Ouvrir session
Nouveau venu ? Créez votre compte
CubaSolidarityProject · Solidarité avec Cuba
? Déjà membre ? Ouvrir session

Astuces Yahoo! Groupes

Le saviez-vous...
Et si je montais le groupe de ma famille ? J'essaie !

Messages

  Messages Aide
Avancée
[Salim Lamrani] RSF et Cuba : L'ETHIQUE JETEE AUX OUBLIETTES   Liste de messages  
Répondre | Transférer Message #4767 sur 13688 |
REPORTERS SANS FRONTIERES ET CUBA : L'ETHIQUE JETEE AUX OUBLIETTES



Salim Lamrani



La première phase du sommet mondial sur la société de l'
information, organisée à Genève du 10 au 12 décembre 2003, sous l'auspice de
l'Union Internationale des Télécommunications des Nations unies, avait pour
but de construire les bases pour une information éthique. Naturellement, l'
organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a été déclarée persona non
grata, car il a été considéré que la structure, dont M. Ménard est le
secrétaire général depuis dix-neuf ans, ne défendait pas les principes de la
Charte constitutionnelle de l'ONU. En effet, RSF est évincée, depuis le 24
juillet 2003 et pour une période d'un an, du Comité des Organisations Non
Gouvernementales, chargé de superviser le travail des ONG qui jouissent de
relations consultatives dans le domaine économique et social des Nations
unies. Cette exclusion fait suite aux agissements provocateurs de RSF lors d
'une réunion de la Commission des Droits de l'Homme en mai 2003.1



Cependant, le 9 décembre 2003, l'organisation, toujours
réticente à accepter les décisions qui contrarient son agenda politique, a
illégalement lancé une « radio pirate » émettant sur la région genevoise, en
flagrante violation des règles internationales de télécommunications. Les
coûts financiers d'une telle entreprise ne semblent pas causer de soucis à
RSF qui dispose de larges moyens économiques pour promouvoir ses actions.
Mais, la radio clandestine n'a point fait long feu. En effet, le lendemain,
les autorités françaises ont mis un terme à l'opération.2



Au pays de la manipulation médiatique, l'organisation Reporters Sans
Frontières fait office d'impératrice, et son acrimonie envers Cuba est aussi
aiguisée que son manque d'impartialité. La revue De Cuba, créée, financée et
contrôlée par la Section des Intérêts Nord-américains (SINA) à La Havane,
afin de répandre des données fictives sur la réalité cubaine, est qualifiée
de « première revue indépendante privée publiée sur le sol cubain » par RSF.
L'influence prédominante des idées réactionnaires de l'extrême droite
cubaine de Floride sur cette publication semble avoir échappé à la sagacité
de l'entité parisienne, qui n'hésite aucunement à qualifier le magazine de
« presse libre ». Alors qu'elle admet que « quelques 500 exemplaires
furent.réalisés.à la Section des intérêts américains », la validité
intrinsèque de la revue, en termes d'objectivité et d'indépendance, n'est
nullement remise en question. Une curieuse « presse libre » en somme.3



Dans le premier numéro de De Cuba, de pauvre qualité journalistique, truffé
de contrevérités et de clichés, où la rhétorique utilisée est étonnamment
analogue à celle de Cubanet (organe de presse contrôlé par les extrémistes
cubains de Floride), la rédaction admet explicitement qu'elle collabore avec
Radio Martí. Cet émetteur étasunien, qui viole la législation
internationale, fomente quotidiennement la subversion interne à Cuba par ses
programmes agressifs et illégaux, dont le contenu a fait l'objet d'un
rapport accablant de la part de Voice Of America.4 Suivant la ligne
officielle de l'administration de Washington, un « journaliste indépendant »
de ladite publication n'hésite pas à qualifier les cinq prisonniers
politiques cubains, injustement condamnés aux Etats-Unis, d'« espions »,
alors que les témoignages d'éminentes personnalités des services secrets du
Pentagone ont démontré le contraire. En bref, les directives prises auprès
de la SINA remplacent l'objectivité requise à tout organe de presse, et cela
n'a point pu échapper à la perspicacité de RSF, qui, cependant, préfère
celer ce paramètre.5



