L'armée saoudienne continue ses raids au Yémen
Les chasseurs saoudiens visent la rébellion zaïdite yéménite, désignée
responsable de l'attaque d'un poste-frontalier entre les deux pays.
Libération
Monde
09/11/2009
L'armée saoudienne a poursuivi lundi ses raids aériens contre des positions de
la rébellion zaïdite (le zaïdisme est une branche du chiisme) à la frontière
avec le Yémen, a annoncé le porte-parole de cette rébellion, affirmant que les
raids visaient des cibles à l'intérieur du territoire yéménite.
«Les raids aériens saoudiens ont repris ce matin peu après 08h00. Les avions de
combat saoudiens ont lancé dimanche soir d'intenses raids contre les zones
frontalières en territoire yéménite», a déclaré à l'AFP le porte-parole,
Mohammad Abdel Salam, contacté au téléphone.
Selon lui, ces raids visent depuis dimanche «Malahidh, située à quelque 7
kilomètre, des villages frontaliers dont Hassameh et Chida, ainsi que plusieurs
villages autour de Jebel al-Doukhan», une région montagneuse à cheval entre le
Yémen et l'Arabie saoudite.
«L'armée saoudienne a utilisé dans ses raids nocturnes des bombes au phosphore,
incendiant des régions montagneuses» sur le front de guerre, a affirmé le
porte-parole, qui avait déjà accusé les Saoudiens de recourir à ce type de
bombes dans leur campagne contre les rebelles yéménites.
Ryad affirme avoir lancé cette campagne en représailles à une attaque mardi des
rebelles d'un poste-frontalier à Jebel al-Doukhan au cours de laquelle un
garde-frontière saoudien est mort et 11 ont été blessés.
(Source AFP)
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Les forces saoudiennes et yéménites doivent protéger les civils pris dans le
conflit de Saada
mis en ligne vendredi 11 novembre 2009
Amnesty international
Amnesty International demande à toutes les parties au conflit qui fait rage dans
la province de Saada, dans le nord du Yémen, de traiter les prisonniers avec
humanité et de protéger la population civile.
Les combats opposant les forces gouvernementales du Yémen aux partisans armés de
feu Hussein al Houthi, dignitaire chiite zaïdite, auraient gagné l’Arabie
saoudite, amenant les troupes saoudiennes à affronter directement les rebelles
yéménites.
Amnesty International exhorte tous les belligérants à se conformer strictement
aux exigences du droit international humanitaire.
Ces derniers jours, au moins 100 partisans d’al Houthi seraient détenus en
Arabie saoudite, après avoir été capturés ou s’être rendus aux forces
saoudiennes.
Les rebelles, de leur côté, affirment qu’ils ont capturé plusieurs soldats
saoudiens. Aucun des belligérants n’aurait pour l’instant autorisé le Comité
international de la Croix-Rouge (CICR) à entrer en contact avec ces prisonniers,
ce qui fait craindre pour leur sécurité.
Le 5 novembre 2009, l’aviation saoudienne aurait bombardé les forces d’al Houthi
qui avaient franchi la frontière près de Jabal al Dukhan, tuant un soldat
saoudien et en blessant 11 autres.
Les médias se sont faits l’écho d’allégations selon lesquelles les avions
saoudiens ont largué des bombes au phosphore. On ignore si ce bombardement a
fait des victimes, notamment parmi la population civile. Toutefois, quelque 300
familles auraient ensuite fui la région.
Armes hautement incendiaires, les bombes au phosphore constituent de graves
menaces pour les civils et ne doivent en aucun cas être utilisées à proximité de
civils.
Le lendemain du raid aérien, Amnesty International a écrit au ministre saoudien
de la Défense, le prince Sultan Bin Abdul Aziz al Saoud, lui demandant si des
bombes au phosphore avaient été larguées et, le cas échéant, le priant de
préciser dans quelles conditions et quelles précautions avaient été prises pour
épargner la vie des civils. L’organisation n’a pas encore reçu de réponse à sa
demande.
Le conflit qui fait rage dans le gouvernorat de Saada, au Yémen, a éclaté en
2004 et se poursuit depuis lors de manière intermittente. Les combats ont repris
avec une nouvelle intensité en août 2009. Depuis, des milliers de citoyens parmi
la population majoritairement chiite ont été déplacés et un grand nombre
d’autres personnes, probablement des centaines, dont des civils, ont été tuées.
Le gouvernement yéménite ayant bouclé la région, il s’avère extrêmement
difficile d’obtenir des informations indépendantes sur la situation – ce qui
nourrit les inquiétudes quant à la sécurité et au bien-être de la population
civile.
