"C'est un orgueil pour nous en tant que Colombiens.
Il n'y a jamais eu des antécédents comme ça pour
une libération qui a eu un succès. D'habitude c'est
Israël qui a du succès dans des opérations miliaires
comme ça. Mais aujourd'hui il faut que le monde sache
que l'armée colombienne est capable aussi de faire
des missions comme celles d'Israel."
Ingrid Betancourt à sa descente d'avion
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1. Une opération du renseignement colombien
A la demande du président Uribe, un travail de
renseignement d'une ampleur jusque là inconnue,
incluant le paiement d'informations et la
protection des témoins, a été développé au cours
de la dernière année par les forces armées et la
DAS (département administratif de sécurité) avec
l'aide de consultants israéliens, pour la plupart
officiers en retraite de l'armée d'Israël.
[LEMONDE.FR - 02.07.08]
2. Un exploit accompli par une armée moderne et
efficace
L'autre partenaire majeur est Israël. Les mêmes
préoccupations «antiterroristes» rapprochent
les deux pays, et Israël n'a pas les états d'âme
de certains pays européens notamment, France en
tête pour vendre des armements au président Uribe.
Chaque soldat, ou presque, combat avec un fusil
d'assaut Galil. Après s'être équipée de Mirage
français, l'armée de l'air s'est dotée de chasseurs
Kfir (version israélienne du Mirage V français).
Et aujourd'hui, la coopération porte beaucoup
sur les équipements de renseignement électronique
et autres systèmes radars, qui ont joué un rôle
clé dans les succès de ces derniers mois.
[Le Figaro - 03/07/2008]
3. La TV en Israël le confirme ce soir :
Plusieurs dizaines d'Israéliens (ex de TSAHAL)
ont participé en coulisse à la libération
d'Ingrid Bentancourt
[israelvalley.com - 3 juillet 2008]
4. Sans besoin de la France ni de Chavez
La libération d'Ingrid Betancourt par l'armée
d'Uribe sonne le glas des FARC - 3 Américains
et 11 militaires et policiers également délivrés
Critiqué et vilipendé durant des années, par la
famille et les comités Betancourt, par la France
et par des pays latino-américains autoproclamés
progressistes qui, tous, prônaient une négociation
avec les FARC pourtant déclarées terroristes par
l'Union européenne et les Etats-Unis, le président
conservateur colombien Alvaro Uribe tient désormais
une éclatante revanche.
Le comble est qu'on a eu l'impression que mercredi
soir, à Paris, tout ce beau monde, sauf néanmoins
le président Sarkozy, qui a félicité Uribe et son
armée, s'attribuait un rôle décisif dans la
libération d'Ingrid Betancourt.
[...]
Réussir à libérer des otages sans rien devoir payer
en échange est, par les temps qui courent, une leçon
quasi planétaire. Le candidat républicain à la
Maison blanche, John McCain, en visite en Colombie
au moment de la libération dont viennent donc de
bénéficier aussi trois Américains, recueillera
peut-être quelque dividende électoral de sa présence
à ce moment providentiel. Comme le suggère l'analyste
international Isaac Bigio, l'un des plus cités par
les médias latino-américains, McCain pourrait présenter,
pour contrer son rival démocrate Barack Obama, la
fermeté payante d'Alvaro Uribe comme le chemin à
suivre pour vaincre en Irak et traquer efficacement
Oussama Ben Laden.
[LatinReporters.com - 3 juillet 2008]
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Une opération du renseignement colombien
LEMONDE.FR - 02.07.08
Une opération menée par les forces armés colombiennes a permis la libération,
mercredi 2 juillet, de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Ingrid
Betancourt ainsi que de trois citoyens américains et onze militaires colombiens
qui étaient séquestrés par les FARC. Juan Manuel Santos, ministre de la défense
colombien, a annoncé la nouvelle depuis Bogota, en précisant que la libération
est intervenue près de San Jose del Guaviare, dans le sud-est du pays.
"Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie", a déclaré
l'ex-otage dans une première déclaration à la radio Caracol.
Dans une intervention depuis l'Elysée, le président français à précisé qu'Ingrid
Betancourt était en "bonne santé". Aux côtés des enfants de Mme Betancourt, il a
remercié le président colombien et les chefs d'Etat des pays qui ont contribué à
la libération des otages.
Selon le ministre de la défense colombien, deux hélicoptères ont participé à
l'opération. Le ministre a affirmé que l'opération était en marche depuis une
année, en mettant l'accent sur le travail de renseignement effectué par les
généraux Freddy Padilla de Leon, chef des forces armées, et Mario Montoya,
responsable de la zone où a eu lieu l'opération.
OPÉRATION D'INFILTRATION
En annonçant la libération des otages, le ministre de la défense a fait le récit
d'une opération de renseignement et d'infiltration de très haut niveau. Il a
notamment affirmé que les otages se trouvaient détenus en trois lieux différents
et qu'afin de permettre leur libération, il a été nécessaire pour les forces
armées d'infiltrer le secrétariat, l'instance de direction collective de plus
haut niveau des FARC. C'est dans ce contexte qu'il a été décidé par les
responsables du mouvement de guérilla de rassembler les otages afin de les
placer sous le contrôle unique d'Alfonso Cano, qui a pris la tête de FARC après
le récent décès de Manuel Marulanda, dit "Tirofijo".
Selon le ministre, cette opération a été réalisée avec l'appui logistique d'une
"organisation fictive" disposant d'un hélicoptère qui était en réalité un
appareil de l'armée colombienne. Les forces armées avaient également infiltré,
toujours selon le ministre, le front numéro 1 des FARC, dirigé par Gerardo
Antonio Aguilar, dit "Cesar", qui détenait une partie des otages. Ce responsable
a été arrêté alors qu'il acheminait, à l'aide de l'hélicoptère de l'armée, des
otages vers le point choisi pour rassembler les trois groupes et les remettre à
Alfonso Cano.
