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(étrange affaire -->) La liberté de la presse a pris un dur coup   Liste de messages  
Répondre | Transférer Message #8665 sur 13688 |
Etrange affaire que cette affaire, me disais-je depuis quelques jours. Puis
voilà le communiqué de RSF (voir fin) et là, du coup, je me dis que cette
affaire est vraiment étrange...

De quoi s'agit-il ? Une journaliste dévoile l'identité d'un agent de la CIA en
exercice. Malgré l'antipathie tenace que j'éprouve pour la CIA, on peut
raisonnablement penser et admettre que la loi des Etats Unis punisse le fait de
dévoiler l'identité d'un agent en exercice d'un de ses services de
renseignement. Mais de quel agent s'agit-il ? De l'épouse d'un ancien
fonctionnaire US qui a formellement démenti - en son temps - les assertions de
Bush quant à la capacité de l'Irak de détenir des armes de destruction massive.

Que disait, il y a quelques jours, le journaliste Brian Cloughley dans le
magazine états-unien (de gauche) Counter Punch ?

" Le mari de Plame, un ancien ambassadeur, avait dit la vérité, et devait donc
être puni. Ils ne pouvaient pas l'atteindre personnellement (...) alors comment
lui faire payer son insolence envers le Grand Dirigeant ? La réponse est simple
(...) détruire la carrière de son conjoint, et c'est ce qu'ils ont fait. Comme
je l'ai déjà écrit, n'importe quelle équipe du FBI aurait pu rapidement
découvrir l'identité de l'ordure qui avait trahi Mme Plame. Mais l'enquête
traîne depuis plus d'un an et il est peu probable qu'il y ait le moindre procès
contre les salauds qui ont trahi leur pays, parce ce sont des fidèles de Bush."

[ http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/8636 ]

Nous serions donc en présence ici d'un cas de violation flagrante de la loi
états-unienne, avec à la clé une mise en danger de la vie d'un agent de la CIA
et de tous ses contacts publics. L'affaire semble remonter jusqu'au président
Bush lui-même et son conseiller Karl Rove qui auraient - selon certaines
versions - accomplit ainsi un acte de "trahison" pour se venger, selon les
termes de Cloughley, d'un "incroyant" (le mari de Plame).

Le 29 septembre 2003, le Washington Post révéla que des offiiciels de la Maison
Blanche avaient contacté 6 journalistes pour leur demander de révéler l'identité
de Mme Plame.

Le 1er octobre 2003, Wilson (le mari) déclarait que des journalistes à
Washington lui avaient dit que Karl Rove (conseiller à la communication de Bush)
avait annoncé que son épouse était devenue "un gibier". . Etc..

Wilson a aussi déclaré qu'il ferait tout pour que justice soit faite, que le nom
des informateurs soient dévoilés et que "Karl Rove quitte la Maison Blanche avec
une paire de menottes..."

La journaliste arrêtée, Judith Miller, fait partie de ces journalistes du New
York Times qui ont vaillamment défendu la thèse de la "dangérisoté" de l'Irak et
largement participé à la campagne de propagande de Bush-Cheney avant la guerre.
Lire l'excellent article (en anglais) sur cette "journaliste" ici :
http://slate.msn.com/id/2095394/ On y apprend des tas de choses sur cette
journaliste troublante d'inexactitudes.

En d'autres termes, nous avons peut-être affaire ici à un juge états-unien
courageux qui tente de dénouer les fils d'une affaire qui risque de faire de
très grosses vagues, et non pas à une "atteinte à la liberté de la presse"...

Et c'est ICI que l'affaire devient étrange :

La réaction de RSF (ci-dessous) est apparemment banale ("jour sombre pour la
liberté de la presse", etc). Mais on se souviendra que Robert Ménard avait
fermement refusé de défendre un journaliste d'Al Jazeera arrêté en Espagne sous
l'accusation de complicité avec Al Qaeda. Robert Ménard avait expliqué qu'il
s'agissait d'une affaire de droit commun, parce que le journaliste était accusé
pour ses actes et pas pour ses écrits et, concluant royalement, Ménard déclara
que "les journalistes n'étaient pas au-dessus des lois". Dont acte. Mais cette
position "de principe" disparait soudainement dans une affaire de trahison
remontant jusqu'aux plus proches de Bush.

