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#5604 De: "hotmarc31" <hotmarc31@...>
Date: Jeudi 27. Août 2009  7:41
Sujet: Le mannequin malaisien qui a bu de la bière, relâché ?
hotmarc31
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La semaine dernière, on apprenait que Kartika Sari Dewi Shukarno, un mannequin
malaisien allait recevoir six coups de bâton en public, pour avoir bu une bière
dans une boîte de nuit d'un hôtel situé à Pahang. La jeune femme de 32 ans avait
alors reconnu son erreur et insisté pour que sa peine lui soit infligée en
public, jugeant que " ce serait une façon plus efficace d'éduquer les musulmans
à ne pas boire ". Seulement, le chef du tribunal islamique malaisien a estimé
que la peine était beaucoup trop sévère et va donc réexaminer le cas de Kartika
Sari Dewi Shukarno. Interpellée lundi, la jeune femme, mère de deux enfants, a
été relâchée et bénéficie d'un sursis jusqu'à la fin du ramadan. Un délai qui
permettrait en fait, aux autorités du pays, d'étouffer l'affaire qui " ternit
l'image de la Malaisie " comme l'a expliqué à l'AFP, un responsable du
gouvernement. K.M. 27/08/2009

http://fr.news.yahoo.com/77/20090827/tfr-le-mannequin-malaisien-qui-a-bu-de-l-37\
c756d.html

#5605 De: "hotmarc31" <hotmarc31@...>
Date: Dimanche 30. Août 2009  17:16
Sujet: Pétition de Riposte laïque : Halte à la burqa et au voile
hotmarc31
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"Pétition : Halte à la burqa et au voile, symboles de la soumission des femmes
et de l'offensive islamiste"

http://www.ripostelaique.com/Halte-a-la-burqa-et-au-voile.html



"Courrier aux élus, Président de la République, députés et sénateurs" :

http://sitasecure.wordpress.com/2009/08/26/la-petition-de-riposte-laique-facon-a\
ction-sita/

Les courriers adressés au Président de la République peuvent être envoyés
gratuitement sans timbre postal.

#5606 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Samedi 12. Septembre 2009  9:51
Sujet: Un Jeudi Noir de l'Information !
robeyns2002
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Un Jeudi Noir de l'Information !

En avril 2008, Canal+ diffusait un reportage de M. Stéphane Malterre dans le cadre de l'émission Jeudi Investigation, sur le thème Rumeur, intox : les nouvelles guerres de l’info. Nous avions alors publié cette réponse sur notre site : Quand un reportage sur la désinformation sombre dans… la désinformation !

De même, comme nous le permet l’article de loi sur la liberté de la presse, nous avions envoyé, dans les délais impartis et en recommandé, un droit de réponse par rapport aux diffamations et contre-vérités sur notre mouvement et notre association développées dans ce reportage. La direction de Canal+ a ignoré notre démarche légitime, une attitude en contradiction avec le droit français. Malheureusement, nous avons très souvent été confrontés à pareil cas quels que soient les médias.

Les mois suivant ce reportage, nous avons remarqué avec une certaine incrédulité que ce très mauvais travail était très régulièrement mentionné par des journalistes, qui l’utilisaient pour masquer leur paresse intellectuelle et cautionner leurs préjugés sur ce sujet ô combien difficile. C’est ainsi qu’un grand nombre de contre-vérités présentées dans ce film étaient répétées par les confrères de M. Malterre. Nous avons donc décidé de réaliser un documentaire en réponse à ce travail indigne, et nous venons tout juste de le finaliser

Le film que nous vous proposons est une analyse et un décryptage du travail malhonnête de propagande et de diabolisation que Stéphane Malterre a réalisé avec un certain talent... Alors même qu'il s’apprête à récidiver !



Selon la déclaration des devoirs et des droits des journalistes rédigée à Munich les 24 et 25 novembre 197, les devoirs essentiels du journaliste, dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements, sont :

3) …ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents
8) s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement...
9) ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste…
6) rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte
 
Par conséquent, nous demandons à l’équipe de Jeudi Investigation de respecter les devoirs essentiels des journalistes et de corriger au plus vite les erreurs, mensonges, manipulations, omissions, amalgames et contres vérités présentes dans le documentaire « Rumeurs, Intox, Les Nouvelles Guerres de l’Info » diffusé sur CANAL+  le 24 avril 2008.
 
Nous attendons à présent des journalistes qu’ils visionnent et comparent notre documentaire avec celui de canal+ et qu’ils déterminent en toute objectivité lequel de ces deux documentaires manipule les gens.
 
Nous attendons de ces journalistes qu’ils cessent d’utiliser les armes de la calomnie, du dénigrement ou de l’amalgame comme seul argumentation contre ceux qui mettent en avant les incohérences de la TO.
 
Nous attendons d’eux qu’ils étudient enfin ces incohérences, coïncidences et autres points troublants de la thèse officielle sans parti pris, sans préjugé.
 
Bref, nous attendons que les journalistes fassent tout simplement le travail que les citoyens sont en droit d’attendre d’eux.
 
Par ailleurs, nous nous engageons à indiquer sur notre site toute erreur, fusse t-elle minime qui se trouverait dans notre documentaire et qu’un journaliste ou un citoyen nous indiquerait.
Nous attendons évidemment qu’un tel travail de vérification se retrouve dans l’analyse du documentaire de canal+ ainsi que dans l’analyse des rapports officiels.




#5607 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Dimanche 20. Septembre 2009  21:29
Sujet: 11 Septembre 2001 : France 24 rompt l'omerta médiatique !
robeyns2002
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http://www.dailymotion.com/video/xajqcy_11-septembre-2001-france-24-rompt-l_news

Dans une interview donné le 11 septembre 2009 à France 24, Manny Badillo - un proche d'une victime des attentats du 11/9 et Directeur des Relations Extérieures du NYCCAN* - s'exprime sur le besoin d'une nouvelle enquête sur ces attentats.

* NYCCAN est une initiative new-yorkaise dont la mission est d'obtenir par référendum l'ouverture d'une enquête exhaustive, transparente et non partisane sur les attentats du 11 Septembre. NYCCAN a déjà recueilli 80.000 signatures de résidents new-yorkais, dont celles de plus de 80 proches de victimes des attentats du 11 Septembre.

Visitez le site officiel de NYCCAN: www.nyccan.org

PLUS D'INFO sur www.reopen911.info
Le site français sur les attentats du 11 Septembre


#5608 De: "hotmarc31" <hotmarc31@...>
Date: Mercredi 23. Septembre 2009  18:41
Sujet: Algérie : les actes d’intolérance se multiplient
hotmarc31
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Islam et code pénal en Algérie : Ramadan, sous prétexte de défendre la religion,
les actes d'intolérance se multiplient

Par Mustapha Benfodil

Et revoilà l'inquisition drapée des oripeaux du rigorisme et de la bienséance la
plus chafouine qui frappe de nouveau ! Le fait : Djamila, une jeune émigrée, et
son cousin, ont été arrêtés le 1er septembre dans un parking attenant au parc
zoologique de Ben Aknoun alors qu'ils s'apprêtaient à casser la croûte à bord de
leur véhicule. Ils sont embarqués manu militari au commissariat de Draria et
placés en garde à vue pendant 24 heures, avant de se voir transférés à la prison
d'El Harrach. Ils ne doivent leur salut qu'à l'intervention d'un personnage haut
placé qui a hâté leur libération. Malheureusement, le calvaire de Djamila et son
cousin n'a rien d'une petite fausse note dans un havre de tolérance.

Lire la suite de l'article :
http://iferhounene.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/09/10/islam-et-code-penal-en\
-algerie-le-mois-de-ramadan-met-a-l-ep.html

#5609 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Mardi 29. Septembre 2009  20:41
Sujet: Geluck doute et soutien Bigard et Kassovitz
robeyns2002
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Geluck: "On nous a menti aussi sur les camps de concentrations !". Et
pan dans la tronche du journaleux ! Bravo Geluck !

http://www.dailymotion.com/user/Rudy-D/video/xanfp2_11-septembre-geluck-doute-et\
-soutie_news

Et puis Kassovitz, ça va être difficile de le traiter d'antisémite !

#5610 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Jeudi 1. Octobre 2009  23:24
Sujet: Bravo Charlélie !
robeyns2002
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http://www.dailymotion.com/video/x3ad7u_charlelie-couture-comme-un-avion-sa_music

CHARLELIE SOUTIENT KASSOVITZ

9/11

Le chanteur-peintre-photographe CharlElie Couture, nous envoie ce texte de soutien à Mathieu Kassovitz après qu’il ait osé exprimer des doutes sur la version officielle des attentats de New York, le 11 septembre 2001. LaTéléLibre souhaite également continuer à explorer les zones d’ombres de cette affaire.

FrontLineCharlelie

“La question de la question K” par CharlElie (NYC)

Depuis New York où j’habite, quand je lis ce qu’on écrit, quand j’entends ce qu’on me donne à entendre ou à voir dans les médias Français à propos des déclarations de Mathieu Kassovitz concernant l’effondrement des trois tours du WTC en 2001, j’ai l’impression de ne plus comprendre ce qui se passe au pays de l’antithèse.

En France où l’on a résisté aux diktats et aux pensées convenues, en France où l’on peut se sentir citoyen libre dans un pays indépendant capable de braver parfois avec courage les évidences d’une mondialisation inhumaine, je ne comprends pas pourquoi certains parmi ceux qui ont su montrer de la clairvoyance par le passé, mettent tant d’acharnement à refuser la question ?
Je veux parler de la question concernant LES questions que l’Histoire ne manquera pas de se poser un jour ou l’autre à propos des attentats de Septembre 2001 qui ont explosé sur les écrans et fait imploser la conscience du monde.

On dirait que dans le pays qui a connu Montesquieu, Jean-Jacques Rousseau,Victor Hugo, Zola, Sartre, Malraux, Deleuze, Baudrillard ou Bourdieu, l’idée de la question elle-même est devenue irrecevable ?

Le blocage des idées contraires ne se fait plus via une inquisition, n’en déplaise aux caricaturistes, on ne peut pas non plus parler d’une interdiction officielle obéissant aux ordres d’un pouvoir tyran… Non, aujourd’hui un filtre beaucoup plus subtil condamne les idées « différentes », ce filtre plus efficace que tout, s’appelle l’autocensure !

Certes les sociétés se doivent d’avancer et de regarder vers le futur, certes les hommes politiques usent parfois de méthodes complexes pour défendre l’intérêt de leur nation, certes les médias sont les médias et Mathieu Kassovitz est ce qu’il est. « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire » affirme le proverbe auquel se réfèrent les diplomates prudents, mais qui a dit que les artistes étaient diplomates ? Les artistes sont ce qu’ils sont eux aussi, parce qu’ils expriment ce qu’ils ressentent. Si les gens d’expression, si les artistes, si les journalistes, si les écrivains et lesdites élites intellectuelles venaient à perdre leur liberté de penser et leur droit à exprimer leurs doutes, alors la société aurait beaucoup plus à perdre qu’à gagner !

Je ne rentrerai pas dans la polémique de savoir qui a raison ou qui a tort, je ne le sais pas, mais quand je lis les amalgames pervers et la confusion de ceux qui associent de façon inique les thèses négationnistes de m. Faurisson et les interrogations que pose Mathieu Kassovitz, alors là, j’ai honte !

En dehors du brouhaha Parisien, je ne comprends pas ce débordement de hargne qui se déverse sur quelqu’un qui n’a eu pour tort que d’avoir posé des questions à propos d’un événement majeur dont nous avons été tous témoins et qui a sidéré la planète.

Si le fait d’inventer des réponses peut être considéré comme un délit (voire même un parjure en certaines circonstances), en quoi peut-on considérer que poser des questions soit une faute ?

Je pose la question.

CharlElie
New York.
1er octobre 2009.




#5611 De: "hotmarc31" <hotmarc31@...>
Date: Jeudi 8. Octobre 2009  16:44
Sujet: Gaza : les femmes interdites de motos et scooters
hotmarc31
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#5612 De: "hotmarc31" <hotmarc31@...>
Date: Jeudi 8. Octobre 2009  16:46
Sujet: GAZA : DES ÉCOLIÈRES SE RÉVOLTENT CONTRE LE PORT DU VOILE
hotmarc31
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Des fillettes obligées de porter le voile à l'école, voici la nouvelle règle du
Hamas qui entend faire régner les lois islamiques à Gaza. Si les jeunes
écolières refusent, c'est le renvoi immédiat. Malgré l'interdiction formelle de
venir en jean, toutes les jeunes filles ne sont pas prêtes à se plier à la
volonté du Hamas. D'une voix collective, les écolières manifestent leur colère
et dénoncent une atteinte à la liberté personnelle. Cette obligation intervient
un mois après avoir exigé que les avocates portent le voile pour venir plaider
dans les tribunaux.

S.P.

Le 24/08/2009



http://www.elle.fr/elle/Societe/News/Gaza-des-ecolieres-se-revoltent-contre-le-p\
ort-du-voile/(gid)/943509

#5613 De: Endowlix Z <endowlix@...>
Date: Vendredi 9. Octobre 2009  22:57
Sujet: Nettoyage carnet d'adresse
endowlix
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Salut,
vous pouvez me comfirmer votre adresse e-mail (et si il y en a plusieurs dans la liste, laquelle je dois garder)?
Je suis en train de changer d'adresse e-mail.
A bientôt!

Corentin


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#5614 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Mercredi 14. Octobre 2009  20:20
Sujet: 12 questions aux défenseurs de la version officielle sur le 11/9
robeyns2002
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12 questions aux défenseurs de la version officielle sur le 11/9

Voici une vidéo remarquable du réalisateur italien Massimo Mazzucco publiée à l’occasion du 8e anniversaire des événements, et dans laquelle l’auteur pose clairement et de façon documentée 12 questions aux supporters de la version officielle sur le 11 Septembre. L’association ReOpen911 a doublé en français ce documentaire de 30 min. Pour rappel, Massimo Mazzucco est l’auteur de deux excellents films sur le thème du 11/9 : "Inganno globale" [La tromperie généralisée - NdT] qui était passé en 2006 sur Canale 5  et "The new American Century" (Le Nouveau siècle américain) qui devrait-être disponible en français dans les mois à venir.



 Ne manquez pas cette vidéo !

#5615 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Mardi 20. Octobre 2009  22:41
Sujet: JEAN BRICMONT RÉPOND AUX CALOMNIES DU SITE "RÉFLEXES"
robeyns2002
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JEAN BRICMONT RÉPOND AUX CALOMNIES DU SITE "RÉFLEXES".
Antifascistes encore un effort... si vous voulez l'être vraiment.


"Pour guérir radicalement la censure, il faudrait la supprimer car l'institution est mauvaise et les institutions sont plus puissantes que les hommes."
Karl Marx (1)

Divers amis se sont inquiétés du fait que mon nom soit cité dans un article (non signé) de « REFLEXes », intitulé « Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes » et relayé par l'AFPS (http://www.france-palestine.org/article12838.html) et Bellaciao (http://bellaciao.org/fr/spip.php?article91875). J'ai donc lu l'article avec attention; il s'attaque à un certain nombre de gens qui ont assisté au procès de Dieudonné et Faurisson suite au spectacle du Zénith (2) et particulièrement à Paul-Eric Blanrue, auteur du livre Sarkozy, Israël et les juifs (voir http://sarkozyisraeletlesjuifs.blogspot.com/), dont j'ai recommandé la lecture. Cet article est intéressant parce qu'il illustre tous les défauts d'une certaine « gauche antifasciste ».

Le fond de l'affaire tourne autour de la liberté d'expression. Ayant expliqué ailleurs mon point de vue à ce propos (http://www.legrandsoir.info/La-liberte-d-expression-quels-principes.html), je ne vais pas y revenir en détail. Et, avant de continuer, je voudrais souligner (même si cela devrait être inutile) que défendre la liberté d'expression de X ne signifie nullement approuver les idées de X. Cette défense découle seulement d'une réflexion sur les principes de droit sur lesquels repose une société démocratique. Et, dans une société réellement démocratique, il y aura nécessairement une telle multiplicité d'opinions qu'il est impossible de les approuver toutes - mais on peut néanmoins considérer que l'expression de toutes ces idées, aussi folles et mutuellement contradictoires qu'elles soient, doit être légale. La liberté d'expression est un principe fondamental de la démocratie, et pas, comme on le dit trop souvent, un « prétexte » pour « soutenir » X ou Y. Il est pour le moins étrange que des « antifascistes » approuvent le fait que l'on rende, comme l'a dit Chomsky à propos de l'affaire Faurisson, un triste hommage aux victimes de l'holocauste en adoptant la doctrine centrale de leurs bourreaux, à savoir qu'il appartient à l'État de déterminer la vérité historique et de condamner ceux qui ne s'y conforment pas.

Mais, même si l'on ne partage pas ce point de vue, la question de la pente glissante se pose: jusqu'où ira-t-on dans la répression des opinions « scandaleuses »? On requiert un an de prison (avec sursis) contre Dieudonné pour un sketch. On est évidemment libre d'estimer ce sketch de très mauvais goût, insultant, et le condamner moralement (3). Mais un an de prison (même avec sursis)? Que répondra-t-on aux Noirs et aux musulmans qui pourraient se sentir insultés par d'autres sketches (y compris certains sketches de Dieudonné)? Comment éviter que les musulmans, qui se considèrent insultés par les caricatures du Prophète, et l'impunité dont elles jouissent (heureusement), n'y voient une nouvelle preuve du « deux poids, deux mesures » à leur égard (4) ? Aujourd'hui, divers courants au sein de l'Union européenne veulent sacraliser la mémoire des « victimes du communisme ». Où s'arrêtera-t-on? Une partie de la gauche s'inquiète de cette dernière sacralisation-mais peut-être aurait-elle été mieux avisée de ne pas entrer, justement à propos des victimes du fascisme, dans le jeu de la sacralisation.

A mon humble avis, c'est cette constante restriction de la liberté d'expression qui devrait donner « froid dans le dos » aux antifascistes véritables.

Par une pure coïncidence, cette affaire Dieudonné se produit en même temps que la levée de boucliers du monde intellectuel et artistique en faveur de Polanski. Alors que, dans cette dernière affaire, le « talent artistique » semble tout permettre, même des miracles, comme le fait de commettre une erreur de jeunesse (dixit BHL) à 43 ans, ou d'avoir des rapports sexuels avec une mineure non consentante sans commettre de viol (dixit Costa-Gavras), pas un mot n'est prononcé par ce même monde intellectuel et artistique en faveur de Dieudonné qui, au cours de toute sa carrière, n'a jamais été « coupable » que de délit d'opinion. Dans le cas de Polanski, le fait qu'une fille pose nue (Finkielkraut) ou paraisse plus âgée qu'elle n'est (Costa-Gavras), ou que le violeur soit une victime (du nazisme et du communisme - Finkielkraut et BHL) sert de circonstance atténuante. Finkielkraut vit dans « l'épouvante ». Lelouch compare la police suisse à la Gestapo. BHL en appelle à l'esprit de tolérance suisse, mentionnant Voltaire, comme si c'était Polanski et non Dieudonné qui était poursuivi pour délit d'opinion. Etrange époque où la lutte contre « l'ordre moral» et contre le « fascisme », ou encore le « il est interdit d'interdire », mènent simultanément à la complaisance à l'égard du viol et au rejet de la simple liberté d'expression.

L'article de REFLEXes soulève aussi le problème du « guilt by association », de la culpabilité par association, fortement dénoncée aux Etats-Unis, surtout dans la gauche, parce que c'était une des armes favorites du McCarthysme. Que viennent faire dans cet article Michel Collon, la librairie Résistances et moi-même? Michel Collon rien, à part le fait que j'en suis « proche ». Mais pourquoi le citer lui et pas Noam Chomsky, Alan Sokal, Régis Debray, Anne Morelli, ou quantité d'autres, dont je suis tout aussi « proche »?

La librairie Résistances, elle, a été attaquée par des nervis sionistes et a tenu un meeting en plein air suite à cette agression, au cours duquel Me Bastardi Daumont, avocat de Blanrue et de Faurisson, a pris la parole. Où est le crime? Que reproche-t-on à Me Bastardi Daumont? Suggère-t-on que Faurisson ne doit pas avoir d'avocat, contrairement aux pires assassins? S'il doit bien en avoir un, est-ce un crime d'être celui-là? Pense-t-on qu'un avocat partage nécessairement les vues de son client? Pourquoi cette coïncidence (être à la fois l'avocat de Blanrue, de Faurisson et participer au meeting de soutien à la librairie) ? Sans doute parce que, précisément à cause du climat de terreur intellectuelle « antifasciste » qui règne en France, les avocats prêts à défendre le principe de la liberté d'expression ne se bousculent pas au portillon.

Et moi-même? J'ai lu le livre de Blanrue et je l'ai trouvé salutaire. Bien que moins complet, il est un peu le « Mearsheimer et Walt » français, en ce sens qu'il met, pour la première fois, le doigt sur un problème fondamental de nos sociétés, à savoir l'extraordinaire influence sur notre vie politique des réseaux pro-israéliens (ou du lobby pro-israélien comme disent Mearsheimer et Walt). Je le lui ai dit et je l'ai autorisé à me citer sur son site. Je ne lui ai pas trouvé d'éditeur, contrairement à ce qu'affirment nos spécialistes de l'antifascisme (et du renseignement), même si j'aurais été heureux de pouvoir le faire. Comme le dit Alain Gresh, le livre de Blanrue « mérite débat »; mais le livre a été de facto censuré en France, vu que le diffuseur français de son éditeur belge a refusé de le distribuer (initiative extraordinaire de la part d'un diffuseur, si on y réfléchit: qu'est-il advenu du bon vieux capitalisme et de la « soif de profit »?). De plus, bien que Blanrue soit un auteur relativement connu, aucun grand média ne parle de son livre. La puissance des réseaux sionistes est accrue par le tabou qui empêche de parler d'eux. Le terrorisme intellectuel « antifasciste » ne fait que renforcer ce tabou. Le grand mérite de Blanrue est de tenter de sortir de ce cercle vicieux qui, comme il le souligne d'ailleurs , n'est pas, à terme, « bon pour les juifs ».

Bref, j'apprécie le livre de Blanrue et je le dis. Quelle relation entre cela et le fait qu'il assiste au procès Dieudonné-Faurisson (ce qui, vu les enjeux juridiques de cette affaire, est tout à fait compréhensible) ou qu'il ait eu dans sa jeunesse des activités « suspectes » (aux yeux de la police de la pensée) en Moselle? Il a été chrétien? Je vais l'avouer: moi aussi (ainsi, il existe encore des chrétiens en France et en Belgique; quelle horreur! Que fait la police?). Il a été royaliste? Moi pas, mais en tant que Belge, j'en ai rencontré beaucoup et je n'ai pas remarqué qu'ils mangeaient des enfants au petit déjeuner. Et j'ai connu assez de gens qui ont, dans leur jeunesse, fait une apologie sans nuance de Staline, de Mao, ou de toute forme de violence, pourvu qu'elle soit « révolutionnaire » (et dont certains se sont recyclés dans l'antifascisme), pour que le genre d'accusations portées contre Blanrue me laisse froid (est-il vraiment si fréquent de trouver des gens en France dont le parcours est, comme dit REFLEXes, « politiquement limpide et irréprochable »?).

