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Mais qui va donc gagner les élections mauritaniennes ?


En accord avec les différentes forces politiques, le comité
militaire de la justice et la démocratie a fixé la date des
prochaines élections générales en Mauritanie suivant le calendrier
ci-après :L'amendement de la constitution est prévu pour le 24 juin
2006, les municipales et législatives sont programmées pour le 19
Novembre de la même année et La Présidentielle est fixée pour le 24
Février 2007.
Elles se dérouleront à la représentation proportionnelle avec un
seuil de 35% dans les trois circonscriptions électorales que sont
(Nouakchott, Nouadhibou et sélibaby) .Tous les grands partis
politiques affûtent leurs argumentaires. L'enjeu est d'une grande
taille et le gouvernement qui sortira des urnes sera celui qui fera
entrer la mauritanie dans une ère nouvelle de développement. Au fil
des mois, la bataille électorale devient de plus en plus acharnée
car plusieurs sondages indiquent qu'aucun parti n'est actuellement
en mesure de remporter une majorité absolue au futur parlement. On
peut donc légitimement se poser la question de savoir qui gouvernera
la Mauritanie dans quelques mois :
est-ce une coalition de gauche dirigée par les principaux partis de
l'ex-opposition qui sont RFD, UFP, A.P.P, soutenue par les partis
du centre –gauche U.D.P et F.P? Où une coalition de droite emmenée
par le parti PRDR (ex PRDS) avec une coalition des partis du
centre-droit qui sont le RDU et L'UNDD, déjouant certains
pronostics.Les surprises ne sont pas à écarter.
La tâche de la première Assemblée nationale mauritanienne devrait
être historique. Elle sera celle qui désignera le prochain
gouvernement et donc le Premier ministre qui fera revenir la
Mauritanie dans le giron de l'Afrique ; sur un plan symbolique,
cette mission restera unique. Plus concrètement, elle devrait avoir
pour vocation de poursuivre plus ou moins vite la question
essentielle des réformes et surtout de parachever les grands projets
que le gouvernement de transition a mis en chantier.Il aura aussi et
surtout pour mission la résolution du problème des déportés et du
passif humanitaire de l'ancien régime, ce qui est une tâche énorme.
Ces élections ont également une portée grandissime: c'est les
prochaines élections qui nommeront le futur président de la
république. Les enjeux de pouvoir sont donc très importants et
attisent les appétits.
En attendant que l'opinion publique se prononce et que le verdict
des urnes tombe, les partis politiques - toutes tendances
confondues - ont la redoutable mission de regagner la confiance des
électeurs déçus par les multiples promesses non tenues. La
participation électorale sera un bon test de la mobilisation de
l'opinion et, par voie de conséquence, de la légitimité du futur
gouvernement dans le pays et de sa crédibilité à l'étranger.
Quand on lit les programmes des partis politiques mauritaniens - du
moins ceux des cinq ou six d'entre eux qui prétendent être en mesure
de recueillir suffisamment de suffrages pour être représentés au
parlement - on est frappé par l'absence totale de mesures vraiment
concrètes visant l'amélioration du niveau de vie des citoyens. Un
projet de développement pour notre pays, qui donne la priorité à la
souveraineté populaire. Qui organise une politique économique
tournée vers la réponse aux principaux besoins de la population,
tels que l'emploi, le revenu, le logement, l'école. Un modèle qui
donne la priorité à la vie des gens, à la construction d'une société
avec moins d'inégalités et d'injustices sociales, basée et sur
l'organisation consciente du peuple, comme seule force capable
d'apporter des changements dans notre pays.
Les premières opinions exprimées indiquent que, pour l'instant,
l'abstention devrait rester moins élevée. Cette élection qui se
profile à l'horizon a déjà commencé dans notre capitale économique.
Certains candidats commencent déjà a annoncé leurs candidatures à la
municipalité de Nouadhibou ; C'est le cas de Mr SIDAHMED OULD BENANE
pour le PRDR, Mr DEVALLY OULD CHEINE du SAWAB, Mr GHASSEM OULD
BELLALI du R.D, Mr FADEL ABOUBEKRINE de l' A.P.P. Pour la
députation le nom de Mr HAMDI OULD BABAH OULD ENNE circule déjà
pour le compte du parti de OULD DADDAH (RFD), ce dernier qui a connu
les geôles de l' ex-président OULD TAYA aujourd'hui exilé au QATAR
capitalise à lui seul les aspirations de toute la jeunesse de la
capitale économique. Cette élection sera d'ailleurs un test pour
toutes les formations politiques mauritaniennes d'évaluer leur poids