Résultat des courses : on risque fort de voir une levée de boucliers au nom de
"la liberté de la presse" qui servira "in fine" à protéger des gens hauts placés
de l'administration Bush qui, si les soupçons se confirmaient, tomberaient sous
le coup d'une accusation autrement plus grave que tout ce qui fût reproché à
Nixon ou Clinton, par exemple...

La complaisance intelligement orchestrée par Ménard pour les fascistes de la
Maison Blanche - que ce soit par ses contorsions sur les journalistes assassinés
en Irak ou ses accointances avec l'extreme droite cubaine de Miami - se confirme
encore une fois.

Parions qu'ils seront nombreux à le suivre en faisant "bêêêê, bêêêê".

Viktor Dedaj
vdedaj@...
7 octobre 2005

* * * *

From: <Denisjpmo@...>
Sent: Wednesday, July 06, 2005 11:51 PM
Subject: La liberté de la presse a pris un dur coup aux États-Unis


Affaire Plame: Judith Miller emprisonnée

La liberté de la presse a pris un dur coup aux États-Unis, mercredi.

Un juge de Washington a condamné une journaliste du quotidien The New York
Times, Judith Miller, pour avoir refusé de dévoiler ses sources dans le cadre
d'une enquête judiciaire sur la fuite dans les médias du nom d'une agente de la
CIA. Mme Miller sera emprisonnée jusqu'à la fin du mandat du grand jury
d'enquête, mené par le procureur indépendant Patrick Fitzgerald, en octobre
prochain. Son séjour en prison pourrait toutefois être écourté si elle accepte
de dévoiler ses sources.

L'affaire, qui implique aussi le journaliste Matt Cooper, de l'hebdomadaire
Time, remonte à la période précédant l'invasion de l'Irak par les États-Unis, au
printemps 2003.

Les deux journalistes ont été condamnés tous deux à 18 mois de prison, une
sentence confirmée en appel.

M. Cooper a toutefois accepté de témoigner devant le grand jury et de dévoiler
ses sources, ce qui lui permet d'éviter la prison.

Déjà, la semaine dernière, Time avait cédé aux pressions de la justice en
acceptant de remettre les notes de son journaliste, contre l'avis de celui-ci. «
Si on ne peut pas faire confiance aux journalistes pour qu'ils garantissent la
confidentialité de leurs sources, alors les journalistes ne peuvent pas
fonctionner. Il ne peut pas y avoir de presse libre », a déclaré Judith Miller
devant le juge Thomas Hogan, mercredi.

« Si les gens pouvaient décider à quels ordres de la justice ils veulent obéir,
ce serait l'anarchie », estimait de son côté le juge, la semaine dernière, en
ajoutant qu'il était temps de sanctionner les journalistes. Il faisait écho à
l'argumentaire judiciaire du procureur Fitzgerald, selon qui aucun journaliste
américain n'a le droit de promettre la confidentialité à ses sources.

Une fuite orchestrée?


Avant l'invasion de l'Irak, la Maison-Blanche a chargé le diplomate Joseph
Wilson d'enquêter sur des informations faisant état des tentatives de Saddam
Hussein de se procurer de l'uranium enrichi au Niger. Après une mission dans ce
pays, M. Wilson est parvenu à la conclusion que ces accusations n'étaient pas
fondées.

George W. Bush a néanmoins utilisé ces informations dans son discours sur l'état
de l'Union, en janvier 2003, pour justifier en partie l'intervention militaire à
venir contre l'Irak. M. Wilson, très critique de la rhétorique américaine, a
alors transmis à la presse les résultats de sa mission, contredisant les
affirmations du président.