De plus, quand il s'agit d'auteurs comme Heidegger, Céline ou Foucault (oui, oui, même Foucault), il est permis de citer, d'étudier, d'admirer une partie de leur oeuvre sans se soucier de ce qu'ils ont dit ou fait par ailleurs, et qui est souvent plus étrange que ce que l'on reproche à Blanrue. Pourquoi ne pourrait-on pas avoir la même attitude par rapport au citoyen Blanrue? Existe-t-il un principe de Polanski généralisé qui veut que pour des gens suffisamment célèbres (Heidegger et co), on puisse parler de leur oeuvre ou d'une partie de celle-ci sans parler de la personne ou de l'ensemble de l'oeuvre, mais pour les moins célèbres, non?

J'avoue également avoir un petit problème avec la notion d'extrême droite en France. Pour les « antifascistes », l'extrême droite, ce sont exclusivement les gens qui sont supposés être nostalgiques de Vichy, de la monarchie, de l'Algérie française, qui sont trop souverainistes à leur goût, ou encore, pour certains, les « islamo-fascistes ».

Mais pourquoi la censure n'est-elle pas d'extrême droite? Pourquoi l'apologie de la guerre (et la négation de crimes de guerre) à Gaza, au Liban, en Afghanistan et en Irak ne l'est-elle pas? Pourquoi le fait de considérer qu'un peuple a le droit de s'installer sur la terre d'un autre et de l'en chasser à jamais (c'est-à-dire en lui refusant tout droit au retour) n'est-il pas d'extrême droite? Pourquoi n'est-il pas d'extrême droite de célébrer comme démocratique (avilissant ainsi ce concept) un État défini explicitement sur une base ethnique (5) ? Pourquoi la notion de culpabilité collective (appliquée au peuple allemand, français etc.) n'est-elle pas de « l'essentialisme raciste » et donc d'extrême droite? N'est-ce pas encore plus le cas quand cette culpabilité devient transmissible aux descendants?

Si l'on veut bien élargir ainsi la notion d'extrême droite (ce qui me semble justifié d'un point de vue conceptuel et historique), on se rend compte que le gouvernement français, la plupart des médias et des intellectuels, et bien sûr, une bonne partie de la « gauche antifasciste » sont d'extrême droite, ce qui complique considérablement la nécessaire « lutte contre l'extrême droite ». Il ne suffit pas de ne pas « ouvrir son antenne » à Soral ou à de Benoist, mais il faudrait la refuser à pratiquement tout le monde. De plus, l'extrême droite la plus dangereuse est-elle celle de la « nostalgie », ou celle qui influence la politique et la pensée occidentale actuelles?

Finalement, il est regrettable de voir que des articles comme celui de REFLEXes sont repris par des associations pro-palestiniennes comme l'AFPS (ou Bellaciao). Bien sûr, ils ont le droit de le faire, là n'est pas la question. Mais le fait de diffuser certains articles plutôt que d'autres est un choix politique, et ce choix peut être discuté. Or ce choix signifie que la priorité, pour ces organisations, n'est pas de défendre la liberté d'expression mais bien de hurler avec les loups dans la dénonciation des « méchants » (Dieudonné, Blanrue etc.).

Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère)? Le temps où une majorité de gens aimaient réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme.

La « solidarité avec la Palestine » commence ici, principalement dans la lutte contre les réseaux pro-israéliens. Diffuser et faire connaître le livre de Blanrue, ou celui de Mearsheimer et Walt, défendre la liberté d'expression, aider à libérer le discours et à ouvrir le débat, c'est réellement « aider la lutte des Palestiniens », et c'est l'aider de façon essentielle.

Nous ne devons pas montrer aux sionistes que nous sommes « gentils », en nous « démarquant » sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l'intimidation est passé. Heureusement, de même que les Palestiniens résistent, il existe encore des gens en France qui défendent les principes les plus élémentaires de la République et de la laïcité. Il ne reste plus qu'à souhaiter que les « antifascistes » se joignent à eux.

Jean Bricmont

--

1- Remarque sur la récente réglementation de la censure prussienne, 1842, Textes philosophiques, 1842-1847, Cahier Spartacus, n° 33, 1970.
2- Au cours duquel (en décembre 2008) Dieudonné fit remettre un « prix de l'infréquentabilité et de l'insolence» à Robert Faurisson, par son assistant déguisé en costume de déporté. Suite à cela, Dieudonné est poursuivi, entre autres, pour insultes à caractère raciste.
3- Il faut néanmoins rappeler que si la liberté d'expression était respectée en France, il n'y aurait jamais eu d'affaire Faurisson, ce dernier serait probablement inconnu et il n'y aurait probablement pas eu le show du Zénith. La censure incite toujours à la transgression et il n'y a aucune raison de penser que l'affaire du Zénith soit la dernière du genre, quelles que soient les peines qui seront prononcées.
4- Voir la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=KvNPhiT0b0I pour une illustration de ce sentiment d'injustice.
5- Par exemple, où faut-il situer sur le spectre politique la citation suivante: « Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’est : au-delà des frontières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. [...] Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d’entretenir, chez des populations illettrées à 80%, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démocraties. » Elle est de Philippe Val (dans Charlie-Hebdo, 26 juillet 2006), ancien directeur de Charlie-Hebdo et actuel directeur de France Inter. Voir Le plan B, Frappes médiatiques sur le Liban, 5 janvier 2009 (http://www.leplanb.org/spip.php?page=article&id_article=102); ce journal précise: « selon le Rapport des Nations unies sur le développement humain de 2003, seuls trois pays au monde avaient alors un taux d’illettrisme supérieur à 80%. Et aucun d’entre eux n’était situé entre Tel-Aviv et Tokyo, puisqu’il s’agissait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ailleurs, entre Tel-Aviv et Tokyo, le taux d’illettrisme était de 23% en Iran, de 9% en Chine, de 7% aux Philippines. Et... de 13% au Liban. »

http://www.facebook.com/note.php?note_id=165028786430&ref=nf




#5616 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Mardi 27. Octobre 2009  16:11
Sujet: EST-IL PERMIS DE REMETTRE EN QUESTION LA VERSION OFFICIELLE DU 11-SEPTEMBRE ? (Un reportage de la TéléLibre)
robeyns2002
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EST-IL PERMIS DE REMETTRE EN QUESTION LA VERSION OFFICIELLE DU 11-SEPTEMBRE ?

Huit ans après les attentats qui ont dévasté le sol américain, l’interrogation est toujours scandaleuse.

http://www.dailymotion.com/video/xaxqv5_11septembre-le-droit-au-doute_news

Alors que de plus en plus de citoyens à travers le monde contestent le récit officiel de cet évènement,  l’expression publique du doute est désormais sacrilège. Selon le rang  social que vous occuperez, elle vous vaudra au mieux les ricanements de quelques ignorants, au pire l’adversité d’opposants déterminés à ne pas débattre du sujet.

Laboratoire audiovisuel et contre-pouvoir à la fois, la Télé Libre s’inscrit, au contraire, dans une démarche ouverte sur la question : depuis deux ans, elle est partie à la rencontre de ceux qui proposent un regard particulier sur le 11-Septembre. Qu’ils s’agissent de théoriciens persuadés du complot militaro-industriel comme Webster Tarpley, de journalistes défendant tant bien que mal la version gouvernementale tel Guillaume Dasquié, des militants web 2.0 de Reopen, de l‘architecte-conférencier Richard Gage, ou d’artistes exprimant leur questionnement comme Mathieu Kassovitz, tous témoignent d’une interrogation croissante dans l’opinion publique à l’égard du récit traditionnel sur les attentats.

911 coming out

Dernièrement, à Paris, une conférence intitulée « Vers la Vérité » fut organisée par ceux qui, venant d’horizons divers, partagent le même objectif : l’ouverture d’une nouvelle enquête sur le 11-Septembre. Durant trois jours, et tout particulièrement lors d’une soirée spéciale au cours de laquelle fut projeté le film documentaire « Zéro », de simples citoyens ont eu l’occasion de rencontrer et d’échanger avec des personnalités politiques, scientifiques ou artistiques. Nous sommes allés interroger deux d’entre elles qui témoignent, chacune dans son domaine de compétence, d’une volonté manifeste de s’engager afin d’alerter les citoyens sur les anomalies et les incohérences de la version officielle.

Ancienne représentante démocrate, pendant douze ans, au Congrès américain et candidate aux élections présidentielles de 2008 pour le parti des Verts, Cynthia McKinney, figure dissidente par excellence de la vie politique US, s’est entretenue avec nous sur l’importance de saisir toute l’histoire de l’Administration Bush pour mieux appréhender la nature du 11-Septembre. A ses côtés, formant un tandem iconoclaste, le scientifique danois Niels Harrit, nous a fait part également de son rejet catégorique de la version officielle, et plus particulièrement du rapport du NIST (National Institute of Standards and Technology, agence gouvernementale chargée de l’étude de l‘écroulement des tours) , allant jusqu’à détailler les indices permettant, selon lui, d’affirmer que les 3 immeubles -et non pas 2- effondrés le 11-Septembre à New York ont sciemment fait l’objet d’une démolition contrôlée et préméditée. Ce chimiste avait récemment défrayé la chronique pour avoir cosigné une étude polémique attestant de la présence de substances explosives dans les poussières du World Trade Center. L’homme que nous avons eu longuement l’occasion d’interviewer est décidément celui par qui le scandale arrive : annoncé dans l’émission de Guillaume Durand sur France 2, le mercredi 28 octobre, pour débattre du sujet avec des contradicteurs, le scientifique a subitement été prié de rester à Copenhague, sa venue n’étant plus jugée opportune…

Un reportage de Hicham Hamza
Entretiens avec John Paul Lepers
Images : Hicham Hamza et Matthieu Martin
Montage : Olivier Joube

http://latelelibre.fr/index.php/2009/10/11-septembre-le-droit-au-doute-deff/comment-page-1/#comment-149780


J'en profite pour vous faire part de mon admiration pour la femme politique de ma vie (mais ma vie n'est pas encore finie ;-): Cynthia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cynthia_McKinney)
Vincent.



#5617 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Samedi 31. Octobre 2009  0:14
Sujet: 11 Septembre : 5 Objets du Scandale
robeyns2002
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Un reportage réalisé par des citoyens journalistes et qui donne une leçon d'éthique aux journalistes aux ordres:

http://www.dailymotion.com/video/xazd8i_11-septembre-5-objets-du-scandale_news

Le 30 septembre 2009, dans son émission « L’objet du scandale » sur France 2, Guillaume Durand organisait un débat sur les attentats du 11 septembre 2001 intitulé : « 11 SEPTEMBRE : POURQUOI LES STARS DOUTENT ».

Pour comprendre ce qui peut que se passer dans la tête de ceux qui ne croient plus à la version officielle du 11 Septembre, Guillaume Durand avait invité quatre intervenants censés expliquer aux téléspectateurs de France 2 en quoi les doutes des sceptiques étaient absolument sans fondement…

Il ne s’agissait donc pas d’un débat contradictoire, la thèse officielle du 11 Septembre étant d’emblée considérée comme acquise…

Guillaume Durand avait choisi d’aborder 5 points régulièrement contestés par les sceptiques de la version officielle.

Nous avons donc choisi de nous pencher à notre tour sur 5 points de l’émission de Guillaume Durand, qui pourraient bien représenter, pour chacun d’entre eux, un « objet du scandale »…

Pour plus d'info, www.reopen911.info
Le site français sur les attentats du 11 Septembre


#5618 De: "hotmarc31" <hotmarc31@...>
Date: Dimanche 1. Novembre 2009  18:02
Sujet: NOUVEAUX SITES D'ACTUALITE, par Médi sur "islam et réalité
hotmarc31
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#5619 De: jack <jackhydro@...>
Date: Lundi 23. Novembre 2009  8:28
Sujet: Marseille le samedi 5 décembre
jackhydro@...
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À Marseille le samedi 5 décembre 2009
à 17 heures au Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA)
3, rue Saint-Dominique (près de la gare Saint-Charles)

Causerie animée par Claudio Albertani

Situation du mouvement libertaire au Mexique, entre barbarie et résistance

Maisons autogérées, ateliers de techniques alternatives, médias libres
(radio, Internet), universités de la terre, centres sociaux, rencontres
internationales (en 2007 à Mexico puis au Chiapas), caravanes de
solidarité avec la résistance indienne, action continue pour la libération
des prisonniers (Atenco, Oaxaca...), campements devant les prisons,
anarcha-féministes et sorcières libertaires, liens avec l'Amérique du
Nord, l'Amérique latine et l'Europe... Vidéastes, graffeurs, graveurs,
peintres, néomuralistes, photographes, musiciens, rockeros et soneros,
jongleurs de mots et de balles, poètes et acteurs des rues...

L'imagination des "chavos bandas" (bandes de gosses des quartiers) irrigue
l'éclosion d'une scène libertaire tumultueuse et diverse où se mêlent la
fête et la rébellion.

Le réseau des Voix d'Oaxaca construisant l'autonomie et la liberté (VOCAL)
s'est créé en 2007. À Mexico, le Collectif autonome magoniste, la Hormiga
libertaria et divers groupes et individus ont donné naissance en 2008 à
une Fédération libertaire. Cependant, pour avoir pris part activement aux
luttes sociales à Oaxaca comme au District fédéral, les collectifs de
jeunes anarchistes sont, comme à Guadalajara (Jalisco) en 2004, la cible
de la répression policière et de campagnes médiatiques ; leurs cortèges
sont systématiquement provoqués et attaqués par la police antiémeute dans
les manifestations.

Né à Milan et vivant depuis trente ans au Mexique, Claudio Albertani écrit
depuis longtemps sur ce pays. Nous le rencontrerons, en compagnie de Marc
Tomsin, des éditions Rue des Cascades, pour parler de ce jeune mouvement
anarchiste dans un Mexique entre barbarie et résistance. Il vient de
publier "El espejo de México (Crónicas de barbarie y resistencia)",
éditions Altres Costa-Amic, Puebla, Mexique, 2009 (ce livre sera
disponible au CIRA).

Contacts CIRA Marseille : 09 50 51 10 89
permanences : mardi au vendredi de 15 heures à 18 h 30
http://cira.marseille.free.fr/

--
Que finance votre banque ?
http://www.banktrack.org/show/pages/francais

#5620 De: Coordination Zapatiste Indigène-LG <CZI@...>
Date: Dimanche 29. Novembre 2009  10:41
Sujet: MEXIQUE : CHIAPAS, VEILLÉE D'ARMES AU PARADIS
CZI@...
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MEXIQUE : CHIAPAS, VEILLÉE D'ARMES AU PARADIS

Après la libération de neuf autres auteurs matériels du massacre d'Acteal
(1), la récente arrestation du porte-parole de l'organisation paysanne
OCEZ, Chema Hernández (2), les menaces précises proférées par le
gouverneur Juan Sabines contre le padre Chuy (3), et la multiplication des
agressions perpétrées par l'Opddic et l'Armée de Dieu (4) contre les
communautés zapatistes, les nouvelles concernant d'importants mouvements
de l'armée fédérale dans les Altos et la forêt Lacandone sont autant de
raisons d'inquiétude pour les partisans d'une paix juste et digne au
Chiapas. Une inquiétude accentuée par de nouvelles rumeurs, savamment
distillées par les milieux du pouvoir, au sujet d'une "possible offensive
d'éléments rebelles (5)".

Des enjeux importants

Vingt-six ans après la création de l'EZLN, seize après le soulèvement
armé, et six ans après la mise en place des Conseils de bon gouvernement
(Juntas de Buen Gobierno, JBG) dans les cinq Caracoles(6), plusieurs
centaines de milliers d'indigènes maya et zoque continuent de construire,
unilatéralement, l'autonomie qu'ils avaient réclamée en vain auprès des
gouvernements successifs.

Se passer de l'État, de sa corruption, son arbitraire et sa violence, mais
aussi des rapports marchands, de la privatisation de la terre, ainsi que
du salariat : tel est le défi affronté par les villages zapatistes.
Ceux-ci protègent et valorisent la nature, la forêt, les cultures
vivrières, en premier lieu les variétés créoles de maïs et la vie des
sols... Et même si la pression du monde industriel, l'afflux d'argent et
l'attraction du mode de vie aliénant de la ville se fait sentir, les
zapatistes, grâce à une culture à la fois ancienne, ouverte et créative,
obtiennent d'indéniables succès. Les visiteurs peuvent les mesurer d'année
en année. Des champs de maïs et des potagers assurant leur alimentation
(en partie sur des terres "libérées" en 1994) aux organes
d'autogouvernement, en passant par les écoles, les cliniques et un système
de justice propre, les zapatistes apportent la preuve de la capacité des
communautés à résoudre elles-mêmes, en se coordonnant au sein des
municipios autónomos et des JBG, l'ensemble des problèmes qui peuvent se
poser à une population, pourtant en butte à de très difficiles conditions
d'existence.

Mais l'État mexicain, à quelque niveau que ce soit (fédéral, régional ou
local), et comme tout pouvoir qui se respecte, ne peut tolérer le
développement d'une telle autonomie.

En premier lieu à cause de l'exemple donné au reste des populations
indigènes du pays, elles aussi engagées depuis longtemps dans un processus
de résistance et de réorganisation... L'Oaxaca, le Guerrero, le Michoacán
et plusieurs autres États de la République sont en effet le théâtre de
mouvements de fond, manifestant l'exigence d'une récupération de terres et
d'une reconstruction culturelle, sociale et politique des peuples et
nations indiennes... Par ailleurs, la montée des mécontentements face à la
hausse des tarifs de l'électricité, à la raréfaction et la cherté de l'eau
(accaparée par des entreprises privées), et au renforcement de la
répression policière contre les organisations populaires (notamment les
rares syndicats indépendants), au tarissement des envois des émigrés (7)
et, enfin, à la spirale de violence engendrée par les mafias du
narcotrafic contrôlant de fait l'ensemble des partis politiques
parlementaires, faisant chaque jour des dizaines de morts, exigent que ce
gouvernement né d'une fraude monumentale, épaulé par les forces les plus
réactionnaires du pays (en premier lieu les corps de police et l'armée),
fasse preuve de la plus grande fermeté.

Et puis, à quelques mois du double anniversaire de la lutte pour
l'indépendance du pays (1810) et du déclenchement de la révolution pour la
terre et la liberté (1910), la tension monte...

Enfin, dans le contexte général d'accentuation de la crise capitaliste
mondiale, l'extraordinaire richesse du Chiapas en eau, sa biodiversité,
des terres et un climat propices au développement de l'agro-industrie, son
énorme potentiel touristique et la grande quantité de minerais (8)
présents dans le sous-sol... rien de tout cela ne doit échapper à la
voracité des entreprises. D'importantes compagnies minières, notamment
canadiennes, se sont vu attribuer des concessions sur plus de 500 000
hectares. Les maquiladoras, ces usines démontables, circulant d'une région
à l'autre afin de profiter d'une main-d'œuvre travailleuse, soumise et bon
marché, facteurs de pollution environnementale et de dégradation sociale,
guettent elles aussi le gâteau chiapanèque, rêvant de ces jolies petites
indiennes, aux doigts si agiles...

La guerre de basse intensité

Menée depuis quinze ans contre le mouvement zapatiste, elle s'appuie sur
deux armes essentielles. La militarisation de l'État, tout d'abord. Une
bonne partie de l'armée fédérale (70 000 hommes, principalement des
troupes "d'élite") est basée en territoire indigène, prête à entrer en
action.

Le second volet de cette stratégie est la paramilitarisation. Il s'agit de
l'armement, la formation et la préparation d'une partie de la population
indienne à la guerre civile, contre le mouvement zapatiste et ceux qui le
soutiennent.

Pour accentuer cette division, l'outil principal est la privatisation des
terres. À travers des programmes officiels, tels le Procampo et le
Procede, il s'agit de rendre les paysans dépendants de l'aide du pouvoir,
de la technologie et des poisons "phytosanitaires", mais surtout d'en
faire de "petits propriétaires". Le gouvernement de gauche de J. Sabines a
été mis en place pour parachever cette opération consistant à offrir aux
familles un droit de propriété foncière. Faisant miroiter la possibilité
d'emprunter aux banques, grâce aux hypothèques, et même de vendre à "bon
prix" là où les projets touristiques ou les exploitations minières
stimulent la spéculation, cette "redistribution" a pour objectif la
rupture de la cohésion millénaire des communautés, leur organisation
horizontale, leur gestion participative et leur conscience aiguë d'un
destin collectif...

Les terres occupées en 1994 par les zapatistes et leurs alliés, désertées
par leurs "propriétaires" légaux, gelées par le gouvernement fédéral, sont
aujourd'hui l'enjeu du conflit. Les groupes paramilitaires se constituent
autour du projet d'attribution des parcelles à ceux qui en font la
demande, et acceptent au passage de devenir les supplétifs du pouvoir
municipal ou régional.

Les zapatistes, refusant toute concession sur ce plan (la terre ne se vend
ni ne s'achète), deviennent pour les individus leurrés par ces programmes
des empêcheurs de tourner en rond, des obstacles au progrès, etc.

L'offensive actuelle se prépare depuis plusieurs années. Il s'agit d'une
guerre d'usure, menée par un gouvernement et des partis politiques qui
n'ont jamais reculé devant la violence, les assassinats, les enlèvements
et la terreur. Les exemples récents de San Salvador Atenco, d'Oaxaca, et
plus anciens du massacre de la place des Trois-Cultures à Mexico, puis des
années de guerre sale entre 1970 et 1980 nous le rappellent. Une guerre
d'usure qui attend le prétexte de se transformer en agression brutale,
mortelle pour les communautés zapatistes. Il est difficile de prévoir
quand et comment l'étincelle mettra le feu aux poudres. Et les quelques
réactions plus ou moins véritablement indignées s'entendront probablement
très mal, dans un monde accommodé au conflit de basse intensité.

Les hommes "primitifs", nous disait Pierre Clastres, faisaient la guerre
pour que leur société reste à taille humaine, et empêcher qu'un pouvoir ne
s'installe durablement au-dessus d'elles (9). Les gouvernements des pays
"évolués" la font pour préserver les emplois, le mode de vie occidental,
voire pour lutter contre le réchauffement climatique. C'est probablement
pour cela que le Chiapas, demain, scandalisera moins encore que
l'Afghanistan aujourd'hui, bien moins que le Vietnam hier, ou l'Algérie
avant-hier.

L'EZLN n'obéit pas, quant à elle, à un parti politique, ni à un chef
tout-puissant. Elle est aux ordres des communautés en résistance. Ces
villages ont beaucoup appris, en cinq cents ans de domination, et c'est ce
qui fait la force du mouvement zapatiste. Mais il n'en est pas
infaillible, ni invincible pour autant.

L'espoir maya

Pour cette humanité maya qui ne veut pas disparaître (10), l'espoir se
trouve dans un sursaut des populations, un peu partout sur la planète.
Dans une objection massive, la désertion sans ambiguïté, la révolte
déterminée de ces millions, ces milliards d'hommes et de femmes qui
continuons, mécaniquement, à faire tourner la machine. Il reste donc
encore, manifestement, du pain sur la planche...

