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Gasconha-doman · G(V)asconha doman - Gascogne et Vasconie

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#9895 De: "Vincent.P" <vpoudamp2@...>
Date: Mardi 1. Juin 2010  21:35
Sujet: Nouvelles du front anthropologique - Mai 2010
vpoudampa
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Adishatz !

Les nouveautés du mois écoulé concernent assez peu directement la Gascogne, je
me garde en effet mes morceaux préférés pour la suite (au passage, je suis
disposé à "passer commande" d'une région qui vous intéresserait). Elles n'en
restent pas moins importantes pour ce qui est du peuplement de la Gascogne
toulousaine, par opposition (je renvoie à mon message précédent sur la génétique
des habitants du Toulousain).

Ainsi j'ai "uploadé" trois échantillons : le pays toulousain proprement dit (qui
peut être mis en doute quant à sa pertinence), le Lauragais toulousain et
Pamiers.

- Sur le "Toulousain", ce qui est marquant, c'est l'absence totale de phénotypes
"vasconiques" (à savoir Atlanto-Méditerranéen dinarisé) au profit de phénotypes
languedociens bien balisés. Je doute de la pertinence de l'échantillon étant
donné les migrations en cet endroit.

http://anthrofrance.blogspot.com/2010/05/toulouse-haute-garonne-languedoc.html

- Le Lauragais me semble dans une variabilité à mi-distance. D'une part des
phénotypes très "languedociens". D'autre part des phénotypes est-pyrénéens
(disons catalans). Le dernier type défini est totalement languedocien et inconnu
en Gascogne.

http://anthrofrance.blogspot.com/2010/05/caraman-haute-garonne-languedoc.html

- Pamiers est tout à fait dans une variabilité est-pyrénéenne : convergences
notables avec la Gascogne sur des types atlanto-meds dinaromorphiques (mais
plutôt dans une variabilité catalane).

http://anthrofrance.blogspot.com/2010/06/pamiers-ariege-comte-de-foix.html

Je ne sais trop comment catégoriser tout cela, il me faut poursuivre les
échantillons dans cette région. A première vue, nous sommes à un noeud entre
Languedoc et Catalogne. Ce qui est certain, c'est qu'à l'exception de Pamiers à
la marge, il n'y a guère de phénotypes communs à la Gascogne. Quant aux
morphotypes dégagés, il semble que le Toulousain et Pamiers soient assez
identiques alors que la Lauragais s'éloigne quelque peu du canevas.

A l'autre extrémité du "Cami Salié", en pays catalan, il nous est permis de
constater le fort caractère "ibéro-catalan" des environs de Salses :

http://anthrofrance.blogspot.com/2010/05/salses-roussillon-catalogne.html

En addendum, je me dois de porter à votre connaissance ces quelques résultats
provençaux, dont le caractère "ligure" de Castellane, en très nette opposition
avec Barcelonnette en pays gavot, ce qui semble confirmer que la racine *gav
transcende la réalité linguistique pour se faire ancienne réalité ethnique, qui
désigne l'étranger venu du Nord.

http://anthrofrance.blogspot.com/2010/05/castellane-basses-alpes-provence.html

http://anthrofrance.blogspot.com/2010/01/barcelonnette-basses-alpes-provence.htm\
l

Contrairement à ce que peut affirmer un de mes commentateurs, je trouve que la
région de Santander accuse un caractère "basque" encore assez fort. Je persiste
à croire que la division de la Cantabrie en deux zones linguistiques (à l'Ouest,
le vrai cantabre qui maintient f, à l'Est la zone d'origine du castillan) est
pertinente.

http://anthroeurope.blogspot.com/2010/05/santander-cantabria-spain.html

Les régions proprement ibères d'Espagne sont toujours intéressantes. Se confirme
que la grande opposition en Espagne est entre le foyer Ouest (Portugal, Léon,
Andalousie occidentale, Extrémadure) et le foyer Est ibéro-basque. Comparez
Huelva et Almeria.

http://anthroeurope.blogspot.com/2010/05/huelva-andalusia-spain.html

http://anthroeurope.blogspot.com/2010/05/almeria-andalusia-spain.html

#9896 De: "louis DOLLO" <l.dollo@...>
Date: Jeudi 3. Juin 2010  21:13
Sujet: L'Euskara veut monter en puissance
louisdollo
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L’Euskara veut monter en puissance

L’enseignement et la transmission de la langue basque vont bénéficier d’un budget de 1,6 millions d’euros, à travers 54 associations. Max Brisson, président de l’Office public de la langue basque, a annoncé la mise à disposition de ce fonds en coopération avec le gouvernement d’Euskadi. Les principaux bénéficiaires seront Seaska, AEK et la radio Euskal Irratiak qui ont répondu à un appel à projet concernant les médias, les loisirs, l’édition et la vie sociale.


#9897 De: "Jerome Ramond" <jerome.ramond@...>
Date: Vendredi 4. Juin 2010  10:20
Sujet: Nouvelles du front anthropologique -  Mai 2010
jerome.ramond@...
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Adiu

je vous écoute depuis quelques mois sans rien dire, histoire de comprendre de quoi il est question. Je suis philosophe universitaire... et historien des Pyrénées centrales... prospecteur de sites archéologique et d’archives anciennes, traducteur « romains » et « occitan », membre occasionnel de programmes de recherches, rédacteur de notices historiques villageoises, enfin écrivain d’un gros pavé sur les Pyrénées centrales (15 ans de recherche, 2 ans d’écriture...) : « Un pays des Pyrénées centrales, le Castillonnais ».

 

L’identité de Gascogne ne peut se définir par la seule génétique, j’espère que tout le monde sera d’accord sur ce point. Sans compter bien sûr le mythe grotesque d’un peuple pur rêvé par certains (eugénistes), et le mythe non moins halluciné d’une endémie villageoise hyper-restreinte (autant dire tarée...) pour les autres (soit-disant hygiénistes).

 

Mon histoire « longue durée » des Pyrénées centrales gasconnes (Couserans, Comminges, Bigorre, Béarn...), de la Préhistoire à nos jours, qui s’appuie sur les travaux universitaires  les plus récents (FAC et CNRS) et sur la recherche bi-centenaire acharnée des érudits locaux villageois (spécialistes mondiaux de leurs villages, de leurs vallées...) dans ce qu’elles peuvent avoir de plus performants... montre en jeu de très nombreuses et très différentes déterminations qui sont à l’origine ensemble de l’identité de Gascogne. Une identité - selon moi - qui est assez loin d’être une unité stricte. Personnellement, je suis de Couserans, limite Languedoc, limite Catalogne, limite Aragon... et chez nous on peut ou non prononcer le F ou le H de henno, fenno ; dire ortet ou casal pour le jardin ; dans des villages voisins de la même vallée ! Mais le fait est je me sens « chez moi » et « chez les miens »... tout particulièrement en Gascogne... bien sûr en Couserans et plus encore en Castillonnais (ma racine génétique), mais aussi à Saint-Gaudens, Tarbes, Lourdes, Pau, Auch, Aire-sur-l’Adour, etc... En ce sens, je milite pour une grande Gascogne d’identité multi-cœurs... de triangle principal : Pyrénées, Gascogne, pays Basques... pour moi, c’est là que ça se joue !

 

Déterminations particulières :

1) la palynologie : (étude des pollens fossiles sur des millénaires...), prouve absolument que la Gascogne - montagnes, piémonts et plaines - a été habitée largement (indices probants de l’agro-sylvo-pastoralisme) et surtout continûment du milieu du premier millénaire avant notre ère (au moins...)... jusqu’à nos jours. Il n’y a jamais eu de désertion des lieux (en clair de massacre ethnique), seulement des abandons très relatifs et très localisés (notamment en plaine - plus en contact avec les grands flux civilisateurs armés). La Gascogne a donc (au moins) 2500 ans d’existence réelle... je veux dire avec des gens en-personne.

2) l’économie rurale : de Gascogne ne doit pas se comprendre comme une autarcie restreinte - y compris en zone montagne - mais comme une autarcie AVEC des commerces (y compris très lointains), ce qui définit une économie d’autoconsommation - le contraire d’un repli sur soi. On mange ce que l’on produit sur place... on échange les surplus. De tout temps, les Gascons ont fait commerce ou échange de leurs productions locales. Deux preuves entre beaucoup d’autres : a) Dès le Paléolithique supérieur (dans les grottes des Pyrénées centrales jusqu’au pays basques), on retrouve dans tous les sites fouillés des objets, et même des représentations et des signes... qui ne sont pas « endémiques » mais hors-contexte... preuves d’échanges, de commerces (avec toute l’Eurasie septentrionale) ; de dons et de contre-dons diraient les ethnologues. b) Du IXe siècle au XIIIe siècle inclus ; la zone Gascogne, jusqu’en Couserans et même pays de Foix (à priori pourtant en Languedoc) a commercé exclusivement en monnaie de Béarn, de Morlàas : « honore foro, comiti Centullo ». En Couserans (cœur et marge de Gascogne), il faut attendre le XIVe siècle pour des commerces en monnaie de Toulouse ou de France ; et le XVIe siècle pour un commerce désormais jusqu’en 1789 uniquement en monnaie royale.

3) l’anthroponymie de Gascogne se découvre sur les premières inscriptions de la Rome des Ier et IIe siècle de notre ère (un quart des noms sont aquitains-gascons en Couserans-Comminges, un quart celtes, et le reste romains... mais dans les villes surtout (riches)... en campagne, on suppose une plus forte concentration ethnique aquitaine-gasconne) ; sur les dernières inscriptions impériales des IIIe et IVe siècles apparaît le nom : « Uascones... » ; la première mention d’un armée « Uascones » date de 406 (ils repoussent une première fois les barbares Wisigoths)... et l’on peut dire qu’à partir de cette date, du Ve au XIVe siècle, les Gascons sont restés « entre eux »... Une preuve en est que leurs systèmes haut-médiéval de défense anti-francs anti-barbares (archéologie de fortifications en pierres sèches et palissades de bois) se découvrent en toponymie sur les sites « castéras » et « castex », toponymes totalement endémique à la Gascogne (alors seulement Sud de la Garonne, les Francs exerçant leur pression militaire au Nord à partir des grandes villes, de Toulouse et Bordeaux). Malheureusement (mais naturellement pour eux...), les Uascones post-romains  en reviennent à une tradition entièrement orale et villageoise (ils arasent aussi toute l’archéologie romaine pour construire des villages « carrés non-centrés » et faire le paratje de l’espace rural) ; les sources uascones, du Ve au Xe, sont donc toutes indirectes, écrites par les historiographes Francs ou par les évêques de l’église romaine (le plus souvent anti Uascones, par exemple Saint-jérôme...). Il n’en reste pas moins que dès les premières archives écrites en gascon (VIIIe siècle ?)... et surtout à partir de la fin du XIIe siècle, les archives mentionnent déjà TOUS les noms de famille tels qu’ils sont encore aujourd’hui (cartulaire de la commanderie de Montsaunès, cartulaire de l’abbaye de Lézat...) : en Couserans, Pujol (non-catalans), Saint-Sernin, Bugat, Samiac, Tougne, Antras, Augistrou, Rouch.... tous strictement endémiques jusqu’en 1850 au Couserans et seulement à lui ; mais dispersés dans tout le Couserans et non pas endémique à tel ou tel village ; les génalogistes (du VIIIe au XXe siècle) ont largement prouvé et depuis longtemps qu’aucune famille n’est restée « entre elle » dans le même village ; on se marie dans TOUT le pays, ici Castillonnais-Couserans. On retrouve les mêmes noms dans tous les villages d’un même pays.

4) la Lex gasconha : paradoxalement, les Uascones sont aussi appelés dans les textes « romains », car ils se gèrent sur la base de lois « romaines ». Mais attention ! les Uascones ne reprennent que les lois romaines consulaires et syndicales (démocratie représentative et directe), pas les lois impériales (pyramidales, centrées, centralisées...). Le principal de la lex gasconha est la défense de l’absolu propriété privée des maisons (les alleux et les alleutiers du Midy), sans aucun hommage à personne, ni religieux (nuncupati) ni féodal (fo, feo). Ce qui n’est pas sans rappeler un certain « radical socialisme » propre au Midy : on s’occupe intensément du bien public, de la res publica, du bonheur-pour-tous, MAIS... pas touche à la propriété des êtres et des avoirs, pas touche aux personnes et aux maisons ! On note enfin que les révolutionnaires de 1789 (Lafayette, Tocqueville, Ramond...), pour établir les « nouvelles lois », notamment communales et cantonales prennent pour modèle les lois restées relativement pures (depuis Rome !) des démocraties villageoises, des chartes et coutumes villageoises : en Gascogne et Languedoc principalement !

