Chers Membres
Nous avons repris la diffusion de bulletins car les événements actuels en Iran
sont déterminants pour de nombreux enjeux régionaux et mondiaux dont le moindre
n'est pas son programme nucléaire.
Nous rediffusons un texte déjà diffusé hier mais avec une mise en page claire
cette fois-ci.
CID
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L'effort d'Obama pour renouer le dialogue avec l'Iran subit un coup
dur
cyberpresse.ca - 13 juin 2009
Le président Barack Obama a beau dire que son effort pour surmonter 30 ans
d'hostilité entre les États-Unis et l'Iran ne dépend pas des dirigeants en place
à Téhéran, la réélection annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad lui complique
sérieusement la tâche.
Elle va aussi compliquer l'entreprise internationale visant à empêcher l'Iran de
fabriquer la bombe atomique, conviennent les experts. Elle va forcer M. Obama à
traiter avec un homme qui personnifie, pour beaucoup aux États-Unis,
l'anti-américanisme, l'intransigeance sur le nucléaire, la négation de
l'Holocauste ou la volonté d'anéantir le grand allié israélien.
Elle place l'administration dans une décision difficile: joindre sa voix aux
adversaires de M. Ahmadinejad qui dénoncent un trucage, et passer pour s'ingérer
dans les affaires intérieures iraniennes au risque de compromettre le dialogue,
ou contenir son éventuelle indignation et s'exposer aux critiques des défenseurs
des libertés.
Au bout du compte, dit l'expert Karim Sadjadpour, elle confronte M. Obama au
risque d'une dangereuse escalade: «Je crois, malheureusement que les chances
d'une attaque contre l'Iran, une attaque israélienne contre l'Iran, augmentent
considérablement si Ahmadinejad reste président».
La première réaction de la Maison-Blanche, un communiqué de deux phrases, a
montré dans quelle passe délicate se retrouvait M. Obama: le gouvernement est
«impressionné» par l'enthousiasme que cette élection a suscité en Iran, «nous
continuons à suivre de près la situation dans son intégralité, y compris les
informations faisant état d'irrégularités», s'est contenté de dire le
porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs.
M. Obama et son administration «sont dans le pétrin, il faut qu'ils
composent avec le pouvoir en place» à cause de la nécessité de parler aux
Iraniens sur des sujets aussi essentiels que le nucléaire, l'Afghanistan,
l'Irak, le terrorisme, le pétrole, «et c'est de toute évidence un pouvoir
déterminé à garder le contrôle, cela va rendre la négociation beaucoup plus
difficile», dit l'experte Suzanne Maloney.
M. Obama a décidé de rompre avec la diplomatie de son prédécesseur George W.
Bush et d'accepter d'engager un dialogue ferme mais direct avec le régime
islamique. Il a constamment signifié, et encore vendredi, que cela serait le cas
avec quiconque serait au pouvoir à Téhéran.
Comme les autres experts, Mme Maloney juge les résultats annoncés par les
autorités iraniennes dépourvus de crédibilité. Et cela rend la tâche de M. Obama
encore plus délicate, surtout si des violences éclatent: sûrement soumis à la
pression de l'opinion et du parlement, M. Obama devra décider de soutenir ou non
la contestation, dit Mme Maloney. S'il le fait, il «tue» la perspective de
négociations.
Les experts s'attendent cependant à ce que M. Obama entreprenne l'effort, avec
moins de marge de manoeuvre aux États-Unis parce qu'il aura affaire à M.
Ahmadinejad, et après une pause, le temps que la situation iranienne se décante.
Ils envisagent comme une possibilité que M. Ahmadinejad soit plus disposé à
négocier qu'auparavant, sur le nucléaire par exemple.
Joseph Cirincione, un expert en non-prolifération, concède cependant que ce
n'est qu'une «conjecture»: «La bonne nouvelle, c'est que l'équipe de
négociateurs d'Ahmadinejad est en place; la mauvaise nouvelle, c'est qu'il
revient avec une ligne plus dure et qu'il ne va pas être d'humeur à faire des
compromis».