Quelques jours plus tard, le chroniqueur conservateur Robert Novak, proche de
l'administration Bush, rapportait que la femme de M. Wilson, Valerie Plame,
était une agente secrète de la CIA spécialisée dans les armes de destruction
massive.

Puis, le magazine Time et le quotidien New York Times ont avancé que la
Maison-Blanche avait orchestré cette fuite en guise de vengeance contre M..
Wilson.

Or, la législation américaine interdit de révéler le nom des agents secrets, une
infraction passible d'une peine maximale de 10 ans de prison. Une enquête
indépendante a été ordonnée par le département de la Justice pour trouver la
source de la fuite.

La source, un conseiller de Bush?

Dans son édition de cette semaine, Newsweek confirme les allégations de M.
Wilson, selon qui le conseiller en communications du président Bush, Karl Rove,
est l'auteur de la fuite.

Le magazine se base sur des courriels remis par le magazine Time au tribunal
chargé de cette affaire.

http://radio-canada.ca/nouvelles/International/nouvelles/200507/06/007-Miller-en\
-prison.shtml


---------

La prison pour une journaliste du New York Times voulant protéger sa
source

06-07
22:54:41

Une journaliste du New York Times, Judith Miller, a été emprisonnée mercredi
par un juge de Washington pour avoir refusé de révéler ses sources
d'informationanonymes à un procureur enquêtant sur une fuite médiatique portant
sur l'identité d'un agent de la CIA.

Le juge Thomas Hogan a décidé que la reporter du New York Times serait
emprisonnée jusqu'à la dissolution, prévue en octobre, de la chambre
d'accusation saisie de cette affaire de fuite, à moins qu'elle se décide d'ici
là à révéler l'identité de ses sources anonymes à la justice.

"Si on ne peut pas faire confiance aux journalistes pour qu'ils garantissent la
confidentialité de leurs sources, alors les journalistes ne peuvent pas exercer
leur métier. Il ne peut pas y avoir de presse libre", a déclaré Mme Miller au
juge durant l'audience.

Le deuxième journaliste concerné par l'affaire, Matt Cooper, de l'hebdomadaire
Time, condamné comme Mme Miller en première instance et en appel à 18 mois de
prison pour outrage à magistrat, a pour sa part accepté de révéler sa source
devant la chambre d'accusation, évitant ainsi la prison.

Très défait à la sortie du tribunal, il a expliqué que sa source l'avait
"personnellement, sans ambiguïté et sans y être forcé" délié de sa promesse de
confidentialité.

"C'est une triste journée, non seulement pour les journalistes, mais pour notre
pays", a-t-il ajouté, se disant "de tout coeur avec Judy".

Le directeur de la publication du New York Times, BillKeller, adénoncé dans
l'emprisonnement de sa journaliste une décision "consternante", craignant que ce
précédent permette à l'avenir aux gouvernants d'"étouffer" des affaires.

Le président du journal Arthur Sulzberger a espéré que cette affaire pousse le
Congrès à voter une loi protégeant le secret professionnel des journalistes.

La direction de Time, qui en dépit des objections de Matt Cooper avait livré
ses carnets de notes à la justice il y a une semaine, a souligné que son
reporter pourrait désormais témoigner "comme l'ont déjà fait d'autres
journalistes dans cette affaire après y avoir été autorisés par leurs sources".

La Cour Suprême ayant refusé de se saisir de l'affaire la semaine dernière, le
juge Thomas Hogan avait annoncé qu'il entendait sanctionner le refus des
journalistes de se plier aux demandes du procureur indépendant Patrick
Fitzgerald.

Ce dernier cherche à établir qui a pris l'initiative de violer le secret de
l'identité d'un agent de la CIA, Valerie Plame, mentionnée par l'éditorialiste
conservateur Robert Novak dans un éditorial de juillet 2003.

"Le temps est venu" de sanctionner les journalistes, avait dit le juge Hogan
avant l'audience. "Si les gens pouvaient décider à quels ordres de la justice
ils veulent obéir, ce serait l'anarchie".

"Les journalistes ne sont pas habilités à promettre la confidentialité (à leurs
sources); personne en Amérique n'a ce droit", avait fait valoir le procureur
Patrick Fitzgerald dans un argumentaire judiciaire cité par plusieurs médias
mercredi.

L'hebdomadaire Newsweek a affirmé cette semaine que les notes de Matt Cooper
révélaient des contacts entre lui et le conseiller présidentiel Karl Rove,
pouvant indiquer que le stratège politique du président George W. Bush serait à
l'origine de la fuite.

Cette indiscrétion criminelle - il est interdit de trahir l'identité d'un agent
de la CIA - était visiblement destinée à discréditer le mari de Mme Plame, l'ex
ambassadeur Joseph Wilson, qui avait publiquement accusé la Maison Blanche
d'avoir manipulé les informations disponibles sur l'arsenal irakien.

Judith Miller, placée en détention sur le champ, purgera sa peine dans une
prison de la région de Washington, le juge ayant refusé qu'elle soit assignée à
résidence ou internée dans un établissement de sécurité minimum du Connecticut
(nord-est).

http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--media/050706205240.2rh6nx3l.h\
tml


---------

Incarcération de Judith Miller : un jour sombre pour la liberté de la
presse

Reporters sans frontières accueille avec tristesse et inquiétude la nouvelle du
placement en détention, le 6 juillet 2005, de Judith Miller, du New York Times.
La journaliste avait été condamnée à 18 mois de prison pour avoir refusé de
révéler ses sources. Matthew Cooper, du Time, a échappé à l'incarcération après
avoir accepté de révéler l'identité de sa source, avec l'accord de cette
dernière.

« C'est un jour sombre pour la liberté de la presse, aux Etats-Unis et dans le
monde. Cette sentence inédite, absurde et disproportionnée, à l'encontre d'une
journaliste qui n'a fait que respecter une prérogative professionnelle,
constitue une violation du droit international, un dangereux précédent et un
très mauvais signal envoyé par les Etats-Unis au reste du monde. En tant que
membre de l'Organisation des Etats américains, les Etats-Unis se doivent de
respecter les textes adoptés par la Commission interaméricaine des droits de
l'homme, dont la déclaration de principes sur la liberté d'expression stipule
clairement que "tout journaliste a le droit à la non-divulgation de ses sources
d'information" (article 8). », a déclaré Reporters sans frontières. Judith
Miller et Matthew Cooper avaient été condamnés deux fois par une cour d'appel
fédérale à 18 mois de prison pour « outrage à la cour », en raison de leur refus
de donner leurs sources dans l'affaire Valerie Plame, du nom d'une agente de la
CIA dont l'identité avait été révélée dans la presse en 2003.

Le 27 juin, la Cour suprême avait rejeté leur pourvoi, ultime recours pour
éviter la sentence. Le 29 juin, le juge fédéral Thomas F. Hogan avait donné un
délai d'une semaine aux deux journalistes pour livrer les noms de leurs
informateurs.

Le magazine Time avait aussitôt accepté de transmettre à la justice les
documents, notes et enregistrements compilés par Matthew Cooper contre la
volonté de celui-ci - au cours de son enquête sur l'affaire Plame. Une
proposition jugée insuffisante par le procureur fédéral Patrick Fitzgerald qui
a exigé, lors d'une audience le 5 juillet, que les journalistes révèlent
eux-mêmes leurs sources.

Lors de la même audience, le procureur a également rejeté la demande du New
York Times et de Time de substituer à la peine d'emprisonnement une assignation
à résidence.

Du 9 décembre 2004 au 9 avril 2005, Jim Taricani, de la chaîne WJAR TV (une
filiale de NBC) avait été confiné chez lui pour le même motif, avec
interdiction de donner des interviews et d'utiliser Internet.

http://www.rsf.org/article.php3?id_article=14333








Jeudi 7. Juillet 2005  11:16

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7. Juillet 2005
11:35
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