 

voici quelques éléments de cette identité passionnante, il y en a bien d’autres... Rendez-vous si vous les voulez  pour plus de détails sur le site aramond.com

Adishats...

jerome.ramond@...

 

     


#9898 De: "Vincent.P" <vpoudamp2@...>
Date: Samedi 5. Juin 2010  9:23
Sujet: Dardy et le gascon
vpoudampa
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Adishatz !

Je vous communique ce texte extrait de l'avant-propos à l'Anthologie des Chants
populaires de l'Albret (dont on ne trouve plus qu'une édition alibertinisée,
alors même que dans l'avant-propos Dardy fait l'éloge de la graphie "tel qu'on
prononce", autrement dit la graphie inspirée du français). Je l'ai déjà proposé
en "gran de sau" sur Gasconha.com.

"Plus ignorés peut-être sont les usages, la langue, le génie
littéraire de cette population primitive. Le dialecte de l'Agenais est
loin d'avoir sur la rive droite de la Garonne sa pureté native. Le
contact du français, l'absence de règles, d'autorité, les licences de
la littérature chantée ont multiplié les expressions de fantaisie ;
tandis que les habitants de nos Landes, dans l'ancien duché d'Albret,
réfractaires au français, internés dans leurs solitudes, loin du
courant du progrès et du monde lettré, gardent encore la langue
primitive pure de toute interpolation."

"Peut-être cette publication sera-t-elle de quelque secours pour les
tenants de ce fait que le gascon est une langue parfaitement
indépendante du provençal auquel on s'est efforcé de le rattacher
[...]. Les écarts qui existent entre notre dialecte et le provençal
sont tels que je n'ai pas à dire pourquoi je n'accepte pas
certainement concessions de priorité, de droit d'aînesse en faveur de
ce dernier. Notre degré de parenté avec la langue de Mistral est des
plus éloignés, et la prétention de lui subordonner toute la famille de
la langue romane ne saurait nous atteindre ; nous sommes d'un foyer
bien distinct, bien différent, bien indépendant. La meilleure preuve à
l'appui serait de faire parler ensemble un vrai provençal et un vrai
gascon, le gascon croirait entendre un italien, et le provençal un
espagnol. L'idiome est d'ailleurs pour chaque province comme pour les
nations une providentielle délimitation contre le capricieux
morcellement qui n'atteindra jamais le caractère distinctif, les
coutumes et le parler des populations comme il fait le territoire. La
Provence, le Languedoc, la Gascogne gardent ainsi dans leur dialecte
leur ancienne démarcation que les cartes officielles n'ont pas fait
disparaître, et que n'affecteront pas davantage des prétentions que
rien ne justifie."

Léopold Dardy, Lagrange, 1891 "



Ce que j'en pense :

L'intérêt de cet avant-propos est que dès 1891, il existe dans les
milieux régionalistes des figures qui s'opposent de bloc à toute idée
de relation hiérarchique dans les parlers romans de la France
méridionale, bref s'opposent au projet mistralien d'élaboration d'une
langue littéraire pour la France méridionale (projet repris par
l'occitanisme qui n'a fait que translater de 200km le centre de
gravité normalisateur). Non sans nier l'existence d'une famille romane
(et à ce titre, gascon et provençal, espagnol et italien, sont
intelligibles), car ce serait idiot. Le fait cependant que Dardy habite en
Albret, soit à moins de 30km des pays guyennais, qu'il est un enfant d'Aiguillon
au confluent Lot-Garonne, est tout sauf anodin (et rend d'autant plus ridicules
les concepts de Mistral sur un
gascon inféodé au carcinol, alors que le vrai gascon qu'il appelle
aquitain, serait parlé dans les Pyrénées et la Haute Lande).

Un autre intérêt est de faire la preuve que ce que l'on appelle le
"gasconnisme" est loin d'être un invention récente d'anti-occitanistes
rabiques. C'est au contraire la tendance de fond de tout le mouvement
gascon. On peut aujourd'hui en 2010 s'interroger sur cet accident de
l'Histoire qui voit la Gascogne participer au mouvement occitan. Mais
on sait dans quelles conditions l'occitanisme, au sortir de la guerre,
n'a eu de cesse de discréditer les "gasconnants", simples pétainistes
cathos quand les occitanistes étaient des collabos de la pire espèce.

Enfin, Dardy brosse le portrait d'une civilisation gasconne
rétrograde, conservatrice, peu sujette aux changements, à l'opposé du
progressisme des voisins, ici les Agenais. Le conservatisme de la
société gasconne fut une tendance lourde, mise à mal en 14-18 par
l'hécatombe qui a profondément perturbé la société malthusienne
gasconne (d'où "importation" d'Italiens qui ont insufflé les idées
nouvelles par exemple) puis complètement anéantie par les 30 Glorieuses jusque
dans les bastions les plus conservateurs comme la plaine du Gave de Pau en aval
de Pau, le pays de Jammes et Bordeu, devenus en quelques années des pays
"socialistes" (ce sont ces terres qui verront naître l'occitanisme béarnais).

Ajoutons également que la prose de Dardy relève du romantisme gascon,
profondément lié en ceci au romantisme basque. Jusqu'aux années 30,
les identités gasconne et basque étaient liées dans un même élan
romantique. Il aura manqué à la Gascogne un Loti. Et dès le moment que
la Gascogne s'est retrouvée annexée à l'Occitanie, elle n'a plus été
en mesure d'exprimer son originalité, sauf à l'étendre à toute
l'Occitanie. C'est le reductio ad vasconiam*, sorte de nostalgie
basquisante.

* Sur ma définition, un peu de mauvaise foi, du "reductio ad vasconiam" :

http://bearniaiseries.blogspot.com/2010/05/reductio-ad-vasconiam.html

#9899 De: "Vincent.P" <vpoudamp2@...>
Date: Samedi 5. Juin 2010  9:17
Sujet: Signalisation bilingue à Pau
vpoudampa
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Adishatz !

Vous trouverez la "crida"* à la suite de mon message.

* : affreux occitanisme lexical, dans la série des "vergonha" et "bolegar".

Labarrère a eu un mot cruel mais vrai : Pau n'est pas une
ville béarnaise. Plus précisément, ne l'est plus. Disons qu'elle le
fut jusqu'aux années 1920. Aujourd'hui, c'est un mélange subtil de
Bath, Roubaix et Alger. Bath pour ce qu'il reste de désuétude anglaise. Roubaix
pour l'architecture "commieblock" du centre-ville. Alger pour les palmiers.
Quant à la population, c'est celle d'une ville moderne, "métissée" pour employer
la novlang contemporaine.

Ce qui me désole le plus outre le manque d'acuité à la réalité
sociologique moderne de la ville de Pau, c'est que ça braille. Cela
braille sans même avoir effectué en amont le travail de traduction.
C'est que les occitanistes, des incompétents notoires, sont orphelins
du père Grosclaude qui leur avait fourni en 1991 un plat cuisiné à
réchauffer via son Dico toponymique. Ils ont pu donc avec grande
fierté faire la preuve de leur action si utile pour la langue en
inscrivant sur les arrêts de bus Navarrenx/Navarrencs. Merci.

Mais maintenant, faut travailler, parce que papi Michel repose à
Sauvelade. Faut chercher dans le cadastre les vieux noms des rues. Il faut
savoir maîtriser la graphie classique. Il faut ne pas se ridiculiser comme à
Toulouse (Carrèra Serviès ?). Ce travail, les occitanistes ne le font pas. Ils
gueulent, réclament : "du bilingue ! du bilingue !" Ce n'est pas Lignières qui
va leur traduire leurs pancartes !

Pendant ce temps, la mairie appelle le "Cami Salié" le "Chemin du Sel"
dans sa doc officielle.



"Cars amics,
chers amis

decision de ger ser : que v'atenem numerós
décision de hier soir : nous vous attendons nombreux

CRIDA ENTA LA LENGA APPEL POUR LA LANGUE

http://crida.oc.free.fr/

http://crida-oc.blogspot.com/

Dijaus lo 10 de junh de 2010 a 17h30 per davant la Mairia de Pau

Jeudi 10 Juin 2010 à 17h30 devant la Mairie de Pau
La [size=12]CRIDA

que s'interròga suu chic d'avançadas en mestior de politica
lingüistica.
La CRIDA s'interroge sur le peu d'avancées en matière de politique
linguistique.
La comuna de Pau que preved de cambiar la soa senhaletica direccionau.
La Municipalité paloise prévoit de changer sa signalétique
directionnelle.
Ua senhaletica bilingua qu'ei lo parat de plantar hicas per entinoar
ua politica linguistica.
Une signalétique bilingue est un des jalons pour commencer de lancer
une politique linguistique.
Que pausaram la question perdavant la Mairia de Pau au parat deu
Conselh Municipau, e que demandaram que sia
hicat a l'ordi deu dia lo subjècte.Nous poserons la question devant la
Mairie de Pau à l'occasion de la tenue du Conseil Municipal, et
demanderons que le sujet soit mis à l'ordre du jour.
Per memòria lo tèxte manifèste de 2005 actualizat a 2010
Pour mémoire suit le texte manifeste de 2005, actualisé à 2010.

CRIDA ENTA LA LENGA
APPEL POUR LA LANGUE

Depuis plus de trente cinq ans, ici, des centaines de personnes,
rassemblées dans des associations, ont participé, malgré les préjugés
etles entraves, à la création, à la vie quotidienne et à l'ancrage
dans une société moderne et tolérante des outils indispensables à la
dignité et à l'expression de la culture occitane :

Dans l'enseignement : Calandretas, classes bilingues, enseignants
itinérants, cours à l'Université, formation de nouveaux enseignants ;

Dans les médias : radios, revues pour adultes et enfants,
hebdomadaires d'information ;

Dans la musique, le chant, la danse et les arts plastiques :
professionnalisation, cursus d'enseignement, studios d'enregistrement,
créations de spectacles musicaux et chorégraphiques, événements
festifs ;

Dans la collecte des trésors du patrimoine oral et de la mémoire et la
restitution des traditions populaires ;

Dans l'édition : collections de livres et disques, ouvrages et revues
tant sur le
plan de la recherche et de la création que de la vulgarisation ;

Tout ceci représente une activité économique importante, créatrice
d'emplois.

Nous affirmons :

Que le combat pour la diversité culturelle et linguistique est
universel ;

Que, tous les linguistes le disent, toutes les langues sont de valeur
égale, comme systèmes de communication entre les hommes, comme
supports de création culturelle, comme vecteurs de pensée et de
représentation du monde ;

Que le Béarn et le Bas-Adour font partie d'un ensemble de régions qui
possèdent en commun l'Occitan (que l'on appelle aussi Langue d'Oc) ;

Qu'il appartient à chacun d'entre nous de transmettre ou de créer les
conditions de la transmission de cet héritage.
Il ne s'agit pas de transmettre un patrimoine inerte mais une langue
et une culture vivantes, facteurs de développement intellectuel
universel en la matière.

Il concerne cinq domaines :

- L'enseignement ;
- La langue dans la vie publique ;
- La création culturelle ;
- La diffusion de la langue dans les médias ;
- L'information sur la langue et la culture occitanes ;

Une telle politique ne sera efficace que si la question de la langue
est un thème transversal, pris en compte dans tous les domaines de
l'action publique.

Ce plan repose sur des mesures concrètes :

I. En ce qui concerne, en premier lieu, l'enseignement :

En interdisant l'occitan, l'école de la République a largement
participé à son déclin. Cependant, depuis la loi « Deixonne » de 1951,
différentes circulaires ont engagé un début de reconnaissance des
langues de France. Pour autant cela est notoirement insuffisant,
surtout en ce qui concerne l'occitan. L'enseignement de et en occitan
est aujourd'hui dans une impasse voire face à de graves menaces.