Novembre 2009 - Jean-Pierre Petit-Gras


--
(1) Perpétré en décembre 1997. En septembre dernier, vingt de ces
assassins ont déjà été libérés, sur ordre du gouvernement, plongeant la
population dans la stupeur et la colère. Les hauts responsables, Ernesto
Zedillo et son ministre de l'intérieur de l'époque, n'ont jamais été
inquiétés pour cette tuerie, effectuée alors que l'armée n'était qu'à
quelques centaines de mètres du petit village.

(2) Des membres du réseau toulousain d'achat collectif de café à la
coopérative zapatiste Yachil ont assisté cet été à une conférence de
presse donné par Chema et ses compagnons de l'OCEZ de Venustiano Carranza.

(3) Nous avons rencontré ce prêtre catholique lorsqu'il était curé de San
Andrés Sakamch'en de los Pobres. Nommé dans la région de Venustiano
Carranza, il s'est engagé aux côtés des villages qui résistent face aux
projets d'exploitation minière. Les autorités l'accusent d'organiser la
"subversion".

(4) L'OPDDIC (Organisation pour la défense des droits indigènes et
paysans) est un mouvement paramilitaire fondé par Pedro Chulín, député du
PRI qui avait déjà créé un autre groupe antizapatiste, le MIRA. L'Armée de
Dieu (el Ejército de Dios) est liée à une église évangéliste et au PRD, à
travers notamment des programmes d'"aide économique". Prétendant
rassembler 5 000 membres, elle s'est elle aussi distinguée par ses
agressions contre des bases d'appui zapatistes, et ses provocations contre
des communautés adhérentes de l'Autre Campagne lancée par les zapatistes,
qui s'opposent au passage sur leurs terres de la future autoroute San
Cristóba-Palenque.

(5) Lire les articles de Gloria Muñoz et Hermann Bellinghausen dans "La
Jornada" des 20 et 21 novembre 2009.

(6) À La Realidad, Oventik, Morelia, La Garrucha et Roberto Barrios.

(7) Les USA sont eux aussi plongés, semble-t-il, dans une dépression
durable...

(8) Pétrole, uranium, or ; en quantité non négligeable selon diverses
sources.

(9) Lire "Archéologie de la violence" (Éditions de l'Aube).

(10) Et celle des communautés kichwa de l'Equateur et du Pérou, des
mapuche du Chili et de l'Argentine, ou encore de ces indigènes du Paraguay
qui subissaient, il y a quelques semaines, les bombardements aux
pesticides des producteurs de soja transgénique brésilien. Ces gens qui
veulent nourrir la planète...

#5621 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Jeudi 3. Décembre 2009  9:25
Sujet: L'association Reopen911 relance le documentaire "9/11 Press For Truth"
robeyns2002
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L'association Reopen911 relance le documentaire "9/11 Press For Truth"

http://www.dailymotion.com/video/xbb5d1_911-press-for-truth-11-septembre-20_news

Alors que les médias français ne parviennent toujours pas à un débat serein sur les attentats du 11 septembre 2001, et qu'une certaine tendance à la paranoïa et à la délation règne toujours aux États-Unis, il nous semble important de réexpliquer les origines de notre action.

L'existence de notre association découle du combat mené depuis 2001 par les familles de victimes des attentats du 11 Septembre. Refusant le silence de l'administration Bush, ces citoyens américains ayant perdu leurs proches ont dû combattre leur propre gouvernement pendant plus d'une année afin d'obtenir l'ouverture d'une commission d'enquête sur ces terribles attentats. Malheureusement cette enquête, de l'aveu même de son président fut façonnée pour échouer.

"Pour toutes sortes de raisons nous pensions que nous étions voués à l'échec."
Thomas Keane et Lee Hamilton, respectivement  président et vice-président de la Commission d'enquête, dans leur livre Without Precedent: The Inside Story of the 9/11 Commission paru en 2006 .

"Une enquête ne doit pas interférer avec les efforts en cours pour prévenir une prochaine attaque"
Dick Cheney s'opposant à la création d'une commission d'enquête sur les attentats en 2002.

L'enquête officielle fut entâchée de multiples fraudes, dissimulations et obstructions. Or, si l'on écoute les médias français, une enquête impartiale et rigoureuse a eu lieu. Il n'est ni utile, ni légitime d'y revenir. Certains chroniqueurs et pseudo experts ont été jusqu'à déclarer que c'était porter atteinte aux victimes que d'évoquer les zones d'ombre de la Commission d'enquête sur le 11/9.  Pourtant les citoyens et les familles de victimes sont plus que jamais demandeurs d'éclaircissements sur le 11 Septembre 2001.

Tout d'abord, le gouvernement Bush s'est longuement opposé à la moindre enquête sur les terribles attentats qui ont frappé les États-Unis.  Puis, une fois mise en place, la Commission fit l'objet d'obstructions et de dissimulations répétées de la part de la Maison Blanche et des services gouvernementaux, à tel point que plus de la moitié des commissionnaires ont selon le cas démissionné ou publiquement avoué leur impossibilité d'enquêter. Enfin, des personnalités comme John Farmer, l'avocat de la Commission d'enquête, mais aussi des journalistes-vedette américains, comme le journaliste d'investigation au New York Times Philipp Shenon, ont clairement démontré la volonté gouvernementale de faire échouer l'enquête.

En France, même l’ex-enquêteur en chef pour les avocats de familles de victimes françaises Jean-Charles Brisard, pourtant farouche défenseur de la version officielle sur le 11 Septembre, a récemment révélé être désormais favorable à une nouvelle enquête afin de lever des zones d'ombre sur la journée du 11 septembre 2001.

Il est désormais entendu que la Commission n’a pas su atteindre son objectif, celui de « fournir un récit définitif des faits et circonstances relatifs aux attaques terroristes du 11 septembre 2001 ».  Les nombreux mensonges officiels, fraudes et défilements qui ont conduit à l'échec de la Commision sont mis à jour dans le documentaire 9/11 Press For Truth (11 Septembre, en quête de vérité), fruit d'une enquête journalistique aussi minutieuse que rigoureuse.

9/11 Press For Truth est l'un des tous meilleurs films documentaires jamais réalisés à ce jour sur le 11 septembre 2001, c'est pourquoi l'association ReOpen911 l'a produit dans une version sous-titrée en français, et c'est également la raison pour laquelle nous venons de le mettre en ligne sur le compte Dailymotion de l'association Reopen911 afin qu'il soit accessible au plus grand nombre.

Ce film est particulièrement bien adapté à celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce sujet complexe du 11 Septembre.  Purement factuel et pourtant émouvant, il raconte la longue bataille des familles de victimes des attentats du 11 Septembre qui ont affronté les grandes puissances de Washington - et gagné - en les contraignant à la mise en place d'une commission d'enquête ... qui très vite s'avéra incapable de répondre à la plupart de leurs questions. 

Quelles actions furent menées par les hauts responsables du gouvernement qui reçurent des douzaines d'alertes spécifiques avant les attentats ? A t-on permis à Oussama Ben Laden et à son second d'échapper aux forces US en Afghanistan ? Et quelle fut la raison de la dissimulation délibérée des preuves par l'état ? Peut-être la chose la plus important de toutes : Pourquoi, 8 ans après, tant de questions des familles des victimes restent-elles toujours sans réponse ? ... autant de questions soulevées par ce documentaire exceptionnel.

N'hésitez pas à le partager avec vos proches.

Vous avez la possibilité de le visualiser en plein écran en appuyant sur

http://www.dailymotion.com/video/xbb5d1_911-press-for-truth-11-septembre-20_news

Si vous désirez vous procurer ce documentaire en DVD, vous pouvez le commander dans la boutique en ligne de l’association Reopen911

L'association Reopen911

www.reopen911.info


#5622 De: jack <jackhydro@...>
Date: Dimanche 13. Décembre 2009  12:31
Sujet: ZAPATISME, POUVOIR ET DÉMOCRATIE
jackhydro@...
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ZAPATISME, POUVOIR ET DÉMOCRATIE

Ce texte a été rédigé dans le cadre d'une participation à un débat
organisé par « l'association qui ne manque pas d'airr ». Un mouvement
constitué contre un projet d'implantation d’éoliennes industrielles au
dessus du petit village de Vaour, dans le département du Tarn. Le projet
avait été conçu, et virtuellement imposé, à une population que l’on
n’avait absolument pas consultée. Les réactions de ladite population, la
chance ou le bon Dieu Eole, ont fait que les énormes machines,
apparemment, sont allées tourner sous d’autres cieux, peut-être moins
regardants.

1/Le système des cargos dans la tradition indigène et le mouvement zapatiste

En janvier 1994, les indigènes zapatistes, mayas et zoques du Chiapas, se
sont soulevés, les armes à la main, face à un système qui les privait de
tout depuis cinq siècles : terre, nourriture, logements décents, santé,
travail, éducation... Depuis, ils ont posé leurs armes, mais entrepris de
construire une société autonome et originale dans ce coin perdu et superbe
du sud-est mexicain.

Ces gens, que l’on appelle « indiens », se reconnaissent, eux, comme «
indigènes ». Ils se distinguent du reste de la population (du Mexique, par
exemple), par le fait qu’ils vivent dans des communautés (villages) sur un
même territoire. La propriété privée de la terre n’existe pas chez eux
(c’est une aberration, la terre-mère est sacrée... on dit souvent, et
eux-mêmes le disent, mais pas pour la galerie, que c’est nous qui
appartenons à la terre). Le territoire fait l’objet d’une gestion
collective, dans le cadre d’une organisation horizontale, démocratique,
très précise, qui s’appuie également sur des tâches effectuées
collectivement de manière régulière. La conservation de leurs langues (au
Chiapas on parle encore une dizaine de langues mayas, plus le zoque), le
fait de partager une vision du monde et des traditions culturelles
communes, sont, enfin, les autres éléments essentiels qui caractérisent
ces populations indigènes.

D’emblée, ce mouvement étonne et force l’admiration, à cause de plusieurs
caractéristiques :

En premier lieu, on est saisi par la force des zapatistes, par la fermeté
de leur résistance. Ceci, alors que leur situation pourrait sembler
extrêmement précaire.

Dans les régions des Altos (les Hautes Terres), l’absence de place pour
cultiver et vivre est flagrante. Habitations, champs de maïs, troupeaux de
moutons et êtres humains se partagent des territoires manifestement trop
petits, d’autant plus qu’une bonne partie de cette région, entre 1 500 et
2 800 mètres d’altitude, est abrupte... vraiment pas le lieu idéal pour
faire passer une charrue.

Dans la forêt Lacandone et les vallées qui la traversent, la prolifération
des installations militaires et celle des groupes paramilitaires, ainsi
que la construction de routes et autoroutes, les projets touristiques
(rebaptisés écotouristiques, le pouvoir n’ayant jamais peur des mots !),
l’implantation de cultures industrielles, toute cette avancée du monde
capitaliste moderne, dans lequel des groupes humains autonomes, non soumis
au salariat ou aux lois du marché, n’ont évidemment plus leur place, tout
cela semble absolument imparable.

Pourtant, malgré la terrible pression économique et militaire de la «
guerre de basse intensité » que lui livrent les gouvernements locaux
(notamment celui de l’État du Chiapas, dirigé par le PRD, membre de
l’Internationale socialiste) et celui de la république fédérale, les
zapatistes construisent une véritable « autonomie ».

Ayant coupé tout lien d’inféodation avec ceux qu’ils désignent sous le
terme de « mauvais gouvernements », les zapatistes ont instauré, dans les
cinq espèces de « capitales régionales » appelées « caracoles »
(escargots), cinq structures d’ auto-gouvernement, les « Conseils de bon
gouvernement » (ou encore : Juntas de Buen Gobierno).

Ils ont mis en place leur propre système de santé : des cliniques et
micro-cliniques, des dispensaires et des équipes de promoteurs de santé se
rendent de communauté en communauté, aussi bien pour assurer des soins que
pour renforcer la prévention, mais aussi pour recueillir les connaissances
des plus âgés, notamment des femmes, en matière de plantes médicinales, de
suivi des grossesses, d’accouchements, etc.

Ils possèdent leur système scolaire : des écoles secondaires où se forment
les promoteurs d’éducation. Ces jeunes gens et jeunes filles retournent
ensuite dans leur communauté pour définir, en liaison avec les adultes et
autres autorités locales, les programmes de ce qu’ils vont enseigner aux
enfants dans l’école du village. La police et la justice sont elles aussi
directement assurées au niveau des quelques 1 400 communautés, des
municipes autonomes (il y en a 38) et des Juntas de Buen Gobierno, dans
les cinq caracoles.

Enfin, au plan économique, le travail collectif pour la production
alimentaire (champs de maïs, de haricots, rizières ou potagers, bétail),
permettant une fois nourries les familles de répartir ou commercialiser
les excédents, assure une redistribution, notamment en direction des plus
âgés et des malades, ainsi qu’en soutien de l’effort de celles et ceux qui
travaillent dans la santé, l’éducation, etc.

Cette organisation est à vrai dire assez impressionnante : malgré
l’évidente pauvreté, les tensions et la violence liées à la militarisation
et la paramilitarisation de la région, malgré aussi le travail parfois
rude (en premier lieu pour les femmes), on peut voir que les populations
zapatistes sont en mouvement, actives, solidaires, et que leurs
constructions vont de l’avant. La tranquillité, la joie de vivre et d’être
ensemble ne sont pas pour la photo. Tout cela se respire et se sent, pour
qui séjourne quelque temps parmi eux.

Les zapatistes n’ont pas inventé cette organisation communautaire. Le
système découle d’une tradition ancienne, très probablement bien
antérieure à l’arrivée des Espagnols au début du XVIe siècle, et qui a
subsisté en dépit, et contre la dure oppression qu’ils ont dû subir (s’il
fallait donner un chiffre, rappelons que plus de 90 % des Amérindiens ont
été anéantis en 150 ans de domination européenne).

Cette organisation ancienne s’appuie sur ce que l’on appelle en espagnol
les « cargos », les charges. Il s’agit de responsabilités à caractère
rotatif et révocable, non rémunérées, attribuées dès l’adolescence aux
membres de la communauté. Ceci pour une durée d’un an, avec des périodes
de « repos » entre deux exercices de ces « charges ».

Les charges concernent un éventail très large de tâches et d’activités,
qui vont généralement du plus simple au plus complexe, par exemple de
l’entretien d’un lieu de culte, d’un chemin ou des abords d’une source, à
la préparation des fêtes religieuses et à l’exercice de la justice, en
passant par la police et différentes fonctions « administratives »...

L’individu qui s’acquitte correctement des différents échelons de ces
tâches fera partie, avec les années, des « anciens », des « autorités » de
la communauté.

Le système colonial a bien évidemment influé, depuis 500 ans, sur
l’exercice de ces « charges ». La dénomination même des cargos, leur
hiérarchisation et le contrôle des responsables par l’administration et
les autorités religieuses ont permis aux Espagnols, et plus tard à l’État
indépendant du Mexique d’affiner et de renforcer leur domination sur les
indiens. Ces responsabilités varient d’une région à l’autre, avec
l’inclusion ou non des femmes (dans l’immense majorité des cas, écartées
des responsabilités « extérieures » dans les systèmes sociaux
hiérarchisés). Mais si le pouvoir a tenté de contrôler les communautés, à
travers les caciques, quelque soit la forme employée pour leur nomination,
il n’est jamais parvenu à faire disparaître le principe de ce gouvernement
par en bas, au niveau du village, en dehors (et souvent contre elles) des
autorités d’un État sur lequel elles n’ont aucune prise.

Les zapatistes de l’EZLN n’ont donc fait que reprendre et perfectionner
l’organisation de ces cargos, en y réintroduisant la participation des
femmes, et en les débarrassant, évidemment, de la manipulation de
l’administration et des « mauvais gouvernements ».

Les cargos permettent la mise en marche et le fonctionnement de
l’autonomie. Notons que les tâches des promoteurs de santé, d’éducation et
de communication (les hommes et femmes qui participent à la circulation de
l’information, à la fabrication de documentaires, etc.), entrent dans ce
cadre des charges.

La non rémunération, compensée par les coups de main donnés pour les
travaux agricoles, ou une aide en nature rendue possible grâce au travail
collectif, est toujours une des caractéristiques essentielles du système
des charges. En même temps, rappelons-le, que la révocabilité, la
rotation, etc.

La désignation des responsabilités se fait par consensus, dans le cadre
des assemblées de la communauté. Être désigné pour l’une d’elles est un
honneur, une reconnaissance, et l’individu se doit bien sûr de se montrer
à la hauteur de la mission qui lui est confiée.

La communauté se dote ainsi des moyens de transmettre et d’utiliser au
mieux les compétences de ses membres dans les différents domaines, en
adéquation avec ses besoins, coutumes et intérêts, à la recherche d’une
harmonie réelle entre ses habitants, mais aussi avec les communautés
voisines.

Les zapatistes ont étendu le système des charges communautaires au
fonctionnement de leur auto- gouvernement, c’est à dire à la désignation
des personnes qui vont siéger, pour une période déterminée, dans les «
municipes autonomes », regroupant chacun des dizaines de communautés, et
aux « Conseils de bon gouvernement » nommés dans les cinq régions
géographiques du Chiapas indigène rebelle.

Dans ce dernier cas, celui des Conseils de bon gouvernement (Juntas de
Buen Gobierno), les hommes et les femmes désignées pour gouverner leur
région ont un « mandat » qui court sur trois ans. Mais ils ne siègent que
par rotation, pendant des périodes de 10 jours. Une fois terminées ces
périodes, chacun repart dans sa communauté, vaquer aux occupations «
ordinaires », c’est-à-dire, principalement, à la vie du village et à
l’entretien du champ de maïs (les parcelles de culture sont individuelles,
ou collectives selon les régions).

Cette organisation permet à un maximum de personnes d’apprendre
l’auto-gouvernement. Les zapatistes reconnaissent qu’ils perdent
indubitablement en efficacité, en suivi des dossiers, etc., mais ils
insistent sur l’énorme avantage de ce partage réel, par en bas, des
responsabilités les plus importantes.

Une dernière remarque : les zapatistes tsotsil d’Oventik appellent leur «
Conseil de bon gouvernement » Snail tzobombail yu’un lekil J’amteletik ,
ce qui veut dire, à peu près, « la maison de réunion pour ceux qui
travaillent au bien commun »...

Les mayas ont bien fait quelques emprunts à la langue espagnole, pour
nommer des objets ou des animaux qu’ils ne connaissaient pas avant
l’arrivée des envahisseurs : vakax, par exemple, pour désigner une vache,
ou mexa, pour la table, mesa en espagnol. Mais ils n’ont jamais adopté des
mots concernant des concepts leur paraissant trompeurs : le mot «
démocratie », entre autres, n’est pas dans leur dictionnaire. La défense
des langues vernaculaires sert aussi à cela, ne pas se laisser manipuler.

2/ L’assemblée de la communauté indigène zapatiste : son rôle et son
fonctionnement

Lors des « Deuxièmes Rencontres des peuples zapatistes avec les peuples du
monde », organisées par les communautés zapatistes du Chiapas au cours de
l’été 2007, celles-ci ont apporté des explications claires sur leur
organisation, et le fonctionnement de leurs assemblées.

Étant collectivement propriétaires (il vaudrait mieux dire « responsables
») du territoire de leur communauté, ses membres sont placés dans une
situation « objective » d’égalité et de co-gestion.

Par ailleurs, de nombreux éléments de leur culture, de leur cosmovision,
que l’on retrouve y compris dans la structure de leurs langues, de
multiples traditions viennent conforter ce refus de la hiérarchie, cette
affirmation d’une égalité de condition et de droits entre les individus.
On peut citer à ce propos, parmi bien d’autres exemples relevés par des
historiens, la coutume consistant à confier à une personne qui s’était
enrichie dans le cadre de son activité (commerce, etc.) la charge de
mayordomo, c’est-à-dire de responsable de l’organisation des fêtes
religieuses dans la communauté. Cette charge représentait à la fois un
honneur et une reconnaissance. Mais elle impliquait également beaucoup de
frais, pour la personne ainsi honorée, qui devait payer de sa poche les
dépenses liées aux multiples fêtes (feux d’artifice, boissons, nourriture,
etc.), et se retrouvait complètement « à sec » à la fin de l’exercice de
sa charge... Une façon élégante d’empêcher que les disparités sociales
s’installent dans le village, n’est-ce pas ?

L’assemblée communautaire a pour objet l’organisation de la gestion
collective de ce qui appartient au village  : des biens fonciers,
c’est-à-dire les terres, ainsi que les bois, les cours d’eau et les
sources, les ressources qui s’y trouvent. Mais également les biens
immatériels, à savoir la vie culturelle, religieuse et festive, les
rapports sociaux, la transmission des connaissances, la santé, la
sécurité, etc.

Les terres, dans les zones rebelles zapatistes, sont parfois divisées en
parcelles attribuées à chaque famille, transmissibles de père en fils
(chez les zapatistes une fille peut hériter d’une parcelle, mais ce n’est
pas encore généralisé). Ces parcelles sont bien évidemment inaliénables,
c’est-à-dire que l’on ne peut les vendre ou les acheter, les soustraire au
territoire de la comunidad. On a donc affaire à un droit d’usage, et non
au droit de propriété.

Les parcelles agricoles (les champs de maïs, de haricots, de riz ou
d’autres cultures) peuvent également être cultivées collectivement, et les
fruits des récoltes sont partagés au sein de la communauté. C’est le cas,
généralement, dans les terres récupérées après le soulèvement de 1994.

La gestion des terres et des ressources, à laquelle il faut ajouter
l’organisation du travail collectif (qui est la norme, même dans les zones
où les parcelles sont individuelles), plus les questions sociales,
politiques et culturelles, font donc l’objet de décisions communes, prises
en assemblée pour les plus importantes.

La composition et le déroulement de l’assemblée :

Tous les membres de la communauté peuvent (et doivent, sauf raison
particulière) y participer. Hommes, femmes, enfants (tant qu’ils ne
s’endorment pas...)

Tout le monde a le droit à la parole. Le principe de l’égalité entre les
individus est très fort, comme il est dit plus haut. L’idée que personne
ne vaut plus qu’un autre semble l’évidence la plus élémentaire.

En général, c’est une « autorité », ou bien un membre de la communauté
ayant un problème particulier à poser, qui présente le débat.

Ensuite, vient un moment où tout le monde, quasiment, parle. On peut avoir
l’impression d’une confusion.

Puis c’est de nouveau un ancien, une autorité, qui prend la parole pour
tenter d’exprimer l’avis général : « la communauté pense que... »

Il peut être approuvé, ou contesté dans sa synthèse. Dans le premier cas,
un « accord », verbal, est pris. Cette décision fera office de loi jusqu’à
la prochaine assemblée. Pas besoin de procès-verbal, de papier, d’huissier
ou de caméra vidéo. La parole est sacrée.

Dans le deuxième cas, s’il y a contestation, la discussion reprend de plus
belle. Si on arrive à un consensus, la décision est prise.

Dans le cas contraire, on ne prend pas de décision, on la remet à plus
tard. Il n’y a pas de vote, pour passer en force, ni à 50,01 %, ni à 75
%... La cohésion de la communauté demande le consensus, l’unanimité, et
refuse la division, y compris celle qu’engendrerait l’imposition d’une
décision de la majorité sur une minorité.