Le mouvement en faveur du changement en Iran aura persuadé le Guide suprême,
l'ayatollah Ali Khamenei, décideur ultime dans l'appareil d'État iranien, «qu'il
a raison de dire depuis 20 ans que le véritable danger, c'est une révolution de
velours, que l'Occident est derrière tout ça, et que cela ne sert à rien de
chercher à trouver un accord avec l'Occident sur le nucléaire», ou le reste, dit
l'expert Patrick Clawson.
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Dans Newsweek : 'Le declin des petro-tsars'
NOUVELOBS.COM - 16.02.2009
Le plongeon des prix du pétrole a ouvert à la politique étrangère américaine une
fenêtre diplomatique inespérée au cour de la récession, en affaiblissant les
régimes inamicaux à l'égard des Etats-Unis.
Cet article a été publié le 14 février sur le site de Newsweek.
Le plongeon des prix du pétrole a ouvert une fenêtre diplomatique inespérée au
cour de la récession, en affaiblissant les régimes inamicaux.
En six mois, quelle évolution. L'été dernier, le prix du pétrole atteignait un
niveau record à 147 dollars le baril, tout comme l'orgueil des tsars du pétrole.
Vladimir Poutine envoie ses tanks en Géorgie, révélant ses ambitions - restaurer
la domination russe sur les terres de l'ancien empire Soviétique. En Iran, le
président Mahmoud Ahmadinejad attaque un dollar déclaré "papier sans valeur", et
convertit en euro les réserves en devises de l'Iran. Pendant ce temps, le
président du Vénézuela Hugo Chavez se rend en Russie pour y négocier avec
Poutine des contrats d'armement.
L'émergence de ces leaders fut le pendant sombre d'un âge d'or de croissance
continue pour l'économie globale. Le monde en pleine croissance avait soif de
pétrole, sans autre choix que d'en passer par leurs fourches caudines pour son
approvisionnement. Ce n'est plus le cas. Le monde a basculé dans la récession,
la chute de la demande a entraîné celle du prix du pétrole, revenu à 37 dollars
le baril, et la troïka Putin - Chavez - Ahmadinejad a perdu de sa superbe. Les
empires qu'ils avaient bâtis sur le pétrole sont brinquebalant, vulnérables à
l'inflation et au chômage, et la montée du mécontentement y menace aujourd'hui
leur pouvoir personnel. "Le prix élevé du pétrole, et la richesse pétrolière ont
modifié les équilibres géopolitiques dans les dernières années", déclare
l'expert en énergie Daniel Yergin. "On assiste aujourd'hui à un mouvement
inverse".
Le déclin des pétro-tsars fait figure de rayon de soleil inattendu dans le
paysage sinistre de la récession globale. Barack Obama a invité les ennemis de
l'Amérique au dialogue, et Poutine, Chavez et Ahmadinejad ont répondu avec une
ardeur surprenante, qui s'explique en grande partie par un prix du pétrole trop
bas pour financer leurs ambitions géopolitiques. Soudain, ces adversaires
déclarés de "l'impérialisme" américain sont prêts à s'asseoir avec la nouvelle
administration autour de la table des négociations. Chavez, qui aimait à
qualifier de "Satan" George W. Bush, a indiqué qu'il était prêt à dialoguer avec
Obama sur les bases de "l'égalité et du respect". La semaine dernière, lors du
30e anniversaire de la révolution iranienne, Ahamdinejad a déclaré que son pays
était "prêt au dialogue". Quant à Poutine, bien qu'il continue de faire peser
sur ses voisins la puissance militaire russe, ses proches se mettent à adopter
un ton plus amical : "Les relations entre la Russie et l'OTAN devraient être
normalisées" a ainsi pu dire le ministre des affaires étrangères Sergey Lavrov.