A la demande du président Uribe, un travail de renseignement d'une ampleur
jusque là inconnue, incluant le paiement d'informations et la protection des
témoins, a été développé au cours de la dernière année par les forces armées et
la DAS (département administratif de sécurité) avec l'aide de consultants
israéliens, pour la plupart officiers en retraite de l'armée d'Israël.
Le ministre s'est adressé aux FARC lors de sa conférence de presse : "Nous
continuerons a travailler à la libération des autres otages. Nous lançons un
appel aux leaders actuels des FARC pour qu'ils ne se fassent pas tuer, qu'ils
libèrent les otages et qu'ils ne sacrifient pas leurs hommes."
Une très forte mobilisation médiatique en faveur de la libération d'Ingrid
Betancourt, détenue depuis février 2002, existait en Europe. Mais l'espoir de la
voir libre avait été plusieurs fois déçu. D'abord en 2003, lorsque Dominique de
Villepin, alors premier ministre, avait monté une mission de négociation et
dépêché un avion. Puis en mars 2008, lorsque la diplomatie française et le
président vénézuélien, Hugo Chavez, avaient participé à l'envoi d'hélicoptères
dans la zone où l'otage a finalement été libéré. La dernière preuve que l'otage
était encore en vie, une vidéo où elle apparaissait immobile, avait été diffusée
en novembre 2007.
Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate écologiste à la présidence de la
Colombie, était otage des FARC depuis plus de six ans.
Le Monde.fr (avec AFP)
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Un exploit accompli par une armée moderne et efficace
Arnaud de La Grange
Le Figaro
03/07/2008
Les États-Unis, mais aussi Israël, ont aidé Bogota à mettre sur pied une force
militaire de 400 000 hommes.
On est loin, très loin des clichés folkloriques sur les armées sud-américaines.
L'armée colombienne, en pointe dans la libération des «grands» otages des Farc,
a profondément changé en une petite poignée d'années. Elle a considérablement
gagné en professionnalisme, s'est rééquipée, et a augmenté ses effectifs de 35 %
pour atteindre aujourd'hui près de 400 000 hommes.
Les résultats ont été au rendez-vous. La pression militaire mise sur la guérilla
est devenue considérable. Cette dernière n'aligne plus aujourd'hui qu'environ 10
000 hommes, soit deux fois moins qu'il y a sept ans. Et le rythme de capture ou
d'élimination de gros poissons des Farc n'a cessé de s'accélérer, surtout ces
derniers mois. La libération d'Ingrid Betancourt serait le dernier fait d'armes
de cette montée en puissance et en efficacité de l'armée.
Sur le plan strictement militaire, le général Padilla de Leon, grand patron des
armées colombiennes, nous confiait il y a quelques semaines que l'accent avait
été mis sur «l'aéromobilité et les moyens de renseignement». Des «task force»
spéciales combinant tous les savoir-faire comme la Force omega basée non loin
des zones présumées de détention des otages ont été mises sur pied.
La patte des conseillers américains est très visible. Ils seraient plusieurs
centaines, plus ou moins occultes, à travers tout le pays. Et la fourniture à la
Colombie d'hélicoptères Blackhawk a changé la face du conflit. L'aide financière
américaine, essentiellement octroyée à travers le «plan Colombie» (environ 500
millions de dollars par an), s'est cependant faite plus mesurée ces derniers
temps, sous la pression des démocrates au Congrès.
Une stratégie d'«action intégrale»
L'autre partenaire majeur est Israël. Les mêmes préoccupations «antiterroristes»
rapprochent les deux pays, et Israël n'a pas les états d'âme de certains pays
européens notamment, France en tête pour vendre des armements au président
Uribe. Chaque soldat, ou presque, combat avec un fusil d'assaut Galil. Après
s'être équipée de Mirage français, l'armée de l'air s'est dotée de chasseurs
Kfir (version israélienne du Mirage V français). Et aujourd'hui, la coopération
porte beaucoup sur les équipements de renseignement électronique et autres
systèmes radars, qui ont joué un rôle clé dans les succès de ces derniers mois.
Le risque de localisation par interception des communications est ainsi devenu
la terreur des chefs des Farc, qui préfèrent souvent revenir au messager à pied
plutôt que d'utiliser un téléphone satellite.
L'autre grande innovation de la Colombie est d'avoir mis en place une stratégie
d'«action intégrale», un concept d'action civilo-militaire destiné à couper
l'herbe sous le pied de la guérilla, qui intéresse vivement l'Otan empêtré sur
le théâtre afghan. «Avant, l'armée menait des actions militaires ici, tandis que
d'autres ministères faisaient de l'action sociale là, explique le colonel
Alberto Sepulveda, aujourd'hui, nous coordonnons les deux. Les différentes
agences, chargées de la santé, la protection sociale, l'agriculture, arrivent
juste derrière l'armée.» Un «superministre» coordonne cette action depuis la
présidence de la République. Cette politique a permis de reprendre pied dans
nombre de localités abandonnées par l'État depuis des lustres.
«Sur le versant militaire des choses, on s'attache à rendre la vie de plus en
plus difficile à la guérilla, explique un officier, sur le versant social, on
montre que ceux qui se démobilisent ont des facilités pour reprendre le cours
d'une vie normale avec d'importants programmes de réinsertion». L'armée a créé
des dizaines de radio à travers tout le pays pour inciter les guérilleros par la
voix de leurs frères d'armes rentrés dans le rang à raccrocher leur kalachnikov
au râtelier. