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[Salim LAMRANI] La « lutte contre le terrorisme » : le double sta   Liste de messages  
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La « lutte contre le terrorisme » : le double standard des médias

[ Intervention publique lors de la « Rencontre internationale contre le
terrorisme, pour la vérité et la justice », à La Havane le 4 juin 2005. ]

Depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont lancé une vaste
« lutte contre le terrorisme » qui concerne « tous les coins obscurs de la
planète », selon les propres termes du président George W. Bush. Profitant
des tragiques évènements qui ont meurtri le peuple étasunien, les stratèges
de la Maison-Blanche ont mis en ouvre leurs plans, préparés bien avant les
attaques contre le Word Trade Center, visant à faire main basse sur les
richesses du Moyen-Orient et à contrôler le monde. Au nom de cette ample
offensive « pour la liberté », les troupes étasuniennes ont envahi deux
nations souveraines, l'Afghanistan et l'Irak, causant la mort de plusieurs
centaines de milliers de civils innocents. Désormais, l'insécurité et le
chaos règnent dans ces deux pays.

Dans le même temps, depuis 1959, Washington abrite sur son
territoire des groupuscules terroristes qui mènent une guerre sans merci
contre la Révolution cubaine. Ces entités fascistes agissent à ciel ouvert
et en toute impunité, car elles ont historiquement bénéficié du soutien de
la Maison-Blanche. L'épisode de M. Luis Posada Carriles, qui se trouve aux
Etats-Unis depuis mi-mars 2005, alors que les tribunaux étasuniens lui ont
notifié une interdiction du territoire pour activités terroristes, a jeté
une nouvelle lumière sur l'imposture que constitue la « guerre contre la
terreur ».

Cependant, le double standard que les Etats-Unis appliquent dans
leur « lutte contre le terrorisme », qui n'est en réalité qu'un subterfuge
camouflant des aspirations hégémoniques, s'étend également aux médias
internationaux qui avalisent, assimilent et appliquent la doctrine du « bon
et du mauvais terroriste ». Ils se font ainsi complices d'une manouvre
globale et entérinent de facto les plans impérialistes étasuniens.

Ce complot médiatique est d'une évidence aveuglante. Comment
est-il possible qu'à l'heure de la « guerre contre le terrorisme », les
transnationales de l'information et de la communication n'abordent pas le
cas de Cuba, le pays qui a souffert et qui continue de souffrir de la plus
longue et féroce campagne terroriste de l'histoire moderne ?

Les avions civils qui se sont écrasés sur les bâtiments de New York et de
Washington ont généré un choc émotionnel gigantesque dans tous les pays du
monde. Au nom de quelle amnésie idéologique la presse internationale n'
a-t-elle pas évoqué, après les attaques du 11 septembre 2001, le sanglant
attentat commis le 6 octobre 1976 contre un avion commercial de Cubana de
Aviación à Barbade, qui a coûté la vie à 73 personnes, alors qu'il s'agit d'
un des premiers actes de terrorisme aérien de l'histoire. Comment peut-on
concevoir qu'au moment où les Etats-Unis hébergent et protègent M. Luis
Posada Carriles, le pire terroriste de l'hémisphère américain, les médias
internationaux préfèrent s'épancher sur la réunion d'un petit groupe de «
dissidents » financés et contrôlés par Washington, comme le démontrent les
propres documents du Département d'Etat nord-américain ?

Le traitement médiatique réservé à la problématique du
terrorisme confirme non seulement le double discours en vigueur, mais
également la mystification que représente la « guerre contre la terreur ».
Si la « lutte contre le terrorisme » avait un quelconque fondement, l'
ensemble des médias internationaux dénonceraient l'implacable campagne
terroriste que les successifs gouvernements étasuniens ont menée contre le
peuple cubain depuis 1959. La censure du terrorisme contre Cuba, qui est de
loin la plus sophistiquée, illustre clairement la duplicité de la presse
occidentale.