En conséquence, nous proposons la réalisation des actions suivantes :

Comme prévu dans les textes officiels : signature de conventions
pluriannuelles entre l'Education Nationale, les collectivités
territoriales et le milieu associatif qui engageront les signataires
sur des objectifs précis ;

Publication d'un document distribué à toutes les familles
expliquantl'engagement des institutions, l'intérêt de l'étude de
l'occitan et de la pratique du bilinguisme et l'organisation de cet
enseignement ; une attention particulière sera apportée à la petite
enfance et à l'information des nouveaux parents ;

Dès l'école maternelle, information et sensibilisation pour tous à la
langue et la culture occitanes afin qu'elle ne soit plus considérée
comme une simple option mais comme une chance pour nos jeunes ;

Possibilité pour tous les élèves du primaire et du secondaire de
poursuite ou s'intégrer dans des filières bilingues à tous les niveaux
ce qui implique [size=9]la création annuelle d'au moins dix sites
nouveaux d'enseignement bilingue ou par immersion dans les écoles et
les collèges ;

Création à Pau d'une formation officielle au CAPES d'occitan ;

Aide au développement des cours et formations pour adultes.

II. En deuxième lieu, en ce qui concerne la langue dans la vie
publique :

La langue occitane doit être visible et redevenir un vecteur de
communication public. Cela passe aujourd'hui par l'écrit, par la
présence de l'écrit occitan dans la vie quotidienne.

La signalisation routière, directionnelle est le moyen le plus
immédiat. Comme dans la zone basque du département, une signalisation
bilingue systématique doit être mise en œuvre très rapidement. Le
département, les villes, les communautés de communes et les villages
doivent être des moteurs dans cette mise en place, comme certains le
font déjà, grâce à un support technique et une politique incitative.

Les collectivités territoriales doivent utiliser l'occitan pour
communiquer.

Enfin, la langue doit être utilisée comme vecteur de promotion
touristique.Notre culture et notre langue constituent une marque
d'identité très forte qui est un des principaux atouts de notre
région.

III. En troisième lieu, en ce qui concerne la création culturelle :

Les créateurs existent dans tous les domaines de la culture,
inscrivant leur action dans le développement universel actuel.

Il s'agit d'aider la professionnalisation dans la musique, le théâtre,
la danse, les arts plastiques ;

De mettre en place d'une politique annuelle de commande en direction
des artistes dans chaque secteur ;

D'organiser, de promouvoir et de soutenir des lieux d'expositions, de
festivals de musique, de danse, de théâtre ;

D'intégrer une programmation occitane de création dans les
manifestations culturelles dans le département.

Nous voulons aussi rappeler que la langue occitane possède une
histoire millénaire. Sa littérature a produit des chefs d'œuvre depuis
le XIIème siècle jusqu'à nos jours, en passant par le prix Nobel, il y
a tout juste 100 ans, de Frédéric Mistral.

La production littéraire est variée et innovante. Néanmoins les
maisons d'édition occitanes sont trop peu nombreuses et, surtout, le
statut associatif de la plupart d'entre elles les fragilise. Il faut
améliorer sérieusement et durablement l'offre de livres en occitan
pour tous les publics.
Il s'agit, tout d'abord, d'accompagner durablement la structuration
d'un pôle professionnel agissant dans la filière du livre, en aidant
les auteurs et les éditeurs.

Il s'agit, également, de soutenir les diffuseurs qui souhaitent
distribuer ces ouvrages,notamment en aidant les libraires de droit
privé et les bibliothèques médiathèques publiques à constituer un
fonds d'ouvrages d'expression occitane qui couvrent l'ensemble des
champs de la création « écrite ».

Il s'agit, enfin, d'accompagner les lecteurs potentiels par une
information sérieuse et ciblée.Ce qui améliorera notablement la
diffusion effective du livre occitan auprès d'un plus grand et large
public. A cet égard un effort particulier est à accomplir en direction
du jeune public en menant, de manière suivie et systématique, des
actions de sensibilisation des enfants - et des enseignants - à la
richesse de la littérature occitane.

IV. En quatrième lieu, la diffusion de la langue dans les médias :

Le secteur associatif pallie l'absence de travail du service public
dans le domaine de l'occitan. Il doit être aidé comme un service
public de fait. Mais le service public de l'audiovisuel doit être
sollicité de façon plus ferme en ce domaine. Faut-il rappeler que
l'occitan, contrairement au basque ou au catalan, ne dispose pas hors
des frontières de chaîne de télévision et de radio publiques
permettant de pallier l'absence de médias audiovisuels de langue
occitane sur le territoire français ?

Dans un premier temps, une aide exceptionnelle doit être apportée pour
consolider ce qui existe, notamment Ràdio País.
Consolidation sur le plan matériel et sur le plan du personnel.

Un projet de formation dans le domaine de l'audiovisuel occitan peut,
en outre, être monté en Béarn. Le potentiel professionnel existe pour
assurer la formation.
Les partenaires en seraient, notamment, l'Université, le milieu
associatif et les divers médias qui travaillent intégralement ou pour
partie en occitan. Là aussi, la Région Aquitaine peut jouer un rôle
ainsi que d'autres régions de langue occitane. Le service public de
radio et de télévision serait associé à ce projet dont il serait l'un
des bénéficiaires. L'objectif à atteindre, le plus rapidement
possible, est d'assurer une présence quotidienne importante de
l'occitan à la télévision et à la radio, avant, à moyen terme, de
parvenir à un équilibre avec le français.
La presse écrite doit aussi être concernée.Des moyens d'encouragement
à l'utilisation de la langue doivent être mis en place. Aucune
politique linguistique ne peut passer à côté d'une politique d'aide
spécifique aux médias qui utilisent la langue concernée. En ce
domaine, des collaborations sont possibles avec des départements
voisins et d'autres collectivités (Région Aquitaine et Région Midi-
Pyrénées).

V. En cinquième lieu, l'information sur la langue et la culture
occitanes :

L'occitan fut langue administrative en Béarn pendant plusieurs
siècles,il offre des perspectives d'avenir. Chacun dans notre
département doit pouvoir être conscient de cette richesse.

La création d'un service de politique linguistique pour le Département
des Pyrénées Atlantiques, la ville, l'agglomération de Pau et
l'ensemble des collectivités, donneront à ceux qui travaillent dans le
domaine de la langue un interlocuteur compétentqui fera le lien entre
le monde associatif, les professionnels et les élus. Ce service doit
être supervisé par un groupe d'élus référents. Il doit être un service
capable d'être consulté à propos de l'ensemble des affaires traitées
par les collectivités.

Il convient d'être en capacité de rapidement éditer et diffuser à
l'ensemble de la population un document simple sur la langue et la
culture occitanes, aux fins de faire connaître la langue, son
histoire, sa réalité d'aujourd'hui,ainsi que les œuvres littéraires,
musicales et artistiques qu'elle a produites et qu'elle continue de
produire et la replacer dans le monde des langues latines en
soulignant son rôle dans la défense de la diversité culturelle.

Toutes ces actions sont possibles et indispensables. Il faut agir
maintenant, parce qu'il est encore temps.

Manifèste La Crida de 2005 (actualizacion 2010) "

#9900 De: "Vincent.P" <vpoudamp2@...>
Date: Samedi 5. Juin 2010  9:35
Sujet: La langue gasconne lors de la formation du nationalisme basque
vpoudampa
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Adishatz !

Intéressant article qui traite à la marge des relations entre Gascons et Basques
lors de la constitution du nationalisme basque. Ce sont des extraits en
espagnol, je peux les traduire si nécessaire.

http://www.scribd.com/doc/31100977/Juaristi-Jon-El-bucle-melancolico-Historias-d\
e-Nacionalistas-Vascos

"No hay gran diferencia, por cierto, entre el folclore vascofrancés y
el gascón; es decir, no hay otra diferencia que la lengua, pero esta
es decisiva. Los gascones hablaban un patois poco interesante. A los
vascos los hacía interesantes la lengua. Era el éusquera lo que les
daba el aura y lo que transustanciaba en misterios insondables sus
costumbres folclóricas (muchas de las cuales, como se ha dicho,
compartían con sus vecinos gascones y bearneses): las danzas, el juego
de pelota, el teatro rural de Soule y la Baja Navarra e incluso las
bagarres basques, o sea, las peleas a bastonazos entre jóvenes de
aldeas rivales. En todo ello se veía un conjunto de atavismos
enigmáticos que tenían que proceder necesariamente de una civilización
ya perdida en la noche de los tiempos."

> Cette analyse rejoint la mienne : la langue basque a par ricochet rendu la
culture "aquitaine" intéressante dont la Gascogne a alors été dessaisie en
partie, non sans avoir été dans un premier temps assimilée au Pays Basque. Comme
j'ai pu le dire ailleurs, il aura manqué un Loti pour la Gascogne. Difficile de
lutter également contre le mépris des langues romanes, mépris qui se perpétue à
Bayonne par exemple, où le consensus tacite est bien que le gascon est "un
patois poco interesante".

Je pense que le choix des occitanistes au sortir de la guerre de durablement
orienter l'univers sentimental gascon vers l'Occitanie, a été une profonde
erreur, à savoir que le gros de la culture gasconne a été absorbé par l'identité
basco-française (à ce titre, Bayonne est une nouvelle fois intéressante, avec
tout le fonds relatif à la culture bas-aturine annexé à la culture basque : le
Musée Basque, c'est quand même ce musée où l'on expose des tableaux représentant
des parties de quilles de 9 en Chalosse). Ce qui explique les maladresses du
"reductio ad vasconiam", à savoir que pour endiguer la perte d'identité en
Gascogne, les occitanistes certes puisent dans les thèmes vascons depuis
quelques années, mais dans l'incapacité d'abandonner l'Occitanie, ils étendent
ces thèmes à toute l'Occitanie. Je serais languedocien, je n'en pourrais plus du
tropisme gascon de l'occitanisme des années 2010. Pire, du tropisme béarnais. On
dirait que le tiers sud de la France se résume aux actions militantes d'un
groupuscule palois.


"Krutwig sostiene que hay varias lenguas vascas por su origen:
éusquera, gascón, castellano, aragonés y otras que, como el catalán y
el francés, no siendo vascas, se hablan también en parte del
territorio vasco (que tiene, como veremos, según Krutwig, una
extensión considerable). Para un patriota vasco será legítimo
expresarse habitualmente en éusquera y gascón; no así en francés ni
castellano, porque, aun siendo este último una lengua vasca por su
origen, es también la del Estado español que desnacionaliza a
Vasconia. Utilizar el catalán supondría asimilarse a una etnia
distinta, contra la que en principio, los vascos no tienen nada, pero
que no es vasca, obviamente. En cambio, el gascón sí puede utilizarse
como una lengua secundaria, por ser un romance vasco que no
desnacionaliza, de la misma forma que el yiddish ha ayudado a
conservar la identidad étnica de los judíos: «Todo ello, sin embargo,
no deberá impedir que el euskera se convierta en la lengua general de
Vasconia, por ser su símbolo nacional y su lengua originaria. Algo así
como la lengua santa de los vascos que, al igual que la otra lengua
santa, el hebreo, deberá llegar a ser la lengua común.»


> Krutwig était un peu halluciné mais sa conception du gascon, comme seconde
langue des Basques est intéressante.

#9901 De: gaifier@...
Date: Samedi 5. Juin 2010  12:11
Sujet: Re: [G(V)asconha doman] La langue gasconne lors de la formation du nationalisme basque
guilhempepin
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Vincent a écrit:

> Krutwig était un peu halluciné mais sa conception du gascon, comme seconde
langue des Basques est intéressante.

Oui, c'était bien le cas pendant des siècles pour les Basques du Pays Basque
"français" ou "nord": le gascon était bien leur langue seconde  après leur
langue maternelle, mais elle était la première au point de vue du prestige
parce qu'elle était romane et permettait de communiquer en dehors du Pays
Basque et qu'elle était le plus souvent la langue du pouvoir politique
(Bayonne, Béarn, etc...). Ainsi tous les documents en langue vernaculaire
étaient rédigés dans cette région en gascon jusqu'au début du XVIe siècle.
Et des localités clairement bascophones au cours du Moyen Age comme Guiche ou
encore Bidache (voir travaux d'Orpustan) étaient passées au gascon ensuite. Si
le gascon avaient eu la chance de garder un état de langue gasconne après le
Moyen Âge, il est à parier que le gascon aurait encore progressé au Pays
Basque.

