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Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas · Les nostalgiques d'Ifrane
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#30 De: DGuiramand@...
Date: Mardi 14. Février 2006  13:40
Sujet: Val d'Ifrane
guiramanddenise
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Chers Amis,
 
En 1972, dans un dépliant touristique de Meknès-Volubilis-Moulay Iddriss-Azzrou-Ifrane distribué par l'Office du Tourisme de Casablanca, sur Ifrane, le texte en anglais est le suivant :
 
"Located 46 miles from Meknes, at an altitude of 5,414 ft., th resort-area of Ifrane is an attractive rendezvous for the lovers of winter sports. on may find several excellent ski-runs in the immediate vicinity : Michlifen, Djebel-Hetri and Djebel-Habri."
 
Sa traduction, que vous avez dû faire instantanément, est la suivante :
 
"Située à 46 milles de Meknes, à une altitude de 5,414 pieds, le Val d'Ifrane est la station d'altitude la plus tendance pour les amoureux des sports d'hiver. Dans un voisinage immédiat, s'y trouvent plusieurs excellentes pistes de ski : le Michlifen, le Djebel-Hetri et le Djebel-Habri."
 
Ainsi nous avons les mesures en anglais.
 
J'ai beaucoup apprécié le rapport historique de Monsieur Benghanem : Merci cher Monsieur, toutes ces précisions étaient nécessaires à la naissance de notre groupe et pour nos cultures personnelles. Vous vivez sans doute tous les jours à Ifrane, nous n'avons pas cette chance aussi tout élément venant alimenter notre puit de réceptions instructives sera le bienvenue.
 
A vos bibliothèques pour que chacune et chacun retrouve quelques lignes ou livres sur Ifrane pour parfaire nos connaissances !
 
De mon côté, en Aquitaine, j'interroge mes brocanteurs habituels. Une bonne documentation circule régulièrement en France ainsi que sur les sites de ventes aux enchères en direct sur Internet (e bay, Delcampte, etc.).
 
Je vous souhaite une bonne fin de semaine,
 
Denise Guiramand
 
 
Denise Guiramand
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#29 De: mohammed el aouene <elaouene@...>
Date: Mardi 14. Février 2006  10:42
Sujet: RE: Hôtel Balima
elaouene
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axelzeider <axelzeider@...> a écrit :
Bonjour,
D'abord, je voudrais dire à quel point je suis heureux de rejoindre ce
forum : j'ai passé de nombreuses vacances à Ifrane avant mon départ du
Maroc en 1986 et je garde de cette petite ville un souvenir ému ... .
A tel point que depuis quelques temps, je me passionne pour un
établissement aujourd'hui disparu mais que certains ont certainement
connu : l'hôtel Balima. J'ai d'ailleurs, encore enfant, eu l'occasion
de me promener au pied de l'immense édifice, alors qu'il était déjà
fermé, et cette experience m'a marqué !
Aujourd'hui, je suis donc à la recherche de tous documents, objets ou
témoignages en rapport avec cet hôtel mythique.
Je suis aussi joignable sue astl@...
Si vous avez en votre possession un élément susceptible de
m'interesser ou une piste de recherche à me soumettre, n'hésitez pas!
Je suis preneur !!
A bientôt.
AZ.






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#28 De: mohammed el aouene <elaouene@...>
Date: Mardi 14. Février 2006  8:46
Sujet: RE: Hôtel Balima
elaouene
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Bonjour,
 
Au sujet de l'hôtel Balima je vous conseille de lire l'article de René H. Henry dans Salam n° 145 de mars 2003....et la suite viendra... Vous avez même son adresse pour lui écrire. J'espère avoir répondu à votre "légitime" curiosité...sur le défunt hôtel Balima d'Ifrane....
 
"Salam" est la revue trimestrielle de "l'Amicale des Anciens des Lycées et Collèges Français du Maroc" sise  7, rue PierreGirard  - 75019 Paris.
 
 Sincèrement:
Mohammed EL AOUENE

axelzeider <axelzeider@...> a écrit :
Bonjour,
D'abord, je voudrais dire à quel point je suis heureux de rejoindre ce
forum : j'ai passé de nombreuses vacances à Ifrane avant mon départ du
Maroc en 1986 et je garde de cette petite ville un souvenir ému ... .
A tel point que depuis quelques temps, je me passionne pour un
établissement aujourd'hui disparu mais que certains ont certainement
connu : l'hôtel Balima. J'ai d'ailleurs, encore enfant, eu l'occasion
de me promener au pied de l'immense édifice, alors qu'il était déjà
fermé, et cette experience m'a marqué !
Aujourd'hui, je suis donc à la recherche de tous documents, objets ou
témoignages en rapport avec cet hôtel mythique.
Je suis aussi joignable sue astl@...
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#27 De: "axelzeider" <axelzeider@...>
Date: Lundi 13. Février 2006  17:06
Sujet: Hôtel Balima
axelzeider
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Bonjour,
D'abord, je voudrais dire à quel point je suis heureux de rejoindre ce
forum : j'ai passé de nombreuses vacances à Ifrane avant mon départ du
Maroc en 1986 et je garde de cette petite ville un souvenir ému ... .
A tel point que depuis quelques temps, je me passionne pour un
établissement aujourd'hui disparu mais que certains ont certainement
connu : l'hôtel Balima. J'ai d'ailleurs, encore enfant, eu l'occasion
de me promener au pied de l'immense édifice, alors qu'il était déjà
fermé, et cette experience m'a marqué !
Aujourd'hui, je suis donc à la recherche de tous documents, objets ou
témoignages en rapport avec cet hôtel mythique.
Je suis aussi joignable sue astl@...
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A bientôt.
AZ.

#26 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Lundi 13. Février 2006  9:55
Sujet: Ifrane au présent
elaouene
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Ifrane au présent :

Si Hicham BENGHANEM a travaillé pour vous....Visitez son blog et vous
allez découvrir "l'Ifrane" de la semaine...."Bon spectacle".

Rappel de l'adresse : http://hagihicham.skyblog.com/

#25 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Dimanche 12. Février 2006  16:08
Sujet: L'internat de montagne ex Pension Anthian
elaouene
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Merci beaucoup por les deux photos de la pension Anthian

#24 De: taforalt@...
Date: Dimanche 12. Février 2006  4:58
Sujet: Re: Merci, Mme Mireille MUSSEAU
taforalt@...
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Vous être trop généreux, je ne suis pas connue, mais j'aime tellement entendre parler de ce que j'aime
 
Je peux voir mais je ne peux pas poster avec ce yahoo qui ne veux pas me prendre mon prénom du fait que j'ai déjà une adresse que je veux garder pour le forum d'Oujda. Mais si je peux être "Taforalt" chez vous c'est d'accord aussi
je ne sais pas comment m'y  prendre. Tachez de m'incrire vous même et me donner le lien. Merci
amitiés  Mireille
 

#23 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Dimanche 12. Février 2006  9:16
Sujet: Merci, Mme Mireille MUSSEAU
elaouene
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Merci d'avoir répondu à mon appel..
J'étais impatient de voir votre nom sur la liste des membres du
groupe...encore une fois merci...
Votre présence me réconforte, vous qui êtes déjà connue à Ifrane...

