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CubaSolidarityProject · Solidarité avec Cuba

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#10629 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Mercredi 31. Mai 2006  20:00
Sujet: Cuba fait don de 19 hôpitaux à la Bolivie
cubasolidarity
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From: Info-Cuba

ACN 3
Service en langue française



Cuba fait don de 19 hôpitaux à la Bolivie



La Havane, 31.05.06 (ACN)  Un hôpital complètement équipé faisant partie d'un
programme plus vaste d'aide médicale cubaine à la Bolivie a été inauguré à la
ville d'Escoma par le président Evo Morales.



D'après l'ambassadeur cubain en Bolivie, Alfredo Daussa, 19 centres similaires
seront inaugurés avant la fin juin.



Le président bolivien a refusé des affirmations des partis traditionnels
affirmant que des militaires étrangers se trouvent en Bolivie. Morales leur a
signalé que les seuls militaires arrivés dans le pays sont les médecins cubains
venus pour sauvegarder la vie des boliviens, contrairement à ce qui faisaient
les militaires étasuniens avant.



Il a critiqué l'appel à une grève contre l'aide cubaine lancé par la direction
conservatrice du Collège des médecins, en affirmant que cette réaction est liée
aux effets de l'Opération Miracle, un programme que par la qualité des
traitements ophtalmologiques bénéficie aussi les classes moyennes, ce qui porte
préjudice aux cliniques privées.



Il a démenti également les affirmations concernant le payement de salaires aux
coopérants cubains par le gouvernement bolivien, en expliquant qu'ils sont tous
pris en charge par le gouvernement cubain.



Le don cubain comprend la maintenance des équipements, les médicaments, les
intrants et le matériel jetable.


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10630 De: "Imogene" <imogene267@...>
Date: Mercredi 31. Mai 2006  15:09
Sujet: Contre les infâmies de la revue Forbes 4 - Eusébio LEAL, historien de la Cité de La Havane
imogene267@...
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Voici la traduction de la quatrième intervention de cette Table Ronde consacrée
aux mensonges de la revue « Forbes », celle d’Eusébio Léal, historien de la Cité
de La Havane, qui explique comment le président Fidel Castro a fait don de tous
les cadeaux reçus au cours de son mandat de chef d’Etat, et même d’objets
beaucoup plus personnels, à ceux qui en avaient le plus besoin ou aux musées, et
permis de sauver la Vieille Havane sans la vendre et comment en 1959, il a
offert ses terres de Biran à la Révolution...

Encore un document très important pour répondre à tous ces mensonges...

Françoise Lopez

* * * *

Eusébio LEAL, historien de la Cité de La Havane

Fidel : exemple d’austérité, de désintéressement et d’éthique

Eusébio LEAL, historien de la Cité de La Havane : Cher Commandant, chères
compagnes, chers compagnons, je crois qu’il s’agit d’un fait très important et
je veux remercier le Compagnon Fidel pour sa déférence et pour nous avoir
choisis pour participer à cette Table à cause de l’importantce du thème et pour
le témoignage que chacun de nous peut donner, partant du fait que l’allusion,
l’attaque, l’accusation ne sont pas seulement dirigées contre lui mais contre
nous tous, contre la nation et contre tous ceux qui ont lutté, combattu, qui ont
vécu le processus de la Révolution et sont morts pour elle. Il ne serait ni
légitime, ni bon, ni généreux, ni vrai, de défendre une cause qui génère une
possibilité telle que celle qu’ils exposent calomnieusement. Je suis tout à fait
d’accord avec ce qu’a exprimé Francisco Soberon, ce qu’a dit Abel Prieto, et les
paroles du docteur Augustin Lage sur la nature du fait et il me semble que la
date de cette réunion est prometteuse. Aujourd’hui, voilà 51 ans que vous êtes
sorti de la prison de l’Ile des Pins. C’était un fait important, parce que cette
libération fut le fruit de la mobilisation et de la requête du meilleur du
peuple de Cuba. Les jours de la Moncada étaient restés en arrière et, en
relisant « L’histoire m’absoudra » nous pouvons évoquer le sacrifice que vous
avez inspiré à tous les compagnons qui participèrent à ces événements, qui
renoncèrent à des choses si personnelles et pour plusieurs d’entre eux, à leur
emploi et à la vente de leur poste de travail pour payer l’action de la Moncada
. En le comparant avec d’autres procès révolutionnaires et politiques, le plus
émouvant, peut-être, le plus important, le plus romantique de cet acte - et ne
dépouillons pas ce mot de sa noblesse – fut précisément cela : que ni vous, ni
les compagnons que vous aviez amené là et qui sont toujours présents dans votre
vie et dans vos songes, ne demandèrent à personne rien qui ne fut indispensable
à la lutte. La lutte se fit avec le sacrifice personnel et propre à chacun.
Quand nous voyons l’histoire de votre vie et de sa grande génération et comme
elle eut un impact sur la nôtre ,qui étions de jeunes adolescents, ce qui nous
impressionnait le plus, ce qui nous frappait le plus, au-delà de la vaillance de
l’acte, du courage de l’acte, c’est précisément son noble désintéressement. Nous
l’entendons dans le courageux témoignage de Haydée et de Melba, nous l’entendons
dans le témoignage de tous les hommes de la Moncada que j’ai connus tout au long
de ces années, presque un demi-siècle.

Une des choses qui m’inspirèrent le plus et cela, je l’ai vérifié non seulement
avec nos gens ici mais aussi avec les hommes et les femmes qui, pour des raisons
diverses, furent ensuite dans d’autres parties du monde, fut la noblesse avec
laquelle vous avez mené à bien votre entreprise, votre rêve, votre projet, une
noblesse qui supposait louer parfois les choses les plus personnelles, les
mettre en gages, arriver à l’humiliation de la mise en gage pour obtenir un peu
d’argent, affrontant l’aspiration de l’usurier de garder l’objet que nous
aimions, qui était un cadeau du père, un souvenir de la mère, d’un moment
important de notre vie et de notre propre histoire. Et ces efforts personnels
vous ont maintenu sain. Jamais vous n’avez rien demandé à personne, à vrai dire,
ni à votre propre famille, pour .votre grande action. Vous l’avez fait avec
votre sacrifice et ce sacrifice inspira vos compagnons de lutte. Et ce
témoignage, je le redis, je l’ai eu aussi bien de ceux qui ont participé à la
Moncada que plus tard, au débarquement du Granma.

Au triomphe de la Révolution , - il est significatif que, comme vous le disiez
il y a un moment, vous n’êtes pas né dépourvu de possibilités matérielles pour
mener une vie convenable – par la décision de Madame votre mère, Lina Ruz de
Castro, elle et ses fils décident de remettre à la Révolution, de céder à la
Nation leurs terres de Biran, je veux dire le noyau fondamental de cette finca
que nous appelons avec affection et tendresse Biran .

Nous qui sommes allés là-bas, nous connaissons les lieux et savons que peu avant
ces faits, comme disait Augustin, le feu avait rasé la maison que votre père
avait construite avec tant d’efforts. L’image que j’ai devant les yeux est celle
de la petite maison de Lancara, d’où il était parti pour la Galice pour lutter
comme soldat espagnol dans la guerre de Cuba et rester sur notre terre par
amour. Sur le linteau de la porte étaient écrites quelques très belles paroles ;
là, il est dit qu’il partit à Cuba et qu’il planta des arbres qui donnent encore
des fruits. Nous autres sommes revenus à Biran et nous nous souvenons du feu qui
ravagea la maison. Augustin a rappelé un peu l’histoire du moment où vous
recevez la nouvelle et où vous vous rendez compte , comme il est arrivé à
d’autres grands hommes dans l’histoire, que vos biens matériels, quels qu’ils
fussent, et ceux de vos frères et de vos soeurs, étaient perdus. Les paroles que
prononça don Angel à ce moment-là furent révélatrices : « Tout est fini. » Car
la maison était un symbole, symbole d’une résistance, d’une bataille, celle dans
laquelle cette propriété avait été en lutte avec le latifundio territorial des
grandes compagnies nord-américaines et elle était comme traversée en son milieu
par ce chemin.

Biran était une utopie, une utopie avec un maître, une utopie pour les familles
qui y vivaient. Ce fut l’endroit où vous avez vu et vous l’avez tant de fois
raconté et expliqué, les injustices qui se commettaient dans toutes ces
provinces avec les Haïtiens qui venaient de leur terre, nombreux, pour chercher
du travail, sans protection sociale et où vous avez fraternisé avec leur
souffrance.

Biran était un projet utopique au milieu de ces espaces et l’utopie s’arrête au
moment où tout cela est remis. Non seulement le noyau fondamental mais les
terres louées qui sont aussi remises en 59 dans les premiers mois à la Nation,
nous en conservons les documents .

Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que vous entrez dans la
Révolution, dans la lutte révolutionnaire les mains propres, sans biens
matériels à défendre. Ce qu’il fallait défendre, c’était le rêve de la
Révolution elle-même. Ainsi, nous nous trouvons devant un exemple d’austérité,
de désintéressement, de détachement personnel , de générosité et d’éthique. En
définitive, ce qui sort de tout cela nous donna la force, à nous, les plus
jeunes, et aux plus âgés, de vous accompagner alors jusqu’à aujourd’hui et
encore demain. Cela a été un honneur pour nous et nous l’avons accepté de tout
coeur et nous vous en remercions.

Je crois que le plus important est que, tout au long de cette histoire, jamais
vous n’avez ignoré un seul compagnon. Quand un de ceux qui font partie de
l’expédition tombe dans les eaux turbulentes de la mer, vous revenez pour le
chercher. C’est très important pour le peuple de Cuba et cela a été très
important pour nous, parce qu’au milieu de cette grande bataille que nous avons
livrée et dont vous avez été un paladin , jamais vous ne nous avez abandonné.
Votre concept de l’amitié est basé sur des principes, il est aussi exigeant pour
les autres que pour vous-mêmes.

De cette façon et avec cette préface, je veux donner aujourd’hui mon modeste
témoignage . Le témoignage est que, depuis que l’oeuvre de restauration a
commencé , ainsi que les travaux de restauration que vous projetiez depuis un
moment, et qui est votre oeuvre et celle de la Nation, nous avons toujours vécu,
travaillant et luttant, pour un projet de caractère social qui dépasse dans une
grande mesure l’oeuvre purement matérielle. Ce projet social a incarné la
volonté du pays de construire sa vision du monde au travers de ce prisme et ce
projet a toujours eu votre appui,votre affection, votre tendresse, pas seulement
le thème de La Havane, Patrimoine de l’Humanité mais toute la nation, ses
valeurs, sa culture...

Je me souviens d’une note que j’ai de vous depuis plusieurs années, quand je
vous écrivais pour vous demander d’intervenir pour sauver un objet. Et vous
m’avez répondu que sous aucun prétexte il ne pouvait être vendu. Je conserve
cette note de votre main et j’ai clairement compris votre idée, que nous devions
sauver le patrimoine national et la culture mais sans les vendre. Je sais
comment vous avez lutté pour préserver le patrimoine de la Nation. L’Etat n’est
que l’administrateur des biens de la Nation, de son territoire, de ses richesses
matérielles et immatérielles mais, fondamentalement, de sa spiritualité qui est
la culture. Je me souviens comment vous avez posé le problème de façon
catégorique au Congrès de l’ UNEAC : le rôle de la culture et de ce qu’elle
avait signifié pour la préservation de l’identité et le salut de la Nation.

Pendant de longues années, le chef de l’Etat et de la Révolution reçut les
témoignages d’admiration des coupeurs de canne, des paysans, des hommes d’Etat
de toutes les parties du monde, d’organismes internationaux, de leaders de
mouvements de libération et plusieurs étaient accompagnés de cadeaux. Et j’ai
commencé par les coupeurs de canne parce que, six ans après la mort de la
toujours regrettée camarade Celia Sanchez, je fus appelé par les compagnons du
groupe pour les aider de n’importe quelle façon dans la tâche qu’ils étaient en
train de réaliser, de conserver et de classer les nombreux objets que vous
receviez et qu’elle avait amoureusement rangés. A ma surprise, il y avait là de
tout, depuis le simple crayon jusqu’à la machette d’une campagne agricole, un
chapeau offert par un paysan, un très beau morceau de jade, un réveil serti de
diamants, une arme merveilleuse de Damas, un sabre très précieux, les plus
belles défenses d’éléphants, les plus belles peaux d’animaux chassés en Afrique
et envoyées par ces peuples au chef de l’Etat, au révolutionnaire et à l’ami de
tous ceux qui souffrent et pleurent dans le monde – comme nous venons de le dire
– Ce fut une grande surprise et nous avons travaillé à cela plusieurs années.

Mais, avant 91, à plus d’une occasion, vous m’avez dit, sachant que je
travaillais à cela et informé par les compagnons du groupe qui travaillait sur
ce sujet : « c’est le moment de distribuer tout cela, un peu partout ». Je vous
ai dit : « Pardonnez-moi de ne pas obéir à cet ordre, je vous demande avec le
plus grand respect et avec tout mon coeur, de les voir avant. Avant de vous
décider, nous aimerions, et je désirerais personnellement que vous voyiez ce
qu’il en est parce que vous n’avez jamais vu ainsi réunis et mis en ordre, des
objets qui viennent des premiers jours de la Révolution. »

Finalement,après trois tentatives,vous êtes venu une nuit et  nous sommes allés
-certains des compagnons présents en ce jour mémorable sont ici dans la salle –
nous sommes allés à l’endroit où étaient les cadeaux, ordonnés, conditionnés,
identifiés et inventoriés, et ce fut une grande surprise : vous avez commencé à
reconnaître quelques objets, vous avez été surpris par d’autres, vous retrouviez
la mémoire et le souvenir en revoyant ces objets.

Nous avons parcouru ces grandes pièces, on pouvait faire un musée avec tous ces
objets mais comme tout était associé à votre personne et que vous n’avez jamais
permis aucune forme de culte personnel, votre détermination serait définitive.
Nous nous sommes assis dans une petite salle aux meubles d’osier qu’il y avait
là et où étaient précisément les objets les plus personnels, les souvenirs qui
venaient de Galice, de Lancara, ceux qui venaient de Biran, quelques documents
paternels, quelques objets personnels, et nous nous souvenons tous de l’émotion
intense de ce moment de rencontre avec l’histoire, avec le point de départ.
Alors, vous avez pris votre décision : « Tout doit être distribué ». Avec
l’autorité que me donnait ma fonction, je vous dis : « Voyez, je crois qu’on ne
peut pas se séparer de certaines choses ». Vous n’avez même pas répondu et
levant la main, comme pour m’indiquer le chemin à suivre « Ce que j’ai dit,
c’est ce qu’il faut faire et en avant ! »  Mais il y avait l’objection des
livres ; nous avions ouvert ces livres, ces encyclopédies, ces documents, dont
plusieurs étaient dédicacés par de grandes figures de l’histoire mondiale,le
pape Jean XXIII, Indira Gandhi, pour ne citer que quelques noms. Alors, je vous
dis : « Ces livres seront convoités dans les bibliothèques, il faudra les mettre
dans un fonds réservé parce que des admirateurs et des amis voudront emporter
ces pages écrites, je crois qu’il faut que cette bibliothèque soit conservée. Et
j’arrivai difficilement à vous convaincre, mais sous la réserve que, le moment
venu, quelqu’un prendrait la décision de les rendre publics.

Finalement, j’osai vous faire une remarque. Déjà à la fin du parcours, parce
qu’il y avait votre garde-robes personnelle que nous avions rangée avec beaucoup
d‘amour, je m’arrêtai, par exemple, sur le thème des mouchoirs. Ils venaient
d’une religieuse, une femme admirable, qui était à l’île des Pins quand vous y
étiez en prison. Cette femme s’appelait soeur Mercédès Alvarez et elle était
chargée de broder vos mouchoirs avec votre monogramme, votre nom et votre
signature. Ainsi Célia nous l’avait dit et la caisse de mouchoirs étaient là.
Alors, vous avez décidé, devant elle : « Donne-les aux endroits que tu estimes
le plus opportun ».

« Et qu’est-ce que je vais faire avec cette quantité extraordinaire de vêtements
? » Nous parlons de 11 687 cadeaux de 133 pays, car il y a un chiffre supérieur
– et vous le citez dans le livre de Ramonet – mais on se réfère à d’autres dons
antérieurs et postérieurs, auxquels je me réfèrerai aussi. Alors, résultat ?
Nous arrivâmes à la fin, et vous me dites « Aux asiles de vieillards, aux
religieuses des asiles de vieillards, à ceux qui n’importe où ont besoin de ces
vêtements. » Et, devant une si grande responsabilité, je vous dis : « Alors,
nous allons faire cela pour préserver ma propre responsabilité devant la
postérité : donnez-moi un ordre écrit. » Alors, vous vous êtes assis à la table
et vous avez écrit ce que vous veniez de dire et immédiatement, j’ai dit au
docteur Miyar, secrétaire du Conseil d’Etat, en présence, en outre, des
compagnons Lage et Felipe, qui étaient témoins, et du compagnon Fidel Babani : «
dressons l’acte et authentifiez-le »  et le secrétaire du Conseil d’Etat
authentifia le document. Vous êtes parti et nous aussi. Cette nuit-là, comme
Milarépa, dont on raconte que lorsqu’il brisa son petit écusson de bois, il dit
qu’il était plus libre, vous vous êtes senti plus libre d’un grand poids : vous
aviez distribué.

Alors moi, qui ai vu tant de fois, tout au long de ces années, arriver ici des
choses aussi simples que des fleurs, des aliments, des pains, et tout ce qu’on
envoie au chef de l’Etat, de la Révolution, de toute part, j’ai vu qu’ils
entrent d’un côté et sortent de l’autre et sont toujours distribués aux
nécessiteux, à ceux qui en ont besoin, surtout les malades, sans oublier jamais
personne. A la surprise de beaucoup, je commençai la distribution le lendemain.
Entre 91 et 95, les11 687 cadeaux furent amenés à des musées, d’un bout à
l’autre de Cuba et à des endroits qui font partie du Patrimoine de l’Humanité,
comme la Vieille Havane . A la Maison d’Afrique, par exemple, on mit les
défenses d’éléphant monumentales, à la Maison d’Asie, les sculptures et les plus
beaux objets d’ivoire, les pierres dures, les jades, à la Maison des Arabes, les
armes de Damas, les dagues du Yémen ornées de joyaux et richement ouvragées, et
aussi à la Maison des Arabes la magnifique collection de tapis, cadeaux de chefs
d’Etat, de rois, et de toutes les personnalités d’Orient.

Si nous devions nous rappeler sommairement ces objets, je revois comme si
c’était aujourd’hui, tapis, défenses d’éléphant, pierres dures, objets
archéologiques, livres et documents, matériel de sport, peintures, armes
anciennes, vêtements et objets personnels, joyaux et horloges , meubles,
appareils photographiques. Il y eut un seul inconvénient, par exemple dans les
asiles, ou dans les endroits où l’on s’occupe des pauvres et de ceux qui
souffraient à ce moment-là avec plus d’intensité d’une maladie récemment
apparue, le SIDA, à l’hôpital de Los Cocos. Le grand problème était que toutes
les vestes de cuir que l’on y apportat et tous les pyjamas étaient de la même
taille et qu’il fallait les retoucher et personne ne voulait le faire ;ou bien
c’étaient les religieuses, à l’asile Santovénia ou dans d’autres asiles ou dans
l’ancien hôpital de Saint-Lazare où l’on amena les choses les plus précieuses,
vêtements d’intérieur et quelques uns de ces beaux mouchoirs.

Alors, qu’est-ce que tout cela veut dire ? 133 pays, ces objets venant de la
Nation et de toutes ces nations, de n’importe quel coin de la terre, spécimens
de science naturelle, tout cela fut déposé dans les musées.

Mais voyez la clause qu’imposa le donateur, ce n’est pas sa rédaction, c’est la
mienne, interprétant ce qu’il avait dit : « Nous donnons témoignage de la
volonté exprimée par le Commandant en Chef, que la provenance et l’appartenance
de ces biens apparaisse seulement sur les registres d’inventaire de
l’institution qui les reçoit et que, en aucune façon, le fait d’avoir été sa
propriété ne leur donne un intérêt plus grand que leur propre valeur artistique
ou historique. »

C’était clair. On donnait cette indication aux directeurs de musées et autres
dépositaires de la collection, sauf lorsque cela était inscrit comme c’était le
cas sur plusieurs objets, ou gravé, ou brodé. Sauf dans ces cas-là, personne ne
pouvait les identifier parce que ce n’était pas votre volonté que ce don soit
ostentatoire.

Nous sommes en train de parler d’objets extrêmement précieux, historiques,
artistiques, culturels, liés à des hommes illustres de notre temps ou à des
civilisations du passé, parce que ces choses arrivèrent non comme dépouilles
d’une autre culture mais comme offrandes à une nation et à un homme.

Plusieurs de ces objets, en parcourant le monde et le connaissant comme nous le
connaissons, nous savons quel est son destin et nous voyons comment non
seulement vous les avez soignés mais vous les avez ignorés pendant tout ce temps
et lorsque vint le moment de décider de leur sort, vous avez pensé aux autres,
vous n’avez pensé ni à votre famille, ni à vos descendants, ni à vos amis ou à
vos parents, mais vous avez pensé à la Nation.

Je pense que c’est une preuve importante et très éloquente de ce qu’a été votre
volonté, la volonté qui vous a toujours accompagné jusqu’à aujourd’hui. Plus
récemment, à la création du Musée Numismatique, le 18 juillet 2004, vous avez
transféré au musée les 1 000 monnaies d’or, 1 000 onces d’or, parmi elles 920
venant des Etats-Unis, de périodes historiques diverses qui ont une valeur
numismatique supérieure à leur valeur propre, tant en tant que monnaie qu’en
tant que valeur intrinsèque du métal. Ce sont toutes des monnaies d’or qui sont
exposées au Musée Numismatique récemment inauguré dans la rue Obispo de La
Havane. Tous ceux qui s’intéressent à cela pourront parcourir ces musées de Cuba
et du Patrimoine de l’Humanité et pourront y voir un leg aussi important
qu’impressionnant.

Quel témoignage final puis-je donner après avoir été témoin de cette volonté
importante ? Que, tout au long des années où, pour des raisons très
compréhensibles nous fûmes proches, j’ai vu cela comme votre façon de
fonctionner. Je dois dire en outre que ce fut pour moi une leçon très importante
et impérissable et que je transmets aujourd’hui où je suis autorisé à donner ce
témoignage, avec amour et plaisir parce que, tout au long de ces 15 années, ces
choses-là n’ont été dites à personne, ni en particulier ni en public , bien
gardées dans les archives où certainement se trouve votre lettre holographe et
le témoignage de votre volonté et l’image que nous en conservons à ce jour.

Il est vrai que c’étaient des années de tribulations et d’attente, la Nation
était avec le bouclier dans une main et l’épée dans l’autre, attendant
continuellement l’assaut de l’adversaire pour se défendre vaillamment, et nous
avons survécu à tout cela.

Comme le disait Augustin Lage, c’est dans ces années-là que prit corps le projet
dont vous avez parlé et dans lequel j’ai été un simple travailleur. Je me
souviens de vos paroles : « Sauver la Vieille Havane sans la vendre », c’était
le plus important.

Des demandes arrivaient de tous les coins du monde, des gens qui disaient : «
Donnez-nous cette maison pour la restaurer, pour la sauver. » vous avez créé un
système, mis sur pied une loi, la plus avancée de son époque et ainsi, je l’ai
constaté dans des événement, dans des entités internationales : ce documents est
le plus avancé pour la défense et la conservation d’un patrimoine culturel déjà
édifié. Grâce à cela, nous le possédons, cette histoire ne pourra pas s’écrire
sans votre nom.

Je vous remercie beaucoup, profondément, Commandant en Chef et ami très cher,
notre frère, pour nous avoir appelés. Nous avons une seule certitude
:aujourd’hui,des millions de gens voudraient être à la place que nous occupons
ici . Merci beaucoup. (applaudissements)

Traduction Gaston Lopez

#10631 De: "dauphinkiri" <Dauphinkiri@...>
Date: Mercredi 31. Mai 2006  21:29
Sujet: L’Irak, l’Iran et la fin du pétrodollar, par Bulent Gokay - La Pravda
titin1552000
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L’Irak, l’Iran et la fin du pétrodollar, par Bulent Gokay - La
Pravda (1ère partie).
             http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3705


       25 mai 2006




       La perte d’influence des États-Unis dans le siècle asiatique




       La Pravda, 15 mai 2006.




       Tout au long de l’histoire les empires et leurs civilisations ont connu un
commencement et une fin. Pendant la première partie du siècle dernier, les
États-Unis ont tranquillement bâti leur empire, en commençant par l’Amérique du
Nord, puis l’Amérique Centrale, et l’Amérique du Sud. Peu après la Deuxième
Guerre Mondiale, ils se sont efforcés de maximaliser les avantages qu’ils
avaient acquis, ainsi que le pouvoir qu’ils avaient exercé entre 1943 et 1945
grâce à leur victoire sur l’Allemagne et le Japon, et aussi grâce aux pertes
massives subies par les Soviétiques et au grave endettement et aux lourdes
conséquences financières que la guerre avait entraînés pour les Britanniques.
Les États-Unis endossèrent le rôle principal sur la scène occidentale, d’une
part en contenant l’Union Soviétique et en empêchant la révolution communiste de
se propager au delà des frontières du bloc soviétique, et d’autre part en
s’assurant d’une domination sans conteste de l’Amérique sur le reste de
l’Occident.

       À l’époque de la Guerre Froide, la position dominante des États-Unis dans
le monde n’était pratiquement pas remise en question. Néanmoins, suite à la
chute de l’Union soviétique en 1991, la stratégie globale des États-Unis (ce qui
faisait la cohérence de ses objectifs de base,) commença à se déliter. Une fois
le danger communiste écarté pour de bon, la suprématie américaine perdait son
statut de condition sine qua non du système occidental.

       Depuis le 20 septembre 2002, le gouvernement des États-Unis a renoncé à
son ancien multilatéralisme dans le domaine des affaires internationales et a
adopté une position impériale, la soi-disant doctrine Bush.

       Ce nouvel agenda est basé sur des valeurs militaristes et impérialistes,
plus un soupçon de théocratie. Il rappelle énormément la politique extérieure
que menaient les États-Unis à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, lorsque,
selon certaines lectures, ils cherchèrent activement à dominer la totalité des
Caraïbes, de l’Amérique Centrale et même le Pacifique occidental.

       Six mois après que le public ait pris connaissance de la doctrine Bush, la
nouvelle doctrine américaine fut mise en application et invoquée pour justifier
une agression gratuite de l’Irak par l’administration néoconservatrice des
États-Unis. Le renversement du régime de Saddam Hussein, en dépit de l’absence
de soutien des Nations Unies et de la forte opposition d’alliés traditionnels
des États-Unis, constituait une démonstration sans équivoque de la nouvelle
politique extérieure unilatéraliste de ces derniers. Le « changement de régime »
à Bagdad n’était pas un événement isolé, mais la salve d’ouverture d’un
programme néoconservateur beaucoup plus vaste. Les néoconservateurs sont
partisans d’un « changement de paradigme, par lequel les États-Unis véhiculent
les valeurs américaines en faisant étalage de la puissance américaine - par la
force, si besoin est. » Ce programme cherche à appliquer les vieilles doctrines
impérialistes à l’hégémonisme américain, s’aidant cependant des nouveaux outils
politiques et militaires post-coloniaux. Ce phénomène a fait l’objet d’une
description très claire d’Irving Kristol, qui est considéré comme le fondateur
du néoconservatisme américain. « Il serait naturel que les États-UNis jouent un
rôle beaucoup plus dominant dans les affaires internationales, qu’ils commandent
et ordonnent ce qui doit se faire. Les gens ont besoin de cela ».




       Depuis 2005, une crise iranienne couve. Les médias amplifient le spectre
de la « menace » iranienne dans le monde entier. Dans le but de justifier une
opération militaire contre l’Iran, les dirigeants néoconservateurs des
États-Unis ont entamé une campagne de diabolisation de ce pays, qui présente le
tout dernier avatar des ennemis de l’Amérique ; campagne qui rappelle beaucoup
celle menée contre Saddam Hussein au cours de la période qui avait précédé
l’invasion de l’Irak. Ils se sont beaucoup démenés pour faire croire aux gens
que l’Iran est dirigé par de dangereux malades mentaux qui essaient de fabriquer
une bombe atomique, et qui n’hésiteraient pas à bombarder une - ou plusieurs -
grandes villes américaines. Face à un tel danger, une seule réaction s’impose :
il faut déclarer une guerre préventive. Les spéculations concernant
l’éventualité d’attaques américaines et israéliennes de l’Iran font désormais
partie de la propagande guerrière dans les médias occidentaux.

       Un récent rapport du Groupe de recherches d’Oxford (Oxford research )
[1]révèle que tout bombardement de l’Iran par les États-Unis ou par leurs alliés
israéliens entraînerait la mort inutile de nombreux innocents. « Une attaque
américaine de l’infrastructure nucléaire iranienne déclencherait un conflit
prolongé dans lequel l’Irak, Israël et le Liban, en plus des États-Unis et de
l’Iran, se retrouveraient probablement impliqués ; il est également possible que
les États occidentaux du Golfe s’y retrouvent impliqués, » peut-on lire dans ce
rapport rédigé par Paul Rogers. Il y est également avancé que les morts de
militaires atteindraient plusieurs milliers lors de la première vague d’attaques
de l’Iran, en particulier après l’attaque des bases aériennes et des casernes
des Gardes Révolutionnaires. Des centaines de civils, au bas mot, seraient tués,
surtout dans la volonté de détruire les sites techniques essentiels à
l’infrastructure nucléaire et à la fabrication de missiles : nombre de ces
usines sont situées en zone urbaine. Si le conflit venait à s’étendre, surtout
au cas où les attaquants chercheraient à prévenir les ripostes des Iraniens, ou
à y réagir, un nombre beaucoup plus important de victimes serait finalement à
déplorer.

       De nombreux observateurs considèrent la clique néoconservatrice
américaine, avec son programme, comme faisant partie d’une conspiration. Le
présent article, cependant, part du principe qu’ils font simplement partie d’un
plus vaste ensemble de structures systémiques mondiales. Ce point de vue naît de
la constatation que les lobbies des secteurs de l’énergie, de l’électronique, de
l’armement et des médias influents et autres représentants de l’industrie de la
communication aux États-Unis se dissimulent toujours à l’intérieur de secteurs
clés du gouvernement. Le but de ces lobbies est de conserver leur position
privilégiée. Des membres importants de l’élite économique et politique
réagissent désormais directement aux changements qui ont affecté le monde depuis
la fin de la Guerre Froide. Il ne s’agit pas là d’une conspiration mais de la
simple routine dans le monde des affaires.