Les observateurs ont tous noté avec raison que le président Obama est confronté
dès le début de son mandat à un nombre extraordinairement grand de problèmes de
politique étrangère, du Soudan à la Corée du Nord. Ce qui distingue les
pétro-tsars est l'envergure et la brutalité de leurs ambitions. Poutine désirait
créer un cartel du gaz pouvant rivaliser avec l'OPEP et continuer d'affronter
les Etats-Unis en Europe de l'Est et en Asie Centrale, aussi bien sur le plan de
l'influence politique que du contrôle des pipelines permettant l'approvision-
nement en gaz. Chavez aspirait à parachever la création de l'empire Latin dont
rêvait son héros Simon Bolivar, dont une banque régionale contrôlée par Chavez
lui-même. Ahmadinejad voulait restaurer l'Iran en tant que puissance régionale,
dotée de l'arme nucléaire, au coeur d'un Moyen Orient débarrassé d'Israel. Il
serait bien difficile de citer trois dirigeants dont les mauvaises
fortunes servent mieux les intérêts des Etats-Unis.
Le déclin est étourdissant. Les pétro-états sont heurtés de plein fouet par la
raréfaction du crédit au niveau global, plus qu'aucun autre. Tous trois ont
construit leur popularité sur un programme de dépenses de protection sociale, de
subvention des denrées et de l'énergie, et autres faveurs destinées à la
population, le tout financé par l'argent du pétrole. Les prévisions de budget
2009, supposées couvrir ces dépenses, ont été établies sur la base d'un prix du
pétrole compris entre 86 et 100 dollars le baril. Résultat : la chute des prix
du pétrole menace non seulement son économie, mais également la légitimité
politique de ces régimes.
Poursuivant sur leur lancée, les dépenses accroissent les déficits et alimentent
l'inflation, aujourd'hui à deux chiffres, malgré une croissance en baisse. Selon
Morgan Stanley, la Russie devrait se contracter de 3,5 % cette année, et
l'économie du Venezuela de 1 % (les statistiques similaires concernant l'Iran ne
sont pas encore disponibles). Les investisseurs étrangers fuient la Russie plus
que n'importe quel autre marché émergent, et sa bourse a chuté plus lourdement
que les autres marchés mondiaux, de 75 % depuis l'été dernier. Rien d'étonnant
que Poutine, dont l'administration regardait encore ailleurs en mai dernier
quand les partenaires russes des grandes compagnies pétrolières occidentales
comme BP en évinçaient les cadres, envoie aujourd'hui des signes amicaux en
direction des investisseurs étrangers.
La chute était tout sauf inévitable. Les pétro-tsars ont créé les conditions de
leur échec, en négligeant d'investir, soit dans leurs champs de pétrole, soit
dans la diversification de leurs exportations. D'autres états pétroliers comme
l'Arabie Saoudite et pays du Golfe sont toujours confortablement dotés, selon le
consultant PFC Energy basé à Washington. Pour leur part, l'Iran et le Vénézuela
piochent dans les caisses pour couvrir les dépenses prévues par leur budget. La
Russie a dépensé pour défendre le rouble près d'un tiers de ses réserves en
devises de 650 milliards de dollars sur les quelques derniers mois. Selon PFC,
avant la fin de l'année, le Vénézuela aura dépensé 38 % des réserves en devise
qu'il détenait à la fin 2008, et l'Iran un quart. En résumé : vu la situation
économique, ces pétro-nations ne pourront pas rester bien longtemps à la
surface.