Sincèrement:
Mohammed  EL AOUENE

#22 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Samedi 11. Février 2006  22:51
Sujet: Ifrane 001
elaouene
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La dernière photo m'a été envoyée par Mme Denise GUIRAMAND....J'espère
avoir réussi la copie...Merci.

#21 De: mohammed el aouene <elaouene@...>
Date: Samedi 11. Février 2006  8:53
Sujet: Re: Simple divulgation d'information
elaouene
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Bonjour Madame Guiramand,
 
Je vous remercie beaucoup pour l'intérêt que vousaverz réservé à ma modeste recherche sur la sculpture du lion d'Ifrane...mais je regrette beaucoup de ne pas -pour le moment- pour envoyer un exemplaire car il ne m'en reste plus -ici à Salé- que 3 que je garde dans mes archives...C'est Nabil, avant son départ pour Montréal, qui s'était chargé, avec son propre argent, de la publication de l'opuscule en question. En rentrant à Ifrane si j'arrive à m'en procurer un exemplaire je vous l'enverrai et avec beaucoup de plaisir....Entre temps je vous demanderai de me communiquer votre adresse postale et merci...
 
Sincèrement
Mohammed  EL AOUENE

DGuiramand@... a écrit :
Bonjour Monsieur El Aouene,
 
La photographie du livret est bien réussie.
 
Où peut-on se procurer ce livret 'Histoire du Lion d'Ifrane' par Mohamed El Aouene et surtout, le faire dédicacer ?
 
Dans l'attente de votre réponse et avec mes remerciements
 
Cordialement,
 
Denise Guiramand
 
Denise Guiramand
dguiramand@...
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#20 De: DGuiramand@...
Date: Samedi 11. Février 2006  3:18
Sujet: Re: Simple divulgation d'information
guiramanddenise
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Bonjour Monsieur El Aouene,
 
La photographie du livret est bien réussie.
 
Où peut-on se procurer ce livret 'Histoire du Lion d'Ifrane' par Mohamed El Aouene et surtout, le faire dédicacer ?
 
Dans l'attente de votre réponse et avec mes remerciements
 
Cordialement,
 
Denise Guiramand
 
Denise Guiramand
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Skype : De1955

#19 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  21:52
Sujet: Simple divulgation d'information
elaouene
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La photographie (couverture d'un livret) n'est nullement une publicité
c'est une simple
information....

Sincèrement :
Mohammed  EL AOUENE

#18 De: "benghanem2003" <benghanem2003@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  20:44
Sujet: des images d ifrane
benghanem2003
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Qu'il est doux Ifrane et qu'elle est exquise sa beauté» (Mahla Ifrane
ou Mahla jamalou), chantait Brahim Alami... (chanteur marocain). Et il
a bien raison...

Une ambiance de sérénité règne dans cette ville située à 1650 m
d'altitude. La beauté de son architecture, plus proche de la suisse
que du Maroc profond, la gentillesse de ses habitants, la verdure qui
la serre dans ses bras, ses forêts et lacs, bref, un cadre idyllique
qui prête à la complicité et à l'harmonie avec mère nature

C'est la station de ski préférée des marocains, notamment les
casablancais. On s'y sent bien, aussi bien que chez soi et le sourire
de ses gens ne que vous enchanter. C'est aussi une ville de sciences
avec des universités de prestige, une ville d'art, une ville de
tolérance et de paix.

La province d'Ifrane se trouve au cœur du Moyen-Atlas et s'étend sur
une superficie de 3573 km2.

#17 De: "benghanem2003" <benghanem2003@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  20:40
Sujet: Histoire de Ifrane
benghanem2003
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Les premières traces de l'installation humaine dans la région
remontent au Néolithique. Des grottes telles que celles de Tizguite
ainsi que les vestiges archéologiques remontant à la Préhistoire à
Zerouka, Ghabt, Al Bahr et Itto en témoignent.

Par la suite, la région d'Ifrane fut habitée d'abord par les
berbères puis par les juifs, et ce, depuis environ trois milles ans
avant Jésus-Christ. On prétend qu'elle a été la cité de la plus
ancienne colonie juive au Maroc.

Selon la tradition orale, les israélites ont quitté la Palestine au
temps de Nabuchodonosor, roi de Babylone (160 Km au sud de Bagdad)
après la première destruction du temple en 587 av.J.C. Il
traversèrent  l'Egypte et la bordure septentrionale du Sahara, puis
parvinrent au rivage atlantique de l'anti-atlas en 361 avant Jésus-
Christ et s'installèrent en premier lieu dans les grottes en bordure
de l'oued Ifrane, et ce,  après qu'ils aient pu acheter
l'autorisation de s'installer aux autochtones.

A la suite d'une alliance avec ces derniers ils fondèrent un royaume
dont le roi était "Ephrati" (de la tribu d'Ephraïm : l'une des douze
tribus d'Israël).


Ifrane renferme le plus ancien document historique au nord africain:
c'est la tombe d'un juif nommé "Rabbin youssef ben Mimoun" qui
serait mort en l'an 5 av.J.C. Elle se trouve au cimetière juif connu
sous le nom de "Lmiâra" ( nom donné par les juifs marocains à tous
leurs cimetières

Ifrane est sera habitée plus tard par une population issue deux
grandes tribus Sanhaja, les Béni M'guild et les Béni M'tir dont le
flux vers le nord avait été "arrêté" au XVe siècle par la ceinture
des Casbahs fondées par le Sultan Moulay Ismaïl, ce qui a eu pour
effet de favoriser la création de noyau de sédentarisation des
nomades et a permis la constitution d'agglomérations telles que
Azrou et Aïn Leuh..

Bien plus tard, Ifrane sera désertée pour les autres villes du nord
nées de la naissance du Royaume chérifien du Maroc par Moulay Driss
Premier, Roi fondateur de la Dynastie qui porte son nom ( ) et du
Maroc.

Quelques siècles plus tard, plus exactement  en 1928 et en hommage
au passé lointain de la ville,  par arrêté viziriel (ministériel
marocain), les autorités du protectorat français décidèrent de créer
un centre d'estivage appelé Ifrane (grottes en tamazighte). Deux
projets de création d'une station d'estivage furent proposés à Eirik
Labonne, secrétaire général du protectorat. Le premier était celui
de l'actuelle ville d'Ifrane et le second optait pour la ville de
Ksiba Moha ou Saïd.

La situation géographique d'Ifrane, la topographie et son climat
privilégié, déterminent le choix du Gouvernement marocain à
l'édification d'une station estivale dans un espace vierge de toute
construction. Une partie de la main d'œuvre sera constituée de
prisonniers. Le 9 juillet 1929 arrive le premier camion de
matériaux. Le 15 août 1929 voit l'inauguration des hôtels, du
Casino, de chalets, ainsi que le Centre d'estivage et de la place du
lion. E. LABONNE.

Ifrane se transforme alors en station aux allures suisses que nul ne
croirait croiser en se baladant dans ces régions berbères du Maroc.
Chacune de ses villas porte en elle des caractéristiques : des
toitures, à tuiles rouges, que certains avancent certaines
hypothèses, notamment celles qui concernent leurs pentes. En effet,
ces dernières varient de l'angle obtus à l'angle aigu en passant par
l'angle droit. Ces inclinaisons rappellent ainsi l'évolution de
l'architecture des constructions en France du Sud au Nord, autrement
dit de la Côte d'Azur à la Manche. Le visiteur peut même remarquer
l'existence de façades typiquement normandes ou bretonnes, voire
alsaciennes. Par un sentiment de nostalgie, chaque Français voulait
ainsi transposer le mode d'habitation de son pays d'origine et
mémoriser par la même occasion son passage. Un Français qui a vécu à
Ifrane de 1936 à 1992 confiait «à propos de l'évolution du tissu
urbain de cette cité, qu'en fait les décideurs de l'époque voulaient
faire cette une ville où le Français ne se sentira à aucun moment
dépaysé».

Ifrane est le centre d'estivage marocain le plus fréquenté. La
province d'Ifrane se trouve au cœur du Moyen-Atlas avec une
superficie de 3573 km2. Elle est habitée par deux grandes tribus
Sanhaja, les Béni M'guild et les Béni M'tir. Station de montagne,
cette cité est devenue un haut lieu des sports d'hiver. Avec ses
chalets aux toits couverts de tuiles rouges, elle est située à 1650
m d'altitude.

Ses richesses naturelles ont amené les responsables de la région à
créer un parc national de 53000 ha. C'est dans cette région qu'on
trouve la plus grande forêt de cèdre du pays. De son vrai nom Ourti
(jardin en tamazigh), Ifrane est le centre d'estivage marocain le
plus fréquenté. Ses lacs sont incontournables pour la pêche à la
truite et au brochet. Elle est également une région pastorale et
possède une station expérimentale pour l'étude des comportements des
animaux.

#16 De: "jacques.salerno" <jacques.salerno@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  20:28
Sujet: Re: Rectification
salerno_jacques
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Cher Mohamed
C'est pur hasard que j'écrivais ,fraternellement " MOHA" , sans savoir que c'était le diminutif de ton père .Le monde est bien petit et le temps réserve des coincidences amusantes et qui confirment des souvenirs lointains et parfois flous.
Fabien AZAN ,je viens de m'en souvenir racontait que le matin ,après s'être rasé ,se regardant dans la glace ,en signe de bonheur et pour positiver , se parlait à lui-même et disait à la glace : Aujourd'hui,Fabien ,tu me plaîs !
Cela faisait rire tout le monde .
 
Je suis de 1950 ,il me semble que nous sommes de la même génération !
A bientôt ,je vais faire du ski dans les alpes pendant une semaine .
 
Amicalement
 
----- Original Message -----
Sent: Friday, February 10, 2006 8:28 PM
Subject: Re: [Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas] Rectification

Cher ami Jacques,
 
Eh ! oui je suis bien le fils de Moha  le laveur de lessive avant de rejoindre la cuisine...Moha, si vous vous souvenez encore.... mon père  portait toujours une barbe noire "à la bérbère" et non pas à la Ben Laden....Fabien AZAN, propriétaire de l'hôtel était, effectivement, chauve...Tout le personnel -titulaire- de l'époque est décédé....Ma mère qui est à côté de moi ne sait pas si "Papillon" est toujours en vie...Il travaillait comme extra pendant les vacances....
 
L'hôtel a été racheté par la "Banque Populaire" (marocaine) pour en faire un centre d'éstivage pour son personnel...Il a complètement été "reconstruit"....
 
Pendant les vacances de fin d'année (1967-1968-1969-1970) je m'occupais de la discothèque...Au coin du restaurant Mme Azan me remettait des disques que je devrai passer selon l'ordre qu"elle "m'ordonnait"....
 
Sincèrement
Mohammed

Jacques SALERNO <jacques.salerno@...> a écrit :
Salut MOHA
Un petit truc ; j'ai passé deux ou trois fois des vacances à l'hôtel des Lilas (BEL).
Le propriétaire en 1961 s'appellait "AZAM" ou "AZAN ", il était chauve ,très sympathique et drôle .
Un des serveurs , marocain , était surnommé PAPILLON , parce qu'il passait et servait de table en table ,avec une grande vitesse et virtuosité .
Toujours souriant et farceur ,il était un excellent joueur de" dames" , quand il n'était pas de service il jouait avec certains clients.
Je crois que cet hôtel a été détruit ? A cette époque il se situait presque en campagne au bord de la ville .
J'ai eu l'occasion de visiter le Palais Royal en construction
La photo se trouve vers la fin du diaporama .n° 68 (à vérifier)
Tu peux utiliser ce texte si ça t'intéresse ,ou en partie .
Denise est aussi une amie .
Casablancaisement et amicalement  
jacques




> Message du 10/02/06 15:14
> De : "Mohammed  EL AOUENE"
> A : Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas@...
> Copie à :
> Objet : [Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas] Rectification
>
> C'est grâce à notre grande amie Denise GUIRAMAND que j'ai pu donner
> une legende à la photographie  N°56/70 ...
>
>
>
>


jacques salerno
06 82 42 06 14


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#15 De: tahiri mehdi <aragawa30@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  20:30
Sujet: RE: Bienvenue
aragawa30
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Monsieur Mohammed  EL AOUENE,
 
Je vous remercie pour votre invitation....Bien que je ne sois pas de cette belle ville qu'Ifrane , j'adhère volontiers à votre groupe...Je le fait par respect à tout ce que vous aviez fait pour le développement culturel des provinces de Béni Mellal et d'Azilal et ce malgré vos maigres moyens....Comme vous auriez pu le constater, je suis Moulay El Mehdi TAHIRI de Souk Sebt Oulad Nemma....l'artiste/photos comme vous aimez me qualifier...
 
Je suis à votre entière disposition.
M. El Mehdi TAHIRI

Mohammed EL AOUENE <elaouene@...> a écrit :
Merci beaucoup chers amis votre adhésion ne peut être qu'un
encouragement pour aller toujours de l'avant....






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#14 De: mohammed el aouene <elaouene@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  19:28
Sujet: Re: Rectification
elaouene
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Cher ami Jacques,
 
Eh ! oui je suis bien le fils de Moha  le laveur de lessive avant de rejoindre la cuisine...Moha, si vous vous souvenez encore.... mon père  portait toujours une barbe noire "à la bérbère" et non pas à la Ben Laden....Fabien AZAN, propriétaire de l'hôtel était, effectivement, chauve...Tout le personnel -titulaire- de l'époque est décédé....Ma mère qui est à côté de moi ne sait pas si "Papillon" est toujours en vie...Il travaillait comme extra pendant les vacances....
 
L'hôtel a été racheté par la "Banque Populaire" (marocaine) pour en faire un centre d'éstivage pour son personnel...Il a complètement été "reconstruit"....
 
Pendant les vacances de fin d'année (1967-1968-1969-1970) je m'occupais de la discothèque...Au coin du restaurant Mme Azan me remettait des disques que je devrai passer selon l'ordre qu"elle "m'ordonnait"....
 
Sincèrement
Mohammed

Jacques SALERNO <jacques.salerno@...> a écrit :
Salut MOHA
Un petit truc ; j'ai passé deux ou trois fois des vacances à l'hôtel des Lilas (BEL).
Le propriétaire en 1961 s'appellait "AZAM" ou "AZAN ", il était chauve ,très sympathique et drôle .
Un des serveurs , marocain , était surnommé PAPILLON , parce qu'il passait et servait de table en table ,avec une grande vitesse et virtuosité .
Toujours souriant et farceur ,il était un excellent joueur de" dames" , quand il n'était pas de service il jouait avec certains clients.
Je crois que cet hôtel a été détruit ? A cette époque il se situait presque en campagne au bord de la ville .
J'ai eu l'occasion de visiter le Palais Royal en construction
La photo se trouve vers la fin du diaporama .n° 68 (à vérifier)
Tu peux utiliser ce texte si ça t'intéresse ,ou en partie .
Denise est aussi une amie .
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jacques




> Message du 10/02/06 15:14
> De : "Mohammed  EL AOUENE"
> A : Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas@...
> Copie à :
> Objet : [Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas] Rectification
>
> C'est grâce à notre grande amie Denise GUIRAMAND que j'ai pu donner
> une legende à la photographie  N°56/70 ...
>
>
>
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#13 De: mohammed el aouene <elaouene@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  14:01
Sujet: RE: Chalet de l'Enerrgie Electrique du Maroc
elaouene
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Merci chère amie
 
C'est le cas de dire que vous m'avez fait "la puce à l'oreille"....Oui effectivement , le bâtiment juste à côté de la colonie des vacances de la Régie des Tabacs...Remarquez, l'immeuble se trouve en pleine fôret sur la route de Michlifen ( derrière le Palais Royal)....encore une fois merci

guiramanddenise <DGuiramand@...> a écrit :
Cher Monsieur El Alouene,

Dans la rubrique Photos, la numéro 56/70 intitulée 'je n'arrive pas à
la situer' est le chalet de l'Energie Electrique du Maroc : j'y
séjournais presque tous les hivers de 1957 à 1968.

L'.E.E.M. (devenue l'Office National de l'Electricité) possédait
également des maisons individuelles dans Ifrane-même, soit isolées soit
jumelées.

Le soucis principal, lorsque nous arrivions, était de savoir si nous
avions assez de couvertures... car nous étions très bien chauffés,
(évidement à l'E.E.M. !) sinon trop !

Et les belles vacances commençaient ! Ah ! Quel air pur, ! Quels rêves !

Bonne fin de semaine,

Denise






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#12 De: Jacques SALERNO <jacques.salerno@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  14:50
Sujet: Re: Rectification
salerno_jacques
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Salut MOHA

Un petit truc ; j'ai passé deux ou trois fois des vacances à l'hôtel des Lilas (BEL).

Le propriétaire en 1961 s'appellait "AZAM" ou "AZAN ", il était chauve ,très sympathique et drôle .

Un des serveurs , marocain , était surnommé PAPILLON , parce qu'il passait et servait de table en table ,avec une grande vitesse et virtuosité .

Toujours souriant et farceur ,il était un excellent joueur de" dames" , quand il n'était pas de service il jouait avec certains clients.

Je crois que cet hôtel a été détruit ? A cette époque il se situait presque en campagne au bord de la ville .

J'ai eu l'occasion de visiter le Palais Royal en construction

La photo se trouve vers la fin du diaporama .n° 68 (à vérifier)

Tu peux utiliser ce texte si ça t'intéresse ,ou en partie .

Denise est aussi une amie .

Casablancaisement et amicalement  

jacques




> Message du 10/02/06 15:14
> De : "Mohammed  EL AOUENE"
> A : Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas@...
> Copie à :
> Objet : [Ifrane_Perle_du_Moyen_Atlas] Rectification
>
> C'est grâce à notre grande amie Denise GUIRAMAND que j'ai pu donner
> une legende à la photographie  N°56/70 ...
>
>
>
>



jacques salerno
06 82 42 06 14

#11 De: hicham benghanem <benghanem2003@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  15:11
Sujet: RE: Ifrane, toujours Ifrane
benghanem2003
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merci si muohamad  thanks

Mohammed EL AOUENE <elaouene@...> a écrit :
Pour les nostalgiques qui veulent redécouvrir l'Ifrane de nos jours,
je leur suggère de consulter le site de Si Hicham BENGHANEM
(http://hagihicham.skyblog.com/)

....Bravo Hicham et merci...

http://hagihicham.skyblog.com/





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#10 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  14:33
Sujet: Ifrane, toujours Ifrane
elaouene
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Pour les nostalgiques qui veulent redécouvrir l'Ifrane de nos jours,
je leur suggère de consulter le site de Si Hicham BENGHANEM
(http://hagihicham.skyblog.com/)

....Bravo Hicham et merci...

http://hagihicham.skyblog.com/

#9 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  14:14
Sujet: Rectification
elaouene
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C'est grâce à notre grande amie Denise GUIRAMAND que j'ai pu donner
une legende à la photographie  N°56/70 ...

#8 De: "guiramanddenise" <DGuiramand@...>
Date: Vendredi 10. Février 2006  13:20
Sujet: Chalet de l'Enerrgie Electrique du Maroc
guiramanddenise
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Cher Monsieur El Alouene,

Dans la rubrique Photos, la numéro 56/70 intitulée 'je n'arrive pas à
la situer' est le chalet de l'Energie Electrique du Maroc : j'y
séjournais presque tous les hivers de 1957 à 1968.

L'.E.E.M. (devenue l'Office National de l'Electricité) possédait
également des maisons individuelles dans Ifrane-même, soit isolées soit
jumelées.

Le soucis principal, lorsque nous arrivions, était de savoir si nous
avions assez de couvertures... car nous étions très bien chauffés,
(évidement à l'E.E.M. !) sinon trop !

Et les belles vacances commençaient ! Ah ! Quel air pur, ! Quels rêves !

Bonne fin de semaine,

Denise

#7 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Jeudi 9. Février 2006  23:49
Sujet: Histoire d'une recheche : La sculpture du lion d'Ifrane
elaouene
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Publié dans :
Ø « Al Bayane » des  23 et 24 avril  2002.
Ø « L'opinion » du 29 novembre 2002.


Histoire d'une recherche :La sculpture du lion d'Ifrane.

"On ne revit jamais le même instant et les paysages les plus
familiers, malgré leur apparente stabilité,
n'échappent jamais à la morsure du vieillissement.. »

Maurice De GANDILLAC.

Pensées candides

Cela se passait quand je venais à peine d'avoir cinq ans et vous
imaginez bien la mémoire d'un enfant de cet âge. Mon père décida de
m'emmener en promenade en ville et découvrir ainsi pour la première
fois des coins merveilleux qui étaient jusque-là et en grande partie
réservés aux Européens.

Nous traversâmes à bicyclette de marque « gauloise » et de taille «
750 », si je ne me trompe, que mon père venait juste d'acheter à la
vente aux enchères lors du dernier souk. Protégé par les puissants
bras de mon père et installé en amazone sur le cadre du « ôud er-
rih » , je mémorisai les noms de  rues à travers les arbres qui les
bordaient. Erables, platanes, tilleuls, acacias, ormes, tous bien
taillés, défilaient devant mes yeux comme des soldats en faction.
Soudain le grincement des freins me fit signal de la fin de
parcours. Mon père dressa son vélo contre un poteau d'électricité,
juste au coin de la seule et unique patinoire du « village ».

Du plus loin que je me souvienne,  je m'accrochais fièrement  à la
main de mon père. Et la sensation de cette  main franchement
endurcie par le travail de plongeur de cuisine me fait encore
tressaillir chaque fois que j'y pense alors qu'aujourd'hui j'ai
dépassé, il y a belle lurette, la cinquantaine.

  C'était au lendemain d'un Maroc fraîchement indépendant que nous
allions en promenade dans le val d'Ifrane communément désigné
par «la prairie » ou «  la piscine ». Sillonnée par la rivière aux
multiples méandres du nom de l'oued « Tizguit », cette prairie était
le lieu le plus prisé des mordus du pique-nique.

  A travers une fierté mêlée surtout de nationalisme, mon père tenait
absolument à ce que je garde mes habits traditionnels : Un tchamir
blanc qui prenait fin au niveau des genoux , un saroual qandrissa
bleu et des sandales à semelles de pneu légèrement retroussées au
niveau de l'orteil. Ma petite tête, soigneusement rasée la veille,
était généreusement  garnie d'une belle et surtout longue tresse qui
pendait majestueusement du pariétal droit et qui allait se briser
sur une épaule hautaine à côté d'un père d'un grand gabarit qui
s'était, toujours, fait respecté. A ce moment là exactement, cette
attitude répondait parfaitement à Ernest RENAN qui écrivait : « Une
nation ne prend d'ordinaire la parfaite connaissance d'elle-même que
sous la pression de l'étranger. ».

Nous arrivions au val, et longions progressivement la rivière au
courant tantôt tumultueux tantôt paresseux, que Jules BORELY a si
bien décrit à la fin de la décennie quarante du siècle dernier : «
Un ruisseau fait de creux tranquilles et de petites cascades en
forme de franges prises entre deux pierres moussues, coulait devant
nous, claire et transparente. […] Penchés sur le bord, nous nous
mîmes à regarder curieusement les truites qui allaient et venaient
dans une eau pleine de jour. Ces jolis poissons, enjoués, agiles,
les nageoires pétillantes de lumière et d'esprit, vivaient là aussi
tranquilles que des poissons rouges dans un bocal. »

Et je me trouvai subitement devant un spectacle extraordinaire. A
cette heure de l'après midi d'un samedi, je crois que nous étions,
mon père et moi, les seuls « indigènes » à « rôder » autour  de
ces « gens-là » . Les uns décontractés  et parfois vautrés sur de
l'herbe sauvage nous scrutaient avec des yeux exorbités sous de
larges chapeaux de paille ou de casquettes de diverses couleurs.
Bien que les yeux soient fixés sur le bouchon, les autres ne
pouvaient s'empêcher de jeter de temps à autre des regards furtifs
vers ces deux intrus que nous étions. Et comme si notre présence les
empêchait de s'adonner tranquillement à leur sport favori : la pêche
à la ligne. Et pour les nostalgiques de cette ruisselante rivière,
un ancien du Lycée Gouraud  né au Maroc en 1931, Pierre METEYER
m'écrivait, il y a peu de temps : «  en 1942, je suis tombé dans la
rivière qui est en aval de la piscine. Un lieu dit, je crois me
souvenir «  les cascades ». Il y avait des truites superbes, qui
sautaient pour gober les sauterelles que je leur présentais. Je
m'étais trop penché pour les regarder. »

  Et voici le clou de cette scène. Alors que nous marchions nous
fûmes « interpellés » par un petit groupe d'enfants de mon âge  qui
voulait me prendre en photographie sur l'un des ânes que l'on louait
aux visiteurs. De peur d'être contrariés par ces deux «
aventuriers » venus perturber cette chasse - trop longtemps- gardée,
ce sont, et sans aucune ombre de doute, leurs parents qui les ont
envoyés.  Il ne fallait donc que Mohand, le petit berbère, pour
compléter le décor du scénario. C'était peut être le dernier
souvenir pour les uns, une référence anthropologique pour d'autres
ou tout simplement le comportement innocent d'enfant pour d'autres
encore. Le regard tantôt luisant et tendre, tantôt aigu et sévère
derrière une barbe courte mais plutôt bien fournie, mon père
laissait entendre qu'il ne manifestait aucune opposition. Ce
changement de  regard venait, d'une façon intermittente, mettre à
carreaux les enfants les plus tapageurs.

Soudain et d'un pas, pour le moins, nonchalant,  un homme s'avança
vers nous et demanda poliment à mon père s'il était possible de me
prendre en photographie d'abord seul, ensuite avec les enfants. Avec
un large sourire mon père  répliquait prestement qu'il n'y voyait
aucun inconvénient pourvu qu'il ne m'arrivât aucun mal. Ce monsieur
dont je me souviens, comme si c'était d'hier, avait cette allure
franche de l'oncle Jules, le remarquable personnage de Marcel
PAGNOL  . « Sa figure était vieux-rose, il avait une épaisse
moustache châtain, des sourcils roux bien fournis, de gros yeux
bleus, un peu saillants. Sur ses tempes, quelques fils blancs… »

Et d'un geste audacieux mon père me déposa sur la selle, bien
incompatible au dos, du jeune baudet. Le soleil du contre-jour me
frappait droit aux yeux et en courageux, je ne dus que me résigner
aux exigences de la circonstance. Les enfants, dans leurs habits du
dimanche, quelque peu débraillés, se bousculaient dans un vacarme de
cour d'école. Chacun voulait se photographier  à côté du petit
marocain. Cette scène, typique par son état, épouse parfaitement
l'anecdote amazigh «  n'tcha, n'ssoua, n'kess azzar ha noukni ar
n'ssara . » (Littéralement : Nous avons mangé, nous avons bu, nous
nous sommes rasés et voilà que nous sommes en train de nous
promener). Les enfants riaient de plus en plus fort et « on ne rit
pas pour le plaisir, mais pour considérer son état » comme l'a si
bien dit Molière. Supplice ou extase, je ne peux exprimer dans quel
état j'étais. Tout ce que je sais c'est que ce Monsieur n'a pas tenu
sa promesse. Il ne nous a jamais envoyés de tirage de ces prises de
vue. Qui sait ? Il se peut que j'aie été l'acteur principal d'une
illustration d'une carte postale, d'un livre de lecture ou de
géographie...

  Il se faisait déjà tard, nous nous empressâmes d'aller voir le
fameux lion de l'Atlas.

Une présence du passé : Le lion d'Ifrane.

  Le lion d'Ifrane, c'est cette sculpture, finement taillée sur du
granite, qui a fait rêver et fait encore rêver tous ceux qui l'ont
vue, et surtout admirée dans sa splendeur. Cette sculpture érigée en
plein pays d'Islam où la représentation figurée est strictement
interdite, mesure dans sa posture au repos environ  7 mètres de
long, 1.50 m. de large et 2.00 m. de hauteur. Bien qu' il soit un
redoutable prédateur, ce lion vous donne l'impression de sortir non
pas d'une forêt vierge mais d'une cage de cirque : Un jeune lion
bien dressé voir docile mais surtout bien « apprivoisé ». C'est peut
être, ce que l'artiste voulait faire  du jeune lion du Moyen Atlas :
Education de missionnaires ( ?) ou tout simplement influence d'une
conjoncture. Nos professeurs de littérature arabe nous ont toujours
dit  et redit que le poète, et par extension l'artiste, subit
toujours les influences de son environnement. L'artiste voulait,
peut être, encore rendre perpétuel le lion l'Atlas. Ce lion qui fut
dix huit fois cité, au XVIème siècle, par Léon l'Africain .

Principal ornement des armoiries de la ville, le lion d'Ifrane est
présent dans le passé de toute une génération. Mon ami d'enfance
Henri GIORGI, un français natif d'Ifrane et que je me permets, avec
son autorisation de nommer ainsi, de citer le nom, m'écrivait ces
derniers jours : « Je me rappelle l'impression qu'il me faisait
lorsque avec mon grand-père nous allions nous asseoir à ses côtés.
De plus, chaque fois que je rencontre une personne qui est allée à
Ifrane, je demande de ses nouvelles comme s'il s'agissait d'un vieil
ami. »

Jusque là, l'histoire du Lion d'Ifrane s'est toujours cantonnée
derrière une énigme que j'essaie aujourd'hui de vous livrer
quelques  secrets.

Le choix du site d'Ifrane

  Deux projets de création d'une station d'estivage furent proposés à
Eirik LABONNE , alors Secrétaire Général du Protectorat. Le premier
était celui de l'actuelle ville d'Ifrane et le second était celui de
la ville de Ksiba Moha ou Saïd. Ce qui caractérisait les deux sites
c'était  leur situation au nord dans les confins du Moyen Atlas dans
un site verdoyant dominé par des cèdres et des chênes verts ou
pédonculés, à une altitude quasi identique aux environs des 1600
mètres.

  Le haut fonctionnaire français fut plutôt tenté par Ifrane. D'abord
parce que cette dernière est à égale distance de deux villes
impériales, Fez et Méknès. Ensuite parce que Fez s'imposait comme
capitale intellectuelle et Méknès, comme l'un des fiefs les plus «
florissants » de colons terriens.

Le choix se confirma par un Arrêté Viziriel de 1928.  Le mérite de
ce choix revient donc à Eirik LABONNE  qui posa la première pierre
et ordonna le lancement des travaux le 16 septembre 1929.

Lorsque les Français arrivèrent à Ifrane, ce dernier n'était qu'un «
petit verger »d'où son vrai nom en tamazight « Tourtite ». Madame
Josette HENRY-GIORGI, avançait même que «  Déjà connue et appréciée,
sans doute, des Romains de Volubilis, il la nommèrent « Horti », les
jardins. Le nom déformé devint « Tourtit » » . Les anciens habitants
de la région l'appellent toujours ainsi. En effet, c'est à sept
kilomètres, allant vers la ville de Méknès du côté de la rivière,
que se trouve la vraie agglomération du nom d'Ifrane . Il s'agit de
la Zaouïa des Aït Sidi Abdeslam qui était au départ une suite de
grottes occupées par les « autochtones », les fameux troglodytes. A
notre modeste connaissance, toutes les grandes familles de cette
tribu entretiennent avec beaucoup de respect ces legs du passé.
Rappelons au passage que le site de ce village est classé comme site
naturel  par Arrêté Viziriel du 6 septembre 1947.

Le mot « Ifrane » en berbère local est le pluriel du mot « Ifri »
qui veut tout simplement dire grotte. Les Français, contrairement à
l'appellation  de « tourtite », nous pensons pour le moins, qu'ils
avaient choisi le nom d'Ifrane non pas par un respect prononcé, de
vouloir  honorer les anciens habitants de la Zaouïa des Aït Sidi
Abdeslam mais parce qu'ils avaient trouvé plus facile la
prononciation du terme, compte tenu de l'harmonie de son accent.

Au départ Ifrane n'était qu'une suite de chalets qui, peu à peu,
vont laisser place à de jolies villas pour devenir aujourd'hui l'un
des centres d'estivage le plus fréquentés du pays. Chaque villa
porte en elle un nombre non négligeable de caractéristiques. Des
toitures, à tuiles rouges, nous pouvons avancer certaines hypothèses
notamment celles qui concernent leurs pentes. En effet ces dernières
varient de l'angle obtus à l'angle aigu en passant par l'angle
droit. Ces inclinaisons rappellent ainsi l'évolution de
l'architecture des constructions en France du sud au nord, autrement
dit de la Côte d'Azur à la Manche. Nous pouvons même remarquer
l'existence de façades typiquement normandes ou bretonnes voire
alsaciennes. Par un sentiment manifeste de nostalgie, chaque
Français voulait ainsi transposer le mode d'habitation de son pays
d'origine et mémoriser par la même occasion son passage. Un français
qui a vécu à Ifrane de 1936 à 1992 me confiait, alors que nous
discutions de l'évolution du tissu urbain de la ville , qu'en fait
les décideurs de l'époque voulaient faire d'Ifrane une ville où le
Français ne se sentira à aucun moment dépaysé.



Le lion d'Ifrane à travers une lorgnette.

Nous nous sommes retrouvés, mon père et moi, devant ce monument qui
me paraissait, à mon âge, d'un aspect massif et grandiose. Et je ne
peux franchement vous décrire quelle a été  cette angoisse qui
m'avait  subitement contracté la poitrine devant cette colossale
sculpture. Je m'accrochais de plus en plus à la main de mon père.
L'appréhension que me faisait sa vue s'était, peu à peu, dissipée en
voyant d'autres enfants de mon âge roder autour du fameux lion sans
aucune crainte d'être « dévorés ». Depuis cet instant, je m'étais
toujours posé une question bicéphale : qui a sculpté ce lion et
quand ?

A cette interrogation, les anciens vous diront, sans trop de
précision, que c'était un prisonnier de la Guerre Mondiale. S'agit-
il de la première ou la deuxième ?  Quant au prisonnier, il est
tantôt qualifié d'allemand tantôt d'italien. D'autres encore
avanceront que le sculpteur était un légionnaire. Il fallait donc
résoudre cette équation à plusieurs inconnues.

Le dépouillement de toutes les informations que j'ai pu recueillir
depuis de longues années ont suivi l'acheminement que j'essayerai de
vous tracer ci-dessous.

J'ai, peut être, eu la chance d'avoir occupé, pendant ma carrière
administrative un poste qui avait un rapport très étroit avec cette
recherche. Ce qui m'avait, à l'époque, permis d'inviter des anciens
de la ville pour essayer de rassembler le plus de points de repères.
Ainsi, j'ai pu découvrir que la sculpture en question était déjà en
place en 1936. La période, donc, délimitée va de 1929, date du début
des travaux d'aménagement du site choisi pour devenir plus tard «
la perle du Moyen Atlas » à 1936, date de l'arrivée d'une grande
famille française qui a participé à l'évolution de la ville.

Quant au rapport de la sculpture avec la « légion française »,
Pierre METEYER, un natif du Maroc et  ancien du lycée Gouraud ,
m'écrivait : « j'ai été bercé dans l'idée que ce lion de l'Atlas fut
sculpté dans un rocher affleurant (Centre d'Ifrane) par un
légionnaire. Il aurait été du contingent ayant percé le tunnel dit «
du légionnaire » entre Kerrando et Er-Rachidia. »

Un autre point de repère vient élucider la situation. La période va
se rétrécir quand j'avais reçu un courrier du Conservateur du
Patrimoine chargé des Archives diplomatiques de Nantes (France) qui
me confirmait qu'à « aucun moment n'apparaît d'indication sur cette
sculpture ni sur le nom de son auteur. La seule certitude est que la
sculpture était déjà réalisée en 1932, puisqu'elle figure sur un
plan d'Ifrane daté le 12 août de cette même année. »

Est-ce une inspiration de l'art andalou notamment « la cour des
lions »  ou tout simplement comme le laissait supposer un autre
ancien du Maroc ?  Il s'agit de José Maria MORIDO CHACON  qui
m'écrivait : « J'ai entendu dire que ce lion de l'Atlas fut taillé
par les légionnaires français, sur une roche vive naturelle qui se
trouvait sur place, et qui au départ avait des allures rappelant un
lion. ». En effet la position dans laquelle se tient ce lion sculpté
rappelle plus ou moins la pose des lions de la cour du même nom  de
l'Alhambra de Grenade  en Espagne.

Et dans la foulée de cette recherche, une information me parvint en
fin de compte pour mettre un terme à cette sorte de boulimie qui
s'était emparée de moi. C'est mon ami d'enfance Henri Giorgi, dont
la mère était institutrice à l'école européenne d'Ifrane avait, il y
a peu de temps, écrit, un livre , encore inédit,  intitulé « Les
Cytises de Jaba  : Retour en mon pays berbère.» sur certains aspects
de la vie à Ifrane de sa création, en tant que  Centre d'estivage, à
la veille de l'Indépendance du Maroc, m'informait que le lion fut
sculpté par un professeur de dessin du lycée Gouraud de Rabat durant
le deuxième trimestre de l'année 1930. « Je l'ai vu naître sous le
ciseau de Monsieur Moreau, professeur au lycée de Rabat…[…]. On
était au mois de juin. […] Les enfants pouvaient témoigner que ce
rocher, depuis toujours, renfermait un corps de lion, car le ciseau,
le burin et la gouge, maniés par des expertes, dégageaient un mufle
débonnaire, la crêpelure d'une abondante crinière, une musculature
au repos, la courbe souple d'une queue terminée par un pinceau de
poils[…].  Monsieur Moreau disparut sans laisser sa signature. »
écrivait Madame Josette HENRY-GIORGI  . En approfondissant la
recherche, je découvris qu'il s'agissait bien du sculpteur Henri
Moreau qui enseigna le dessin au lycée cité plus haut. Il est aussi
l'auteur du monument aux morts des anciens du même établissement

S'agissant de la question qui m'a préoccupé, des années durant, à
savoir quand et par qui a été sculpté le fameux lion d'Ifrane ? , je
pense avoir, en guise de conclusion, assouvi, personnellement, ma
faim. Et tout en rappelant que c'est au profit d'un autre âge qu'on
plante un arbre, je souhaite, à travers ce court essai, avoir
stimulé certains détenteurs d'informations historiques sur la ville
d'Ifrane et crée en eux, non pas une radicale réticence mais plutôt
une saine émulation.

Mohammed   EL AOUENE

#6 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Jeudi 9. Février 2006  22:36
Sujet: Bienvenue
elaouene
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Merci Si Mohammed de rejoindre le groupe ...

#5 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Jeudi 9. Février 2006  18:51
Sujet: Nouvelles photos
elaouene
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Les images sont quelque peu floues...Je les ai prises - en amateur
bien sûr - à partir d'un document non daté et qui porte le titre
de "Ifrane, Maroc (alt.1650 m.): Centre d'Estivage; Station de Sports
d'Hiver" (les majuscules sont des auteurs). Le livret est imprimé
aux "Imprimeries.Réunies" de Casablanca [S.D.]

#4 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Jeudi 9. Février 2006  9:24
Sujet: Bienvenue
elaouene
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Merci beaucoup chers amis votre adhésion ne peut être qu'un
encouragement pour aller toujours de l'avant....

#3 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Mercredi 8. Février 2006  20:18
Sujet: Ifrane / Photos
elaouene
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Les 6 dernières prises de vue sont de Delcampe

#2 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Mercredi 8. Février 2006  20:00
Sujet: La sculpture du lion d’Ifrane Par Mohammed EL AOUENE
elaouene
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Publié dans le « MATIN » du dimanche 16 mars 2003

La sculpture du lion d'Ifrane

Par  Mohammed   EL AOUENE

La rencontre est stupéfiante. Retiré dans un îlot de verdure de ce
parc naturel, taillé à même la roche, un lion se repose, méditatif,
semblant plongé dans une profonde introspection. il ne cesse
d'intriguer les visiteurs depuis de longues décennies. Puisant,
impassible, aux dimensions impressionnantes : 7 m. de long, 2 m. de
haut et 1,50 m.

Inscrites dans la légende, les rumeurs les plus diverses courent
depuis très longtemps selon lesquelles il serait l'œuvre de
prisonniers, de légionnaires, d'individus aux nationalités diverses…
Depuis quand est-il là, qui en est le sculpteur ? Une énigme
intéressante à résoudre.

L'histoire du Moyen Atlas sujet de nombreuses discussions amicales
avec d'autres personnes comme moi natives d'Ifrane, amenait de
résurgentes interrogations sur cette sculpture. Par ailleurs, mes
fonctions administratives au Ministère des Affaires Culturelles de
la région m'avaient permis de recueillir des anecdotes intéressantes
mais rien de tangible. A la suite d'articles parus dans la presse
nationales sur «  la recherche sur le lion d'Ifrane » puis sur
internet, j'ai pu constater, l'intérêt suscité, par les réponses des
lecteurs. Une excellente équipe, hétérogène, dispersée à tous les
horizons s'est naturellement constituée, afin de remonter à la
genèse de notre fauve en retrouvant son auteur. Ce récit en est la
synthèse de nos échanges quasi-journaliers.

Tahar BENJELLOUN écrit « on définit la culture d'une société à ses
monuments,  à sa relation avec le passé par son ancrage dans
l'histoire » ou plus prosaïquement : le présent est le fils du
passé. l'islam interdit la représentation figurative, aussi, un
musulman s'étonnera de présence de cette statue, s'il fait
abstraction de l'histoire de la religion et de celle du pays au
cours des siècles précédents, omettant les communautés diverses qui
y ont vécu et laissé leur empreinte.

CE LION
Symbolise-t-il le Maroc pacifié ou pérennise-t-il le souvenir de ces
fauves qui peuplaient jusqu'au début du siècle dernier ? Rien
d'avéré. Difficile a posteriori de définir les intentions de
l'artiste ou de son commanditaire. Pourquoi ne pas simplement
accréditer la thèse de ceux qui prétendent que le rocher suggérait
l'animal ? les professeurs de littérature arabe enseignent que le
poète, par extension l'artiste subit l'influence conjoncturelle de
son environnement.