       Depuis la fin de la Guerre Froide, les États-Unis ont mené quatre guerres
: deux en Irak, une en ex-Yougoslavie, et une en Afghanistan ; ils menacent d’en
livrer davantage. Toute cette agressivité ne résulte pas d’une théorie
paranoïaque, mais tout simplement de la convergence d’intérêts politiques et
économiques estampillés « guerre anti-terroriste ». Cet argument est basé sur
tout autre chose que la vision d’une poignée de personnages malfaisants qui
conspireraient en secret contre le peuple pour réaliser leurs buts nauséabonds.
Toutefois, ne pas adhérer à la théorie de la conspiration ne signifie pas
ignorer qu’il existe réellement des conspirations, associations de malfaiteurs
ou autres. En particulier, le paysage politique américain fourmille d’exemples
de conspirations illégales impliquant des politiciens, des entreprises et des
membres du gouvernement ; le Watergate et l’Irangate en font partie.

       Ceci posé, le conspirationnisme détourne l’attention des vraies données
géopolitiques qui sous-tendent les événements politico-économiques. Les théories
conspirationnistes ont tendance à faire abstraction des forces impersonnelles
comme les structures politiques et économiques, les forces géopolitiques,
l’économie de marché, la mondialisation et autres causes similaires par
lesquelles on peut expliquer les actions humaines. Elles partent du principe que
ce sont les sociétés secrètes qui façonnent l’histoire de l’humanité. Bien que
de vraies conspirations se soient ourdies au cours de l’histoire, l’histoire
elle-même n’est pas une conspiration.




       La puissance économique des États-Unis, qui stagnait depuis les années
1970, décline depuis la fin de la Guerre Froide. En particulier, leur part dans
les échanges mondiaux et la production a sensiblement diminué depuis cette
période, et leur force économique, comparée à celles de l’Union Européenne et du
groupe est-asiatique (Japon, Chine et autres pays du Sud-Est asiatique) est
également en recul. Il est possible d’interpréter le recours persistant des
Américains à la force comme une réaction à leur déclin économique et non pas
uniquement à la situation géopolitique post-Guerre Froide. Les dirigeants
néoconservateurs américains considèrent la force armée comme une sorte de joker
que l’on peut utiliser pour vaincre ses adversaires, et qui a le pouvoir
d’enrayer ce déclin. C’est ce que l’administration Bush essaie de faire : créer
un monde militarisé dans lequel la puissance militaire des États-Unis puisse
changer les règles du jeu et les redéfinir. Cette entreprise constitue un but
manifeste, un programme spécifique - il ne s’agit pas d’une conspiration. C’est
simplement la manière dont le système fonctionne de nos jours et
l’administration américaine utilise à son profit les caractéristiques
structurelles existantes. Le présent article tente d’expliquer de manière
principalement macro-économique les origines et les motivations de la politique
récente des États-Unis telle que l’a définie l’administration néoconservatrice
de Bush.




       « Imaginez que vous soyez gravement endetté mais que vous fassiez tous les
jours pour des millions de dollars de chèques en bois : encore une voiture de
luxe ! Une résidence secondaire au bord de la mer ! Un fabuleux voyage autour du
monde ! Vos chèques devraient être dénués de valeur, mais vous continuez de vous
en servir pour acheter des choses parce qu’ils n’atteignent jamais la banque !
Vous êtes convenus, avec les propriétaires d’un bien qui fait l’objet de la
convoitise générale, mettons du pétrole ou du carburant, qu’ils n’accepteraient
que vos seuls chèques comme unique moyen de paiement. Par conséquent tout le
monde est obligé de thésauriser vos chèques, afin de pouvoir acheter du pétrole.
Se voyant contraints de disposer d’un stock de vos chèques, les gens les
emploient également pour effectuer d’autre paiements. Vous payez par exemple un
téléviseur par chèque : le vendeur de téléviseurs échange alors votre chèque
contre du pétrole ou de l’essence, le vendeur de carburant achète des tomates au
marchand de fruits et légumes, le marchand de primeurs s’en sert pour acheter du
pain, le boulanger l’échange contre de la farine et le cycle continue
indéfiniment, sans que votre chèque n’arrive jamais à la banque. Votre compte
est à découvert, mais tant que votre chèque n’atteint pas la banque, vous n’êtes
pas obligé de rembourser. En réalité, vous avez eu votre téléviseur pour rien.
Telle est la situation privilégiée des États-Unis depuis trente ans. »




       Depuis l’émergence des États-Unis comme N°1 mondial des superpuissances à
la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, l’hégémonie américaine repose sur trois
principes fondamentaux :

       1) l’écrasante supériorité militaire des États-Unis par rapport à
l’ensemble de ses rivaux,

       2) la supériorité des méthodes de production des États-Unis ainsi que la
solidité relative de leur économie,

       3) le contrôle des marchés mondiaux, avec un dollar américain jouant le
rôle de monnaie de réserve au niveau planétaire.

       Le rôle du dollar est sans doute le plus important de ces trois principes,
bien que les deux autres soient également essentiels. Le dollar US est la
monnaie de réserve universelle, ce qui signifie que les banques centrales du
monde entier gardent en réserve d’énormes quantités de dollars ; en conséquence,
aujourd’hui l’Amérique emprunte pratiquement au monde entier, sans conserver
d’autres devises en réserve. Parce que le dollar est, ipso facto, la monnaie de
réserve universelle, les réserves officielles de monnaie sont pour les
deux-tiers environ constituées de dollars. L’Amérique n’a pas besoin d’être
concurrentielle en matière de taux d’intérêt par rapport aux autres devises, et
même si ses taux d’intérêt sont bas, le capital se précipite sur le dollar. Plus
les quantités de dollars en circulation en dehors des États-Unis ou investies
par des étrangers dans des actifs américains sont importantes, plus le reste de
la planète est obligé de fournir aux États-Unis des biens et des services en
échange de ces dollars. Les États-Unis peuvent même s’offrir le luxe de dettes
dont le montant est exprimé dans sa propre monnaie !

       Les Américains ont une balance des paiements déficitaire ; ils dépensent
plus d’argent dans les autres pays (en achetant leurs produits, en y faisant des
investissements, ou en leur donnant des dollars) qu’ils n’en dépensent aux
États-Unis. Ce sont les banques centrales des autres pays qui détiennent tous
ces dollars supplémentaires. Les banques n’exigent pas des États-Unis qu’ils
fournissent leur équivalent en or ou dans d’autres devises. Tant que les banques
étrangères acceptent les dollars et les considèrent comme de l’or, les dollars
font office de réserve.




       L’économie américaine a commencé à dominer le monde au début du XXe
siècle. Le dollar américain était alors indexé sur l’or, ce qui fait que la
valeur du dollar ne fluctuait jamais, correspondant toujours à la même quantité
d’or. La majeure partie de l’argent n’était que du papier, tout comme
aujourd’hui, mais les gouvernements avaient l’obligation d’échanger ce papier
contre de l’or sur demande. Cette « convertibilité » plafonnait la quantité de
billets de banque que les gouvernements pouvaient émettre, pour éviter
l’inflation. Ce lien entre le papier-monnaie et l’or résultait de la loi et de
l’usage. La Réserve Fédérale, fondée en 1913, avait pour mission de s’assurer
qu’à chaque dollar de monnaie fiduciaire correspondait au moins 40 cents d’or.
Contrairement à aujourd’hui, l’inflation constante n’existait pas. Les
proportions que prit l’inflation, ainsi que le déficit gouvernemental
astronomique pendant la Grande Dépression (1929-1931) rendirent impossible le
soutien du dollar par l’or. Dès le début des années trente, ceci permit au
président Roosvelt de fixer à son gré le ratio dollar-or. Jusqu’à cette date,
les États-Unis étaient probablement la plus grande puissance économique
mondiale, mais, d’un point de vue économique, ils n’étaient pas un empire. La
valeur immuable du dollar ne permettait pas au gouvernement des États-Unis de
tirer avantage d’autres pays, les dollars étant convertibles en or.

       L’empire américain est né, dans le vrai sens économique du terme, à
l’issue de la conférence de Bretton Woods [2] en 1944. Après 1944, l’étalon-or
ne fut pas rétabli, cependant les gouvernements étrangers, et eux seuls,
pouvaient, s’ils le souhaitaient, convertir leurs dollars en or. Par voie de
conséquence, le dollar devint la monnaie de réserve universelle. Personne
n’avait prévu ce rebondissement, qui découlait directement de la position
dominante des États-Unis dans le monde : plus de la moitié des transactions
monétaires internationales utilisaient le dollar, plus de la moitié de la
production mondiale provenait des États-Unis ; de plus, les États-Unis étaient
en possession d’une importante partie des réserves d’or mondiales. Dès 1945, les
États-Unis avaient accumulé 80% de l’or de la planète et 40% de la production
mondiale.

       La politique d’agression des années 1960 fit cependant peser une menace
sur la stabilité du dollar américain. L’économie américaine subit un déficit
cumulatif de sa réserve. En particulier, le financement de la guerre du Vietnam
mena à l’émission d’un flot continu de dollars. Sur le plan financier, la guerre
du Vietnam fut un véritable désastre. Les États-Unis émirent et dépensèrent plus
d’argent que ne leur permettaient leurs réserves d’or. En 1963, la réserve
américaine d’or de Manhattan avait diminué de façon inquiétante : elle couvrait
tout juste les sommes que les banques centrales étrangères étaient susceptibles
de réclamer. En 1970, la couverture-or était tombée à 55%, en 1971 elle n’était
plus que de 22%. Avant la guerre du Vietnam, les États-Unis possédaient une
réserve d’or de 30 milliards de dollars, mais ils dépensèrent plus de 500
milliards rien que pour la guerre. À cette époque, la période de reconstruction
d’après-guerre avait pris fin et les économies européennes et japonaises étaient
devenues plus performantes par rapport à celle des États-Unis, ce qui augmentait
la pression sur le dollar américain. En 1965, le fait que le système financier
américain était mis à rude épreuve éclata au grand jour lorsque de Gaulle exigea
que les États-Unis s’acquittent en or de leur dette de 300 millions de dollars.

       Cette crise atteignit son apogée lorsqu’en 1970-1971 d’autres banques
centrales étrangères tentèrent de convertir en or leurs réserves de dollars. En
réaction à un abandon du dollar, le gouvernement des États-Unis se dispensa
d’honorer sa dette, en suspendant la convertibilité du dollar en or le 15 août
1971. Il n’y avait pas, semble-t-il, d’autre choix : il était impossible au
gouvernement américain de racheter ses dollars avec de l’or. Si les
gouvernements et les banques centrales avaient essayé de convertir en une seule
fois ne fût-ce qu’un quart de leurs réserves de dollars, les États-Unis se
seraient trouvés dans l’impossibilité d’honorer leurs obligations. Ainsi prenait
fin le système instauré par les Accords de Bretton Woods ; cette grave crise
dérivant d’une perte significative de confiance dans le dollar. Conséquemment,
le dollar devint une monnaie « flottante » dans le marché international des
devises, ce qui affaiblit sa position hégémonique. À ce stade, le dollar n’eut
plus de soutien stable hormis les « pleine foi et crédit » [3] du gouvernement
américain. À partir de ce moment, il fallait que les États-Unis trouvent un
moyen de convaincre le reste du monde de continuer à accepter le dollar dévalué
en échange des biens et services dont les États-Unis avaient besoin. Ils
devaient trouver une raison économique qui obligerait le reste de la planète à
détenir des dollars : le pétrole la leur fournit et pétrodollar devint le mot
clé.
       A suivre

       Bulent Gokay

       Dr. Bulent Gokay, Maître de conférence en relations internationales,
School of Politics, International Relations and philosophy, Keele University -
Royaume-Uni.




         Source : La Pravda
       http://english.pravda.ru/opinion/feedback/80289-petrodollar-0

         Traduction : Catherine-Françoise Karaguézian
       www.egueule.com pour Le Grand Soir.




         Article vu sur De defensa www.dedefensa.org



       -Lire la seconde partie ici

       http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3720



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supprimées]

#10632 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Lundi 29. Mai 2006  8:32
Sujet: [CADTM] Les idées de la Banque mondiale en matière de développement
cubasolidarity
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From: Denisjpmo@...

Les idées de la Banque mondiale en matière de développement

La Banque mondiale prétend que pour progresser, les PED [1] doivent recourir à
l´endettement extérieur et attirer des investissements étrangers. Cet
endettement sert principalement à acheter des équipements et des biens de
consommation aux pays les plus industrialisés. Les faits démontrent jour
après jour, depuis des décennies, que cela ne marche pas. Les modèles qui ont
influencé la vision de la BM aboutissent logiquement à une forte dépendance
des PED à l´égard des apports extérieurs de capitaux, notamment sous la
forme de prêt, avec l´illusion d´atteindre un niveau de développement
auto-soutenu. Les prêts sont considérés par les bailleurs de fonds publics
(gouvernements des pays les plus industrialisés et BM en particulier) comme un
puissant moyen d´influencer les pays qui s´endettent. Les actions de la Banque
ne se résument donc pas à une succession d´erreurs ou de mauvais coups. Au
contraire, elles participent d´une vision cohérente, théorisée,
conceptualisée que l´on enseigne doctement dans la plupart des universités.
Des centaines de livres d´économie du développement la distillent. La Banque
a produit une véritable idéologie du développement. Lorsque les faits
démentent la théorie, la Banque ne remet pas en cause la théorie. Au
contraire, elle cherche à déformer la réalité pour continuer à protéger le
dogme.

par Eric Toussaint

19 mai 2006

Au cours des dix premières années de son existence, la BM produit très peu de
réflexions concernant le type de politique économique à soutenir à l´égard
des pays en développement. Plusieurs raisons l´expliquent : 1) cela ne fait
pas encore partie des priorités de la BM.. En 1957, la majorité des prêts de
la BM (52,7%) est encore octroyée aux pays industrialisés [2] ; 2) la matrice
théorique des économistes et des dirigeants de la BM est d´inspiration
néoclassique. Or la théorie néoclassique n´attribue pas de place spécifique
aux PED [3] ; 3) la BM ne s´est dotée d´un instrument spécifique pour
octroyer des prêts à bas taux d´intérêt aux pays en développement qu´en
1960 (création de l´Association internationale de développement (AID) -voir
chap 3).

La BM élabore peu mais cela ne l´empêche pas d´exprimer des critiques à
l´égard des autres. C´est ainsi qu´en 1949, la Banque critique un rapport de
la commission des Nations unies pour l´emploi et l´économie, qui plaide pour
un investissement public dans l´industrie lourde des PED. La BM déclare que
les pouvoirs publics des PED ont assez à faire avec la réalisation de bonnes
infrastructures, et qu´ils doivent laisser la responsabilité de l´industrie
lourde à l´initiative privée locale et étrangère [4].

Selon les historiens de la BM, Mason et Asher, l´orientation de la Banque part
du postulat selon lequel les secteurs public et privé doivent jouer des rôles
différents. Le secteur public doit assurer le développement planifié d´une
infrastructure adéquate : chemins de fer, route, centrales électriques,
installations portuaires et moyens de communication en général. Au secteur
privé reviennent l´agriculture, l´industrie, le commerce et les services
personnels et financiers, car dans tous ces domaines, l´initiative privée est
supposée plus performante que le secteur public [5].. En réalité doit être
cédé au privé tout ce qui est susceptible d´entraîner un profit. Par
contre, les infrastructures sont du ressort du public car il d´agit d´en
socialiser des coûts afin de venir en aide au secteur privé. En bref, la
Banque mondiale recommande la privatisation des bénéfices combinée à la
socialisation des coûts de ce qui n´est pas directement rentable.

Une vision du monde conservatrice et ethnocentrique

La vision de la BM est marquée par différents préjugés conservateurs. Dans
les rapports et discours des 15 premières années de son existence, il est fait
régulièrement référence aux régions arriérées et sous-développées,
c´est déjà tout un programme. Sur les causes du sous-développement, la
Banque adopte une vision ethnocentrique. On peut lire dans le huitième rapport
annuel de la BM que :. « Les raisons pour lesquelles certaines régions du
monde ne sont pas plus développées sont nombreuses et complexes. Bien des
cultures par exemple ont accordé peu de place au progrès matériel et en
effet, certaines l´ont considéré comme incompatible avec des objectifs plus
désirables pour la société et pour l´individu » [6]. L´absence de désir
ou de volonté de progrès matériel et de modernisation de la société est
présentée comme une des causes de l´arriération. Le profond respect des
Hindous pour les vaches devient un raccourci pour comprendre le caractère
arriéré de l´Inde. A propos de l´Afrique, Eugene Black président de la BM
déclare en 1961 :... " Aujourd´hui encore le gros des plus de 200 millions
d´habitants de l´Afrique est seulement en train de commencer à prendre part
à la société mondiale" [7].. Le caractère réactionnaire de la vision de la
Banque mondiale n´a pas du tout disparu au fil des années. Elle écrit dans
son Rapport sur le développement dans le monde de 1987 : « Dans ses principes
d´Economie politique (1848), John Stuart Mill évoque les avantages qui
résultent du ´commerce étranger´. Bien que plus d´un siècle se soit
écoulé, ses observations restent aussi valables aujourd´hui qu´en 1848 ».
Mill parlant des avantages indirects du commerce déclare : « ... un peuple
peut être dans un état léthargique, indolent, inculte, toutes ses aspirations
étant soit satisfaites, soit en sommeil, et il peut ne pas mettre en oeuvre
toutes ses forces productives faute d´objet à désirer. L´aventure du
commerce extérieur, en lui faisant connaître de nouveaux objets ou en lui
offrant la tentation d´acquérir des objets qu´il ne pensait pas pouvoir se
procurer antérieurement ... encourage ceux qui se satisfaisaient de peu de
confort et de peu de travail à travailler plus dur pour satisfaire leurs goûts
nouveaux, voire même pour économiser et accumuler du capital... » [8].. Le
retour en force des néo-conservateurs dans l´administration de G. W. Bush en
place depuis 2001 a approfondi son caractère profondément matérialiste et
réactionnaire. La nomination de Paul Wolfowitz, un des principaux néocons à
la présidence de la Banque en 2005, a bétonné cette orientation.

Ce qui est frappant dans les documents de la BM et dans la littérature en vogue
en matière de développement dans les années 1950 jusqu´aux années 1970,
c´est la place occupée par la planification de la croissance et du
développement (tant dans les économies industrialisées que dans les PED).
Jusqu´à la fin des années 1970, la présence de la planification renvoie à
plusieurs éléments : 1) la volonté de planification (le planisme) a émergé
au cours de la dépression prolongée des années 1930 comme réponse au chaos
provoqué par le laisser-faire ; 2) il est nécessaire d´organiser la
reconstruction de l´Europe et du Japon ; 3) on est dans la période des «
trente glorieuses », caractérisée par une croissance économique soutenue
qu´il s´agissait de diriger et de planifier ; 4) les succès avérés ou
présumés de la planification soviétique exercent incontestablement un pouvoir
d´attraction réel, y compris sur les ennemis jurés dudit « bloc communiste
». La planification est un thème qui a été complètement évacué à partir
du début des années 1980, lors du retour en force de l´idéologie et des
politiques néolibérales.

Une autre préoccupation fortement présente au début et qui a été également
évacuée à partir des années 1980 fut le choix fait par une série de pays
d´Amérique latine de recourir à la substitution d´importation et la
possibilité (perçue comme un danger par la majorité des dirigeants des pays
les plus industrialisés) que d´autres pays nouvellement indépendants
s´engagent dans la même voie.

Passons en revue plusieurs apports d´économistes qui ont eu une influence
directe sur et dans la Banque.

Le modèle HOS (Heckscher - Ohlin - Samuelson)

La théorie des avantages comparatifs de Ricardo a été renforcée dans les
années 1930 par l´analyse des économistes suédois Heckscher et Ohlin, à
laquelle s´est associé plus tard Samuelson (la synthèse produite par ce
dernier est connue comme le modèle HOS). Le modèle HOS parle de « dotation en
facteurs de production » (ces facteurs sont : travail, terre et capital) et
déclare que tout pays a intérêt à se spécialiser dans la production et
l´exportation de biens qui utilisent le plus intensément le facteur de
production le plus abondant dans le pays - qui est aussi celui dont le prix est
le plus bas. Grâce au libre-échange, l´égalisation de la rémunération des
facteurs dans tous les pays pratiquant entre eux le libre-échange se réalisera
(le facteur abondant - exporté - devient plus rare et donc se renchérit ; le
facteur rare - importé - augmente et donc son prix diminue). La spécialisation
établira une allocation optimale de facteurs sur un marché mondial devenu
homogène. Dans cette optique, la recherche de l´intégration maximale au
marché mondial serait pour toutes les économies un pari gagnant et un jeu à
somme positive pour tous les partenaires commerciaux. Différentes recherches
effectuées plus tard notamment par Paul Krugman [9] pour vérifier la
pertinence du modèle HOS ont démontré que celui n´était pas confirmé par
la réalité.

Les cinq étapes de la croissance économique selon Walt W. Rostow

En 1960, Walt W. Rostow [10] recense cinq étapes du développement dans son
livre Les étapes de la croissance économique, un manifeste non-communiste
[11]. Pour lui, toutes les sociétés peuvent être rangées dans une de ces
cinq catégories et elles doivent suivre cet itinéraire.

La première étape est la société traditionnelle caractérisée par la
prédominance de l´activité agricole. Le progrès technique est nul, il n´y a
quasiment pas de croissance du produit et les mentalités n´envisagent pas de
changement.

Ensuite, l´étape préalable au décollage voit naître le développement des
échanges et des techniques, une évolution des mentalités qui rompt avec le
fatalisme et une augmentation du taux d´épargne. C´est en fait l´évolution
des sociétés européennes du XVe au début du XVIIIe siècle.

La troisième étape est le décollage (take-off), étape cruciale correspondant
à un saut qualitatif, avec l´augmentation significative des taux d´épargne
et d´investissement et le passage à une croissance cumulative [12].

La quatrième étape est qualifiée de « marche vers la maturité » : le
progrès technique s´impose dans toutes les activités et la production se
diversifie.

Enfin, l´ère de la consommation de masse coïncide avec la cinquième et
dernière étape [13].

Selon Walt W. Rostow, au stade du décollage, l´apport de capitaux extérieurs
(sous forme d´investissements étrangers ou de crédit) est indispensable.

Le modèle de Rostow est marqué par un schématisme caricatural. Il présente
le stade de développement atteint par les Etats-Unis de l´après seconde
guerre mondiale à la fois comme l´objectif à atteindre et le modèle à
reproduire. De même, il considère le mode de décollage de l´Angleterre où
se sont succédé révolution agricole et révolution industrielle comme devant
se reproduire ailleurs. Ce n´est pas tenir compte de l´histoire concrète
traversée par les autres pays. Rien ne prouve que chaque pays devra passer par
les cinq étapes décrites.

Insuffisance de l´épargne et nécessité de recourir au financement extérieur

Selon l´approche néoclassique, l´épargne est préalable à l´investissement
et est insuffisante dans les PED. Dès lors la pénurie d´épargne est un
facteur explicatif fondamental du blocage du développement. Un apport de
financement extérieur est nécessaire. Paul Samuelson, dans Economics [14], se
base sur l´histoire de l´endettement des Etats-Unis aux XIXe et XXe siècles
pour déterminer quatre étapes différentes menant à la prospérité : nation
endettée jeune et emprunteuse (de la guerre révolutionnaire de 1776 à la
guerre civile de 1865) ; nation endettée mûre (de 1873 à 1914) ; nouvelle
nation créancière (de la première guerre mondiale à la seconde) ; nation
créancière mûre (années 1960). Samuelson et ses émules ont plaqué sur la
centaine de pays qui ont constitué le tiers-monde après la seconde guerre
mondiale le modèle de développement économique des Etats-Unis de la fin du
XVIIIe siècle jusqu´à la seconde guerre mondiale comme si l´expérience des
Etats-Unis était purement et simplement imitable par tous ces pays [15].

En ce qui concerne la nécessité d´avoir recours à l´apport de capitaux
étrangers (sous forme d´emprunts et d´investissements étrangers), un des
associés de Walt W. Rostow, Paul Rosenstein-Rodan, emploie la formule suivante
: « Les capitaux étrangers renforceront la formation du capital national,
c´est-à-dire qu´ils seront entièrement investis ; l´investissement
entraînera une augmentation de la production. La fonction principale de
l´entrée de capitaux étrangers est d´aider la formation du capital national
à atteindre un taux qui pourra être maintenu sans aide extérieure
supplémentaire  » [16]. Cette affirmation est en contradiction avec la
réalité : il n´est pas vrai que les capitaux étrangers renforcent la
formation du capital national et sont entièrement investis. Une grande partie
des capitaux étrangers quittent rapidement les pays vers lesquels ils se sont
dirigés temporairement (fuite des capitaux, rapatriement des profits).

Autre erreur monumentale, Paul Rosenstein-Rodan, qui est directeur adjoint («
assistant director ») du département économique de la Banque entre 1946 et
1952, fait des prédictions concernant la date à laquelle une série de pays
arrivera à la croissance auto-soutenue. Selon Paul Rosenstein-Rodan, la
Colombie doit atteindre ce stade en 1965, la Yougoslavie en 1966, l´Argentine
et le Mexique entre 1965 et 1975, l´Inde au début des années 1970, le
Pakistan trois ou quatre ans après l´Inde, les Philippines après 1975.
Baliverne !

A noter que cette définition de la croissance auto-soutenue est communément
utilisée par la Banque mondiale. Voici la définition qu´en donne en 1964
Dragoslav Avramovi´c, alors directeur du département économique : « On
définit la croissance auto-soutenue comme impliquant un taux de croissance des
revenus de l´ordre de 5% l´an financé par des fonds générés à
l´intérieur des frontières ainsi que par des capitaux étrangers... » [17].

La planification du développement vue par la Banque mondiale et
l´establishment universitaire aux Etats-Unis débouche sur une imposture
pseudo-scientifique basée sur des équations mathématiques qui visent à
donner une légitimité et une crédibilité à la volonté de faire dépendre
les PED du recours au financement extérieur. En voici un exemple, formulé
très sérieusement par Max Millikan et Walt Whitman Rostow en 1957 : « Si le
taux initial d´investissement domestique dans un pays représente 5% du revenu
national, si les capitaux étrangers arrivent à un taux constant équivalent à
un tiers du niveau initial de l´investissement domestique, si 25% de tout
revenu supplémentaire sont épargnés et réinvestis, si le ratio
capital/produit est de 3 et si le taux d´intérêt de la dette extérieure et
les dividendes rapatriés sont équivalents à 6% par an, le pays sera en état
de se passer de l´emprunt net extérieur après quatorze ans et il pourra
maintenir un taux de croissance de 3% sur la base de ses propres revenus »
[18].. Autre baliverne !

Le modèle à double déficit de Chenery et Strout

Au milieu des années 1960, l´économiste Hollis Chenery, qui deviendra
quelques années plus tard économiste en chef et vice-président de la BM [19],
élabore avec son collègue Alan Strout un nouveau modèle appelé « modèle à
double déficit » [20].. Chenery et Strout mettent en avant deux contraintes :
une insuffisance d´épargne intérieure d´abord et une insuffisance de devises
ensuite. Charles Oman et Ganeshan Wignarja résument le modèle Chenery - Strout
de la manière suivante : « Par essence, les hypothèses du modèle à double
déficit sont que : tandis que dans les tout premiers stades de la croissance
industrielle, une épargne insuffisante peut constituer la contrainte principale
sur le taux de formation du capital domestique, une fois que
l´industrialisation est bien en route, la contrainte principale peut ne plus
être l´épargne domestique en elle-même, mais la disponibilité en devises
requise pour importer des biens d´équipement, des biens intermédiaires et
peut-être même des matières premières utilisées comme inputs industriels.
Le déficit en devises peut ainsi surpasser le déficit d´épargne comme la
principale contrainte de développement » [21].. Pour résoudre ce double
déficit, une réponse simple est proposée : emprunter des devises et/ou s´en
procurer en augmentant ses exportations.


Le modèle Chenery - Strout est très mathématisé. C´était dans l´air du
temps. Cela a l´avantage pour ses partisans de donner une crédibilité et une
apparence de rigueur scientifique à une politique qui vise principalement à
inciter les PED d´une part à recourir massivement à l´emprunt extérieur et
aux investissements étrangers, d´autre part, à faire dépendre leur
développement des exportations. Plusieurs critiques ont été adressées à
l´époque au modèle. Nous citerons celle de Keith Griffin et de Jean Luc Enos,
qui affirment que le recours à des apports extérieurs va limiter l´épargne
locale : « Aussi longtemps que le coût de l´aide (par exemple, le taux
d´intérêt sur les prêts extérieurs) est inférieur à l´accroissement
marginal du capital et de la production, un pays aura intérêt à emprunter
autant que possible et à substituer les emprunts étrangers à l´épargne
domestique. En d´autres mots, étant donné un objectif à atteindre en termes
de taux de croissance dans un pays en développement, l´aide extérieure va
permettre davantage de consommation et limitera l´épargne domestique à la
différence entre l´investissement souhaité et le montant d´aide extérieure
disponible. Dès lors, les fondements des modèles du type Chenery-Strout sont
faibles dans la mesure où l´on s´attendrait en théorie à trouver une
relation inverse entre l´aide extérieure et l´épargne domestique  » [22].

La volonté de pousser les PED à recourir à l´aide extérieure en tant que
moyen de les influencer

La politique d´aide bilatérale et celle de la BM sont directement reliées aux
objectifs politiques que les Etats-Unis poursuivent en matière d´affaires
extérieures.

Pour Hollis Chenery : « L´objectif principal de l´aide extérieure, tout
comme d´autres instruments de politique étrangère, est de produire à
l´échelle mondiale le type d´environnement politique et économique dans
lequel les Etats-Unis peuvent poursuivre au mieux leurs propres buts sociaux  »
[23] .

Dans un livre intitulé Les Nations émergentes : leur croissance et les
Etats-Unis, Max Millikan [24] et Donald Blackmer, tous deux collègues de Walt
W. Rostow, décrivent clairement en 1961 certains objectifs de la politique
extérieure des Etats-Unis : « Il est dans l´intérêt des Etats-Unis de voir
émerger du processus de transition des nations dotées de certaines
caractéristiques. Premièrement, elles doivent être capables de maintenir leur
indépendance, spécialement à l´égard des pouvoirs hostiles ou
potentiellement hostiles à l´égard des Etats-Unis. (...) Quatrièmement,
elles doivent accepter le principe d´une société ouverte dont les membres
sont invités à échanger des idées, des marchandises, des valeurs et des
expériences avec le reste du monde ; cela implique que leurs gouvernements
doivent être disposés à s´impliquer dans des dispositions de contrôle
social, politique et économique nécessaires au fonctionnement d´une
communauté internationale interdépendante » [25] sous le leadership des
Etats-Unis bien sûr.