Ce chômage en hausse et ces finances qui se détériorent exposent au retour de
bâton sur le plan politique. En Iran, les usines ferment en masse, et l'ancien
président réformateur Mohammed Khatami revient pour affronter Ahamdinejad à
l'occasion des élections nationales de juin prochain. Au Venezuela, les
manifestations antigouvernementales vont s'intensifiant à l'approche du
référendum qui pourrait autoriser le président à se représenter indéfiniment aux
élections présidentielles. En Russie, de nombreuses manifestations de rue ont
éclaté face aux augmentations d'impôt et aux salaires non payés dans les
secteurs de la sidérurgie et de la fabrication. En réponse, le Kremlin a fait
passer une ensemble de lois des plus déplaisantes. L'une d'entre elle fait de la
participation à des "désordres de masse" un "crime contre l'état". Les plans
prévoyant le licenciement de 280 000 officiers de l'armée ont été remisés, et le
ministre de l'intérieur a constitué trois "centres spéciaux" dans les
principales villes du pays, suréquipés en outils de surveillance, afin de
combattre les mouvements de rue.
Les pétro-tsars règnent sur les entreprises pétrolières et gazières les moins
efficaces du monde, du fait notamment des entraves à l'implantation
d'investisseurs étrangers. En Iran, les sanctions imposées par l'ONU et les
Etats-Unis signifient que la plupart des compagnies étrangères ne veulent rien
avoir à faire avec un pays qui détient les troisièmes plus importantes réserves
au monde. Les récents conflits de la Russie avec BP ou Shell ont abouti à une
modification unilatérale des termes des contrats en leur faveur par les
partenaires russes. Quand les prix du pétrole se sont envolés, Chavez a
renationalisé une grande partie de l'industrie pétrolière du pays, et augmenté
d'un facteur seize les taxes imposées aux compagnies étrangères. À présent que
les prix ont chuté, il essaie discrètement de les persuader de revenir.
Les liens avec l'Occident ont une importance primordiale, quand bien même ils
refusent de l'admettre. Dans le cas russe en particulier, une grande part des
réserves est d'un accès délicat, car enterrée sous plusieurs couches du
permafrost sibérien. Les exploiter requiert autant de ressources que
d'expertise, que l'on trouve encore en abondance chez les compagnies américaines
et européennes. Saviez-vous que le Qatar est à l'équilibre quand le pétrole est
à 10,18 dollars le baril ? Pour le Venezuéla, c'est neuf fois plus. Les
pétro-tsars pouvaient encore faire face à leur engagement de dépense publique
quand le prix moyen du pétrole était supérieur à cent dollars le baril. Mais
cette année, à moins de coupes drastiques dans les budgets, leur pays sombrera
probablement dans le déficit.
Le plus intelligent à faire serait de réinvestir une partie de ce qui reste de
la manne pétrolière de façon à renforcer l'efficacité du secteur, afin de
compenser un cours très bas. C'est exactement ce que font certains pays du
Golfe, mais les autocrates ont choisi l'approche inverse. "Ces pays essaient de
maximiser leur revenu, sans considérations sur la santé à long terme de leur
secteur pétrolier", indique Jeffrey Currie, économiste en chef sur les questions
d'énergie chez Goldman Sachs. "Le Vénézuéla, en particulier, n'effectue aucun
véritable entretien des champs de pétrole, ce qui pourrait se solder par une
interruption de la production". Qu'il remporte ou non le référendum à venir,
pour la plupart des spécialistes, la mauvaise gestion des finances publiques et
les tensions grandissantes font de la situation de Chavez à la tête du pays
l'une des moins assurée de tous les pétro-leaders.
Les jours d'Ahmadinejad à la tête de l'Iran sont peut-être tout aussi comptés.
Le leader populiste a fait campagne sur la réforme de l'industrie pétrolière.