Les décisions concernent quasiment tout : désignation des charges de
responsabilités (les cargos dont on a parlé), organisation du travail
collectif, questions de solidarité, d’éducation, plus les différents et
conflits éventuels, qu’il est important de régler, et bien sûr tout ce qui
concerne l’implication de la communauté dans la résistance et la
construction de l’autonomie. Ceci au niveau local, à celui des «
municipios » (municipalités) autonomes, et des Conseils de bon
gouvernement.

La recherche de l’harmonie est une constante, à la fois au sein de la
communauté et à l’échelon des relations de voisinage : le compromis est
souhaité pour tout conflit interne ou externe (territoire, contestation,
comportements vus comme répréhensibles ou nuisibles : par exemple coupe de
bois vert, coupe de bois près d’une source, vol éventuel...).

Tout le monde connaît tout le monde, dans des communautés assez réduites
(quelques centaines d’habitants au maximum). On ne parle donc pas pour
s’assurer une position dominante, ou pour épater la galerie. Répétons-le,
la vision dominante est celle de l’intérêt commun, bien réel, et qu’il
faut préserver et renforcer. Dans un système où les moyens de production
(les terres) ne sont pas privés, et où les responsabilités sont rotatives
et peuvent faire l’objet d’une révocation, ce mode de fonctionnement
paraît naturel et logique.

L’assemblée peut durer longtemps. Les gens sont rompus à ce genre
d’exercice, car ils passent énormément de temps à parler ensemble.

La participation des femmes, et d’autres facteurs non négligeables, comme
l’absence de consommation d’alcool, sont des éléments qui viennent
renforcer l’efficacité des assemblées. De plus, la gaieté cohabite avec le
sérieux, dans ce genre de réunions.

Dans les communautés zapatistes, les activités liées à la résistance et la
construction de l’autonomie, les conflits multiples avec les autorités
officielles (l’occupation militaire, avec 60 000 soldats pour une
population civile rebelle de quelques centaines de milliers de personnes,
et la pression policière, qui multiplie les provocations), qu’elles soient
locales, régionales (l’État du Chiapas, dirigé par le gouverneur « de
gauche » Juan Sabines) ou nationales (au niveau de l’État fédéral, dirigé
par l’extrême-droite Felipe Calderón), ou encore avec les villages
non-zapatistes (priistes, perredistes, voire paramilitaires, car le
conflit autour des terres est aigu, le gouvernement proposant de
redistribuer les terres occupées après 1994, en parcelles privées), tout
cela rend ces palabres, débats et assemblées plus qu’indispensables.

Quelques conclusions :

Le résultat de ces pratiques des indigènes zapatistes, c’est la force de
la pensée collective, des questions réfléchies ensemble, et des décisions
appliquées une fois prises.

Il est difficile de s’expliquer autrement la résistance que sont capables
d’opposer les communautés et les organisations en rébellion à la guerre de
basse intensité que leur livre le pouvoir depuis quinze ans.

Cet auto-gouvernement, certainement loin d’être parfait, représente à la
fois la récupération d’une tradition (que d’autres communautés ont
abandonnée ou dévoyée, sous la pression notamment des manœuvres de
division opérées par les différents pouvoirs, externes et internes, des
illusions engendrées par un progrès qui n’en est pas un, de la soumission
à l’État providence, qui n’a pourtant jamais raté une occasion pour les
mettre au pas) et un énorme effort d’imagination et de construction. Pour
refaire l’autonomie dont les indigènes ont besoin, s’ils veulent continuer
à être ce qu’ils sont, à mener la vie qu’ils considèrent comme seule
souhaitable, sur ce qu’ils ont de plus cher : leurs terres communes.

On pourrait ajouter que la démocratie (le pouvoir du peuple) ne peut
exister que si une population l’exerce réellement et directement. Pour
cela il lui faut partir d’en bas, et non déléguer, s’appuyer sur sa
culture, sur une égalité concrète entre les individus, sur la gestion
collective et solidaire des biens les plus précieux (la terre, l’air,
l’eau, les plantes, la nourriture, la mémoire, la solidarité, la danse, la
musique, etc.), ceux qui rendent la vie possible et belle. C’est une des
leçons que l’on peut tirer de l’expérience zapatiste.

Jean-Pierre Petit-Gras - printemps 2009

--
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#5623 De: jack <jackhydro@...>
Date: Mardi 5. Janvier 2010  18:45
Sujet: Terres et Territoires
jackhydro@...
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MARSEILLE

*le samedi 9 janvier 2010
*de 10 h à 20 h
à *Mille Bâbords*
61 rue Consolat, 13001

Invitation du Collectif Caracol de Marseille
/Sur le thème
/*Terre, territoire et autonomie*
*Journée de rencontres et de discussions
*

Comme vous le savez sans doute, le Collectif Caracol de Marseille
soutient le mouvement zapatiste au Chiapas, qui depuis 1994 s’est
réapproprié les terres dont avaient été chassées les communautés
indigènes. Malgré une répression constante, ces communautés ont
construit et renforcent jour après jour une autonomie à la fois
économique, politique et culturelle.

De notre côté, même si nous n’avons pas exactement la même histoire,
nous partageons la même aspiration à nous décoloniser du modèle
capitaliste, productiviste, oligarchique, qui nous dépossède de toute
emprise sur nos vies et nous jette, atomisés, dans la gigantesque
machine à broyer les ressources humaines et naturelles.

Contre cette domination mortifère, nous aussi voulons recréer des
espaces communs pour y développer une autre vie, une autre production,
d’autres relations, d’autres modes de décision.

Dans cette perspective, une rencontre européenne des collectifs de
solidarité avec les zapatistes aura lieu à Paris les 16 et 17 janvier
prochains, avec comme principal objectif de réfléchir aux moyens de
mieux nous coordonner pour créer et défendre des territoires autonomes,
ici comme là-bas.

Pour préparer cette rencontre, chaque collectif local est invité à
rassembler informations et réflexions sur les luttes et constructions de
projets qui sont en cours dans sa région, à la ville comme à la campagne.

C’est pourquoi nous faisons appel à vous, nous vous invitons à nous
réunir pour échanger nos expériences et projets d’autonomie, les
difficultés que nous rencontrons et les moyens que nous pourrions mettre
en œuvre pour nous renforcer mutuellement.

Vous trouverez ci-dessous un texte de présentation plus détaillé des
séries de questions qui pourront guider notre réflexion ; il émane du
collectif parisien qui organise sa propre réunion locale le même
week-end. Mais d’autres questions encore pourront être abordées, en
fonction des désirs des participants.

PROGRAMME

*Matin*
Chaque groupe ou individu présente son expérience et s’exprime sur les
questions posées.
*Midi*
Auberge espagnole : apportez un petit quelque chose facile à servir et à
partager (boissons sur place).
*Après-midi*
Débat sur les questions qui auront paru les plus importantes à approfondir.

En espérant vous accueillir nombreux,

Le Collectif Caracol de Marseille

====================================================================
Thèmes des rencontres
« Terre et territoires » des 5 et 6 décembre 2009
organisées par le CSPCL (Comité de solidarité avec les peuples du
Chiapas en lutte)
à la CIP (Coordination des intermittents et précaires)
14 quai de Charente Paris XIXe


Habiter un territoire, un quartier, un village, une communauté, une
cité, le monde... « Rien n’est moins évident dans ce monde que
d’habiter. Et pourtant, nous n’avons jamais été autant appelés à habiter
un monde. N’entendez pas là occuper un terrain ou une maison, ni même y
cultiver, y ripailler, y faire l’amour. (...). Rapidement, s’impose ce
constat : on n’habite jamais seul (...) Cela signifie que s’impose, dans
l’acte d’habiter, l’émergence d’un "nous". » (Extraits d’« Esquive comme
le papillon, pique comme la guêpe », Éditions Chemins et ruines, 2009)

Comment créons-nous du lien dans nos quartiers, nos villages, notre
voisinage ? Comment résistons-nous aux tentatives de nous interdire
d’habiter en nous délogeant, déplaçant, enfermant, fragmentant ... ?...

De la liberté de circulation à l’abolition des frontières : à l’heure où
les marchandises circulent librement, il n’y a que les hommes que les
frontières bloquent encore !

Du partage de l’espace et de la circulation dans l’espace, du nomadisme
d’un jour ou de toujours, de la solidarité locale et internationale, des
territoires sans frontières, des « papiers » et des « sans papiers », du
centre et de la périphérie, du « nous » et des « autres »...

Liens, échanges, relations ville / campagne Comment tisser les liens de
nos luttes urbaines et rurales ? Comment échapper au « marketing
territorial » et aux relations touristiques ? Comment éviter que l’on
nous impose un paysage rural fantasmé ? De quelles façons résistons-nous
à la marchandisation de la terre et de l’agriculture ?

Des lieux pour organiser l’autonomie De quels types d’espaces avons-nous
besoin pour organiser notre autonomie dans nos quartiers, nos villages,
nos collectifs ... ? Des lieux pour y faire quoi ? Quelles sont les
difficultés actuelles pour ouvrir et maintenir des espaces de lutte ?
Quelles sont les alternatives aux cadres imposés par l’État capitaliste ?

Transformer les espaces du quotidien en espaces de lutte Comment mettre
en lien un espace de lutte avec son voisinage, son quartier, sa ville ?
Comment briser les logiques d’isolement entre espaces de lutte et
espaces du quotidien ? Comment passer de lieux politiques délimités à
une transformation généralisée de nos espaces de vie ? Quel rôle ont les
occupations dans les mouvements sociaux ? Comment penser une autre
géographie où la proximité ne serait pas qu’une question de distance ?
Quels rapports collectifs pour construire quelles autonomies ?

Pour un espace public d’échanges, d’expressions, de fêtes, de vie « Même
si on nous enlève nos lieux, il nous reste la rue »

Face à la mainmise de l’État sur l’espace public, comment récupérer la
rue, la place ... comme espaces de tous, de vie, d’expressions, de
fêtes... ? Comment réinventer l’espace public face au découpage
autoritaire, à la zonification ?...

=================================
Annonce publiée sur le site de Mille Bâbords
http://www.millebabords.org/spip.php?article12997
=================================
*Collectif Caracol de Marseille*
C/o Mille Bâbords
61 rue Consolat 13001
04 91 50 76 04
=================================
Réunion : le 2e et 4e dimanche - 18 h
=================================
Contact : caracolmarseille@...
=================================
Adhérent à la Sixième déclaration
de la Selva Lacandona

-----------------------

Paris
Les vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17 janvier,

Rencontres européennes des comités de solidarité avec les zapatistes.

Depuis 1994, plusieurs rencontres de ce type ont été organisées (à
Barcelone, Athènes, Berlin etc.) permettant aux différents comités
européens de se réunir, de discuter, d'échanger sur les thèmes de la
solidarité avec les communautés zapatistes du Chiapas, plus généralement
de la situation au Mexique. C'est aussi l'occasion de réfléchir sur les
actions de solidarité que nous pouvons mener ici, comment se coordonner
etc. Enfin, évidemment un des objectifs est la convergence des luttes,
entre ici et là-bas : comment donner une cohérence à tous ceux qui luttent
en bas, à gauche. Comment faire de la richesse de toutes les résistances
un instrument de construction d'un autre monde qui ne soit pas
capitaliste. Pour cela des collectifs luttant ici sur différents thèmes
(soutien aux sans-papiers, collectifs contre la précarité etc.) sont
également invités.

Des comités de toute l'Europe (Grèce, Espagne, Allemagne, Autriche, etc.)
et de France (Marseille,...) ont déjà confirmé leur présence. De
nombreuses personnes participeront également à ces rencontres à titre
individuel.

Programme

Vendredi 15 janvier (lieu à définir : possiblement à la CNT au 33, rue des
Vignoles 75020 Paris) :

18 heures : Pot de bienvenue.

20 heures : Assemblée de présentation des différents collectifs.
Validation du programme.

Samedi 16 janvier (à la Parole Errante au 9, rue François Debergue 93100
Montreuil)

9 heures : accueil et petit-déjeuner.

10 heures / 13 heures : Assemblée.

- Situation au Chiapas - témoignages de personnes récemment rentrées
- Situation en Europe : dernières nouvelles données par les différents
collectifs.

13 heures / 14 heures : Déjeuner.

14 heures / 17 heures : Groupes de discussion sur les luttes ici.

- Terre et Territoire : appropriation de l'espace (maisons, champs,
rues...), relation ville/campagne...
- Autonomie politique en Europe : expériences, tentatives, possibilités...
- Comment mettre en relation les luttes et réseaux de luttes existantes ou
futures en Europe ?
- Europazapatista : comment diffuser de l'information sur les luttes ici
vers le Mexique, à travers notamment du site internet europazapatista ?
- Comment faciliter et améliorer l'échange d'information sur les luttes
d'ici et de là-bas ?

17 h 30 / 19 heures : Assemblée plénière.

Compte-rendu, résolution et propositions des différents groupes de
discussion.

Dimanche 17 janvier (à la Parole Errante)

9 heures : Petit déjeuner.

10 heures / 13 heures : Groupes de discussion sur la solidarité avec les
zapatistes.

- Renforcer et élargir le réseau des collectifs et la coordination des
actions.
- Échange d'expériences sur différents projets de solidarité : santé,
éducation, coopératives de café et d'artisanat.
- Comment réagir face à la répression ? Comment soutenir les prisonniers ?
- Actions contre les entreprises européennes impliquées dans des projets
écotouristiques, énergétiques etc. au Mexique.
- Réseau europazapatista : informer et coordonner.

13 heures / 14 h 30 : Déjeuner.

14 h 30 : Assemblé plénière.

Compte-rendu, résolution et propositions des différents groupes de
discussion.

18 heures : Fin de la rencontre.

Ce programme peut encore être modifié en fonction des différentes
propositions qui nous parviendront des groupes participant à la rencontre
et lors de l'assemblée d'ouverture le vendredi soir.

cspcl (at) altern.org
http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=698


--
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http://www.banktrack.org/show/pages/francais

#5624 De: jack <jackhydro@...>
Date: Lundi 11. Janvier 2010  7:26
Sujet: et un deuxième !
jackhydro@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
#5625 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Samedi 16. Janvier 2010  14:14
Sujet: 338
robeyns2002
Envoyer un message Envoyer un message
 
France 2009

Grippe H1N1 : 176 décès.
S.D.F. morts dans la rue : 338 décès.

A quand une vaccination massive contre la misère, la pauvreté, l'exclusion, la précarité ? Vu le buzz médiatique provoqué par "l'affaire des couleurs de soutifs", (sur Facebook) essayons un "338" en hommage à ces miséreux anonymes morts par indifférence..."

Faites tourner, merci.


Sources:
http://www.santeo.net/actu/mutuelle/grippe-h1n1/8.html



#5626 De: jack <jackhydro@...>
Date: Jeudi 29. Avril 2010  8:11
Sujet: Oaxaca: Agression armée contre la Caravane d'appui et de solidarité
jackhydro@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Oaxaca de Juarez, le 27 avril 2010.

Aux médias de communication,
Aux peuples du Mexique,
Aux peuples du monde,
Aux peuples d'Oaxaca,

Agression armée contre la Caravane d'appui et de solidarité avec la
Commune autonome de San Juan Copala, Oaxaca.

CONTEXTE

Depuis la journée d'hier, une annonce a été envoyée aux médias à propos
d'une caravane en solidarité avec la région triqui, dans notre État
d'Oaxaca. Les participants à la caravane sont des membres de l'Assemblée
populaire des peuples d'Oaxaca (APPO), de la Section 22 du syndicat des
professeurs, des Voix d'Oaxaca construisant l'autonomie et la liberté
(VOCAL), du MULT-I (Mouvement d'unification et de lutte triqui
indépendant), ainsi que des observateurs internationaux.

Tel qu'il avait été prévu et annoncé, la caravane a quitté la ville de
Huajuapan de Leon, Oaxaca, à 11 heures le 27 avril 2010, avec l'objectif
de briser le siège de la communauté autonome triqui, une conséquence de la
répression par l'État et les paramilitaires du processus d'autonomie qui
est en construction à l'intérieur de cette communauté. De violentes
attaques paramilitaires ont eu lieu à plusieurs reprises durant le
processus autonome de San Juan Copala. Elles ont été menées par
l'organisation paramilitaire UBISORT (Union de bien-être social de la
région triqui), qui est actuellement présidée par Rufino Juarez Hernandez
et par le MULT (Mouvement d'unification et de lutte triqui).

Avant le départ de la caravane, le président du conseil autonome de San
Juan Copala, Jesus Martinez Flurez, a déclaré tenir pour responsables de
quelque agression que ce soit Evencio Nicolas Martinez, procureur général
de l'État, Jorge Franco Vargas « el Chucky », ministre de l'intérieur de
l'État, et Carlos Martinez, candidat du PRI pour les législatives locales.
Il a également exigé qu'UBISORT et le MULT agissent avec responsabilité et
sérieux dans les pourparlers de paix pour le peuple triqui.

LES FAITS

Avant d'arriver à La Sabana, la route était bloquée avec des pierres et
c'est à cet endroit que débuta la lâche agression avec des armes à feu
(dont le calibre est à ce jour inconnu), perpétrée par environ quinze
paramilitaires au service du gouvernement de l'assassin Ulises Ruiz Ortiz.
L'attaque a détruit les véhicules, blessé une compañera et on compte deux
personnes décédées.

Durant l'attaque, quelques compañeros ont pu s'échapper en courant vers
les montagnes et leur situation actuelle est inconnue : nous sommes
préoccupés par le fait qu'ils aient été capturés par les paramilitaires.
Les compañeros qui à ce moment sont disparus sont NOE BAUTISTA JIMENEZ,
DAVID VENEGAS REYES et DANIEL ARELLANO CHAVEZ, tous membres de VOCAL.

Malheureusement, selon les informations actuelles, nous apprenons que deux
camarades ont perdu la vie durant cette attaque paramilitaire. Il s'agit
de BEATRIZ ALBERTA CARIÑO TRUJILLO, membre de CACTUS, et de TYRI ANTERO
JAAKKOLA, observateur international originaire de Finlande. Les deux décès
ont été causés par des tirs d'armes à feu.

Durant les événements, MONICA CITLALI SANTIAGO ORTIZ a été blessée au dos
par un tir d'arme à feu et a été reconduite à Juxtlahuaca pour y recevoir
des soins.

Ceux et celles qui demeurèrent sur les lieux de l'agression durent
descendre de leur véhicule et furent emmenés en bas de la montagne pour
être interrogés, quelques-uns furent menacés de mort avant d'être relâchés
sur l'autoroute. RUBÈN VALENCIA NUÑEZ, membre de VOCAL, a été détenu par
les paramilitaires qui lui ont retiré sa carte d'électeur, son portable et
l'ont menacé de mort, avant de le relâcher.

Une ambulance est arrivée sur les lieux afin de dispenser des soins aux
blessés, mais on a également ouvert le feu lâchement sur le véhicule qui a
été contraint de quitter les lieux. Au moment de cette fuite, les
ambulanciers ont trouvé une camarade blessée à qui ils ont pu dispenser
des soins et à qui ils ont confirmé le décès des personnes ci-dessus
mentionnées.

À cause de la confusion et de l'incertitude relative aux faits, la
localisation des compagnons mentionnés, de même que leur condition
physique et psychologique sont inconnues.

NOUS DÉNONÇONS AVEC FORCE :

Que cette attaque armée est le produit des conditions de violence
institutionnelle et d'impunité dont jouissent les paramilitaires dans
cette région de notre État. La violence institutionnelle est dirigée
contre les différentes expressions de la lutte sociale à Oaxaca et
spécifiquement envers la construction de processus autonomes.

Cette agression se déroule dans le contexte d'isolement et l'état de siège
vécu par la commune de San Juan Copala, où, depuis le mois de janvier, les
enfants n'ont pas accès à l'école, l'accès à l'électricité et à l'eau
potable a été coupé et la communauté n'a pas accès aux soins médicaux. San
Juan Copala vit en permanence un harcèlement paramilitaire bloquant la
route à l'entrée du village.

NOUS EXIGEONS :

Que le gouvernement de l'assassin Ulises Ruiz mette fin aux attaques
paramilitaires dans la région triqui et que cessent le financement,
l'armement et l'impunité dont profitent ces groupes paramilitaires dans
notre État.

La présentation immédiate de nos compañeros disparus.

NOUS APPELONS :

le peuple d'Oaxaca, du Mexique, la communauté internationale et les
différentes organisations sociales, collectifs et groupes à montrer leur
solidarité et appui afin d'exiger la présentation en vie de nos frères
disparus et le châtiment des responsables. De plus, nous vous appelons
solidairement à exiger que cessent les conditions de violence contre la
Commune autonome de San Juan Copala.

Présentation en vie de nos compañeros disparus !
Châtiment pour les assassins de nos compañeros !
Que cesse l'agression contre la Commune autonome de San Juan Copala !
Levée du blocage paramilitaire dans lequel se trouve cette communauté
autonome triqui !

Voces Oaxaqueñas Construyendo Autonomía y Libertad
(VOCAL)

--
http://www.kaosenlared.net/noticia/oaxaca-oaxaca-ataque-paramilitar-causa-entre-\
dos-cinco-muertos-hasta-2

#5627 De: jack <jackhydro@...>
Date: Jeudi 29. Avril 2010  12:17
Sujet: appel du CNI
jackhydro@...
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Cet appel provient de compañeros du Congrès national indigène du Mexique.
Il a été traduit par un compagnon toulousain.

RAPPEL : RASSEMBLEMENT DEVANT L'AMBASSADE DU MEXIQUE À PARIS
VENDREDI 30 AVRIL À 17 HEURES
PLACE IÉNA (MÉTRO IÉNA)

ACTION URGENTE POUR LES PEUPLES INDIENS DU MEXIQUE

Sur la cote nahua du Michoacán, le 20 avril dernier, Francisco de Asís
Manuel, président du commissariat aux biens communaux de Santa María
Ostula, a été enlevé par un groupe paramilitaire fortement armé. À ce jour
(28 avril), on demeure sans nouvelles de lui, et l'on craint pour son
intégrité physique, et pour sa vie.

Hier, 27 avril, un groupe de paramilitaires a attaqué la caravane de la
mission humanitaire envoyée par plusieurs organisations du mouvement
social de l'Oaxaca en direction de la commune autonome de San Juan Copala,
dans la Mixtèque d'Oaxaca. Plusieurs des participants ont été blessés par
balles [Nous savons depuis que deux membres de la caravane ont été abattus
par les paramilitaires].

Dans les deux cas, il s'agit d'agressions graves contre des compañeros
membres du Congrès national indigène (CNI) et de l'Assemblée populaire des
peuples de l'Oaxaca (APPO), deux organisations du mouvement indigène
national antisystémique, qui ont engagé la lutte pour l'autonomie, en
s'appuyant sur l'autodéfense et la communalité indigène, dans le cadre de
l'exercice du droit à l'autodétermination.

Comme on l'a maintes fois répété à propos des communautés zapatistes du
Chiapas, l'utilisation de corps de paramilitaires par l'État mexicain,
dans la guerre ouverte qu'il mène contre les peuples indigènes du pays,
est flagrante. Notamment là où la résistance indigène fait face aux
prétentions de privatisation des entreprises multinationales.