La seconde parution de De Cuba n'hésite aucunement à parler de «
totalitarisme cubain », tout en glorifiant les opportunités présentes aux
Etats-Unis. Une « journaliste indépendante » évoque l'histoire d'un jeune
cubain délinquant, David, qui a réussi à échapper au « cauchemar » de l'Ile
pour se rendre au Nord où, grâce aux aubaines qui se sont offertes à lui, il
est devenu un excellent élément universitaire, faisant la morale « aux
étrangers qui arborent de manière stupide l'image du Che sur leurs
tee-shirts ». La personne en question aurait été-t-elle contactée par la «
journaliste » depuis Cuba ? Comment cela est-il possible si les « militants
des droits de l'Homme » sont constamment harcelés par les autorités
cubaines, selon la propagande de RSF ? Donc de deux choses l'une : Soit l'
histoire est complètement fictive, soit les locaux de la SINA ont servi de
salle de rédaction, et dans ce cas, la « journaliste » confirme les soupçons
qui pesaient sur ses acolytes. En tout cas, la thématique et la rhétorique
sont étrangement similaires à celles utilisées par les services de presse de
la Fondation Nationale Cubano Américaine. Mais est-ce une surprise alors qu'
il est de notoriété publique que ces « journalistes indépendants »
entretiennent d'étroites relations avec cette organisation terroriste ?6



La première publication de Luz Cubana produit, entre autres, un article de
Raúl Rivero, directeur de « l'Agence Indépendante Cuba Press » qui fut
lourdement condamné en avril 2003, sorti du journal d'extrême droite de
Miami El Nuevo Herald, lui-même contrôlé par les exilés cubains. Dans ledit
écrit, de hauts fonctionnaires sont accusés, sans être nommés, de trafic de
drogue ainsi que des célébrités sportives et culturelles. Le journaliste
impute également aux autorités cubaines, qui avaient lancé une vaste
opération contre la vente de produits stupéfiants, de porter atteinte, par
ce biais, aux libertés individuelles. Bref, le contenu devient presque
normatif tellement il est marqué par la récurrence des propos.7



Ces trois revues sont entièrement disponibles sur le site de RSF. La teneur
thématique, en plus d'être substantiellement tendancieuse et de caractère
accusatoire univoque, est à sens unique. Un ton de diatribe, une jonchée de
libelles et de factums, l'absence totale de sources et l'inexistence absolue
de nuance, caractérise cette « presse indépendante ».



Suite à la mémorable « soirée de solidarité avec le peuple cubain Cuba Sí,
Castro No » du 29 septembre 2003, organisée par RSF dans la capitale
française, et qui donna lieu à la plus vaste tromperie médiatique orchestrée
par M. Ménard, un comité de « soutien au poète et journaliste cubain Raúl
Rivero » fut créé. La portée propagandiste de cet acte ne fait nul doute et
il est intéressant de dresser un parallèle historique à cela. En effet, la
transformation de criminels en « dissidents » ne date pas d'aujourd'hui. L'
histoire de Armando Valladares, le « poète paralytique condamné pour délit d
'opinion », selon la propagande de Washington, est riche d'enseignements.
Arrêté en 1960 pour terrorisme, cet ancien officier de police de la tyrannie
de Batista reçut le soutien d'une grande campagne internationale lancée par
l'extrême droite cubaine de Floride au début des années 80. Après des
tractations effectuées par le gouvernement français de François Mitterrand,
sous l'égide de Régis Debray, le prisonnier fut libéré et perdit, par la
même occasion, ses talents de poètes et son hémiplégie. Par contre, il
conserva soigneusement ses aptitudes de comédien et, ayant obtenu la
nationalité étasunienne, il s'engagea auprès du gouvernement de Ronald
Reagan, devenant ambassadeur auprès des Nations unies. Dépité, Régis Debray
avait écrit dans son livre Les Masques : « L'homme n'était pas poète, le
poète n'était pas paralytique, et le Cubain est aujourd'hui américain ».8



L'histoire de M. Raúl Rivero pourrait être semblable. Sa culpabilité,
parfaitement prouvée et documentée par la justice cubaine, est soigneusement
occultée par l'organisation « de défense de la liberté de la presse », qui
se refuse à dévoiler les conditions du procès télévisé et public. Elle
préfère le qualifier de « stalinien », ce qui, en réalité, n'est qu'une
basse dérobade servant à masquer une déficience argumentative, une soigneuse
manipulation des faits, et un dévouement sans failles à la politique
étasunienne de déstabilisation de la société cubaine.9



Il reste à savoir si RSF utilisera le subterfuge avec lequel la droite
radicale cubaine de Floride a dupé l'ensemble de la communauté
internationale il y a vingt ans. Apparemment, M. Ménard, janissaire d'une
conception doctrinale de la liberté de la presse, a déjà entrepris une tâche
similaire : en effet, l'organisation publie régulièrement des brèves
signalant une grève de la faim des « prisonniers de conscience » ou de
mauvais traitements à leur encontre. Mais cette fois, Régis Debray est sur
ses gardes. Dans un futur relativement proche, quand la vérité aura droit de
citer, il apparaîtra peut-être que : « L'homme n'était pas un dissident, le
dissident était stipendié par les Etats-Unis, et RSF était seulement une
structure escamoteuse de la réalité au service d'une politique impériale »
?10