Pourtant, durant son mandat, deux gouverneurs de la banque centrale ont
démissionnés, le dernier l'accusant publiquement de piller le fond souverain du
pays. En janvier, le Guide Suprème de l'Iran Ali Khamenei a ordonné que 20 % des
revenus pétroliers futurs soient placés dans un nouveau fond, ce que d'aucuns
interprètent comme la volonté de les mettre hors de portée d'Ahmadinejad. L'idée
n'est pas mauvaise au vu des erreurs passées d'Ahamdinejad sur le plan
économique : les subventions de l'énergie, destinées à s'assurer un soutien
populaire, ont engendré de telles distorsions dans le marché interne du pétrole
en Iran, que le pays est aujourd'hui importateur net d'essence. L'inflation
tourne aujourd'hui à 26 %, du fait d'une politique présidentielle mal conçue en
matière de taux d'intérêts, et les dizaines de milliards de dollars d'aide
apportées aux entreprises en vue de créer des emplois ont été en grande partie
gaspillés. La décision démagogique prise par Ahmadinejad de convertir les
revenus pétroliers en euro semble bien stupide aujourd'hui, le dollar reprenant
depuis quelque temps de la vigueur contre l'euro. Les récentes restrictions aux
droits de l'homme décidées par le président auraient pu passer inaperçues
lorsqu'on prévoyait pour 2009 des revenus pétroliers excédant les 100 milliards
de dollars. La baisse des prix ayant ramené les estimations à 30 milliards
environ, la faction réformiste menée par Khatami a des chances raisonnables de
remporter les élections.
Bien que la Russie ait été la plus sévèrement touchée par le retournement de
tendance, Poutine a des chances de rester aux affaires. Une bonne partie de
l'industrie pétrolière russe est aux mains d'intérêts privés, et en conséquence,
"ce sont plutôt les oligarques qui ont souffert en Russie, pas Poutine", déclare
l'analyste pétrolier Oswald Clint chez Bernstein. Dès 2004, le Kremlin plaçait
ses excédents de revenus pétroliers dans un fond de prévoyance pour les mauvais
jours ce qui, à présent que les mauvais jours sont arrivés, protège Poutine. En
dépit des tensions internes au Kremlin sur la meilleure façon de dépenser
l'argent - Poutine veut sauver ses banques et ses oligarques favoris, son
ministre des finances veut construire des écoles - Moscou reste en meilleure
forme que Téhéran ou Caracas. Les réserves en devises par tête de la Russie,
après même qu'une partie fut allouée à la défense du rouble, restent de 2 734
dollars, bien plus que l'Iran (1 421 dollars) ou le Vénézuela (1 046 dollars).
Poutine, toutefois, continue d'affirmer que la Russie devrait se sortir de la
crise plus facilement que l'Ouest. Il continue également de promettre des
milliards en prêts et aides aux voisins du Belarus, du Kazakhstan, du
Kirghizistan, et du Tadjikistan, afin d'empêcher les Etats-Unis ou l'Europe d'y
remporter quelque succès diplomatique. A-t-il les moyens de ses ambitions ? Cela
dépend de la longueur de la récession : les caisses de la Russie pourraient être
vides dès 2010 si les prix ne remontent pas.
Dans un des scénarios possibles, toutefois, les tsars de pétrole profitent au
bout du compte de leur incompétence, et l'Ouest perd gros. Comme l'indique Robin
West, le directeur de PFC, les erreurs de gestion entraîneront au final une
coupure de l'approvisionnement global. "Le danger est de voir le prix du pétrole
atteindre des niveaux stratosphériques alors que l'économie mondiale émerge de
la récession, d'ici quelques années, en raison du déficit chronique
d'investissement d'infrastructure dans ces pays". PFC prévoit un baril à 60
dollars dès 2010. Pour beaucoup d'autres, le prix pourrait être supérieur.