Il est quelque part paradoxal de constater que la situation est de nos jours
symboliquement renversé (car en fait le français domine): le basque et la
culture basque sont parés de toutes les vertus dignes d'intérêt, alors que le
gascon est noyé dans un grand "occitan" (terme inventé je le rappelle encore
que dans les années 1880) sans force et son nom est d'ailleurs de plus en plus
passé sous silence par les occitanistes qui feignent de considérer que le seul
nom d'occitan suffit... et quand ils se sentent obliger d'en parler, ils nous
sortent un néologisme incompréhensible et ridicule du type "la langue
occitane, dans son dialecte gascon, dans sa forme béarnaise", alors que pendant
des siècles depuis le début du XIVe siècle le nom de "gascon" tout seul fut
constamment utilisé pour désigner cette langue sans poser aucun problème.

Les Gascons (et les Béarnais) ont malheureusement ratés le train du XIXe
siècle où les conceptions actuelles des langues et des identités ont été
"inventées" et quelque part "figées". Cela aboutit à un résultat bien
navrant: une identité gasconne indépendante, évidente aux yeux de tous
pendant des siècles, est niée ou au mieux minorée; le nom de "gascon" est
régulièrement oublié et passé sous silence; Bayonne est maintenant
considérée comme la capitale du Pays Basque "français" ou "nord", donc une
ville purement basque ou au mieux "basco-gasconne" (le gascon en second !) et
toute personne disant le contraire est considérée comme folle;
  affirmer que Bordeaux est gasconne vous expose à peu près au même
traitement; la Gascogne n'existe plus administrativement et on l'a réduit donc
souvent par conséquent au seul département du Gers et, en étant très gentil,
au département des Landes, etc...

Au moins on pourrait penser que le gascon va être enterré sous son nom. Mais
non, on sera mis dans la fosse commune de la "langue occitane" avec comme
épitaphe: "Ci-gît la langue occitane autrefois parlée à Bordeaux, à Bayonne
et à Pau" !

A lèu,

Guilhem

#9902 De: "Vincent.P" <vpoudamp2@...>
Date: Samedi 5. Juin 2010  13:06
Sujet: Re : [G(V)asconha doman] La langue gasconne lors de la formation du nationalisme basque
vpoudampa
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--- Dans Gasconha-doman@..., gaifier@... a écrit :
>

> Oui, c'était bien le cas pendant des siècles pour les Basques du >Pays Basque
"français" ou "nord": le gascon était bien leur langue >seconde  après leur
langue maternelle, mais elle était la première >au point de vue du prestige
parce qu'elle était romane et permettait >de communiquer en dehors du Pays
Basque et qu'elle était le plus >souvent la langue du pouvoir politique
(Bayonne, Béarn, etc...).

Adiu !

Ajoutons également qu'il était de tradition pour les enfants basques d'aller
faire le domestique dans des villages gascons afin d'y apprendre la langue, le
contraire n'étant pas vrai. D'ailleurs, c'est de là que Jean Errachun avait tiré
son surnom de "Gaskoina" car domestique à Labastide-Clairence.

http://www.hazparne-karrikaizenak.com/mapage13/index.html



>Et des localités clairement bascophones au cours du Moyen Age comme >Guiche ou
encore Bidache (voir travaux d'Orpustan) étaient passées >au gascon ensuite. Si
le gascon avaient eu la chance de garder un >état de langue gasconne après le
Moyen Âge, il est à parier que le >gascon aurait encore progressé au Pays
Basque.


Il a progressé à la marge. La gasconnisation des villages de la vallée du Saison
dans l'Oloronais (Charre, Lichos, ...) doit dater du XVIIème siècle, tout comme
les pays charnégous du Bas-Adour. Il semble bien qu'Anglet et Biarritz furent
"bayonnisés" au XVIIIème siècle de façon définitive (ainsi que Mousseroles). Des
villages du pays de Mixe en Basse-Navarre ou Bardos auraient pu finir
gasconophones sans l'époque moderne. La dynamique gasconne était faible, certes
(elle était beaucoup plus forte tout au Nord, puisque le gascon récupérait en 50
ans au XIXème siècle une bonne dizaine de communes gabays, et qu'il ne restait
plus rien du marotin dans les années 50 dans de nombreux villages, sauf à
Saint-Ferme ; idem en Libournais avec regasconnisation de villages comme Néac,
...).


>
> Les Gascons (et les Béarnais) ont malheureusement ratés le train du >XIXe
siècle où les conceptions actuelles des langues et des >identités >ont été
"inventées" et quelque part "figées".


Oui, c'est également mon analyse. Mais tu sais, tu peux oser ne pas employer "et
les Béarnais". C'est faire le jeu de l'occitanisme béarnais qui tout entier
n'est habité que par le seul but de sauter l'étape gasconne afin que le Béarn,
petite moitié de département, parle d'égal à égal avec de grandes nations comme
la Provence ou l'Auvergne. Je pense d'ailleurs que l'une des erreurs de l'IBG
est de rester sur le terrain "béarnisant" qui est aussi le substrat idéologique
d'une partie de l'occitanisme orthézien.


>Bayonne est maintenant considérée comme la capitale du Pays Basque >"français"
ou "nord", donc une ville purement basque ou au mieux >"basco-gasconne" (le
gascon en second !) et toute personne disant le >contraire est considérée comme
folle;
>  affirmer que Bordeaux est gasconne vous expose à peu près au même
>traitement;


Il est en fait plus facile de faire dire via des acrobaties qu'à Bordeaux "on a
parlé le patois gascon" qu'à Bayonne. A Bordeaux, cela est assez facile au fond
parce que la ville est intimement liée à sa lande. Il n'y a pas non plus
d'identité concurrentielle sauf à la marge la chimère guyennaise, qui est plutôt
un concept littéraire un peu précieux. Et puis Montaigne, Montesquieu, ... ce
sont encore dans l'imaginaire français des "Gascons". Je me souviens que
récemment à la télévision, un présentateur de télé de Canal + demandait à Mamère
s'il était "gascon" tout comme Montesquieu, et Mamère confirma.

Bayonne, c'est l'omertà. Et alors quand on la fâcheuse idée de faire constater
que la toponymie basque de Bayonne est tout de même très réduite ou que nous
n'avons pas connaissance d'un dialecte basque propre à la ville, il faut voir la
tête de l'interlocuteur. La vérité a été révélée, Bayonne est basque.

Je pense que l'occitanisme et son imaginaire sentimental cathare et autres
puérilités ont beaucoup joué dans le sentiment que Bayonne est basque. J'ai eu
l'occasion de le dire maintes fois. C'est la fascination des occitanistes pour
le bon sauvage basque qui incarne la lutte tiers-mondiste qui exalte. Les
occitanistes d'Orthez ont délibérément abandonné Bayonne. Et d'ailleurs, entre
la culture basque et la culture dite occitane, n'est-il pas normal qu'une ville
gasconne ait préféré la culture basque ? Les Basques auraient des velléités
irrédentistes qu'ils annexeraient facilement la moitié des Landes via la
puissance évocatrice du fait basque, autrement plus en conformité avec la
réalité autochtone gasconne que le mirage occitan.

Récemment, on constate que les occitanistes veulent se réaffirmer sur Bayonne.
Voici ce qu'on lit dans la "Crida" :

"Que le Béarn et le Bas-Adour font partie d'un ensemble de régions qui
possèdent en commun l'Occitan (que l'on appelle aussi Langue d'Oc) ; "

Tu parles si depuis Saint-Esprit, en contemplant Bayonne et l'Adour, tu as en
tête les Corbières et "la Langue d'Oc". Tu te fais basque car c'est ce qu'il y a
de plus proche de tes aspirations profondes.


>la Gascogne n'existe plus administrativement et on l'a réduit donc >souvent par
conséquent au seul département du Gers et, en étant très >gentil, au département
des Landes, etc...

Pourtant, témoignages à l'appui, sur les marchés, les vieux du Comminges, du
Couserans, des Landes, voire du Médoc, se disent encore "gascons". Hallucinant
que les occitanistes aient pu snober ce fait ethno-culturel atavique tellement
admirable.



> Au moins on pourrait penser que le gascon va être enterré sous son >nom. Mais
non, on sera mis dans la fosse commune de la "langue >occitane" avec comme
épitaphe: "Ci-gît la langue occitane autrefois >parlée à Bordeaux, à Bayonne et
à Pau" !


Il faut constater cependant que les institutions occitanistes béarnaises usent
de moins en moins du vocable occitan au profit de gascon, mais c'est trop tard,
pour la langue au moins. Par contre, je crois encore faisable la reconstitution
d'un sentiment gascon, aujourd'hui maladroitement exprimé dans l'expression
"Sud-Ouest". Or ce Sud-Ouest de férias, de pignadas, de mer et montagne, aussi
futile soit-il, est avant tout la Gascogne (ce n'est jamais Nontron ou Rodez que
l'on vise).

#9903 De: michel-henry <mhpoey@...>
Date: Samedi 5. Juin 2010  14:04
Sujet: Re: [G(V)asconha doman] Signalisation bilingue à Pau
miqueu_enric
Envoyer un message Envoyer un message
 
J'étais dernièrement en Andalousie : a priori (mais c'est à confirmer) les villes ont gardé leur culture "régionale", et la population semble (je suis très prudent) avoir évoluée "dans" ses racines. 
Pau, comme la plupart des villes françaises, garde ses références géographiques (on ne l'a pas transportée ailleurs!). Mais une ville n'est que le reflet de sa population : donc Pau, Roubaix, Marseille, Nancy, etc  deviennent forcément la ville de leur population. C'est ce que les politiques, impuissants, ne font que constater et appellent le "métissage".


Le 5 juin 10 à 11:17, Vincent.P a écrit :

Adishatz !

Vous trouverez la "crida"* à la suite de mon message.

* : affreux occitanisme lexical, dans la série des "vergonha" et "bolegar".

Labarrère a eu un mot cruel mais vrai : Pau n'est pas une
ville béarnaise. Plus précisément, ne l'est plus. Disons qu'elle le
fut jusqu'aux années 1920. Aujourd'hui, c'est un mélange subtil de
Bath, Roubaix et Alger. Bath pour ce qu'il reste de désuétude anglaise. Roubaix pour l'architecture "commieblock" du centre-ville. Alger pour les palmiers. Quant à la population, c'est celle d'une ville moderne, "métissée" pour employer la novlang contemporaine.

Ce qui me désole le plus outre le manque d'acuité à la réalité
sociologique moderne de la ville de Pau, c'est que ça braille. Cela
braille sans même avoir effectué en amont le travail de traduction.
C'est que les occitanistes, des incompétents notoires, sont orphelins
du père Grosclaude qui leur avait fourni en 1991 un plat cuisiné à
réchauffer via son Dico toponymique. Ils ont pu donc avec grande
fierté faire la preuve de leur action si utile pour la langue en
inscrivant sur les arrêts de bus Navarrenx/Navarrencs. Merci.

Mais maintenant, faut travailler, parce que papi Michel repose à
Sauvelade. Faut chercher dans le cadastre les vieux noms des rues. Il faut savoir maîtriser la graphie classique. Il faut ne pas se ridiculiser comme à Toulouse (Carrèra Serviès ?). Ce travail, les occitanistes ne le font pas. Ils gueulent, réclament : "du bilingue ! du bilingue !" Ce n'est pas Lignières qui va leur traduire leurs pancartes ! 

Pendant ce temps, la mairie appelle le "Cami Salié" le "Chemin du Sel"
dans sa doc officielle. 

"Cars amics,
chers amis

decision de ger ser : que v'atenem numerós
décision de hier soir : nous vous attendons nombreux

CRIDA ENTA LA LENGA APPEL POUR LA LANGUE

http://crida.oc.free.fr/

http://crida-oc.blogspot.com/

Dijaus lo 10 de junh de 2010 a 17h30 per davant la Mairia de Pau

Jeudi 10 Juin 2010 à 17h30 devant la Mairie de Pau
La [size=12]CRIDA

que s'interròga suu chic d'avançadas en mestior de politica
lingüistica.
La CRIDA s'interroge sur le peu d'avancées en matière de politique
linguistique.
La comuna de Pau que preved de cambiar la soa senhaletica direccionau.
La Municipalité paloise prévoit de changer sa signalétique
directionnelle.
Ua senhaletica bilingua qu'ei lo parat de plantar hicas per entinoar
ua politica linguistica.
Une signalétique bilingue est un des jalons pour commencer de lancer
une politique linguistique.
Que pausaram la question perdavant la Mairia de Pau au parat deu
Conselh Municipau, e que demandaram que sia
hicat a l'ordi deu dia lo subjècte.Nous poserons la question devant la
Mairie de Pau à l'occasion de la tenue du Conseil Municipal, et
demanderons que le sujet soit mis à l'ordre du jour.
Per memòria lo tèxte manifèste de 2005 actualizat a 2010
Pour mémoire suit le texte manifeste de 2005, actualisé à 2010.

