, amusé :

- Tu ne m'aimes pas. On peut même penser que tu détestes le genre de bonhomme
que je suis... peut-être un peu trop... cyclothymique pour toi. Je le sais. Mais
ce n'est pas nécessaire que tu m'apprécies. Nous sommes associés : j'attend
quelque chose de toi et tu veux quelque chose de moi. Tant que l'un de nous ne
l'aura pas obtenu, nous sommes lié par le meilleur des contrats.

Sa voix devient soudain menaçante. Ses yeux deviennent glaciale comme une mort
annoncée :

- Maintenant méfie-toi jeune fille. Car si tu me trahies, il n'y aura pas une
ombre du Logrus à La Marelle dans laquelle tu puisses échapper à ma riposte. Une
réplique douloureuse où tu découvriras tout ce qu'il est possible de perdre dans
cet univers comme dans d'autre.

Les ténèbres passent... Corey reprend, avec une rapidité déroutante, un ton très
professoral, presque paternel :

- Que sais-tu de la lecture de pensée Lizie ou du transport par atout ?

----------------------------------------------------------------------

- Dis moi si je me trompe Lizie. Tu n'envisages pas ton avenir comme celui d'une
pondeuse d'un minable seigneur du Chaos, de cette espèce qui complotent pour
s'accaparer des miettes de pouvoirs. Non...


Intérieurement elle fut bien obligée d'en convenir. Son père serait très déçu si
elle n'avait pas de plus hautes ambitions.

La suite l'amusa brièvement. Ainsi même ici il continuait à lire ses pensées.
Fort bien, elle ne perdrait même de temps a essayer de lui caché ses sentiments
ou ses pensées. Apres tout il avait raison, ils avaient un contrat.

La menace ne la surprit pas, c'était normal. Pour un Chaosien, une parole donnée
vaut très cher. La reprendre s'est s'exposer à de très graves ennuis. La grande
majorité des Seigneurs s'évertuaient à s'exposer le moins possible et ne
donnaient leur parole qu'après avoir prit de nombreuses précaution sur les
termes. Même à moitier forcée c'est sacré.

- Que sais-tu de la lecture de pensée Lizie ou du transport par atout ?


*je sais que vous savez lire dans mes pensées et je n'en sais pas plus*

"Les Atouts sont des cartes représentants un personnage ou un lieu. Si on
contacte la personne représentée on peut passer auprès de lui ou le faire passer
de son côté. Lorsque c'est un lieu il suffit de se concentrer dessus pour s'y
retrouver. Père m'en a fait essayer plusieurs fois pour que je ne soit pas
surprise par le phénomène."

----------------------------------------------------------------------

Feignant la surprise, Corey, toujours appuyé sur sa canne à la manière d'un
patriarche, demande :

- Ton père ne t'a pas appris à lire les pensées ?

Il fait une moue tragi-comique :

- Ce vieux Mandor aurait-il peur qu'un jour la fille dépasse le père et qu'ainsi
elle découvre ce qu'il lui cache ? Je vais être commerçant : voilà un petit
acompte sur notre accord.


Corey rejette soudain la tête en arrière et tend une main devant lui.
Les fils invisibles du Logrus s'en échappe et traverse Ombre comme des
tentacules étrangleurs. Ils choisissent une proie, l'enserre et la ramène
violement sur le navire.

Lizie voit un jeune homme surgir du néant sur le pont et rouler sur lui-même
jusqu'à être recueilli par le bras libre de Corey. L'arrivant est un beau
spécimen d'être humain, grand, très beau et large d'épaule. Il a les cheveux
blonds et les yeux bleus. Il est vêtu d'un jean, de baskets et d'une veste de
cuir marron sur une chemise bleu. D'un geste puissant, Corey relance le jeune
homme comme une toupie vers les bras de Lizie en articulant comme un dément :

- Touche le, chair contre chair, et laisse ton esprit courir le long de ta peau
jusqu'à ce contact. Plonge tes yeux dans son mignon petit regard : ce sera
encore plus facile pour lui arracher les pensées du crâne.

----------------------------------------------------------------------

Lizie réceptionne le pauvre jeune homme dans ses bras. Doucement elle l'enserre
d'une main et de l'autre amène le visage du jeune homme vers son visage. Elle
plonge son regard dans le sien tout en s'adressant à lui.

"Excuse ce rustre. Il semble ne rien concevoir sans un rapport de force."

Tandis qu'elle parle elle plonge dans la psyché de l'homme. La première chose
qu'elle ressent c'est sa panique et sa peur. Souriant de sa facilité elle va
plus avant. Les pensées sont passablement embrouillées mais elle réussit
facilement à les démélées. Elle en a un petit frisson de plaisir. Plaisir
étrangement accentué par le fait qu'elle est presque certaine que Corey suit ses
investigations dans l'esprit de Marc.
Ayant apprit le nom du jeune homme elle se retire de son esprit et rompt le
contact.

Se désinterressant du jeune homme pour le moment elle retourne à Corey.

"Expérience très instructive effectivement. Même si je doute pouvoir un jour la
renouvellée sur père."

----------------------------------------------------------------------

Corey sourit :

- Ne commence pas à te poser des limites ma jeune élève. Prenons, si tu le veux
bien, le viol des pensées de ton père comme un but intermédiaire entre
maintenant et ton aboutissement. Je ne t'ai pas choisi au hasard. J'ai reconnu
en toi un potentiel rare que nous allons exprimer, tous les deux.

Le jeune homme, abandonné par Lizie, complètement confus, se retrouve pris à
parti par plusieurs marins morts-vivants. Il hurle quand les cadavres commence à
le dévorer sur le pont du navire.
Corey n'y prette aucune attention. A peine fait-il un petit geste de la main
pour chasser les hurlements abominables du garçon. Il regarde la mer.

- Je peux t'apprendre tant d'autre chose Lizie. Mais avant, il faut que tu me
prouve que tu en vaux effectivement la peine. Ce navire nous conduis dans le
Cercle d'Or autour d'Ambre. Tu vas t'inquiéter d'un problème qui touche le
voyage en ombres et menace les domaines du Logrus comme ceux de La Marelle. Pour
payer ton droit d'entrer dans mes faveurs, tu dois en trouver l'origine. Tu n'y
arriveras pas seul. Il va te falloir frayer avec ces coquins d'ambriens,
apprendre certains de leurs secrets et comprendre ce qui cloche dans l'univers.
Je me tiendrais au courant de tes progrès mais bien sûr tu ne parleras de moi à
personne. Est-ce que tu as des questions, une requête ?

----------------------------------------------------------------------

La mort du jeune homme n'émeut pas plus que cela Lizie. Les Enfers l'avaient
immunisée contre la sensiblerie. Les propos de Corey l'interressèrent au
contraire au plus haut point.

"Des problèmes avec le voyage en Ombre, hein... il va peut-etre falloir être
plus précis, Corey. C'est un point un peu vague et je ne suis pas une
spécialiste du voyage en Ombre. Les Ambriens eux, ne me dérange pas, je ne les
crains pas.
Ah, oui ! Quel sera mon point de chute dans le Cercle ? Est-ce un point spécial
ou juste une étape vers Ambre ?"

----------------------------------------------------------------------

Le vent souffle plus fort, gonflant les voiles et faisant craquer bruyamment les
haubans. Corey regarde à nouveau Lizie et explique :

- Quelque chose semble perturber les déplacements en Ombre des ambriens comme
des chaosiens. Je ne sais pas ce qui peut provoquer ça mais il semble que soyons
tous logé à la même enseigne. C'est pourquoi nous avons besoins de rabatteurs
dans les deux camps pour cerner l'origine du phénomène. C'est du moins mon avis…
et le tien j'espère.

Un foc claque.

- Si je te demande de côtoyer les ambriens, il te faudra pourtant t'en méfier.
Tu ne les crains pas parce qu'ils te sont étrangers. Sache que ce sont des
créatures impavides, aveuglés par un solipsisme fanatique et dénué de toutes
compassions pour des gens comme toi. Il ne respecte rien d'autre qu'eux même.
S'il n'était immortel, il se serait déjà tous entretué comme des bêtes enragés.

Corey baisse la tête, refreinant une rage réelle :

- J'ai vu de mes yeux ce qu'a provoqué l'avènement de leur maudite Marelle : des
mondes vitrifié ou réduit en poussière stérile, des peuples anéanti jusqu'au
plus innocents bébés… Et tout cela pour quoi ? Une expérience.

Il rie nerveusement :

- Ne te trompe pas : je ne les hais pas… Je les méprise et je m'en méfie comme
d'une maladie mortelle. Si tu ne prends qu'un conseil de moi : ne leur fait
aucune confiance, à aucun d'entre eux. Ils sont tous de la même sale engeance.

Il se reprend :

- Mais ils sont aujourd'hui un mal nécessaire. Ils connaissent mieux leur
Marelle que moi et cette science nous est peut-être indispensable pour
comprendre. Je ne peux réclamer leur aide. Ils me la refuseraient. Mais toi, ils
vont penser qu'ils peuvent te manipuler aisément, car ils ignorent que je serai
derrière toi en permanence.

Il inspire un bol d'air du large puis dit :

- Ce navire te conduit à Brittas. De là tu prendras un des bateaux de la guilde
du Cercle d'Or qui te conduira à la cité d'Ambre. Tu trouveras dans les coffres
de la cale le prix de ton voyage. Ne marchande pas. Une fois dans la cité, tu
demanderas à voir le comte Caliban, l'émissaire des Cours en Ambre. Il connaît
ton père et t'aideras certainement, si tu le lui demandes, à obtenir une
audience avec le roi Random. Si on te fait des difficultés, sert toi de ce que
je t'ai appris.

Il sort d'une poche intérieure de son caban un pli cacheté.

- Tu remettras cette lettre au roi en main propre puis tu feras tout ce qu'il te
demande… jusqu'à ce que je te ramène à moi. Ne me déçois pas.

Il tend le billet à la jeune Sawall.

----------------------------------------------------------------------

- Quelque chose semble perturber les déplacements en Ombre des ambriens comme
des chaosiens. Je ne sais pas ce qui peut provoquer ça mais il semble que soyons
tous logé à la même enseigne. C'est pourquoi nous avons besoins de rabatteurs
dans les deux camps pour cerner l'origine du phénomène. C'est du moins mon avis…
et le tien j'espère.


Lizie devait en convenir si elle connaissait l'existence et les pouvoirs de la
Marelle et du Logrus elle aurait besoin de personne ayant des connaissances plus
grandes qu'elle. Qu'en contre partie les Ambriens la manipule c'était un jeu
auquel elle avait été préparée toute sa vie.

Elle écoutait Corey en silence. Disait-il la vérité au sujet de la création de
la Marelle ? Avait-elle vraiment eu les conséquences qu'il décrivait ? Il
faudrait peut-être qu'elle trouve le temps de vérifier cela un de ces jours.

Elle prit la lettre qu'il lui tendait.

"Que contient-elle et qu'elle est la main qui l'aura signée aux yeux du roi ?"


----------------------------------------------------------------------

Corey laisse planer un silence avant de répondre :

- Le Roi Random correspond au sujet des anomalies sur le voyage en Ombre depuis
quelques mois avec un dénommé Zarathoustra, un docteur es Logrus des Cours du
Chaos. Cette lettre te présente comme son élève.

Il adresse un clin d'œil à Lizie et ajoute avec un sourire :

- Tu as intérêt à être brillante.

----------------------------------------------------------------------

Un doctor es Logrus rien que ça ! Et elle serait son élève ? Oui il allait
qu'elle se montre convaincante et faire attention à ce qu'elle disait et à qui.
Mais ce genre de chose était dans ses cordes. Il faudrait qu'elle se débrouille
pour en apprendre plus qu'elle n'en dirait. Bon sang elle était née pour ça.

"Une élève n'ayant jamais traverser le Logrus. Drole d'élève. Mais je me
débrouillerais je pense.
Reste que je connais les pouvoirs du Logrus mais qu'est-ce que ce Zarathoustra
en a révélé à Random et aux siens. A t'il déjà des hypothèses de travail ou bien
il m'envoit juste parce que lui n'a pas le temps ?"

----------------------------------------------------------------------

Corey dit sur un ton compatissant déplaisant :

- Les astronomes étudient les étoiles. Cela ne veut pas dire qu'ils y sont
allés. C'est bien parce que tu n'as pas traversé Le Logrus que le Roi Random a
accepté que tu participes à ses investigations. Il te croit trop faible pour
passer l'épreuve. Ne le détrompes pas.

Les marins morts ont fini leur festin laissant un cadavre sanguinolent sur le
pont du vaisseau fantôme.

Le vent se renforce. Le trois mât prend de l'allure. Des embruns caressent la
joue de Lizie

#355 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 18. Juin 2009  13:31
Sujet: Les jardins du Mal [Les prince d'Ambre]
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Dans la même histoire, un autre point de vue, toujours écrit à deux mains, celui
de Lizie. L'honneur au dames :

Lizie quitta ses appartements. Les Passes étaient grandes et elle essayait d'en
visiter un peu plus chaque "ciel". Comme le ciel lui paraissait étrange avec ses
couleurs changeantes, elle qui avait toujours été habituée à un ciel bleu/violet
au dessus du Domaine et gris sombre au "dehors". C'était ce à quoi elle avait le
plus de mal à s'habituer même après avoir vu les cieux des Ombres.

Elle traversa un mur d'eau et de glace et se retrouva dans un long couloir ou
étaient accrochés différents tableaux où tous les styles et toutes les époques
était représentés sans ordres apparents. Lizie longea les tableaux un moment,
curieusement le couloir semblait ne pas avoir de fin, ce qui était peut-etre le
cas qui sait. Elle le quitta en traversant une arche menant à un très joli
jardinet en apesanteur. S'adaptant elle morpha une paire d'aile transparente et
légère plus faite pour la soutenir dans la faible gravité que pour voler
réellement.

Le parfum des plantes était ennivrant et elle décida de s'attarder en ces lieux
enchanteurs, d'autant que des petites sphères lumineuses créaient des coin
d'ombre et de lumière très intimiste.

---------------------------------------------------------------------

Les plantes du jardin, en un ballet permanent, ne cessent de rouler et
d'enrouler leurs tiges et leurs vrilles les unes autour des autres tandis que
s'ouvrent des fleurs aux parfums envoûtants qui crachent des nuages de spores
mortelles multicolores auxquelles l'organisme de Lizie s'adapte facilement.
La jeune chaosienne plane doucement à l'intérieur du treillis mouvant.

Une voix nasillarde, au ton accusateur, la surprend en pleine contemplation :

- Qu'est-ce que tu espéres trouver ici ?

Une étrange bête noire, grande comme un chien, couverte de poils ras, sombres et
soyeux, à la fois singe et chat, se déplace dans les lianes avec une aisance
fascinante pour placer sa tête à quelques centimètres de celle de Lizie. Ses
yeux rouges fendus se posent dans ceux de la jeune Sawall et attendent une
réponse.

----------------------------------------------------------------------

Lizie fut un instant surprise par l'intrusion de l'inconnu alors qu'elle
plannait littéralement au milieu des plantes. Elle se tourna vers lui et prit le
temps de le dévisager.

*Mince ! Est-ce que je dois me morpher ? Si c'est un serviteur pas la peine mais
si c'est l'un de mes oncles ce serais la moindre des politesses, zut !*

La jeune fille décida finallement de rester comme elle était tant qu'elle ne
saurait pas à quoi s'en tenir. Elle répondit enfin à l'inconnu, semblant
nullement impréssionnée.

-"Rien de spécial, je me suis arretée pour admirer ce beau jardin alors que
j'étais en train de visiter les Passes. Père m'en avait souvent vanté les
beautés mais je ne les imaginais pas si grandes."

----------------------------------------------------------------------

La bête plonge son regard sang dans les yeux aigue-marines de la jeune
chaosienne qui se sent soudain défaillir... comme si elle tombait en émoi devant
la vilaine chose. Une odeur musquée, étrangement sensuelle, se diffuse autour
d'elle et des frissons courent sur sa peau. Une étrange sensation violente lui
descend l'échine jusqu'au creux des reins. La tête lui tourne tandis que les
émotions se mèlent aux pensées les plus diverses tel que son nom, son père, sa
mère...

La voix de la créature est soudain mélodieuse, envoutante et s'insinue dans les
méandres de son cerveau :

- Qu'est-ce que tu viens vraiment chercher dans la passe de Sawall, jeune Lizie,
fille de Mandor et de tu ne sais pas qui ? Qu'est-ce que tu viens trouver... que
je pourrais te donner ?

La jeune Sawall sent intimement qu'elle doit faire confiance à ce petit être
fabuleux, tout lui dire, lui donner tout ce qu'il demandera, que c'est
impératif, pour son bien et le bien de ce qui lui est cher.

----------------------------------------------------------------------

La voix chaude et caressante envoutait Lizie. Etrangement elle éprouvait de la
confiance envers l'inconnu. C'était d'autant plus étrange que ce n'était pas
dans ses habitudes de faire confiance à qui que ce soit au premier regard.

Les questions la prirent au dépourvu. Elle-même ne savait pas trop ce qu'elle
voulait encore. Elle voulait faire plaisir à son père avant tout, se montrer
digne de lui et de son enseignement. Mais l'autre ne pouvait pas lui donner
cela.

"Je voudrais, j'aimerais... connaitre votre nom afin de savoir à qui je
m'adresse. Et puis j'aimerais bien connaitre ma famille. On m'en parle depuis si
longtemps."

----------------------------------------------------------------------

La sale bête plisse les yeux de plaisir et une petite langue sort de sa bouche
garnie d'épines pointues et lui pourlèche les babines.
Sa voix mielleuse susurre maintenant à l'esprit de Lizie :

- Ton père serait fier de toi si tu étais plus forte... si fier de toi, oui...
si tu étais plus forte.

La langue déliée de la chose s'approche maintenant de la peau laiteuse de la
jeune chaosienne dans un état second.

----------------------------------------------------------------------

Les pensées de la jeune fille répondaient en écho à celle de la bête.

*Que je sois plus forte, oui père aprécierait. Il faut que je devienne
puissante.*

En un instant elle se remémora l'une des leçon de son père.

"Sais-tu ce que c'est que le pouvoir, Lizie ?
- C'est la faculté de s'imposer aux autres pour qu'ils fassent ce qu'on leur
demande.
- Ta réponse n'est qu'à moitier bonne mais nous y reviendrons. Donne-moi
maintenant des exemples pour imposer ses décisions.
- Et bien en premier il y a les armes, la force, ce que l'on appelle la loi du
talion. Celui qui possède une arme fera peur et imposera sa loi.
- C'est la force oui. C'est important mais pas forcément nécéssaire. C'est la
force qui créé les tyrans. Ensuite ?
- La ruse, elle permet de manipuler les forts. Elle peut apporter la protection
ou bien désarmer l'adversaire.
- Certes mais les forts ne sont pas les seuls à pouvoir être manipuler. Manipule
donc une foule de gens moyen et tu obtiendras une nouvelle force capable de
renverser un tyran.
- Je comprends
- Bien, ce sont là les deux principaux moyens d'obtenir le pouvoir, le muscle et
le cerveau. En existe t'il d'autre ?
- Je ne crois pas
- Faux il y a aussi la religion, la morale et le civisme. Tu me diras que cela
peut être classé dans une des deux catégories citées plus haut mais ce n'est pas
tout à fait le cas. Nous les étudierons plus tard.
Bien reprenons la Force et l'Intelligence; laquelle est la meilleure d'après
toi.
- L'Intelligence. Elle permet de choisir une place en arrière plan ou bien sur
le devant de la scène.
- Faux encore. Il faut savoir doser les deux à la fois. On n'arrive à rien sans
l'un et l'autre. Je te laisse réfléchir là-dessus."

Un frisson la parcourue toute entière à l'évocation de ce moment. Il lui revient
alors un autre des précept de son père : "Un Chaosiens ne donne jamais rien pour
rien." Elle tenta alors de résister, d'empecher la voix de lui sussurer des
promesses certainement empoisonnées. Sa voix était presque qu'un souffle
lorsqu'elle trouva la force de parler.

"Non... Vous ne pouvez pas... je ne veux pas !"

Comme cela sonnait plaintivement à ses oreilles.

----------------------------------------------------------------------

Avec une agilité simiesque, la bête bondit soudainement par dessus l'épaule de
Lizie sur un treillis de lianes qui vient de s'entremêler derrière la jeune
chaosienne et tourne rapidement autour d'elle avant de se planter sur son
épaule, de l'autre coté de son visage... comme pour la contempler d'un nouveau
point de vue.

Ses yeux sanguins récupèrent à nouveau sa prise sur l'esprit de Lizie et sa voix
cajole la Sawall :

- Un chaosien ne donne jamais rien sans rien. Je t'offre toute l'Intelligence et
la Force dont tu peux rêver en échange de leur service. Tu es une plante que je
veux cultiver pour en cueillir les fruits.

On pourrait presque imaginer que la chose sourit amicalement… comme un maître
devant son élève qui fait des efforts pour comprendre.
Il y a une telle énergie derrière les promesses de la bête… que les réticences
de Lizie menace de faire sombrer son esprit.

----------------------------------------------------------------------

Lizie faisait son possible pour cacher ses tremblements tout en ayant
l'impression que la créature en avait parfaitement conscience. Elle n'arrivait
pas à lutter. L'offre était si alléchante il fallait bien l'avouer mais la peur
de mal faire, la peur de déplaire à son père la retenait encore un peu.
Finallement elle ceda.

"Je, j'accepte votre proposition."

----------------------------------------------------------------------

La bête exulte. Sa langue fait des petits ronds hors de sa bouche. Elle pose
doucement sa patte de velours aux griffes acérées comme des scalpels sur la joue
de jeune Sawall. Le contact est froid. Le corps de la chaosienne s'engourdit, sa
vision se trouble…

#354 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 18. Juin 2009  13:22
Sujet: La maladie [Les princes d'Ambre]
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On poursuit l'histoire à quatre mains mais Valérian prend la suite de
Clémentine.

Résumé des épisodes précédents :
Le prince Vladimir Bessarab Dracula dit « Vlad l'Empaleur » fut l'un des
champions trahis et vaincus de La Guerre de La Marelle contre le Royaume
d'Ambre. Des seigneurs du Chaos, c'est l'un des plus fervents opposants à la
paix relative qui règne entre les deux pôles de l'Univers. A plusieurs
occasions, il a défié, parfois jusque dans la salle du trône des Cours, le
Roi-Empereur Merlin du Chaos lui-même. Ce dernier a mis à prix la tête du
seigneur du Chaos des deux coté de L'Univers. Une rumeur coure selon laquelle
Vlad monterait une armée pour s'emparer de La Réalité. Après avoir échappé à de
nombreux attentats, il disparait complètement au point qu'on le croit mort...
Merlin pense avoir retrouvé la trace du rebelle sur l'ombre Terre. Il serait
l'un des membres de la gentille famille Murray. Mais le seigneur du Chaos est
polymorphe et extrêmement rusé. Impossible de savoir lequel est-ce : la douce
Wilh, biologiste travaillant sur un remède à une variante de La Peste, sa fille
Emily, son mari Jhon ou pourquoi pas le chat. Pour le démasquer, le roi-empereur
fait enlever Emily. Wilh part à sa recherche et arrive jusqu'à la salle du trône
où elle demande à Merlin de lui rendre sa fille.




Protégée sous un de ces lourds manteaux rouges magiques que portent souvent les
rares mortels osant braver les périls imprévisibles des Cours du Chaos, la jeune
femme remonte le cyclopéen et infernal corridor qui mène au trône d'Onyx.
L'ombrienne affiche une résolution sans faille qui ne parvient cependant pas à
dissimuler la terreur qui lui sert l'estomac dans un étau tandis qu'elle longe
les titanesques et innombrables colonnades de marbre noir, dans les veines
duquel coule un sang vermeil. Dans les allées du péristyle, les formes mouvantes
de la cour impériale s'agitent, volutent et convulsent dans les ténèbres.

Un silence singulier règne dans le saint des saints de l'Empire du Chaos, comme
dans l'antichambre d'un cauchemar inéluctable. Au fond de la salle, sur le grand
dais de verre noire aux arabesques mouvantes finement ciselées, dans les reflets
duquel nagent et s'entretuent des choses innommables, est assis, l'imposante
silhouette du roi-empereur des Cours, Merlin du Chaos.

Wilh s'arrête au pied des marches et lève ses beaux yeux sombres vers le
monarque. Le doux visage de la jeune femme est durement marqué par la fatigue
des mois d'épreuve nécessaires pour parvenir en ce lieu qu'aucun être sain
d'esprit ne voudrait voir. Les mots de la jeune mère doivent briser le barrage
qui écrase douloureusement sa gorge pour s'échapper sans force :

- Rendez-moi ma fille.
----------------------------------------------------------------------

Merlin, sous sa forme humaine, vêtu d'un blaser noir ouvert sur une chemise
bleue sans cravate se lève du trône d'Onyx pour accueillir la jeune femme.

En bas des marches, l'empereur-roi des Cours, est secondé par trois conseillers
des grandes Maisons du Chaos. Dame Fuda de la Maison Thelbanie, une femme ailée
de haute stature à la peau et aux plumes bleues nuits, Messire Rorash de la
maison Chanicut, dont les yeux inquisiteurs brillent derrière le heaume cornu
d'une lourde armure de plaque et Dame Gilva, Fille de feu le duc Larsus
Hendrake, à la peau serpentine et légèrement craquelée, au crâne de gros volume
sans le moindre cheveu et aux deux paires de globes oculaires ténébreux.

L'univers se compresse en d'impénétrables ténèbres qui s'invitent autour de
l'assemblée et avalent le reste de la cour.
Merlin parle :
-  Mademoiselle. Avant d'aller plus loin, vous comprendrez que nous désirions
être sûr de parler à la bonne personne.

----------------------------------------------------------------------

Harassée, Wilh ne semble pas comprendre les paroles du Roi-Empereur des Cours du
Chaos. Obstinément, sans baisser ses yeux rougis par l'épuisement, la jeune
femme demande :
- Rendez-moi ma fille... s'il vous plaît.

----------------------------------------------------------------------

Le voile sombre qui étouffe Wilh  se déchire dans un coin.
Merlin dit :
- Allez cherchez la petite. Vous voilà désormais en sécurité madame Murray.
Votre fille et vous même allez pouvoir vivre une vie paisible.
La baronne Gilva Hendrake fait un geste de la main pour montrer une porte qui
vient de s'ouvrir dans l'obscurité. Dans une petite pièce, baignée dans une
lumière chaleureuse, dort Emily. Gilva pose une main amicale sur l'épaule de
Wilh pour l'inviter à aller chercher sa fille.

----------------------------------------------------------------------

La jeune mère n'ose y croire. Après tous ses mois où sa vie avait violemment
sombré dans une folie furieuse qui avait remis en cause toutes ces certitudes
sur la réalité…

Ses yeux, qui ne peuvent plus se détacher de la scène qui vient d'apparaître
devant elle, s'emplissent de larmes incoercibles qui se déversent soudain sur
ses joues comme des rivières intarissables. Ses lèvres grimacent sous le flot de
l'espoir qui la submerge soudain et que la fatigue ne lui permet plus de
retenir. Devant elle sa fille, presque à portée de main, endormie dans un lit
d'enfant, sous un gros édredon, au milieu d'une petite pièce douillette,
habillée de boiserie, de tapis épais et chauffée par un ronflant feu de
cheminée.

Wilh, comme hallucinée, tend les bras devant elle, ignorant le contact
ignominieux de la main de Dame Gilva sur son épaule puis tente finalement, comme
dans un rêve, de s'approcher de la petite porte dont s'échappe une lumière
fauve, réconfortante, au milieu des ténèbres infernales.
Comme dans un songe, Wilh, drapée dans son ample manteau rouge, passe doucement
le seuil de la petite chambre dans laquelle dort Emily. La jeune mère avait
enduré tant d'épreuves pour retrouver sa fille qu'elle n'ose pas croire que ce
soit désormais si simple. Elle marche lentement à travers la pièce. A chaque
pas, elle a l'impression que le petit lit dans lequel dort son enfant va
disparaître comme une bulle de savon. A portée de bras d'Emily, elle a
finalement chaviré sur le gros édredon. Elle a pu alors fondre en larmes et
attraper la gamine pour la serrer contre son sein.

Une étrange torpeur s'est alors abattu sur l'esprit de Wilh et a coulé dans ses
membres fourbus jusqu'à paralyser l'ombrienne et la plonger dans le même profond
sommeil magique dont était prisonnière sa fille.

Quand elle reprend ses esprits, Wilh est couché sous l'édredon dans le petit lit
avec Emily pelotonné contre elle. Elle ne porte qu'un doux et chaud pyjama de
flanelle semblable à celui de sa fille. Elle réalise avec horreur qu'elle n'a
plus le manteau-talisman sensé la protéger des périls et de la folie qui
attendent les ombriens non métamorphes au sein des Cours du Chaos.

Mais il est déjà trop tard : une voix sombre et envoûtante lui jette une
imprécation infernale. La jeune femme se recroqueville, ferme les yeux et cache
la tête d'Emily contre sa poitrine comme pour les protéger toutes les deux d'une
menace physique…

Le silence retombe. Il ne s'est rien passé.

Wilh ouvre les yeux pour regarder autour d'elle : au milieu de la chambre,
l'ophidienne Dame Gilva la regarde de ses 4 brillantes ocelles noires plantées
dans son crâne d'œuf. Elle ne semble pas couver d'intentions malveillantes à
l'égard des deux captives mais bien au contraire affiche un visage aussi amical
que le permet son monstrueux visage.
Instinctivement, la jeune mère sert plus fort sa fille qui lui communique une
énergie nouvelle et avec un air de défi demande à la duchesse du Chaos :
- Qu'est-ce que vous nous voulez ?

Fondu au noir…

Alors qu'elle est devant chez elle et qu'elle tient sa fille par la main, un
flash déchire fugitivement les pensées de Wilh : 4 petits yeux noirs plantés
dans une grosse face monstrueuse. Elle secoue la tête pour chasser l'image de
son esprit mais déjà le souvenir s'enfuit comme celui d'un mauvais rêve et
disparaît.
Emily s'inquiète en voyant pâlir sa mère :
- Tu vas bien maman ?

La jeune mère sourit à son enfant et se fait rassurante :
- Oui ma chérie. J'ai eu peur d'avoir oublié les clés chez Margie.

Elle sort triomphante un trousseau du petit sac-à-dos qu'elle promène partout
avec elle et le fait sonner devant Emily en disant :
- Tu vois ? On ne va pas rester dehors.

Wilh sourit toujours en cherchant la clé de l'entrée et en la présentant dans la
serrure. La porte s'ouvre. Un étrange sentiment s'échappe de la maison comme un
vent d'hiver. La jeune femme est assailli d'une étrange intuition : John n'est
plus là. Il n'a rien emporté avec lui si ce n'est l'ordinateur portable de Wilh.


Une nouvelle maladie se répand dans les Cours. La duchesse Gilva du Chaos en a
été la première victime et le mal inconnu s'étend depuis, frappant un à un les
seigneurs du Logrus. Aucun remède n'a encore été trouvé à cette peste dont ne
connaît pas plus l'origine que le mode de transmission. Les meilleurs médecins,
savants et sorciers de l'Univers semblent impuissants devant l'épidémie. Une
rumeur coure selon laquelle le roi-empereur Merlin serait lui-aussi atteint.

#353 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Samedi 6. Juin 2009  23:02
Sujet: Rendez-moi ma fille ! [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Protégée sous un de ces lourds manteaux rouges magiques que portent souvent les
rares mortels osant braver les périls imprévisibles des Cours du Chaos, la jeune
femme remonte le cyclopéen et infernal corridor qui mène au trône d'Onyx.
L'ombrienne affiche une résolution sans faille qui ne parvient cependant pas à
dissimuler la terreur qui lui sert l'estomac dans un étau tandis qu'elle longe
les titanesques et innombrables colonnades de marbre noir, dans les veines
duquel coule un sang vermeil. Dans les allées du péristyle, les formes mouvantes
de la cour impériale s'agitent, volutent et convulsent dans les ténèbres.

Un silence singulier règne dans le saint des saints de l'Empire du Chaos, comme
dans l'antichambre d'un cauchemar inéluctable. Au fond de la salle, sur le grand
dais de verre noire aux arabesques mouvantes finement ciselées, dans les reflets
duquel nagent et s'entretuent des choses innommables, est assis, l'imposante
silhouette du roi-empereur des Cours, Merlin du Chaos.

Wilh s'arrête au pied des marches et lève ses beaux yeux sombres vers le
monarque. Le doux visage de la jeune femme est durement marqué par la fatigue
des mois d'épreuve nécessaires pour parvenir en ce lieu qu'aucun être sain
d'esprit ne voudrait voir. Les mots de la jeune mère doivent briser le barrage
qui écrase douloureusement sa gorge pour s'échapper sans force :

- Rendez-moi ma fille.

#352 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Lundi 25. Mai 2009  19:54
Sujet: Le ciel s'assombrit [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Sur l'écran, le dragon violet voit une sarabande de gros boutons lui pousser sur
le corps, et se met à pâlir puis grelotter, pour finir par éclater en sanglots.

*Qu'est ce que j'adore ce film !* pense Monsieur Sam.

*Je m'en lasse pas. J'irai me le remettre cette nuit tient.
Je me demande.... Wilh n'a pas l'air particulièrement surprise que la cassette
ai pu se mettre toute seule !
Moi qui voulais lui donner une petite émotion...

Mais attends, tu vas l'avoir, ton émotion !*

Soudain, la cassette se rembobine toute seule, et le passage du duel de
sorcellerie revient au début.
Wilh peut bien voir que la télécommande du magnétoscope est devant elle sur la
table basse... et que personne n'y a touché.

Monsieur Sam se marre intérieurement.

----------------------------------------------------------------------

Wilh sourit et dit à Emily :

- Le magnétoscope est vieux. Tu veux pas qu'on mette le DVD ?

La gamine répond sans réfléchir :

- Noan, j'aime bien le duel.

----------------------------------------------------------------------

*Héhéhé, moi aussi !*

Sur l'écran, le dialogue se rejoue comme la fois d'avant.

- Ah non Merlin ! Pas de dragon on a dit, lance Mim devant un immense dragon
mauve à l'air aussi méchant que crétin.
- Est-ce que j'ai dit pas de dragon ? L'ai-je dis ? crache Merlin avec des
gerbes de flammes.

Puis le dragon Merlin prend son envol, crachant le feu sur la forêt.
Il semble soudain redoutable.

Cela n'a plus rien à voir avec le déroulement du dessin animé que Wilh et sa
fille on vu des dizaines de fois.

"Personne n'échappe à la colère de Merlin !
Personne !
Toi plus que tout autre tu devrais le savoir, Mim !" rugit le dragon.

----------------------------------------------------------------------

Mais déjà Wilh s'est levé sans prêter attention à l'écran et à fait volte-face
pour retourner au bureau, après avoir cependant posé une main bien veillante
mais distraite sur la petite tête brune d'Emily.

La jeune femme se remet au travail sur son portable avec une énergie
obsessionnelle.

Dehors le ciel s'assombrit et il se remet à neiger à gros flocons.

----------------------------------------------------------------------

*Zut !
Caramba ! Encore raté !* peste Monsieur Sam

Sur l'écran, le film reprend son cours habituel.
Monsieur Sam décide d'attendre un moment plus opportun.
De toute façon, il lui faut changer de forme pour agir de nouveau, et ce ne sera
pas possible tant qu'Emily le tiendra.

----------------------------------------------------------------------

Emily garde jusqu'au générique de fin Monsieur Sam dans les bras puis
l'abandonne sans autre forme de procès sur la moquette du salon devant la télé
grand écran. La gamine attrape son manteau jaune pendu à la paterre dans
l'entrée, met ses bottes et sort pour aller jouer sous la neige.

Dans le bureau, Wilh est comme en transe devant les modèles moléculaires qui
défilent sur l'écran de son portable jetant sur son visage des couleurs froides.

----------------------------------------------------------------------

*Ah, quand même, c'est pas trop tôt...*

Monsieur Sam profite du répit accordé par la petite fille pour se transformer en
mouche.

L'insecte s'en va voleter au plafond, inspectant la maison, passant derrière
l'épaule de Wilh, jetant un coup d'oeil à ses modèles moléculaires, parfaitement
abstrus à ses yeux.

Puis, Monsieur Mouche-Sam va se poser en haut d'une étagère dans la cuisine.

Monsieur Sam en a assez d'attendre.
A force de jouer dans la neige, de veiller Emily et de regarder des Disney, il
en oublierait presque pourquoi il est venu.
Pourtant, il a une mission à accomplir.

Depuis tout ce temps qu'il est là, il n'a toujours pas réussi à débusquer
Vlad... et sa patience est à bout de force.
Et surtout... il se demande comment vont les choses chez lui, si loin, dans les
Cours, là où vivent ses semblables.
il se sent nostalgique...

Il décide d'en finir une bonne fois pour toutes, ça suffit d'attendre sans rien
faire.
Il va forcer Vlad à montrer le bout de son nez, qu'il le veuille ou non.

Wilh est toujours occupée à regarder l'écran de son ordinateur, et, vu ses
habitudes, ça risque de lui prendre un bon moment.

La Mouche Sam vole jusqu'à l'extérieur de la maison, et avise Emily qui joue
dans la neige.

Personne aux alentours... et la scène n'est pas visible de puis l'intérieur de
la maison.
Parfait.
Sam se change, et devient Wilh... la réplique parfaite de Wilh, habillée pour
sortir.

Sam-Wilh s'approche d'Emily, l'appellant d'une voix idéalement contrefaite.

"Emily !
Je vais en ville faire une course ? Tu m'accompagne ?"

#351 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Mercredi 20. Mai 2009  23:33
Sujet: Aleuptérosis [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Whil ne s'étonne pas outre mesure d'entendre sa fille parler toute seule.
Comme beaucoup d'enfants, cette dernière s'est créé un ami imaginaire en la
personne de sa peluche machouillée.
Rien d'inquiètant là dessous.

Elle a souvent remarqué qu'Emily se servait de Monsieur Sam pour exprimer ses
propres désirs.
Combien de fois a t-elle souri en entendant sa fille lui dire "Monsieur Sam
voudrait un cookie" ou "Laisse la lumière, Monsieur Sam a peur dans le noir",
quand ce n'est pas carrément "C'est pas moi qui l'ai cassé, c'est Monsieur
Sam"...

Whil tente de se concentrer sur son dictaphone, mais elle ne peut s'empêcher de
tendre distraitement l'oreille aux babillages de la petite fille.

D'après ce qu'elle entend, "Monsieur Sam" voudrait arrêter le film et mettre une
cassette.
Une manière comme une autre d'appeller sa mère pour qu'elle se charge de la
manoeuvre : Emily ne sait pas encore se servir seule du magnétoscope.

Soudain, un brusque changement dans le bruit de fond télévisuel la fait
s'arrêter net.

Lorsqu'elle arrive dans le salon, elle trouve Emily sagement assise devant
Merlin l'Enchanteur, Monsieur Sam dans ses bras.

Non seulement la petite semble avoir réussi à mettre en route le
magnétoscope...mais également à attrapper la cassette, située pourtant sur une
étagère bien trop haute pour elle.

----------------------------------------------------------------------

Wilh jette un regard singulier à l'étagère art'déco sur laquelle était rangée la
vieille cassette VHS du Merlin L'Enchanteur de Disney à deux bons mètres du sol
puis tourne doucement la tête vers l'écran plasma devant laquelle est sagement
assise Emily, Monsieur Sam dans les bras.
Le dessin animé en est au duel de sorcellerie entre Merlin et Madame Mim.

- Tout d'abords, si vous le permettez j'établis les règles, dit le sénile et
sardonique Merlin revêtu de sa robe de magicien mauve.

- Les règles du duel. Einf ! Il va les établir afin de les enfreindre (...)
ajoute le mignon chaton noir de Madame Mim pour le jeune Arthur transformé en
oiseau.

La cassette avait l'âge d'Emily. Elle était dans la maison lorsque Wilh était
revenu de la maternité avec sa fille dans les bras. L'enfant avait été bercé au
chanson du chef d'oeuvre de Walt Disney.

- (...) Règle 3 : interdit de disparaître dit Merlin avec un air mauvais.
- Règle 4 : pas de tricherie, conclut la mignone et rondouillette madame Mim.

Hypnotisé par les images colorés qui s'agite et se chamboule devant elle, Wilh
s'approche et se met à coté de sa fille. Elle attrape tendrement la tête d'Emily
et l'attire pour déposer machinalement un baiser sur les longs cheveux bruns
mais son regard ne quitte pas l'écran comme si elle était soudain envouté par la
succession infernale des transformations des deux protagonistes de ce duel
mythologique.

- Ah non Merlin ! Pas de dragon on a dit, lance Mim devant un immense dragon
mauve à l'air aussi méchant que crétin.
- Est-ce que j'ai dit pas de dragon ? L'ai-je dis ? crache Merlin avec des
gerbes de flammes.

Emily penche la tête pour venir la coller sur sa poitrine. La gamine a beau
jouer au grande, elle ne veux pas se passer du dessin animé comme l'atteste
l'état pitoyable de la cassette. Elle n'a jamais voulu non plus du DVD qui
trônait encore dans son emballage dans un meuble de sa chambre, obligeant ses
parents à conserver un antique lecteur VHS.

- Je l'ai eu. J'ai gagné, fulmine Merlin toujours en dragon, les mains crochus
serrés l'une dans l'autre. Vous êtes cuit.

Wilh caresse doucement la joue d'Emily.
Soudain c'est Mim qui parle avec une voix lointaine :

- Monsieur je n'ai pas disparu. je suis devenu microscopique. Je suis un microbe
extrèmement virulent. Je provoque la maladie d'Aleuptérosis et vous m'avez
attrapé Merlin. Vous allez être couvert de pustules. Ensuite vous aurez des
accès de fièvres. Vous serez brulants puis glacés avec des crises d'éternuement.


*La guerre biologique expliqué au petit* pense la bactériologiste.

Elle reste pensive. Emily demande :

- Dis maman tu fabriques des microbes ?

En continuant à caresser les cheveux de sa fille, Wilh répond, ailleurs :

- Oui ma chérie... des Aleuptérosis.

#350 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 14. Mai 2009  10:36
Sujet: Pas terrible ce film [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Le chat noir de la famille Murray, dissimulé sous un tuya, regarde Monsieur Sam
se repaître salement du pauvre moineau. Dans ses yeux dorés dansent une lueur
énigmatique.

Jhon et Emily joue dehors jusqu'à l'heure du repas tandis que Wilh travaille
devant son écran d'ordinateur dans le bureau.
Il faut toute la tendresse de son mari pour arracher la jeune femme à son
portable.

La famille mange tranquillement une épaisse mais chaleureuse brandade de morue
tandis que le chat doit se contenter de ses croquettes. Comme à son habitude,
Emily tient Monsieur Sam sous le coude durant tout le repas jusqu'à la crème au
chocolat concocté amoureusement par son papa. Ils parlent de tout et de rien.

Puis Emily va se poser devant un des films du dimanche après-midi, Allo Maman
Ici Bébé, tandis que Wilh retourne dans le bureau.
Le calme tombe sur la maison. Le temps se couvre à nouveau et la neige
recommence à tomber.

---------------------------------------------------------------------

Emily, seule dans le salon, suçotant une des mains de son singe en peluche, est
hypnotisée par l'écran de télévision.

"Mouais... fait Monsieur Sam. Pas terrible, ce film.
Quitte à regarder des trucs pour enfants, autant en regarder des bien.
Par contre, celui d'hier, le Walt Disney, j'ai a-do-ré !"

"Merlin l'Enchanteur" précise la filette, distraitement.

"Oui, voilà, c'est ça, Merlin.
Quand il se bat en duel de sorcellerie avec Madame Mim, tu te rappelle ? Il se
transforme en plein d'animaux."

"En chèvre !" s'exclame Emily, souriante.

"Oui !
Ca c'était chouette !" approuve Monsieur Sam en riant, de son petit rire grêle
de peluche parlante.

---------------------------------------------------------------------

Vêtue d'un vieux jean, de tennis et d'un gros pull-over gris, Wilh ne perd rien
de son charme, assise sur une chaise ordinateur, devant son portable à se
débattre avec des modèles moléculaires polyhélicoïdaux en 3D avec dextérité, du
bout du doigt.

En appuyant sur une touche, elle active le dictaphone intégré pour préparer son
commentaire :

- Leur capacité d'excision spontanée du chromosome différent de celui du reste
du génome et la présence d'une intégrase de type phagique dans certains cas
suggèrent qu'ils ont été acquis de manière horizontale par l'intermédiaire de
bactériophages. Certaines Yersinia pathogènes hébergent une telle structure,
appelée îlot de haute pathogénicité ou HPI car elle confère un haut degré de
pathogénicité : infections systémiques chez l'homme, létales chez la souris. Sur
l'HPI de Yersinia enterocolitica se trouve un cluster de 3 séquences répétées
qui ne sont pas présentes sur l'HPI des deux autres espèces de Yersinia très
pathogènes. L'analyse de la troisième séquence répétée a montré que comme pour
les 2 autres, IS1400 et IS1328, il s'agit encore d'une IS, IS1329, de la famille
IS3. Cette séquence est elle même insérée dans les vestiges d'une quatrième IS,
IS1222, de la famille IS3. Cette région A+T riche de l'HPI est donc un hot spot
d'intégration de séquences d'insertion de la famille des IS3...


Emily joue en parlant toute seule dans le salon.

#349 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Mercredi 13. Mai 2009  8:29
Sujet: Matin blanc [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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C'est Emily qui se lève en premier à 7 heures du matin. La gamine dans son
pyjama bleu un peu trop grand, Monsieur Sam sous le bras gauche, traverse
sagement le couloir en traînant derrière elle sa couette. Elle entre dans le
salon et s'assoit par terre devant la télévision allumée sur les dessins animés.
Elle ne fait aucun cas du froid qui règne dans la pièce et regarde fixement la
petite lucarne, un écran plasma plus grand que la jeune demoiselle.

Après 3 séries chamarrées, l'enfant se relève, éteint la télé et gagne la
chambre de ses parents. Elle entre, grimpe sur le lit et s'intercale entre son
père et sa mère sous les couvertures. Simultanément, les deux parents se serrent
contre elle et l'entourent tendrement à 4 bras. La famille reste ainsi une heure
crapuleuse de plus puis Emily sort tout le monde du lit à grand coup de soupirs
un peu trop mélo-dramatiques.

Jhon , seulement vêtu d'un pantalon de pyjama de satin noir, attrape tendrement
la comédienne et la transporte jusqu'à la cuisine pour lui préparer un
gargantuesque petit déjeuner de pancakes, jus de fruit et lait chaud au
cornflakes. Jhon Murray est un beau ténébreux de grande taille, élancé, à la
musculature fine bien dessiné sous une peau doucement halé. De beaux cheveux
bruns lui tombent juste au-dessus des épaules encadrant une paire d'yeux sombres
rêveurs dans lesquels danse l'amour qu'il a pour sa fille.

Wilh, pelotonné dans une épaisse robe de chambre appartenant à son mari fait son
entrée quelques minutes plus tard, apparemment frigorifié. Elle demande en
embrassant les cheveux bruns de sa fille :

- Brrr ! Ça gèle ici. Vous n'avez pas froid tous les deux ?

Emily, assise sur un tabouret autour du plan de travail, fait non de la tête
tandis que Jhon, toujours torse nu, monte le thermostat avec la télécommande de
la maison qui se trouve près de lui. Puis, avec adresse, il sert sa femme en
pancakes avant de lui voler un baiser.

La famille déjeune tranquillement puis Emily entraîne tout le monde dehors, dans
le matin blanc, pour faire ce joli bonhomme de neige dont on lui a parlé cette
nuit. Après un moment, Wilh rentre à l'intérieur, laissant Emily à son père et
se remet au travail sur son portable avec une tasse de thé chaud.

Le dimanche matin passe gentiment.

----------------------------------------------------------------------

Monsieur Sam profite qu'Emily l'ai momentanément oublié dans sa chambre pour
changer d'apparence, et sortir dans le jardin, de nouveau sous les traits du
chat.

Il s'amuse à sauter dans la neige, attrapper les flocons qui tombent mollement.

Il va se poster juste à côté de la mangeoire à oiseau...puis son pelage prend la
couleur et la texture de la neige. Il attend, patiement.
Un moineau vient se poser et picore quelques graines.
Monsieur Sam bondit, transformant ses pattes arrières en celles d'un lièvre
l'espace d'une seconde, pour rendre son saut encore plus efficace.

Quelques secondes plus tard, il dévore derrière un buisson le cadavre de
l'oiseau.

#348 De: "Saksakanta" <saksakant@...>
Date: Jeudi 30. Avril 2009  16:44
Sujet: Petit conte : L'enfant de la forêt
saksakant
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L'enfant de la forêt


Il était une fois, il y a très longtemps, une pauvre femme qui peinait chaque
jours de sa vie. Il lui semblait qu'en un jour elle en avait vécu deux. Et les
jours passaient pourtant à une vitesse affolante.

Elle voyait passer les années devant elle et au fond, tout ce qu'elle voulait
c'était un enfant. Ce qu'elle n'avait pas. Désespérée, une nuit de pleine lune,
elle sortit de sa maison et pleurant à chaudes larmes sur sa vie qui lui
échappait et son désir qui n'était pas satisfait, elle se dirigea vers la grande
forêt et y pénétra.

Cette forêt était magique. En général, les gens de chez elle l'évitaient. C'est
pour s'y perdre, qu'elle, y entra. Elle marcha longtemps sans regarder où elle
allait. Elle était griffée, giflée par les branches, elle s'écorchait les
genoux, ses pieds se tordaient pris dans des racines noueuses, mais malgré tous
ses efforts, elle revenait toujours à son point de départ : Chez elle. Comme si
la forêt la refusait. Alors, elle s'assit sur une pierre et elle dit :

«  - Forêt, je te demande pardon. Je ne veux plus me perdre. Juste passer une
nuit dans tes bois. »

Elle réessaya donc et cette fois pénétra dans les profondeurs de la forêt. Chose
étrange, les rayons de la Lune paraissaient plus lumineux, on y voyait presque
comme en plein jour. Ce que la femme trouva de plus curieux encore c'est les
choses volantes et lumineuses qui lui tournaient autour.

Finalement, elle trouva une longue pierre plate et s'en servit de lit. Pendant
qu'elle dormait, les arbres tout autour ouvrirent leurs yeux. Ils la regardèrent
toute la nuit. Au petit matin, la femme se réveilla plus sereine et décida de
rester là car elle y était bien. Elle ramassa quelques baies, s'en nourrit, but
un peu de l'eau du ruisseau et rassasiée, elle entreprit de visiter la forêt.
Mais où qu'elle aille, quoi qu'elle fasse, la forêt la ramena chez elle.

Elle rentra donc dans sa maison, travailla tout un jour et à la nuit tombée,
elle retourna vers la forêt :

«  - Gentille forêt, tu as été si douce pour moi... Laisse moi passer encore une
nuit dans tes bois... »

La forêt accepta et la femme dormit une fois de plus sur la table de pierre. Une
fois encore, elle se sentit bien en se réveillant et eu envie de rester. Mais la
forêt le lui interdirait, alors, elle rentra chez elle sans essayer.

Le troisième soir, elle s'approcha et demanda comme les deux soirs précédents à
passer la nuit dans la forêt. Mais cette fois, elle n'alla pas à la table de
pierre, elle décida d'explorer la forêt.
Elle marcha longtemps, ce qu'elle voyait était féerique. Le petit peuple
s'amusait avec frénésie aux quatre coins de la forêt. La femme les regardait
émerveillée. Et puis, le matin fut là et elle se retrouva devant sa maison.

La nuit passée à déambuler dans la forêt l'avait épuisée Elle rentra chez elle
et dormit deux jours de suite. Mais la nuit d'après elle y retourna et
recommença à regarder le petit peuple s'amuser jusqu'au petit jour. Encore une
fois, elle dormit deux jours de suite pour récupérer de sa nuit.
Quand elle retourna voir la forêt, la Lune en était à son quart. La forêt en
était donc un peu plus sombre, ce qui rendit la femme pensive. Elle n'alla pas
voir le petit peuple enchanteur. Elle retourna à la table et s'y assit. Alors
elle dit :

« - Forêt, quand je suis venue te voir la première fois c'est parce que
j'espérais que je m'y perdrais et tu n'as pas voulu de moi."

" - Mais quand je t'ai demandé de l'aide, tu m'as ouvert tes bras. Mais je n'ai
toujours pas ce que mon cœur désire. Forêt, je voudrais tant avoir un enfant. »

Alors le feuillage lui répondit :

« - Nous connaissons ta tristesse. »

Et puis, le vent souffla :

«  - Fils du bois et de la chair, enfant charmant et pleure mon frère, car un
jour viendra ou chair et bois ne feront plus qu'un »

Et le ruisseau clapota :

«  - Tel est le marché »

Et le daim chuchota :

«  - Ton enfant tu auras mais jamais il ne devra fouler ce lieu... »

«  - Ouh ou Malheur ! » hullula une chouette. Entendant tout ce bruit, le petit
peuple avait accourut pour voir le spectacle. Si bien que la femme ivre de joie,
du faire bien attention en repartant pour n'en écraser aucun.

Neuf mois plus tard, de son ventre rond naquit l'enfant. Un joli garçon bien
rose et rondouillard. La femme l'élevait le mieux qu'elle pouvait et l'enfant
grandissait. Elle le surveillait qu'il n'aille pas dans la forêt ! Tout allait
bien dans leur foyer.

Mais un jour où l'enfant jouait dans le jardin, il vit une drôle de chose
bouger. Ça ressemblait à un papillon, mais aussi à un petit bonhomme.
La fée était blessée. L'enfant la mit dans une boite et chaque jour lui apporta
du miel et des baies pour la nourrir. Si bien que l'être féérique se remit assez
bien de sa blessure.

Mais il avait peur... Peur de retraverser le jardin pour rejoindre la forêt.
Malgré l'interdiction de sa mère - et puis, se disait il, il n'entrerait pas
dedans, il resterait en lisière et reviendrait ensuite à la maison - il décida
donc d'aider la fée à rejoindre la forêt.
Arrivé en lisière il libéra la fée et qu'elle ne fut pas sa surprise de tomber
nez à nez avec des tas d'autres fées, venues accueillir l'une des leurs qui
rentrait enfin.

Et puis, elles se montrèrent très reconnaissantes avec l'enfant. Chacune voulait
le toucher, lui donner un cadeau, une fleur, un caillou... Si bien que sans s'en
rendre compte l'enfant entrait dans la forêt qui reconnaissant l'un des siens
laissa faire...
La femme vit son enfant entrer et très vite elle courut l'arracher de là, mais
elle arriva trop tard. Elle tenta bien de le chercher, mais elle était toujours
ramenée chez elle. Alors elle dit :

«  - Ô grande forêt ! Quel malheur ! Notre fils est entré dans tes bois ! Je
t'en conjure, laisse moi le chercher ! »

Et elle entra dans la forêt, hurlant son nom...

Mais lui ne l'entendait pas. Il regardait émerveillé le petit peuple. Il
s'installa sur une longue pierre plate et petit à petit, il s'endormit.

Et sous les yeux des arbres tout autour, un être fait de bois et de chair
s'approcha de lui, il se pencha et le toucha d'une de ses branches. Le garçon se
réveilla et le vit. Tout de suite, il le reconnut et heureux se jeta sur lui
pour l'enlacer.

Alors ils ne firent plus qu'un et ce qui avait été un monstre de chair et de
bois et un enfant, s'était métamorphosé en un bel arbre majestueux.
Et si ça se trouve, la femme hurle t-elle toujours le nom de l'enfant qu'elle
avait eu avec la forêt.

#347 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 16. Avril 2009  10:58
Sujet: Esprit frappeur [Les princes d'Ambre]
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A Clementine l'honneur :

"Alors, les monstres, ça n'existe pas ?" chuchote Emily à l'oreille de la
peluche, une fois que sa mère a quitté la pièce.

"Non, ça n'existe pas." approuve Monsieur Sam"Allez, dort, demain, il y a
bonhomme de neige au programme. Tu ne voudrais pas rater ça, non ?"

La fillette acquiesce vigoureusement et se dépêche de fermer les yeux.
Une minute plus tard, elle dort profondément.

"Et toi" lance la peluche à l'adresse du chat, d'un ton nettement moins
sympathique "Ne viens pas foutre tes poils partout !"

Le chat pousse un feulement de peur et de colère, et bondit hors du lit, avant
d'aller gratter furieusement à la porte.

------------------------------------------------------------------------

La porte s'entrebaille et le chat file dans le couloir.

Wilh s'installe au bureau devant son ordinateur portable, enregistre son travail
et éteint la machine. Pour elle-même, elle dit tout bas :

- Assez travaillé ma fille. Allez... Au lit. Demain y a drôle de joli bonhomme
de neige.

Mais les modèles moléculaires continuent à tourner dans son esprit comme les
monstres sous le lit dans la tête d'une enfant.

Elle sort du bureau pour retourner dans sa chambre où Jhon dort tranquillement -
le seul à ne pas faire de mauvais rêves. Elle se blottit contre son mari, place
ses jambes nues contre les siennes, ses bras autour de la taille finement
musclée de son homme et cherche sans succés le sommeil.

Dehors, la neige tombe à gros flocons.

----------------------------------------------------------------------

Dans la chambre de la petite, le singe en peluche s'extirpe lentement,
lentement, de l'étreinte d'Emily... avant de se changer en une réplique parfaite
du chat de la maison.

La peluche changée en chat saute souplement en bas du lit, et trottine à travers
la maison, comme chaque nuit.

Le vrai chat, lui, le regarde passer depuis le dessous d'un meuble, accompagnant
ses promenades nocturnes d'une plainte grondante.

Comme chaque nuit, "Monsieur Sam" s'amuse à jouer les poltergeist.
Il allume la télévision, déplace des objets, débranche le frigo, éteint les
radiateurs... dans un silence parfait, avant de retourner sagement dans le lit
d'Emily au petit matin.

Monsieur Sam se marre intérieurement en pensant à la tête que feront Whil et son
mari, dans quelques minutes, en se levant.... comme tous les matins.

#346 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Mardi 14. Avril 2009  17:11
Sujet: Maintenant on dort... [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Instinctivement Wilh repousse Emily dans son dos et regarde fixement le lit
d'enfant qui trône au milieu de la petite pièce au mur blanc décoré de posters
d'idoles pré-adolescentes.
La gamine reste sur le seuil tandis que la jeune femme entre dans la chambre et
s'approche. Wilh se penche, attrape le pan du couvre-lit bleu et le soulève pour
inspecter l'ombre menaçante que tous les enfants redoutent.

------------------------------------------------------------------------

Ce qu'elle voit : absolument rien.

Le dessous du lit est vide, à l'exception de quelques jouets égarés et quelques
moutons de poussière.

------------------------------------------------------------------------

Wilh, toujours à genou, se retourne avec un sourire de maman vers Emily et
explique en ordonnant machinalement les jouets :

- Il est parti. Il a certainement trouvé que ta chambre était trop bien rangée
pour faire son nid. Les monstres de chambre c'est mignon mais ça aime le bazar
et on a déjà un chat. On n'aurait pas pu le garder de toute façon. Allez. Au
lit. Demain tu vas pouvoir faire un drôle de joli bonhomme de neige.

La gamine saute dans les draps et s'emmitoufle sous la couette. Wilh la borde
affectueusement et dépose sur son front un baiser tendre.

Le félin se glisse silencieusement dans la chambre derrière la jeune femme.

Le chat bondit sur le lit.

Wilh se relève, se penche à nouveau sur sa fille pour lui pincer tendrement le
nez, lui faire un bisou sur la joue et lancer :

- Maintenant on dort.

La jeune femme fait volte-face et, de sa démarche gracieuse, se dirige vers la
porte de la chambre pour retourner dans le bureau. Sa main effleure
l'interrupteur. La lumière s'éteint.

----------------------------------------------------------------------

Emily se pelotonne dans son lit, Monsieur Sam juste à côté de son visage.

"Tu vois bien" dit la peluche sur le ton de la conversation. "Il n'y a pas de
monstre sous ton lit.
Combien de fois faudra t-il que je te le dise ?" ajoute t-il, d'un ton
bienveillant.

#345 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Dimanche 12. Avril 2009  16:52
Sujet: Sous le lit... [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Wilh passe la tête sur le coté de l'écran d'ordinateur qui jette sur son visage
une lumière blafarde. La gamine aux cheveux bruns et aux yeux noirs, debout dans
l'encadrement de la porte du bureau, accoutrée d'un pyjama bleu ciel un peu trop
grand sur lequel est imprimé une horde de petits nounours mauves, se tient bien
droite, sur ses petits petons nus, fixant tranquillement sa mère, Monsieur Sam,
tête en bas, pendant mollement au bout de son bras.

La jeune femme a un moment de flou pendant lequel elle regarde sa fille comme
une étrangère parlant une langue extra-terrestre puis la maman sort de sa
rêverie et adresse un sourire tendre à Emily. Elle se lève de sa chaise de
bureau, toujours vêtue de ce seul tee-shirt de footballeur trop large qui lui
tombe à mi-cuisse, et traverse la pièce pour venir s'accroupir devant la
fillette et lui prendre les mains.
Sur un ton doux de maman, elle demande :

- Un gros ou un petit monstre ?

L'enfant dégage ses mains de celle de sa mère pour montrer en ouvrant les bras.
Elle ajoute :

- Comme ça.

Wilh prend sa fille dans les bras, la soulève et lui fait un bisou sur la joue
avant de conclure :

- Un petit verre d'eau alors.

La gamine couche la tête dans le creux de l'épaule de sa mère qui prend le
chemin de la cuisine.

Emily boit sagement son verre d'eau à deux mains dans le décor rassurant de la
cuisine moderne de la famille Murray avec en arrière plan la neige qui tombe,
dans la nuit, derrière les fenêtres de la maison. Puis elle attrape la main de
sa mère pour l'emmener vers sa chambre. Arrivée à l'encadrement de la porte
donnant sur la petite pièce plongée dans l'obscurité, Whil dépasse Emily sans
lâcher la main de sa fille et plonge la tête dans les ténèbres pour chercher
l'interrupteur.

----------------------------------------------------------------------

Whil allume l'interrupteur et l'obscurité reflue immédiatement.
Mais la jeune femme surprend une impression de mouvement fugace au niveau des
pieds du lit... comme si "quelque chose" venait de bouger à la lisière de son
champ de vision.

Mais elle a du mal à préciser cette impression.
Peut-être - sans doute - n'était ce qu'une illusion d'optique, une
autosuggestion née de la fatigue et de l'allusion enfantine d'Emily à un
"monstre".

C'était probablement une ombre projetée par la neige à travers le carreau, ou un
petit courant d'air ayant fait bouger le drap... en tout cas, quelque chose de
parfaitement naturel...

Ca ne pouvait pas être autre chose.

#344 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Jeudi 9. Avril 2009  11:39
Sujet: Wilh Murray [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Toujours le même exercice d'écriture à 4 mains pour cette suite des aventures du
seigneurs du Chaos Vlad - Merci Clémentine -
Avec ta permission je commence :

Le seigneur du Chaos Vlad Tepesh échappe à 17 attentats tendus par Merlin en un
peu moins de deux ans avant de disparaître complètement, il y a 13 années de
l'ombre Terre, au point qu'on le croit mort...



Wilh Murray n'arrive plus à dormir tant son esprit est empêtré dans une folle et
interminable farandole de modèles moléculaires. La belle jeune femme de 29 ans,
chercheur au département Bactériologie de la Utah University à Salt Lake City,
s'agite dans les draps auprès de son époux, Jhon, qui comme toujours après
l'amour dort d'un sommeil imperturbable. Dehors il neige.

Elle se décide finalement à se lever au beau milieu de la nuit. De taille
moyenne, élancée, aux cheveux bruns coupés courts et aux yeux noirs qui
contrastent avec une peau laiteuse, elle ne porte que le sweat-shirt trop grand
de l'équipe de football les Utes quand elle ouvre doucement la chambre d'Emily,
leur petite fille de 8 ans qui dort tranquillement entourés de murs roses sur
lesquels commence à fleurir des posters de pop stars à la mode dans les cours
d'école. Wilh referme finalement sans bruit la porte et se dirige vers le
bureau.
Le blizzard siffle dehors.

La jeune femme s'assoit à sa table de travail devant son ordinateur portable.
Elle allume la machine qui grogne en énumérant sur l'écran les systèmes qui
s'activent. Le moniteur jette sur le visage de Wilh des arabesques mouvantes
tandis que ses doigts s'animent frénétiquement sur le clavier. Son gros chat lui
saute sur les genoux pour venir réclamer une caresse et surveiller son travail.

----------------------------------------------------------------------

Alors que Whil se concentre sur son écran tout en caressant distraitement le
greffier placide, quelques minutes se passent.

Soudain, un bruit la fait sursauter et se retourner.
Sa fille, tenant au bout de son bras son doudou, une sorte de singe tout
machouillé qu'elle appelle "monsieur Sam", fixe sur Whil de grands yeux noirs.

- Il y a un monstre dans ma chambre, énonce t-elle calmement. Je peux avoir un
verre d'eau ?

#343 De: "Saksakanta" <saksakant@...>
Date: Mardi 12. Août 2008  8:20
Sujet: Bilan [Cadavre Exquis II]
saksakant
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J'ouvre les yeux, ma tête est lourde. Mais à présent je me souviens de
tout : Qui je suis,ce que je suis et pourquoi je suis là. Tout m'est
revenu et je m'étonne d'avoir ignoré tout ça là-bas. Tatrid ? Oui,
cette fois je l'ai vu. En silence dans la pénombre je hoche la tête
pour répondre à mon voisin. J'ai encore échoué, mais ne pas douter,
c'est facile à dire. Cette fois ma conscience est restée éveillée
jusqu'au bout, mais l'absence de repère force à se poser des questions !

Fini pour aujourd'hui, les gardes vont bientôt venir nous chercher
pour une nouvelle journée de dur labeur... Et dans trois jours,
j'aurais droit à mon grand voyage. A ce moment là, je n'aurais plus le
droit d'échouer car ils vont aussi expédier mon corps. Je n'aurais
nulle part où retomber si j'échoue.

Ils ont tous échoué. Sauf Cassius, mon vieux voisin... Mais lui, il
n'a pas eut de chance : Son voyage achevé, sa liberté retrouvée,  il a
été se venger de ceux qui l'avaient envoyés ici la première fois. Les
autres étripés, il a eut droit à une nouvelle condamnation sans
possibilité de refaire parti des cobayes de leur expérience.

#342 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Lundi 11. Août 2008  14:07
Sujet: Prisonnier [Cadavre Exquis II]
amonfadar
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Mes pensées s'emballent et se rebellent. Je suis pris d'un vertige dans
lequel ma conscience s'abîme.

Noir.

Ce sont les miaulements des chats en surface qui me réveille : le
cachot est sombre, humide et sale. Mes poignets sont meurtris par les
fers qui m'attachent à la vieille maçonnerie dans lequel je suis
prisonnier. Je suis de retour. J'ai échoué.

La voix éraillée de mon vieux voisin de cellule à travers le mur me
ramène à la réalité :
- Je te l'ai dit : tu ne dois rien remettre en doute sinon tu te feras
rejeter et tu ne sortiras jamais d'ici. Est-ce qu'au moins tu as vu
Tatrid cette fois ?

#341 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Lundi 11. Août 2008  11:57
Sujet: En vain Merlin [Les princes d'Ambre]
amonfadar
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Dans Portulan@..., Thierry Lahondès <amonfadar@...> a
écrit :
>
> Plantée au sommet d'un pic aux falaises acérés, surplombée d'un ciel
> éternellement menaçant, se dresse Vania, la terrifiante demeure de
> pierres sombres des Bessarab depuis 10 générations, ses flèches
> pointant les cieux comme un défi permanent lancé à d'ineffables
> puissances divines.
> Un cavalier sombre, monté sur une noire monture infernale, grimpe, à
> une allure impensable, l'unique route, étroite, escarpée et
> tortueuse, qui monte au châreau.
>
> "Sans doute m'étais-je endormi ; sinon, comment aurais-je
> pu ne pas être frappé par le spectre qu'offrait ce vieux château ?
> Dans la nuit, la cour paraissait grande et comme, en outre,
plusieurs
> passages obscurs partaient de là et conduisaient sous de
> grandes arches, cette cour paraissait peut-être encore plus
> grande qu'elle n'était en réalité. Je ne l'ai pas encore vue pendant
> la journée."
> Journal de Jonathan Harker (Dracula - Bram Stocker)
>
>
> Les lourds battants de la porte du château s'ouvre silencieusement
> devant le cavalier qui entre au galop dans la cour. Les naseaux de
sa
> monture fument, ses lèvres écument et ses yeux jettent des éclats de
> sauvagerie noire.
>
> L'homme qui met pied à terre est grand, ténébreux et large d'épaule.
> Son regard plus sombre qu'une nuit sans lune est encadré dans un
> visage émacié aux traits froids. Il porte un imposant manteau à la
> coupe impeccable, complètement de noir, sans la moindre tache de
> couleur nulle part. Il monte les marches en pierre du perron. Les
portes du
> donjons s'ouvrent devant lui en silence sur un hall plongé dans
> l'obscurité. De lourdes torches fixées aux murs du couloir
s'allument
> devant ses pas.
>
> Des bohémiens serviles, taillés comme des taureaux et vêtus de peaux
> de bête, attrapent la bride de son cheval qui renacle
> lorsqu'il tente de l'emmener aux écuries.
>
> Le maître est de retour.
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>


(Exercice d'écriture à 4 mains pour cette suite des aventures du
seigneurs du Chaos Vlad - Merci Clémentine - A toi l'honneur).

----------------------------------------------------------------------

Alors que Vlad marche, un petit rire discret se fait entendre devant
lui, dans l'obscurité, là où les torches ne se sont pas encore
allumée.

-Vlad ?

Le rire se change en pépiements d'oiseaux.

-Vlad ?

----------------------------------------------------------------------

L'homme en noir s'arrête au milieu du sombre corridor tandis que les
torches continuent de s'embraser et chasse l'obscurité.

Invisible, les fils de Logrus s'étendent jusqu'à l'armurerie du
château et se pose sur la poignée d'un extraordinaire sabre japonais
Masatoshi

----------------------------------------------------------------------

Les torches s'allument et éclairent le couloir, révélant à Vlad
l'apparence de l'intrus : une simple poule, occupée à picorer on ne
sait quoi sur le sol.

L'animal relève la tête vers lui :

- Cot cot côt ? Vlaaaad ?

----------------------------------------------------------------------

L'homme en noir sourit et dit au beau gallinacée qui pique, à grand
coup de bec, le sol du couloir pavé de l'antique bâtisse :

- Soyez le bienvenu chez moi ! Entrez de votre plein gré,entrez sans
crainte et laissez ici un peu du bonheur que vous apportez !

----------------------------------------------------------------------

La poule balance la tête de gauche à droite, d'une manière plutôt
comique.

- Bienvenu ! Bienvenu !" répète t-elle en s'ébrouant les ailes.

Elle se change soudain en un petit lapin gambadant.

- J'accepte avec joie...

Le lapin ouvre la gueule en bondissant, révèlant des crocs acérés.

- ... votre invitation !"

Le lapin se change en plein vol en une volute de fumée grise
intangible, qui se rue sur Vlad et le traverse.

L'homme en noir sent alors une présence envahir son esprit. Un
instant, son corps échappe à son contrôle... puis plus rien.
La sensation reflue immédiatement, ainsi que l'impression d'une
présence étrangère en lui... et il se retrouve seul dans le couloir,
exactement comme auparavant.
Comme s'il ne s'était rien passé.

----------------------------------------------------------------------

La lame masatoshi apparaît dans l'air et navre proprement, de part en
part, en plein coeur, l'homme en noir qui s'effondre sur le sol et
pousse son dernier soupir.

Dans les écuries, la monture infernale reprend sa forme primale et
glisse silencieuse vers ses appartements.
Ses pensées vont à son suzerain :

* Quelle débauche d'imagination tu es capable de déployer en vain
Merlin *

#340 De: Thierry Lahondès <amonfadar@...>
Date: Vendredi 9. Mai 2008  13:55
Sujet: Biographie [Iron Man]
amonfadar
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BIOGRAPHIE :





Anthony Edward Stark est le fils unique du richissime Howard Stark et
de Maria Antunez Stark, une jeune femme d'origine sud-américaine. A
sa naissance, son père, une des premières fortunes du monde, est à la
tête de l'empire familial Stark. Fondé par son arrière grand père
franc-maçon, Isaac Stark Senior, pendant la guerre de sécession, les
entreprises Stark ont prospéré dans le domaine de l'armement en
exploitant les guerres dans le monde entier durant plus d'un siècle :
la grande guerre en Europe, la seconde guerre mondiale, la Corée, le
Vietnam, l'Afghanistan, la guerre du Golf ainsi qu'une infinité de
petits conflits mineurs. Elles fournissent des armes du monde libre,
en particulier l'armée américaine avec laquelle elle a des contrats
d'exclusivité. Toujours à la pointe du progrès, elles ont participé à
la mise au point de quelques unes des inventions les plus meurtrières
de ce siècle : la mitrailleuse, le cuirassé, le submersible, l'avion
de chasse, le bombardier et même la bombe atomique.

Howard est un père absent. Il confie l'éducation de son fils à une
armée de précepteur jusqu'à l'âge de 7 ans puis l'envoie en pension à
l'école militaire de Forthworth sous prétexte de lui forger le
caractère. Tony est un enfant dure et introverti qui a du mal à
communiquer avec les autres enfants. Doué d'un quotient intellectuel
élevé et d'une intuition mécanique proprement phénoménale, il préfère
le contact avec les machines qu'il comprend mieux que les gens. Ses
inventions font vivre un enfer à ses enseignants, à ses surveillants
et aux camarades qui tentent de le chahuter. Tony devient vite chef
d'un groupe d'élèves. Seule l'influence de son père lui évite à
plusieurs reprises l'exclusion. Le jeune garçon cache pourtant un
romantique : il dévore le roman arthurien de Mallory, les œuvres
d'anticipation d'Asimov ou d'Heinlein. Il admire la vie
d'explorateurs comme Marco Polo, Wilbur, Wright ou Vasco de Gama mais
aussi les travaux de grands scientifiques comme Léonard de Vinci ou
Einstein.
A 14 ans, Tony rencontre Meredith MacCall, l'héritière d'un des plus
sérieux concurrents de Stark Industries[i/]. Les deux adolescents
expérimentent ensemble leurs premiers émois mais leurs pères
s'arrangent pour les séparer.
Un an plus tard, le jeune Stark entre à la très sélecte [i]
Massachusetts Institute of Technology sous la houlette des éminents
professeurs Théodore Slaight et Sal Kennedy. Il y montre des talents
prodigieux et en sort à l'âge de 19 ans, major de sa promotion avec
deux maîtrises, l'une en Physique appliquée et l'autre en en
Ingénierie cybernétique. Son père lui trouve du travail dans le
service Recherche & Développement des entreprises Stark.





Mais Tony est devenu un jeune play-boy cynique et imbu de lui-même.
Il est oisif, dépensier, coureur mais surtout il boit trop. Il
affiche un désintérêt total pour les affaires de son père. Tony
traîne la plupart du temps avec son cousin Morgan et son meilleur ami
Tiberius Stone. Il voyage beaucoup et trempe dans plusieurs affaires
louches.
La dénommée Sunset Bain l'utilise pour avoir accès à des données
sécurisées de la Stark et fondé impunément sa propre société,
Baintronics.

Tony a 21 ans quand son père et sa mère décèdent ensemble dans un
accident de voiture. Il hérite de l'empire Stark. Sa première
initiative consiste à racheter le constructeur automobile qui a
construit la voiture dans laquelle sont morts ses parents pour
corriger le problème de frein qui est à l'origine de l'accident. Il
découvre en fait que le véhicule a été saboté. Tony reçoit plusieurs
propositions de rachat de la Republic Oil mais il refuse. Il est
alors la cible de plusieurs incidents suspects. Le jeune
multimilliardaire nomme sa secrétaire personnelle, Miss Virginia «
Pepper » Potts, assistante exécutive et lui laisse s'occuper de la
direction de Stark Industries.



Sa liaison avec la jeune et belle Joanna Nivena stabilise un peu le
jeune homme qui montre les premiers signes d'intérêts pour
l'entreprise familiale. Il décroche dès lors plusieurs contrats
militaires juteux dont un projet de tenue de combat à augmentation de
performance. Il supervise les essais lui-même dans une de ses usines
délocalisées en Asie Mineur. Le convoi qui le ramène à l'aéroport est
attaqué par des activistes révolutionnaires dirigée par un dénommé
Wong-Chu qui travaille pour Le Mandarin. Pendant l'assaut, un obus
explose près de Stark et loge un shrapnel derrière le cœur de Tony.

Conduit au camp de Wong-Chu, Stark partage sa captivité avec le
professeur Yo Hinsen, un ingénieur chinois spécialisé en
pharmaceutique. Le chef terroriste demande aux deux scientifiques de
fabriquer des armes de pointe pour son compte. Le morceau de métal
qui a frappé Stark s'enfonce lentement en direction du cœur. Il ne
lui reste que peu de temps à vivre. Il propose alors à Yinsen de
développer dans l'atelier mis à sa disposition par les activistes une
tenues de combat à augmentation de performance qui génèrerait un
champ magnétique capable d'immobiliser le shrapnel mais aussi de
protéger son porteur contre les balles et d'offrir une force de
frappe pour s'échapper. Il forge une lourde armure de métal, mue par
des servomoteurs et un câblage cybernétique complexe, taillée sur les
mensurations de Stark qui doit y entrer régulièrement pour stabiliser
son état. Les terroristes finissent par s'inquiéter des travaux des
deux ingénieurs et tentent d'entrer dans leur atelier-cellule qu'ils
ont barricadé. L'armure, branchée sur des batteries, est en train de
charger. Yinsen fait diversion pour laisser du temps à Stark. Le
vieil homme est abattu mais a offert assez de temps au Iron Man pour
être opérationnel. Stark détruit le camp de ses geôliers et
s'échappent dans les montagnes désertiques.





Il est trouvé par une patrouille de marines américain dirigé par le
lieutenant James Rhodes à qui il offre un travail dans sa société.
Stark revient aux Etats-Unis.

Les meilleurs spécialistes refusent de l'opérer à cause des risques
inacceptables liés à une telle intervention. Revêtir régulièrement le
plastron d'Iron Man reste donc le meilleur espoir de survie du magna
de l'armement. Il le vit mal, boit beaucoup et tente plusieurs fois
de mettre fin à ses jours en laissant le morceau de métal percer son
cœur mais finalement il réagit et décide de se battre en souvenir de
Yinsen. Il envisage de vendre le projet Iron Man puis renonce de peur
qu'on face mauvais usage de sa technologie. Il partage alors son
secret avec Joanna qui lui suggère de se mettre au service d'une
bonne cause. Stark, plus sombre que jamais, se laisse convaincre et
finit par épouser un idéal de justice qui ne laisse que peu de place
à une famille : Joanna le quitte.

Iron Man est en perpétuelle évolution. Les armures se succèdent :
Stark affine la silhouette, lui met des couleurs, développe ses
capacités et accessoires au fil des affrontements qu'il mène sur tous
les terrains. Officiellement garde du corps de Stark Industries, il
devient l'un des plus célèbres super-héros de la planète et une
vitrine exceptionnelle de l'entreprise.



Parallèlement, grâce aux conseils avisés de Miss Pepper Potts, Tony
se découvre un redoutable talent pour les affaires. Il diversifie et
accroît de manière considérable le capital déjà fabuleux de l'empire
Stark tout en mettant un frein à ses ventes d'armes dans le monde
même si l se heurte à plusieurs reprises au sénateur Harrington Byrd
qui met en doute son entreprise sur plusieurs contrats.

Quand Hulk est manipulé par Loki pour attaquer Thor, son jeune ami
Rick Jones envoie un message de détresse aux 4 Fantastiques. Il
n'arrive jamais à destination mais il est intercepté par Thor et Iron
Man qui répondent ensemble à l'appel accompagnés de l'Homme-fourmi
(alias Henry Pym) et La Guêpe (alias Janet van Dyme). Avec Hulk, il
réussisse à vaincre Loki. Après leur victoire, Pym suggère une
alliance plus durable : les 5 super-héros forment le groupe des
Vengeurs.
Tony le finance ses débuts sur ses fonds propres avant de créer La
Fondation Maria Stark pour l'entretenir. Il transforme en quartier
général le manoir Stark de Manhattan rebaptisé le manoir des
Vengeurs. Edwin Jarvis, le majordome de sa famille se met au service
des des super-héros. Stark négocie une fenêtre d'action avec l'agent
spécial James Murch de la N.S.A. Il participe à la création du
S.H.I.E.L.D.





Alors qu'il teste sa voiture de course, la « Stark Spécial », Tony
sort de la piste et se retrouve prisonnier du véhicule en feu. Il est
sauvé par l'ex-boxeur Harold « Happy » Hogan qu'il engage comme
chauffeur personnel et garde du corps. Happy n'aime pas Iron Man mais
a par contre un faible pour Miss Pepper Potts.
Mais le cœur de cette dernière s'incline plutôt vers Stark ou de
manière ambigu vers Iron Man. Tony est aussi amoureux de sa
secrétaire mais il ne croit pas à une relation normale avec elle. Il
décourage donc la jeune femme.
Un ancien scientifique de Stark Industries, Gregor Shapanka, licencié
pour vol, fait un retour glaçant dans la vie de Tony en tant que Jack
Frost. Il n'aura de cesse de combattre Iron Man dans son armure
cryogénique Blizzard. Stark combat également un super-agent russe en
armure, La Dynamo Pourpre (alias Anton Vanko) mais le convainc de
renoncer. Vanko rejoint la Stark Industries. Il mourra en affrontant
son successeur (alias Boris Turgenov) et l'espionne russe surnommé La
Veuve Noire (alias Natasha Romanoff).