À court terme, la chute des prix du pétrole (qui selon certains analystes
pourrait descendre jusqu'à 25 dollars), pourrait adoucir la récession, et les
embarras que constituent ces pétro-tsars. Lorsque Dennis Blair, directeur du
renseignement des Etats-Unis déclare devant le congrès que la récession mondiale
constitue aujourd'hui la principale menace à la sécurité des Etats-Unis, ayant
déjà engendré une "instabilité de faible niveau" dans un pays sur quatre dans le
monde, il n'a pas mentionné l'opportunité qui se présente : exploiter les
faiblesses de plus en plus éclatantes de ses rivaux, dialoguer avec des ennemis
dont les problèmes domestiques les poussent au compromis "Il est facile de se
moquer des effets des sanctions, de la corruption, ou des mauvaises décisions
quand le prix du baril est à trois chiffres", confirme Vali Nasr, récemment
recruté pour collaborer avec Richard Holbrooke, envoyé spécial d'Obama au
Pakistan et en Afghanistan. "Quand l'argent cesse d'affluer dans les caisses,
c'est plus difficile". Et aujourd'hui, l'argent du pétrole coule dans la
direction inverse, hors des réserves de ces pétro-nations.
Avec Owen Matthews à Moscou, Babak Pirouz à Téhéran et Michael Miller à New York
Par Rana Foroohar
Traduction de David Korn
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/economie/la_crise_financiere/20090216.O\
\
BS5017/dans_newsweek__le_declin_des_petrotsars.html
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The Decline of the Petro-Czar
Plunging oil prices have created an unexpected diplomatic bright spot in the
global recession by weakening unfriendly regimes.
Rana Foroohar
NEWSWEEK
From the magazine issue dated Feb 23, 2009
What a difference a half a year makes. Last summer, when oil prices hit an
all-time high of $147 a barrel, so did the hubris of the petro-czars. Vladimir
Putin sent Russian tanks rolling into Georgia, laying bare his ambition to
restore Russian dominion over the lands of the old Soviet empire. In Iran,
President Mahmoud Ahmadinejad was busy bashing the dollar, which he had declared
"worthless," and transferring Iran's reserve wealth into euros. Meanwhile,
Venezuelan President Hugo Chávez was in Russia meeting with Putin to negotiate
arms deals.
The rise of these leaders was the dark side of an otherwise golden era of growth
in the global economy. A prospering world was thirsty for oil, and had little
choice but to buy heavily from them. Not now. With the world economy collapsing
in recession, and falling demand driving the price of oil down to $37 per
barrel, the trio of Putin, Chávez and Ahmadinejad are losing their strength. The
empires that they built on oil are proving rickety, vulnerable to inflation and
joblessness, and now mounting political unrest is jeopardizing their personal
power. "High oil prices and oil wealth reshaped geopolitics in recent years,"
says energy expert Daniel Yergin. "Now we're seeing the reversal of all that."
The decline of the petro-czars is an unexpected bright spot in a grim global
recession. Barack Obama has invited America's enemies to talk, and Putin, Chávez
and Ahmadinejad are responding with surprising alacrity, in no small measure
because the price of oil no longer supports their geopolitical ambitions.
Suddenly, these bold challengers of U.S. "imperialism" want to sit down and have
a nice chat with the new administration. Chávez, who frequently referred to
George W. Bush as "the Devil," has said that he is willing to talk "on equal and
respectful terms" with Obama. Last week, on the 30th anniversary of the Iranian
revolution, Ahmadinejad declared his nation "ready for talks." Although Putin is
still rattling regional sabers, his aides are starting to make friendly noises:
"Relations between Russia and NATO," said Foreign Minister Sergey Lavrov,
"should get back on track."
It's been widely noted that Obama comes to power facing an extraordinary array
of foreign challenges, from Sudan to North Korea, but what distinguished the
petro-czars was the scale and aggression of their ambitions. Putin hoped to
create a gas cartel to rival OPEC, and continues to battle the U.S. for
political influence and control of gas pipelines across Eastern Europe and
Central Asia. Chávez had aspired to finish building the Latin empire that his
hero Simon Bolívar once dreamed of, including a regional bank controlled by
Chávez himself. Ahmadinejad wanted to restore Iran as a regional powerhouse,
backed by nuclear weapons, in a Middle East without Israel. It would be very
hard to name three leaders whose declining fortunes better serve U.S. interests.