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Analyse de Khaled Asmar - Beyrouth
Un état d'exception qui ne dit pas son nom ? Le roi de Jordanie dissout le
Parlement et soutient l'Arabie saoudite contre l'Iran
Des forces spéciales jordaniennes épauleraient l'armée saoudienne à la frontière
avec le Yémen
mercredi 25 novembre 2009 - 18h36, par Khaled Asmar - Beyrouth
Mediarabe.info
Le roi Abdallah II de Jordanie était le premier responsable arabe à avoir mis en
garde, solennellement, contre le "croissant chiite" que Téhéran s'employait à
étendre depuis l'Iran jusqu'à Gaza, en passant par le Liban, la Syrie et l'Irak.
Aujourd'hui, la Révolution chiite iranienne passe à la vitesse supérieure et
cherche à installer la guerre au coeur du monde sunnite, avec la rébellion
Al-Houthi au Yémen et ses retombées dans la Péninsule arabique. La Jordanie s'y
serait engagée militairement.
Un diplomate arabe en poste à Beyrouth nous a fait part de son pessimisme quant
à l'évolution de la situation au Yémen, et par extension au coeur de la
Péninsule arabique et en Arabie saoudite plus particulièrement. Il regrette que
« les mises en gardes lancées depuis plusieurs années par le roi Abdallah II de
Jordanie, puis par le président égyptien Hosni Moubarak, soient restées vaines
». Le premier avait en effet mis en garde, en 2004, contre le croissant chiite
voulu par Téhéran ; le second avait douté, en 2006, de la loyauté des Chiites
arabes à leur pays, les accusant d'être à la solde de l'Iran et de Wilayat
e-Faguih.
Notre interlocuteur ajoute que « le monde découvre aujourd'hui la justesse des
positions du Caire et d'Amman et assiste impuissant à la montée de l'influence
iranienne dans la région ». Selon le diplomate, « cette impuissance est due à
plusieurs facteurs, dont essentiellement l'impunité dont a joui l'Iran et
l'absence de réactions internationales, en temps utile, face aux ingérences
iraniennes régionales. La communauté internationale a laissé faire Téhéran,
pourtant accusé d'exploiter Al-Qaïda contre le pouvoir saoudien et d'héberger
des dizaines de ses dirigeants ; de rearmer les Taliban en Afghanistan ; de
renforcer les milices chiites en Irak ; de contrôler le Hezbollah au Liban ; et
d'utiliser les palestiniens du Hamas comme chair à canon, à Gaza... ».
Aujourd'hui, ajoute-t-il, « ce sont les zaïdites yéménites qui sont
littéralement sacrifiés pour déstabiliser le Yémen et contrôler l'entrée sud de
la Mer Rouge afin de prendre en étau l'Arabie saoudite et achever l'encerclement
du monde sunnite. Une véritable guerre préventive menée par Téhéran et ses
alliés ».
C'est dans ce contexte que le souverain hachémite, Abdallah II, vient de
dissoudre le Parlement, en vue d'organiser des élections législatives
anticipées, en 2010. Or, au même moment, nous apprenons que « la Jordanie aurait
dépêché quelque 2.000 soldats des forces spéciales en Arabie pour épauler
l'armée saoudienne dans sa guerre contre les rebelles yéménites d'Al-Houthi qui
harcèlent le royaume ». L'engagement militaire jordanien semble indispensable
pour la protection de l'Arabie. Car, en dépit de son équipement moderne et
sophistiqué, payé au prix fort, l'armée saoudienne n'a jamais combattu depuis
plus d'un demi-siècle. Sa participation à la libération du Koweït, en 1991,
n'était que symbolique. Les Saoudiens, habitués au confort, ne s'engagent pas
dans l'armée ou la Garde nationale. Cette situation avait obligé Riyad à « louer
», par le passé, des pilotes de chasse au Pakistan, au Maroc et à la Jordanie...
Or, la dynastie hachémite semble redouter la réaction hostile de son opposition
islamiste, menée par les Frères musulmans, très proches du Hamas et sensibles
aux arguments iraniens. Le guide des Frères égyptiens, Mohammed Mehdi Akef, qui,
en 2008, avait coordonné avec le Hamas palestinien la déstabilisation de
l'Egypte, a récidivé en rendant récemment un inestimable service à l'Iran. Il a
invité l'Arabie saoudite à « cesser la guerre contre les Houthi et à négocier
avec les rebelles chiites pour épargner le sang musulman ! ». Pour éviter un
débat parlementaire synonyme de dérapage politique, le roi Abdallah II de
jordanie aurait ainsi préféré dissoudre le Parlement, une façon déguisée de
suspendre momentanément la vie démocratique et décréter de facto l'état
d'exception.
En tout état de cause, il convient de noter l'absence de manifestations dans les
pays arabes, et en Occident, contre l'usage par les Saoudiens de munitions au
phosphore semblables à celles qui avaient été déversées sur Gaza, en décembre
2008 et janvier 2009. Pour notre interlocuteur, « le monde semble avoir pris
conscience que le Hamas et les Houthi avaient conduit les Palestiniens de Gaza
et les Yéménites de Saada vers une véritable boucherie au service de Téhéran,
comme l'avait fait le Hezbollah au Liban en 2006 ». La supercherie n'émeut plus
l'opinion publique arabe.
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