Plus loin dans le livre, ils indiquent explicitement en quoi l´aide est
utilisée comme levier pour orienter la politique des pays aidés : « Pour que
l´aide en capitaux atteigne une puissance de levier optimale dans le but de
persuader les pays sous-développés de suivre une voie compatible avec les
intérêts des Etats-Unis et du monde libre les montants offerts doivent être
suffisamment importants et les conditions suffisamment souples pour persuader le
pays récipiendaire que le jeu en vaut la chandelle. Cela signifie que nous
devons investir des ressources substantiellement plus importantes qu´auparavant
dans nos programmes de développement économique » [26].

Nous verrons plus loin que le volume des prêts aux PED a augmenté à un rythme
croissant au cours des années 1960 et 1970, comme la conséquence d´une
politique délibérée des Etats-Unis, des autres gouvernements des pays les
plus industrialisés ainsi que des institutions de Bretton Woods destinée à
influencer la politique menée au Sud...

Privilégier les exportations

Chenery et Strout affirment dans une de leur principale contribution que le
recours à la substitution d´importation constituait un moyen admissible afin
de réduire le déficit en devises [27]. Ils ont abandonné cette position par
la suite, à un moment où le maintien des politiques de substitution
d´importation pratiquées par certains PED devenait un des principaux thèmes
des critiques adressées par la BM, le FMI, l´OCDE et les gouvernements des
principaux pays industrialisés.

C´est ainsi que d´autres travaux d´économistes directement associés à la
BM s´attachent à mesurer les taux effectifs de protection des économies et
les biais qui en résultent en termes d´utilisation des ressources productives
et de rentabilité des investissements. Ils préconisent une réorientation des
stratégies en direction des exportations, un abandon des tarifs
protectionnistes, et, d´une façon générale, une politique davantage fondée
sur les mécanismes de marché pour la fixation des prix. Bela Balassa, Jagdish
Bhagwati et Anne Krueger [28] systématisent cette approche et leurs analyses
marqueront l´évolution des institutions internationales et constitueront le
socle théorique des mesures d´ouverture commerciale préconisées durant les
décennies 1980 et 1990. Anne Krueger [29] écrit : « Un régime de promotion
d´exportations peut libérer l´économie du pays du joug du sous-emploi
keynésien car, contrairement au régime de substitution d´importation, il peut
disposer d´une demande effective virtuellement infinie pour ses produits sur
les marchés internationaux, et donc, il peut toujours se rapprocher du plein
emploi, à moins qu´il y ait une récession mondiale. Une petite économie
orientée vers l´exportation sera capable de vendre n´importe quelle quantité
de biens qu´elle produit ; autrement dit, la capacité d´offre du pays sera la
seule contrainte  » [30]. Encore de la poudre aux yeux.

"Trickle-Down" ou effet de ruissellement

L´effet de ruissellement, c´est une métaphore triviale qui a guidé l´action
de la Banque mondiale depuis le début. L´idée est très simple : les
retombées positives de la croissance ruissellent en bénéficiant d´abord aux
plus riches mais en bout de course elles atteignent aussi les plus pauvres.
Ceux-ci ont donc intérêt à ce que la croissance soit la plus forte possible,
les gouttelettes de richesse qui leur parviennent en dépendent. En effet, si la
croissance est faible, les riches gardent une part plus grande que si la
croissance est forte.

Quelles sont les conséquences pour la conduite de la BM ? Il faut favoriser à
tout prix la croissance afin qu´en bout de course les pauvres en profitent.
Toute politique qui freine la croissance au nom de la redistribution des
richesses (ne fût-elle que partielle) ou au nom de la défense de
l´environnement réduit l´effet de ruissellement et porte préjudice aux
pauvres. L´action des dirigeants de la BM est conduite en pratique par cette
métaphore quels que soient les discours plus sophistiqués que certains experts
peuvent tenir. D´ailleurs les historiens de la BM consacrent une vingtaine de
pages aux discussions sur le trickle down [31] et reconnaissent que "Cette
croyance a justifié des efforts durables pour persuader les débiteurs des
avantages de la discipline, du sacrifice, de la confiance dans le marché et de
ce fait de la nécessité de garder le cap contre la tentation politique" [32].
Ils affirment que cette croyance est tombée en disgrâce progressivement à
partir de 1970 sous les coups de boutoirs d´une quantité impressionnantes de
recherches concernant la situation tant aux Etats-Unis que dans les PED [33].
Cependant ils relèvent qu´en pratique, cela n´a pas changé grand-chose [34],
d´autant qu´à partir de 1982, le trickle down a fait un retour en force à la
BM [35]. Evidemment la question du trickle down est inséparable de celle des
inégalités que nous abordons maintenant.

La question des inégalités dans la distribution des revenus

A partir de 1973, la question de l´inégalité de la répartition des revenus
dans les PED comme élément influant sur les possibilités de développement
commence à être étudiée par la BM. L´équipe économique dirigée par
Hollis Chenery y consacre une énergie certaine. Le livre majeur consacré par
la BM à ce sujet est coordonné par Chenery lui-même et s´intitule
Redistribution et Croissance [36]. Il paraît en 1974. Chenery est conscient que
le type de croissance induite par la politique de prêt de la Banque est
générateur d´une croissance des inégalités. La préoccupation de la BM a
été exprimée à plusieurs reprises de manière très nette par McNamara : si
on ne réduit pas les inégalités, si on ne réduit pas la pauvreté, on
assistera à des explosions sociales à répétition et celles-ci porteront
préjudice aux intérêts du monde libre, dont le leadership est assuré par les
Etats-Unis.

Chenery ne partageait pas le point de vue émis par Simon Kuznets [37] au cours
des années 1950 selon lequel après une phase nécessaire d´augmentation des
inégalités lors du décollage économique, celles-ci se résorbent dans un
deuxième temps. La nécessité de voir monter les inégalités était très
ancrée à la Banque. Pour preuve, les paroles du president de la BM, Eugene
Black, en avril 1961 : " Les inégalités de revenus découlent nécessairement
de la croissance économique (qui) donne la possibilité aux gens d´échapper
à une existence dans la pauvreté » [38]. Pourtant, les études empiriques
réalisées par la BM du temps de Chenery ont infirmé les affirmations de
Kuznets.

Néanmoins, après le départ de Chenery en 1982 et son remplacement par Anne
Krueger, la BM abandonne complètement la préoccupation relative à
l´augmentation ou au maintien des inégalités au point qu´elle décide de ne
plus publier de données à ce propos dans le Rapport mondial sur le
développement dans le monde. Anne Krueger n´hésite pas à reprendre à son
compte la courbe de Kuznets, en faisant de la montée des inégalités une
condition du démarrage de la croissance au motif que l´épargne des riches est
susceptible de nourrir les investissements. Il faut attendre l´arrivée de
François Bourguignon au poste d´économiste en chef en 2003 pour assister à
un renouvellement de l´intérêt de la Banque pour cette question [39].. En
2006, le rapport de la Banque mondiale sur le développement dans le monde
intitulé Equité et développement revient sur l´inégalité comme frein au
développement [40]. Son approche est considérée au mieux comme du bon
marketing par J. Wolfensohn (président de la BM entre 1996 et 2005) et par son
successeur Paul Wolfowitz.

Notes:

[1] Le vocabulaire pour désigner les pays auxquels la BM destinait ses prêts
de développement a évolué au fil des années : au départ on a employé le
terme « régions arriérées », puis on est passé à « pays sous
développés » pour arriver au terme « pays en développement » dont certains
sont appelés « pays émergents ».

[2] « La période pendant laquelle la Banque avait une vision solide de la
nature du processus de développement mais a peu fait pour l´atteindre s´est
étendue grosso modo jusqu´à la fin des années 1950 et a concordé avec une
phase dans les prêts de la Banque où la majorité de ceux-ci allait encore aux
pays développés (en 1957, 52,7% de son financement allait encore à ces pays
» Nicholas Stern et Francisco Ferreira. 1997. « The World Bank as «
intellectual actor » » in Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997.
The World Bank, Its First Half Century, Volume 2, p.533.

[3] « Les instruments de l´analyse néoclassique s´appliquent de manière
générale, sans spécificité aucune, aux questions que pose le
sous-développement. Le sous-développement ou le blocage du développement ne
fait pas l´objet d´une analyse systématique dans la théorie néoclassique
», Azoulay, Gérard. 2002. Les théories du développement, Presses
Universitaires de Rennes, p.38.

[4] STERN Nicholas et FERREIRA Francisco. 1997. « The World Bank as «
intellectual actor » » in Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997.
The World Bank, Its First Half Century, Volume 2, p.533..

[5] Mason , Edward S. et Asher, Robert E. 1973. The World Bank since Bretton
Woods, The Brookings Institution, Washington, D.C., p.458-459.

[6] World Bank (IBRD). 1953. 8th annual report 1952-1953, Washington DC, p. 9.

[7] Eugene Black, « Tale of Two Continents », Ferdinand Phinizy Lectures,
delivered at the University of Georgia, April 12 and 1 », 1961 in Kapur,
Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half
Century, Volume 1, p. 145. Eugene Black a présidé la BM de 1949 à 1962.

[8] Banque mondiale. 1986. Rapport sur le développement dans le monde 1987,
Washington DC, p. 4..

[9] Le constat de la prédominance des échanges entre économies ayant des
dotations de facteurs similaires (échanges de produits similaires entre les
économies les plus industrialisées) est réalisé par les travaux de P.
Krugman et E. Helpman durant les années 1980.

[10] Walt. W. Rostow est un économiste influent. Il a été également un
conseiller politique de tout premier plan, il est devenu conseiller de Robert
McNamara pendant la guerre du Vietnam. On trouve sur la toile certaines des
notes qu´il a remises à McNamara et qui portent sur la stratégie
politico-militaire à suivre à l´égard des Nord-Vietnamiens et de leurs
alliés en 1964. Une note intitulée « Dispositif militaire et signaux
politiques » datant du 16 novembre 1964 est particulièrement intéressante car
elle dénote une maîtrise de l´art de la guerre et de la négociation assez
impressionnante (http://www.mtholyoke.edu/acad/intrel/pentagon3/doc232.htm). Il
est important de le signaler pour pointer une fois de plus les enjeux politiques
de l´intervention du FMI et de la Banque mondiale dans les pays de la
Périphérie. Il faut donc prendre en considération l´économie notamment sous
l´aspect des motivations (leviers) politiques.

[11] Rostow, Walt W. 1960. Les Etapes de la croissance économique : un
manifeste non communiste, Le Seuil, Paris, 1970.

[12] A noter que selon W.W. Rostow, l´Argentine avait déjà atteint la phase
du décollage avant 1914.

[13] Toujours selon W.W. Rostow, les Etats-Unis ont atteint définitivement
l´étape de la consommation de masse juste après la seconde guerre mondiale,
suivis dans les années 1959 par l´Europe occidentale et le Japon. Quant à
l´URSS, elle est techniquement prête à l´atteindre mais elle devra passer
par un ajustement préalable.

[14] Samuelson, Paul. 1980. Economics, 11e édition, McGraw Hill, New York, p.
617-618..

[15] Payer, Cheryl. 1991. Lent and Lost. Foreign Credit and Third World
Development, Zed Books, London, p.33-34.

[16] Rosenstein-Rodan, Paul. (1961). `International Aid for Underdeveloped
Countries´, Review of Economics and Statistics, Vol.43, p.107.

[17] Avramovi´c, Dragoslav et a. 1964. Economic Growth and External Debt, Johns
Hopkins Press for the IBRD, Baltimore, p.193.

[18] Millikan, Max et Rostow, Walt Whitman. 1957. A proposal : Keys to An
Effective Foreign Policy, Harper, New York, p. 158.

[19] Hollis Chenery est devenu en 1970 conseiller du président de la BM, Robert
McNamara. Ensuite, en 1972, le poste de vice-président lié à celui
d´économiste en chef a été créé pour Hollis Chenery par Robert McNamara.
Par la suite, c´est entré dans la tradition. Chenery a exercé les fonctions
d´économiste en chef et de vice-président de la BM de 1972 à 1982. Chenery
est jusqu´à aujourd´hui l´économiste qui est resté le plus longtemps au
poste d´économiste en chef, les prédécesseurs et les successeurs sont
restés en poste entre 3 et 6 ans selon les cas. Source : STERN Nicholas et
FERREIRA Francisco. 1997. « The World Bank as ´intellectual actor´ » in
Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. The World Bank, Its First
Half Century, Volume 2, p.538.

[20] CHENERY Hollis B. et STROUT Alan. 1966. "Foreign Assistance and Economic
Development", American Economic Review, n°56, p.680-733.

[21] OMAN Charles et WIGNARJA Ganeshan. 1991. The Postwar Evolution of
Development Thinking, OCDE, cité par Treillet, Stéphanie. 2002. L´Économie
du développement, Nathan, Paris, p.53.

[22] GRIFFIN, Keith B. et ENOS, Jean Luc. 1970. `Foreign Assistance : Objectives
and consequences´, Economic Development and Cultural Change, n°18, p.319-20.

[23] H. B. Chenery. 1964. `Objectives and criteria of Foreign Assistance´, in
The United States and the Developing Economies, ed. G. Ranis, W.W. Norton, New
York, p.81.

[24] Max Millikan, qui a été membre de l´Office of Strategic Services (OSS)
puis de la Central Intelligence Agency (CIA) qui lui a succédé, était
directeur du CENIS (Center for International Affairs at the Massachusetts
Institute for Technology), directement relié au Département d´Etat.

[25] Max MILLIKAN et Donald BLACKMER, ed. 1961. The Emerging Nations : Their
Growth and United States Policy, Little, Brown and Company, Boston, pp. x-xi.

[26] Idem, p.118-119.

[27] CHENERY Hollis B. et STROUT Alan. 1966. "Foreign Assistance and Economic
Development", American Economic Review, n°56, p.682, 697-700.

[28] Bela BALASSA. 1971. Development Strategies in Some Developing Countries : A
Comparative Study, John Hopkins University Press for the World Bank, Baltimore ;
Jagdish BHAGWATI. 1978. Anatomy and Consequences of Exchange Control Regime,
Ballinger for the National Bureau of Economic Research, Cambridge ; Anne
KRUEGER. 1978. Foreign Trade Regimes and Economic Development : Liberalization
Attempts and Consequences, National Bureau of Economic Research, New York.

[29] Anne Krueger est devenue économiste en chef et vice-présidente de la BM
en 1982 (quand Chenery a été remercié par le président Ronald Reagan, qui a
fait rentrer à la BM les partisans de son orientation néolibérale) et l´est
restée jusque 1987.

[30] Krueger, Anne. 1978. Trade and Development : export promotion vs Import
substitution, cité par Treillet, Stéphanie. 2002. L´Économie du
développement, Nathan, Paris, p.37.

[31] Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. The World Bank, Its
First Half Century, Volume1, p. 215-233

[32] Idem, p. 218

[33] Voir notamment James P... Grant, « Development : The End of Trickle down
», Foreign Policy, Vol. 12 (Fall 1973), pp.43-65

[34] Parlant de la période 1974-1981, ils écrivent "D´investissements visant
directement les pauvres, l´attention de la Banque a commencé à se porter sur
un renforcement des bénéfices indirects visant ceux-ci par l´augmentation de
l´emploi dans les villes. En effet, cette stratégie a eu recours à
l´approche du ruissellement ». in Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb,
Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume1, p. 264.

[35] Ils écrivent à propos du tournant de 1981-1982 : « Poverty reduction
would thus have to depend on growth and trickle down" in Kapur, Devesh, Lewis,
John P., Webb, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume1,
p. 336.

[36] Chenery Hollis B. et al. 1974. Redistribution with Growth, Oxford
University Press for the World Bank and the Institute of Development Studies,
London.

[37] Kuznets Simon. 1955. « Economic Growth and Income Inequality », American
Economic Review, n°49, mars 1955, p.1-28.

[38] Cité par Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. The World
Bank, Its First Half Century, Volume 1, p. 171.

[39] François Bourguignon. 2004. « The Poverty-Growth-Inequality Triangle »,
Paper presented at the Indian Council for Research on International Economic
Relations, New Delhi, February 4, 2004, 30 p.

[40] Banque mondiale. 2005. Rapport sur le développement dans le monde 2006.
Equité et développement, Washington DC, 2005
http://siteresources.worldbank.org/INTWDR2006/Resources/477383-1127230817535/WDR\
2006overview-fr.pdf

En cas de reproduction de cet article, mentionnez s'il-vous-plaît la source.
URL: http://www.cadtm.org

Ce texte constitue le chapitre 10 du livre Banque mondiale : le Coup d´Etat
permanent paru en 2006 en coédition CADTM-Syllepse-Cetim, Liège-Paris-Genève.

http://www.cadtm.org/texte.php3?id_article=1796

Copyright : Eric Toussaint 2006.

http://www.cadtm.org/article.php3?id_article=1890

#10633 De: "Vincent" <vincent.robeyns@...>
Date: Dimanche 28. Mai 2006  11:40
Sujet: Des prévisions catastrophiques pour...tout de suite (bis repetita)
robeyns2002
Envoyer un message Envoyer un message
 
Le communiqué (voir 1) du LEAP (Laboratoire européen d'Anticipation Politique
Europe 2020) de mars 2006 annonçait une crise économique systémique globale pour
fin mars 2006. L'un des facteurs déclenchant de celle-ci pour cette date précise
était l'annonce de l'ouverture d'une bourse pétrolière en Iran, dont les
échanges auraient abandonné le dollar au profit de l'euro. Cette bourse n'ayant
pas (encore?)vu le jour, l'effondrement annoncé ne s'est pas produit. Reste que
les autres facteurs  dont l'analyse menait aux conclusions dramatiques du LEAP
restent d'actualité. Le LEAP confirme et signe...

http://www.europe2020.org/fr/section_global/

A cela s'ajoute maintenant la vision crépusculaire de l'IISS (International
Institute of Strategic Studies <http://www.iiss.org/> ) pour 2006. (lire en bas
-2)

-1

Communiqué Public LEAP/E2020

Juin 2006 - Entrée dans la phase 2 de la crise systémique globale :

la phase d'accélération

Sept conséquences concrètes pour les acteurs et décideurs économiques et
politiques

LEAP/E2020 a annoncé, le 15 Février 2006, le déclenchement d'une crise
systémique globale pour la fin du mois de Mars suivant.

Aujourd'hui, à la mi-Mai 2006, Leap/E2020 est en mesure d'annoncer que cette
phase initiale de la crise systémique globale est presque terminée et que dès le
début Juin 2006, la crise va entrer dans sa phase d'accélération. Avant d'en
décrire les principales caractéristiques (qui sont détaillées dans le
GlobalEurope Anticipation Bulletin N°5), LEAP/E2020 juge néanmoins utile
d'expliciter le mode de développement d'une telle crise systémique.

lire la suite:

http://www.europe2020.org/fr/section_global/

-2

25 mai 2006
L'IISS de Londres (International Institute of Strategic Studies
<http://www.iiss.org/> ) est connue comme un des piliers du système
militaro-politique occidental et anglo-saxon. Qualifié d'"indépendante", l'IISS
est en réalité un relais à façade indépendante pour le débat et la diffusion de
la pensée stratégique dominante dans le monde de la sécurité anglo-saxon et
atlantique. L'édition annuelle de son annuaire analysant la situation
stratégique, les forces en présence, etc., est un exercice qui
fixe en général les normes de la pensée stratégique de ce même univers.

On ne sait ce qu'il faut dire de l'édition 2006 : fait-elle exception ou bien
est-elle une fois de plus le reflet de ce monde stratégique, mais pour mettre en
évidence son désarroi, voire sa panique devant les perspective de la situation
générale ? On a le choix pour la réponse qu'on proposerait éventuellement. Reste
ce fait absolument frappant, et stratégiquement considérable qu'il s'agit sans
aucun doute du constat le plus abrupt, le plus noir, venu d'une source
semi-officielle sur la situation stratégique globale. Ce que nous décrit l'IISS,
d'une façon générale, c'est une situation stratégique générale bloquée pour les
intérêts occidentaux (anglo-saxons), et promise à évoluer vers une seule
orientation : le pire.

lire la suite:

http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=2739

Encore plus d’infos :

http://groups.google.be/group/AlterEFP
http://groups.google.be/group/11septembre
http://groups.google.be/group/medias-mensonges-desinformation

#10634 De: lelectronlibre@...
Date: Dimanche 28. Mai 2006  11:56
Sujet: Re: [CSP] De la révolution au bagne > Proposition
zeouaibe
Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonjour,

Je suis prêt à parier que d'ici peu on retrouvera S. Raffy sur les plateaux de
télévision (Ardisson, Fogiel, Giesbert, etc), dans les studios de radio ou dans
les colonnes de la presse nationale. Ce serait donc le moment de couper l'herbe
sous le pied à cette promotion et, en lieu et place de celle-ci, de proposer par
anticipation aux différents médias, au cas où ils auraient l'intention d'ouvrir
leurs antenne ou colonnes à S. Raffy, un débat contradictoire sur Cuba en
général et sur le bouquin de S. Raffy en particulier, réunissant S. Raffy et,
par exemple, l'un/e des poids lourds parmi les principaux contributeurs de CSP
(J-F Bonaldi - en duplex depuis la havane ;-), notre modérateur, D.Bleitrach,
etc).

lElectronLibre

----Message d'origine----
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/10591

* * * *

MODERATEUR : merci pour le "poids lourd". Sachez que je suis un régime et ne
consomme plus que deux baguettes et une demie plaquette de beurre au petit
déjeuner.

Cela dit, ce n'est pas Raffy qui a écrit le livre, mais seulement l'article.
L'auteur du livre est, je crois, quand même d'une autre pointure, si je puis
dire, que le petit Raffy. Quant à la possibilité d'un débat contradictoire (au
singulier, pour ne pas parler au pluriel) sur Cuba dans les médias... euh...
cela me parait, euh... comment dire ? Le concept de "zéro", vous connaissez ?

#10635 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Mercredi 31. Mai 2006  15:41
Sujet: [Narco News] Colombie : La vraie nouvelle est la marginalisation des pauvres et le renforcement de la Gauche
cubasolidarity
Envoyer un message Envoyer un message
 
Traduction "Uribe, tu sais compter à rebours, j'espère ?" par CSP
Diffusion autorisée et même encouragée
Merci infinimment de mentionner les sources, bandes de pirates sans foi ni loi

* * * *

Colombie : faible mandat pour Uribe devant une abstention massive

La vraie nouvelle est la marginalisation des pauvres et le renforcement de la
Gauche

par Dan Feder
Spécialement pour The Narco News Bulletin
30 mai, 2006

BOGOTÁ : au cours des quatre dernières années, les correspondants étasuniens et
autres basés à Bogota ont pratiquement passé tout leur temps à s'extasier sur
l'incroyable popularité du Président colombien. Selon le mythe, pour la première
fois les colombiens ont un président qui travaille nuit et jour, sans relâche,
pour améliorer leur sort. L'article suivant du Boston Globe, publié la veille de
l'élection, en est un exemple typique :

« Actif et fonceur, le président colombien Alvaro Uribe n'hésite pas à passer un
coup de fil dès l'aube à un des ses assistants lorsqu'une idée lui vient
soudainement à l'esprit ou un Dimanche lorsqu'il a besoin d'aide pour répondre à
une question lors de ses réunions à la Marie.

Son style, passionné et pragmatique, l'a aidé à réduire l'insécurité et relancer
la croissance économique dans ce pays ravagé par la guerre - et a aussi fait de
lui le favori pour l'élection de demain... Mais Uribe, le président le plus
populaire que la Colombie ait connu, aura à faire face à des défis vertigineux
lors de son second mandat.

Le président, âgé de 53 ans, bénéficie clairement d'un soutien populaire. Lors
de son dernier meeting de campagne qui s'est tenu dans la capitale vendredi
dernier, la place principale était couverte de ses partisans et de banderoles
clamant « continuez, président ! » »

[
http://www.boston.com/news/world/articles/2006/05/27/hard_driving_colombian_lead\
s_for_2d_term/ ]

Après cette confortable victoire dimanche dernier, la Colombie se prépare à
vivre quatre années de plus sous Uribe, le président qui a transformé la
Colombie en un îlot de servilité envers les Etats-Unis tandis que le reste de
l'Amérique du sud adopte lentement des alternatives plus souveraines, plus
populaires et plus démocratiques. En réalité, Uribe a été réélu avec un des plus
faibles mandats populaires de toute la région. Les véritables vainqueurs des
élections de 2006, ceux qui n'ont pas fait la une des journaux commerciaux mais
qui continuent néanmoins de dominer la scène politique, ce sont les déçus du
système.

La Gauche - à un époque pratiquement inexistante sur la scène politique
colombienne - s'est révélée une force majeure qui a finalement réussi à ouvrir
une brèche dans le long règne du Parti Libéral Colombien. Ce ne fut pas le fruit
du hasard, mais celui d'un travail intense pendant des années pour unifier les
différentes factions à gauche et regagner lentement la confiance que des
décennies de guerre et de répression avaient entamée. En 2002, Luis Eduardo
Garzon s'était présenté comme le candidat d'une nouvelle coalition de gauche
appelée le Pole Démocratique Indépendant (PDI), remportant à peine 6 pour cent
des voix. Cependant, l'année suivante, il remporta la mairie de Bogota et
plusieurs candidats du PDI remportèrent plusieurs autres villes importantes. Ce
furent les premières victoires réelles de la gauche depuis que le parti de
l'Union Patriotique fut massacré - la plupart des principaux candidats et des
milliers de militants furent assassinés - au milieu des années 80 et au début
des années 90. Lors des élections pour le congrès, en mars de cette année, des
candidats « radicaux » du PDI et l'ancien guérillero du M19 Gustavo Petro,
considéré comme le député le plus populaire de la chambre basse, se présentèrent
au Sénat et obtinrent le deuxième plus grand nombre de voix jamais obtenu par un
sénateur. Aujourd'hui, Carlos Gaviria, partisan d'une réforme de la politique
antidrogue [ http://www.narconews.com/Issue29/article704.html ], récolta le
nombre sans précédent de 2,6 millions de voix
[http://narcosphere.narconews.com/story/2006/5/28/19831/5800 ], soit 22 pour
cent, en tant que candidat à la présidence au nom du Pole Démocratique
Alternatif (PDA).

Dans le même temps, et malgré un soi-disant enthousiasme sans précédant pour la
réélection du président, Urie a eu relativement peu de voix. Selon les derniers
chiffres officiels, la participation n'a été que de 43% des inscrits. (la notion
« d'inscrit » est un autre sujet de débat dans la mesure où nombreux ont été
ceux qui se sont vus refouler des bureaux de vote pour une raison bureaucratique
ou une autre, aucun chiffre précis ne semble être disponible.)

Comparons ces chiffres aux 69,2 pour cent de participation au référendum de 2004
au Venezuela. Ou aux 77,21 pour cent en Espagne qui donnèrent la majorité au
Parti Socialiste la même année. Ou les 83,6 pour cent d'Italiens qui ont
récemment donné une courte victoire à la gauche. Même aux Etats-Unis ou au
Mexique, deux pays connus pour leur taux d'abstention, la participation a
dépassé les 60% lors des élections de 2004 et 2000.

La « victoire » du candidat de droite Uribe semble encore plus étroite comparée
aux pays voisins :

-          Pérou 2006 : 88,71 pour cent de participation au premier tour, le
nationaliste de gauche Ollanta Humala en tête (le deuxième tour n'a pas encore
eu lieu)
-          Chili, 2006 : 87,12 pour cent au second tour, remporté par Michelle
Bachelet, centre-gauche.
-          Bolivie, 2005 : 84,5 pour cent, remporté par le candidat de gauche
Evo Morales.
-          Uruguay, 2005 : 88,29 pour cent, remporté par le candidat de
centre-gauche Tabaré Vásquez
-          Panama, 2004 : 76,90 pour cent, remporté par le candidat de
centre-gauche Martín Torrijos Espino
-          Argentine, 2003 : 77,53 pour cent, remporté par le candidat de
centre-gauche Nestor Kirchner
-          Brésil 2002 : 79,5 pour cent, remporté par le candidat de gauche Lula
da Silva.
-          Equateur, 2002 : 71,21 pour cent, remporté par le candidat
nationaliste de gauche avec le soutien des indiens, Lucio Gutierrez.

Cela dit, le vote est plus ou moins obligatoire dans ces pays, ce qui n'est pas
le cas de la Colombie (tout comme le Mexique, les Etats-Unis, l'Italie ou
l'Espagne). [ note du traducteur : erreur ici en ce qui concerne l'Italie, non ?
] Mais dans pratiquement toutes ces élections où le vote est obligatoire, le
taux de participation fut exceptionnellement élevé lorsque les électeurs ont
senti qu'un changement véritable était possible ou qu'il fallait défendre un
système qui était attaqué. Quelque soit l'opinion que l'on peut avoir sur le
vote obligatoire, les dirigeants de tous les pays cités peuvent prétendre, d'une
manière bien plus crédible qu'Uribe, qu'ils ont bien été élus avec la majorité
des voix.

Que s'est-il donc passé pour ces Colombiens qui étaient censés faire confiance
pour la première fois à leur gouvernement ? Qui se sentent protégés et plus en
sécurité qu'auparavant ? Comparé à l'élection de 2002 où il remporta son premier
mandat, Uribe ne récolta que 1,3 millions de voix de plus cette année - dans un
pays qui compte près de 46 millions d'habitants. Peut-être qu'un jour la
Colombie verra un candidat redonnera au peuple l'envie de se prononcer, de
croire qu'une élection pourrait changer leurs vies, mais Uribe n'est pas ce
candidat là.

Vue des Bidonvilles

« Ici, les gens de votent pas, » m'a dit Roberto Camacho le jour du vote. Il
fait partie de ces millions de gens qui vivent dans les bidonvilles autour de
Bogota. « le président, c'est pour les riches. Les candidats parlent des pauvres
pendant la campagne électorale, mais une fois au pouvoir ils nous oublient. »

Il y a dix ans, le violence de la guerre civile Colombienne a forcé Camacho à
abandonner sa ferme à Choco, le département le plus pauvre du pays malgré ses
terres fertiles et son statut de la plus grande biodiversité sur terre. Il
s'enfuit de Choco et devint un des premiers afro-colombiens à s'installer sur
les collines de « Comuna 4 », un secteur de la banlieue misérable de Suacha, au
sud de Bogota. Aujourd'hui, 64 000 personnes y vivent dans les maisons
construites sans autorisation et des cabanes accrochées aux flancs de ces
collines ; 80 pour cent d'entre eux, dit Camacho, sont des gens déplacés comme
lui, des réfugiés dans leur propre pays.