Populaire et familier, présent aux armoiries de la ville ; qui
évoque IFRANE l'associe immédiatement au paysage et à ses propres
souvenirs. Notre première rencontre, a sublimé longtemps mon
imaginaire. Mon ami d'enfance, Henri GIORGI, français, qui a vécu
ces mêmes frayeurs dans des circonstances analogues, invite les
touristes en villégiature dans la région, à lui donner de « ses
nouvelles ». Tout comme on s'inquiète d'un ami lointain.

LA SCULPTURE
Le style fait-il allusion, ou s'inspire-t-il des lions de l'Alhambra
de Grenade (Espagne) ? Pas vraiment, la facture en est différente.
Ils sont douze debout taillés dans le marbre. De pierre tendre, il
est seul, couché. Points communs : la sobriété du trait et la
civilisation arabe.

Un premier courrier du Conservateur du Patrimoine des archives
diplomatiques de Nantes (France) confirme « qu'aucune date, ni
indication sur l'auteur n'apparaît. Une certitude : la statue figure
sur le plan d'Ifrane daté du 12 août 1932. »
Remonter aux prémisses de la ville ? Facile, en somme pas si loin
que ça ! Laissons à Larbi AÏSSA le soin de réaliser son projet d'en
écrire l'histoire. Soulignons simplement le fait que l'idée de la
station en revient à Eirik LABONNE, Secrétaire Général du
Protectorat Français au Maroc puis Résident Général, et que la mise
en chantier débute en 1929.

Dans son livre  «  Les cytises de Jaba : Retour en mon pays
berbère », Josette HENRY-GIORGI, ex-institutrice, fille du premier
receveur des postes, évoquant la création de la station, précise
qu'elle l'a vu naître sous le ciseau d'un professeur de dessin du
lycée GOURAUD (Lycée Hassan II) de Rabat dans les années 1930 :
Henri MOREAU. Elément retenu.

LE SCULPTEUR
Retour sur Internet !  Le livre d'or du lycée GOURAUD montre la
photographie de l'inauguration, le 7 avril 1946, du monument aux
morts, œuvre du professeur de dessin Henri MOREAU, en fonction de
1928 à 1944. A noter que le Bénézit, dictionnaire des peintres,
sculpteurs, dessinateurs, graveurs, ne le mentionne pas. Par
ailleurs, ce patronyme français est courant dans de nombreuses
régions et dans ces mêmes professions. D'où notre circonspection,
s'agit-il de la même personne ou d'un homonyme ?

Une mince biographie d'Eric LABAYLE, élude le professorat à  GOURAUD
mais nous confirme les prénoms de l'artiste et certains œuvres
créées au Maroc : La vierge aux Cèdres d'Ifrane, le buste de
Mohammed V, des portraits…pas de lion ! Liste attestée par courriel
de Bruno THET, neveu de MOREAU. Renseignements intéressants
corroborés par les documents recueillis par Mireille MUSSEAU auprès
des Beaux-arts de Libourne qui, avec une extrême amabilité nous ont
remis :

Ø  une plaquette d'une exposition au musée de Carmel en 1988 ;
Ø Une liste manuscrite de MOREAU, des pièces faites à Rabat ;
Ø Lettre de remerciement au Général AMADE pour son emploi au
Maroc ;
Ø Des artistes du journal Sud-ouest où Jean François HARRIBEY
fait l'apologie de l'œuvre, une interview de Madame MOREAU citant le
lion d'IFRANE, enfin !

Une opportunité m'offre un début du fil d'Ariane à la Bibliothèque
Générale et Archives de Rabat. Dans le N° 14 de la revue « Maroc »
du 15 août 1930, MOREAU pose devant sa statue. Légende : « Le lion
d'Ifrane sculpté entièrement dans le roc. M. Moreau, de Rabat que la
photo nous montre placé devant son œuvre a eu le mérite de
l'exécution de cette sculpture à la fois originale et imposante. »
L'article est intitulé : «  IFRANE, la perle de l'Atlas. » Il est
signé par J. CARRE. Rimeur en manque d'inspiration l'auteur n'a-t-il
trouvé que « crâne »… pour « Ifrane » ? Alors que notre jolie ville
où la nature généreuse et luxuriante offre si joliment « ourtane »,
nom berbère évocateur de jardin fruitier.

RETOUR A L'HISTOIRE
La situation géographique d'Ifrane, la topographie et son climat
privilégié, déterminent le choix du Gouvernement marocain à
l'édification d'une station estivale dans un espace vierge de toute
construction. Une partie de la main d'œuvre sera constituée de
prisonniers. Le 9 juillet 1929 arrive le premier camion de
matériaux. Le 15 août 1929  voit l'inauguration des hôtels, du
Casino, de chalets, ainsi que le Centre d'estivage et de la place du
lion…

E. LABONNE, Le Secrétaire Général du Protectorat avise M. TOURNAN,
Chef du Centre d'Ifrane «  de l'arrivée du sculpteur pour travailler
au rocher du lion par une note de service N° 63 du 2 mars 1930 –
Objet : Ifrane, place du lion – travaux exécutés par M. MOREAU.
L'œuvre devra être terminée le 20 avril prochain, 2 ou 3 prisonniers
seront mis à sa disposition pour accomplir ce travail ». Selon les
relevés du Budget dressé le 15 juillet 1930, la réalisation du
projet ne prendra que 15 jours.

Henri Jean MOREAU est né à LIBOURNE (France) où la municipalité lui
commande le monument aux morts de la guerre 1914/1918. Il n'obtient
qu'un succès d'estime. Sur la recommandation du Général D'AMADE, il
s'installe à Rabat au poste d'inspecteur aux Monuments Historiques
et celui de professeur de dessin au lycée GOURAUD, tout en
continuant sa carrière de sculpteur. Malade, il rentrera
définitivement en France, en 1954 pour mourir dans l'indifférence,
oublié , en 1956, dans la propriété de BARROUIL à BOSSUGAN - Commune
de St-EMILION, à 5 Km de LIBOURNE, Département de la GIRONDE –
Pourquoi donc avoir laissé s'instaurer l'incognito sur le lion alors
qu'il est encore à IFRANE ?

Le sculpteur et son œuvre restent ignorés des Libournais, tant il
est vrai que nul n'est prophète en son pays. A longueur de jour de
nombreuses personnes passent devant le monument aux morts du lycée
Hassan II à RABAT, celui de LIBOURNE et la statue d'IFRANE en
méconnaissant le nom de l'artiste.

Ironie du sort, depuis plus de soixante-dix ans, sous le beau soleil
du Maroc et dans le plus grand anonymat, la notoriété de la
sculpture d'IFRANE continue à se tailler la part du lion.

Mohammed  EL AOUENE
Rabat, le 28 février 2003

#1 De: "Mohammed EL AOUENE" <elaouene@...>
Date: Mercredi 8. Février 2006  19:48
Sujet: Références
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