Hulk quitte Les Vengeurs. Stark doit justifier de la viabilité de son
groupe devant la N.S.A. Il affronte Mister Doll qui lui inflige une
défaite cuisante. Stark reprend la conception d'Iron Man et réussi
finalement à vaincre Doll avant de partir à la recherche du Hulk avec
le reste des Vengeurs. Ils doivent se battre contre Namor et découvre
le corps léthargique de Captain America qui intègre le groupe et lui
donne un nouveau crédit auprès du gouvernement.

Iron Man rencontre pour la première fois Le Mandarin alors que
l'alimentation énergétique de l'armure montre des signes de
faiblesse. Il doit rester enfermé plusieurs semaine dans l'armure
pour empêcher l'éclat de métal de lui transpercer le cœur mais
parvient à remettre l'armure en état en améliorant ses capacités
énergétiques.
En collaboration avec le scientifique Red Richards (alias Mister
Fantastic) et le techno-chaman Forge, il jette les bases du premier
héliporteur du S.H.I.E.L.D. Les Entreprises Stark fournissent
également l'essentiel de la logistique de l'organisation tel que les
armes, les tenues de combat, les véhicules, les gadgets… ainsi que
des androïdes LMD (Life Model Decoy) que Stark utilise pour
apparaître simultanément avec Iron Man. Enfin c'est Stark qui
recommande le colonel Nick Fury comme directeur du S.H.I.E.L.D.

Quand les fondateurs des Vengeurs quittent le groupe, c'est Captain
America qui reprend le commandement mais Stark continue à les
soutenir financièrement et technologiquement. Il les rejoint à eux à
plusieurs reprises. C'est aussi lui qui recommande l'archer Œil de
Faucon après l'avoir délivré de la mauvaise influence de La Veuve
Noire.

Titanium Man (alias le russe Boris Bullski) défie Iron Man en
Albérie. Stark l'affronte. Au cours du combat, Happy est blessé en
l'aidant. Miss Pepper Potts réalise qu'elle aime l'ex-boxeur et Tony
les encourage à former un couple.
Happy découvre que Stark est Iron Man. Lorsque le secret de son
patron menace d'être découvert après un nouveau combat contre le
Titanium Man, il prend sa place dans l'armure mais il est capturé par
Le Mandarin. Son cœur mal en point, Stark part quand même au secours
de Happy.
L'ex-boxeur et Miss Pepper Potts se marient.

Le S.H.I.E.L.D. impose à Stark Industries un de ses agents, Jasper
Sitwell, pour surveiller ses intérêts. Tony redoute qu'il découvre
l'identité d'Iron Man et lui dispute les faveurs de la magnifique
Whitney Frost qui n'est autre que la fille du comte Néfaria, un
éminent membre du syndicat du crime La Maggia. Cette dernière envoie
après Iron Man plusieurs agents comme Whiplash (alias Mark Scarlotti)
ou le Gladiateur (alias Melvin Potter).
A nouveau l'armure commence à lâcher Stark qui doit à nouveau la
modifier pour survivre avec l'aide d'Happy.
Tony a une liaison avec Janice Cord dont le père mourra en essayant
de tuer Iron Man.

Pour duper Le Mandarin, Stark utilise un LMD qui développe un
personnalité et usurpe son identité de même que l'armure. L'androïde
dirige la société à sa place et, après avoir été confronté à
l'organisation Midas, Tony doit revêtir une ancienne version d'Iron
Man pour le détruire. Il a une nouvelle attaque cardiaque. Les
Vengeurs le conduisent à l'hôpital où le Docteur José Santini lui
greffe un cœur synthétique révolutionnaire qui le guérit en apparence
définitivement de sa cardiopathie.
Stark veut décrocher. Il sélectionne le boxeur Edward « Eddie »
March, un ami de Happy, pour prendre sa suite dans l'armure. Eddie
accepte et doit affronter le dernier Dynamo Pourpre (alias Alex
Nevsky). March meurt d'une ischémie cérébrale. Stark reprend l'armure
et doit affronter simultanément Dynamo et Titanium. Dans
l'affrontement, Janice trouve la mort. Nevsky accuse Stark de la mort
de la jeune femme.





Stark retire de plus en plus de poids au département armement des
entreprises Stark. Il se lie d'amitié avec l'ingénieur Kevin O'Brien
au point de lui révéler sa double identité et conçoit pour lui une
armure. O'Brien devient le Guardsman et l'assiste en cas de besoin.
Mais un dysfonctionnement du lien cybernétique altère la personnalité
de l'ingénieur qui se découvre du ressentiment pour Iron Man. Il
tente de souffler la maîtresse de Tony, Marianne Rogers, et de
s'opposer avec Simon Gilbert, un actionnaire, au retrait de
l'armement de Stark Industries. Le Guardsman finit par affronter Iron
Man qui le tue accidentellement. Gilbert et son fils, l'activiste
Firebrand (alias Gary Gilbert) tente de mettre des bâtons dans les
roues de Stark. Mais la sœur de Firebrand, Roxane, amoureuse de Stark
tente de mettre fin à la vendetta familiale.

Iron Man s'engage dans la guerre Kree-Skrull au coté des Vengeurs. Il
fonde, avec Mr Fantastic, Flèche Noire, le Professeur X, le Dr
Strange et Namor, les Illuminati, une organisation secrète des plus
puissants terriens pour mettre en commun leurs ressources face à des
menaces majeurs.
Sous l'impulsion de Tony, Stark Industries se développe dans le monde
entier pour devenir la Stark International. Elle abandonne
définitivement le secteur de l'armement pour se consacrer à la
technologie de pointe civile.

Michael O'Brien, le frère du Guardsman, demande à ce que Iron Man
soit juger pour la mort de Kevin puis abandonne les poursuite quand
il réalise tout le bien que fait le super-héros. O'Brien revêt à son
tour l'armure du Guardsman pour aider Stark contre Le Mandarin puis
fera équipe avec le Valet de Cœur et Iron Man contre Midas.

Stark a une relation avec Madame Masque (alias Withney Frost, la
fille de Néfaria déguisé). Cette dernière se retourne finalement
contre lui pour sauver la vie de son père. Mais Néfaria meure et les
deux amants se séparent.
Le S.H.I.E.L.D. se voit forcer par le retrait du secteur armement de
La Stark de faire appel à des fabricants d'armes inférieurs pour se
fournir. Nick Fury autorise trois de ses agents à tenter une prise de
pouvoir hostile sur la société de Stark. Les hommes du S.H.I.E.L.D.
tentent de tuer Stark qui en garde rancune à Fury.
La Stark International compte alors 7 membres clés auprès desquels
Tony prend conseil :
- James Rhodes, le pilote de Tony.
- Bambina « Bambi » Arbogast, la secrétaire particulière de Stark.
- Artemus « Artie » Pithins , le responsable des relations publiques
- Victor « Vic » Martinelli, le chef de la sécurité (un ressortissant
du programme de protection des témoins)
- Yvette Avril, la vice-présidente de La Stark
- la neurochirurgienne Erica Sondheim
- Scott Lang, technicien en électronique (alias L'Homme-Fourmi)
Le multimilliardaire sort avec le garde du corps Béthany Cabe.

Le plus grand rival de Stark, Justin Hammer, conçoit un appareil
capable d'exercer un contrôle limiter sur l'armure. Il la teste
d'abord en créant de petits dysfonctionnements aléatoires puis
l'utilise pour qu'Iron Man tue Sergei Kotznin, l'ambassadeur de
Carmélie venu signer en grande pompe un contrat entre son pays et La
Stark. Tony enquête. Il protège son identité secrète en affrontant
sans son armure Captain America. Stark découvre qu'Hammer est
derrière tout ça et qu'il entretient une armée de super-humains sur
une île artificielle. Il peut prouver ainsi son innocence mais Hammer
reste intouchable juridiquement.



Le poids qui pèse sur les épaules de Stark pousse Tony à boire
toujours plus. Béthany le soutient et tente lui fait réaliser qu'il a
un problème avec l'alcool.
En exposant au grand jour les activité criminel d'un autre de ses
concurrents, Edwin Cord, il ruine La Cord Company qu'il rachète. Il
commence aussi à produire des variantes d'Iron Man comme l'armure
spatiale ou furtive. Il utilise cette dernière pour sauver Alex von
Tiburg, le mari de Béthany qui retourne avec lui.

Stark se joint aux autres vengeurs pour juger Pourpoint Jaune (alias
Henry Pym) pour avoir violer lors d'une crise de démence, sa femme
(La Guêpe). Henry est banni du groupe. Tony commence à fréquenter La
Guêpe mais Captain America, qui a appris la double-identité de Stark,
le convainc de dire la vérité. Il le fait et La Guêpe met fin à leur
idylle.

Tony s'oppose à la formation d'un conglomérat des plus grandes
multinationales du monde par l'homme d'affaire multimilliardaire
Obadiah Stane. Par des voies détournés, ce dernier entame en
représailles une guerre des nerfs contre les intérêts de Stark
International et son président : il lui souffle plusieurs contrats-
clés , lance des rumeurs et n'hésite pas à engager discrètement des
super-humains dans des raids contre les infrastructures de la société
et son dirigeant. Stane envoie enfin la belle Indries Moomji pour
séduire Tony. La pression s'accumule sur les épaules de Stark et la
jeune femme prend soudain beaucoup d'importance dans sa vie. Elle le
quitte finalement. L'homme sombre à nouveau dans l'alcool. Indries,
prise de remord, tente finalement de s'opposer sans grand succès à
Stane. Lorsque le super-humain Magma attaque une usine de La Stark,
Tony est ivre. Incapable de revêtir l'armure, il révèle à Rhodes
toute la vérité. L'ex-marines devient Iron Man. Stark se retire des
affaires et s'enfonce plus profond que jamais dans l'ivrognerie. Ses
titres perdent vite de la valeur, ses actions dans sa société file et
La Stark est finalement racheté par Stane pour devenir La Stane
International. Rhodes empêche les nouveaux maître de la société de
mettre la main sur les armures tout en continuant à incarner le super-
héros.





Stark disparaît dans la nature et vagabonde comme un clochard durant
plusieurs mois. Il se lie avec Gretl Anders, une alcoolique enceinte
qui vit dans la rue comme lui. Tony accouche l'adolescente dans la
neige. La mère ne survit pas. En colère contre lui, l'ancien
multimilliardaire réagit enfin. Il arrête de boire et retourne voir
Rhodes qui a confié l'entretien de l'armure à deux jumeaux, Morley et
Clytemnestra Erwyn. Son ancien ami le reçoit mal et refuse de le
laisser s'approcher des armures. Tony doit affronter Rhodes pour
retrouver sa confiance et pouvoir s'occuper à nouveau de la
maintenance d'Iron Man. Il a une relation avec Clytemnestra et monte
une nouvelle société basée en Californie : La Circuits Maximus. Mais
Stane fait déposer une bombe au siège de la compagnie qui tue Morley
et blesse grièvement Rhodes. Stark fabrique une nouvelle armure plus
évoluée dans la cave du Complexe des Vengeurs de La Côte Ouest. Il
affronte Stane revêtu d'un prototype d'armure, l'Iron Monger. Stark
gagne. Stane meurt en tentant de le tuer.

Iron Man rejoint les Vengeurs de La Côte Ouest dirigé par Œil de
Faucon. Stark fonde une nouvelle société, Stark Entreprises,
spécialisée dans l'exploration spatiale. Il commence à nouveau à
gagner beaucoup d'argent. Clytemnestra, folle de douleur après la
mort de son frère, rejoint quant à elle le groupe activiste A.I.M.
(Advanced Idea Mechanics). Elle meurt en affrontant Iron Man. Rhodes
reste fidèle à Stark mais, brûlé grièvement lors d'un incident, il
renonce à porter l'armure.

Après avoir été acquis par Stark Entreprises, la société Accutech est
victime de l'anti-industriel Ghost et du Spymaster. Les deux super-
humains s'affrontent et Ghost tue Spymaster. Stark quant à lui aide
Force (alias Clayton Wilson) à échapper à son ex-employeur, Justin
Hammer, en lui fournissant une nouvelle identité au sein de son
entreprise. Il doit aussi affronter le nouveau Blizzard (alias Donnie
Gill). En analysant l'armure de Force, Stark découvre qu'elle
contient plusieurs composants du projet Iron Man. A l'aide des
ingénieurs d'Accutech le génial Abraham Zimmer et Scott Lang, il
pirate des fichiers secrets de La Hammer qui révèle que le Spymaster
a volé des secrets de Stark Industries et les a revendu à des super-
humains dont Le Scarabée (alias Abner Jenkins), Le Contrôleur, Le
Fondeur (alias Brendan Doyle), Les Raiders ou l'Homme-Echasses (alias
Wilbur Day). Iron Man se met en chasse pour faire disparaître toute
trace de sa technologie.





Zimmer efface les fichiers volés des ordinateurs de La Hammer tandis
que Stark entame une procédure judiciaire contre elle auprès du
F.B.I. L'instruction est saboté de l'intérieur par Stingay, un
employé fédéral, qui fait disparaître des noms des fichiers
incriminés. Iron Man doit affronter l'agent double de La Hammer mais
ne parvient pas à prouver le lien avec l'affaire. Le super-héros est
alors recherché par les autorités pour avoir attaqué Stingay. Pour
protéger La Stark, Tony licencie Iron Man.