CRIDA ENTA LA LENGA
APPEL POUR LA LANGUE

Depuis plus de trente cinq ans, ici, des centaines de personnes,
rassemblées dans des associations, ont participé, malgré les préjugés
etles entraves, à la création, à la vie quotidienne et à l'ancrage
dans une société moderne et tolérante des outils indispensables à la
dignité et à l'expression de la culture occitane :

Dans l'enseignement : Calandretas, classes bilingues, enseignants
itinérants, cours à l'Université, formation de nouveaux enseignants ;

Dans les médias : radios, revues pour adultes et enfants,
hebdomadaires d'information ;

Dans la musique, le chant, la danse et les arts plastiques :
professionnalisation, cursus d'enseignement, studios d'enregistrement,
créations de spectacles musicaux et chorégraphiques, événements
festifs ;

Dans la collecte des trésors du patrimoine oral et de la mémoire et la
restitution des traditions populaires ;

Dans l'édition : collections de livres et disques, ouvrages et revues
tant sur le
plan de la recherche et de la création que de la vulgarisation ;

Tout ceci représente une activité économique importante, créatrice
d'emplois.

Nous affirmons :

Que le combat pour la diversité culturelle et linguistique est
universel ;

Que, tous les linguistes le disent, toutes les langues sont de valeur
égale, comme systèmes de communication entre les hommes, comme
supports de création culturelle, comme vecteurs de pensée et de
représentation du monde ;

Que le Béarn et le Bas-Adour font partie d'un ensemble de régions qui
possèdent en commun l'Occitan (que l'on appelle aussi Langue d'Oc) ;

Qu'il appartient à chacun d'entre nous de transmettre ou de créer les
conditions de la transmission de cet héritage.
Il ne s'agit pas de transmettre un patrimoine inerte mais une langue
et une culture vivantes, facteurs de développement intellectuel
universel en la matière.

Il concerne cinq domaines :

- L'enseignement ;
- La langue dans la vie publique ;
- La création culturelle ;
- La diffusion de la langue dans les médias ;
- L'information sur la langue et la culture occitanes ;

Une telle politique ne sera efficace que si la question de la langue
est un thème transversal, pris en compte dans tous les domaines de
l'action publique.

Ce plan repose sur des mesures concrètes :

I. En ce qui concerne, en premier lieu, l'enseignement :

En interdisant l'occitan, l'école de la République a largement
participé à son déclin. Cependant, depuis la loi « Deixonne » de 1951,
différentes circulaires ont engagé un début de reconnaissance des
langues de France. Pour autant cela est notoirement insuffisant,
surtout en ce qui concerne l'occitan. L'enseignement de et en occitan
est aujourd'hui dans une impasse voire face à de graves menaces.

En conséquence, nous proposons la réalisation des actions suivantes :

Comme prévu dans les textes officiels : signature de conventions
pluriannuelles entre l'Education Nationale, les collectivités
territoriales et le milieu associatif qui engageront les signataires
sur des objectifs précis ;

Publication d'un document distribué à toutes les familles
expliquantl'engagement des institutions, l'intérêt de l'étude de
l'occitan et de la pratique du bilinguisme et l'organisation de cet
enseignement ; une attention particulière sera apportée à la petite
enfance et à l'information des nouveaux parents ;

Dès l'école maternelle, information et sensibilisation pour tous à la
langue et la culture occitanes afin qu'elle ne soit plus considérée
comme une simple option mais comme une chance pour nos jeunes ;

Possibilité pour tous les élèves du primaire et du secondaire de
poursuite ou s'intégrer dans des filières bilingues à tous les niveaux
ce qui implique [size=9]la création annuelle d'au moins dix sites
nouveaux d'enseignement bilingue ou par immersion dans les écoles et
les collèges ;

Création à Pau d'une formation officielle au CAPES d'occitan ;

Aide au développement des cours et formations pour adultes.

II. En deuxième lieu, en ce qui concerne la langue dans la vie
publique :

La langue occitane doit être visible et redevenir un vecteur de
communication public. Cela passe aujourd'hui par l'écrit, par la
présence de l'écrit occitan dans la vie quotidienne.

La signalisation routière, directionnelle est le moyen le plus
immédiat. Comme dans la zone basque du département, une signalisation
bilingue systématique doit être mise en œuvre très rapidement. Le
département, les villes, les communautés de communes et les villages
doivent être des moteurs dans cette mise en place, comme certains le
font déjà, grâce à un support technique et une politique incitative.

Les collectivités territoriales doivent utiliser l'occitan pour
communiquer.

Enfin, la langue doit être utilisée comme vecteur de promotion
touristique.Notre culture et notre langue constituent une marque
d'identité très forte qui est un des principaux atouts de notre
région.

III. En troisième lieu, en ce qui concerne la création culturelle :

Les créateurs existent dans tous les domaines de la culture,
inscrivant leur action dans le développement universel actuel.

Il s'agit d'aider la professionnalisation dans la musique, le théâtre,
la danse, les arts plastiques ;

De mettre en place d'une politique annuelle de commande en direction
des artistes dans chaque secteur ;

D'organiser, de promouvoir et de soutenir des lieux d'expositions, de
festivals de musique, de danse, de théâtre ;

D'intégrer une programmation occitane de création dans les
manifestations culturelles dans le département.

Nous voulons aussi rappeler que la langue occitane possède une
histoire millénaire. Sa littérature a produit des chefs d'œuvre depuis
le XIIème siècle jusqu'à nos jours, en passant par le prix Nobel, il y
a tout juste 100 ans, de Frédéric Mistral.

La production littéraire est variée et innovante. Néanmoins les
maisons d'édition occitanes sont trop peu nombreuses et, surtout, le
statut associatif de la plupart d'entre elles les fragilise. Il faut
améliorer sérieusement et durablement l'offre de livres en occitan
pour tous les publics.
Il s'agit, tout d'abord, d'accompagner durablement la structuration
d'un pôle professionnel agissant dans la filière du livre, en aidant
les auteurs et les éditeurs.

Il s'agit, également, de soutenir les diffuseurs qui souhaitent
distribuer ces ouvrages,notamment en aidant les libraires de droit
privé et les bibliothèques médiathèques publiques à constituer un
fonds d'ouvrages d'expression occitane qui couvrent l'ensemble des
champs de la création « écrite ».

Il s'agit, enfin, d'accompagner les lecteurs potentiels par une
information sérieuse et ciblée.Ce qui améliorera notablement la
diffusion effective du livre occitan auprès d'un plus grand et large
public. A cet égard un effort particulier est à accomplir en direction
du jeune public en menant, de manière suivie et systématique, des
actions de sensibilisation des enfants - et des enseignants - à la
richesse de la littérature occitane.

IV. En quatrième lieu, la diffusion de la langue dans les médias :

Le secteur associatif pallie l'absence de travail du service public
dans le domaine de l'occitan. Il doit être aidé comme un service
public de fait. Mais le service public de l'audiovisuel doit être
sollicité de façon plus ferme en ce domaine. Faut-il rappeler que
l'occitan, contrairement au basque ou au catalan, ne dispose pas hors
des frontières de chaîne de télévision et de radio publiques
permettant de pallier l'absence de médias audiovisuels de langue
occitane sur le territoire français ?

Dans un premier temps, une aide exceptionnelle doit être apportée pour
consolider ce qui existe, notamment Ràdio País.
Consolidation sur le plan matériel et sur le plan du personnel.

Un projet de formation dans le domaine de l'audiovisuel occitan peut,
en outre, être monté en Béarn. Le potentiel professionnel existe pour
assurer la formation.
Les partenaires en seraient, notamment, l'Université, le milieu
associatif et les divers médias qui travaillent intégralement ou pour
partie en occitan. Là aussi, la Région Aquitaine peut jouer un rôle
ainsi que d'autres régions de langue occitane. Le service public de
radio et de télévision serait associé à ce projet dont il serait l'un
des bénéficiaires. L'objectif à atteindre, le plus rapidement
possible, est d'assurer une présence quotidienne importante de
l'occitan à la télévision et à la radio, avant, à moyen terme, de
parvenir à un équilibre avec le français.
La presse écrite doit aussi être concernée.Des moyens d'encouragement
à l'utilisation de la langue doivent être mis en place. Aucune
politique linguistique ne peut passer à côté d'une politique d'aide
spécifique aux médias qui utilisent la langue concernée. En ce
domaine, des collaborations sont possibles avec des départements
voisins et d'autres collectivités (Région Aquitaine et Région Midi-
Pyrénées).

V. En cinquième lieu, l'information sur la langue et la culture
occitanes :

L'occitan fut langue administrative en Béarn pendant plusieurs
siècles,il offre des perspectives d'avenir. Chacun dans notre
département doit pouvoir être conscient de cette richesse.

La création d'un service de politique linguistique pour le Département
des Pyrénées Atlantiques, la ville, l'agglomération de Pau et
l'ensemble des collectivités, donneront à ceux qui travaillent dans le
domaine de la langue un interlocuteur compétentqui fera le lien entre
le monde associatif, les professionnels et les élus. Ce service doit
être supervisé par un groupe d'élus référents. Il doit être un service
capable d'être consulté à propos de l'ensemble des affaires traitées
par les collectivités.

Il convient d'être en capacité de rapidement éditer et diffuser à
l'ensemble de la population un document simple sur la langue et la
culture occitanes, aux fins de faire connaître la langue, son
histoire, sa réalité d'aujourd'hui,ainsi que les œuvres littéraires,
musicales et artistiques qu'elle a produites et qu'elle continue de
produire et la replacer dans le monde des langues latines en
soulignant son rôle dans la défense de la diversité culturelle.

Toutes ces actions sont possibles et indispensables. Il faut agir
maintenant, parce qu'il est encore temps.

Manifèste La Crida de 2005 (actualizacion 2010) "



#9904 De: Jean Lafitte <lafitte.yan@...>
Date: Dimanche 6. Juin 2010  12:05
Sujet: Coche raté
lafitte.yan@...
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Bonjour à tous,

Je trouve excellents les contributions récentes de MM. Ramond, Poudampa et Pépin.

Je n'ai guère le temps d'en rajouter, sauf à vous donner ce que je viens d'écrire sur Lespy en vue d'une nouvelle mouture du livre que G. Pépin et moi-même avons publié l'an dernier chez Princi negue / Pyrémonde, « La “Langue d'Oc” ou leS langueS d'oc ? »

En 1858, le Béarnais Vastin Lespy (1817-1897) publie la première Grammaire béarnaise. Il cite Honnorat [premier appliquer « langue d'oc » aux parlers modernes] trois fois (pp. 8, 42 et 60), mais n’use jamais de notre expression [langue d'oc] ; il s’en tient à l’antique « langue romane » de Raynouard, dont le béarnais est « un des plus purs dialectes » (p. I-VIII) ; mais quand, pp. 107 sqq., il veut comparer le béarnais aux « autres dialectes de la langue romane », il finit par les nommer « langues » ; et ce sont, sur un même plan, la « langue des troubadours », l’italien, le portugais, l’espagnol, le provençal (de Roumanille), le « dialecte de Montpellier » (Peirottes), le languedocien (Goudelin), et le « gascon d’Agen » (Jasmin). Et il ne manque pas d’évoquer le temps où « le béarnais était une langue nationale dans le Pays Souverain de Béarn » (p. I-XVIII).
Cependant, en première page de l’Introduction de la 2de édition de cette Grammaire (1880), Lespy écrira incidemment du béarnais : « notre dialecte de la langue d’oc » ; et en plusieurs passages, il montrera qu’il a admis l’existence de cette langue et de ses « dialectes ». Il ira plus loin encore avec son Dictionnaire béarnais (1887), p. XI : il admettra que le béarnais est un sous-dialecte du gascon, lui-même dialecte de la langue d’oc. L’intégration au gascon, il l’aura puisée dans les ouvrages de Luchaire de 1879-1880 qu’il cite, mais n’en aura donc pas retenu que le gascon doit être considéré comme distinct du « provençal », entendu au sens de « langue d’oc ».