The decline is dizzying. The petrostates are getting slammed harder than most by
the global credit crunch. All three had built their popularity on programs of
oil-fueled welfare spending, food and energy subsidies, and other favors to the
public. Initial 2009 budgets built around all that spending assumed oil would
stay between $86 and $100 a barrel. The result is that falling prices threaten
not only the economy, but also the political legitimacy of these regimes.
The impetus to keep spending is driving up deficits and fueling inflation, now
in the high double digits, despite falling growth. Morgan Stanley predicts
Russia will contract by 3.5 percent this year, and that the Venezuelan economy
will contract 1 percent (comparable figures for Iran are not yet available). As
foreigners flee Russia faster than from any other emerging market, its stock
market has fallen further than any other in the world, down 75 percent since
last summer. No wonder Putin, whose men turned a blind eye to Russian partners'
expelling executives from big Western oil companies like BP as recently as last
May, is now sending welcome signals to foreign investors.
The collapse was far from inevitable. The petro-czars set themselves up to fail,
by neglecting to invest enough either in improving their oilfields or developing
export-income sources other than oil. Other oil states like Saudi Arabia and the
Gulf nations are still comfortably flush, according to Washington-based PFC
Energy. Meanwhile, Iran and Venezuela are drawing down their savings just to
keep their government budgets running. Russia has spent nearly a third of its
$650 billion in foreign assets defending the ruble over the past couple of
months. PFC estimates that by year's end, Venezuela will have run through 38
percent of the foreign assets it had at the end of 2008, and Iran will have
spent some 25 percent. In short: under the current economic conditions, these
petro-nations simply can't stay afloat much longer.
Rising unemployment and deteriorating finances are leading to a political
backlash. In Iran, factories are closing en masse, and popular former president
and reformer Mohammad Khatami is back to challenge Ahmadinejad in national
elections in June. In Venezuela, antigovernment protests are intensifying ahead
of this week's referendum, which would allow the president to run for
re-election indefinitely. In Russia, numerous street protests have broken out
over tax hikes and unpaid wages in the steel and manufacturing industries. In
response, the Kremlin has passed a raft of nasty new laws. One makes
participating in "mass disorders" a "crime against the state." Plans to fire
280,000 Army officers have been shelved, and the Interior Ministry has set up
three "special-purpose centers" in major cities, packed with surveillance
equipment designed to combat street unrest.
The petro-czars run among the least efficient oil and gas businesses in the
world, in large part because they've made it so difficult for outsiders to do
business. In Iran, U.S. and U.N. sanctions mean that most foreign companies
won't go near the world's third-richest oil reserves. Russia's recent conflicts
with BP, as well as Shell, ended with Russian partners' unilaterally redefining
contracts and terms of business in their own favor. When oil prices were way up,
Chávez renationalized much of his country's petroleum industry and introduced
16-fold tax hikes for foreign companies; many of them subsequently picked up and
left. Now that prices are down, he is quietly trying to coax them back in.
Ties to the West are critical, even though they refused to admit it. In the
Russian case, particularly, many of its reserves are tough to reach, buried
under layers of Siberian permafrost. Tapping them requires both capital and
expertise, which are still found in greatest abundance in American and European
companies. Consider that while Qatar can break even when oil costs $10.18 a
barrel, Venezuela requires more than nine times that to do the same. The
petro-czars might have been able to meet their spending commitments when the
average price of oil was a hundred bucks. But this year, without big cuts, all
their nations will likely fall into deficit.
The smart thing to do would be to reinvest some of the remaining oil windfall to
raise efficiency, in order to compensate for lower prices. That is what some
Gulf nations are doing, but the autocrats are taking just the opposite approach.
"These countries are trying to maximize revenue, not thinking about the
longer-term health of the industry," notes Goldman Sachs's chief energy
economist, Jeffrey Currie. "Venezuela in particular isn't doing any proper field
maintenance, which ultimately could result in a supply interruption." Whether or
not he wins the upcoming referendum, most experts believe that dicey finances
and growing tension mean that Chávez's hold on power is the most tenuous of all
the petro-rulers.