Au cours des dernières décennies, la Colombie est devenue un des pays les plus
urbanisés au monde. Le nombre de déplacés a dépassé pour la première fois la
barre des 100 000 en 1996, l'année où Camacho s'est enfui de sa ferme vers la
ville, et le nombre n'a pas baissé depuis. La pire année a été 2002, l'année de
la première élection d'Uribe, où le nombre de déplacés atteignit 413.000, selon
l'organisation de défense des droits de l'homme CODHES. Le chiffre a diminué
depuis mais n'a pas donné de véritables signes d'amélioration pendant les années
Uribe.

Comme l'a signalé Sean Donahue l'année dernière [
http://www.narconews.com/Issue35/article1177.html ], le milieu des années 90
marqua le début de dix ans de massacres dans le département de Choco, où des
intérêts économiques puissants commencèrent à confisquer les terres. Lorsque le
Plan Colombie fut lancé en 2000 ainsi qu'une intense campagne de fumigation, une
bonne partie des petits agriculteurs de coca dans les départements du sud durent
fuir. Les terres vierges de Choco attirèrent de nombreux fermiers de coca
déplacés qui furent eux-mêmes rattrapés par la guerre brutale anti-drogue
imposée par les Etats-Unis. A présent, selon Camacho et d'autres « chocoanos »
du barrio, les gens commencent à arriver des jungles de Choco, fuyant les
fumigations et autres manifestations de la guerre anti-drogue.

Ceux qui tentent de fuir la guerre rejoignent ceux qui tentent de fuir la
misère, obligés de chercher du travail dans les villes, comme leurs semblables à
travers l'Amérique latine, tandis que la politique économique d'Uribe et de ses
prédécesseurs rend la vie de plus en difficile pour les petits paysans. Souvent,
le déplacement ne s'arrête pas aux villes, car une violence paramilitaire y
règne aussi, combinée avec le statut illégal des habitations dans lesquelles ils
sont obligés de vivre. Une fois arrivés dans les grands centres de réfugiés tels
que Bogota ou Medellin, les habitants des bidonvilles doivent souvent continuer
de fuir d'un barrio à l'autre.

Une bonne partie de l'abstention qui a marqué les élections dimanche - tant
regrettée par les média qui n'arrivaient pas à comprendre une telle apathie
devant une élection « historique » - eut lieu dans des lieux tels que Suacha. On
peut vivre des années à Bogota sans voir ces communautés marginalisées ; la
géographie particulière de la capitale les cache derrière les collines et les
arbres. Les banlieues pauvres du sud ne sont que de vagues zones inconnues. « El
Sur » (le Sud), là où le mal rôde.

Face à une telle marginalisation, de plus en plus de gens considèrent que la «
démocratie » colombienne n'a pas de sens. Qu'est-ce que ça peut bien faire,
demande Camacho, si, après dix années de guerre menées par le gouvernement qui
l'ont obligé à quitter sa ferme, il ne peut toujours pas y retourner sans
crainte de se faire assassiner ? Aucun candidat présidentiel n'est jamais venu à
Comuna 4 pour parler aux gens, dit Camacho. Nous passons devant un bureau de
vote situé à quelques pas de sa maison. En effet, peu semblent intéressés ; les
longues files d'attente, montrées à la télévision, dans le centre-ville et les
quartiers résidentiels, sont invisibles ici.

Beaucoup ont dit que malgré le faible taux de participation, les sondages
indiquent depuis quatre ans que la moitié du pays soutient Uribe, et que les
élections de dimanche reflètent donc bien la volonté populaire. Certes, une
grande partie de la population soutient le président. La violence politique se
poursuit dans les campagnes, et l'année dernière a connu un record historique
dans le nombre d'attaques de paramilitaires [
http://www.ciponline.org/colombia/blog/archives/000181.htm ], mais les crimes,
particulièrement les meurtres et les enlèvements, sont en baisse dans la plupart
des régions du pays. Plusieurs routes principales, jadis les cibles de la
guérilla et du banditisme, sont désormais bordées de soldats et d'artillerie et
sont considérées comme sûres. Uribe a réussi à convaincre de nombreuses
personnes que si on lui donnait une « deuxième chance », quatre ans de plus, il
pourra débarrasser le pays une bonne fois pour toutes de la guérilla et des
trafiquants de drogue.

Mais les sondages ne disent pas tout. Le même phénomène de marginalisation qui
décourage les gens d'aller voter les rend aussi invisibles aux yeux des
sondeurs. Alfredo Molano, un des principaux journalistes et intellectuels
Colombiens, déclara en 2004 à NarcoNews 
[http://www.narconews.com/Issue33/article1003.html ] :

« Selon les sondages, (Uribe) a un très fort taux de soutien. Mais les sondages
en Colombie sont effectués par téléphone, auprès de 1000 ou 1500 personnes
choisies dans quelques villes - de grandes villes comme Bogota ou des villes
moyennes comme Villavicencio. Mais ils sont effectués par téléphone. Donc, on
sait qu'une grande partie de la population est ignorée par ces sondages. Il n'y
a que sept millions de téléphones en Colombie, pour une population d'environ,
disons, 40 millions. Il y a donc une très grande partie de la population,
peut-être les trois-quarts, qui ne participe pas aux sondages ; on ne leur a
jamais posée la question, et on ne la leur posera jamais.

... il y a autre chose qui pousse à douter de ces sondages. Lorsque les
enquêteurs appellent, ils le font d'une manière anonyme. Les gens ne savent pas
qui est à l'autre bout du fil. Alors, si on leur demande, « aimez-vous Uribe ? »
les gens ont peur, et ils ne vont pas répondre « non, je n'aime pas Uribe »,
parce que c'est peut-être un piège. Pareil pour l'armée. En sachant ce que je
sais, si je reçois un coup de fil me demandant si je soutiens l'armée, j'aurais
peur de répondre. Ces éléments, bien entendu, ne sont jamais pris en compte. »

Des Menaces qui se profilent

En face du bureau de vote, les mots « Bloque Capital » (Bloc Capital, des Unités
d'Auto-défense colombiennes ou AUC, le groupe paramilitaire qui signa un accord
de « paix » avec le gouvernement d'Uribe) s'étalent sur un mur.

Un des arguments principaux d'Uribe a été d'avoir signé un accord avec les
groupes paramilitaires d'extrême droite, et principalement d'avoir gracié leurs
crimes (ces groupes sont de loin les principaux responsables des massacres et
assassinats politiques) en échange d'une « restitution de leurs armes ».
Camacho, dans sa vie de tous les jours en tant que dirigeant de la communauté,
connaît la réalité qui se cache derrière la façade. Il est vrai, dit il, que la
violence a baissé dans le quartier, mais les paramilitaires sont toujours
présents, et sont toujours armés. « Les choses n'ont pas vraiment changé. Ils
ont menacé ma famille, mes fils ont dû quitter le barrio pour ne pas être
assassinés. Ils ne peuvent plus revenir à la maison. »

Les intimidations formulées par l'extrême droite ont été très répandues à
l'approche de l'élection. Quatre jours avant l'élection, un groupe qui se
nommait « Colombie libre du communisme : bras armé de l'ancien AUC, », publia un
communiqué qui disait, entre autres :

«  Chers compatriotes :
Le moment est venu de faire un choix pour le présent et l'avenir de notre patrie
sacrée. Nous, le groupe Colombie Libre (« Colombie libre du Communisme ») sont
attentifs à toute décision que vous pourriez prendre en faveur d'une démocratie
authentique. La seule voie pour tous les Colombiens est celle du soutien
inconditionnel à la politique de sécurité démocratique de notre
président-candidat, le docteur Alvaro Uribe Velez.

En aucune manière nous ne permettrons un autre résultat à cette élection qui
approche, dimanche prochain, que celui de l'élection du Président Uribe et de
son groupe de collaborateurs. Ils savent très bien qu'ils ont notre soutien
total. A cet égard, nous aimerions vous prévenir une dernière fois : étant donné
les circonstances dans lesquelles se trouve actuellement le pays, nous nous
déclarons en guerre ouverte et totale contre tout intérêt opposé à la réélection
de notre dirigent légitime...

Nous ne permettrons pas un autre résultat et, s'il advenait dimanche que la
majorité porte des chemises jaunes (couleur du Pole Démocratique Alternatif),
nous les teinterons d'une autre couleur, celle affichée par l'insurrection et
les libéraux serviles : rouge sang ! »

D'autres lettres similaires, menaçant de violences et proclamant leur loyauté
envers Uribe, ont été envoyées à différents groupes et organisations. De telles
menaces n'ont pas été prises à la légère après le meurtre le mois dernier du
militant de gauche Hinigio Baquero Mahencha
[http://colombia.indymedia.org/news/2006/04/40626.php ] - un rescapé de la
violence des années 80 contre le défunt parti de l'Union Patriotique - ainsi que
d'autres décès et disparitions mystérieux autour de Bogota.

Au bord d'une explosion sociale

« Nous sommes très préoccupés » nous a déclaré Samuel Moreno, président du Pole
Démocratique Alternatif et sénateur, la veille de l'élection, « par le fait que
beaucoup de gens ici ont montré qu'ils étaient prêts à abandonner des droits
civiques en échange de paix. »  C'est une bonne description des 62 pour cent des
électeurs qui ont revoté pour Uribe. Mais que se passera-t-il lorsque les gens
se rendront compte qu'Uribe ne peux pas apporter la paix mais seulement plus de
répression ?

Les mythes que les médias ont répandus, profitant de la lassitude de la
population qui avait soif de bonnes nouvelles, ne pourront durer très longtemps.
La guérilla est trop puissante, trop sophistiquée, trop expérimentée pour être «
écrasée » militairement selon la promesse d'Uribe. En tant que représentant des
secteurs les plus conservateurs des propriétaires terriens, et avec un passé de
liens avec les paramilitaires et le trafic de drogue,
[http://www.narconews.com/narcocandidate1.html ] Uribe ne pourra jamais être un
négociateur crédible pour les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes
(FARC). Les scandales sur l'infiltration des forces de sécurité par les
narcotrafiquants et les paramilitaires
[http://www.narconews.com/Issue41/article1747.html ] ont été jusqu'à présent été
occultés par la campagne électorale. Mais l'élection est passée et les
fonctionnaires tombés en disgrâce commenceront à porter atteinte à l'image
d'Uribe. L'Accord de Libre Echange (TLC initiales espagnoles) qu'il négocie avec
les Etats-Unis est déjà très largement impopulaire, y compris parmi les
partisans défavorisés du président. La croissance économique dont il se vante
n'a pas encore eu d'effets sur la pauvreté et, si l'histoire récente d'autres
pays d'Amérique latine peut servir de référence, la patience des masses devant
le modèle néolibéral est en train de s'épuiser.

Au cours du mois de mai, nous avons déjà eu un aperçu des quatre prochaines
années. Le semaine dernière nous avons raconté les mobilisations populaires à
travers tout le pays contre la politique anti-démocratique du gouvernement, en
faveur de la réforme agraire, contre le TLC, et dans de nombreuses zones contre
la guerre chimique par fumigations que les Etats-Unis et le gouvernement
colombien mènent contre leur fermiers. (un des deux départements remportés par
Gaviria fut Narino, le département qui a subi le plus de fumigations.) Malgré la
répression exercée par le gouvernement d'Uribe, qui traite ces manifestants
comme des combattants ennemis, les dirigeants sociaux se sont déclarés plus
déterminés que jamais à poursuivre la lutte et la résistance.

Pendant le dernier mandat d'Uribe, les Etats-Unis ont injecté 3,5 milliards de
dollars en aides à son gouvernement. Les autorités étasuniennes lui ont
virtuellement délivré un laisser passer sur toutes les scandales touchant au
trafic de drogue et les atroces violations des droits de l'homme. Uribe a prouvé
qu'avec le soutien de Washington, il pouvait contourner l'article de la
constitution qui limitait à une seul le nombre de mandats présidentiels, et se
faire réélire. Mais avec l'effondrement du vieux système colombien à deux
partis, avec l'émergence d'une gauche électorale, et la possibilité que, un
jour, la majorité bascule, son deuxième mandat risque de s'avérer plus difficile
que le premier.

http://www.narconews.com/Issue41/article1855.html

[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10636 De: "Thierry Delforge" <delforgethi@...>
Date: Lundi 29. Mai 2006  22:31
Sujet: NON à l'extradition de BAHAR KIMYONGÜR
delforgethi@...
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Chers camarades,

Ci-dessous les éléments essentiels d'un scandaleux précédent : la prise en
compte par les justices belge et hollandaise d'une demande
d'extradition de la part du régime turc pour délit d'opinion. Voir
http://www.leclea.be et la pétition.
Salut et fraternité.

Thierry Delforge, CLEA, Bruxelles


Le 28 avril dernier Bahar Kimyongur, un citoyen belge, a été arrêté par la
police des Pays-Bas qui lui a signifié l'existence d'un mandant d'arrêt
international dressé contre lui par la Turquie -le 6 avril- au motif qu'il
serait membre d'une organisation terroriste. Les faits que les autorités turques
lui reprochent pour justifier cette accusation sont à présents entièrement
connus -depuis le 18 mai-. D'abord, la Turquie dénonce l'interpellation par
Bahar d'un ministre turque en 2000 au Parlement européen. Ensuite, elle accuse
Bahar d'avoir participé, fin des années 90, à une grève de la faim en Allemagne
pour soutenir un détenu du DHKC, organisation communiste turque dont Bahar est
membre du bureau d'information à Bruxelles. Enfin, elle lui reproche d'avoir
participé au « procès Erdal ».
Bref, tous les faits reprochés respectent le cadre légal des démocraties
occidentales et relèvent de la liberté d'expression ou d'association. De plus,
aucun de ces faits ne se sont déroulés en Turquie.

Tous ces éléments démontrent l'absurdité totale de la demande d'extradition de
la Turquie. Absurde certes mais surtout dramatique car si Bahar est extradé, il
se retrouvera entre les mains des tortionnaires dont il ne cesse de dénoncer les
agissements puisque les cas de torture des prisonniers politiques en Turquie
sont connus de tous.
Pourtant, les autorités belges refusent jusqu'à présent tout contact avec la
famille. Plus, le rôle des autorités belges dans cette affaire est trouble.
D'abord, les conditions de son arrestation par la Hollande sont pour le moins
inquiétantes : pourquoi les autorités belges qui avaient connaissance du mandat
d'arrêt n'ont pas prévenu leur ressortissant ? Comment expliquer qu'à peine
sorti du territoire belge, Bahar ait été arrêté. Qui a prévenu les autorités
bataves ? Ensuite, le consulat belge en Hollande a prévenu Bahar la semaine
dernière (le 19 mai) que notre pays ne ferait rien pour l'aider comme l'avait
déjà annoncé le parquet fédéral il y a quelques semaines.

L'attitude agressive de la Turquie conjuguée au positionnement de collaboration
de la Belgique nous font craindre le pire pour l'intégrité physique d'un citoyen
belge qui n'a commis aucun délit. C'est la raison pour laquelle le Clea -fort de
sa pétition réunissant plus de 5000 signatures parmi lesquelles on retrouve les
noms de parlementaires belges et européens ; de responsables d'associations
d'avocats, de défense des droits de l'homme ; de professeurs d'universités ;
d'artistes comme Philippe Geluk, Pierre Mertens, Julos Beaucarne ; de
syndicalistes.- demande que la famille de Bahar puisse être reçue par Laurette
Onkelinkx et Karel de Gucht. La première, parce qu'elle est ministre de la
Justice, représentante au gouvernement de la gauche -qui est sensée défendre la
plus faibles- et vice première ministre. Madame Onkelinkx doit recevoir la
famille pour la soutenir afin que le gouvernement belge prenne officiellement
position pour protéger son ressortissant. Karel de Gucht, car il est ministre
des affaires étrangères et à ce titre, la personne la plus susceptible de faire
jouer la diplomatie belge dans cette affaire Mais puisque ces deux représentants
du peuple refuse d'écouter la voix de 5000 citoyens, nous demandons aux
personnalités touchées par le cas de Bahar Kimyongur, symbole des menaces qui
pèsent sur notre démocratie pour ceux qui souhaitent exprimer un point de vue
contestataire, d'écrire personnellement à ces deux ministres pour qu'ils
acceptent de recevoir la famille de Bahar, pour que le gouvernement belge
protège son ressortissant afin qu'il ne soit pas extradé vers la Turquie. Ces
rencontres doivent avoir lieu avant le 13 juin, date de l'entame de la procédure
hollandaise pour décider de l'extradition de Bahar.


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10637 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Mercredi 31. Mai 2006  20:01
Sujet: Neuvième édition du Festival de cinéma français à Cuba
cubasolidarity
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From: Info-Cuba

ACN 3
Service en langue française



Neuvième édition du Festival de cinéma français à Cuba



La Havane, 30.05.06 (ACN)  Pour la neuvième fois Cuba accueille le Festival de
cinéma français, 19 films qui seront appréciés du 3 juin au 13 juillet à La
Havane et en province.



Christophe Barratier, réalisateur français et président du Festival, a annoncé
la projection du film Joyeux Noël, nominé à l'Oscar du meilleur film étranger en
2006.



Le Festival se déroulera à La Havane du 3 au 17 juin, et ensuite à Santa Clara,
Camagüey, Santiago de Cuba, Cienfuegos, Las Tunas et Guantanamo.



Organisé par l'Institut cubain de l'art et de l'industrie cinématographique
(ICAIC), la Cinémathèque de Cuba, l'ambassade de France à La Havane, l'Alliance
française et Cinémanie, cette édition permettra d'apprécier des films tels que
Les poupées russes, Douches froides, Il ne faut jurer de rien, Le rôle de sa vie
et le documentaire La marche de l'empereur.



Comme à d'autres occasions, d'importants cinéastes se déplaceront à Cuba pour la
présentation de leurs films. Plus de 100 000 spectateurs cubains ont apprécié le
cinéma français lors du dernier festival, chiffre pouvant être dépassé
maintenant du fait de la qualité et de la diversité des long-métrages.



Marie-France Pagnier, ambassadrice de France à Cuba, d'autres fonctionnaires de
l'ambassade et de l'ICAIC, ainsi que le réalisateur français Nouredine Essadi
ont participé à la conférence de presse pour l'annonce de cette nouvelle édition
que le public cubain remercie.


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10638 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Mercredi 31. Mai 2006  20:02
Sujet: Le silence devant le défi de Fidel est une capitulation, affirme le ministre des Affaires étrangères
cubasolidarity
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From: Info-Cuba


ACN 4

Service en langue française



Le silence devant le défi de Fidel est une capitulation, affirme le ministre des
Affaires étrangères



La Havane, 24.05.06 (ACN)  Le ministre cubain de Affaires étrangères, Felipe
Perez Roque, a considéré comme une capitulation le silence de George W.Bush, des
33 agences de renseignement étasuniennes, des banquiers et du magazine Forbes
devant le défi du président cubain.



Le Ministre cubain a précisé que 10 jours après le défi de Fidel de renoncer à
ses fonctions si l'on présentait les preuves de sa fortune, le gouvernement des
États-Unis n'a pas toujours répondu.



« S'ils avaient un minimum d'honneur, ils s'excuseraient devant l'opinion
mondiale », a signalé le Ministre.



[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10639 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Mercredi 31. Mai 2006  20:00
Sujet: Hugo Chavez : « Il n'y a pas de liberté politique sans contrôle des ressources naturelles »
cubasolidarity
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From: Info-Cuba

ACN 2
Service en langue française



Hugo Chavez : « Il n'y a pas de liberté politique sans contrôle des ressources
naturelles »



La Havane, 31.05.06 (ACN)  « Si les pays sud-américains ne prennent pas le
contrôle des ressources naturelles ne pourront jamais échapper à la mainmise des
multinationales et avancer vers la réduction de la pauvreté », a affirmé Hugo
Chavez.



Le président vénézuelien a accusé les compagnies multinationales de provoquer la
misère à partir du fait de privilégier leurs intérêts au détriment de ceux des
pays où elles opèrent.



Ces déclarations ont été formulées lors de la signature d'un accord de
coopération pétrolière avec le président de l'Equateur, Alfredo Palacio, à
Quito, ouvrant les portes à de grands projets de raffinage de pétrole équatorien
au Venezuela.



Une bataille diplomatique est livrée entre Quito et Washington suite à
l'annulation du contrat d'exploration pétrolière à l'Occidental Petroleum Corp
OXY.N du fait de violations contractuelles.



« Les multinationales emportent les matières premières, les transforment et,
bien sûr, gardent les bénéfices. En tant que latino-américains souhaitant
construire un avenir digne pour tous, nous soutenons la décision du président
Palacio », a dit Hugo Chavez, accueilli à Quito par les mouvements sociaux et de
gauche équatoriens.





[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10640 De: gonzalez justo gloria <estrellasolg@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  7:27
Sujet: COMMUNIQUE FRANCE CUBA
estrellasolg
Envoyer un message Envoyer un message
 
POUR DES RELATIONS DE L'UNION EUROPEENNE AVEC CUBA SANS CONDITIONS

COMMUNIQUÉ DE FRANCE CUBA

Au mois de Juin 2006, l’Union Européenne  doit réviser une nouvelle fois la «
Position Commune » adoptée à l’encontre de la République de Cuba en décembre
1996, modifiée en juin 2003 et révisée en janvier et juin 2005.

L’association France Cuba s’oppose à tout maintien d’une position qui
confirmerait la politique d’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays
souverain, avec l’intention clairement avouée de mettre fin au système politique
librement choisi par le peuple cubain.

En prenant pour prétexte le soutien à quelques personnes[1] qui, à grand renfort
de dollars étasuniens, se sont placées dans l’illégalité face aux lois de leur
pays, l’Union européenne ignore la volonté du peuple cubain dans son immense
majorité, lui refuse le droit de construire une société différente, reconnue
aujourd’hui et plus que jamais, par la majorité des pays de l’Amérique latine
comme une alternative possible au néolibéralisme imposé par les grandes
puissances.

Cette Position Commune marque une fois de plus la soumission de l’Union
Européenne à la politique agressive des Etats-Unis qui imposent à Cuba, au
détriment des lois internationales et des multiples votes de l’ONU, un blocus
assassin depuis plus 46 ans.

Au nom de quelle morale peut-on mettre Cuba au ban des nations pour avoir
appliqué la loi prévue par la Constitution cubaine,  au cours de procès légaux 
et ne pas appliquer ces mêmes mesures d’exclusion politique et économique à
l’encontre des Etats-Unis pour les multiples exactions et violations du Droit
international commises systématiquement depuis le début de leur invasion de
l’Irak, pour ne citer que ce pays ?

Au nom de quelle morale, les pays européens s’arrogent-t-il le droit de décider
de la politique intérieure d’un pays tiers ? Ni l’Union Européenne, ni les
Etats-Unis ne peuvent se prévaloir d’être les garants du respect des droits de
l’Homme. Le dernier rapport d’Amnesty International en apporte la confirmation.

Le maintien de la « position commune » entrerait en contradiction avec la
Déclaration finale du IVème sommet  Union Européenne – Amérique Latine Caraïbes
à Vienne en Autriche, le 12 mai 2006 qui réaffirme que : « la démocratie est une
valeur universelle, qui émane de la volonté librement exprimée des peuples de
définir leur propre système politique, économique, social et culturel et qui
repose sur leur pleine participation à tous les aspects de leur existence. Nous
réaffirmons également que, quand bien même les démocraties ont des
caractéristiques communes, il n'existe pas de modèle unique de démocratie et que
la démocratie n'est pas l'apanage d'un pays ou d'une région, et réaffirmons
qu'il faut respecter pleinement la souveraineté, l'intégrité territoriale et le
droit à l'autodétermination. »

Pour ces raisons, France Cuba demande

L’abandon de toute Position Commune Européenne qui poserait des conditions à
l’établissement de relations politiques, économiques et commerciales avec Cuba.

Le retour de relations de l’Union Européenne avec Cuba, respectueuses de la
souveraineté du peuple cubain et de son gouvernement.

Paris, le 1er juin 2006


---------------------------------

[1] Pour mémoire rappelons que ces individus ont été condamnés non pour leurs
opinions mais pour avoir perçu des fonds et pour entente illicite avec une
puissance étrangère qui n’est autre que les Etats-Unis d’Amérique. Dans tout
pays, ce délit est puni de peines sévères : en France, 30 ans d’emprisonnement
et 450.000 euros d’amende (art 411-4 du code pénal)

#10641 De: "dauphinkiri" <Dauphinkiri@...>
Date: Jeudi 1. Juin 2006  10:32
Sujet: Le Venezuela va fabriquer des Kalachnikov
titin1552000
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Le Venezuela va fabriquer des Kalachnikov (le quotidien Biznes)
01/06/2006 14:10 MOSCOU, 1er - RIA Novosti. La Russie construira au Venezuela
une usine de fusils d'assaut Kalachnikov. Elle a ainsi choisi de vendre une
licence de fabrication plutôt que de conclure des contrats à long terme de
livraisons d'armes à ce pays à l'avenir qui s'annonce agité.

Caracas avait récemment signé avec "Rosoboronexport" (agence russe d'exportation
d'armements) un contrat concernant la livraison au Venezuela de fusils d'assaut
Kalachnikov (AK). Maintenant les tout derniers modèles AK103 ne traverseront
plus l'océan, ils seront fabriqués sur place.

A l'époque de l'Union soviétique les Kalachnikov étaient débités dans 18 pays
sur licence et dans 11 autres sans autorisation. La dernière licence de
fabrication d'AK est arrivée à expiration il y a 15 ans. Temporairement,
certains pays avaient reconnus le brevet d'invention "Fusil d'assaut
Kalachnikov". Une licence dite "eurasiatique" concerne la Russie, l'Arménie,
l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, le Kazakhstan, la Kirghizie, la Moldavie,
l'Ouzbékistan et la Turkménie. Les offices des licences de la Turquie, de la
Slovénie, de la Géorgie, de l'Ukraine et de la Chine ont délivré des documents
conformément auxquels ces pays s'engagent à acheter et à utiliser à l'intérieur
de leurs frontières des fusils d'assaut Kalachnikov exclusivement de fabrication
russe.

Le Centre d'analyse des stratégies et des technologies a estimé le coût d'une
telle licence à 10 millions de dollars. "La vente des licences de fabrication
d'armes est entrée dans la pratique mondiale, relève le directeur du centre,
Rouslan Poukhov. C'est qu'aujourd'hui sur le marché des armements c'est le
client qui fait la loi, le vendeur, lui, il est contraint de s'adapter à sa
demande".

Une source informée dans la branche a annoncé que désormais la primauté revenait
à l'aspect politique de la question. "La stratégie de "Rosoboronexport" semble
juste, fait-il remarquer. La situation politique au Venezuela est telle qu'il
est impossible de miser sur un paiement régulier et une observation stricte des
clauses contractuelles, aussi la vente d'une licence constitue-t-elle une
possibilité réelle d'obtenir du cash".

De l'avis Rouslan Poukhov, il ne faut pas s'attendre à un engouement massif
d'autres pays pour la licence de fabrication de ce type d'arme. "Quatre ou cinq
Etats au maximum pourraient se montrer intéressés, estime l'expert. Pour les
autres, il est bien plus simple et meilleur marché d'acheter les mêmes armes
dans d'autres pays ou encore d'adopter d'autres modèles d'armes automatiques".

http://fr.rian.ru/business/20060601/48913237.html


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10642 De: "bleitrach.danielle" <bleitrach.danielle@...>
Date: Jeudi 1. Juin 2006  14:44
Sujet: Re: [CSP] De la révolution au bagne > Proposition
bleitrach.danielle@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
merci de m'associer à cette entreprise de salut public, mais le plus  compétent
de nous tous est J.F.Bonaldi... Non seulement parce que depuis plus de trente
ans il vit à Cuba et de surcroît traduit les discours de Fidel et les documents
les plus importants... De surcroît étant un merveilleux traducteur de Marti, il
a pénétré l'âme Cubaine...

C'est une honte que ses livres soient édités si cher par l'Harmattan et dérobé
de fait à la lecture du grand public. Ses traductions de Marti en particulier
sont une oeuvre d'art, il a réussi à nous initier à ce penseur, un des plus
grands écrivains de surcroît. les traductions existantes m'avaient découragé de
lire Marti, je le trouvais "amphigourique", maniéré, et grâce à J.F.Bonaldi "une
page de l'univers m'est restituée" comme Marti accusait les conquistadors
d'avoir massacré la culture et le monde indien, en les accusant d'avoir dérobé
une page de l'univers...

Je relis une fois de plus le discours de Fidel, et grâce à J.F.bonaldi et la
traduction de Nuestra america, je comprends ce que je n'avais pas perçu, le
fondement démocratique de Cuba. Comment peut on prétendre faire une biographie
de Fidel en ignorant tout cela, en ignorant que quand Fidel dit "le socialisme
peut disparaître", nous amis de Cuba, nous entendons "bien sur puisque l'URSS a
disparu", ou encore nous nous demandons "qu'adviendra-t-il après Castro ?" Maisd
Fidel et les Cubains entendent "Cuba peut disparaître", son âme, son projet,
celui dont les racines sont dans José marti.

Bref, merci pour la proposition, mais elle se heurte à un deuxième obstacle:
même si j'étais invitée chez Fogiel ou Ardisson, j'ai juré de refuser ce
deshonneur... Comme l'aurait fait Bourdieu. je ne suis pas grand chose en regard
de lui, mais j'ai le respect du travail intellectuel et je refuse d'aller
m'exhiber dans un lieu pareil... Pas pour moi, mais au nom de tous ceux qui dans
les Universités et ailleurs sont les véritables intellectuels, ceux qui
modestement produisent un travail utile et pas un spectacle... S'il y avait une
bonne émission de vulgarisation, j'irai volontiers, mais je  refuse le spectacle
déshonorant. déjà les politiques, les représentants du peuple se déshonorent....

Mais Viktor lui veut bien y aller et il est nettement plus clair et plus pugnace
que moi...

Mais merci de la confiance...