J'ajoute trois remarques :
– dès le milieu du XIXe s. on avait abandonné l'hypothèse d'une « langue romane » lancée par Raynouard dans les années 1820, langue issue d'une « corruption » du latin et qui aurait été la mère de toutes les langues « romane » ou « néo-latines ». Mais je me demande si elle était autre chose que le « latin parlé tardif » dont parlent aujourd'hui les spécialistes et qui a précédé les diverses langues romanes, nées le jour où l'on a pris conscience de leur distance au latin classique.
– Lespy fut mû par un incontestable patriotisme béarnais, favorisé par la publication des anciens fors en 1840. Mais on avait perdu depuis longtemps sans doute la conscience d'un domaine linguistique gascon entre Garonne et Pyrénées (et Océan), telle que l'affichait Pèy de Garros en tête de ses Poesias gasconas de 1567. Mais si Lespy connaissait le gascon de Bayonne, on voit qu'il considérait comme gascon la langue de Jasmin, qui était du languedocien de l'Agenais : il faudrait attendre 1879 pour que Luchaire [surtout connu comme historien médiéviste] caractérise définitivement le gascon.
– Lespy travaillait seul, et le Félibrige béarnais-gascon créé à partir de 1896 serait peu propice aux études qui ouvrent les fenêtres… Ce qui n'a pas empêché Palay de faire sa 2nde éd. du Dic. pour tout l'ensemble aquitain.

Mais comme le regrette M. Poudampa, l'IBG ne se presse pas de s'ouvrir à la Gascogne, fût-ce à Bayonne et à Tarbes, reproduisant les courtes-vues de l'occitanisme orthézien… Mais comment se faire entendre, quand on est vieux et « parisien » ?

En tout cas, je soutiendrai tout ce que les amis lucides de Gasconha-doman pourront faire pour pousser cet Institut à justifier le « et gascon » de son nom !

Cordialement à tous,

J.L.




 

#9905 De: gaifier@...
Date: Dimanche 6. Juin 2010  16:27
Sujet: Re: Re : [G(V)asconha doman] La langue gasconne lors de la formation du nationalisme basque
guilhempepin
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Adishatz mounde,

Vincent P. à écrit :

« Pourtant, témoignages à l'appui, sur les marchés, les vieux du Comminges,
du Couserans, des Landes, voire du Médoc, se disent encore "gascons".
Hallucinant que les occitanistes aient pu snober ce fait ethno-culturel atavique
tellement admirable. »

Il serait bon de réunir au plus vite ce type de témoignages (avec références
précises) car ils ne vont sans doute pas tarder à disparaître de la
circulation avec le décès desdits « vieux ». Cela est en fait en droite
ligne avec ce que j’ai pu constater d’un sentiment commun d’être «
gascon », que certains dans d’autres contextes n’hésiteraient pas à
qualifier de « national », qui a existé pendant plusieurs siècles et qui
n’a pas eu la chance d’être renouvelé et maintenu par un mouvement
proprement gascon au XIXe siècle et par la suite.

Je suis en effet d’accord avec toi : le « béarnisme » ou même
l’occitanisme du Béarn sont trop limités au seul Béarn et comme Jean
Lafitte, je suis prêt à contribuer à étendre (de nouveau) l’idée gasconne
dans toute la Gascogne. Je n’ai employé le « et les Béarnais »  que pour
ménager les susceptibilités béarnaises, car je pense tout de même que l’on
perd son temps d’essayer de dire aux Béarnais qu’ils sont aussi gascons
même si cela est vrai au niveau linguistique et historique. Toutefois, je pense
qu’il est possible d’introduire régulièrement dans le discours «
béarniste » la dimension gasconne, même si certains béarnistes (mais pas
tous) sont peut-être « béarniais » et croient naïvement qu’un
demi-département peut faire assez lourd et sérieux face à « l’Occitanie
».

Amistats,

Guilhem

#9906 De: gaifier@...
Date: Dimanche 6. Juin 2010  17:06
Sujet: la Gascogne sur les cartes du Moyen Âge et du XVIe siècle
guilhempepin
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Adichatz mounde,

J’ai effectué une recherche ces derniers jours sur les cartes médiévales et
du XVIe siècle concernant la Gascogne et sa zone.

Cela fait longtemps que cela me trottait dans la tête, mais je ne savais pas
par où commencer et surtout les reproductions de cartes anciennes que j’avais
croisées étaient souvent bien trop petites pour zoomer efficacement sur la
Gascogne. J’ai pu voir une expo de cartes originales à la British Library de
Londres et j’ai pu alors me procurer des livres et des cartes à des tailles
respectables.

Malgré tout je suis désolé, mais il faut souvent écarquiller bien les yeux
pour lire les noms !

Verdict : la Gascogne entre Garonne et Pyrénées est très régulièrement
présente sous ce nom sur la grande majorité des cartes, certaines ne mettant
aucun nom sur cette région. Aucune carte n’appelle cette zone du nom de
Guyenne quand bien même la Gascogne était comprise dans cette entité
institutionnelle depuis au moins le XIIIe siècle. Mais il s’agit sans doute
là des perceptions communes qui ne s’intéressaient pas aux divisions
purement institutionnelles. L’Aquitaine (Aquitania) n’est parfois
mentionnée que pour la région comprise entre la Garonne et la Loire, ce qui
était la norme avant le XIIe siècle. Et parfois au dessus de l’Aquitaine se
situe le Poitou (Pictavia).

Les portulans italiens des XIVe, XVe et XVIe siècles sont de très bonnes
cartes des contours des côtes (quand l’on pense à leurs moyens !) et la
Gascogne y est aisément situable. En revanche, dans les cartes du type
mappemonde d’inspiration plus ancienne (même si dessinées parfois au XIVe
siècle), la réalité géographique est allégrement oubliée pour l’aspect
symbolique et religieux autour du Christ. C’est alors souvent un vrai bazar,
sauf sur la mappemonde de St-Sever, seule carte du panel que j’envoie ici
établie en Gascogne (vers 1060), mais le nom de Gascogne sous la forme latine
« Vasconia » y est régulièrement marqué sur la plupart de ces cartes.

Si la Provence (Provincia, Pnvcia en abréviation) est régulièrement marquée,
le Languedoc est en revanche tout le temps absent sous ce nom. On ne trouve que
« Septimania » (qui ne comprenait pas Toulouse) sur la mappemonde de St-Sever
et « Narbona », « Narbonensis » (Narbonnaise) et/ou « Tolosa » dans
d’autres, et le plus souvent rien pour cette zone comprise entre Garonne et
Rhône. D’ailleurs, il n’y a jamais aucune mention pour le Béarn ou le Pays
Basque (juste la Biscaye et la Navarre) dont le nom se limitait par ailleurs
alors au  seul Pays Basque « français ».

Bien entendu il n’y a jamais d’ « Occitania » sur ces cartes, car ces
braves cartographes sont nés bien trop tôt pour avoir eu la chance de lire les
écrits de Fabre d’Olivet (vers 1800) et de ses successeurs…

Je ne vais pas vous ennuyer ici avec les cartes difficilement lisibles et/ou
compréhensibles, donc je vous envoie ici :

  la carte de la Gascogne et des régions avoisinantes dans la mappemonde du
Béatus de St-Sever établit vers 1060 peut-être par le moine Estèbe-Gassie
(version originale et version avec placement des noms de villes sous leur forme
actuelle) :

http://www12.zippyshare.com/v/65251144/file.html

et

http://www12.zippyshare.com/v/18959555/file.html

Portulan italien de 1330 où l’on voit sous la Garonne le nom « Guasconya »
:

http://www12.zippyshare.com/v/14354516/file.html

Portulan de 1489 où se trouve sous la Garonne et au dessus des Pyrénées le
nom (à l’envers) de « Goaschonia » :

http://www12.zippyshare.com/v/29887223/file.html

Portulan du XVe siècle (reproduit ici en noir et blanc) où il est facile de
situer et lire le nom « Gasconia » :

http://www12.zippyshare.com/v/40786786/file.html

Carte italienne de 1559 où il est facile de lire « Gascunha » :

http://www12.zippyshare.com/v/63636411/file.html

Portulan de 1469 nommant Bayonne comme « Baiona de Guascogna » puisqu’il
existait (et existe) aussi un autre port nommé « Baiona » en Galice (voir sur
cette carte). Bayonne était alors couramment appelé « Bayonne de Gascogne »
par les Espagnols pour la distinguer du Bayonne galicien :

http://www12.zippyshare.com/v/85357345/file.html


Si après lecture de ces cartes (et celles que je n’ai pas diffusé ici) et
joint aux témoignages historiques et ethnologiques que l’on lit sur ce forum
depuis des années, on se met à douter de l’existence d’une Gascogne à
travers les siècles comprises grosso modo entre Garonne et Pyrénées, c’est
que l’on ne veut pas voir certains phénomènes !

Amistats,

Guilhem

#9907 De: gaifier@...
Date: Dimanche 6. Juin 2010  17:14
Sujet: Bayonne de Gascogne
guilhempepin
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Adishatz,

J’ai juste oublié de mentionner dans mon précédent message que la ville de
Bayonne est aussi nommée comme « Baionna de Goascogna » sur le portulan de
1489 où se trouve également sous la Garonne et au dessus des Pyrénées le nom
(à l’envers) de « Goaschonia » :

http://www12.zippyshare.com/v/29887223/file.html

Guilhem

#9908 De: gaifier@...
Date: Lundi 7. Juin 2010  22:11
Sujet: la Gascogne sur une carte de 1306-1321
guilhempepin
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Adichatz mounde,

Encore un autre exemple de la présence de la Gascogne au même endroit que
d'habitude sur une carte du monde dessinée vers 1306-1321 par le vénitien
Marino Sanuto. Il s'agit ici d'une édition moderne imprimée de cette carte
(1611), la version originale que j'ai trouvé pour le moment étant bien trop
petite pour être bien lisible:

http://www.swaen.com/antique-map-of.php?id=2710

Quant vous arrivez sur la page, vous devez cliquer sur le carré où se trouve
une carte du monde. Ensuite la carte apparaît en plus grand. Il faut appuyer au
maximum sur le + situé en bas de la carte pour l'agrandir et bouger la carte
vers le bas avec votre souris pour pouvoir voir le nom "Vasconia" (en fait
écrit "Gasconia" sur l'original médiéval) autour du golfe de Gascogne
entouré au nord par Britania (la Bretagne) et Pictavia (le Poitou) et à l'est
par "Tholose" (Toulouse) et "Navarra" (Navarre) et au sud par "Castella"
(Castille).

Amistats gascounes,

Guilhem

#9909 De: gaifier@...
Date: Lundi 7. Juin 2010  23:00
Sujet: carte de la Vasconie au VIIe siècle
guilhempepin
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Adichatz mounde,

Je vous envoie ici la reconstitution par Raymond C. Beazley (prof. D’Oxford)
datant de 1897 d’une carte qui a pu accompagner la Géographie écrite
probablement dans la seconde moitié du VIIe siècle à Ravenne (en Italie) par
un auteur inconnu, nommé par conséquent l’Anonyme de Ravenne. D’autres
reconstitutions ont été proposées, mais toutes rapportent les mêmes
données.

http://www49.zippyshare.com/v/98332418/file.html

Il est aisé de trouver la « Vasconia » sur cette carte. En fait l’Anonyme
évoque la « Guasconia » dont le nom aurait, selon lui, remplacé celui
d’Aquitaine entre Loire et Garonne, le pays situé entre Garonne et Pyrénées
étant appelé par lui « Spanoguasconia ». Cette description correspond à la
principauté d’Aquitaine-Vasconie fondée vers 674-676 par le duc Loup et dont
le premier successeur connu est le prince Eudes à partir de v.718. Ces princes
ont étendu dans la seconde moitié du VIIe  siècle et le début du VIIIe
siècle leur principauté à partir de la Vasconie (= Novempopulanie) et des
régions avoisinantes (Toulouse, Bordeaux, etc…) jusqu’aux régions
comprises grosso modo jusqu’à la Loire s’emparant par exemple de Limoges,
Clermont, Poitiers ou encore Bourges.