Nous appelons à la vigilance solidaire et à une action urgente de
dénonciation toutes les voix, organisées ou non, de la société civile
nationale et internationale. Il s'agit, par tous les moyens dont elles
disposent, de contribuer à éviter des dénouements tragiques dans tous ces
cas de répression qui aujourd'hui s'abattent sur nous en cascade dans tout
le Mexique.

Fraternellement

Plus jamais un Mexique sans nous !

--
http://www.kaosenlared.net/noticia/oaxaca-oaxaca-ataque-paramilitar-causa-entre-\
dos-cinco-muertos-hasta-2

#5628 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Jeudi 10. Juin 2010  22:50
Sujet: Trois experts questionnent le 11 Septembre
robeyns2002
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http://www.dailymotion.com/video/xdmo57_trois-experts-questionnent-le-11-se_news

10 mars 2010 sur la chaîne d’info internationale RT, le journaliste
américain Peter Lavelle organisa un spécial 11 Septembre dans son
émission politique CrossTalk. L’objectif : faire le point sur les
controverses qui entourent la tragédie du 11 Septembre et essayer d’y
voir plus clair.

Il devait initialement s'agir d'un débat contradictoire historique
mettant face à face des experts contestant la version officielle des
attentats et des experts la soutenant, mais un tel débat n’a pas pu
voir le jour faute de contradicteurs acceptant de débattre côté
défenseurs de la version officielle.

Les invités de Crosstalk pour ce spécial 11 Septembre furent :
- Richard Gage, architecte américain et fondateur de l’association
professionnelle "Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11/9"
- Annie Machon, ex-officier du MI5 (l’équivalent britannique du FBI)
- Ian Henshall, auteur et journaliste d’investigation britannique

En compagnie de ses invités, le journaliste Peter Lavelle s’étonne du
fait que ceux qui questionnent la version officielle soient le plus
souvent ignorés des grands médias et dénigrés par l’establishment,
lorsqu’ils ne sont pas diffamés : « Qu’y a t-il de mal à questionner ?
» se demande t-il.

Ce spécial 11 Septembre d’une durée de 22 minutes offre une vue
d’ensemble sur les mensonges et inexactitudes du rapport officiel de
la Commission d’enquête.

Pour plus d'info, www.ReOpen911.info
Le site français sur les attentats du 11 Septembre

#5629 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Dimanche 8. Mai 2011  9:25
Sujet: Dr Steve R. Pieczenik : Ben Laden est mort en 2001 et le 11 septembre est une opération sous faux drapeau !
robeyns2002
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#5630 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Jeudi 12. Mai 2011  6:55
Sujet: Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? michelcollon.info
robeyns2002
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Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ?
Grégoire Lalieu

11 mai 2011 michelcollon.info

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Le 1er mai 2011, quatre-vingt commandos des forces spéciales US exécutaient Oussama ben Laden dans sa tanière au Pakistan. Manifestations de joie à New-York lorsque Barack Obama a annoncé la mort du terroriste. « Justice a été faite » déclarait le président sur les antennes. Pourtant, certains responsables de la tragédie du 11 septembre courent toujours.

 
Des cadres dynamiques virevoltent gaiement sur le chemin du travail. Carpette sous le bras, une famille épanouie emménage dans une banlieue paisible et verdoyante alors qu’un gamin à bicyclette distribue les journaux avec entrain. Ailleurs, un jeune couple se jure fidélité sous le regard myope mais attendri de mère-grand. Et sous un soleil resplendissant, des citoyens de tous horizons, exaltés par l’ivresse patriotique, hissent la bannière étoilée, l’étendard de cette nation où tout peut réussir. « Le Jour se lève à nouveau sur l’Amérique. »
 
Après la tourmente des années 70, son choc pétrolier, sa crise économique, sa révolution iranienne et son invasion soviétique de l’Afghanistan, il fallait bien un slogan mielleux et un spot de campagne tout aussi sirupeux pour que le candidat Reagan rassure les citoyens des Etats-Unis.
 
Trente ans plus tard, des travailleurs sans-emploi s’agglutinent aux portes des bureaux de chômage. Les banlieues chatoyantes ont laissé place à des terrains vagues où s’amoncèlent les expropriés victimes des subprimes, sorte de bidonvilles où le bambin à bicyclette ne s’aventure pas pour distribuer les journaux.
 
Pourtant, avec l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden, il semble que le jour se lève à nouveau sur l’Amérique. La foule amassée autour de Ground Zero parait empreinte de cette même euphorie béate qui animait les clichés sur pattes du clip reaganien. L’Axe du Bien a triomphé du mal incarné, l’ennemi public numéro un est mort et immergé. 
 
Mais au risque de jouer les trouble-happy-end, il serait peut-être bon de souligner que la saga de la guerre contre le terrorisme ne peut se conclure avec la mort du méchant à la fin. En effet, pour certains responsables de cette tragédie moderne, justice n’a pas encore été faite. Pire, ils poursuivent tranquillement leur folie meurtrière du côté de la Maison Blanche et du Pentagone.
 
 
Les différentes vies de ben Laden
 
Il ne sera pas ici question de savoir si les attentats du 11 septembre sont une opération montée de toute pièce par la CIA. Certes, la version officielle comporte de nombreuses zones d’ombre qui alimentent le soupçon. Cependant, comme le remarquait Jean Bricmont sur notre site, organiser un tel attentat sous faux pavillon impliquerait un trop grand nombre de personnes à divers échelons des institutions US pour pouvoir garder le secret.
 
Difficile donc de faire la lumière sur les mystères du 11 septembre tout comme sur ceux qui planent autour de la mort de ben Laden. Selon un journal pakistanais, le célèbre terroriste aurait succombé à des complications pulmonaires en décembre 2001. Six ans plus tard, Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan, indiquait dans une interview que le célèbre terroriste était mort. Et aujourd’hui, Barack Obama nous annonce son exécution mais pas de cadavre donc pas de crime. Il faudrait simplement croire le président des Etats-Unis sur parole, ce qui demande un certain effort.
 
 
Mais finalement, le fait que ben Laden était vivant ou pas n’est pas le plus important. Tout comme le fait de savoir quel rôle a pu jouer l’administration Bush dans les attentats du 11 septembre. Certes, si conspiration il y a eu, il serait utile que la vérité éclate au grand jour. Mais si nous avions eu la preuve irréfutable que les attentats du World Trade Center avaient bien été commis par Al-Qaïda et uniquement par Al-Qaïda, qu’auraient fait les instigateurs du 11 septembre ? Se seraient-ils inclinés devant les campagnes guerrières du chevalier Bush ? Auraient-ils applaudi à l’invasion de l’Afghanistan ?
 
En fait, soit on adhère aux théories du complot et la responsabilité des autorités US est d’une infamie évidente. Soit on s’en tient à la version officielle, celle rapportée par les dirigeants politiques, matraquée par les médias de masse et largement répandue auprès de l’opinion publique. Or, dans ce deuxième cas, la responsabilité du gouvernement des Etats-Unis dans les attentats du 11 septembre prend une autre forme mais reste engagée. Il suffit de démystifier les diatribes sur le soi-disant choc des civilisations, replacer les événements dans leur contexte historique et analyser les enjeux tant du côté des attentats que de la guerre contre le terrorisme.
 
 
 
Il était une fois, le choc des civilisations
 
Depuis dix ans maintenant, dirigeants politiques, professionnels du storytelling et autres griots médiatiques nous content l’histoire de ce fanatique religieux parti en guerre contre les valeurs progressistes que représentent les Etats-Unis.
 
Le soir du 11 septembre 2001 déjà, le président Georges W. Bush jetait les bases de l’interprétation qui devait prévaloir  : « Aujourd'hui, nos concitoyens, notre mode de vie, notre liberté même ont été attaqués dans une série d'actes terroristes meurtriers et délibérés. (…) L'Amérique a été visée parce que nous sommes la lanterne de la liberté et des opportunités dans le monde. Et personne n’empêchera cette lumière de briller.  » Le président poursuivait sur une note religieuse : « Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé (…). Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : “Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. »
 
Le 20 septembre 2001, Georges W. Bush popularisait le concept du choc des civilisations sur les antennes de la planète : « Ce n'est cependant pas toutefois le combat de la seule Amérique. Ce qui est en jeu n'est pas seulement la liberté de l'Amérique. C'est le combat du monde entier. C'est le combat de la civilisation. C'est le combat de tous ceux qui croient au progrès et au pluralisme, à la tolérance et à la liberté. »
 
Presque dix ans plus tard, le 1er mai 2011, Barack Obama clôturait l’épopée dans la même veine, commentant l’exécution sommaire de ben Laden en ces termes : « Rappelons-nous que nous pouvons accomplir ces choses non pas seulement pour des raisons de richesse ou de puissance, mais à cause de ce que nous sommes : une seule nation bénie de Dieu, indivisible et vouée à la liberté et à la justice pour tous. »
 
A notre gauche donc, la lanterne des opportunités, l’Amérique libre, le monde civilisé qui récite des psaumes pour les enfants brisés. Et à notre droite ? Oussama ben Laden, le champion de l’obscurantisme, le barbare fanatique, le Dark Vador de l’islam, qui hait l’Occident parce que l’Occident est l’Occident.
 
Le problème est que cette version des faits qu’on nous a servie ne correspond pas à la réalité. Oussama ben Laden était-il un terroriste coupable d’actes ignobles ? Bien-sûr. A-t-il agi parce que l’American Way of Life lui était insupportable ? Certainement pas.
 
 
 
L’ennemi public numéro un
 
Oussama ben Laden est issu d’une des familles les plus fortunées d’Arabie saoudite. Au début des années 80, avec l’appui indirect de la CIA et des services de renseignements saoudiens, il participe au recrutement de moudjahidines pour combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. L’opération est un succès : les Etats-Unis voulaient offrir à l’URSS son Viêt-Nam et, après dix ans de combats stériles et dispendieux, Moscou retire ses soldats du bourbier afghan.
 
Kalachnikov sous le bras, ben Laden retourne alors en Arabie saoudite où la tension est palpable. En effet, Saddam Hussein, criblé de dettes suite à la guerre contre l’Iran, a envahi le Koweït. Le petit émirat pétrolier est l’un des plus importants créanciers de l’Irak. L’autre grand bailleur de fonds de Saddam, c’est l’Arabie saoudite.
 
Ben Laden propose alors aux dirigeants saoudiens de lever une armée pour combattre les soldats irakiens qui portent la menace aux frontières du royaume. Les Saoud refusent mais autorisent l’armée US à stationner en Arabie saoudite dans le cadre de l’opération Tempête du Désert. En réalité, le risque d’une attaque irakienne est très faible. Par contre, en récupérant le Koweït (que les colonialistes britanniques lui avaient enlevé), l’Irak deviendrait le premier producteur de pétrole au monde. Ni l’Arabie saoudite, ni les Etats-Unis ne peuvent l’accepter.
 
La présence de soldats US sur le sol saoudien soulève une vague de protestations dans le royaume : la population apprécie très peu que des boots infidèles viennent souiller les terres saintes de l’islam. Beaucoup de citoyens ne comprennent pas non plus pourquoi le régime est incapable de se défendre seul alors qu’il a dépensé sans compter ses pétrodollars dans l’achat de matériel militaire. De son côté, Oussama ben Laden est furieux, dénonce la corruption du régime et les sanctions imposées à l’Irak qui causent des milliers de victimes.
 
Comme le souligne Mohamed Hassan dans Comprendre le monde musulman, un livre d’entretiens à paraître en septembre 2011 chez Investig’Action, ben Laden est un homme pieux qui utilise la religion pour mobiliser les masses et confronter la famille royale. Il demande, par exemple, pourquoi le pays n’a pas de Constitution alors que le prophète Mahomet en a établi une à Médine définissant des droits égaux pour les musulmans, les chrétiens et les juifs. En opposition à cette famille royale totalement dépendante du soutien des Etats-Unis, le riche ben Laden représente en fait un courant de la bourgeoisie nationale saoudienne qui exige des réformes politiques et plus d’indépendance pour le pays.
 
Dans les années 90, l’ancien recruteur de moudjahidines engage des actions terroristes contre les dirigeants saoudiens avant de s’en prendre directement à la puissance qui les supporte : en 1996, Oussama ben Laden lance un appel à attaquer les intérêts US partout dans le monde.
 
Il est intéressant de noter qu’au-delà de l’aspect religieux, les actions menées par ben Laden comportent une dimension politique. Le terroriste dénonce les visées hégémoniques des Etats-Unis dans le monde musulman, fustige le soutien de Washington aux régimes tyranniques et condamnent les pressions exercées pour maintenir le pétrole à bas prix. Ben Laden trouve ainsi un écho favorable auprès d’une partie des masses dans certains pays musulmans, qui considère le milliardaire terroriste comme une espèce de Robin des bois. C’est ce que relève dans plusieurs ouvrages Michael Scheuer, un ancien officier de la CIA chargé du dossier ben Laden durant près d’une dizaine d’années et qui remit son tablier en 2004 pour marquer son désaccord avec les méthodes employées par l’administration Bush dans la lutte contre le terrorisme.
 
Scheuer explique que ben Laden n’est pas un terroriste aveuglé par le fanatisme religieux qui attaque les Etats-Unis parce que les valeurs occidentales sont contraires à celles de l’islam. Le spécialiste de la CIA précise au contraire que ben Laden mène un djihad défensif en réaction à la politique guerrière menée par Washington dans le monde musulman. C’est n’est pas un islamiste radical qui le dit, ni un militant atteint d’anti-américanisme primaire et encore moins un pourfendeur de l’impérialisme « yankee ». Juste quelqu’un qui connait bien son sujet.
 
On ne peut pas non plus soupçonner Scheuer d’être tombé sous l’emprise d’une fascination malsaine pour l’homme qu’il a étudié de nombreuses années : l’officier de la CIA regrette que le président Clinton n’ait pas fait liquider ben Laden dans les années 90, lorsque c’était possible.
 
 
 
Combattre le terrorisme par le terrorisme ? 
 
Visiblement, l’analyse de Michael Scheuer n’a pourtant eu que peu d’impact sur les décisions de l’administration Bush. Le soir du 11 septembre, le président des Etats-Unis aurait pourtant pu s’adresser en ces termes à la nation : « Nos hommes ont rapidement identifié les auteurs des attentats qui ont frappé notre pays aujourd’hui. Il s’agit d’une organisation islamiste dirigée par un saoudien du nom d’Oussama ben Laden. Je me suis entretenu avec la personne qui, au sein de nos services de renseignements, suit les agissements de ce dangereux terroriste depuis des années. C’est notre meilleur spécialiste sur le sujet, le genre de type qui, chaque matin, en buvant son café, fixe intensément la photo du criminel pour tenter de comprendre sa manière de fonctionner. Eh bien, figurez-vous que ces terroristes sont motivés par un profond ressentiment à l’égard de notre politique de domination au Moyen-Orient. Le temps est venu pour l’Amérique de bâtir des relations plus respectueuses avec le reste de la planète. Nous ne pouvons imposer notre leadership par la force sans nous faire des ennemis. Nous en payons le prix aujourd’hui mais cela va changer. Par ailleurs, nous allons tout mettre en œuvre pour arrêter et juger les criminels qui nous ont attaqués. Je suis en contact avec les autorités d’Afghanistan où ben Laden est caché. Le gouvernement afghan attend que nous fournissions les preuves de la culpabilité de ben Laden pour le livrer à la justice. Nous allons fournir ces preuves le plus rapidement possible. Dieu bénisse l’Amérique. »
 
Evidemment, Georges W. Bush n’a jamais prononcé un tel discours. Il a parlé de lanternes et de combat du Bien contre le Mal. En octobre 2001, il engageait les Etats-Unis et les forces de l’OTAN dans une guerre contre l’Afghanistan. Alors que les Talibans s’étaient vraiment dits prêts à négocier la livraison de ben Laden. Et alors que les raisons qui avaient poussé Al-Qaïda à commettre des attentats étaient justement liées à la politique guerrière menée par les Etats-Unis dans les pays musulmans. Au lieu d’attaquer le problème à la racine, Georges W. Bush jetait donc de l’huile sur le feu. Comme si cela n’était pas suffisant, en mars 2003, le président des Etats-Unis lançait une nouvelle attaque contre l’Irak, prétextant des liens entretenus par Saddam Hussein avec Al-Qaïda.
 
Quel est le bilan de cette guerre contre le terrorisme ? En Afghanistan, des milliers de civils ont été tués, les divisions ethniques ont été exacerbées et ont plongé le pays dans le chaos, l’économie et de nombreuses infrastructures ont été détruites mais le commerce de l’opium a connu un regain d’activité intense avec l’aide de la CIA (plus de 60% de l’héroïne vendue dans le monde viendrait d’Afghanistan, contre 0% du temps des Talibans). Enfin, Washington a placé Hamid Karzaï à la tête du pays. Ce président n’a aucune base sociale en Afghanistan mais est parvenu à se faire réélire dans le silence et la fraude en 2009.
 
Pour l’Irak, sur base d’une étude du journal médical « The Lancet » , on estime que plus d’un million de vies ont déjà été arrachées, sans compter les victimes de la première guerre du Golfe et de l’embargo meurtrier imposé à ce pays durant une douzaine d’années. A l’instar de l’Afghanistan, l’Irak est plongé dans le chaos. La politique d’occupation des Etats-Unis a ravivé les tensions confessionnelles. En 2010, Dirk Adriaensens du BRussels Tribunal dressait un bilan de l’invasion de l’Irak et apportait ces quelques chiffres : « Depuis 1990, début du régime de sanctions imposé par l’ONU, le taux de mortalité infantile a augmenté de 150% en Irak. (…) En 2007, les statistiques gouvernementales officielles dénombraient 5 millions d’orphelins en Irak. Plus de 2 millions d’Irakiens sont réfugiés hors du pays et près de 3 millions sont réfugiés (ou déplacés) à l’intérieur du pays. 70% des Irakiens n’ont plus accès à l’eau potable. Le nombre de chômeurs (sans indemnités) atteint officiellement les 50%, il est de 70% officieusement. (…) 4 millions d’Irakiens sont sous-alimentés et ont un urgent besoin d’assistance humanitaire. 80% des Irakiens ne disposent plus d’aucun système sanitaire (égouts et eaux usées) »
 
 
 
L’enjeu de la guerre contre le terrorisme : remodeler le Moyen-Orient
 
L’administration Bush baignait-elle donc dans l’inconscience la plus totale lorsqu’elle s’est engagée dans cette guerre contre le terrorisme ? Pourquoi aggraver le problème plutôt que de chercher à la résoudre ? Difficile de répondre si on s’en tient aux discours idéologiques des autorités US. La vérité se trouve au-delà des mots, dans les intérêts objectifs qu’avaient les faucons de Washington à intervenir militairement en Asie centrale et au Moyen-Orient.
 
Après la chute du bloc soviétique en 1991, les Etats-Unis voyaient s’effondrer leur principal concurrent et prenaient le leadership mondial. Maintenir une telle position nécessite de se renforcer et d’empêcher les autres concurrents de vous rattraper. C’est pour remplir cet objectif que les néoconservateurs de l’administration Bush ont développé le concept du Grand Moyen-Orient : un remodelage de l’espace s’étendant du Maghreb au Pakistan en passant par la péninsule arabique. Officiellement, il s’agit de promouvoir la démocratie et d’aider ces pays à s’insérer dans l’économie mondiale. En réalité, ce projet était déjà étudié bien avant les attentats du 11 septembre. L’objectif ? Mettre au pas les régimes récalcitrants de la région pour contrôler ce vaste espace stratégique et riche en matières premières, notamment en pétrole et en gaz. En effet, à travers le contrôle des ressources énergétiques, c’est le développement de ses concurrents économiques que Washington peut contrôler : Chine, Inde, Brésil, etc.
 
D’ailleurs, si les Etats-Unis n’avaient pas rencontré une telle résistance tant en Irak qu’en Afghanistan, l’Iran aurait probablement été la prochaine cible. Il est intéressant de noter sur ce point que les campagnes militaires ont été un véritable fiasco pour les néoconservateurs. Le remodelage du Grand Moyen-Orient se révèle être un gribouillage géopolitique dont les Etats-Unis n’ont pu tirer de véritable bénéfices. Au contraire, la guerre contre le terrorisme a ruiné l’économie US, ce qui constitue une victoire pour Al-Qaïda. En effet, Michael Scheuer souligne dans Imperial Hubris que l’organisation terroriste avait décidé d’attaquer son ennemi à son centre de gravité : l’économie.
 
 
Le gouvernement des Etats-Unis se soucient-ils de la sécurité de ses citoyens ?
 
La guerre contre le terrorisme n’était donc qu’un prétexte pour rencontrer des objectifs stratégiques et économiques. Evidemment, il faut présenter à l’opinion publique un raison valable pour partir en guerre et envoyer des tas de jeunes au casse-pipe. Les attentats d’Al-Qaïda ont offert le mobile rêvé. Peu importe si l’invasion de l’Afghanistan n’était pas nécessaire pour capturer ben Laden. Peu importe si Saddam Hussein n’entretenait aucune relation avec Al-Qaïda. Les esprits étaient chauffés à blanc et prêts à s’engager dans la croisade du Bien contre le Mal.
 
Pourtant, les citoyens qui ont poussé des cris de joie lorsque Barack Obama a annoncé la mort de ben Laden, devraient se poser quelques questions aujourd’hui. Si le chef d’Al-Qaïda est bien mort, le gouvernement des Etats-Unis n’a pas montré le moindre signe de remise en question de cette politique dévastatrice qui avait servi de terreau à l’islamisme radical : coups d’Etat, agressions militaires, violations du droit international, utilisation de bombes au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri, financement d’organisations terroristes et de régimes dictatoriaux, pillage des richesses… Les dirigeants US ont poursuivi leurs crimes en toute impunité.
 
On ne pourrait justifier d’aucune manière les actes terroristes de ben Laden. En revanche, on peut tenter d’en comprendre les fondements pour éviter que des tragédies semblables aux attentats du 11 septembre ne se reproduisent. Cette démarche nous renvoie inévitablement à la politique étrangère menée par les Etats-Unis. Or, non seulement les dirigeants US n’ont pas tenté d’enrayer le phénomène, mais ils l’ont gracieusement alimenté en déclenchant de nouvelles guerres.
 
Les citoyens des Etats-Unis doivent comprendre que leur gouvernement se soucie très peu de leur sécurité. Les terroristes de la Maison Blanche répondent à des intérêts économiques qui sont contraires à ceux du peuple.
 
Le chef d’Al-Qaïda est mort mais peut-être que le prochain ben Laden sera l’un des ces 5 millions d’orphelins qui errent en Irak, ou bien un Afghan qui aura vu ses parents tués par les drones de l’armée US. Il pourrait venir d’Indonésie où la répression du dictateur Suharto, soutenu par les Etats-Unis, a provoqué 1,2 millions de morts. Il sera peut-être somalien ou chilien. Les Etats-Unis maintiennent le pays du premier dans le chaos depuis dix ans. Et ils ont renversé le président démocratiquement élu du second en 1973 pour installer la dictature sanglante du général Pinochet.