Danielle

PS : j'allais oublier, toutjours à propos de l'idée le socialisme peut
disparaître, c'est Marti, un projet séculaire, anti-raciste, anti-esclavagiste,
qui fonde la nation cubaine, mais c'est aussi Marx, réactualisé par l'expérience
de la sauvagerie du monstre en Amérique latine, par la mort d'Allende, Marx dit
le capitalisme sue par ses pores du sang, il reprend l'idée de Marlowe, il
accouche dans le sang comme une truie, quand la réaction a eu peur, les
restaurations ne font pas de quartier, elles vont jusqu'au bout de
l'anéantissement... Cuba sera réduit en esclavage, il faudra l'anéantir, comme
aujourd'hui on dépèce l'ex-Yougoslavie, il faut  détruire jusqu'au bout,
jusqu'au souvenir, comme ce qu'ont été les  communistes... Le capitalisme
renverra les Cubains à la condition de  l'Indien... C'est exactement ce que dit
la loi Helms Burton : Cuba sera une démocratie quand le Président des Etats-Unis
l'aura décidé... Cette expérience là, inscrite dans la mémoire d'un continent,
Chavez, Fidel et Evo Morales, la partagent, ils savent ce qu'ils risquent eux et
leur peuple... Pour certains c'est un jeu de juger de ces révolutions, pour eux
cela risque de se terminer par des assassinats, des tortures, des stades
pleins... C'est aussi que dit Fidel aux Cubains, qui ne l'ignorent pas...

----- Original Message -----
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/10634

#10643 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  9:23
Sujet: PEROU - Entretien Ollanta Humala : « L’Amérique est épuisée par le néolibéralisme »
cubasolidarity
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From: Denisjpmo@...

Entretien avec Ollanta Humala
Ollanta Humala : « L’Amérique est épuisée par le néolibéralisme »
Il y a deux mois, alors que le président bolivien, Evo Morales, était investi,
l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) « Rouge » a
rencontré Ollanta Humala, candidat à la présidence du Pérou. Plaidant pour
la rupture avec le néolibéralisme, cet ex-militaire se situe à la croisée du
nationalisme et de l’indigénisme.

par Hervé Do Alto
2 juin 2006

Q-Evo Morales est le premier président indigène de Bolivie. Que ressentez-vous
?

Beaucoup de bonheur ! C’est l’expression d’un processus politique qui
donne une nouvelle orientation et un nouveau visage à l’Amérique latine. De
nouveaux leaders viennent de nombreux secteurs sociaux, populaires et divers,
dont il était impensable, il y a seulement vingt ou trente ans, qu’ils
accèdent au pouvoir. Je crois qu’Evo Morales fait partie de cette
génération de leaders qui vont donner une nouvelle impulsion à l’Amérique
latine dans un contexte mondial.

Q-Pensez-vous faire partie de cette nouvelle génération de leaders ?

Bien sûr ! J’ai huit mois d’ancienneté en politique. Jusqu’alors,
j’étais militaire en poste en France et, en à peine huit mois, nous sommes
parvenus à atteindre la première place dans les sondages. Ceci est
l’expression d’un courant progressiste en Amérique. L’Amérique est
épuisée par le néolibéralisme, qui n’a apporté aucun des bénéfices que
ses défenseurs promettaient. Nous voulons reconstruire notre modèle
économique. Nous voulons doter les masses de ce pays, qui n’ont jamais été
protégées par la loi, d’une nouvelle citoyenneté. Nous faisons en sorte de
leur donner une éducation de qualité, un système de santé fiable...

Q-De quelle manière la victoire de Evo Morales pèse sur votre propre campagne
?

Je crois que c’est important que Morales parvienne à consolider sa position
en Bolivie. Je vois beaucoup de joie sur le visage des Boliviens. Ce processus
va nous aider, si nous arrivons au pouvoir, à construire avec Evo Morales un
agenda commun entre la Bolivie et le Pérou, comme par exemple sur le gaz, la
culture de la coca, la dette... Autant de thèmes qui dépassent les frontières
de nos deux pays. Dans mon cas, j’ai une ambition à long terme, qui est de
mener à bien un projet d’intégration entre la Bolivie et le Pérou.

Q-Justement, concernant la feuille de coca, quelle est votre position exacte sur
le sujet ? Pensez-vous qu’il s’agit d’une culture andine traditionnelle
qu’il faut défendre ?

Bien sûr, à l’évidence ! La feuille de coca fait l’objet aujourd’hui
d’une confusion totale avec la cocaïne, alors qu’elle représente une
culture ancestrale, quoi que veuillent en penser les États-Unis. En ce sens,
nous sommes donc partisans de sa dépénalisation et nous avons vocation à
défendre les cultivateurs de coca péruviens.

Q-Votre passé militaire et votre participation à une tentative de coup
d’État contre l’ex-président Fujimori, en 2000, ont contribué à donner
de vous l’image d’un dangereux populiste autoritaire, voire d’un fasciste.
Comment réagissez-vous à ces accusations ?

On veut effectivement me discréditer à travers ces affirmations. J’ai
effectivement participé à une tentative de coup d’État mais, aujourd’hui,
nous parions sur la voie électorale pour changer notre pays et rompre avec le
néolibéralisme sur une base nationaliste et progressiste, en solidarité avec
l’ensemble des régimes latino-américains qui s’engagent dans une
perspective similaire à la nôtre. De plus, le fascisme a toujours défendu le
grand capital, alors qu’en ce qui me concerne, je défends les petits
producteurs et les Péruviens les plus pauvres.

Propos recueillis par Hervé Do Alto


******

Élections au Pérou : un nouvel espoir ?

Le premier tour des élections générales péruviennes, dimanche 9 avril, a
délivré son verdict : malgré une campagne électorale très agressive à son
égard, le candidat nationaliste, Ollanta Humala, s’est imposé avec plus de
30 % des voix. Humala devra toutefois attendre encore pour connaître son
adversaire du second tour : le comptage des voix ne permet pas pour l’instant
de départager le candidat social-libéral, Alan Garcia, et la représentante de
la droite, Lourdes Flores, qui pointent tous deux à 24 % des voix.

Malgré des sondages qui lui attribuaient un score plus important, ce résultat
est un véritable succès pour Humala, que les États-Unis perçoivent comme un
potentiel « second Chavez », et que la bourgeoisie péruvienne craint de voir
accéder à la fonction présidentielle. Ainsi, la veille de l’élection,
Alejandro Toledo, président en exercice, s’adressa aux Péruviens par le
biais d’un « message à la nation » télévisé, au cours duquel il déclara
qu’il fallait que le peuple « réfléchisse », et ne vote pas « pour une
candidature qui représente l’instabilité et l’autoritarisme ». En somme,
une attaque directe à l’encontre de Humala.

Le jour même de l’élection fut marqué par un événement inattendu : au
moment de voter dans une université privée située dans un quartier bourgeois
de Lima, Humala a dû faire face à un demi millier de militants de droite
criant « Asesino ! » (« Assassin ! »). Une fois dans le bureau de vote, il
se vit littéralement bloqué durant plus d’une heure : une scène pour le
moins surréaliste, qui n’a été possible que grâce à la passivité de
forces de police.

L’incident, loin d’être anecdotique, souligne toute l’ambiguïté du
personnage qui, aujourd’hui, fédère les aspirations de la majorité des
couches populaires. Accusé, tout au long de la campagne, de violation des
droits humains, Humala est suspecté d’avoir participé, en tant que
militaire, à des actes de torture, en 1992, alors que l’ancien président,
Alberto Fujimori, menait sa « guerre contre la subversion » à l’encontre
d’un Sentier lumineux - la guérilla maoïste d’Abimaël Guzman, née
quelques années plus tôt - particulièrement actif au sein de la paysannerie
péruvienne. Des accusations que, paradoxalement, l’État ne peut prouver,
sous peine de discréditer l’ensemble de l’armée elle-même. Il est
également soupçonné d’avoir tissé des liens avec la « mafia militaire »
de Vladimir Montesinos, l’ancien chef de l’armée sous Fujimori, liens qui
n’auraient été rompus qu’après sa rébellion contre ce dernier, à Tacna,
dans le sud du Pérou, aux côtés de son frère, Antauro, en 2000.

Dans un cadre électoral polarisé à l’extrême, le succès de Humala
s’explique en partie par l’état d’errance d’une gauche dont une partie
s’est fourvoyée dans le « fujimorisme », et qui est aujourd’hui
totalement absente du panorama politique. Militaire de carrière ayant
initialement épousé « l’ethnocacérisme », une idéologie nationaliste
teintée de racisme élaborée par son père Isaac, et dont se revendique
toujours son frère actuellement emprisonné après une nouvelle rébellion
armée en janvier 2005, Ollanta a, depuis son entrée en politique l’an
dernier, considérablement modéré son discours, lui donnant un caractère plus
clairement nationaliste, désormais fondé sur la récupération des ressources
naturelles du pays.

Se revendiquant « ni de droite, ni de gauche », développant une gestuelle
dans le plus pur style du caudillo latino-américain, c’est pourtant lui qui
parvient aujourd’hui à donner une voix aux secteurs sociaux les plus
appauvris du Pérou, notamment le sud andin. Il nourrit également l’espoir
d’un coup d’arrêt à une politique économique que Toledo, en signant,
mercredi 12 avril, un traité de libre-échange (TLC) avec les États-Unis,
prétend mener jusqu’au bout de son mandat. C’est là tout l’enjeu du
second tour qui aura lieu dans un mois.

Source : Rouge (www.lcr-rouge.org/), n°2154, avril 2006.



http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1712


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10644 De: "Cuba Solidarity Project" <cubasolidarity@...>
Date: Mardi 30. Mai 2006  11:29
Sujet: Re : [CSP] lourd ! (plusieurs réactions regroupées)
cubasolidarity
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réactions au message :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/10611

de mémoire de modérateur, on aura rarement vu autant de réactions pour un texte
donné (plus ceux qui ont demandé à ne pas être publiés). La dernière fois, si ma
mémoire est bonne, c'est lorsque quelqu'un s'est demandé où on pouvait acheter
du café cubain... Là aussi, les abonnés de CSP se sont déchainés.

* * * *

Pierre
pierre.delafontaine@...

Chacun est libre de lire ou de ne pas lire... Quant à moi je me suis inscrit sur
cette liste pour avoir des nouvelles de Cuba et je suis très satisfait car là au
moins, j'en ai!

Même si un de mes (pas nombreux) messages n'a pas été publié il y a quelques
semaines, j'apporte tout mon soutien (moral!!!) au modérateur: NE RIEN
changer.!!!
Pierre

[ modérateur : Merci. pour un soutien FINANCIER, rendez-vous sur le
site :
http://vdedaj.club.fr/cuba/index.html
et cliquez sur "faire un don" - paiement sécurisé par carte bancaire.
Vous ne pourrez plus dire "je ne savais pas"... ]


* * * *

Imogene"
imogene267@...


Non, Cuba n'est pas le centre du monde, mais c'est le centre du monde dans
lequel je souhaiterais vivre et je pense qu'il en est ainsi pour de nombreux
abonnés de CSP.

CSP, ne l'oublions pas, signifie Cuba Solidarity Project, en bon français:
Projet de Solidarité pour Cuba. Il est donc tout à fait naturel que cette liste
reste essentiellement centrée sur Cuba, même si pour comprendre la réalité
cubaine, nous avons parfois besoin de nous intéresser à d'autres pays. C'est
utile dans tous les cas mais particulièrement dans le cas d'un pays qui pratique
au jour le jour un internationalisme actif et sans faille. D'autre part, je fais
partie de ceux qui préfèrent voir arriver un texte, avec éventuellement un
commentaire approprié de notre Grand Modérateur favori, qu'un lien qui renvoie
ailleurs, avec tous les inconvénients qui peuvent survenir. CSP est pour
beaucoup d'entre nous, un outil de travail indispensable et si moi-même, je ne
lis pas tout tout le temps, je respecte ceux qui ont besoin d'informations sur
les sujets qui m'intéressent moins et que CSP aborde.

C'est vous, cher monsieur, qui êtes lourd, le ton de votre message le prouve.
Personne, je présume, ne vous a obligé à vous inscrire sur cette liste. Allez
donc voir ailleurs, ce sera profitable à tout le monde.
Françoise Lopez

* * * *

Andreel
palol@...

a gegé vidal:
dicton: " la critique est aisée , mais l'art est difficile! "
Andrée Palol

* * * *


elisabeth.millet@...

Au contraire, je trouve merveilleux le travail que vous fournissez, et je suis
honteuse de ne pas vous aider, d'autant que chaque jour je guette avidement vos
infos, pleines de pistes utiles pour connaître plus.

Allez, Victor, courage, ne prêtez pas attention à ceux qui se sont trompés
d'adresse.
Bien bien à vous avec MERCI pour chaque jour de lumière.
Hasta la victoria!

Elisabeth


* * * *

lelectronlibre@...


Ce point de vue est un peu sévère. Je trouve CSP d'un excellent rapport
qualité/prix (qui ne se démentirait pas même si son accès était payant). Le
manque de temps est un aspect subjectif : l'abonné trilingue
anglais-français-espagnol qui s'intéresse à la lutte anti-impérialiste devra se
coltiner TOUS les messages, tandis que le démographe francophone amateur de
l'oriente cubain attendra une fois l'an l'annonce, dans les colonnes de granma
international, d'une nouvelle prouesse des sage-femme de la province de
Guantanamo.

C'est vrai que ce forum CSP a un côté fourre-tout mais c'est à chacun de faire
son tri dans un flux d'informations dont Cuba est le fil rouge. Pour ce qui est
de la lourdeur, elle ne dépend que de la plume des
contributeurs/traducteurs/auteurs reproduits. Pour une approche plus
cartésienne, on peut se rendre sur le site CSP.

Par contre, ce qui perturbe un peu c'est l'existence apparemment de 2 sites CSP.
Allons-nous vers une fusion des deux ?

lElectronLibre

* * * *

Xarlo@...

A moi, ça m'évite beaucoup de travail; je n'ai qu'à lire au lieu d'ouvrir
quantité de pages sur le Web...
Pour le capitalisme et et les "démocratures" à la Bush, voir ailleurs; ici,
c'est Cuba!

Merci Viktor... des fois, tu me fais marrer, en plus!!!!

* * * *

Piotrek
q2_o9@...

Cracovie, le 31 V 06

Monsieur,

Je ne comprends pas tres bien comment peut-on adherer  v o l o n t a i r e m e n
t  au Projet de la Solidarite avec Cuba pour ensuite blamer qu'il y ait dedans
trop de ... nouvelles sur Cuba ( sic! ):

,, lourd, synthetisez, Cuba n'est pas le centre du monde ( sic!!! ), Fidel n'est
pas le pere resuscite ", etc, franchement quel objectif voulez-vous atteindre
par-dessus? C'est schizo ou quoi ?

Neanmoins, fort amicalement, tant qu' a moi:
Piotr

H A S T A  L A  V I C T O R I A, S I E M P R E!

* * * *

Sophie Coutand-Marin
Sophiecm@...
Réponse au message de Gérard Vidal - Merci, merci et encore merci

Merci M. le Modérateur de ne pas synthétiser, simplifier et digérer
l'information pour nous. C'est ce que font les autres organes de presse
débilisantes. Merci, de nous croire assez adultes pour faire le choix de lire ou
ne pas lire et de tirer les conclusions de notre choix.

Sophie Coutand-Marin

* * * *

#10645 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Jeudi 1. Juin 2006  7:51
Sujet: Terreur tranquille chez Fidel Castro
cubasolidarity
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Modérateur : un article sans surprise avec les signatures habituelles...
"Aaaahhh, les anticastristes, ils nous feraient rire s'ils étaient drôles"

* * * *

From: Denisjpmo@...
Terreur tranquille chez Fidel Castro

Ce printemps marque le troisième anniversaire de la vague de répression au cours
de laquelle le régime de Fidel Castro a arrêté et infligé de longues peines
d'emprisonnement à 75 dissidents cubains. Peu après, j'avais formé avec de
nombreux amis le Comité international pour la démocratie à Cuba.

La bravoure de ceux qui avaient obéi à leur conscience et vaincu leur peur pour
se dresser contre la dictature communiste reste très présent dans ma mémoire.
Cela me rappelle l'automne 1989 et l'irrésistible mouvement de libération qui,
parti de la place Wenceslas à Prague, gagna l'ensemble de ce qui était encore la
Tchécoslovaquie.

C'est pour cela que j'ai sonné l'alarme lors de la Conférence pour la démocratie
à Cuba que notre Comité avait tenue à Prague il y a trois ans. Je voulais
attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation des droits
de l'homme à Cuba, soutenir l'opposition dans ce pays et y encourager toutes les
forces démocratiques.

L'Union européenne décréta alors des sanctions diplomatiques contre le régime de
Castro. Même si elles étaient surtout symboliques, ces sanctions représentaient
un geste important.

Pourtant, c'est la position inverse qui peu de temps après s'imposa à Bruxelles.
L'UE a ouvert le dialogue avec le régime cubain, les sanctions ont été
suspendues sous condition et les dissidents se sont même clairement vu signifier
qu'ils n'étaient pas les bienvenus dans les ambassades de plusieurs pays
démocratiques.

Le lâche compromis et l'alibi politique, comme si souvent dans l'Histoire, ont
ruiné une politique qui reposait sur des principes. En échange, La Havane a fait
une fausse concession en libérant quelques-uns des prisonniers politiques,
torturés et gravement malades, dont le régime craignait qu'ils ne meurent dans
ses prisons tristement célèbres.

Ceux d'entre nous qui vivent dans les nouvelles démocraties européennes
post-communistes furent les victimes du même genre d'arrangements politiques à
l'époque où ils étaient enfermés derrière le rideau de fer.

Nous connaissons aussi très bien l'argument selon lequel la sagesse européenne a
évité des arrestations de masse. Il reste que la démocratie a montré sa
faiblesse et que, du coup le régime cubain a adapté sa tactique à ce constat.
Des organisations respectées comme Reporters sans Frontières et Amnesty
International ont recueilli de nombreuses preuves de violences et
d'intimidations qui visent les esprits libres persistant à s'exprimer à Cuba.

Dans leur cas, les choses se terminent plus souvent à l'hôpital que devant les
tribunaux. Des groupes de «combattants de la révolution», en réalité la police
secrète cubaine, brutalisent les opposants et les accusent de crimes absurdes
dans l'espoir de les intimider ou de les forcer à émigrer. Sur l'île, de tels
harcèlements organisés sont appelés «actos de repudio» des «actes de rejet».
La violence politique qui se camoufle en agressions criminelles dans la rue
n'est jamais facile à prouver.

Contrairement aux longues peines de prison qui, ailleurs, frappent les
dissidents, cette technique répressive n'attire pas comme elle le devrait
l'attention du reste du monde. Pourtant, des milliers d'anciens prisonniers
politiques d'Europe centrale et de l'Est peuvent attester du fait qu'un coup de
pied flanqué dans la rue par un membre de la police secrète est aussi douloureux
qu'un coup de pied asséné par un gardien derrière les portes d'une prison.

L'impuissance de la victime face à de telles agressions organisées par l'État et
aux menaces contre la famille est ressentie de la même manière que l'impuissance
du suspect harcelé par la police lors d'une investigation des services de
sécurité.

Enfin, ils sont nombreux les hommes politiques européens qui, ayant cherché à
enquêter, se sont retrouvés interdits d'accès au territoire cubain
Certains Européens considèrent Cuba comme un pays lointain dont le sort ne peut
que leur être indifférent car le Vieux continent est suffisamment occupé avec
ses propres problèmes. Mais ce que les Cubains subissent aujourd'hui fait partie
de notre histoire européenne.

Ce sont les Européens qui, après avoir inventé le communisme, l'exportèrent dans
le monde entier pour finalement en payer chèrement le prix des décennies durant.

Qui donc mieux que les Européens peut être au courant de chacun des tourments
infligés au peuple cubain ?
L'humanité continuera de payer le prix du communisme aussi longtemps que nous
n'aurons pas appris à affronter cette idéologie avec esprit de décision et
responsabilité politique.

Nous avons de nombreuses occasions d'agir dans ce sens, en Europe et à Cuba.
Il n'est pas surprenant que les nouveaux pays membres de l'UE aient apporté à
l'Europe une expérience historique nouvelle et, avec elle, beaucoup moins de
compréhension et de tolérance à l'égard des concessions et des compromis.

Les représentants des États-membres de l'UE se réuniront à Bruxelles à la
mi-juin pour décider d'une politique commune vis-à-vis de Cuba. Les diplomates
européens devraient soigneusement peser les conséquences d'une politique
d'apaisement à l'égard du régime de Castro.

Ils devraient en profiter pour démontrer qu'ils ne fermeront jamais les yeux sur
les détestables pratiques de La Havane et qu'ils se refuseront toujours à
ignorer les souffrances des prisonniers politiques cubains. Nous ne devons
jamais oublier les victimes anonymes des «actes de rejet» de Castro.

Václav Havel, ancien président de la République Tchèque, a fondé le Comité
international pour la démocratie à Cuba. Madeleine Albright, ancienne secrétaire
d'État des États-Unis, André Glucksmann, philosophe français, Arpád Göncz,
ancien président de Hongrie, Vytautas Landsberg, ancien président de Lituanie et
Adam Michnik, ancien dissident polonais et rédacteur en chef de Gazeta Wyborcza,
ont co-signé ce texte.


Par Václav Havel, Madeleine Albright, André Glucksmann, Arpád Göncz, Vytautas
Landsbergis et Adam Michnik

Copyright: Project
Syndicate, 2006.
www.project-syndicate.org
Traduit de l'anglais par Bérengère Viennot.Pour vos contacts

http://www.lematin.ma/Journal/Article.asp?i


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10646 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Jeudi 1. Juin 2006  7:48
Sujet: Le terrorisme a provoqué des milliers de victimes à Cuba
cubasolidarity
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From: Denisjpmo@...


Dénonciation devant l’ONU

Le terrorisme a provoqué des milliers de victimes à Cuba

NATIONS UNIES, le 30 mai.-  Cuba a souligné aujourd’hui devant le Conseil de
sécurité des Nations unies  que pendant plus de 45 ans, les innombrables
actions terroristes  dirigées contre le pays et organisées depuis le
territoire des Etats-Unis ont fait de nombreuses victimes.

  L’ambassadrice Ileana Nuñez, chargée d’affaires de Cuba auprès de
l’ONU, a pris la parole  dans le cadre d’une réunion publique du Conseil de
sécurité sur les menaces du terrorisme, indique une dépêche de PL.

La diplomate a rappelé  que ces actes ont  causé la  mort de 3 478 Cubains et
que 2099 Cubains ont été blessés, ceci sans entrer dans les coûts
économiques considérables occasionnés au pays.

Au lieu de prévenir et de réprimer le terrorisme contre Cuba, les autorités
nord-américaines  enferment dans leurs prisons  cinq Cubains  antiterroristes,
même après qu’une Cour d’appel ait révoqué leur condamnation.

Avec un altruisme et un courage exemplaires, les Cinq n’ont rien fait
d’autre  qu’infiltrer les groupes  terroristes de Miami pour  prendre des
mesures préventives contre leurs actes de violence  et sauver ainsi des vies 
de citoyens cubains et nord-américains, a précisé l’Ambassadrice.

Elle a montré  que pour les Etats-Unis et leur combat antiterroriste, il y
avait bel et bien deux poids et deux mesures. En effet,  Washington  persiste à
se dérober à ses obligations internationales en refusant de juger et
d’extrader le terroriste international notoire Luis Posada Carriles.


http://www.granma.cu/frances/2006/mayo/mier31/denuncia.html


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supprimées]

#10647 De: "Imogene" <imogene267@...>
Date: Jeudi 1. Juin 2006  14:01
Sujet: contre les infâmies de la revue Forbes 5 Concepcion Campa La richesse des vertus
imogene267@...
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Et voici la dernière intervention de cette Table Ronde consacrée aux mensonges
de la revue « Forbes », la plus courte, celle de Concepcion Campa, une des
créatrices du vaccin contre la méningite B qui explique quelle logique préside
aux choix de la recherche médicale à Cuba : une logique qui n’a rien à voir avec
la logique capitaliste de profit...seulement la volonté d’éviter des morts
inutiles partout dans le monde !!

La preuve, n’en déplaise à la revue « Forbes », qu’à Cuba, le Veau d’Or n’est
plus debout...

Françoise Lopez

   _____

La richesse des vertus

Concepcion Campa, directrice de l’Institut Carlos J. Finlay est une des
créatrices du vaccin contre la méningite B. : Bonsoir , Commandant, et bonsoir à
tous ceux qui nous écoutent à Cuba et dans le monde. Commandant, avant tout, je
veux vous dire que c’est pour moi un très grand honneur et un très grand
privilège que d’être ici en votre compagnie et celle d’autres compagnons. En
accord avec Eusébio, je suis sûre que des millions de personnes, à Cuba et dans
le monde, voudraient être à notre place et auraient beaucoup à dire et à
raconter.

En réfléchissant comme vous nous l’avez demandé, sur le thème qui nous occupe,
je suis arrivée à une conclusion : il s’agit d’un problème de philosophie, ils
ne peuvent pas nous comprendre.

Commandant, ceux qui ont l’argent comme dieu ne peuvent comprendre que quelqu’un
existe et fasse tout ce que vous avez fait et faites encore, pour d’autres
raisons. Ils ne peuvent pas comprendre ce que vous nous avez enseigné en ces
années de Révolution, où vous avez été maître d’éthique, maître de modestie,
maître de désintéressement, maître d’optimisme, maître exemplaire pour nous
enseigner que n’est pas le plus riche celui qui possède le plus, mais celui qui
a besoin de moins.

Et dans ce sens, il est vrai que nous tous ,les Cubains, nous sommes
multimillionnaires. Mais vous nous avez enseigné à ne pas vivre en dépendant des
choses superficielles ni des modes ni en étant esclaves de la consommation. Vous
nous avez enseigné que les personnes n’ont pas une valeur par ce qu’elles
possèdent mais par ce qu’elles sont et ce qu’elles font et que toutes ont une
valeur. Cette vile calomnie me fait rire et me fait peine. Rire par son
absurdité et peine par ce qu’ils sont si loin de vous comprendre et de nous
comprendre...Nous ne pouvons pas, nous non plus, les comprendre. Il ne nous est
pas possible de comprendre comment, pour de l’argent, ils sont capables de faire
des horreurs que nous ne pouvons pas même imaginer. Récemment, au mois d’avril,
j’ai eu le privilège de visiter le peuple héroïque du VietNam. Là-bas, dans
leurs musées, j’ai pu voir des choses terribles. J’ai visité un village où
vivent les enfants victimes de l’Agent Orange, produit chimique que les
Nord-américains utilisèrent comme défoliant au cours de la guerre et qui, encore
aujourd’hui, après trente ans, continue d’avoir des effets nocifs sur les
nouvelles générations.

Il y eut des moments, Commandant, où j’ai senti que je ne pouvais supporter de
voir tant de douleur et une seule question me taraudait : pourquoi ces
choses-là, qui aujourd’hui se répètent jour après jour, nous le savons tous, et
qui demain pourront se répéter encore..., Il nous est impossible de comprendre
que la raison de tant de douleur soit l’argent.

En cherchant dans Marti aujourd’hui , j’ai trouve que le 24 décembre de l’année
1890, il écrivit dans le journal « La Nacion » de Buenos Aires : « Dans la
calomnie même, il y a une certaine beauté et c’est celle du martyre du patricien
disposé, pour le bien de sa patrie, à la défier. »

C’est ce que nous voulons tous faire, défier cette calomnie pour le bien de
notre patrie, car le même Marti nous dit aussi que : « La vérité ne doit pas
rester sans être dite » et il dit aussi que : « Il n’y a rien qui ennuie tant
ceux qui ont aspiré en vain à la grandeur que le spectacle d’un grand homme .»
Simplement, Commandant, ils ne supportent pas votre image, votre prestige, ils
ne supportent pas l’amour et l’admiration que vous provoquez chez tous ceux qui
vous rencontrent, même si c’est pour quelques heures. Votre exemple les ennuie,
il leur enseigne qu’il existe un autre dieu que l’argent, un autre dieu qui est
le service de l’humanité que vous prêchez.

J’aurais des milliers d’anecdotes à raconter et je serais enchantée de les
raconter toutes.

Dans mon expérience personnelle, avoir partagé avec vous songes et illusions me
font repousser d’une manière nette les faussetés qui essaient de cacher votre
éclat qui les rend malades.

Ce qu’un être humain a de plus important est sa vie et vous nous l’avez toute
donnée. Quand nous allions être présentés comme candidats pour la députation,
vous nous avez accompagnés dans la rue, à la rencontre du peuple, pour lui dire
qui nous étions et ce que nous faisions, pour lui expliquer comment nous nous
vouions jour et nuit à la recherche, au développement et à la production de
vaccins pour sauver des enfants. Et que nous représentions des centaines de
jeunes qui, voilà plus de vingt ans, s’étaient voués à ce but.

Je me rappelle quand vous êtes venu nous voir un jour pour nous demander de
faire des recherches sur le vaccin contre le choléra car c’est une maladie de
pays pauvres qui n’était pas assez lucrative pour les grands laboratoires qui ne
gagneraient pas d’argent là-dessus parce que ceux qui en avaient besoin ne
pourraient pas les payer. Quelques mois plus tard, j’ai entendu ce même discours
dans la bouche du représentant d’un grand laboratoire. Nous autres, par contre,
nous sommes aujourd’hui, pratiquement aux portes d’un essai clinique du vaccin
contre le choléra, en Afrique. Je me rappelle lorsque vous avez été informé que,
dans des pays comme le Brésil, le Chili, la Zambie, le Nigeria, l’Argentine et
l’Uruguay, étaient apparus les premiers signes de méningites à méningocoques et
que des milliers d’enfants en mourraient ou en gardaient des séquelles , vos
premières questions furent : « Combien avons-nous de vaccins en stock ? Combien
pouvons-nous en produire ? Dans combien de temps seront-ils prêts ? Que faut-il
pour les faire ? Combien de temps faut-il pour faire don de tout ce qui existe
déjà et pour faire tout ce qu’il faut pour éviter ces morts ? »

Des dizaines de travailleurs de l’Institut Finlay et du Pôle Scientifique sont
témoins de ces grandes donations de vaccins à tous ces pays, sont témoins des
nuits entières passées à empaqueter ces vaccins pour ne pas perdre de temps.
Cela nous a rendus et nous rend toujours heureux et c’est toujours vous qui nous
avez dit de le faire. J’ai en mains les dossiers qui racontent l’histoire de la
donation que vous avez faite au peuple d’Uruguay en avril 2002, peuple qui était
terrorisé par une épidémie de méningite qui tuait des enfants et des jeunes. Au
même moment, le gouvernement de ce pays présenta à la Commission des Droits de
l’Homme de l’ONU à Genève, sa proposition anti-cubaine payée par les Etats-Unis
et au moment même où nous préparions le million et demi de doses de vaccin dont
ils avaient besoin, la presse annonçait que vous refusiez de vendre ces vaccins
en représailles de leur action contre Cuba.

La vérité s’imposa : le vaccin donné vainquit l’épidémie et arrêta la douleur
des mères uruguayennes. Quand notre ambassadeur, quelques jours plus tard, dut
abandonner ce pays, le peuple l’accompagna jusqu’aux portes de l’avion avec des
panneaux qui disaient : « Merci Fidel ! » signés « les mères uruguayennes ». Je
me rappelle aussi qu’un grand laboratoire négociait avec nous l’achat de notre
vaccin contre la méningite et mettait comme condition que nous ne pouvions
gagner beaucoup d’argent, que ça ne pouvait être en liquide et que nous
pourrions seulement acquérir avec cet argent les aliments et les médicaments
qu’ils autoriseraient. Vous avez dit immédiatement : « Acceptez, l’important est
qu’il n’y ait pas davantage de morts d’enfants, qui peuvent être évitées. »

En ce sens, nous sommes témoins du paiement de dettes et d’échange d’aliments et
de médicaments comme base de nos contrats commerciaux pour la vente de ces mêmes
vaccins dont ils disent aujourd’hui qu’ils vous ont enrichi.

Je me souviens aussi qu’un jour vous m’avez raconté qu’un de vos plus beaux
rêves avait été de réussir à construire un pays qui apprenne à vivre sans adorer
l’argent et sans que l’argent soit son maître.

Nous vous avons vu, pendant de longues heures, vous amuser à faire des plans à
des fins humanitaires, nous vous avons vu et entendu rêver, jusqu’au plus petit
détail, au bien-être de votre peuple, ce peuple qui, uni à vous, a résisté et
mieux encore, a appris à vivre avec peu et à faire beaucoup avec peu. Ce peuple,
qui a appris à aimer tout ce qu’il fait, ce peuple qui a aujourd’hui la plus
grande richesse du monde, la sagesse, ce peuple qui a appris de vous les plus
grandes leçons de générosité et de désintéressement.

Je suis sûre que chaque Cubain et chaque Cubaine aurait quelque chose à raconter
sur ce qu’il a donné de sa vie pour cette Révolution, inspiré et guidé par votre
exemple.

Cette calomnie contre votre personne ne m’ennuie pas, elle m’attriste. Cela
m’attriste de penser qu’ils ne sont pas capables de comprendre que l’argent
n’est pas votre dieu, que l’argent n’est pas notre dieu, que les larmes, la
sueur et le sang du peuple cubain n’ont pas été versés pour enrichir
quelqu’un,qu’ ils l’ont été pour la plus grande richesse, le service de
l’humanité.  Ils prétendent nous briser le moral et simplement, avec chacune de
nos voix, nous disons :  ce n’est pas vrai ; nous disons que ce peuple qui, uni
à vous, est admiré et chéri par tous ceux qui connaissent sa gaieté, sa dignité,
son humilité, sa modestie, a tout fait dans l’espoir d’un songe d’amour et de
solidarité.

Un jour, j’ai lu que, avant de parler, les mots devaient passer par trois
portes, devant chacune desquelles il y avait une question : la première question
étant : est-ce la vérité ? La deuxième, est-ce bon ? La troisième, est-ce
nécessaire ? Si les trois portes ne s’ouvraient pas et que les trois conditions,
que la parole soit vrai, bonne et nécessaire, ne soient pas réunies, il valait
mieux se taire.

Cette leçon, ceux qui vous diffament devraient l’apprendre car ce qu’ils disent
ne passe par aucune de ces portes, ce qu’ils disent n’est ni vrai, ni bon et en
aucun cas nécessaire : ils devraient passer leur temps à raconter au monde les
milliers de choses que vous faites parce que cela, oui, c’est vrai, oui, c’est
bon, oui, il est nécessaire de le dire.

Avec ces vérités et ces bontés, nous en aurions pour remplir des centaines de
milliers de revues, avec des réalités comme celles vues il y a peu au Congrès de
Génétique Médicale à Cuba et leur impact social comme les implants faits à des
enfants aveugles et sourds, comme les recherches sur les nouveaux-nés, comme
l’attention portée aux handicapés , comme l’Opération Miracle, comme
l’application des technologies médicales les plus avancées au peuple et aux plus
humbles, comme les programmes de vaccination, comme tant d’autres choses, qui
rendraient cette liste interminable, voilà ce qu’il faudrait publier car, comme
disait une fois de plus Marti : « Les vérités vraies sont les faits. » Merci
beaucoup (applaudissements)

Traduction Gaston Lopez

#10648 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  9:22
Sujet: RSF : Le régime cubain tente de tenir ses citoyens à l’écart de la Toile.
cubasolidarity
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Modérateur : coucou, RSF. Encore un bel exemple de "décontextualisation
sélective" si chère à RSF. C'est pas Bourdieu qui parlait de "l'ignorance
volontaire" ?

En réponse, lire
CUBA VERS UNE SOCIÉTÉ DE L’INFORMATION JUSTE, ÉQUITABLE ET SOLIDAIRE
http://vdedaj.club.fr/spip/article.php3?id_article=45

et LE BLOCUS S'ETEND A INTERNET
http://vdedaj.club.fr/spip/article.php3?id_article=440

* * * *

From: Denisjpmo@...
Cuba


   Population : 11 271 000
   Internautes : 120 000 (2002)
   Prix moyen pour 20h de connexion : 45 euros
   DAI* : 0,38
   Appréciation** : situation grave

Le régime cubain tente de tenir ses citoyens à l’écart de la Toile.
L’achat de matériel informatique est strictement réglementé, l’accès à
Internet contrôlé et les communications électroniques étroitement
surveillées. A Cuba, la consultation du Réseau peut s’avérer risquée. Les
actes d’accusation de la plupart des journalistes indépendants emprisonnés
en mars 2003 comportent des références à leur activité sur Internet.



La liberté d’expression est proscrite à Cuba, la plus grande prison du monde
pour les journalistes. Le régime ne tolère aucune presse indépendante, trop
attaché au contrôle de l’information distillée à ses citoyens. Vis-à-vis
d’Internet, le gouvernement a adopté une position paradoxale. Il forme des
milliers d’étudiants aux nouvelles technologies - de source officielle, près
de 30 000 seraient actuellement en formation - mais empêche la grande majorité
de la population d’accéder à la Toile. Le Net est parfois présenté par les
autorités comme « la grande maladie du XXIe siècle », parce qu’il abreuve
les internautes d’informations « contre-révolutionnaires ». Mais c’est
également un atout incontournable pour le développement économique du pays,
comme le répète à loisir Gonzáles Planas, le ministre cubain des
Télécommunications.
Cuba est aujourd’hui l’un des dix pays du monde les plus répressifs envers
la liberté d’expression sur la Toile. Ce média est réservé à une élite
proche du pouvoir. Même ces quelques privilégiés n’accèdent d’ailleurs,
le plus souvent, qu’à un Intranet spécialement conçu et filtré par les
autorités.
Les Cubains ont trouvé des moyens de contourner cette censure omniprésente de
l’Etat, achetant au marché noir des accès à Internet ou partageant les
quelques connexions autorisées. Le gouvernement sévit toutefois sévèrement
contre toute utilisation « illégale » du Réseau. Les tribunaux de l’île
se servent d’ailleurs de plus en plus d’une accusation nouvelle,
l’utilisation « contre-révolutionnaire » du Net, pour condamner des
dissidents.

L’acquisition de matériel strictement contrôlée
Les restrictions matérielles sont le principal obstacle à une expansion au
grand public du Réseau. D’une part, la densité téléphonique ne dépasse
pas six lignes pour cent habitants. D’autre part, le coût prohibitif des
communications téléphoniques internationales (deux dollars la minute vers les
Etats-Unis) et la rareté des lignes internationales, accordées sur critères
politiques et étroitement surveillées, empêchent toute connexion via un
fournisseur d’accès situé à l’étranger.
Les équipements nécessaires, y compris les plus récents, ne sont disponibles
que dans les magasins d’Etat spécialisés, accessibles uniquement aux
personnes autorisées. En outre, un arrêté du ministère du Commerce
intérieur interdit, depuis janvier 2002, la vente aux particuliers dans les
magasins d’Etat « d’ordinateurs, d’imprimantes, de machines à
polycopier, photocopieuses et tous autres instruments d’impression de masse
». Si un tel achat est considéré comme indispensable, une autorisation doit
être sollicitée auprès du ministère du Commerce intérieur. Les modems
étaient déjà avant cette date interdits à la vente au public. Internet à
Cuba apparaît, dans ces conditions, comme un phénomène limité, alors que les
entreprises informatiques cubaines démontrent une parfaite maîtrise de cette
nouvelle technologie.

L’accès à Internet soumis à autorisation
Le gouvernement a légiféré dès l’apparition d’Internet sur l’île. En
juin 1996, le décret-loi 209, intitulé « Accès depuis la République de Cuba
au réseau informatique global », précise que son utilisation ne peut se faire
« en violation des principes moraux de la société cubaine ou des textes de
loi du pays », et que les messages électroniques ne doivent pas «
compromettre la sécurité nationale ».
Les Cubains souhaitant disposer d’un accès à Internet ou utiliser les points
d’accès ouverts au public doivent, pour obtenir l’accréditation
obligatoire, fournir une « raison valable », et signer un contrat
d’utilisation aux clauses restrictives. La procédure requiert, comme pour le
téléphone, l’accord d’ETEC SA, unique opérateur de télécoms du pays,
puis d’une commission locale dépendant du Comité de défense de la
révolution, qui évalue les mérites du demandeur.
Selon le décret-loi 209, l’accès est accordé « en vertu de règlements
donnant la priorité aux entités et institutions pouvant contribuer à la vie
et au développement de la nation ». Peuvent y prétendre à ce titre, en
dehors des ambassades ou des sociétés étrangères, les personnalités
politiques, les hauts fonctionnaires, les intellectuels, universitaires,
chercheurs et journalistes officiels, les cadres des entreprises culturelles
tournées vers l’exportation ou des entreprises d’informatique, ainsi que la
hiérarchie catholique.
Le 13 janvier 2000, un ministère de l’Informatique et des Communications a
été créé pour « réguler, diriger, superviser et contrôler la politique
cubaine en matière de technologies de la communication, l’informatique, les
télécommunications, les réseaux informatiques, la radiodiffusion, le spectre
radioélectrique, les services postaux et l’industrie électronique ».

Les messageries électroniques sous surveillance
Depuis septembre 2001, dans les points d’accès ETEC SA, les Cubains peuvent
accéder à un service de courrier électronique national sans se connecter sur
le Web, après avoir obtenu une adresse e-mail personnelle. Une carte nominative
d’accès limité à ce service coûte 3,5 euros pour un usage de trois heures
(le salaire moyen mensuel d’un Cubain tourne autour de 10 euros). Les cartes
sont nominatives. Chaque acquéreur doit justifier de son identité, remplir un
formulaire détaillé, et ses coordonnées sont enregistrées. Le fournisseur
d’accès peut ainsi contrôler tout courrier reçu ou envoyé avant de
l’émettre ou de le délivrer à son destinataire. Selon des déclarations
officielles, Cuba compterait aujourd’hui 480 000 comptes mail.

Des salles Internet pour accéder... à un Intranet
Les Cubains, sauf s’ils disposent d’une autorisation formelle des
autorités, ne peuvent accéder à Internet à partir d’un point d’accès
public. Le Web est ouvert uniquement aux touristes, à un tarif prohibitif
(environ 6 euros de l’heure), dans les hôtels et quelques cybercafés.
Le gouvernement a mis en place des salles Internet, le plus souvent dans les
bureaux de poste, où les Cubains accèdent à leur messagerie électronique
ainsi qu’à un Intranet, Tu Isla (ton île), constitué de sites
sélectionnés par les autorités. Tu Isla comprend notamment les radios et
télévisions d’Etat qui diffusent leurs programmes en ligne. Pour utiliser
ces points d’accès publics, il est obligatoire de s’inscrire sur un
registre et de montrer une pièce d’identité.

Le Net au marché noir
La diffusion, même très restreinte, des nouvelles technologies et des accès
Internet a suscité un petit marché noir du Web, encore marginal mais déjà
organisé. Certains ayants droit louent notamment leurs login et mot de passe,
pour environ 60 dollars par mois (l’équivalent de six mois de salaire moyen).
D’autres accueillent les surfeurs sur leur propre point d’accès, et
facturent la connexion au temps écoulé. Certains employés des points
d’accès ETEC SA accordent volontiers une séance de surf à leurs amis et
relations, certains moyennant finance. Enfin, des témoins affirment que des
Cubains auraient pu introduire dans l’île des paraboles et des modems leur
permettant de se connecter par satellite (Starband ou DirecPC), l’abonnement
étant réglé directement aux Etats-Unis (de l’ordre de 500 dollars la mise
en service, puis 100 dollars par mois).
Un marché noir d’adresses e-mail a vu le jour et profite aux rares Cubains
disposant d’un ordinateur. Le 1er janvier 2001, une Agence de contrôle et de
supervision (ACS) a été créée au sein du ministère de l’Informatique et
des Communications, chargée notamment de traquer ceux qui feraient "un usage
indu des réseaux informatiques". Cité dans un article du quotidien Granma
publié le 23 avril 2003, Carlos Martínez Albuerne, directeur d’ACS, rapporte
que, en 2002, des sanctions ont été prises contre 31 personnes pour ce motif
ou « pour avoir utilisé des messageries électroniques qui ne leur
appartenaient pas ». L’article ne précise pas les « sanctions »
infligées.

Des journalistes emprisonnés pour leurs écrits sur le Net
Vingt-sept journalistes indépendants ont été arrêtés en mars 2003, faisant
de l’île la plus grande prison du monde pour la profession. Ils ont été
condamnés à des peines allant de 14 à 27 ans de détention. Leurs actes
d’accusation comportent pour la plupart des références à leur activité sur
Internet. En effet, ils utilisaient pour la plupart des sites Internet basés
aux Etats-Unis pour publier leurs articles. Parmi eux :
- Raúl Rivero Castañeda, poète, journaliste et écrivain est accusé, entre
autres, d’avoir
publié des textes « contre-révolutionnaires » sur le site américain Cubanet
(www.cubanet.org). Il a été condamné à 20 ans de prison.

   Héctor Maseda Gutiérrez, journaliste, est accusé, entre autres, d’avoir
publié des textes sur le site Cubanet et d’avoir reçu de l’argent de ce
média. Il a été condamné à 20 ans de prison.

   Adolfo Fernández Sainz, journaliste, est accusé, entre autres, d’avoir
publié sur le
site www.nuevaprensa.org des articles « contre-révolutionnaires » pour
qu’ils « soient
utilisés, directement ou indirectement, par le gouvernement nord-américain
pour continuer sa politique d’agression contre Cuba ». Il a été condamné
à 15 ans de prison.

   Julio César Gálvez Rodríguez, journaliste, est accusé, entre autres,
d’avoir reçu de l’argent de sites Internet comme Cubanet et Encuentro en la
Red et d’avoir consulté le Net à partir de la Section des intérêts
américains. Il a été condamné à 15 ans de prison.

    Carmelo Díaz Fernández, directeur de l’Agencia de Prensa Sindical
Independiente (APSIC), est accusé d’avoir publié des articles sur Cubanet,
« agence de presse financée par des fonds octroyés par le Congrès des
Etats-Unis pour effectuer un travail de subversion contre le gouvernement de
Cuba ». Il a été condamné à 15 ans de prison.

La traque des internautes « non autorisés »
Les autorités ont décidé, en janvier 2004, d’interdire complètement
l’utilisation du réseau téléphonique ordinaire pour accéder au Web, afin
de lutter contre les connexions pirates. Le décret gouvernemental demandait en
outre à ETEC SA « d’employer tous les moyens techniques nécessaires
permettant de détecter et d’empêcher l’accès à Internet » pour les
personnes non autorisées. Ce décret n’est pas encore entré en vigueur.

Telecom Italia, actionnaire des télécoms cubains
Telecom Italia est actionnaire à 29,3 % d’ETEC SA, l’unique opérateur de
télécoms cubain - le reste du capital étant détenu par l’Etat. Or, ETEC
SA, qui contrôle entièrement l’Internet du pays, est utilisé par le
gouvernement pour censurer le Web et traquer les dissidents politiques. Lors du
procès des journalistes arrêtés en mars 2003, des rapports ont été fournis
par l’opérateur cubain pour prouver que les inculpés avaient utilisé le
Réseau de manière « contre-révolutionnaire ». Reporters sans frontières a
écrit, en mars 2004, au président du conseil d’administration de Telecom
Italia, pour attirer son attention sur les conséquences de la participation de
son entreprise dans ETEC SA. L’organisation lui a demandé « d’intervenir
pour tenter d’infléchir la politique du régime cubain à l’égard du Net
et demander la libération des 27 journalistes emprisonnés ».

Sites utiles

   Sites publiant les articles des journalistes indépendants
www.cubanet.org, www.nuevaprensa.org, www.cubaencuentro.com, www.cartadecuba.org

   Portail officiel « Internet et Institutions »
http://www.cubaweb.cu/esp/categorias/categories.asp ?categoryID=60

   Portail de la presse officielle
http://www.cubaweb.cu/esp/categorias/categories.asp ?categoryID=20

*Le DAI (Digital Access Index) est un indice créé par l’Union internationale
des télécommunications pour mesurer la capacité des individus d’un pays
donné à accéder aux technologies de l’information et de la communication.
Les notes vont de 0 (incapacité totale) à 1 (accès parfait).

**Les appréciations (situation bonne, moyenne, difficile, grave) ont été
établies à partir de sept critères : cyberdissidents ou journalistes online
tués, emprisonnés, harcelés, censure de sites d’informations, existence de
sites d’informations indépendants, existence de fournisseurs d’accès
indépendants, coût abusif de connexion.

http://www.rsf.org/article.php3?id_article=10602


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10649 De: "raul" <recolon@...>
Date: Jeudi 1. Juin 2006  12:56
Sujet: Lettres de Cuba: juin 2006
recolon@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Lettres de Cuba : juin 2006



(Cubarte). - Le sixième numéro de la troisième année de "Lettres de Cuba" est
déjà en ligne et peut être consulté sur www.lettresdecuba.cult.cu



Juin commencera sous le signe du cinéma français. Dès le 3 juin et durant tout
un mois, se célébrera dans presque tout Cuba le Festival du Cinéma Français. Un
peu retardé cette année, ayant lieu normalement au mois de mars, mais l'attente
valait la peine, la sélection de films français dont nous, les cubains, allons
bénéficier cette année est simplement impressionnante, formidable. Ils nous
arrivent des premières comme "La marche de l'Empereur", un succès mondial qui
fait tant parler de lui, comme en son temps le fit, dans ce même type de cinéma,
le film "Microcosmes". Un Festival où nous bénéficierons des ouvres de metteurs
en scène de renom, comme Costa Gavras, Cédric Klapish ou Danièle Thompson ;
d'autres qui font déjà parler d'eux comme, Guy Jacques, Pierre Salvadori ou
Christian Carion et les premières ouvres de plus d'un. Juin sera aussi le mois
du XIème Festival International de Poésie, qui depuis le 31 mai, est consacré
cette fois aux lettres slaves, de vaste reconnaissance entre plusieurs
générations de cubains, ceux qui durant des décennies les ont lu et de nombreux
dans les langues originales, pour avoir étudié dans cette partie du continent
européen. Le Festival International de l'Audio-visuel pour l'Enfance et
l'Adolescence, une rencontre qui les confrontent aux types d'animation, de
fiction et du documentaire, comptant aussi avec la réalisation de dessins animés
de technologie numérique. Nous aurons, comme toutes les années, le VIIIème 
Salon et Colloque International de l'Art Numérique, consacré cette fois à L'Art
Numérique, les nouvelles technologies au service de l'Art. Pour la fin de mois
est prévu la Journée Cucalambeana, plus grand événement de la province de Las
Tunas, consacré à la culture campagnarde cubaine. Finalement à la fin de ce mois
de juin aura lieu aussi la Rencontre Nationale de Septettes Ignacio Piñeiro, un
événement qui a pour but la promotion des groupes associés à ce format
instrumental qui, cette année, rendra hommage à ces groupes et à l'évolution et
l'utilisation de ce format.



Lettres à l'honneur de contribuer à ce mois de juin si spécial avec une
sélection de textes divers et toujours attrayants : une réflexion sur la
condition de l'haïtien, du caribéen et du latino-américain "depuis nous-mêmes",
comme nous dit son auteur, l'auteur haïtiano-canadien Camille Loty Malebranche ;
un texte sur la présence cubaine en France au XIXème siècle ; une entrevue à une
personnalité contemporaine du patrimoine au Cuba ; Léonard de Vinci et son
apport gastronomique, de la plume du Conseiller Culturel de Cuba en Espagne,
Luis Toledo Sande ; la poésie d'Abilio Estévez ; un témoignage inédit de l'un
des piliers de la Tumba Française à Santiago de Cuba ; une vision des 35 années
de vie sur la scène d'une classique pièce de la danse contemporaine cubaine et
finalement un texte sur la présence féminine dans les orchestres cubains.



Les deux articles que trouveront les lecteurs dans Rencontres : Pour un Hamlet
caribéen et latino-américain, de Camille Loty Malebranche, auteur
haïtiano-canadien, qui a déjà pu être lu Lettres, nous offre cette fois une
analyse littérario-anthropologique sur l'identité haïtienne, des Caraïbes et
latino-américaine, une identité qui selon lui se trouve devant le drame
shakespearien "to be or not to be", mais qui connaît des espoirs dans le cadre
du processus intégrateur latino-américain en marche. D'autre part, le texte Cuba
à l'exposition de Paris de 1889, un texte de Salvador Arias, qui nous place dans
le contexte de la célèbre exposition accueillie par la ville lumière, pour la
commémoration du premier centenaire de la Révolution Française.



Les arts sont représentés avec : Súlkary, 35 années de vie. Un regard depuis le
calme, de Mercedes Borges Bartutis, éditrice de Danzar.cu, publication du
Conseil National des Arts Scéniques de Cuba. Ce texte nous relate l'histoire de
35 ans d'une des pièces, déjà classique, de la danse contemporaine cubaine.
L'ouvre du chorégraphe cubain Eduardo Rivero, Súlkary, s'est rapidement
convertie en « une preuve que la danse cubaine avait un énorme futur devant elle
». En recréant une histoire de la tradition afro-cubaine, Súlkary est « une
pièce qui utilise un minimum de ressources matérielles, mais où le spectateur
est attrapé par toute l'atmosphère qui émane de la scène ». Ensuite dans cette
section nous vous proposons aussi La présence féminine dans les orchestres à
Cuba, de Grisel Chirino, journaliste de Radio Cadena Habana, elle nous transmet
une passionnante histoire de femmes et de musique insulaires, sauvant la mémoire
d'un patrimoine qui a autant de mérite que celui de ses contemporains masculins.



Dans Interview : Le mot d'ordre est de conserver, d'Isachi Fernández,
journaliste de Cubarte, une conversation avec María des Mercedes García Santana,
directrice du CENCREM, Centre National de Conservation, de Restauration et de
Muséologie, mais aussi et avant de mérité ce poste, une gloire de la muséologie
et du patrimoine à Cuba, une femme qui depuis des décennies laisse une trace
indélébile dans la conception muséologique cubaine.




Dans Les Trésors nous parlons de nouveau du patrimoine intangible : une entrevue
réalisée par l'investigatrice Laura Cruz, spécialiste de la Maison des Caraïbes
de Santiago de Cuba, à Madame Trinidad Lamothe Robles ou Roblet, chanteuse et
danseuse de la Tumba Francesa du lieu-dit Bejuco, dans la commune Sagua de
Tánamo, province d'Holguín. La Tumba de Bejuco est composée de 30 membres,
descendants d'esclaves cimarrones et apparentée avec le célèbre musicien cubain
Elio Revé. Dans cette entrevue Trinidad nous narre l'histoires, les manières de
faire, les instruments et les chants nous évoquant et démontrant la fermeté
d'une tradition qui a été reconnu et fut récemment déclaré par l'UNESCO, dans le
cas de La Caridad de Oriente de Santiago de Cuba, comme patrimoine intangible de
l'Humanité.



Dans Lettres : 3 poésies d'Abilio Estévez, traduites par Annie Salager. Abilio 
Estévez, dont les ouvres Tuyo es el reino (Tusquets, Barcelone, 1997 et UNION,
2001 à Cuba) et Los palacios distantes (Tusquets, Barcelone, 2002) - son second
roman - furent reçues avec euphorie par la critique et le public. Il publia
aussi le livre de contes El horizonte y otros regresos (L'horizon et d'autres
retours) et la prose poétique Manuel de tentations. La journaliste Magda Resik
Aguirre dit d'Abilio : « L'enfance est aussi pour le dramaturge et poète cubain,
un état d'esprit, une disposition de vie. Peut-être, les matins, quand il
organise le chaos à son alentour pour transmettre à son intérieur cette paix
indispensable pour l'écrivain, le silence est seulement rompu par les sons
inspirateurs de son enfance ». De lui-même, Abilio a dit : « Je n'aspire pas que
l'on parle de moi ou d'apparaître dans les cours de littérature. Cela ne
m'intéresse pas, parce que la mort est définitive. Je ne crois ni aux
réincarnations, ni aux autres mondes. Je crois simplement en cette vie et dans
laquelle tout va finir. Ce qui m'intéresse est de m'amuser en écrivant et que
quelqu'un s'en divertisse ensuite ». Nous avons ensuite le texte du chercheur
cubain Luis Toledo Sande, qui est actuellement le Conseiller culturel de Cuba en
Espagne. Il nous offre Avec Leonard de Vinci, dans la cuisine, un texte de
facture exquise, lequel revendique une facette moins connue parmi celles,
innombrables, du génie florentin. Cette réaction cubaine sur ce sujet est due à
la publication du livre Notes de cuisine de Leonard de Vinci (compilation et
édition Shelagh et de Jonathan Routh) dans son édition espagnole (traduction de
Marta Heras, Madrid, 1996). À Tolède il n'y a pas de doute que « quand il se
traite d'un art de la grandeur de celui produit par Léonard de Vinci. on est
aussi en contact (avec cette réaction) quand on l'accompagne dans la cuisine ».
Suivez aussi cette route.



Ce numéro est illustré avec l'ouvre d'Eduardo Rubén García, né à La Havane en
1958. Eduardo Rubén García, peintre autodidacte, est diplômé en architecture de
l'Institut Supérieur Polytechnique "José Antonio Echevarría", il réalisa plus de
15 expositions personnelles et prit part à plus de 60 collectives. Il est
évident que l'architecture est très présente dans son ouvre, lui-même a dit : «
Je propose, au moyen de l'utilisation des signes architectoniques communs, des
images qui devraient s'identifiées comme des représentations de la réalité, mais
elles ne le sont pas ; contredisant par leurs caractères ambigus et non
fonctionnels leur propriété opérationnelle spatiale, s'abandonnant en
atmosphères illusoires ou en projets de constructions idéales. Les éléments
constructifs qui pourraient s'avérer insignifiants aux spectateurs cohabitant
avec ceux-ci dans la réalité quotidienne, prennent une dimension différente dans
le plan pictural (utilisé comme la "fenêtre" traditionnelle) où ils occupent le
lieu protagonique ».



En juin de nombreux thèmes sont donc présents pour donner suite à la fertile
profusion du mois de mai, cette année abondamment arrosés par les pluies dont
nous avions besoin. Le latino-américain, la présence cubaine en France, le
patrimoine tangible et intangible, la poésie, la musique, la danse, la
gastronomie et un génie, sont des thèmes que nous continuerons à traiter dans de
prochains numéros, mais d'autres nous attendent aussi en juillet, mois des fêtes
nationales à Cuba et en France. Lettres de Cuba continuera, apportant sa
présence et nous célébrerons les dates du mois de juillet, avec la France,
l'Amérique Latine et le monde. Sachez, amis lecteurs qu'en juillet nous
continuerons, comme de coutumes, à vous offrir des textes qui nous ferons mieux
connaître. Donc, au numéro de juillet !




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#10650 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Jeudi 1. Juin 2006  13:26
Sujet: [D. BLEITRACH] Fidel Castro, au-delà des "images"... Chapitre 1
cubasolidarity
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Fidel Castro, au-delà des "images"... Chapitre 1


de Bleitrach Danielle
Il ne s'agit pas ici de prétendre éclairer la personnalité de Fidel Castro. Pour
cela il y a des biographes infiniment plus qualifiés que moi, tant en ce qui
concerne l'homme que ses écrits, mais, à partir de ce que je sais de Cuba,
m'inscrire en faux contre l'image médiatique stupide que l'on tente de nous
fabriquer en France et qui finit par être plus déshonorante pour nous que pour
ce chef d'Etat, ce révolutionnaire.

Il est incontestable en effet que nous avons à faire à un des hommes politiques
les plus considérables de notre temps. Tenter de le réduire à une caricature ne
témoigne que de la faiblesse du débat politique aujourd'hui. Mieux la propagande
anti-cubaine est révélatrice de l'état réel de la démocratie en France et en
Europe. C'est que cette série d'articles tend à démontrer.

Chapitre I . Cuba disparaît derrière Fidel Castro :

I. Le dictateur d'un totalitarisme toujours menacé d'effondrement ?

Si l'on en croît cette "image", qui a fini par devenir dominante en Europe, en
France en particulier, Fidel Castro serait un "dictateur" qui imposerait à son
malheureux peuple un choix socialiste qui aurait fait faillite partout ailleurs.
Voici la formule lapidaire qui le désigne sur le site de Reporters Sans
Frontières : "Le président cubain est le doyen des dictateurs de la planète. Le
secret de sa longévité ? Interdire la critique." Ou encore toujours dans le même
genre d'omnipotence, le crédit accordé aux élucubrations du magazine Forbes, qui
fait de Fidel Castro la première fortune du monde en lui attribuant en toute
simplicité le budget et jusqu'à la propriété des bâtiments officiels cubains,
comme le Palais des Conventions. Cuba, son peuple, tout a disparu comme avalé
par l'ogre que serait Fidel Castro.

Cuba cette « anomalie » disait Aznar. A la chute de l'Union Soviétique, pendant
plus de dix ans, une petite île des Caraïbes s'obstine dans son choix non
seulement de souveraineté, mais proclame son choix « socialiste » face à
l'Empire désormais sans rival. Pour un Français, il y a dans ce défi un
incontestable panache, il peut s'empêcher de songer à la bande dessinée très
populaire, Asterix. Le petit village gaulois qui résiste à César, et à l'Empire.
Notons que malgré toute la propagande, cette « image » contradictoire résiste et
rien ne vient entamer la sympathie spontanée éprouvée par les Français pour
Cuba. Donc en proclamant « Cuba si, Castro non ! » , la propagande anti-cubaine
opère un contournement, on évite Cuba et on réduit « l' anomalie » à la volonté
tyrannique de son chef d'Etat. Autre dimension qui doit être détournée, la
popularité du Che, l'épopée révolutionnaire des Barbudos, qu'à cela ne tienne on
mettra l'accent sur la « rupture » intervenue entre le Che et Fidel Castro. Le
slogan reprend celui de Cuba : « Cuba si, yankee no ! » Pour faire bonne mesure
non seulement on tentera d'attribuer la mort du Che à l'abandon de Castro, mais
on ira jusqu'à lui attribuer celle de Salvador Allende. Que le Che à son retour
d'Afrique, avant de partir en Bolivie, soit passé à Cuba, qu'il ait confié sa
famille, ses enfants à leur oncle Fidel, que ceux-ci ne cessent de témoigner en
faveur de ce dernier, de dénoncer la manipulation de leur père, n'y fait rien. «
On meurt beaucoup autour de Fidel Castro ! » constatait finement un auteur
ordurier qui a bénéficié de tous les plateaux de télévision, de tous les
journaux sans qu'il soit possible tant est forte la censure médiatique de lui
apporter la moindre contradiction. (1) On meurt beaucoup autour de Fidel Castro,
certes et la CIA n'y est pour rien, le corps supplicié du Che n'a pas été par
leur soin amputé de ses deux mains pour que les empreintes soient vérifiées aux
Etats-Unis. L'histoire jugera la manipulation, en attendant ses effets
atteignent moins Cuba et Fidel Castro que nous-mêmes, notre information, notre
édition qui diffuse de telles âneries malveillantes.

Cette manière de faire disparaître Cuba derrière Fidel Castro, la résistance
occultée par la « tyrannie », explique la présentation du personnage. Il est
vieux, vacillant, une sorte d'allégorie de Cuba toujours décrit au bord de
l'effondrement. Quand il fera une chute, on repassera en boucle cette chute, la
télévision s'en délectera. On oubliera de montrer la manière dont il fait face à
la douleur, rassure les Cubains, fait son propre diagnostic. Il faut cacher
l'extraordinaire volonté de cet homme, là encore il s'agit de Cuba dont chacun
guette la chute. Rien à voir avec la manière dont les Cubains ont accueilli la
nouvelle, en parlent encore « Povrecito, il s'est fait mal, me disait une amie,
en ajoutant aussitôt, mais faut-il être bête pour ne pas regarder où on met les
pieds ! », oui il y a une symbiose comme l'affirmait le Che entre Cuba et Fidel,
mais la nature de celle-ci reste à élucider. Pour la propagande « anti-castriste
» qui n'est que le masque de la propagande anti-cubaine, la chute, la mort
attendu de Fidel Castro est celle de l'héroïque résistance d'un peuple : « Fin
de siècle à la Havane » affirmait un de ces nombreux best-sellers d'une saison,
la venue du Pape Jean Paul II devait faire s'écrouler un régime au abois,
sempiternellement à l'agonie(2), le siècle est passé et ma foi la Havane et
Fidel Castro sont toujours là... Mieux, le premier mai 2006, ils étaient trois,
Fidel Castro, Chavez, et Evo Morales. Si les prévisions de l'effondrement
annoncé sont ainsi sans cesse déjouée c'est probablement qu'il y a quelque chose
de faux dans le raisonnement de nos « Cubanologues »., tant en ce qui concerne
Cuba, que son « clone tyrannique ».

On peut également penser que si des gens qui manifestent une telle ignorance
malveillante sur le passé, le présent et le futur de Cuba, et qui sont pourtant
les seuls à avoir droit de cité dans nos médias, les autres étant voué à une
censure impitoyable et sans faille (3), nous renseignent moins sur la réalité de
Cuba que sur notre propre réalité.

II. Le blocus n'existe pas (4)

Cette fiction d'un dictateur omnipotent, à quelques encablures de la principale
puissance du monde attachée à sa perte, a des vertus pour la propagande
occidentale. Elle permet par exemple d'attribuer au seul Fidel Castro les
difficultés bien réelles que doit affronter le peuple cubain. Tout est de la
faute de Castro, le blocus n'existerait pas, quand il serait vaguement fait état
de son existence, ce serait pour laisser entendre qu'il rend service à Fidel
Castro, lui permet de maintenir sa dictature sur cette malheureuse île. Car la
duplicité de ce Fidel Castro est telle qu'il a réussi à se faire passer pour un
romantique héros en lutte contre l'impérialisme. Voilà, sous diverses variantes,
le menu que l'on nous sert jour après jour...

Non seulement le blocus existe, il a été depuis 62, promulgué par un
enchevêtrement de dispositions émanant des Etats-Unis, mais à la chute de
l'URSS, deux lois, en 92, 96, sont venues resserrer l'étranglement. En 96, sous
le charmant Clinton, il y a eu la loi Helms Burton, qui en outre viole la
légalité internationale puisqu'elle est « extra-territoriale ».(4) La
promulgation de cette loi, s'est accompagné à la même époque d'une série
d'attentats terroristes destinés à empêcher le tourisme dans l'île. Un touriste
italien a été tué, le silence médiatique a été total.

Cette omerta de la presse occidentale n'est pas un cas d'espèce. Souvenez-vous
quand en 89, éclate la « Révolution » roumaine, on nous monte le faux charnier
de Timisoara. Au même moment, au Panama, l'aviation nord-américaine sous couvert
de « libérer » le Panama de son « dictateur » Noriega, bombarde et fait plus de
3000 morts.(6) Le silence sur cette intervention est total dans les « médias »
libres. On s'interroge encore sur la discipline dont on fait preuve à cette
occasion l'ensemble du monde de la presse et de la télévision, quel type de
tyrannie peut obtenir une aussi touchante unanimité ? Depuis les exemples ne
cessent de se multiplier, mais le cas cubain est exemplaire. S'agit-il des
centres de torture que l'Empire dissémine sur toute la planète, ces zones de
non-droit où des prisonniers fantômes subissent dans le silence général des
traitements abominables, on découvre que là où s'est expérimenté le modèle est
la base étasunienne à Cuba de Guantanamo. Il y a même eu des beaux esprits pour
s'indigner de ce que Fidel Castro « tolère » de tels agissements sur l'île, on
ne l'a pas accusé de complicité, mais c'est tout juste. (7) Ce qui permet
d'ailleurs de ne pas souligner que le seul endroit à Cuba où des gens sont
enfermés en toute illégalité et torturés, est cette enclave nord-américaine.

Donc le blocus existe et son coût est considérable. Toutes les années
l'Assemblée Générale des Nations Unies, à la quasi unanimité, le dénonce.(8) Un
tel blocus, dans l'Irak de Saddam Hussein se traduisait par la mort de 5000
enfants par an, alors qu'à Cuba le taux de mortalité infantile est comparable à
celui des pays les plus riches de la planète. Ce sont des faits établis. Nos
médias qui peuvent écrire des articles entiers sur la situation cubaine,
premièrement en ne faisant jamais état du blocus, deuxièmement en ne comparant
jamais Cuba aux îles voisines, ni au reste du continent sud américain,
comparaison qui serait pourtant édifiante en matière de sous développement, ils
peuvent ainsi attribuer à Fidel Castro et au socialisme, ce qui relève d'une
insupportable agression et d'une situation de sous développement. Cuba ne
subirait pas le blocus, ni le terrorisme qui a pourtant fait depuis 59 plus de
4000 morts et autant de blessés à vie. Cette négation du terrorisme que subit
Cuba passe là par la censure des faits. Jamais vous n'entendrez parler de Posada
Carriles, ce terroriste qui a sévi dans toute l'Amérique latine, dont le
Venezuela réclame l'extradition, et à qui l'on peut attribuer non seulement
l'assassinat de 73 passagers d'un avion civil cubain en plein vol, comme il a
revendiqué celui d'un touriste italien qui, selon lui, avait eu le seul tort de
se trouver en vacances dans un hôtel cubain. Jamais vous ne saurez que, entré
illégalement aux Etats-Unis en 2005, il y jouit pourtant de la protection du
gouvernement nord-américain. Jamais vous n'entendrez parler de l'affaire des 5,
ces Cubains détenus illégalement dans les prisons nord-américaines pour avoir
voulu prévenir les attentats terroristes dont leur pays est menacé en infiltrant
ces groupes terroristes basés en Floride.

En revanche, les défilés, les tribunes anti-impérialistes, vous seront
représentées comme un spectacle grâce auquel Fidel Castro se livre à son étrange
manie : dénoncer les Etats-Unis. Vous avez droit à cette caricature, une foule
dont bien sûr on laisse entendre que telle un troupeau de bestiaux elle est
rabattue par la police de Castro autour de sa tribune, et le « dictateur » en
proie à sa logorrhée habituelle leur impose son fantasme anti-impérialiste.

Que ces discours soient la plupart du temps de remarquables analyses, vous n'en
saurez rien.

Notons tout de suite, que si le public français soumis à un tel martèlement
idéologique peut ignorer la situation réelle, du blocus, comme du terrorisme,
les Cubains eux ne peuvent s'en abstraire et cela change beaucoup de chose. Il
faut également noter que l'ensemble du Tiers Monde, et singulièrement l'Amérique
latine n'a pas du tout la même vision de Cuba et de Fidel Castro. Certes il
existe en Amérique latine une oligarchie soumise aux Etats-Unis, elle détient la
presse et les moyens de communication, y compris au Venezuela, les gouvernements
sont soumis à la pression U.S et invités à s'aligner sur sa propagande, voire à
présenter des condamnations de Cuba sur le thème des droits de l'homme comme le
fit l'Uruguay ou le Honduras, mais les peuples en sont pas dupes. Cuba et Fidel
Castro jouissent d'un prestige que le mouvement actuel qui secoue l'Amérique
latine a encore amplifié.

Donc quand non seulement nos médias de droite, mais le politico-médiatique, y
compris de gauche, voire communiste, contribue à entretenir cette fallacieuse
image d'un « dictateur » qui imposerait son pouvoir à un malheureux peuple
apeuré, ces peuples d'Amérique latine ne s'y trompent pas, et légitimement
considèrent cela comme de la propagande étasunienne, soit comme le symptôme de
la dégénérescence des communistes français. (9) Le prestige de l'Europe, de la
France qui fut longtemps une terre d'exil pour les progressistes sud-américain,
en est grandement entamé, surtout que, comme nous le verrons, la politique de
l'Europe, de la France, dans un sous continent où monte les résistances, est de
plus en plus sévèrement jugée. C'est pourquoi et c'est tout le sens de cet
article, il ne s'agit pas de défendre Cuba, mais de nous défendre nous-mêmes, de
bien prendre conscience en quoi une telle propagande, renseigne sur l'état réel
de l'information en France et en Europe.

Donc pour résumer notre analyse, à travers l'image d'un dictateur plus ou moins
sénile seul responsable de la résistance cubaine, de ses choix socialistes, il
s'agit de limiter voire de détruire le capital de sympathie que cette résistance
peut susciter. Cuba est aspiré dans l'image de Fidel Castro qui se doit alors
d'être noircie en violation des faits.

Si Cuba a toujours représenté une véritable obsession pour les gouvernements des
Etats-Unis, et si ces mêmes gouvernements continuent leur pression, l'amplifient
après la chute de l'URSS, il y a bien sûr l'insupportable défi, mais aussi et
surtout la manière dont Cuba a été et reste la clé de la résistance de
l'Amérique latine. C'est pourquoi, il va y avoir face au processus de résistance
tel qu'il se développe en Amérique des tentatives parallèles pour isoler Cuba,
toujours à travers la personnalité imaginaire de Fidel Castro. Ce qui est de
plus en plus difficile.

Dans un prochain article, nous tenterons de comprendre pourquoi en France et
plus généralement en Europe, cette image de Fidel Castro est ainsi entretenue,
diffusée, et pourquoi tout autre information se heurte à une impitoyable
censure. On comprend bien en effet en quoi les Etats-Unis, voire la droite
atlantiste, peut ainsi monter de toute pièce une telle fiction, mais on se
demande en quoi l'Europe a intérêt à s'en faire le meilleur propagandiste,
paraissent tout aussi obscurs les intérêts de la gauche française et encore plus
des communistes dans ce domaine.

Notes :

(1) La plus méchante production étant sans doute « Castro, l'infidèle » de Serge
Raffy. Fayard. 2003. Qu'il se soit trouvé un éditeur pour publier un tel torchon
est déjà étonnant. Mais que de telles âneries malveillantes aient bénéficié
d'une promotion inouïe sans que le moindre contradicteur puisse intervenir
paraît extraordinaire.

(2) Lors de la venue du Pape, qui devait inaugurer la chute du « régime », Fidel
Castro a excellemment résumé la veille de l'arrivée du souverain pontife, la
nature de « l'exception cubaine » : « il faut lui faire comprendre que si le
socialisme a été imposé à son pays la Pologne, ici il s'agit d'une création de
notre peuple et que nous y tenons. » Ce qui fut fait et le fin politique
qu'était Jean Paul II prit acte de la situation. Son discours final sur la place
de la Révolution fut un modèle d'anti-impérialisme et de condamnation du blocus.
A l'époque, à l'inverse de tous les Cubanologues, dans un article des Temps
Modernes, j'avais annoncé que Cuba résisterait à ce pape qui faisait tomber «
les murs »... Il suffisait de connaître Cuba, et la manière dont s'y posait le
problème religieux.

(3) La promotion d'ouvrages anti-castristes, la multiplication d'articles
venimeux n'est que la pointe visible de l'iceberg, le phénomène essentiel est la
censure qui frappe toute opinion contradictoire. Il est impossible fut-ce dans
un courrier des lecteurs de dénoncer de simples erreurs factuelles concernant
Cuba à partir du moment où elles remettent en cause la doxa médiatique.
L'extension est telle que nos propres livres, en particulier « Cuba est une île
», alors même que personne n'en remettait en cause le sérieux, ni la qualité de
l'information, ont subi une censure totale, y compris de l'Humanité. DE MAL
EMPIRE a bénéficié d'une meilleure couverture puisque le Monde Diplomatique,
Marianne et positif lui ont consacré des notes de lecture, mais l'Humanité,
malgré des interventions multiples de lecteurs communistes et des pétitions
émanant de communistes, s'est heurté à la même volonté de censure de la
direction du journal et de toute la presse communiste. Rien de favorable à Cuba
ne doit être attribué au dit journal.

(4) Avec la variante de gauche : le blocus n'explique pas tout. Certes mais on
aimerait bien qu'un jour ces belles âmes nous disent réellement ce qu'il
explique. Dans cette variante se sont particulièrement illustrés les communistes
de la LCR, Krivine, mais aussi Jeanette Habel qui dans un article sur deux pages
du Monde Diplomatique de l'été 2004, analyse théoriquement les mesures prises
par Bush 2004 pour resserrer encore le garrot, y consacre un paragraphe et le
reste « aux blocages internes », un pâté d'alouette : un cheval sur les
blocages, une alouette sur ce que subit Cuba. Ou encore un propos dont le fond
est « moi qui suis révolutionnaire, qui ai tant soutenu la Révolution Cubaine,
je puis vous garantir que celle-ci est devenue une catastrophe »..

(5) Voir « Cuba est une île », où le blocus est analysé et la loi Helms Burton
traduite en Français par Viktor Dedaj. C'est édifiant.

(6) On sait que Noriega était un agent stipendié de la CIA, mais pour avoir
voulu manifester une volonté d'indépendance sur le canal, les Etats-Unis «
découvrirent »qu'il était non seulement un « dictateur », mais un trafiquant de
drogue. L'opération « juste cause » fut déclenchée et occasionna 3000 morts.

(7) Le statut de Guantanamo n'est pas connu des Français. Ils ignorent que cette
« base » nord-américaine, contre laquelle les Cubains ne cessent de protester a
été installé, avec l'amendement Platt qui mettait en tutelle la politique
extérieure de Cuba, aux lendemains de la guerre d'indépendance contre l'Espagne
en 19O2, une victoire volée par une intervention nord-américaine et les accords
de Paris, où le sort de Cuba fut décidé sans que les Cubains soient consultés.

(8) Il n'y a que les Etats-Unis et Israël, plus quelques dominion des Etats-Unis
dans le Pacifique comme les îles Marshall ou Palau qui refusent cette
condamnation. Le gouvernement français et tous les gouvernements européens le
condamnent. Autre chose est l'arbitraire que font peser les Etats-Unis sur les
institutions internationales puisque cette condamnation n'est pas suivie
d'effets.

(9) Car la cécité plus ou moins volontaire sur Cuba empêche de comprendre ce qui
se joue en Amérique latine puisque Cuba est une des clés de l'Amérique latine.
Si aujourd'hui le PCF et la LCR manifestent une certaine sympathie au Venezuela
et à la Bolivie, en continuant à pratiquer la censure sur Cuba, ce qui a des
conséquences. Un exemple le 6 mai 2006, un article en ligne de l'Humanité
témoignait à la fois de l'ignorance du dossier et de la position réelle des
communistes français face au processus à l'ouvre. Il s'agissait de rendre compte
de la signature de l'Alba par Evo Morales. L'article intitulé « la sainte
trinité » fourmillait d'erreurs factuelles, par exemple il y était indiqué que
Cuba envoyait des enseignants au Venezuela contre un tarif préférentiel
pétrolier, en oubliant que c'était toute la zone Caraîbe qui bénéficiait de ce
tarif préférentiel. Mieux, la journaliste feignait « l'objectivité », la
distance avec l'événement et laissait planer le doute sur la manière dont l'Alba
risquait de détruire le Mercosur, puisque disait-elle l'Argentine et le Brésil
ne voudrait pas entendre parler de l'Alba et donc Chavez serait en difficulté au
sein du Mercosur. Non seulement Chavez avait signé l'Alba, il y a un an sans que
cela pose problème au Mercosur, mais les dits gouvernements venaient d'appuyer
la nationalisation des hydrocarbures décidés par Evo Morales. Si on analyse bien
le fond de la manière dont le PCF rend compte du processus en Amérique latine,
on ne peut manquer d'être frappé comment sous couvert de « démocratie » la
plupart des prises de position sont proches de celles des socialistes, de
l'Europe en général, qui tendent à isoler « les meneurs » de l'ensemble du
continent et soutient de fait une « gauche » capable de s'intégrer aux
coopérations européennes. Le fond est que le PCF n'a plus de politique
internationale autonome.


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#10651 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  12:30
Sujet: [GRANMA] Kirchner aux militaires : "Comme président, je n’ai pas peur et je n’ai pas peur de vous"
cubasolidarity
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From: Denisjpmo@...


Dur discours de Kirchner aux militaires
«Comme président, je n’ai pas peur
et je n’ai pas peur de vous»

Repris de APM/REBELION

LE président argentin a condamné les secteurs militaires qui revendiquent
encore les procédés de la dernière dictature à qui il a dit ne pas voir peur
d’eux tout en revendiquant que l’armée nationale se trouve
«définitivement éloigné du terrorisme d’État».

  Le président argentin Nestor Kirchner a prononcé un discours ferme pour
condamner la marche effectuée la semaine dernière par des militaires en
hommage «aux victimes de la subversion» et pour laquelle six officiers ont
reçu de fortes sanctions.

  «Des faits sont survenus qui n’aident pas à la construction du prestige (de
l’armée)», a lancé Kirchner en allusion évidente à l’hommage aux dites
victimes de la subversion.

  La référence est aussitôt devenue explicite. «Je fais référence à la
participation de membres de ces forces à une cérémonie publique dans laquelle
on a non seulement agressé des journalistes mais aussi où sont survenues des
conduites, des actions, et des paroles qu’il ne serait pas téméraire de
qualifier d’être voisines de  l’apologie du délit en revendiquant le
terrorisme d’État, comme cela est survenu le 24 mai dernier, Place San
Martin».

  Après le dur avertissement, il a ratifié la subordination des Forces armées
au pouvoir civil en affirmant que «l’inclusion, l’équité et l’égalité
que l’Argentine nécessite requiert des Force armées engagées envers
l’origine de la nation et subordonnées au pouvoir populaire».

  Le président a laissé un autre des passages les plus durs pour la fin de son
discours. En élevant la voix, et en s’adressant directement aux officiers qui
l’observaient à l’arrière, il leur a dit: «Je veux qu’il soit clair que
comme président, je n’ai pas peur… et je n’ai pas peur de vous».

  Les dernières phrases de son discours qui a duré un peu moins de quinze
minutes ont été adressées aux soldats: «Nous voulons l’armée de San
Martín, Belgrano et Mosconi et non celle de ceux qui ont assassiné leurs
propres frères, comme l’ont fait Videla, Galtieri, Bignone et Viola", les
chefs de la dernière dictature militaire qui a sévi il y a 30 ans.

  Dans une nouvelle ratification de la politique officielle en matière de droits
de l’homme, il a ajouté: «Je viens revendiquer une armée nationale engagée
envers le pays et définitivement éloignée du terrorisme d’État».

  Après le discours, le président a quitté le collège militaire de El Palomar
sans participer au défilé traditionnel prévu pour célébrer l’anniversaire
de l’armée qui a eu lieu immédiatement après.

  Kirchner a profité de la cérémonie pour annoncer des changements au système
de défense nationale: «Nous nous disposons à commencer un processus de
révision, reconversion et modernisation intégrale du système de défense
nationale. Nous devons avancer de façon soutenue dans un processus qui permette
d’ajuster et d’établir de nouvelles bases sur lesquelles on doit ordonner
le système de défense et les Forces armées elles-mêmes», a indiqué le chef
de l’État..

  De cette manière, il a annoncé sa décision de restructurer le système de
défense dans les prochains mois, ce qui implique une redéfinition du pouvoir
des chefs des trois forces armées.

  Parmi les réformes prévues, on note le passage des fonctions comme les
promotions, l’autorisation d’exercices d’entraînement et l’achat de
matériel, des chefs des trois forces à l’État major conjoint.

  Kirchner a assuré que le processus de «reconversion» donnera aux autorités
civiles «l’exercice effectif de la conduite de la politique de défense».

  Avant le discours de Kirchner, le chef de l’armée, le général Roberto
Bendini, a semblé se référer, bien que pas aussi clairement, au même
incident: «Je ne vais pas tolérer d’actes ou d’actions qui affectent la
discipline ou la cohésion de l’institution», a-t-il assuré avec
véhémence.

  Dans ce contexte, il a soutenu que les valeurs de «liberté, subordination et
discipline» constituent «la colonne vertébrale de l’institution» et que
les membres des Forces armées soient «obligés moralement et par le règlement
à les respecter». Il a ensuite lancé un dur avertissement: «Qui n’est pas
disposé à respecter ces préceptes doit quitter ses rangs».

http://www.granma.cu/frances/2006/junio/juev1/1arge-f.html


[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10652 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  12:30
Sujet: Chili : mobilisation lycéenne et répression
cubasolidarity
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From: Denisjpmo@...

Chili : mobilisation lycéenne et répression

La revendication d’une réforme éducative a eu une grande répercution dans
les institutions et est passé dans les rues ; les carabiniers ont réprimé
avec des gaz et des camions à eau. Il y a eu au moins 14 blessés et 509
personnes arrêtées. Les négociations entre les étudiants et le ministre de
l’Education continuent.

Les Chiliens ont eu hier leur "marche des pingouins". De cette manière sont
appelés les lycéens, en raison de la couleur bleue et blanche de leurs
uniformes, qui ont réalisé une grève nationale pour des améliorations de la
qualité éducative au Chili. Malgré le fait que des dirigeants étudiants
avaient appelé à rester dans les lycées et à développer une protestation
pacifique, celle ci est rapidemment descendue dans les rues et a généré des
chocs avec la police, qui a arrêté 509 personnes.

Les carabiniers ont réprimé avec des gaz lacrymogènes et des camions à eau
dans différents points de la ville, en blessant des étudiants, des
travailleurs de presse et y compris des policiers -on en recensait 14-. Dans
l’après-midi, le ministre de l’Education, Martin Zilic, s’est réuni avec
les dirigeants étudiants pour chercher des solutions au conflit. Aujourd’hui
le panorama sera pratiquemment le même, avec la continuation de la négociation
entre le gouvernement et les étudiants et la mobilisation dans les lycées. La
journée a été suivie par l’adhésion de 600.000 étudiants, presque 50 pour
cent des instituts éducatifs, publics et privés, en plus de beaucoup
d’universités. Même l’établissement dans lequel étudie la fille de la
présidente chilienne Michelle Bachelet, Sofía Henríquez, s’est rallié à
la grève.

"Le cuivre au ciel et l’éducation au tapis", remarquait une affiche, avec une
allusion directe à l’excédent record de 10 milliards de dollars que le Fisc
chilien recueillera cette année en raison d’un plus grand prix du cuivre, le
principal produit d’exportation du pays, mais qui sera destiné en majorité
à l’épargne. La consigne de la journée était de rester dans les lycées en
réalisant des journées culturelles et de réflexion sur la qualité de
l’enseignement dans le secteur public. Cependant, il y a eu des groupes qui
ont réalisé des manifestations, avec pour résultat des affrontements avec la
police. Les chocs avec les carabiniers ont commencé quand une file
d’étudiants ont essayé de rejoindre le Ministère de l’Education. Les
policiers ont essayé d’arrêter la mobilisation, qui n’avait pas été
autorisée par l’intendance de Santiago, avec des camions à eau et des tirs
de gaz lacrymogène. Mais les étudiants ont réussi à se replier et à casser
le cercle policier, ce qui a obligé les effectifs à interrompre la circulation
dans les deux sens de l’avenue centrale Alameda. Les dirigeants du mouvement
étudiant ont critiqué la dureté de la répression, mais l’intendant
métropolitain a remarqué que les marches n’étaient pas autorisées. "Les
pacos (carabiniers) ont agi selon leurs propres règles", a dit le dirigeant du
Lycée Aplicacion, William Vellejos, à Pagina/12. "Ils nous traitent comme des
délinquants (...) Ils ont peur de nous", a-t-il ajouté. "Pour le gouvernement,
c’est plus facile de réprimer que d’écouter".

Les étudiants ont plusieurs revendications. En premier lieu, ils demandent
l’abrogation d’une loi d’éducation promulguée par le dictateur Augusto
Pinochet un jour avant de laisser le pouvoir, qui a fait entrer le marché dans
l’éducation. La loi a généré des collèges pour pauvres et pour riches,
avec des différences importantes dans la qualité de l’éducation et un
système de propriétaires privés d’établissements éducatifs qui reçoivent
des subventions de l’État mais manquent de contrôles. Ils critiquent aussi
l’étendue de la journée scolaire sans que les lycées n’aient été
préparées, et demandent la gratuité des Epreuves de Sélection Universitaire
(PSU), du permis scolaire et du transport scolaire.

Hier les étudiants ont remporté une victoire importante : une réunion des 25
porte-parole officiels des lycées avec le ministre de l’Education, Martin
Zilic, dans la Bibliotèque Nationale. Le gouvernement a ainsi renoué les
négociations après un dialogue initial qui avait été interrompu à cause de
violentes protestations de rue enregistrées il y a une paire de semaines.
Cependant, la violence dans les rues s’est aussi invité à la réunion. Des
gaz lacrymogènes lancés au milieu des incidents de la Alameda ont pénétré
à l’intérieur de la Bibliothèque, ce qui a provoqué des interruptions dans
les négociations. Après cinq heures de discussion, les négociations
continueront aujourd’hui. A la sortie de la Bibliothèque, ni le ministre de
l’Education ni les étudiants n’ont voulu faire de déclarations mais des
sources extraofficielles ont assuré que le gouvernement aurait répondu de
manière partielle aux demandes, en octroyant la gratuité du transport scolaire
et de l’épreuve d’entrée à l’université aux élèves provenant du 60%
le plus pauvre de la population, avec des revenus inférieurs à 109 000 pesos
(209,61 dollars) par tête par mois. Les autres points des demandes, réforme de
la Loi Organique Constitutionnelle d’Enseignement (LOCE) et de la journée
scolaire complète, nécessiteront des négociations plus longues et
complètent, en raison de leur caractère législatif. En ce sens, les
sénateurs ont convoqué une session spéciale qui aurait lieu le 7 juin, pour
aborder avec une politique d’Etat les thèmes de fonds qui nécessitent des
définitions.

Malgré les claires réussites de l’une des mobilisations les plus importantes
des derniers temps au Chili, la journée n’a pas été considérée de la
même manière par les différents groupes d’étudiants. Julio Isamit, un
dirigeant de l’Institut National, a fait un bilan positif de la journée pour
la quantité d’élèves mobilisés, en plus du début des négociations avec
le ministère. de "pésima", parce que la consigne était de ne pas sortir dans
les rues. Le dirigeant étudiant a aussi été dur avec le gouvernement, et à
la différence d’Isamit, il n’a pas qualifié le commencement des
négociations avec Zilic de positive , puisqu’il le considère comme "son
travail". "Nous allons considérer comme positif seulement la satisfaction de
nos demandes", a affirmé Vallejos. Aujourd’hui la mobilisation continue, et
les dirigeants politiques devront chercher des solutions devant une jeunesse en
pleine ébullition.

Fotos :
  http://santiago.indymedia.org/news/2006/05/49379.php
  http://santiago.indymedia.org/news/2006/05/49401.php
  http://santiago.indymedia.org/news/2006/05/49467.php

http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=8578

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La jeunesse chilienne défie la présidente Michelle Bachelet
LE MONDE | 02.06.06 | 13h48  •  Mis à jour le 02.06.06 | 13h48
BUENOS AIRES CORRESPONDANTE

Près de trois mois après sa prise de fonctions au Chili, la présidente
Michelle Bachelet (socialiste) affronte son premier conflit social : une
révolte étudiante sans précédent depuis le retour de la démocratie en 1990.

Le chef des forces spéciales de la police a été limogé, mercredi 31 mai,
pour la répression excessive d'une manifestation de lycéens, la veille à
Santiago du Chili. Plusieurs centaines d'étudiants ont été interpellés ou
arrêtés. Les images montrant des policiers battant des manifestants et des
journalistes ont suscité une vive émotion et l'indignation de la présidente
Bachelet, qui estime "légitimes" les revendications des étudiants.


Depuis plusieurs jours, des centaines de milliers d'élèves du secondaire ont
été rejoints par les étudiants des universités et des professeurs, à
Santiago et dans d'autres grandes villes, pour réclamer une réforme de
l'enseignement. Ils dénoncent la mauvaise qualité de l'éducation et les
inégalités budgétaires entre le public et le privé. Ils réclament aussi la
gratuité du transport et celle du baccalauréat.
La pauvreté a été réduite de moitié depuis le retour de la démocratie, le
budget de l'éducation publique a été multiplié par trois, mais le Chili
reste un des pays les plus inégalitaires de la région en matière de
redistribution des revenus et d'opportunités d'éducation pour les plus
démunis.

Le système éducatif, hérité de la dictature du général Augusto Pinochet,
est une fausse note pour la coalition de centre-gauche, au pouvoir depuis seize
ans. Pendant la campagne électorale, Michelle Bachelet avait déploré qu'il y
ait "plus de 5 millions de Chiliens de plus de 20 ans qui n'ont pas terminé le
collège". Sur 100 jeunes de 21 ans faisant des études supérieures, seulement
8,1 % proviennent de la frange la plus déshéritée de la population, contre
72,1 % provenant de la partie la plus aisée. Et toutes les universités sont
payantes.

Malgré l'ouverture d'un dialogue avec le ministère de l'éducation, le conflit
menace toujours de s'envenimer. Le gouvernement a rejeté un ultimatum, fixé au
vendredi 2 juin par les étudiant pour répondre à leurs revendications. Ils
menacent d'organiser une grève nationale, lundi 5 juin, avec le soutien des
syndicats.

Christine Legrand
Article paru dans l'édition du 03.06.06

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-778948@51-779067,0.html

[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10653 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Samedi 3. Juin 2006  8:42
Sujet: [Le Figaro] La flambée du pétrole fracture l'Amérique latine
cubasolidarity
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From: Denisjpmo@...


La flambée du pétrole fracture l'Amérique latine
Lamia Oualalou
02 juin 2006, (Rubrique International)
La hausse de la rente énergétique et l'arrivée au pouvoir de la gauche dans
plusieurs pays du sous-continent aiguisent les tensions.


L'Opep est une organisation «anti-impérialiste», qui peut contribuer à la
libération des peuples des pays en développement. C'est par cette formule
provocatrice que le président vénézuélien, Hugo Chavez, a inauguré hier la
réunion de l'Opep qui se tenait à Caracas. Les experts s'attendent à ce que les
onze pays exportateurs de pétrole laissent inchangé leur quota de production,
dans un contexte de flambée des cours mondiaux.


LES EXPERTS du pétrole ne savent plus où donner de la tête. «L'Amérique latine a
longtemps été considérée comme une région stable pour les multinationales du
secteur. Depuis quelques années, ce n'est plus le cas : les risques valent ceux
du Moyen-Orient, de l'Afrique ou de la Russie», résume Jean-Marie Chevalier,
directeur du Cambridge Energy Research Associates (Cera). Quelques années, ce
sont plus précisément les années depuis lesquelles les gouvernements
latino-américains ont basculé à gauche, sous la pression de mouvements sociaux.
Parallèlement, l'envolée des cours des hydrocarbures a renversé le rapport de
forces entre les multinationales et des Etats, soucieux de mettre la rente
énergétique au service de politiques sociales.

Tout commence en 2002, par le bras de fer entre le gouvernement de Hugo Chavez,
à la tête du Venezuela depuis 1999, et l'entreprise nationale PDVSA, qui
constitue un Etat dans l'Etat. «PDVSA a alors sa propre ambition, celle de
devenir une major mondiale», rappelle Jean-Marie Chevalier. Hugo Chavez y voit
une poule aux oeufs d'or pour financer ses programmes de santé et
d'alphabétisation. Il y tient d'autant plus que les cours du baril commencent à
s'affoler, tirés par la demande chinoise et la tension au Moyen-Orient. Les
cadres de l'entreprise se braquent et déclenchent, en décembre 2002, une grève
de deux mois, avec l'espoir de faire tomber le président. Chavez tient tête. Les
grévistes abdiquent, il en licencie 18 000. PDVSA tombe sous son contrôle.

Faire plier les multinationales

Chavez ne s'arrête pas là : à partir de 2003, il veut faire plier les
multinationales en augmentant impôts et royalties. Enivrées par des cours
toujours plus hauts, ces dernières acceptent. Le Venezuela ne recèle-t-il pas
les plus importantes réserves au monde, en comptabilisant les huiles
extra-lourdes ? L'exemple fait école. Arrivé au pouvoir au Brésil, Luiz Inacio
Lula da Silva durcit la législation à l'égard des multinationales pétrolières,
contraintes de se fournir auprès d'entreprises brésiliennes. En Argentine, le
péroniste Nestor Kirchner refuse aux exploitants de gaz d'augmenter leurs
tarifs, comme le stipulent leurs contrats. Pour lui, ces textes ne valent rien
face à la crise qui a mis son pays à genoux en 2001.

Pauvreté galopante

En Bolivie, la déflagration est violente. Depuis la privatisation des
hydrocarbures en 1996, les compagnies pétrolières étrangères se croient maîtres
du jeu dans ce pays qui dispose des deuxièmes réserves du continent. En
projetant d'exporter le gaz vers le Mexique et les Etats-Unis, le président
Losada provoque la colère de la population, certaine de ne pas bénéficier de
l'opération. Cette première guerre du gaz se solde par la fuite du président
pour Miami. Deux ans plus tard, son successeur, Carlos Mesa, jette l'éponge face
à la surenchère de la population. Porté par la frustration des foules, Evo
Morales est élu en décembre 2005 et annonce, le 1er mai dernier, la
nationalisation des hydrocarbures.

Le mois dernier, l'Equateur a mis fin à la participation de l'américaine Oxy. Au
Pérou, quel que soit le vainqueur dimanche, il sera contraint de revoir les
conditions d'exploitation de son gaz. Pour faire plier les entreprises, les
Etats ne jouent pas seulement sur les cours, mais aussi sur une apparente
harmonie politique, de Caracas à Buenos Aires. Ce sont désormais les Etats qui
commandent. Hugo Chavez en apporte la preuve en signant des accords de livraison
à des prix préférentiels du pétrole aux pays d'Amérique centrale et des
Caraïbes. Il lance l'idée d'un gigantesque gazoduc, des côtes vénézuéliennes
jusqu'au coeur de l'Argentine. Tout le contraire de l'intégration opérée à la
fin des années 90, quand l'implantation de onze gazoducs entre la Bolivie, le
Brésil, l'Argentine et le Chili servait des intérêts privés et était financée
par eux.

En flattant la fibre populaire, chacun des Etats bouscule ses voisins. En
nationalisant son gaz, la Bolivie a fâché la brésilienne Petrobras et mis en
péril son principal marché. En préférant alimenter son marché national,
l'Argentine a privé le Chili de gaz et menacé sa croissance. La hausse du cours
des hydrocarbures aurait pu permettre à l'Amérique latine de s'unifier et de
défendre collectivement ses intérêts. Les derniers événements montrent qu'il
n'en est rien.

http://www.lefigaro.fr/international/20060602.FIG000000240_la_flambee_du_petrole\
_fracture_l_amerique_latine.html

----


Autosuffisant en pétrole, le pays est aussi un acteur du nucléaire et des
énergies renouvelables.


LA PREMIÈRE puissance économique d'Amérique latine est aussi un géant de
l'énergie. Le Brésil vient d'atteindre en mai l'autosuffisance pétrolière et de
découvrir de nouveaux gisements de gaz en Amazonie. De quoi rééquilibrer les
sources de son énergie électrique, aujourd'hui majoritairement hydraulique.
Brasilia envisage aussi de relancer la construction d'une troisième centrale
nucléaire. Il est par ailleurs le champion de la production de l'éthanol et du
bio-diesel. La compagnie pétrolière nationale Petrobras est le leader mondial de
l'exploration en eaux profondes, et détient la première capitalisation
d'Amérique latine. Si elle reste sous contrôle public, Petrobras est aussi cotée
en Bourse à Sao Paulo et New York, ce qui la pousse à maximiser ses propres
rendements à court terme, en envisageant désormais d'exporter son pétrole. Une
décision jugée dangereuse par de nombreux experts qui soulignent que le Brésil
n'a pas plus de 18 ans de réserves et qu'il devrait garder ce pétrole pour des
temps plus durs.

Le pays rencontre surtout des problèmes pour alimenter en électricité la région
du Nordeste, souvent victime de sécheresse, et donc de pénurie d'électricité. Au
milieu des années 90, Petrobras, sous la pression du gouvernement de Fernando
Henrique Cardoso, a financé un gazoduc coûteux pour importer du gaz de Bolivie.
L'opération, peu profitable pour la firme, a permis à de nombreuses entreprises
de bénéficier d'énergie bon marché et induit une consommation croissante de gaz
bolivien dans les États du sud du Brésil et dans l'État de Sao Paulo, poumon
économique du pays.

http://www.lefigaro.fr/international/20060602.FIG000000236_bresil_un_geant_gourm\
and_de_gaz.html

[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10654 De: "Maxime Vivas" <vivas.maxime@...>
Date: Samedi 3. Juin 2006  8:46
Sujet: [Maxime VIVAS] La plus grande muselière du monde
vivas.maxime@...
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Cuba : la plus grande muselière du monde.

Un moyen classique d'esquiver les critiques sur les désordres de votre maison
est de déplacer le sujet en lançant un « Ailleurs, c'est pire ! »,

Les amis de Cuba me permettront de le dire fraternellement : ils tombent parfois
dans ce travers qui pêche, non par fausseté, mais par systématisme.

Prenons un exemple. Les détracteurs de l'île des Caraïbes, guidés par la
bannière étoilée d'une ONG (Organisation Néo Guignolesque) française qui
arrondit ses fins de mois grâce aux dollars de l'Oncle Sam, pestent contre la
qualité de l'information sur l'île.

- « Va voir à Guantanamo ! », s'égosillent aussitôt les nostalgiques du Che et
les adulateurs de Fidel.

N'est-il pas trop facile de détourner ainsi contre l'adversaire le fameux : « Va
voir à Moscou ! » ?

Certes, le Goulag tropical US est un terrifiant lieu de non droit où sont
encagés par centaines des malheureux raflés dans des pays lointains.

Mais il n'est pas question de ça ici, présentement.

Certes, d'indiscrets téléobjectifs ont pu nous les montrer, à travers les
grilles, dans leur combinaison orange, agenouillés, bandeau sur les yeux, casque
sur les oreilles, moufles aux mains pour annihiler toute sensation et les rendre
fous.

Intéressant, mais hors sujet.

Certes, des indiscrétions nous ont appris qu'à d'autres moments, ils étaient
soumis sans interruption à des lumières crues et à des musiques assourdissantes.

Nous nous égarons.

Certes, d'autres tortures plus traditionnelles sont dispensées à l'abri de tout
regard.

Assez de diversion, SVP !

Certes, ils font par dizaines une grève de la faim. On les attache et on les
nourrit alors comme des oies.

N'essayez pas de m'embrouiller.

Certes quelques-uns parviennent malgré tout à se suicider, transgressant la loi
de leur religion (dont le livre est jeté dans les W.C par de grands gaillards
rigolards).

Assez ! Vous refusez la discussion.

Certes, la presse libre du monde libre ne peut s'approcher du royaume des
bourreaux et des cages des victimes parmi lesquelles se trouve au moins un
journaliste, oublié de ses confrères.

- Suffit ! Je ne vous parle pas des exactions passibles de tribunaux
internationaux, de l'arbitraire, de la sauvagerie, du sadisme, de la torture,
des crimes de guerre, je vous parle de l'information à Cuba. Donc, de la
liberté. Donc, d'une des conditions du bonheur. Vous refusez ce débat ?

- Soit, allons-y. Nous avons, dans l'île en sursis (Bush étant empêtré ailleurs)
quelques organes de presse (imprimés sur un papier de qualité moyenne, de
pagination réduite) dont aucun n'appartient à un Américain ou à un banquier, ou
à un marchand d'armes. Ils s'adressent à différents publics. Il existe une
presse catholique qui publie sans contrôle préalable, librement, dès lors
qu'elle n'appelle pas à l'Irakisation de l'île. Sur le plan de la permissivité,
on croirait lire notre presse à la veille du déferlement des troupes nazies dans
notre pays. En un peu mieux, peut-être.

Elle présente une double particularité : elle ne véhicule pas les thèses des
ultralibéraux et, en même temps, elle permet aux lecteurs d'avoir une vue
précise sur l'état de leur pays et du monde. Par exemple, ils sont au fait, à la
fois des dernières accusations de la revue Forbes et des réponses de l'accusé
(le reste du monde connaît plus le mensonge que sa réfutation), contrairement à
près d'un tiers des Etats-uniens, ils savent que Saddam Hussein n'est pour rien
dans l'effondrement des tours jumelles. Ils ont suivi de près le tremblement de
terre au Pakistan et savent par qui des milliers de rescapés ont été soignés
bénévolement. Ils n'ignorent rien du dérèglement climatique en cours, etc.
Ajoutons que tous ou presque sont capables de situer la France sur une carte,
connaissent notre Histoire et notre cinéma, lisent nos auteurs.

- Encore une diversion ! Je vous parle de ceux qui sont bâillonnés.

- Bien. Ils sont de deux sortes. La première est composée de citoyens de toute
profession qui avaient créé dans leur cuisine une « agence de presse », qui
vendaient leur plume à l'ennemi et étaient prêts à n'importe quoi pour des
dollars. RSF les baptise « journalistes indépendants ». La rue cubaine les
appelle « mercenaires ». Ils ne sont pas en prison pour délit d'opinion, mais
pour intelligence monnayée avec une puissance étrangère, crime que tous les pays
sanctionnent, les USA et la France y compris, même en temps de paix, s'ils sont
de nature à favoriser un conflit. Voyez les articles 411-4, 411-6, 411-10 de
notre Code pénal.

- Heu, et la deuxième ?

- J'éprouve pour elle une vraie compassion. Elle est composée des kyrielles de
journalistes, dont plus de cent rien qu'à La Havane. Ils s'informent, écrivent,
enregistrent, filment et leur travail, s'il est objectif, finit au panier.
Poubellisé. Tout ! Toujours !

- Ah ! Vous y venez enfin !

- Je vous parle des correspondants étrangers qui sont employés par des médias du
monde entier ou par des agences de presse internationales. Depuis 1959, date de
la Révolution, il s'est passé à Cuba, disons, allez : deux ou trois choses
positives. Les correspondants de presse en poste à La Havane les ont observées.
Et que nous rapportent nos médias, à l'arrivée ? Que TOUT va mal depuis des
décennies et que le pire est à venir. Vous avez déjà lu un article du Monde sur
Cuba qui ne soit pas négatif ? De Libération ? Entendu ou vu une émission
informative ? Ainsi, cette petite île du tiers-monde se développe malgré un
terrible blocus, obtient dans de nombreux domaines des succès qui émerveillent
les autres pays pauvres et qui sont salués par les organismes internationaux
spécialisés, mais nous n'en savons rien. Les dépêches des journalistes envoyés
là-bas ne passent pas, sauf si elles sont « tendance » (à charge). Censurées !
Par milliers !

Que fait Reporters sans oillères ?

Alerte ! Des centaines de professionnels des médias sont pris en otages par la
Pensée Unique !

Li-bé-rez nos ca-ma-ra-des des geôles du Mensonge Par Omission !

Lançons une pétition !

Le public a le droit d'être informé de ce qui va bien et de ce qui va mal à
Cuba, des échecs et des réussites, des tâtonnements et des avancées. Il veut
savoir ce que voient nos journalistes sur place et qu'ils n'ont pas le droit de
nous communiquer impartialement à cause du sparadrap, virtuel mais étanche, posé
sur leurs lèvres par les tenants d'un système économique que refuse ce peuple.

Arrachons les muselières de nos malheureux confrères !

Que les bouches s'ouvrent !

Et dans l'immédiat, un bon tuyau à ceux qui ne savent plus qui croire dans cette
affaire. Si vous vous méfiez de la propagande gouvernementale cubaine (après
tout, les Soviétiques nous ont bien roulés, alors le scepticisme peut se
comprendre), si, à l'opposé, vos trouvez que le ton des « anticastristes » et
trop ressemblant de celui de Le Pen et leurs informations trop inspirées des
théories de Goebbels, si vous doutez pareillement de l'impartialité de notre
presse, si vous vous demandez si RSF roule dans la roue de la CIA, essayez ce
truc : lisez les informations relatives à Cuba dans les publications des grands
organismes internationaux qui ne sont aucunement liés à une des parties :
UNICEF, UNESCO, OMS, Amnesty International, rapports de l'ONU (PNUD, FAO.),
voire des rapports d'organismes de l'ultralibéralisme : FMI, la banque mondiale,
rapports officiels US, etc. (il y en a beaucoup d'autres). Voyez ce qu'ils
disent de la petite île des caraïbes, comparez avec des pays comparables, en
contexualisant (c'est-à-dire en tenant compte de l'environnement
économico-politico-militaire).

Ainsi, vous constaterez que Cuba n'est pas l'enfer décrit par les médias «
libres » (ni le paradis dont je rêve) et nous reprendrons ce débat sur la
liberté de la presse dont je ne prétends pas ici qu'il est épuisé. Pas davantage
je ne soutiens que tout est bien là où vous dites que tout est mal. J'affirme
simplement que l'on discute dans le brouillard tant qu'on n'extirpe pas de notre
oil cette poutre plantée là par Rigolos Sans Finesse), officine trop indulgente
pour les tenants d'un monde unipolaire et pour un président états-unien à qui
Dieu a ordonné de libérer La Havane comme il a libéré Kaboul et Bagdad.

Et si, grâce à ma méthode, les peuples du monde entier, éclairés sur la
véritable nature de Cuba, obtenaient la levée du blocus et le renoncement
définitif des Etats-Unis à ce bout de terre voisin, si ainsi tout devenait
normal à l'extérieur, je suis prêt à dresser avec vous l'inventaire des défauts
internes.

Parce que, figurez-vous, je me le garde pour moi par solidarité face à la menace
impériale mais, comme tout un chacun en France (mon coiffeur inclus) je sais
très bien ce que je ferais, moi, si j'étais eux.

Maxime Vivas

#10655 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  12:31
Sujet: Le mauvais garçon du Pérou
cubasolidarity
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From: Denisjpmo@...
ÉLECTIONS PÉRUVIENNES

Le mauvais garçon du Pérou

Gwynne Dyer

Journaliste indépendant basé à Londres, ses articles sont publiés dans 45
pays.


Ollanta Humala prépare un «coup d’État à visage démocratique», a mis en
garde le président du Congrès péruvien Marcial Ayaipoma. «Préserver la
démocratie ou devenir une dictature : voilà les enjeux de ces élections», a
déclaré Mario Vargas Llosa, l’écrivain le plus célèbre du Pérou et
ancien candidat à l’élection présidentielle. «[Humala] gouvernera avec
l’armée, dissoudra le Congrès, s’opposera à Washington, autorisera la
libre culture de la coca, et ne ratifiera pas le traité de libre échange. Il
persécutera la presse… Ce sera une dictature, cela ne fait aucun doute», a
de son côté averti l’ancien ministre des Affaires étrangères Fernando
Rospigliosi.

Alors heureusement qu’Ollanta Humala ne remportera pas le second tour de la
présidentielle du 4 juin. Humala est arrivé en tête au premier tour en avril,
mais le dernier grand sondage d’opinion, réalisé entre le 24 et le 26 mai
par l’institut Apoyo, donne l’ancien président Alan Garcia vainqueur avec
55 % des votes contre 45 % pour Humala. Donc tout va bien. Sauf que…

Sauf que les électeurs peuvent mentir aux sondeurs d’opinion. Quand
l’institut Apoyo a fait remplir aux personnes interrogées des bulletins
secrets pour connaître leurs intentions de vote, les résultats étaient
différents : Garcia ne devançait plus Humala qu’avec 52 % des voix contre 48
%. Par ailleurs, un cinquième des électeurs se dit encore indécis : sont-ils
vraiment tous indécis, ou beaucoup sont-ils seulement embarrassés d’affirmer
qu’ils voteront pour Humala? La course présidentielle n’est pas encore
terminée.


Pourquoi quelqu’un de sensé voterait-il pour Ollanta Humala? Cet ancien
officier de l’armée de 42 ans est soupçonné d’avoir violé les droits de
l’homme lorsqu’il commandait les forces de la contre-insurrection dans les
montagnes dans les années 1990. Sa seule gloire est d’avoir dirigé avec son
frère un coup d’État militaire manqué en 2000. Mais au moins, cette
tentative de coup d’État visait l’ancien président Alberto Fujimori, un
homme pas vraiment réputé pour son amour de la démocratie. Le frère cadet
d’Humala, Antauro, est quant à lui en prison pour avoir mené, l’an
dernier, une révolte sanglante contre le gouvernement élu démocratiquement du
président Alejandro Toledo.

La famille Humala tout entière est notamment connue pour son extrémisme. Bien
que d’une famille blanche et très aisée, le père de Humala, Isaac, a fondé
un mouvement ultranationaliste et autoritaire appelé «ethnocacérisme» qui
proclamait la supériorité ethnique de la majorité indienne et métisse au
Pérou par rapport aux descendants blancs des migrants espagnols, encore
dominants dans le monde des affaires et sur la scène politique. Ollanta Humala
se prévaut grosso modo du même argumentaire; il s’appuie sur le ressentiment
et les revendications économiques et ethniques des pauvres du Pérou, en
majorité indiens et métis.

Ces cinq dernières années, sous le gouvernement de Toledo, l’économie
péruvienne a connu une considérable croissance de 4,5 % pour atteindre 7 %
l’an dernier. Alors pourquoi Toledo est-il le dirigeant le plus impopulaire
d’Amérique, avec une cote de popularité en-deçà de 10 %, Et comment un
candidat aussi inattendu qu’Ollanta Humala, inexpérimenté, instable et
excentrique peut-il être à seulement quelques points de pourcentage de la
présidence du Pérou?

C’est parce qu’au Pérou, la théorie du «trickle down» (selon laquelle
l’argent des riches finit par profiter aux pauvres) ne marche pas : la
croissance économique fait augmenter le niveau de vie des riches et de la
classe moyenne qui constituent une minorité. Presque rien ne va à la moitié
de la population qui vit avec moins d’1,25 dollars par jour. La majorité des
Péruviens se sent complètement lésée par le système démocratique : un
sondage réalisé par l’Université de Lima a révélé que 92,2 % de la
population ne fait pas confiance aux partis politiques, 89,4 % ne fait pas
confiance au Congrès et 83,1 % ne fait pas confiance à la justice.

Le peuple a le sentiment que tout est corrompu, que les dés sont toujours
pipés et que les pauvres ne gagnent jamais. Le peuple n’a pas tout à fait
tort, de sorte que les électeurs sont prêts à faire un saut dans l’inconnu
et à choisir quelqu’un d’extérieur au «système». En 1990 il
s’agissait d’Alberto Fujimori, ce mois-ci ce sera peut-être Ollanta Humala.
Sera-t-il un autocrate? Qu’importe! Selon une récente étude des Nations
unies, plus de 70 % des Péruviens sont favorables à un gouvernement plus
autoritaire.

Avec Humala comme président, la situation des pauvres au Pérou pourrait-elle
s’améliorer un peu? Vraisemblablement pas, car il n’a aucun programme
politique et ne s’appuie sur aucun vrai parti politique. À l’instar des
présidents Hugo Chavez au Venezuela ou d’Evo Morales en Bolivie, il préfère
le populisme au dur labeur de la politique de gauche traditionnelle. Ces deux
présidents lui apportent leur chaleureux soutien, bien sûr – Chavez est
même allé jusqu’à dire qu’il rompra les relations diplomatiques avec le
Pérou si Humala n’est pas élu – mais eux-mêmes ne sont pas vraiment de
gauche.

Ces jours-ci, on évoque beaucoup la manière dont l’Amérique du Sud a
«viré à gauche», alors même que le gouvernement des États-Unis,
préoccupé par le Moyen-Orient, a détourné les yeux de son «pré carré»,
mais c’est bien plus compliqué encore. Les pays qui jouissent d’un système
politique moderne et d’une économie plutôt développée comme le Brésil,
l’Argentine et le Chili ont élu des gouvernements véritablement de gauche
(ou en tout cas, en ce qui concerne l’Argentine, un gouvernement péroniste
qui partage beaucoup de leurs préoccupations) et de sérieux changements sont
en train de s’opérer. La croissance économique est au rendez-vous et
certains de ces changements sont clairement positifs.

Au Venezuela et en Bolivie, le processus politique est grossièrement populiste
et le «long terme» se limite à l’année suivante. Alan Garcia ne séduit
pas la majorité des Péruviens – au cours de son dernier mandat
présidentiel, entre 1985 et 1990, l’inflation avait atteint 7 000 pour cent
– mais s’il ne passe pas, le Pérou deviendra lui aussi un des «empêcheurs
de tourner en rond».

http://www.cyberpresse.ca/article/20060601/CPACTUALITES/60601109/5287/CPOPINIONS

[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10656 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  11:40
Sujet: Citation du jour
cubasolidarity
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« Que le dirigeant le plus brutal, le plus raciste, le plus manipulateur
qu'Israël ait jamais connu, ait fini sa carrière en héros de la paix témoigne de
la puissance d'un système de propagande qui a atteint la perfection dans la
manipulation des consciences. »

(Tanya Reinhart à propos de Sharon).

[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10657 De: "CubaSolidarity" <cubasolidarity@...>
Date: Samedi 3. Juin 2006  8:44
Sujet: Hugo Chavez qualifie d'«ami» le terroriste Carlos
cubasolidarity
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[ modérateur : ah... une information qui fera plaisir et sera sans doute
utilisée copieusement par la Gauche la Plus Conne de la Planète. A suivre... ]

* * * *

From: Denisjpmo@...


Hugo Chavez qualifie d'«ami» le terroriste Carlos

Presse Canadienne

Les représentants de l'OPEP réunis pour un sommet au Venezuela pouvaient
s'attendre à ce qu'Hugo Chavez critique comme d'habitude le gouvernement
américain. Mais ils ont aussi entendu quelque chose de beaucoup plus inattendu:
le président vénézuélien a qualifié d'"ami" le terroriste Carlos, qui avait pris
des otages il y a une trentaine d'années lors d'une réunion de l'OPEP.

Né au Venezuela, le terroriste Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, a été condamné
à la réclusion criminelle à perpétuité en décembre 1997 pour le meurtre en 1975
à Paris de deux policiers de la DST.

Hugo Chavez a rappelé dans un discours prononcé jeudi que Carlos lui avait
envoyé depuis sa prison parisienne une lettre, en 1999, dans laquelle il faisait
allusion à l'OPEP, et il a qualifié le terroriste de "bon ami vénézuélien qui
est en Europe". "Je fais référence à Carlos Ilich Ramirez, qu'ils appellent le
chacal", a déclaré Hugo Chavez.

Carlos a reconnu avoir dirigé une attaque en 1975 dans laquelle trois personnes
ont été tuées au siège de l'OPEP à Vienne.

http://www.matin.qc.ca/monde.php?article=20060602105114

[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]

#10658 De: "bleitrach.danielle" <bleitrach.danielle@...>
Date: Vendredi 2. Juin 2006  10:27
Sujet: Re: [CSP] Terreur tranquille chez Fidel Castro
bleitrach.danielle@...
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quelques remarques :

1) On a gagné!!! On a gagné!!! gagné!!! cette bande de vieux chevaux de retour
de la Guerre Froide depuis vingt  nous recyclent les produits idéologiques
concoctés pendant la guerre froide... On ne peut pas dire que la créativité soit
leur fort. Comme quoi l'absence d'interlocuteur détruit les neurones...

2) Il y a les "Paladins ", les héros qui ont mené le combat direct Vaclav havel
et Walesa et d'autres, "ceux qui savent l'horreur du communisme"... Visiblement
on ne peut pas dire que leurs compatriotes leur en soient aussi reconnaissants
qu'ils le devraient. Cela dit je trouve que hurler parce qu'on a reçu un coup de
pied dans les chevilles, après avoir vécu les horreurs du Goulag, prouve à quel
point ces fiers héros se sont laissés ammollir par ces années de ripailles du
triomphe total intégral sur l'URSS... Il est vrai que parler du Goulag alors que
guantanamo....

3) Il y a le dissident du salon parisien, celui que l'on entend toujours brâmer
aux grandes heures où la liberté est menacée, un paon qui éprouve la liberté
menacée mais ne ressent rien, aucune autre émotion que celle du relevé des
tirages de ses livres... C'est le brâme du rebelle sur un plateau de télé dont a
été éliminé tout contradicteur... Où est l'erreur Bernard henry levy est absent?

4) Il y a une nord-américaine qui a entamé le dépeçage de la Yougoslavie, en
mentant à tour de bras, est-ce que l'acte final la met en appétit ? Faut dire
que Madeleine Albreight est une spécialiste de la "fermeté'" quand il s'agit de
faire face aux conséquences d'un blocus. Cette secrétaire d'Etat  du charmant
Clinton, à qui l'on disait que le blocus de l'irak coûtait la vie à 5000 enfants
par an, répondit : "C'est le prix à payer!" Je crois qu'elle parlait de
démocratie...

5) Maintenant si c'est avec cette bande d'échappés de la Guerre Froide, que la
CIA espère faire face à la montée du socialisme  en Amérique latine, je me
demande si la direction de cette organisation a tout son bon sens...

* * * *

modérateur : ... avec les dirigeants US, faut s'attendre à tout. M. Allbright
parlait peut-être de sa coupe de cheveux ?

allez un petit rappel des propos de M. Allbright :

"Les Etats-Unis sont bons. Nous faisons de notre mieux partout."
Madeleine Allbright, 1999

"Pourquoi les Etats-Unis se préoccupent de ce qui se passe ici ? La raison est
que nous sommes tous une même famille et quand un des membres de cette famille
est malheureux ou souffre, nous souffrons tous."
Madeleine Allbright, Mai 1997
lors d'une rencontre avec des écoliers Guatémaltèques

"Nous devons employer la force parce que nous sommes l'Amérique. Nous sommes la
nation indispensable."
Madeleine Allbright

Lesley Stahl :"Nous avons entendu dire que 500.000 enfants sont morts (en Irak).
Ca fait plus qu'à Hiroshima. Et, vous savez, est-ce que cela en valait le prix ?

Secrétaire d'Etat Madeleine Allbright : "Je pense que c'est un choix difficile.
Mais le prix - nous pensons que cela valait le prix."
Entretien télévisé sur CBS 60 minutes, Mai 1996

ET AUSSI

"Madeleine, ta gueule"
Viktor Dedaj, en réponse à Madeleine Allbright. Juin 2006
dans un commentaire inséré dans le bulletin de CSP


----- Original Message -----
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/10645

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