Le satrape de RSF ne lésine point sur les moyens pour enjôler l'
opinion publique par une verve mensongère et dithyrambique, destinée à
ennoblir des supposés « militants des droits de l'homme », qui ne sont, en
réalité, que des sycophantes au service d'une puissance étrangère. Là
encore, le monopole de la manipulation a été efficace, et M. Ménard peut s'
enorgueillir d'avoir parfaitement réussi son coup d'Etat médiatique,
distillant, avec une effronterie sans pareille, ses fables éhontées. Une
fois de plus, la vérité a constitué le principal dommage collatéral, mais
qui de nos illustres « défenseurs de la liberté de la presse » s'en soucie ?
Apparemment, les thuriféraires parisiens de la politique de l'Empire ont
reçu leur juste prébende pour ce dévouement sans faille.



RSF, archétype remarquable de l'entité au service de l'ordre établi mais
déguisée en ONG, n'a point fini de distiller ses fielleux boniments à l'
égard de Cuba. La probité n'est pas prête à constituer l'aphorisme de ladite
organisation. Mais l'exégète de la « liberté de la presse » n'en a cure. Une
autre priorité, occultée par un soigneux habillage idéologique, est à l'
ordre du jour pour les séides de RSF : la destruction de la Révolution
cubaine.





Notes



1 Armand Mattelart, « Sommet mondial de Genève. Jeter les bases d'une
information éthique », Le Monde Diplomatique, décembre 2003 : 32.



2 Reporters Sans Frontières, « Lancement d'une radio pirate à l'occasion du
Sommet mondial sur la société de l'information », 9 décembre 2003.
www.rsf.org/article.php3?id_article=8762 (site consulté le 12 décembre 2003)
; Reporters Sans Frontières, « Radio non grata réduite au silence », 10
décembre 2003. www.rsf.org/article.php3?id_article=8772 (site consulté le 12
décembre 2003).



3 Reporters Sans Frontières, « 'De Cuba' et 'Luz Cubana' : une presse libre
mais hors-la-loi », pas de date. www.rsf.org/article.php3?id_article=7313
(site consulté le 10 décembre 2003).



4 Voice Of America, « Review of Policies and Procedures for Ensuring that
Radio Marti Broadcasts Adhere to Applicable Requirements », Audit Report
99-IB-010, juin 1999, 1, 3, 5, 13, 15, 17.
http://oig.state.gov/documents/organization/7449.pdf (site consulté le 10
décembre 2003)



5 Marvín Hernández Monzón, « Condenado por informar », De Cuba, Décembre
2002, n°1 : 4. www.rsf.org/IMG/pdf/doc-1970.pdf (site consulté le 12
décembre 2003).



6 Tania Quintero, « El Regreso de David », De Cuba, Février 2003, n°2 : 6-7.
www.rsf.org/IMG/pdf/doc-2241.pdf (site consulté le 12 décembre 2003).



7 Raúl Rivero, « El cartel del queso blanco », Luz Cubana, Janvier/Février
2003, n°1 : 9-10. www.rsf.org/IMG/pdf/doc-2242.pdf (site consulté le 12
décembre 2003).



8 Gianni Miná, Un Encuentro con Fidel (La Havane : Oficina de Publicaciones
del Consejo de Estado, 1987), pp. 43-60 ; Jean-Marc Pillas, Nos Agents à La
Havane. Comment les Cubains ont ridiculisé la CIA (Paris : Albin Michel,
1995), pp. 145-51.



9 Reporters Sans Frontières, « Le Journaliste Adolfo Fernández Saínz agressé
par un codétenu », 10 décembre 2003.
www.rsf.org/article.php3?id_article=8775 (site consulté le 13 décembre
2003).



10 Reporters Sans Frontières, « Reporters sans frontières et l'association
Sin Visa lancent un comité de soutien au poète et journaliste cubain Raúl
Rivero », pas de date. www.rsf.org/article.php3?id_article=8132 (site
consulté le 10 décembre 2003).







Vendredi 2. Janvier 2004  21:26

cubasolidarity
Messenger Messenger
Envoyer un message Envoyer un message

Transférer Message #4767 sur 13688 |
Montrer le contenu des messages Auteur Date

REPORTERS SANS FRONTIERES ET CUBA : L'ETHIQUE JETEE AUX OUBLIETTES Salim Lamrani La première phase du sommet mondial sur la société de l' information,...
Cuba Solidarity Project
cubasolidarity
Messenger Envoyer un message
2. Janvier 2004
21:25
Avancée

Copyright © 2009 Yahoo! France SAS – Tous droits réservés.
Mise à jour : données personnelles - Conditions d'utilisation - Charte - Signaler un abus - Aide