A lèu,

Guilhem

#9910 De: tederic@...
Date: Mardi 8. Juin 2010  20:34
Sujet: Mort deu listaire Jaume Ressaire / Jacques Ressaire
tederic2
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Adishatz !

Bien que ni gascon ni gasconiste, J. Ressaire était inscrit à "G(V)doman" où il
était intervenu quelques fois pour donner sa vision d'une Occitanie qui m'a
parue plus respectueuse que d'autres de la Gascogne.

Je vous donne ici un lien vers des messages de la liste qui mentionnent son nom,
"Ressaire". Certains sont de lui, d'autres des réponses :
http://fr.groups.yahoo.com/group/Gasconha-doman/msearch?query=ressaire&submit=Re\
cherche&charset=ISO-8859-1

C'est la première fois que j'ai à déplorer le décès d'un listaire.
Aquo que'ns hè a tots un chic mei vielhs !

Ci-dessous le communiqué du PNO (Partit de la Nacion Occitana) auquel
appartenait J. Ressaire.

Tederic

------

"Nòstre ancian president , amic e referéncia, Jaume Ressaire, ven de
difuntar. Es un malastre dels grands pel PNO e per Occitània e pensam
totes a sa femna Eva, a sas filhas, e sa familha. L'enterrament civil se
farà dijòus que ven 10  de junh a 3 oras del vespre al cementèri de
Banhòus de Céza (Gard). Ni flors, ni coronas. Serà seguit d'un veire de
l'amistat al local del P.N.O de Banhòus.
Seriá ben que los que pòdon venguèssen per onorar la memòria de Jaume.

Joan-Pèire Alari, vice-president

Notre ancien président, ami et référence, Jacques Ressaire, vient de
décéder. C'est un grand malheur pour le P.N.O et pour l'Occitanie et
nous pensons tous à sa femme Eve, à ses filles et à sa famille. Les
obséques civiles se feront jeudi prochain 10 juin à 15 h au cimetière de
Bagnols sur Céze (Gard). Ni fleurs, ni couronnes. Il sera suivi d'un pot
au local du P.N.O de Bagnols.
Il serait bon que tous ceux qui le peuvent viennent pour honorer la
mémoire de Jacques.

Jean-Pierre Hilaire, vice-président"

#9911 De: "Vincent.P" <vpoudamp2@...>
Date: Mardi 8. Juin 2010  21:18
Sujet: Re : Mort deu listaire Jaume Ressaire / Jacques Ressaire
vpoudampa
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Adishatz,

Même si cela n'est pas l'objet premier de cette liste, je tiens à m'associer à
la peine de la famille du défunt, ainsi qu'à celle de ses proches. Voici en lien
le blog que tenait Monsieur Ressaire où trouver quelques unes de ses
contributions à notre liste :

http://ressaire.over-blog.com/

J'ai toujours été frappé à la lecture des messages de Jacques Ressaire, de la
grande rigueur intellectuelle d'une génération d'occitanistes qui aujourd'hui
nous quitte. Une génération qui avait avec le félibrige un contact encore étroit
: l'Occitanie était avant tout conçue comme un espace littéraire d'affirmation
culturelle. A cet espace, se greffait parfois, quand l'idéal perce sous le
réalisme, le rêve fontanien d'une Occitanie comme nation, mais une nation qui ne
se vivrait pas comme une France méridionale, ni comme un miroir déformant du
jacobinisme parisien. Jacques Ressaire, à ce titre, insistait pour que soient
respectées les grandes nations constitutives de l'Occitanie. On mesure alors le
gouffre qui sépare cette génération de nos occitanistes contemporains, gouffre
que Jacques Ressaire constatait lui-même dans son message d'octobre 2009 dans
lequel il confessait ne pouvoir convaincre ses amis du PNO du bien-fondé de
l'indifférence graphique.

Avec la disparition de cette génération occitaniste qui avait encore du
mouvement régionaliste une vision d'ensemble complète et humaniste, une vision
faite d'œcuménisme parce qu'au fond toujours admirative de Mistral,
s'évanouissent les dernières raisons de croire encore en l'occitanisme. Ce que
disait Marilis Orionaà de Roger Lapassade dans la Lettre de l'IBG de décembre
2009 illustre parfaitement cette sensation étrange que l'on peut avoir, à savoir
qu'honorer les occitanistes des premiers jours, c'est au fond combattre leurs
fils spirituels. Malédiction de tout système de pensée.

http://www.marilisorionaa.com/contrib2.html

#9912 De: gaifier@...
Date: Mardi 8. Juin 2010  21:41
Sujet: Re: [G(V)asconha doman] Mort deu listaire Jaume Ressaire / Jacques Ressaire
guilhempepin
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Adichatz,

Condolenças per Jaume Ressaire!

Je l'ai croisé à quelques reprises dans le passé, mais c'est plutôt mon
défunt père qui l'a assez bien connu. Il est vrai que s'il était pour
l'"Occitanie", il n'éructait ou n'attaquait pas comme font certains. Et lui au
moins pensait un occitanisme qui n'était pas essentiellement destiné à
obtenir des subventions diverses et variées et des postes pour se trouver du
boulot ou le conserver...

Guilhem






Adishatz !

Bien que ni gascon ni gasconiste, J. Ressaire était inscrit à "G(V)doman" où
il était intervenu quelques fois pour donner sa vision d'une Occitanie qui m'a
parue plus respectueuse que d'autres de la Gascogne.

Je vous donne ici un lien vers des messages de la liste qui mentionnent son nom,
"Ressaire". Certains sont de lui, d'autres des réponses :
http://fr.groups.yahoo.com/group/Gasconha-doman/msearch?query=ressaire&submit=Re\
cherche&charset=ISO-8859-1

C'est la première fois que j'ai à déplorer le décès d'un listaire.
Aquo que'ns hè a tots un chic mei vielhs !

Ci-dessous le communiqué du PNO (Partit de la Nacion Occitana) auquel
appartenait J. Ressaire.

Tederic

------

"Nòstre ancian president , amic e referéncia, Jaume Ressaire, ven de
difuntar. Es un malastre dels grands pel PNO e per Occitània e pensam
totes a sa femna Eva, a sas filhas, e sa familha. L'enterrament civil se
farà dijòus que ven 10 de junh a 3 oras del vespre al cementèri de
Banhòus de Céza (Gard). Ni flors, ni coronas. Serà seguit d'un veire de
l'amistat al local del P.N.O de Banhòus.
Seriá ben que los que pòdon venguèssen per onorar la memòria de Jaume.

Joan-Pèire Alari, vice-president

Notre ancien président, ami et référence, Jacques Ressaire, vient de
décéder. C'est un grand malheur pour le P.N.O et pour l'Occitanie et
nous pensons tous à sa femme Eve, à ses filles et à sa famille. Les
obséques civiles se feront jeudi prochain 10 juin à 15 h au cimetière de
Bagnols sur Céze (Gard). Ni fleurs, ni couronnes. Il sera suivi d'un pot
au local du P.N.O de Bagnols.
Il serait bon que tous ceux qui le peuvent viennent pour honorer la
mémoire de Jacques.

Jean-Pierre Hilaire, vice-président"

#9913 De: Jean Lafitte <lafitte.yan@...>
Date: Mercredi 9. Juin 2010  14:41
Sujet: Praubë Moussu Ressaire !
lafitte.yan@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
N'avi pas avuts countactës noumbrous dab Jacques Ressaire, més prou ta
l'estima, a maugrat de nous pas partadya las soûes idées sus l'Ouccitanie.
N'èy pas arré a hourni a ço d'escriut per V.Poudampa e G. Pépin, qui
tròbi hère boûn.
La rèste, que sera tau sé, en la mie pregàri tous noustës defuns.

Dab, soulidë, ue pensade per la soûe familhe.

J.L.

#9914 De: tederic@...
Date: Lundi 14. Juin 2010  10:47
Sujet: Paris capitale naturelle de la France ?
tederic2
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[Hona Gasconha.com-en mezu berezi bat.
Aquò qu'ei un messatge especiau de Gasconha.com.
Ceci est un message spécial de Gasconha.com.]

Adishatz & kaixo guzieri !

Je vous livre cet extrait de l'article "Paris" de "Le Pays de France" (Hachette
1925).
"Le Pays de France" est un beau livre illustré de photos (principalement des
monuments), et fait d'articles bien écrits. On peut supposer qu'il exprimait
l'idéologie dominante. L'auteur de l'article "Paris" est Edmond Haraucourt.

Voici :

"Paris se trouverait donc être une sorte d'emblème national, un microcosme de la
France ? Soit.
Mais cette condition privilégiée fut-elle la conquête d'une volonté dominatrice
et qui s'imposa ?
Ou bien doit-elle, au contraire, nous apparaitre comme le produit normal des
éléments divers qui ont coopéré à un tel résultat ? L'histoire va nous répondre.

Une grande ville n'est jamais l'oeuvre du hasard ou d'un caprice, mais le
produit logique et nécessaire des forces ambiantes qui exigent son
accroissement. La prospérité d'une capitale ne s'obtient que par la concordance
de deux facteurs essentiels, la situation géographique de la ville naissante, et
les capacités du peuple qui habite là ; puissance, gloire et richesse ne
résulteront que d'une harmonie entre le site et la race qui l'utilise.
Ainsi voit-on naître et mourir des capitales factices, dont le rôle prend fin
dès que les conditions politiques se modifient.
Par contre, il y a des capitales ethniques, dont la vitalité s'impose, parce
qu'elle est voulue par la nature.

Paris est pour la France un centre, le centre. Nos voies ferrées, confirmation
moderne d'une habitude séculaire, s'irradient de ce point unique et convergent
vers lui, comme les rayons d'une roue autour de leur moyeu : chemins d'aller et
retour vers une tête qui reçoit de toutes parts les éléments de l'activité
vitale, les rassemble, les combine et les malaxe, les fond et les renvoie vers
la périphérie."


Mon commentaire :

L'usage du mot "race" est à replacer dans l'histoire des mots, et je pense qu'il
faut le prendre comme un synonyme de "ethnie" ; l'article utilise d'ailleurs
l'adjectif "ethnique".

Quelle ethnie ? l'ethnie française, peut-on supposer. "Paris est le résumé de la
France", dit l'auteur plus loin.
Mais ce n'est pas très clair ni cohérent : "le peuple qui habite là" serait plus
logiquement le peuple parisien, ou sinon, "là" est toute la France, et alors,
pourquoi l'émergence particulière de Paris ?

Comment la géographie aurait-elle fixé à Paris "la tête" d'une ethnie française
répartie sur l'hexagone, et dont feraient partie, par exemple, les gascons, et
cela "naturellement" et sans une "volonté dominatrice et qui s'imposa" ?

Je ne chercherai pas à démonter plus avant une argumentation peu rigoureuse.
Je voulais surtout rappeler qu'il faut toujours rester critique face au discours
médiatique,

Siam critics e hardits !
Tederic

#9915 De: gaifier@...
Date: Lundi 14. Juin 2010  14:24
Sujet: cartes anciennes sur la Gascogne (suite)
guilhempepin
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Adichatz mounde,

Je continue peu à peu mon collectage de cartes anciennes concernant la Gascogne
et je vous envoie ici trois d’entre elles :

La première est une carte imprimée du cartographe breton Guillaume Brouscon
datant de 1546. L’ouest se trouve placé en haut de la carte. Vous remarquerez
sur la page de gauche que le nom « Gascoine » se trouve placé entre les
villes de Bordeaux et de Libourne :

http://www27.zippyshare.com/v/38835789/file.html

La seconde est une carte manuscrite du même Guillaume Brouscon datant de 1548.
L’ouest se trouve placé en haut de la carte. On peut voir le nom de «
Gascoi(n)e » au dessus de la ville de Bordeaux (Bourdeos) coupé par le nom
Arcachon (Arcasone) qui désignait d’ailleurs uniquement le bassin et non un
village sur la côte :

http://www27.zippyshare.com/v/95562800/file.html

Enfin une carte trouvée sur internet sans indication d’origine
(malheureusement) mais qui semble être italienne et  dater soit du XVIe, soit
du XVIIe siècle. On y trouve indiqué la Gascogne (Guasconia), le Limousin
(Limosini) au nord et le Languedoc au sud-est :

http://www27.zippyshare.com/v/70133074/file.html

J’ai trouvé pas mal d’autres cartes des XVIe et XVIIe siècle qui indiquent
la Gascogne sans nommer la Guyenne, l’Aquitaine, le Béarn, le Pays Basque et
sauf une exception le Languedoc à l’endroit où on l’attend…

De même, un sacré nombre de cartes maritimes des XIVe, XVe et XVIe siècles
qui nomment Bayonne en tant que « Bayonne de Gascogne » pour la distinguer du
« Baiona » qui se trouve en Galice.