Ahmadinejad's days in charge may also be numbered. The populist leader
campaigned on reforming the oil industry; yet, during his tenure, two
central-bank governors have resigned, the last one publicly accusing him of
plundering the country's sovereign fund. In January, Iran's Supreme Leader Ali
Khamenei ordered 20 percent of future petroleum revenues to be banked in a new
fund, which some read to mean that he was putting it out of Ahmadinejad's reach.
It's not a bad idea given the president's record of economic mismanagement: his
energy subsidies, designed to boost popular support, have grotesquely distorted
Iran's internal petroleum markets, helping turn the country into a net gas
importer. Inflation is running at 26 percent thanks to the president's
ill-conceived interest-rate policies, and tens of billions of dollars of
handouts to businesses that were supposed to create new jobs have been largely
wasted. Even Ahmadinejad's grandstanding moves to switch oil wealth into euros
now seems silly, with the dollar lately rising against the euro. Recent
human-rights crackdowns by the president might have been ignored when oil
revenues were expected to exceed $100 billion this year. Now that lower prices
have put estimates closer to $30 billion, the reform faction, led by Khatami,
has a decent shot at winning the election.
Though Russia has been perhaps hardest hit by the downturn, Putin is likely to
survive. A good chunk of Russia's oil industry still remains in private hands,
so "it's mainly been the oligarchs that have suffered so far in Russia, not
Putin," argues Bernstein oil analyst Oswald Clint. And as early as 2004, the
Kremlin began placing surplus oil revenue in a rainy-day fund, which is
protecting Putin now that the rains have come. While there are growing tensions
inside the Kremlin over how to spend the money-Putin wants to bail out favored
banks and oligarchs, his finance minister wants to build schools-Moscow is still
in stronger shape than Tehran or Caracas. Even after spending billions to prop
up the ruble since November, Russia's per capita foreign-currency reserves are
still $2,734, much higher than Iran's ($1,421) or Venezuela's ($1,046).
Putin, however, continues to insist that Russia will weather the crisis better
than the West. He also continues to promise billions in loans and handouts to
neighbors like Belarus, Kazakhstan, Kyrgyzstan and Tajikistan in order to
prevent the U.S. or Europe from making diplomatic inroads. Can he afford those
promises? That depends on how long the recession lasts: Russia's oil coffers
could run dry by the end of 2010 if prices don't recover.
There is, however, one scenario in which the oil czars benefit from their own
incompetence and the West loses big. As PFC chairman Robin West points out,
their mismanagement will eventually cut global supply. "The danger then is that
as the global economy begins to come out of recession in a couple of years, you
could see oil prices shoot up, in part because these countries didn't invest as
they should have." PFC is predicting $60 oil by 2010; plenty of others think it
will go even higher.
In the short term, at least, falling oil prices (some analysts see $25 in view)
will ease the pain of recession, and the pain in the neck caused by petro-czars.
When U.S. National Intelligence Director Dennis Blair testified that the global
recession was now the biggest security threat to the United States, having
already produced "low-level instability" in roughly one out of four nations of
the world, he did not mention the opportunity at hand. It is the opportunity to
exploit the even more glaring weaknesses of one's rivals, to talk to enemies
whose problems at home open them to compromise. "It's easy to shrug off the
effect of sanctions or corruption or bad financial decisions when oil is in the
triple digits," says Vali Nasr, recently tapped to work with Richard Holbrooke,
Obama's special envoy to Pakistan and Afghanistan. "That's much harder when the
revenue is no longer pouring in." And for now, the oil money is pouring out of
these petro-nations.
With Owen Matthews in Moscow, Babak Pirouz in Tehran and Michael Miller in New
York
URL: http://www.newsweek.com/id/184766
© 2009
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