Bref, des ben Laden pourraient voir le jour aux quatre coins de la planète, partout où les Etats-Unis ont semé la désolation. Les intérêts des multinationales ne sont pas favorables à la paix dans le monde ni à la sécurité des citoyens, qu’ils soient de New-York, Bagdad ou Santiago. Pour ces terroristes aussi, il est nécessaire que justice soit rendue. Celle des tribunaux et non celle des exécutions sans procès.



#5631 De: Andrew Crosby <punkanarchist@...>
Date: Jeudi 12. Mai 2011  8:40
Sujet: RE: Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? michelcollon.info
anmalscocros
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il y a quelque jours tu nous envoyais un message qui disait que ben laden avait été tué en 2001... Ces histoires se contredisent.
Toi qui as lu beaucoup et vu tous ces docus, quelle est la bonne version selon toi?

fraternellement,
andrew




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Date: Thu, 12 May 2011 08:55:39 +0200
Subject: [Fraternite-Libertaire-international] Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? michelcollon.info

 

Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ?
Grégoire Lalieu

11 mai 2011 michelcollon.info
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Le 1er mai 2011, quatre-vingt commandos des forces spéciales US exécutaient Oussama ben Laden dans sa tanière au Pakistan. Manifestations de joie à New-York lorsque Barack Obama a annoncé la mort du terroriste. « Justice a été faite » déclarait le président sur les antennes. Pourtant, certains responsables de la tragédie du 11 septembre courent toujours.

 
Des cadres dynamiques virevoltent gaiement sur le chemin du travail. Carpette sous le bras, une famille épanouie emménage dans une banlieue paisible et verdoyante alors qu’un gamin à bicyclette distribue les journaux avec entrain. Ailleurs, un jeune couple se jure fidélité sous le regard myope mais attendri de mère-grand. Et sous un soleil resplendissant, des citoyens de tous horizons, exaltés par l’ivresse patriotique, hissent la bannière étoilée, l’étendard de cette nation où tout peut réussir. « Le Jour se lève à nouveau sur l’Amérique. »
 
Après la tourmente des années 70, son choc pétrolier, sa crise économique, sa révolution iranienne et son invasion soviétique de l’Afghanistan, il fallait bien un slogan mielleux et un spot de campagne tout aussi sirupeux pour que le candidat Reagan rassure les citoyens des Etats-Unis.
 
Trente ans plus tard, des travailleurs sans-emploi s’agglutinent aux portes des bureaux de chômage. Les banlieues chatoyantes ont laissé place à des terrains vagues où s’amoncèlent les expropriés victimes des subprimes, sorte de bidonvilles où le bambin à bicyclette ne s’aventure pas pour distribuer les journaux.
 
Pourtant, avec l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden, il semble que le jour se lève à nouveau sur l’Amérique. La foule amassée autour de Ground Zero parait empreinte de cette même euphorie béate qui animait les clichés sur pattes du clip reaganien. L’Axe du Bien a triomphé du mal incarné, l’ennemi public numéro un est mort et immergé. 
 
Mais au risque de jouer les trouble-happy-end, il serait peut-être bon de souligner que la saga de la guerre contre le terrorisme ne peut se conclure avec la mort du méchant à la fin. En effet, pour certains responsables de cette tragédie moderne, justice n’a pas encore été faite. Pire, ils poursuivent tranquillement leur folie meurtrière du côté de la Maison Blanche et du Pentagone.
 
 
Les différentes vies de ben Laden
 
Il ne sera pas ici question de savoir si les attentats du 11 septembre sont une opération montée de toute pièce par la CIA. Certes, la version officielle comporte de nombreuses zones d’ombre qui alimentent le soupçon. Cependant, comme le remarquait Jean Bricmont sur notre site, organiser un tel attentat sous faux pavillon impliquerait un trop grand nombre de personnes à divers échelons des institutions US pour pouvoir garder le secret.
 
Difficile donc de faire la lumière sur les mystères du 11 septembre tout comme sur ceux qui planent autour de la mort de ben Laden. Selon un journal pakistanais, le célèbre terroriste aurait succombé à des complications pulmonaires en décembre 2001. Six ans plus tard, Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan, indiquait dans une interview que le célèbre terroriste était mort. Et aujourd’hui, Barack Obama nous annonce son exécution mais pas de cadavre donc pas de crime. Il faudrait simplement croire le président des Etats-Unis sur parole, ce qui demande un certain effort.
 
 
Mais finalement, le fait que ben Laden était vivant ou pas n’est pas le plus important. Tout comme le fait de savoir quel rôle a pu jouer l’administration Bush dans les attentats du 11 septembre. Certes, si conspiration il y a eu, il serait utile que la vérité éclate au grand jour. Mais si nous avions eu la preuve irréfutable que les attentats du World Trade Center avaient bien été commis par Al-Qaïda et uniquement par Al-Qaïda, qu’auraient fait les instigateurs du 11 septembre ? Se seraient-ils inclinés devant les campagnes guerrières du chevalier Bush ? Auraient-ils applaudi à l’invasion de l’Afghanistan ?
 
En fait, soit on adhère aux théories du complot et la responsabilité des autorités US est d’une infamie évidente. Soit on s’en tient à la version officielle, celle rapportée par les dirigeants politiques, matraquée par les médias de masse et largement répandue auprès de l’opinion publique. Or, dans ce deuxième cas, la responsabilité du gouvernement des Etats-Unis dans les attentats du 11 septembre prend une autre forme mais reste engagée. Il suffit de démystifier les diatribes sur le soi-disant choc des civilisations, replacer les événements dans leur contexte historique et analyser les enjeux tant du côté des attentats que de la guerre contre le terrorisme.
 
 
 
Il était une fois, le choc des civilisations
 
Depuis dix ans maintenant, dirigeants politiques, professionnels du storytelling et autres griots médiatiques nous content l’histoire de ce fanatique religieux parti en guerre contre les valeurs progressistes que représentent les Etats-Unis.
 
Le soir du 11 septembre 2001 déjà, le président Georges W. Bush jetait les bases de l’interprétation qui devait prévaloir  : « Aujourd'hui, nos concitoyens, notre mode de vie, notre liberté même ont été attaqués dans une série d'actes terroristes meurtriers et délibérés. (…) L'Amérique a été visée parce que nous sommes la lanterne de la liberté et des opportunités dans le monde. Et personne n’empêchera cette lumière de briller.  » Le président poursuivait sur une note religieuse : « Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé (…). Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : “Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. »
 
Le 20 septembre 2001, Georges W. Bush popularisait le concept du choc des civilisations sur les antennes de la planète : « Ce n'est cependant pas toutefois le combat de la seule Amérique. Ce qui est en jeu n'est pas seulement la liberté de l'Amérique. C'est le combat du monde entier. C'est le combat de la civilisation. C'est le combat de tous ceux qui croient au progrès et au pluralisme, à la tolérance et à la liberté. »
 
Presque dix ans plus tard, le 1er mai 2011, Barack Obama clôturait l’épopée dans la même veine, commentant l’exécution sommaire de ben Laden en ces termes : « Rappelons-nous que nous pouvons accomplir ces choses non pas seulement pour des raisons de richesse ou de puissance, mais à cause de ce que nous sommes : une seule nation bénie de Dieu, indivisible et vouée à la liberté et à la justice pour tous. »
 
A notre gauche donc, la lanterne des opportunités, l’Amérique libre, le monde civilisé qui récite des psaumes pour les enfants brisés. Et à notre droite ? Oussama ben Laden, le champion de l’obscurantisme, le barbare fanatique, le Dark Vador de l’islam, qui hait l’Occident parce que l’Occident est l’Occident.
 
Le problème est que cette version des faits qu’on nous a servie ne correspond pas à la réalité. Oussama ben Laden était-il un terroriste coupable d’actes ignobles ? Bien-sûr. A-t-il agi parce que l’American Way of Life lui était insupportable ? Certainement pas.
 
 
 
L’ennemi public numéro un
 
Oussama ben Laden est issu d’une des familles les plus fortunées d’Arabie saoudite. Au début des années 80, avec l’appui indirect de la CIA et des services de renseignements saoudiens, il participe au recrutement de moudjahidines pour combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. L’opération est un succès : les Etats-Unis voulaient offrir à l’URSS son Viêt-Nam et, après dix ans de combats stériles et dispendieux, Moscou retire ses soldats du bourbier afghan.
 
Kalachnikov sous le bras, ben Laden retourne alors en Arabie saoudite où la tension est palpable. En effet, Saddam Hussein, criblé de dettes suite à la guerre contre l’Iran, a envahi le Koweït. Le petit émirat pétrolier est l’un des plus importants créanciers de l’Irak. L’autre grand bailleur de fonds de Saddam, c’est l’Arabie saoudite.
 
Ben Laden propose alors aux dirigeants saoudiens de lever une armée pour combattre les soldats irakiens qui portent la menace aux frontières du royaume. Les Saoud refusent mais autorisent l’armée US à stationner en Arabie saoudite dans le cadre de l’opération Tempête du Désert. En réalité, le risque d’une attaque irakienne est très faible. Par contre, en récupérant le Koweït (que les colonialistes britanniques lui avaient enlevé), l’Irak deviendrait le premier producteur de pétrole au monde. Ni l’Arabie saoudite, ni les Etats-Unis ne peuvent l’accepter.
 
La présence de soldats US sur le sol saoudien soulève une vague de protestations dans le royaume : la population apprécie très peu que des boots infidèles viennent souiller les terres saintes de l’islam. Beaucoup de citoyens ne comprennent pas non plus pourquoi le régime est incapable de se défendre seul alors qu’il a dépensé sans compter ses pétrodollars dans l’achat de matériel militaire. De son côté, Oussama ben Laden est furieux, dénonce la corruption du régime et les sanctions imposées à l’Irak qui causent des milliers de victimes.
 
Comme le souligne Mohamed Hassan dans Comprendre le monde musulman, un livre d’entretiens à paraître en septembre 2011 chez Investig’Action, ben Laden est un homme pieux qui utilise la religion pour mobiliser les masses et confronter la famille royale. Il demande, par exemple, pourquoi le pays n’a pas de Constitution alors que le prophète Mahomet en a établi une à Médine définissant des droits égaux pour les musulmans, les chrétiens et les juifs. En opposition à cette famille royale totalement dépendante du soutien des Etats-Unis, le riche ben Laden représente en fait un courant de la bourgeoisie nationale saoudienne qui exige des réformes politiques et plus d’indépendance pour le pays.
 
Dans les années 90, l’ancien recruteur de moudjahidines engage des actions terroristes contre les dirigeants saoudiens avant de s’en prendre directement à la puissance qui les supporte : en 1996, Oussama ben Laden lance un appel à attaquer les intérêts US partout dans le monde.
 
Il est intéressant de noter qu’au-delà de l’aspect religieux, les actions menées par ben Laden comportent une dimension politique. Le terroriste dénonce les visées hégémoniques des Etats-Unis dans le monde musulman, fustige le soutien de Washington aux régimes tyranniques et condamnent les pressions exercées pour maintenir le pétrole à bas prix. Ben Laden trouve ainsi un écho favorable auprès d’une partie des masses dans certains pays musulmans, qui considère le milliardaire terroriste comme une espèce de Robin des bois. C’est ce que relève dans plusieurs ouvrages Michael Scheuer, un ancien officier de la CIA chargé du dossier ben Laden durant près d’une dizaine d’années et qui remit son tablier en 2004 pour marquer son désaccord avec les méthodes employées par l’administration Bush dans la lutte contre le terrorisme.
 
Scheuer explique que ben Laden n’est pas un terroriste aveuglé par le fanatisme religieux qui attaque les Etats-Unis parce que les valeurs occidentales sont contraires à celles de l’islam. Le spécialiste de la CIA précise au contraire que ben Laden mène un djihad défensif en réaction à la politique guerrière menée par Washington dans le monde musulman. C’est n’est pas un islamiste radical qui le dit, ni un militant atteint d’anti-américanisme primaire et encore moins un pourfendeur de l’impérialisme « yankee ». Juste quelqu’un qui connait bien son sujet.
 
On ne peut pas non plus soupçonner Scheuer d’être tombé sous l’emprise d’une fascination malsaine pour l’homme qu’il a étudié de nombreuses années : l’officier de la CIA regrette que le président Clinton n’ait pas fait liquider ben Laden dans les années 90, lorsque c’était possible.
 
 
 
Combattre le terrorisme par le terrorisme ? 
 
Visiblement, l’analyse de Michael Scheuer n’a pourtant eu que peu d’impact sur les décisions de l’administration Bush. Le soir du 11 septembre, le président des Etats-Unis aurait pourtant pu s’adresser en ces termes à la nation : « Nos hommes ont rapidement identifié les auteurs des attentats qui ont frappé notre pays aujourd’hui. Il s’agit d’une organisation islamiste dirigée par un saoudien du nom d’Oussama ben Laden. Je me suis entretenu avec la personne qui, au sein de nos services de renseignements, suit les agissements de ce dangereux terroriste depuis des années. C’est notre meilleur spécialiste sur le sujet, le genre de type qui, chaque matin, en buvant son café, fixe intensément la photo du criminel pour tenter de comprendre sa manière de fonctionner. Eh bien, figurez-vous que ces terroristes sont motivés par un profond ressentiment à l’égard de notre politique de domination au Moyen-Orient. Le temps est venu pour l’Amérique de bâtir des relations plus respectueuses avec le reste de la planète. Nous ne pouvons imposer notre leadership par la force sans nous faire des ennemis. Nous en payons le prix aujourd’hui mais cela va changer. Par ailleurs, nous allons tout mettre en œuvre pour arrêter et juger les criminels qui nous ont attaqués. Je suis en contact avec les autorités d’Afghanistan où ben Laden est caché. Le gouvernement afghan attend que nous fournissions les preuves de la culpabilité de ben Laden pour le livrer à la justice. Nous allons fournir ces preuves le plus rapidement possible. Dieu bénisse l’Amérique. »
 
Evidemment, Georges W. Bush n’a jamais prononcé un tel discours. Il a parlé de lanternes et de combat du Bien contre le Mal. En octobre 2001, il engageait les Etats-Unis et les forces de l’OTAN dans une guerre contre l’Afghanistan. Alors que les Talibans s’étaient vraiment dits prêts à négocier la livraison de ben Laden. Et alors que les raisons qui avaient poussé Al-Qaïda à commettre des attentats étaient justement liées à la politique guerrière menée par les Etats-Unis dans les pays musulmans. Au lieu d’attaquer le problème à la racine, Georges W. Bush jetait donc de l’huile sur le feu. Comme si cela n’était pas suffisant, en mars 2003, le président des Etats-Unis lançait une nouvelle attaque contre l’Irak, prétextant des liens entretenus par Saddam Hussein avec Al-Qaïda.
 
Quel est le bilan de cette guerre contre le terrorisme ? En Afghanistan, des milliers de civils ont été tués, les divisions ethniques ont été exacerbées et ont plongé le pays dans le chaos, l’économie et de nombreuses infrastructures ont été détruites mais le commerce de l’opium a connu un regain d’activité intense avec l’aide de la CIA (plus de 60% de l’héroïne vendue dans le monde viendrait d’Afghanistan, contre 0% du temps des Talibans). Enfin, Washington a placé Hamid Karzaï à la tête du pays. Ce président n’a aucune base sociale en Afghanistan mais est parvenu à se faire réélire dans le silence et la fraude en 2009.
 
Pour l’Irak, sur base d’une étude du journal médical « The Lancet » , on estime que plus d’un million de vies ont déjà été arrachées, sans compter les victimes de la première guerre du Golfe et de l’embargo meurtrier imposé à ce pays durant une douzaine d’années. A l’instar de l’Afghanistan, l’Irak est plongé dans le chaos. La politique d’occupation des Etats-Unis a ravivé les tensions confessionnelles. En 2010, Dirk Adriaensens du BRussels Tribunal dressait un bilan de l’invasion de l’Irak et apportait ces quelques chiffres : « Depuis 1990, début du régime de sanctions imposé par l’ONU, le taux de mortalité infantile a augmenté de 150% en Irak. (…) En 2007, les statistiques gouvernementales officielles dénombraient 5 millions d’orphelins en Irak. Plus de 2 millions d’Irakiens sont réfugiés hors du pays et près de 3 millions sont réfugiés (ou déplacés) à l’intérieur du pays. 70% des Irakiens n’ont plus accès à l’eau potable. Le nombre de chômeurs (sans indemnités) atteint officiellement les 50%, il est de 70% officieusement. (…) 4 millions d’Irakiens sont sous-alimentés et ont un urgent besoin d’assistance humanitaire. 80% des Irakiens ne disposent plus d’aucun système sanitaire (égouts et eaux usées) »
 
 
 
L’enjeu de la guerre contre le terrorisme : remodeler le Moyen-Orient
 
L’administration Bush baignait-elle donc dans l’inconscience la plus totale lorsqu’elle s’est engagée dans cette guerre contre le terrorisme ? Pourquoi aggraver le problème plutôt que de chercher à la résoudre ? Difficile de répondre si on s’en tient aux discours idéologiques des autorités US. La vérité se trouve au-delà des mots, dans les intérêts objectifs qu’avaient les faucons de Washington à intervenir militairement en Asie centrale et au Moyen-Orient.
 
Après la chute du bloc soviétique en 1991, les Etats-Unis voyaient s’effondrer leur principal concurrent et prenaient le leadership mondial. Maintenir une telle position nécessite de se renforcer et d’empêcher les autres concurrents de vous rattraper. C’est pour remplir cet objectif que les néoconservateurs de l’administration Bush ont développé le concept du Grand Moyen-Orient : un remodelage de l’espace s’étendant du Maghreb au Pakistan en passant par la péninsule arabique. Officiellement, il s’agit de promouvoir la démocratie et d’aider ces pays à s’insérer dans l’économie mondiale. En réalité, ce projet était déjà étudié bien avant les attentats du 11 septembre. L’objectif ? Mettre au pas les régimes récalcitrants de la région pour contrôler ce vaste espace stratégique et riche en matières premières, notamment en pétrole et en gaz. En effet, à travers le contrôle des ressources énergétiques, c’est le développement de ses concurrents économiques que Washington peut contrôler : Chine, Inde, Brésil, etc.
 
D’ailleurs, si les Etats-Unis n’avaient pas rencontré une telle résistance tant en Irak qu’en Afghanistan, l’Iran aurait probablement été la prochaine cible. Il est intéressant de noter sur ce point que les campagnes militaires ont été un véritable fiasco pour les néoconservateurs. Le remodelage du Grand Moyen-Orient se révèle être un gribouillage géopolitique dont les Etats-Unis n’ont pu tirer de véritable bénéfices. Au contraire, la guerre contre le terrorisme a ruiné l’économie US, ce qui constitue une victoire pour Al-Qaïda. En effet, Michael Scheuer souligne dans Imperial Hubris que l’organisation terroriste avait décidé d’attaquer son ennemi à son centre de gravité : l’économie.
 
 
Le gouvernement des Etats-Unis se soucient-ils de la sécurité de ses citoyens ?
 
La guerre contre le terrorisme n’était donc qu’un prétexte pour rencontrer des objectifs stratégiques et économiques. Evidemment, il faut présenter à l’opinion publique un raison valable pour partir en guerre et envoyer des tas de jeunes au casse-pipe. Les attentats d’Al-Qaïda ont offert le mobile rêvé. Peu importe si l’invasion de l’Afghanistan n’était pas nécessaire pour capturer ben Laden. Peu importe si Saddam Hussein n’entretenait aucune relation avec Al-Qaïda. Les esprits étaient chauffés à blanc et prêts à s’engager dans la croisade du Bien contre le Mal.
 
Pourtant, les citoyens qui ont poussé des cris de joie lorsque Barack Obama a annoncé la mort de ben Laden, devraient se poser quelques questions aujourd’hui. Si le chef d’Al-Qaïda est bien mort, le gouvernement des Etats-Unis n’a pas montré le moindre signe de remise en question de cette politique dévastatrice qui avait servi de terreau à l’islamisme radical : coups d’Etat, agressions militaires, violations du droit international, utilisation de bombes au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri, financement d’organisations terroristes et de régimes dictatoriaux, pillage des richesses… Les dirigeants US ont poursuivi leurs crimes en toute impunité.
 
On ne pourrait justifier d’aucune manière les actes terroristes de ben Laden. En revanche, on peut tenter d’en comprendre les fondements pour éviter que des tragédies semblables aux attentats du 11 septembre ne se reproduisent. Cette démarche nous renvoie inévitablement à la politique étrangère menée par les Etats-Unis. Or, non seulement les dirigeants US n’ont pas tenté d’enrayer le phénomène, mais ils l’ont gracieusement alimenté en déclenchant de nouvelles guerres.
 
Les citoyens des Etats-Unis doivent comprendre que leur gouvernement se soucie très peu de leur sécurité. Les terroristes de la Maison Blanche répondent à des intérêts économiques qui sont contraires à ceux du peuple.
 
Le chef d’Al-Qaïda est mort mais peut-être que le prochain ben Laden sera l’un des ces 5 millions d’orphelins qui errent en Irak, ou bien un Afghan qui aura vu ses parents tués par les drones de l’armée US. Il pourrait venir d’Indonésie où la répression du dictateur Suharto, soutenu par les Etats-Unis, a provoqué 1,2 millions de morts. Il sera peut-être somalien ou chilien. Les Etats-Unis maintiennent le pays du premier dans le chaos depuis dix ans. Et ils ont renversé le président démocratiquement élu du second en 1973 pour installer la dictature sanglante du général Pinochet.
Bref, des ben Laden pourraient voir le jour aux quatre coins de la planète, partout où les Etats-Unis ont semé la désolation. Les intérêts des multinationales ne sont pas favorables à la paix dans le monde ni à la sécurité des citoyens, qu’ils soient de New-York, Bagdad ou Santiago. Pour ces terroristes aussi, il est nécessaire que justice soit rendue. Celle des tribunaux et non celle des exécutions sans procès.



#5632 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Vendredi 13. Mai 2011  7:01
Sujet: Re: Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? michelcollon.info
robeyns2002
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Salut Andrew,

Michel Collon a toujours été très frileux au sujet du 11 septembre.  Cet article vient après la publication de celui de Noam Chomsky, tout aussi frileux que lui d'ailleurs. 

Il se justifient moyennement en écartant toutes les questions sérieuses et légitimes qui se posent à toutes personnes de bon sens sur ce dossier.

Cela dit, le fait d'en parler, même pour douter de la démarche des "truther" est un pas qui me semble aller dans le bon sens.  C'est pourquoi j'ai diffusé l'article en question.

Pour ma part je pense que la mort de Ben Laden remonte il y a 10 ans, cette version me semble plus plausible dans le contexte du terrorisme sous fausse bannière.  Et je n'ai aucune confiance en Obama.

Cela dit saura-t'on un jour la vérité dans ce monde orwélien, je te soumet le passage suivant, qui en dit long:

La "reality based community"....