Ce sera l’objet de futurs messages, donc restez connecté si cela vous
intéresse !

Amistats,

Guilhem

#9916 De: "gaskoun" <gaskoun@...>
Date: Mardi 15. Juin 2010  13:26
Sujet: Re : la Gascogne sur les cartes du Moyen Âge et du XVIe siècle
gaskoun
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Adixatz !

Tout d'abord merci pour ces sublimes cartes!
Ensuite, quelques questions!

- sur la carte "portulan de Grazioso Benincasa, Venise, 1469", on voit bien
Baiona de Guasconia, mais qu'y a t-il écrit au dessus? .G. de baiona? Et encore
au dessus, momissan? Donc mimizan?

- sur la carte "portulan du 15e siècle", au dessus de "Baiona", on lit la même
chose. Toujours Mimizan?

Mercés hort !

Biniami.



----------------------------
"Abans d'estar ua geografia, la Gaskonia k'es ua filosofia."

http://gaskonia.blogspot.com

#9917 De: "roulet.casaucau" <roulet.casaucau@...>
Date: Lundi 14. Juin 2010  13:58
Sujet: Re: [G(V)asconha doman] Paris capitale naturelle de la France ?
roulet.casaucau@...
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[Car Gric de Prat,
Quan enviaratz un messatge a la lista, e poderatz verifiar que lo son titol a ua
relacion damb lo contengut ?
E poderatz tanben evitar de deishar ua citacion 20 còps mei longa que lo voste
messatge e shens nada relacion damb eth ?
Mercés a l'avança.
Tederic, lo mèste de lista]



Gric de Prat a lo plaser d'anonçar la sortida de son naveth disc e de
son naveth espectacle Bordèu (sus l'identitat gascona a Bordèu) jogat
au mes de décmer au Teatre deu Pont Tournant e de pertot on serà demandat.
Amistats

tederic@... a écrit :
>
> [Hona Gasconha.com-en mezu berezi bat.
> Aquò qu'ei un messatge especiau de Gasconha.com.
> Ceci est un message spécial de Gasconha.com.]
>
> Adishatz & kaixo guzieri !
>
> Je vous livre cet extrait de l'article "Paris" de "Le Pays de France"
> (Hachette 1925).
> "Le Pays de France" est un beau livre illustré de photos
> (principalement des monuments), et fait d'articles bien écrits. On
> peut supposer qu'il exprimait l'idéologie dominante. L'auteur de
> l'article "Paris" est Edmond Haraucourt.
>
> Voici :
>
> "Paris se trouverait donc être une sorte d'emblème national, un
> microcosme de la France ? Soit.
> Mais cette condition privilégiée fut-elle la conquête d'une volonté
> dominatrice et qui s'imposa ?
> Ou bien doit-elle, au contraire, nous apparaitre comme le produit
> normal des éléments divers qui ont coopéré à un tel résultat ?
> L'histoire va nous répondre.
>
> Une grande ville n'est jamais l'oeuvre du hasard ou d'un caprice, mais
> le produit logique et nécessaire des forces ambiantes qui exigent son
> accroissement. La prospérité d'une capitale ne s'obtient que par la
> concordance de deux facteurs essentiels, la situation géographique de
> la ville naissante, et les capacités du peuple qui habite là ;
> puissance, gloire et richesse ne résulteront que d'une harmonie entre
> le site et la race qui l'utilise.
> Ainsi voit-on naître et mourir des capitales factices, dont le rôle
> prend fin dès que les conditions politiques se modifient.
> Par contre, il y a des capitales ethniques, dont la vitalité s'impose,
> parce qu'elle est voulue par la nature.
>
> Paris est pour la France un centre, le centre. Nos voies ferrées,
> confirmation moderne d'une habitude séculaire, s'irradient de ce point
> unique et convergent vers lui, comme les rayons d'une roue autour de
> leur moyeu : chemins d'aller et retour vers une tête qui reçoit de
> toutes parts les éléments de l'activité vitale, les rassemble, les
> combine et les malaxe, les fond et les renvoie vers la périphérie."
>
> Mon commentaire :
>
> L'usage du mot "race" est à replacer dans l'histoire des mots, et je
> pense qu'il faut le prendre comme un synonyme de "ethnie" ; l'article
> utilise d'ailleurs l'adjectif "ethnique".
>
> Quelle ethnie ? l'ethnie française, peut-on supposer. "Paris est le
> résumé de la France", dit l'auteur plus loin.
> Mais ce n'est pas très clair ni cohérent : "le peuple qui habite là"
> serait plus logiquement le peuple parisien, ou sinon, "là" est toute
> la France, et alors, pourquoi l'émergence particulière de Paris ?
>
> Comment la géographie aurait-elle fixé à Paris "la tête" d'une ethnie
> française répartie sur l'hexagone, et dont feraient partie, par
> exemple, les gascons, et cela "naturellement" et sans une "volonté
> dominatrice et qui s'imposa" ?
>
> Je ne chercherai pas à démonter plus avant une argumentation peu
> rigoureuse.
> Je voulais surtout rappeler qu'il faut toujours rester critique face
> au discours médiatique,
>
> Siam critics e hardits !
> Tederic
>
>

2 sur 2 fichier(s)


#9918 De: gaifier@...
Date: Mardi 15. Juin 2010  20:09
Sujet: Re: [G(V)asconha doman] Re : la Gascogne sur les cartes du Moyen Âge et du XVIe siècle
guilhempepin
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Adiu,


"- sur la carte "portulan de Grazioso Benincasa, Venise, 1469", on voit bien
Baiona de Guasconia, mais qu'y a t-il écrit au dessus? .G. de baiona? Et encore
au dessus, momissan? Donc mimizan?"

Oui, il y a bien écrit 'G. de Baiona', cela peut signifier soit Golfe de
Bayonne, soit côte de Bayonne... je ne saurais départager entre les deux.

"- sur la carte "portulan du 15e siècle", au dessus de "Baiona", on lit la
même chose. Toujours Mimizan?"

Oui, c'est bien dans les deux cas Mimizan et cette localité est presque
constamment indiquée dans la plupart des cartes et des portulans (cartes
maritimes).

Amistats,

Guilhem

#9919 De: gaifier@...
Date: Mercredi 16. Juin 2010  20:08
Sujet: cartes sur la Gascogne des XVIe siècle et XVIIe siècles
guilhempepin
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Adichatz mounde,

Voici quelques cartes du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle (à
l'exception d'une datant de 1662).

Peu de commentaires sont nécessaires. Les cartographes qui ont des noms
français étaient... français. Les autres étaient italiens, catalans et
allemands.

J'ai organisé les cartes selon un ordre chronologique.

Remarquez encore une fois la remarquable permanence de la Gascogne sur ces
cartes. Je n'ai rencontré pour le moment qu'une seule carte avec la Guienne
mentionnée avec Gascogne écrit en plus gros (datant de 1628, je l'enverrai
lors d'un prochain message) et la première carte datée que j'ai trouvé avec
le nom de la province du Languedoc est celle de 1662 établie par le français
François Ollive que je vous envoie ici:

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Amistats,

Guilhem

#9920 De: "gaskoun" <gaskoun@...>
Date: Mercredi 16. Juin 2010  20:37
Sujet: Re : [G(V)asconha doman] Re : la Gascogne sur les cartes du Moyen Âge et du XVIe siècle
gaskoun
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Adixatz!

Que mimizan paraissent sur des cartes, comme le Beatus de St-Sever, ok, je vois
pourquoi.
Mais sur un Portulan, cela me parait bizarre. Est-ce que cela implique  que
Mimizan était un port, une étape peut-être, pour les divers navires?
C'est que la légende du port antique mais surtout médiéval est encore vive, même
si rien ne vient l'étayer, et que les indices tendraient plutôt même à prouver
l'inexistence de ce port...

Plan coraument,

Bin'

#9921 De: gaifier@...
Date: Mercredi 16. Juin 2010  22:36
Sujet: Re: Re : [G(V)asconha doman] Re : la Gascogne sur les cartes du Moyen Âge et du XVIe siècle
guilhempepin
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Adiu,

Je ne sais rien au sujet du "port" de Mimizan, mais le fait que Mimizan soit
indiqué sur les portulans et les cartes n'implique pas obligatoirement que
c'était un port, même si cela paraît assez probable qu'il y ait eu au moins
un modeste port. Mais après tout ils indiquaient aussi (Sainte-Marie de) Soulac
qui n'était pas un port, mais qui était pris comme point de repère pour
l'entrée dans l'estuaire de la Gironde...

Au fait, la lecture d'autres cartes me permet de dire que "G. de Baiona" veut
dire en fait "côte de Bayonne".

A lèu,

Guilhem








Adixatz!

Que mimizan paraissent sur des cartes, comme le Beatus de St-Sever, ok, je vois
pourquoi.
Mais sur un Portulan, cela me parait bizarre. Est-ce que cela implique que
Mimizan était un port, une étape peut-être, pour les divers navires?
C'est que la légende du port antique mais surtout médiéval est encore vive,
même si rien ne vient l'étayer, et que les indices tendraient plutôt même à
prouver l'inexistence de ce port...

Plan coraument,

Bin'

#9922 De: "gaskoun" <gaskoun@...>
Date: Vendredi 18. Juin 2010  16:03
Sujet: Re : Re : [G(V)asconha doman] Re : la Gascogne sur les cartes du Moyen Âge et du XVIe siècle
gaskoun
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Adixatz!

Merci pour ces réponses.

Peut-être est-ce donc un point de repère, le long du littoral des landes de
Gascogne. Point de repère tristement célèbre, comme le prouve le fameux dicton
mimizanais "Que Diu presava'ns deu cant de la serena, de la coda de la baleia, e
deu campaner de Mamisan (Que Dieu nous préserve du chant de la sirène, de la
queue de la baleine, et du clocher de Mimizan)".


Amistats,

Bin'

#9923 De: "roulet.casaucau" <roulet.casaucau@...>
Date: Dimanche 20. Juin 2010  8:08
Sujet: Disque Gric de Prat et spectacle Bordèu au théâtre du Pont Tournant à Bordeaux.
roulet.casaucau@...
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A tous les amis de Gric de Prat,

Notre disque *Viatge en Aquitania* est enfin sorti des presses, à
l'issue de  problèmes techniques qui nous ont causé un important retard
(voir la présentation en pièce jointe).
Ce disque est, nous le souhaitons, le reflet fidèle de ces années
passées à sillonner les routes d'Aquitaine et d'ailleurs.
Il nous faut maintenant le distribuer le plus vite possible, car de son
succès dépendra une nouvelle publication : le livre-disque consacré au
Bordeaux gascon sortira en décembre à l'issue de notre nouveau spectacle
*BORDÈU* co-produit avec l'*IDDAC* et le *théâtre du Pont Tournant
*(voir pièce jointe).
Ce spectacle sera l'occasion de mettre en scène et de publier quelques
pièces rares relatives à l'identité occitane à Bordeaux.

Nous avons une fois de plus, besoin de tous nos amis : mieux que tout
distributeur, vous pouvez nous aider à diffuser ce disque en un temps
restreint !

Avec tous nos remerciements et nos amitiés

Adishatz

Gric de Prat

2 sur 2 fichier(s)


#9924 De: gaifier@...
Date: Lundi 21. Juin 2010  10:12
Sujet: une autre carte et une autre description
guilhempepin
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Adichatz mounde,

Voici une autre description des côtes françaises par le même auteur (Jean
Fonteneau).

Vous pouvez voir sur la page 5 du PDF de cet article une carte de la côte ouest
où l’on peut voir nettement le nom « Gascongne » entre « Fontorrrabia »
et la Gironde. Cette carte fait partie du manuscrit de la « Cosmographie »
écrit par Jean Fonteneau en 1545 et dont je vous ais donné des extraits lors
de mon précédent message.

Pour le télécharger :

http://www.sendspace.com/file/wlsbq4


A lèu,

Guilhem

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