La sélectivité dont font preuve les médias ne fait qu'illuminer plus
fortement l'atmosphère doctrinale qui règne au sein des rédactions du monde.
Le scandale des cinq citoyens cubains emprisonnés aux Etats-Unis est
exemplaire. MM. Gerardo Hernández Nordelo, Ramón Labañino Salazar, Antonio
Guerrero Rodríguez, Fernando González Llort et René González Sehweret ont
été condamnés à quatre peines de réclusion criminelle à perpétuité, doublées
de 77 ans de privation de liberté, pour avoir infiltré des groupuscules
terroristes de Floride protégés par Washington. Si les sociétés occidentales
étaient intellectuellement libres, elles dénonceraient le traitement cruel
et inhumain réservé aux Cinq. Or, ce scandale judiciaire a été complètement
supprimé de l'espace médiatique dominant.

Les informations passent par un filtre idéologique qui montre à quel point
les fondements du totalitarisme sont profondément ancrés dans les structures
des médias internationaux. En réalité, la presse, qui est censée fournir aux
citoyens une information non biaisée, n'est rien d'autre qu'un outil du
contrôle de la pensée et des idées puisqu'elle écarte systématiquement les
débats importants comme le bien fondé et la légitimité d'une guerre
terroriste contre une nation qui a choisi le sentier de l'indépendance et de
l'autodétermination. Les questions fondamentales, comme le droit de Cuba à
se défendre contre les agressions constantes, ne sont pas abordées.

La presse française a poussé l'indécence au point de qualifier M. Luis
Posada Carriles de combattant « anticastriste », de personne « accusée de
terrorisme » ou, comble de la fourberie, « d'ex-terroriste ». Ce crime
sémantique n'est nullement remis en cause et montre combien les cloisons
doctrinales fonctionnent parfaitement. Que se passerait-il si M. Oussama Ben
Laden était qualifié « d'anti-Bush », de personne « accusée de terrorisme »
ou « d'ex-terroriste ». Le tollé que déclencheraient de tels qualificatifs
serait à la hauteur de la collusion des médias au sujet de M. Posada
Carriles.

Les grands groupes de presse, d'une certaine manière, se font complices du
terrorisme puisqu'à leurs yeux, les attentats sanglants contre Cuba ne
revêtent aucune importance. Dans la mesure du possible, les horreurs
commises au nom d'une aversion antirévolutionnaire et réactionnaire sont
occultées. Quand cela n'est plus possible, elles sont minimisées et les
criminels responsables sont médiatiquement absous en toute impunité, comme
le montrent les termes utilisés pour se référer au pire terroriste du
continent américain.

La presse accepte tacitement de justifier un type de violence et de dénoncer
ce qu'elle qualifie de terrorisme arbitraire. La nuance varie selon la
victime visée : si elle est européenne ou étasunienne, les responsables sont
des criminels sans foi ni loi ; lorsqu'elle est cubaine, ils deviennent des
personnes « accusées de terrorisme », des « anticastristes » ou des «
ex-terroristes ». L'opinion publique est la principale proie de cette
tyrannie médiatique.

Le cadre idéologique établi au sein des médias censure les véritables
enjeux. De ce fait, la presse, propriété des grands groupes économiques et
financiers, présente des caractéristiques despotiques qui sont un péril pour
l'avenir de l'humanité.

Pourquoi Cuba ? La réponse est relativement simple. L'Île des Caraïbes a
démontré que l'application de la doctrine néolibérale est un échec total. Le
peuple cubain continue de commettre l'impardonnable péché de croire que l'
être humain n'est pas condamné à l'indifférence et à l'humiliation. Pendant
que l'Europe et les Etats-Unis envoient des troupes militaires à Haïti pour
renverser un président, Cuba dépêche gratuitement des médecins et des
professeurs au même endroit pour tenter d'alléger les souffrances des
populations désemparées. Les Etats-Unis et le monde occidental ne peuvent
pas accepter cet affront. Voilà une partie des raisons pour lesquelles la
presse internationale est complice du terrorisme contre Cuba en cautionnant,
par son silence, les crimes de Washington.

Par conséquent, il est du devoir des intellectuels de ne pas se ranger du
côté des bourreaux.

Salim Lamrani







Lundi 13. Juin 2005  7:36

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13. Juin 2005
8:33
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