Tiré d'un gran de sau de Gasconha.com :
Lien :
http://www.facebook.com/group.php?gid=187840870224&ref=nf
Je conseille à tous la lecture complète des réactions. Cela vaut tous les
sondages. Et pour ceux que la manifestation autistique de Carcassonne avait
enivré, un bon retour sur Terre, face aux générations de demain.
Sans jouer aux devins, beaucoup d'entre nous avions écrit combien une telle
imposition dans l'espace public pouvait être contre-productive sans un climat en
faveur, sans une DEMANDE. Plus que jamais, il faut d'une part éviter les
maladresses (la traduction des noms propres, on la paie cher ...), d'autre part
chercher les marchés de niche, surtout comprendre l'imbrication entre une
société et ses attentes. Tout de suite, il faut réformer (ou remplacer)
l'occitanisme, l'axer sur autre chose.
Ce que j'ai dit en réaction à ma découverte de ce groupe (un ami qui m'a envoyé
ça en lien) :
"Plus de 5000 membres qui se mobilisent sur au fond un sujet qui met en question
la dignité de la langue régionale dans l'espace public.
Et les patronymes locaux montrent bien que ce sont les descendants des derniers
locuteurs qui refusent cette apparition.
Et pourtant, elles sont bien faites ces annonces...
L'occitanisme a failli dans des proportions dantesques."
Tederic sur Gasconha.com a écrit :
"Finalement, je trouve que ces jeunes portent en eux la "vergonha" (la honte).
Ils haïssent toute trace de ce qu'ils doivent percevoir comme un passé paysan.
Les "r" roulés, par exemple...
Ils trouvent "Empalott" ridicule, mais le même "Empalott" leur plairait si
c'était dans le cadre d'un doublage anglophone, non ?
Le combat occitan parait perdu, puisqu'il a tout misé sur la langue, et que
celle-ci est perdue.
Mais le conformisme méchant de tous ces jeunes me fait peur.
Bon, je module quand même : il y a des réactions comme "A la limite pdt le
festival occitania mais là sa soûle complet"... ici, ce n'est pas exactement de
la "vergonha" mais plutôt un grand désintérêt."
J'ai répondu :
"Je ne sais pas si techniquement l'on peut parler de honte, parce qu'elle
impliquerait pour ceux qui la vivraient une identification partielle au monde
paysan qu'ils rejetteraient.
Or, ils n'ont aucun lien avec celui-ci : ce n'est pas le fantôme du monde paysan
qui les agresse dans leur vie de banlieusard
parisien délocalisé en province, c'est l'accent, les intonations, l'altérité.
Le français l'emporte parce qu'il est la langue de la civilisation urbaine
moderne, celle dans laquelle se reconnait cette jeunesse.
En tout cas, je suis stupéfait par la violence des attaques, d'autant plus que
la cible est faible. Et les rares interventions d'occitanophiles sur ce groupe
sont caricaturales à l'extrême, ne trouvant qu'à insulter la majorité qui serait
ignare.
A contrario, il me semble que l'accent toulousain est bien perçu. Il restera à
Toulouse de l'occitan un vague "putaing cong" (notez le n vélaire, typiquement
gascon)."