Dans un article du New York Times publié quelques jours avant l’élection présidentielle de 2004, Ron Suskind, qui fut, de 1993 à 2000, éditorialiste au Wall Street Journal et auteur de plusieurs enquêtes sur la communication de la Maison Blanche depuis 2000, révéla les termes d’une conversation qu’il avait eue, au cours de l’été 2002, avec un conseiller de M. George W. Bush : « Il m’a dit que les gens comme moi faisaient partie de ces types “appartenant à ce que nous appelons la communauté réalité” [the reality-based community] : “Vous croyez que les solutions émergent de votre judicieuse analyse de la réalité observable.” J’ai acquiescé et murmuré quelque chose sur les principes des Lumières et l’empirisme. Il me coupa : “Ce n’est plus de cette manière que le monde marche réellement. Nous sommes un empire maintenant, poursuivit-il, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité, judicieusement, comme vous le souhaitez, nous agissons à nouveau et nous créons d’autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier également, et c’est ainsi que les choses se passent. Nous sommes les acteurs de l’histoire. (...) Et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudier ce que nous faisons” (1). »

tiré du Monde Diplomatique
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/12/SALMON/15433

On est pas rendu......  ;-)

Bien à toi,
Vincent.



Le 12 mai 2011 10:40, Andrew Crosby <punkanarchist@...> a écrit :
 

il y a quelque jours tu nous envoyais un message qui disait que ben laden avait été tué en 2001... Ces histoires se contredisent.
Toi qui as lu beaucoup et vu tous ces docus, quelle est la bonne version selon toi?

fraternellement,
andrew




To: Fraternite-Libertaire-international@...; siecle_de_combat@...; attac-bel@...; attac-ue@...; attac_libre@...; stop_intox@yahoogroups.com; groupe-belgique@...; 11_septembre_2001@...
From: vincent.robeyns@...
Date: Thu, 12 May 2011 08:55:39 +0200
Subject: [Fraternite-Libertaire-international] Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? michelcollon.info


 

Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ?
Grégoire Lalieu

11 mai 2011 michelcollon.info
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Le 1er mai 2011, quatre-vingt commandos des forces spéciales US exécutaient Oussama ben Laden dans sa tanière au Pakistan. Manifestations de joie à New-York lorsque Barack Obama a annoncé la mort du terroriste. « Justice a été faite » déclarait le président sur les antennes. Pourtant, certains responsables de la tragédie du 11 septembre courent toujours.

 
Des cadres dynamiques virevoltent gaiement sur le chemin du travail. Carpette sous le bras, une famille épanouie emménage dans une banlieue paisible et verdoyante alors qu’un gamin à bicyclette distribue les journaux avec entrain. Ailleurs, un jeune couple se jure fidélité sous le regard myope mais attendri de mère-grand. Et sous un soleil resplendissant, des citoyens de tous horizons, exaltés par l’ivresse patriotique, hissent la bannière étoilée, l’étendard de cette nation où tout peut réussir. « Le Jour se lève à nouveau sur l’Amérique. »
 
Après la tourmente des années 70, son choc pétrolier, sa crise économique, sa révolution iranienne et son invasion soviétique de l’Afghanistan, il fallait bien un slogan mielleux et un spot de campagne tout aussi sirupeux pour que le candidat Reagan rassure les citoyens des Etats-Unis.
 
Trente ans plus tard, des travailleurs sans-emploi s’agglutinent aux portes des bureaux de chômage. Les banlieues chatoyantes ont laissé place à des terrains vagues où s’amoncèlent les expropriés victimes des subprimes, sorte de bidonvilles où le bambin à bicyclette ne s’aventure pas pour distribuer les journaux.
 
Pourtant, avec l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden, il semble que le jour se lève à nouveau sur l’Amérique. La foule amassée autour de Ground Zero parait empreinte de cette même euphorie béate qui animait les clichés sur pattes du clip reaganien. L’Axe du Bien a triomphé du mal incarné, l’ennemi public numéro un est mort et immergé. 
 
Mais au risque de jouer les trouble-happy-end, il serait peut-être bon de souligner que la saga de la guerre contre le terrorisme ne peut se conclure avec la mort du méchant à la fin. En effet, pour certains responsables de cette tragédie moderne, justice n’a pas encore été faite. Pire, ils poursuivent tranquillement leur folie meurtrière du côté de la Maison Blanche et du Pentagone.
 
 
Les différentes vies de ben Laden
 
Il ne sera pas ici question de savoir si les attentats du 11 septembre sont une opération montée de toute pièce par la CIA. Certes, la version officielle comporte de nombreuses zones d’ombre qui alimentent le soupçon. Cependant, comme le remarquait Jean Bricmont sur notre site, organiser un tel attentat sous faux pavillon impliquerait un trop grand nombre de personnes à divers échelons des institutions US pour pouvoir garder le secret.
 
Difficile donc de faire la lumière sur les mystères du 11 septembre tout comme sur ceux qui planent autour de la mort de ben Laden. Selon un journal pakistanais, le célèbre terroriste aurait succombé à des complications pulmonaires en décembre 2001. Six ans plus tard, Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan, indiquait dans une interview que le célèbre terroriste était mort. Et aujourd’hui, Barack Obama nous annonce son exécution mais pas de cadavre donc pas de crime. Il faudrait simplement croire le président des Etats-Unis sur parole, ce qui demande un certain effort.
 
 
Mais finalement, le fait que ben Laden était vivant ou pas n’est pas le plus important. Tout comme le fait de savoir quel rôle a pu jouer l’administration Bush dans les attentats du 11 septembre. Certes, si conspiration il y a eu, il serait utile que la vérité éclate au grand jour. Mais si nous avions eu la preuve irréfutable que les attentats du World Trade Center avaient bien été commis par Al-Qaïda et uniquement par Al-Qaïda, qu’auraient fait les instigateurs du 11 septembre ? Se seraient-ils inclinés devant les campagnes guerrières du chevalier Bush ? Auraient-ils applaudi à l’invasion de l’Afghanistan ?
 
En fait, soit on adhère aux théories du complot et la responsabilité des autorités US est d’une infamie évidente. Soit on s’en tient à la version officielle, celle rapportée par les dirigeants politiques, matraquée par les médias de masse et largement répandue auprès de l’opinion publique. Or, dans ce deuxième cas, la responsabilité du gouvernement des Etats-Unis dans les attentats du 11 septembre prend une autre forme mais reste engagée. Il suffit de démystifier les diatribes sur le soi-disant choc des civilisations, replacer les événements dans leur contexte historique et analyser les enjeux tant du côté des attentats que de la guerre contre le terrorisme.
 
 
 
Il était une fois, le choc des civilisations
 
Depuis dix ans maintenant, dirigeants politiques, professionnels du storytelling et autres griots médiatiques nous content l’histoire de ce fanatique religieux parti en guerre contre les valeurs progressistes que représentent les Etats-Unis.
 
Le soir du 11 septembre 2001 déjà, le président Georges W. Bush jetait les bases de l’interprétation qui devait prévaloir  : « Aujourd'hui, nos concitoyens, notre mode de vie, notre liberté même ont été attaqués dans une série d'actes terroristes meurtriers et délibérés. (…) L'Amérique a été visée parce que nous sommes la lanterne de la liberté et des opportunités dans le monde. Et personne n’empêchera cette lumière de briller.  » Le président poursuivait sur une note religieuse : « Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé (…). Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : “Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. »
 
Le 20 septembre 2001, Georges W. Bush popularisait le concept du choc des civilisations sur les antennes de la planète : « Ce n'est cependant pas toutefois le combat de la seule Amérique. Ce qui est en jeu n'est pas seulement la liberté de l'Amérique. C'est le combat du monde entier. C'est le combat de la civilisation. C'est le combat de tous ceux qui croient au progrès et au pluralisme, à la tolérance et à la liberté. »
 
Presque dix ans plus tard, le 1er mai 2011, Barack Obama clôturait l’épopée dans la même veine, commentant l’exécution sommaire de ben Laden en ces termes : « Rappelons-nous que nous pouvons accomplir ces choses non pas seulement pour des raisons de richesse ou de puissance, mais à cause de ce que nous sommes : une seule nation bénie de Dieu, indivisible et vouée à la liberté et à la justice pour tous. »
 
A notre gauche donc, la lanterne des opportunités, l’Amérique libre, le monde civilisé qui récite des psaumes pour les enfants brisés. Et à notre droite ? Oussama ben Laden, le champion de l’obscurantisme, le barbare fanatique, le Dark Vador de l’islam, qui hait l’Occident parce que l’Occident est l’Occident.
 
Le problème est que cette version des faits qu’on nous a servie ne correspond pas à la réalité. Oussama ben Laden était-il un terroriste coupable d’actes ignobles ? Bien-sûr. A-t-il agi parce que l’American Way of Life lui était insupportable ? Certainement pas.
 
 
 
L’ennemi public numéro un
 
Oussama ben Laden est issu d’une des familles les plus fortunées d’Arabie saoudite. Au début des années 80, avec l’appui indirect de la CIA et des services de renseignements saoudiens, il participe au recrutement de moudjahidines pour combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. L’opération est un succès : les Etats-Unis voulaient offrir à l’URSS son Viêt-Nam et, après dix ans de combats stériles et dispendieux, Moscou retire ses soldats du bourbier afghan.
 
Kalachnikov sous le bras, ben Laden retourne alors en Arabie saoudite où la tension est palpable. En effet, Saddam Hussein, criblé de dettes suite à la guerre contre l’Iran, a envahi le Koweït. Le petit émirat pétrolier est l’un des plus importants créanciers de l’Irak. L’autre grand bailleur de fonds de Saddam, c’est l’Arabie saoudite.
 
Ben Laden propose alors aux dirigeants saoudiens de lever une armée pour combattre les soldats irakiens qui portent la menace aux frontières du royaume. Les Saoud refusent mais autorisent l’armée US à stationner en Arabie saoudite dans le cadre de l’opération Tempête du Désert. En réalité, le risque d’une attaque irakienne est très faible. Par contre, en récupérant le Koweït (que les colonialistes britanniques lui avaient enlevé), l’Irak deviendrait le premier producteur de pétrole au monde. Ni l’Arabie saoudite, ni les Etats-Unis ne peuvent l’accepter.
 
La présence de soldats US sur le sol saoudien soulève une vague de protestations dans le royaume : la population apprécie très peu que des boots infidèles viennent souiller les terres saintes de l’islam. Beaucoup de citoyens ne comprennent pas non plus pourquoi le régime est incapable de se défendre seul alors qu’il a dépensé sans compter ses pétrodollars dans l’achat de matériel militaire. De son côté, Oussama ben Laden est furieux, dénonce la corruption du régime et les sanctions imposées à l’Irak qui causent des milliers de victimes.
 
Comme le souligne Mohamed Hassan dans Comprendre le monde musulman, un livre d’entretiens à paraître en septembre 2011 chez Investig’Action, ben Laden est un homme pieux qui utilise la religion pour mobiliser les masses et confronter la famille royale. Il demande, par exemple, pourquoi le pays n’a pas de Constitution alors que le prophète Mahomet en a établi une à Médine définissant des droits égaux pour les musulmans, les chrétiens et les juifs. En opposition à cette famille royale totalement dépendante du soutien des Etats-Unis, le riche ben Laden représente en fait un courant de la bourgeoisie nationale saoudienne qui exige des réformes politiques et plus d’indépendance pour le pays.
 
Dans les années 90, l’ancien recruteur de moudjahidines engage des actions terroristes contre les dirigeants saoudiens avant de s’en prendre directement à la puissance qui les supporte : en 1996, Oussama ben Laden lance un appel à attaquer les intérêts US partout dans le monde.
 
Il est intéressant de noter qu’au-delà de l’aspect religieux, les actions menées par ben Laden comportent une dimension politique. Le terroriste dénonce les visées hégémoniques des Etats-Unis dans le monde musulman, fustige le soutien de Washington aux régimes tyranniques et condamnent les pressions exercées pour maintenir le pétrole à bas prix. Ben Laden trouve ainsi un écho favorable auprès d’une partie des masses dans certains pays musulmans, qui considère le milliardaire terroriste comme une espèce de Robin des bois. C’est ce que relève dans plusieurs ouvrages Michael Scheuer, un ancien officier de la CIA chargé du dossier ben Laden durant près d’une dizaine d’années et qui remit son tablier en 2004 pour marquer son désaccord avec les méthodes employées par l’administration Bush dans la lutte contre le terrorisme.
 
Scheuer explique que ben Laden n’est pas un terroriste aveuglé par le fanatisme religieux qui attaque les Etats-Unis parce que les valeurs occidentales sont contraires à celles de l’islam. Le spécialiste de la CIA précise au contraire que ben Laden mène un djihad défensif en réaction à la politique guerrière menée par Washington dans le monde musulman. C’est n’est pas un islamiste radical qui le dit, ni un militant atteint d’anti-américanisme primaire et encore moins un pourfendeur de l’impérialisme « yankee ». Juste quelqu’un qui connait bien son sujet.
 
On ne peut pas non plus soupçonner Scheuer d’être tombé sous l’emprise d’une fascination malsaine pour l’homme qu’il a étudié de nombreuses années : l’officier de la CIA regrette que le président Clinton n’ait pas fait liquider ben Laden dans les années 90, lorsque c’était possible.
 
 
 
Combattre le terrorisme par le terrorisme ? 
 
Visiblement, l’analyse de Michael Scheuer n’a pourtant eu que peu d’impact sur les décisions de l’administration Bush. Le soir du 11 septembre, le président des Etats-Unis aurait pourtant pu s’adresser en ces termes à la nation : « Nos hommes ont rapidement identifié les auteurs des attentats qui ont frappé notre pays aujourd’hui. Il s’agit d’une organisation islamiste dirigée par un saoudien du nom d’Oussama ben Laden. Je me suis entretenu avec la personne qui, au sein de nos services de renseignements, suit les agissements de ce dangereux terroriste depuis des années. C’est notre meilleur spécialiste sur le sujet, le genre de type qui, chaque matin, en buvant son café, fixe intensément la photo du criminel pour tenter de comprendre sa manière de fonctionner. Eh bien, figurez-vous que ces terroristes sont motivés par un profond ressentiment à l’égard de notre politique de domination au Moyen-Orient. Le temps est venu pour l’Amérique de bâtir des relations plus respectueuses avec le reste de la planète. Nous ne pouvons imposer notre leadership par la force sans nous faire des ennemis. Nous en payons le prix aujourd’hui mais cela va changer. Par ailleurs, nous allons tout mettre en œuvre pour arrêter et juger les criminels qui nous ont attaqués. Je suis en contact avec les autorités d’Afghanistan où ben Laden est caché. Le gouvernement afghan attend que nous fournissions les preuves de la culpabilité de ben Laden pour le livrer à la justice. Nous allons fournir ces preuves le plus rapidement possible. Dieu bénisse l’Amérique. »
 
Evidemment, Georges W. Bush n’a jamais prononcé un tel discours. Il a parlé de lanternes et de combat du Bien contre le Mal. En octobre 2001, il engageait les Etats-Unis et les forces de l’OTAN dans une guerre contre l’Afghanistan. Alors que les Talibans s’étaient vraiment dits prêts à négocier la livraison de ben Laden. Et alors que les raisons qui avaient poussé Al-Qaïda à commettre des attentats étaient justement liées à la politique guerrière menée par les Etats-Unis dans les pays musulmans. Au lieu d’attaquer le problème à la racine, Georges W. Bush jetait donc de l’huile sur le feu. Comme si cela n’était pas suffisant, en mars 2003, le président des Etats-Unis lançait une nouvelle attaque contre l’Irak, prétextant des liens entretenus par Saddam Hussein avec Al-Qaïda.
 
Quel est le bilan de cette guerre contre le terrorisme ? En Afghanistan, des milliers de civils ont été tués, les divisions ethniques ont été exacerbées et ont plongé le pays dans le chaos, l’économie et de nombreuses infrastructures ont été détruites mais le commerce de l’opium a connu un regain d’activité intense avec l’aide de la CIA (plus de 60% de l’héroïne vendue dans le monde viendrait d’Afghanistan, contre 0% du temps des Talibans). Enfin, Washington a placé Hamid Karzaï à la tête du pays. Ce président n’a aucune base sociale en Afghanistan mais est parvenu à se faire réélire dans le silence et la fraude en 2009.
 
Pour l’Irak, sur base d’une étude du journal médical « The Lancet » , on estime que plus d’un million de vies ont déjà été arrachées, sans compter les victimes de la première guerre du Golfe et de l’embargo meurtrier imposé à ce pays durant une douzaine d’années. A l’instar de l’Afghanistan, l’Irak est plongé dans le chaos. La politique d’occupation des Etats-Unis a ravivé les tensions confessionnelles. En 2010, Dirk Adriaensens du BRussels Tribunal dressait un bilan de l’invasion de l’Irak et apportait ces quelques chiffres : « Depuis 1990, début du régime de sanctions imposé par l’ONU, le taux de mortalité infantile a augmenté de 150% en Irak. (…) En 2007, les statistiques gouvernementales officielles dénombraient 5 millions d’orphelins en Irak. Plus de 2 millions d’Irakiens sont réfugiés hors du pays et près de 3 millions sont réfugiés (ou déplacés) à l’intérieur du pays. 70% des Irakiens n’ont plus accès à l’eau potable. Le nombre de chômeurs (sans indemnités) atteint officiellement les 50%, il est de 70% officieusement. (…) 4 millions d’Irakiens sont sous-alimentés et ont un urgent besoin d’assistance humanitaire. 80% des Irakiens ne disposent plus d’aucun système sanitaire (égouts et eaux usées) »
 
 
 
L’enjeu de la guerre contre le terrorisme : remodeler le Moyen-Orient
 
L’administration Bush baignait-elle donc dans l’inconscience la plus totale lorsqu’elle s’est engagée dans cette guerre contre le terrorisme ? Pourquoi aggraver le problème plutôt que de chercher à la résoudre ? Difficile de répondre si on s’en tient aux discours idéologiques des autorités US. La vérité se trouve au-delà des mots, dans les intérêts objectifs qu’avaient les faucons de Washington à intervenir militairement en Asie centrale et au Moyen-Orient.
 
Après la chute du bloc soviétique en 1991, les Etats-Unis voyaient s’effondrer leur principal concurrent et prenaient le leadership mondial. Maintenir une telle position nécessite de se renforcer et d’empêcher les autres concurrents de vous rattraper. C’est pour remplir cet objectif que les néoconservateurs de l’administration Bush ont développé le concept du Grand Moyen-Orient : un remodelage de l’espace s’étendant du Maghreb au Pakistan en passant par la péninsule arabique. Officiellement, il s’agit de promouvoir la démocratie et d’aider ces pays à s’insérer dans l’économie mondiale. En réalité, ce projet était déjà étudié bien avant les attentats du 11 septembre. L’objectif ? Mettre au pas les régimes récalcitrants de la région pour contrôler ce vaste espace stratégique et riche en matières premières, notamment en pétrole et en gaz. En effet, à travers le contrôle des ressources énergétiques, c’est le développement de ses concurrents économiques que Washington peut contrôler : Chine, Inde, Brésil, etc.
 
D’ailleurs, si les Etats-Unis n’avaient pas rencontré une telle résistance tant en Irak qu’en Afghanistan, l’Iran aurait probablement été la prochaine cible. Il est intéressant de noter sur ce point que les campagnes militaires ont été un véritable fiasco pour les néoconservateurs. Le remodelage du Grand Moyen-Orient se révèle être un gribouillage géopolitique dont les Etats-Unis n’ont pu tirer de véritable bénéfices. Au contraire, la guerre contre le terrorisme a ruiné l’économie US, ce qui constitue une victoire pour Al-Qaïda. En effet, Michael Scheuer souligne dans Imperial Hubris que l’organisation terroriste avait décidé d’attaquer son ennemi à son centre de gravité : l’économie.
 
 
Le gouvernement des Etats-Unis se soucient-ils de la sécurité de ses citoyens ?
 
La guerre contre le terrorisme n’était donc qu’un prétexte pour rencontrer des objectifs stratégiques et économiques. Evidemment, il faut présenter à l’opinion publique un raison valable pour partir en guerre et envoyer des tas de jeunes au casse-pipe. Les attentats d’Al-Qaïda ont offert le mobile rêvé. Peu importe si l’invasion de l’Afghanistan n’était pas nécessaire pour capturer ben Laden. Peu importe si Saddam Hussein n’entretenait aucune relation avec Al-Qaïda. Les esprits étaient chauffés à blanc et prêts à s’engager dans la croisade du Bien contre le Mal.
 
Pourtant, les citoyens qui ont poussé des cris de joie lorsque Barack Obama a annoncé la mort de ben Laden, devraient se poser quelques questions aujourd’hui. Si le chef d’Al-Qaïda est bien mort, le gouvernement des Etats-Unis n’a pas montré le moindre signe de remise en question de cette politique dévastatrice qui avait servi de terreau à l’islamisme radical : coups d’Etat, agressions militaires, violations du droit international, utilisation de bombes au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri, financement d’organisations terroristes et de régimes dictatoriaux, pillage des richesses… Les dirigeants US ont poursuivi leurs crimes en toute impunité.
 
On ne pourrait justifier d’aucune manière les actes terroristes de ben Laden. En revanche, on peut tenter d’en comprendre les fondements pour éviter que des tragédies semblables aux attentats du 11 septembre ne se reproduisent. Cette démarche nous renvoie inévitablement à la politique étrangère menée par les Etats-Unis. Or, non seulement les dirigeants US n’ont pas tenté d’enrayer le phénomène, mais ils l’ont gracieusement alimenté en déclenchant de nouvelles guerres.
 
Les citoyens des Etats-Unis doivent comprendre que leur gouvernement se soucie très peu de leur sécurité. Les terroristes de la Maison Blanche répondent à des intérêts économiques qui sont contraires à ceux du peuple.
 
Le chef d’Al-Qaïda est mort mais peut-être que le prochain ben Laden sera l’un des ces 5 millions d’orphelins qui errent en Irak, ou bien un Afghan qui aura vu ses parents tués par les drones de l’armée US. Il pourrait venir d’Indonésie où la répression du dictateur Suharto, soutenu par les Etats-Unis, a provoqué 1,2 millions de morts. Il sera peut-être somalien ou chilien. Les Etats-Unis maintiennent le pays du premier dans le chaos depuis dix ans. Et ils ont renversé le président démocratiquement élu du second en 1973 pour installer la dictature sanglante du général Pinochet.
Bref, des ben Laden pourraient voir le jour aux quatre coins de la planète, partout où les Etats-Unis ont semé la désolation. Les intérêts des multinationales ne sont pas favorables à la paix dans le monde ni à la sécurité des citoyens, qu’ils soient de New-York, Bagdad ou Santiago. Pour ces terroristes aussi, il est nécessaire que justice soit rendue. Celle des tribunaux et non celle des exécutions sans procès.




#5633 De: Vincent Robeyns <vincent.robeyns@...>
Date: Vendredi 13. Mai 2011  7:11
Sujet: Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? michelcollon.info
robeyns2002
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Salut Andrew,

Michel Collon a toujours été très frileux au sujet du 11 septembre.  Cet article vient après la publication de celui de Noam Chomsky, tout aussi frileux que lui d'ailleurs. 

Il se justifient moyennement en écartant toutes les questions sérieuses et légitimes qui se posent à toutes personnes de bon sens sur ce dossier.

Cela dit, le fait d'en parler, même pour douter de la démarche des "truther" est un pas qui me semble aller dans le bon sens.  C'est pourquoi j'ai diffusé l'article en question.