Le S.H.I.E.L.D. est chargé de retrouver le fugitif et Stark sommé de
collaborer. Ce dernier profite de sa coopération pour s'emparer de
l'armure de combat Mandroïde qu'il a construit puis fait le projet de
s'attaquer à celle des Guardsmans dont il a équipé La Voûte,
l'établissement pénitencier pour super-humains. Au même moment, le
gouvernement retire à Captain America son identité et devient
simplement Captain. Rogers demande à Tony de lui fournir un nouveau
bouclier qu'il utilise pour contrer Iron Man dans La Voûte. Captain
rend le bouclier à Stark. Les relations entre les deux super-héros en
resteront toujours tendus.
Iron Man poursuit sa croisade contre les héritiers de sa
technologie : il va jusqu'en Russie pour s'en prendre à La Dynamo
Pourpre (alias Dimitri Bukharin) et Titanium Man (alias Le Gremlin).
Il parvient à désactiver l'armure de Bukharin mais tue
accidentellement Le Gremlin. La communauté international demande
l'arrestation du super-héros.





Les vengeurs le désavouent. L'armée américaine fait appel à Cord pour
leur fournir l'une des seuls armures de combat Hammer à avoir échappé
aux représailles d'Iron Man : Firepower. Stark doit simuler la
destruction d'Iron Man pour échapper à l'agent formé par Cord. Mais
ce dernier continue à s'en prendre à ses affaires. Tony construit
finalement une nouvelle armure et détruit Firepower. Stark prétend
avoir engagé un nouvel Iron Man qui rejoint Les Vengeurs.

Tony a plusieurs aventures amoureuses : Brie Daniels, Rae La Coste et
Kathleen Dare. Cette dernière tente de l'assassiner en lui tirant
dessus. La colonne vertébrale du multimilliardaire est touché.
Hémiplégique, Stark est condamné à se déplacer en chaise roulante. Il
supporte mal le regard des gens sur son infirmité. Il modifie
l'armure pour qu'elle remplace ses fonctions motrices détruite et se
retranche de plus en plus derrière Iron Man. Tony retrouve finalement
sa mobilité en prenant le risque de se faire implanter une biopuce.
Cette dernière attire l'attention d'un dénommé Kearson DeWitt.
Financé par Desmond Marrs de Marrs Corporation, De Witt prend le
contrôle de la puce pour infliger à Tony des douleurs effroyables.
Stark reprend le contrôle de son corps grâce à l'armure, réussit à se
débarrasser de De Witt mais en sort presque complètement paralysé.
Pour rétablir ses fonctions motrices, il doit revêtir un fin vêtement
neuronet et dépend plus que jamais de l'armure pour survivre. Iron
Man cherche l'aide Dr Su Yin en Chine mais le gouvernement du savant
demande en échange à Iron Man d'affronter Le Mandarin qui a fait une
alliance avec le dragon Makluen Fin Fang Foom et son peuple. C'est
Rhodes qui enfile l'armure mais il est vaincu. Tony prend le relais
en téléguidant l'armure puis doit finalement se résoudre à y aller en
personne pour vaincre ses adversaires.

En tentant de mettre un terme à la guerre Kree-Shi'ar qui menace le
système solaire, Iron Man découvre que La Suprême Intelligence Kree a
envisagé de détruire l'espèce humaine. Il désobéit à Captain America
et conduit une équipe de Vengeurs pour exécuter La Suprême
Intelligence. Il s'en excuse auprès du Captain et tente de rapiécer
l'amitié entre les deux super-héros.



Le cœur artificiel de Tony commence à nouveau à montrer des signes de
faiblesse. Le PDG de Stark Industries parvient pourtant à reprendre à
Justin Hammer toutes ses parts dans La Stan International qui
redevient La Stark. Il est plus riche que jamais. Il construit une
nouvelle armure, La War Machine, pour tenter de suppléer ses
déficiences physiques. Mais il meurt sur une table d'opération d'une
dégénérescence nerveuse. Selon ses dernières volontés, Rhodes devient
le nouveau Président Directeur Général de La Stark et reçoit La War
Machine en héritage. Rhodes prend à nouveau le rôle d'Iron Man.

Erica Sondheim et Abe Zimmer ont en fait placé Tony en état
d'hibernation dans un caisson cryogénique, le temps de refaire le
câblage de son système nerveux. Ils reconstruisent une grande partie
de son corps, aidé par Stark lui-même, depuis son caisson, grâce à un
interface cyberespace. Tony sort de son état de vie suspendue pour
découvrir que ses sens ont été améliorés par la reconstruction mais
que plusieurs de ses fonctions motrices doivent être rééduquées.
Quand Rhodes et Les Vengeurs apprennent que Stark est vivant, ils
n'acceoptent pas la tromperie de Tony. Rhodes quitte La Stark pour se
joindre aux Vengeurs comme La War Machine.
De son lit, Stark lance la construction d'une nouvelle armure, La NTU-
150 (Neuromimetic Telepresence Unit 150), et de plusieurs
intelligence artificielle pour l'assister dont HOMER (Heuristically
Operative Matric Emulation Rostrum) et PLATO (Piezo-electrical
Logistic Analytic Tactical Operator). Il a une aventure avec Veronica
Benning, sa kinésithérapeute particulière.

Au cours d'un combat contre Ultimo, la NTU-150 est détruit manquant
de tué Stark. War Machine recrute Bethany Cabe, Michael O'Brien,
Eddie March, Happy Hogan et Clayton Wilson pour porter d'anciennes
armures d'Iron Man créant ainsi L'Iron Legion pour combattre le super-
humain mais ce fut finalement Stark lui-même qui bat Ultimo avec sa
nouvelle armure.
Iron Man participe au démantèlement des Vengeurs de La Côte Ouest
avant de créer une nouvelle équipe, La Force Works, auquel il fournit
une technologie à la pointe du progrès. Il nomme La Sorcière Rouge à
la tête de La FW mais lui passe souvent par-dessus.
Quand la santé du Captain America décline, Stark conçoit une armure
pour prolonger sa vie et continuer à combattre le crime.

Stark tombe secrètement sous le contrôle d'Immortus, dirigeant Limbo,
qui s'avère être un Kang alternatif. Il tue Le Pourpoint Jaune (alias
Rita DeMara), la gouvernante du Manoir des Vengeurs Marilla et la
journaliste de Force Works , Amanda Chaney. Les Vengeurs réalisant la
chute d'Iron Man recrutent dans une autre dimension un Stark
alternatif adolescent et prirent d'assaut le bunker arctique où Tony
fabrique, pour son maître, un transporteur temporel planétaire. Tony
reprend finalement ses esprits et donne sa vie pour sauver son double.

Le Stark alternatif, débute une nouvelle vie tandis que Stark
Enterprises tombe entre les mains de Fujikawa Industries qui évolue
en Stark-Fujikawa. Rhodes empêche encore une fois que les secrets de
l'armure d'Iron Man ne soit découvert. Le jeune Tony Stark, portant
sa propre armure d'Iron Man, périt avec Les Quatre Fantastiques et
Les Vengeurs dans un combat avec le monstre psionique Onslaught. Ils
sont tous recréés sur La Contre-Terre, un univers façonnée par les
pouvoirs mutants de Franklin Richards. Sur ce monde, le cœur de
Stark, adulte, a été endommagé suite à un combat avec Hulk.





Il a besoin de l'armure d'Iron Man pour survivre. Il rentre avec les
autres sur La Terre pour découvrir qu'il a les souvenirs du Stark
original de cette dimension mélangé à ceux de son double adolescent
et de celui de La Contre-Terre.



Stark, en mauvaise santé, conçoit à nouveau une nouvelle armure,
rétablit Les Vengeurs et crée une nouvelle société de consultant, La
Stark Solutions. Il débute une aventure amoureuse avec Rumiko
Fujikawa, la petite fille du fondateur de Fujikawa. Il bat Mentallo
et utilise sa technologie de contrôle mentale de masse pour effacer
le souvenir de son identité secrète dans tous les esprits terriens.
Il révèle ensuite son secret au personne en qui il a confiance.
Certains, comme Captain America, le prennent mal.
Tony aide le vengeur Warbird (alias Carol Danvers) à se battre contre
son alcoolisme et la réhabilite.

Pendant un bataille avec Sunset Bain, Iron man découvre que la
conscience du robot Jocaste, un vengeur, était captive de Bain. Il le
libère et Jocaste devient son assistant cybernétique personnel mais
il est victime de l'Ultron Imperative, un virus qui le pousse à
ressusciter l'intelligence artificielle Ultron. Jocaste modifie
l'armure pour devenir le nouvel hôte d'Ultron 12. Le processus
accélère quand Iron Man est touché par un arc électrique qui cause
une crise cardiaque à Stark. Tony pense alors que l'armure a acquis
une intelligence propre et tente de l'éduquer. Mais la personnalité
d'Ultron prend le dessus en combat : il assassine Whiplash. Il sauve
néanmoins Tony quand son cœur lâche et lui implante un cœur bionique
avant de se désactiver.
Stark revient à de vieux modèle d'armure.





Il rencontre le fils de Les Fils Yinsen, des moines qui préservent le
cerveau de leur mentor, Ho Yinsen, et portent des amures similaires à
la première version d'Iron Man. Il les aide à combattre Wong-Chu qui
est finalement assassiner par un des fils.

Tony retrouve Tiberius Stone quand ce dernier commercialise sa
technologie de réalité virtuelle Dreamvision, lui prend le cœur de
Rumiko et salit son nom dans la presse. Il découvre que son ancien
ami veut utiliser son invention pour conquérir La Terre. Stark le
défie à son propre jeu mais Tiberius profite de sa connexion au
Dreamvision pour lui implanter une suggestion post-hypnotique qui lui
fait donner toute sa fortune et fermer Stark Solutions. Tony, sous le
nom d'Hogan Potts, devient un simple technicien en informatique pour
Askew Electronics. Il construit une armure à partir de la technologie
SKIN (Synthetic Kinetic Interfacing Nanofluid) d'Askew capable de
former une enveloppe quasiment plus solide que l'adamantium. Iron Man
combat Le Fantôme et L'A.I.M. pour les empécher de bombarder Askew.
Il reprend finalement son identité de Tony Stark, réclame sa fortune
et reprend la direction de Stark Enterprises.

Les Fils de Yinsen trouvent les restes de l'armure qu'Ultron a habité
et tentent d'en faire un nouveau foyer pour le cerveau de leur
mentor. L'Ultron Imperative ressuscite Ultron qui prend le contrôle
des Fils de Yinsen. Le seul moine qui lui résiste, Sun Tao, joint ses
forces à celle d'Iron Man pour le vaincre Ultron au prix de la vie
des autres Fils de Yinsen. Jocaste quitte l'armure de Stark pour
fusionner avec le corps d'Antigone, l'androïde désactivé créé par la
fiancée d'Ultron nommée Alkhema.
Stark trahit finalement sa double identité au public quand il enfile
son armure pour empêcher un chien de se faire écraser par une
voiture. Rumiko se sépare de Stone et se réconcilie avec Tony. Elle
s'arrange pour qu'il retrouve le contrôle de sa société sous son nom
d'origine – Stark Industries. Tony et Rumiko se mettent ensemble.
Iron Man affronte plusieurs fois Temugin, le fils du Mandarin.

Stu Conrad, un conseiller du président des Etats-Unis, offre à Stark
un poste de fournisseur du département de La Défense. Tony refuse
mais découvre qu'un des responsables des acquisitions du Pentagone,
Sonny Burch, a exploité les failles dans la protection des brevets
d'une partie de la technologie Iron Man pour développer certains
équipements qui se révèlent défectueux. Pour résoudre ce problème,
Stark se propose au poste de secrétaire de La Défense. Il promet de
concevoir des armures Iron Man pour les soldats US et de les
entraîner à les utiliser. Le gouvernement accepte. Burch se suicide.





Avant de dissoudre Les Vengeurs, La Sorcière Rouge, souffrant de
désordre mentaux, discrédite Stark en le poussant à boire avant de se
présenter devant les Nations-Unis avec un discours belliciste. Il est
renvoyé. La Sorcière Rouge détruit Le Manoir des Vengeurs et tue
plusieurs super-héros.
Clarence Howard enfonce le clou en volant une armure pour tuer les
membre du Conseil d'administration de La Stark et Rumiko. Iron man le
bat et récupère toutes les armures qu'il avait fournit à l'armée. Il
renonce publiquement à son identité d'Iron Man mais continue
secrètement à agir en tant que tel en prétendant que c'est une autre
personne dans l'armure.





Iron Man rencontre Mallen, un terroriste dopé au virus Extremis, un
agent techno-organique développé par une camarade de classe de Tony,
Maya Hansen. Cette dernière veut faire la démonstration du pouvoir
destructeur de sa création. Vaincu par Mallen, Tony demande à Maya de
lui injecter le virus pour l'affronter à nouveau. Le corps de Stark
se reconstruisit sur un modèle supérieur. Son squelette stocke
désormais l'enveloppe interne de son armure qui guide l'assemblage
magnétique de cette dernière en quelques secondes. Iron Man tue
Mallen.

Avec Captain America, Stark relance une nouvelle fois Les Vengeurs,
comprenant cette fois des héros comme Spider-Man (alias Peter Parker)
et Le Wolverine et fournit la Tour Stark comme nouvelle base
d'opérations. Jarvis est réengagé pour servir Les Vengeurs à la Tour.

Tony Stark, connu pour avoir été longtemps le super-héros Iron Man,
est aujourd'hui le sulfureux président directeur général de Stark
Enterprises, une des plus puissante multinationale du monde. Il est
l'un des hommes les plus riches et les plus puissants des Etats-Unis.
C'est aussi un cœur à prendre et l'un des plus beaux parties people.
Officiellement il a définitivement renoncé à endosser l'armure d'Iron
man et a cédé sa place à un héros anonyme.



Ce héros anonyme c'est Tony Stark lui-même, la version de La Contre-
Terre, avec les souvenirs de l'original et dont le corps, à
l'exception de son coeur de remplacement bionique, a été amélioré par
le virus Extremis.





Iron Man est avec Captain America, à la tête des Vengeurs qui siègent
dans La Tour Stark.

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