électoral avant l'échéance présidentielle .Depuis quelques jours les
analystes politiques nationaux indiquent que le parti de Ahmed Ould
Daddah (RFD) va arriver en tête aux prochaines élections générales.
Il sera suivi respectivement par le PRDR , par l'APP et UFP de
OULD MOULOUD. Viennent ensuite l'UDP de MINT MOUKNASS, et F.P de
CHBIH, ainsi que les autres partis nouvellement crées (SAWAB, HUMAT
…) qui sont à leurs premières expériences électorales.
Le grand perdant dans cette consultation électorale prochaine sera
incontestablement le parti républicain démocratique pour le
renouveau (PRDR) au pouvoir depuis 26 ans, bien que lors de la
présentation de son Conseil National extraordinaire son président
M..Outhmane Ould Cheikh Abou El Maali, a parlé des
nouvelles réorientations du parti qui dira t-il s'inspirent d'une
vision plus
objective, transparente et proche de la base et de rompre
définitivement avec les pratiques néfastes du passé mais ce discours
va-t-il convaincre les électeurs mauritaniens à l approche des
consultations nationales.
Devant l'immaturité de la classe politique il est à craindre, qu'une
bonne partie des électeurs vote finalement pour une force politique
qui est restée à l'écart du pouvoir pendant plusieurs années.
Attitude simpliste et émotionnelle de l'opinion ou plutôt symptôme
que la classe politique mauritanienne dans son ensemble, se trouve
toujours dans l'incapacité d'analyser et de diagnostiquer les
problèmes et de les expliquer à la population ? Au futur parlement
aucune tendance (gauche ou droite) n'aura de majorité .Il n'est donc
pas exclu qu'on assiste à une assemblée `multicolore' (Attention pas
comme le Niger) et où les alliances seront d'une importance capitale
pour la formation du futur gouvernement. Les principaux partis de
gauche qui sont (RFD, APP, UFP) auraient théoriquement besoin d'une
possibilité d'alliance pour former un gouvernement de coalition pour
pouvoir avoir une majorité au parlement prochain.
La solution serait de s'allier avec l'UDP de MINT MOUKNASS et
l'F.P DE CHBIH, ces deux partis du centre gauche charnières de la
vie politique mauritanienne qui ont déjà montré par le passé qu'ils
pouvaient s'allier avec la droite ou la gauche dans la mesure où
leurs intérêts politiques étaient sauvegardés. Cette solution
serait à priori suffisante puisqu'elle réunirait une majorité de
députés au parlement. Elle serait néanmoins, de l'avis des
spécialistes politiques mauritaniens, éminemment solide.
On le devine, la palette des scénarios envisageables reste vaste.
Les partis de gauche mauritaniens seront-ils en mesure de former
une alliance et sur quel compromis politique? De plus, quand on
connaît la haine que voue OULD MOULOUD et MESSOUD à OULD DADDAH.
Vont-ils se focaliser sur le poste de Premier ministre ou le laisser
à leur éventuel allié pour mieux pouvoir exiger des portefeuilles
ministériels importants Il ne faut pas oublier que les partis de
l'ex-opposition de ould TAYA ont de solides relais politiques dans
les différentes régions du pays. Quant à la droite (PRDR, RDU,
UNDD) en général, saura t-elle surmonter ses déchirures, ses
frustrations du passé pour empêcher les partis de gauche de prendre
le pouvoir.
On le voit, les élections législatives mauritaniennes sont sans
aucun doute à multiples détentes. Elles ne sont qu'une première
étape dans un phénomène complexe de recomposition de la scène
politique nationale. Dans ce contexte, il ne faudrait pas négliger
l'influence de divers groupes d'intérêts économiques qui ne vont pas
manquer de se manifester d'une manière ou d'une autre en faveur de
telle ou telle solution politique susceptible de ménager au mieux la
poursuite de leurs activités économiques. Nous ne sommes qu'au
début de la campagne électorale puisqu'il reste environ 8 mois avant
que les mauritaniens ne se prononcent. Les choses peuvent encore
largement évoluer, des coalitions électorales peuvent se faire ou
se défaire, et il est certain que l'on assistera à des
rebondissements dans les mois qui viennent. Les mauritaniens
n'auront jamais eu autant leur destin entre leurs mains !

MOKHTAR.O.HAMEYER
SNIM - NOUADHIBOU












Lundi 13. Février 2006  15:04

mhmeyir
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Mais qui va donc gagner les élections mauritaniennes ? En accord avec les différentes forces politiques, le comité militaire de la justice et la démocratie...
mhmeyir
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13. Février 2006
17:36
Avancée

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