Pour ma part je pense que la mort de Ben Laden remonte il y a 10 ans, cette version me semble plus plausible dans le contexte du terrorisme sous fausse bannière.  Et je n'ai aucune confiance en Obama.

Cela dit saura-t'on un jour la vérité dans ce monde orwélien, je te soumet le passage suivant, qui en dit long:

La "reality based community"....

Dans un article du New York Times publié quelques jours avant l’élection présidentielle de 2004, Ron Suskind, qui fut, de 1993 à 2000, éditorialiste au Wall Street Journal et auteur de plusieurs enquêtes sur la communication de la Maison Blanche depuis 2000, révéla les termes d’une conversation qu’il avait eue, au cours de l’été 2002, avec un conseiller de M. George W. Bush : « Il m’a dit que les gens comme moi faisaient partie de ces types “appartenant à ce que nous appelons la communauté réalité” [the reality-based community] : “Vous croyez que les solutions émergent de votre judicieuse analyse de la réalité observable.” J’ai acquiescé et murmuré quelque chose sur les principes des Lumières et l’empirisme. Il me coupa : “Ce n’est plus de cette manière que le monde marche réellement. Nous sommes un empire maintenant, poursuivit-il, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité, judicieusement, comme vous le souhaitez, nous agissons à nouveau et nous créons d’autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier également, et c’est ainsi que les choses se passent. Nous sommes les acteurs de l’histoire. (...) Et vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudier ce que nous faisons” (1). »

tiré du Monde Diplomatique
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/12/SALMON/15433

On est pas rendu......  ;-)

Bien à toi,
Vincent.



Le 12 mai 2011 10:40, Andrew Crosby <punkanarchist@...> a écrit :

 

il y a quelque jours tu nous envoyais un message qui disait que ben laden avait été tué en 2001... Ces histoires se contredisent.
Toi qui as lu beaucoup et vu tous ces docus, quelle est la bonne version selon toi?

fraternellement,
andrew




To: Fraternite-Libertaire-international@...; siecle_de_combat@...; attac-bel@...; attac-ue@...; attac_libre@...; stop_intox@yahoogroups.com; groupe-belgique@...; 11_septembre_2001@...
From: vincent.robeyns@...
Date: Thu, 12 May 2011 08:55:39 +0200
Subject: [Fraternite-Libertaire-international] Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? michelcollon.info


 

Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ?
Grégoire Lalieu

11 mai 2011 michelcollon.info
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Le 1er mai 2011, quatre-vingt commandos des forces spéciales US exécutaient Oussama ben Laden dans sa tanière au Pakistan. Manifestations de joie à New-York lorsque Barack Obama a annoncé la mort du terroriste. « Justice a été faite » déclarait le président sur les antennes. Pourtant, certains responsables de la tragédie du 11 septembre courent toujours.

 
Des cadres dynamiques virevoltent gaiement sur le chemin du travail. Carpette sous le bras, une famille épanouie emménage dans une banlieue paisible et verdoyante alors qu’un gamin à bicyclette distribue les journaux avec entrain. Ailleurs, un jeune couple se jure fidélité sous le regard myope mais attendri de mère-grand. Et sous un soleil resplendissant, des citoyens de tous horizons, exaltés par l’ivresse patriotique, hissent la bannière étoilée, l’étendard de cette nation où tout peut réussir. « Le Jour se lève à nouveau sur l’Amérique. »
 
Après la tourmente des années 70, son choc pétrolier, sa crise économique, sa révolution iranienne et son invasion soviétique de l’Afghanistan, il fallait bien un slogan mielleux et un spot de campagne tout aussi sirupeux pour que le candidat Reagan rassure les citoyens des Etats-Unis.
 
Trente ans plus tard, des travailleurs sans-emploi s’agglutinent aux portes des bureaux de chômage. Les banlieues chatoyantes ont laissé place à des terrains vagues où s’amoncèlent les expropriés victimes des subprimes, sorte de bidonvilles où le bambin à bicyclette ne s’aventure pas pour distribuer les journaux.
 
Pourtant, avec l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden, il semble que le jour se lève à nouveau sur l’Amérique. La foule amassée autour de Ground Zero parait empreinte de cette même euphorie béate qui animait les clichés sur pattes du clip reaganien. L’Axe du Bien a triomphé du mal incarné, l’ennemi public numéro un est mort et immergé. 
 
Mais au risque de jouer les trouble-happy-end, il serait peut-être bon de souligner que la saga de la guerre contre le terrorisme ne peut se conclure avec la mort du méchant à la fin. En effet, pour certains responsables de cette tragédie moderne, justice n’a pas encore été faite. Pire, ils poursuivent tranquillement leur folie meurtrière du côté de la Maison Blanche et du Pentagone.
 
 
Les différentes vies de ben Laden
 
Il ne sera pas ici question de savoir si les attentats du 11 septembre sont une opération montée de toute pièce par la CIA. Certes, la version officielle comporte de nombreuses zones d’ombre qui alimentent le soupçon. Cependant, comme le remarquait Jean Bricmont sur notre site, organiser un tel attentat sous faux pavillon impliquerait un trop grand nombre de personnes à divers échelons des institutions US pour pouvoir garder le secret.
 
Difficile donc de faire la lumière sur les mystères du 11 septembre tout comme sur ceux qui planent autour de la mort de ben Laden. Selon un journal pakistanais, le célèbre terroriste aurait succombé à des complications pulmonaires en décembre 2001. Six ans plus tard, Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan, indiquait dans une interview que le célèbre terroriste était mort. Et aujourd’hui, Barack Obama nous annonce son exécution mais pas de cadavre donc pas de crime. Il faudrait simplement croire le président des Etats-Unis sur parole, ce qui demande un certain effort.
 
 
Mais finalement, le fait que ben Laden était vivant ou pas n’est pas le plus important. Tout comme le fait de savoir quel rôle a pu jouer l’administration Bush dans les attentats du 11 septembre. Certes, si conspiration il y a eu, il serait utile que la vérité éclate au grand jour. Mais si nous avions eu la preuve irréfutable que les attentats du World Trade Center avaient bien été commis par Al-Qaïda et uniquement par Al-Qaïda, qu’auraient fait les instigateurs du 11 septembre ? Se seraient-ils inclinés devant les campagnes guerrières du chevalier Bush ? Auraient-ils applaudi à l’invasion de l’Afghanistan ?
 
En fait, soit on adhère aux théories du complot et la responsabilité des autorités US est d’une infamie évidente. Soit on s’en tient à la version officielle, celle rapportée par les dirigeants politiques, matraquée par les médias de masse et largement répandue auprès de l’opinion publique. Or, dans ce deuxième cas, la responsabilité du gouvernement des Etats-Unis dans les attentats du 11 septembre prend une autre forme mais reste engagée. Il suffit de démystifier les diatribes sur le soi-disant choc des civilisations, replacer les événements dans leur contexte historique et analyser les enjeux tant du côté des attentats que de la guerre contre le terrorisme.
 
 
 
Il était une fois, le choc des civilisations
 
Depuis dix ans maintenant, dirigeants politiques, professionnels du storytelling et autres griots médiatiques nous content l’histoire de ce fanatique religieux parti en guerre contre les valeurs progressistes que représentent les Etats-Unis.
 
Le soir du 11 septembre 2001 déjà, le président Georges W. Bush jetait les bases de l’interprétation qui devait prévaloir  : « Aujourd'hui, nos concitoyens, notre mode de vie, notre liberté même ont été attaqués dans une série d'actes terroristes meurtriers et délibérés. (…) L'Amérique a été visée parce que nous sommes la lanterne de la liberté et des opportunités dans le monde. Et personne n’empêchera cette lumière de briller.  » Le président poursuivait sur une note religieuse : « Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé (…). Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : “Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. »
 
Le 20 septembre 2001, Georges W. Bush popularisait le concept du choc des civilisations sur les antennes de la planète : « Ce n'est cependant pas toutefois le combat de la seule Amérique. Ce qui est en jeu n'est pas seulement la liberté de l'Amérique. C'est le combat du monde entier. C'est le combat de la civilisation. C'est le combat de tous ceux qui croient au progrès et au pluralisme, à la tolérance et à la liberté. »
 
Presque dix ans plus tard, le 1er mai 2011, Barack Obama clôturait l’épopée dans la même veine, commentant l’exécution sommaire de ben Laden en ces termes : « Rappelons-nous que nous pouvons accomplir ces choses non pas seulement pour des raisons de richesse ou de puissance, mais à cause de ce que nous sommes : une seule nation bénie de Dieu, indivisible et vouée à la liberté et à la justice pour tous. »
 
A notre gauche donc, la lanterne des opportunités, l’Amérique libre, le monde civilisé qui récite des psaumes pour les enfants brisés. Et à notre droite ? Oussama ben Laden, le champion de l’obscurantisme, le barbare fanatique, le Dark Vador de l’islam, qui hait l’Occident parce que l’Occident est l’Occident.
 
Le problème est que cette version des faits qu’on nous a servie ne correspond pas à la réalité. Oussama ben Laden était-il un terroriste coupable d’actes ignobles ? Bien-sûr. A-t-il agi parce que l’American Way of Life lui était insupportable ? Certainement pas.
 
 
 
L’ennemi public numéro un
 
Oussama ben Laden est issu d’une des familles les plus fortunées d’Arabie saoudite. Au début des années 80, avec l’appui indirect de la CIA et des services de renseignements saoudiens, il participe au recrutement de moudjahidines pour combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. L’opération est un succès : les Etats-Unis voulaient offrir à l’URSS son Viêt-Nam et, après dix ans de combats stériles et dispendieux, Moscou retire ses soldats du bourbier afghan.
 
Kalachnikov sous le bras, ben Laden retourne alors en Arabie saoudite où la tension est palpable. En effet, Saddam Hussein, criblé de dettes suite à la guerre contre l’Iran, a envahi le Koweït. Le petit émirat pétrolier est l’un des plus importants créanciers de l’Irak. L’autre grand bailleur de fonds de Saddam, c’est l’Arabie saoudite.
 
Ben Laden propose alors aux dirigeants saoudiens de lever une armée pour combattre les soldats irakiens qui portent la menace aux frontières du royaume. Les Saoud refusent mais autorisent l’armée US à stationner en Arabie saoudite dans le cadre de l’opération Tempête du Désert. En réalité, le risque d’une attaque irakienne est très faible. Par contre, en récupérant le Koweït (que les colonialistes britanniques lui avaient enlevé), l’Irak deviendrait le premier producteur de pétrole au monde. Ni l’Arabie saoudite, ni les Etats-Unis ne peuvent l’accepter.
 
La présence de soldats US sur le sol saoudien soulève une vague de protestations dans le royaume : la population apprécie très peu que des boots infidèles viennent souiller les terres saintes de l’islam. Beaucoup de citoyens ne comprennent pas non plus pourquoi le régime est incapable de se défendre seul alors qu’il a dépensé sans compter ses pétrodollars dans l’achat de matériel militaire. De son côté, Oussama ben Laden est furieux, dénonce la corruption du régime et les sanctions imposées à l’Irak qui causent des milliers de victimes.
 
Comme le souligne Mohamed Hassan dans Comprendre le monde musulman, un livre d’entretiens à paraître en septembre 2011 chez Investig’Action, ben Laden est un homme pieux qui utilise la religion pour mobiliser les masses et confronter la famille royale. Il demande, par exemple, pourquoi le pays n’a pas de Constitution alors que le prophète Mahomet en a établi une à Médine définissant des droits égaux pour les musulmans, les chrétiens et les juifs. En opposition à cette famille royale totalement dépendante du soutien des Etats-Unis, le riche ben Laden représente en fait un courant de la bourgeoisie nationale saoudienne qui exige des réformes politiques et plus d’indépendance pour le pays.
 
Dans les années 90, l’ancien recruteur de moudjahidines engage des actions terroristes contre les dirigeants saoudiens avant de s’en prendre directement à la puissance qui les supporte : en 1996, Oussama ben Laden lance un appel à attaquer les intérêts US partout dans le monde.
 
Il est intéressant de noter qu’au-delà de l’aspect religieux, les actions menées par ben Laden comportent une dimension politique. Le terroriste dénonce les visées hégémoniques des Etats-Unis dans le monde musulman, fustige le soutien de Washington aux régimes tyranniques et condamnent les pressions exercées pour maintenir le pétrole à bas prix. Ben Laden trouve ainsi un écho favorable auprès d’une partie des masses dans certains pays musulmans, qui considère le milliardaire terroriste comme une espèce de Robin des bois. C’est ce que relève dans plusieurs ouvrages Michael Scheuer, un ancien officier de la CIA chargé du dossier ben Laden durant près d’une dizaine d’années et qui remit son tablier en 2004 pour marquer son désaccord avec les méthodes employées par l’administration Bush dans la lutte contre le terrorisme.
 
Scheuer explique que ben Laden n’est pas un terroriste aveuglé par le fanatisme religieux qui attaque les Etats-Unis parce que les valeurs occidentales sont contraires à celles de l’islam. Le spécialiste de la CIA précise au contraire que ben Laden mène un djihad défensif en réaction à la politique guerrière menée par Washington dans le monde musulman. C’est n’est pas un islamiste radical qui le dit, ni un militant atteint d’anti-américanisme primaire et encore moins un pourfendeur de l’impérialisme « yankee ». Juste quelqu’un qui connait bien son sujet.
 
On ne peut pas non plus soupçonner Scheuer d’être tombé sous l’emprise d’une fascination malsaine pour l’homme qu’il a étudié de nombreuses années : l’officier de la CIA regrette que le président Clinton n’ait pas fait liquider ben Laden dans les années 90, lorsque c’était possible.
 
 
 
Combattre le terrorisme par le terrorisme ? 
 
Visiblement, l’analyse de Michael Scheuer n’a pourtant eu que peu d’impact sur les décisions de l’administration Bush. Le soir du 11 septembre, le président des Etats-Unis aurait pourtant pu s’adresser en ces termes à la nation : « Nos hommes ont rapidement identifié les auteurs des attentats qui ont frappé notre pays aujourd’hui. Il s’agit d’une organisation islamiste dirigée par un saoudien du nom d’Oussama ben Laden. Je me suis entretenu avec la personne qui, au sein de nos services de renseignements, suit les agissements de ce dangereux terroriste depuis des années. C’est notre meilleur spécialiste sur le sujet, le genre de type qui, chaque matin, en buvant son café, fixe intensément la photo du criminel pour tenter de comprendre sa manière de fonctionner. Eh bien, figurez-vous que ces terroristes sont motivés par un profond ressentiment à l’égard de notre politique de domination au Moyen-Orient. Le temps est venu pour l’Amérique de bâtir des relations plus respectueuses avec le reste de la planète. Nous ne pouvons imposer notre leadership par la force sans nous faire des ennemis. Nous en payons le prix aujourd’hui mais cela va changer. Par ailleurs, nous allons tout mettre en œuvre pour arrêter et juger les criminels qui nous ont attaqués. Je suis en contact avec les autorités d’Afghanistan où ben Laden est caché. Le gouvernement afghan attend que nous fournissions les preuves de la culpabilité de ben Laden pour le livrer à la justice. Nous allons fournir ces preuves le plus rapidement possible. Dieu bénisse l’Amérique. »
 
Evidemment, Georges W. Bush n’a jamais prononcé un tel discours. Il a parlé de lanternes et de combat du Bien contre le Mal. En octobre 2001, il engageait les Etats-Unis et les forces de l’OTAN dans une guerre contre l’Afghanistan. Alors que les Talibans s’étaient vraiment dits prêts à négocier la livraison de ben Laden. Et alors que les raisons qui avaient poussé Al-Qaïda à commettre des attentats étaient justement liées à la politique guerrière menée par les Etats-Unis dans les pays musulmans. Au lieu d’attaquer le problème à la racine, Georges W. Bush jetait donc de l’huile sur le feu. Comme si cela n’était pas suffisant, en mars 2003, le président des Etats-Unis lançait une nouvelle attaque contre l’Irak, prétextant des liens entretenus par Saddam Hussein avec Al-Qaïda.
 
Quel est le bilan de cette guerre contre le terrorisme ? En Afghanistan, des milliers de civils ont été tués, les divisions ethniques ont été exacerbées et ont plongé le pays dans le chaos, l’économie et de nombreuses infrastructures ont été détruites mais le commerce de l’opium a connu un regain d’activité intense avec l’aide de la CIA (plus de 60% de l’héroïne vendue dans le monde viendrait d’Afghanistan, contre 0% du temps des Talibans). Enfin, Washington a placé Hamid Karzaï à la tête du pays. Ce président n’a aucune base sociale en Afghanistan mais est parvenu à se faire réélire dans le silence et la fraude en 2009.
 
Pour l’Irak, sur base d’une étude du journal médical « The Lancet » , on estime que plus d’un million de vies ont déjà été arrachées, sans compter les victimes de la première guerre du Golfe et de l’embargo meurtrier imposé à ce pays durant une douzaine d’années. A l’instar de l’Afghanistan, l’Irak est plongé dans le chaos. La politique d’occupation des Etats-Unis a ravivé les tensions confessionnelles. En 2010, Dirk Adriaensens du BRussels Tribunal dressait un bilan de l’invasion de l’Irak et apportait ces quelques chiffres : « Depuis 1990, début du régime de sanctions imposé par l’ONU, le taux de mortalité infantile a augmenté de 150% en Irak. (…) En 2007, les statistiques gouvernementales officielles dénombraient 5 millions d’orphelins en Irak. Plus de 2 millions d’Irakiens sont réfugiés hors du pays et près de 3 millions sont réfugiés (ou déplacés) à l’intérieur du pays. 70% des Irakiens n’ont plus accès à l’eau potable. Le nombre de chômeurs (sans indemnités) atteint officiellement les 50%, il est de 70% officieusement. (…) 4 millions d’Irakiens sont sous-alimentés et ont un urgent besoin d’assistance humanitaire. 80% des Irakiens ne disposent plus d’aucun système sanitaire (égouts et eaux usées) »
 
 
 
L’enjeu de la guerre contre le terrorisme : remodeler le Moyen-Orient
 
L’administration Bush baignait-elle donc dans l’inconscience la plus totale lorsqu’elle s’est engagée dans cette guerre contre le terrorisme ? Pourquoi aggraver le problème plutôt que de chercher à la résoudre ? Difficile de répondre si on s’en tient aux discours idéologiques des autorités US. La vérité se trouve au-delà des mots, dans les intérêts objectifs qu’avaient les faucons de Washington à intervenir militairement en Asie centrale et au Moyen-Orient.
 
Après la chute du bloc soviétique en 1991, les Etats-Unis voyaient s’effondrer leur principal concurrent et prenaient le leadership mondial. Maintenir une telle position nécessite de se renforcer et d’empêcher les autres concurrents de vous rattraper. C’est pour remplir cet objectif que les néoconservateurs de l’administration Bush ont développé le concept du Grand Moyen-Orient : un remodelage de l’espace s’étendant du Maghreb au Pakistan en passant par la péninsule arabique. Officiellement, il s’agit de promouvoir la démocratie et d’aider ces pays à s’insérer dans l’économie mondiale. En réalité, ce projet était déjà étudié bien avant les attentats du 11 septembre. L’objectif ? Mettre au pas les régimes récalcitrants de la région pour contrôler ce vaste espace stratégique et riche en matières premières, notamment en pétrole et en gaz. En effet, à travers le contrôle des ressources énergétiques, c’est le développement de ses concurrents économiques que Washington peut contrôler : Chine, Inde, Brésil, etc.
 
D’ailleurs, si les Etats-Unis n’avaient pas rencontré une telle résistance tant en Irak qu’en Afghanistan, l’Iran aurait probablement été la prochaine cible. Il est intéressant de noter sur ce point que les campagnes militaires ont été un véritable fiasco pour les néoconservateurs. Le remodelage du Grand Moyen-Orient se révèle être un gribouillage géopolitique dont les Etats-Unis n’ont pu tirer de véritable bénéfices. Au contraire, la guerre contre le terrorisme a ruiné l’économie US, ce qui constitue une victoire pour Al-Qaïda. En effet, Michael Scheuer souligne dans Imperial Hubris que l’organisation terroriste avait décidé d’attaquer son ennemi à son centre de gravité : l’économie.
 
 
Le gouvernement des Etats-Unis se soucient-ils de la sécurité de ses citoyens ?
 
La guerre contre le terrorisme n’était donc qu’un prétexte pour rencontrer des objectifs stratégiques et économiques. Evidemment, il faut présenter à l’opinion publique un raison valable pour partir en guerre et envoyer des tas de jeunes au casse-pipe. Les attentats d’Al-Qaïda ont offert le mobile rêvé. Peu importe si l’invasion de l’Afghanistan n’était pas nécessaire pour capturer ben Laden. Peu importe si Saddam Hussein n’entretenait aucune relation avec Al-Qaïda. Les esprits étaient chauffés à blanc et prêts à s’engager dans la croisade du Bien contre le Mal.
 
Pourtant, les citoyens qui ont poussé des cris de joie lorsque Barack Obama a annoncé la mort de ben Laden, devraient se poser quelques questions aujourd’hui. Si le chef d’Al-Qaïda est bien mort, le gouvernement des Etats-Unis n’a pas montré le moindre signe de remise en question de cette politique dévastatrice qui avait servi de terreau à l’islamisme radical : coups d’Etat, agressions militaires, violations du droit international, utilisation de bombes au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri, financement d’organisations terroristes et de régimes dictatoriaux, pillage des richesses… Les dirigeants US ont poursuivi leurs crimes en toute impunité.
 
On ne pourrait justifier d’aucune manière les actes terroristes de ben Laden. En revanche, on peut tenter d’en comprendre les fondements pour éviter que des tragédies semblables aux attentats du 11 septembre ne se reproduisent. Cette démarche nous renvoie inévitablement à la politique étrangère menée par les Etats-Unis. Or, non seulement les dirigeants US n’ont pas tenté d’enrayer le phénomène, mais ils l’ont gracieusement alimenté en déclenchant de nouvelles guerres.
 
Les citoyens des Etats-Unis doivent comprendre que leur gouvernement se soucie très peu de leur sécurité. Les terroristes de la Maison Blanche répondent à des intérêts économiques qui sont contraires à ceux du peuple.
 
Le chef d’Al-Qaïda est mort mais peut-être que le prochain ben Laden sera l’un des ces 5 millions d’orphelins qui errent en Irak, ou bien un Afghan qui aura vu ses parents tués par les drones de l’armée US. Il pourrait venir d’Indonésie où la répression du dictateur Suharto, soutenu par les Etats-Unis, a provoqué 1,2 millions de morts. Il sera peut-être somalien ou chilien. Les Etats-Unis maintiennent le pays du premier dans le chaos depuis dix ans. Et ils ont renversé le président démocratiquement élu du second en 1973 pour installer la dictature sanglante du général Pinochet.
Bref, des ben Laden pourraient voir le jour aux quatre coins de la planète, partout où les Etats-Unis ont semé la désolation. Les intérêts des multinationales ne sont pas favorables à la paix dans le monde ni à la sécurité des citoyens, qu’ils soient de New-York, Bagdad ou Santiago. Pour ces terroristes aussi, il est nécessaire que justice soit rendue. Celle des tribunaux et non celle des exécutions sans procès.





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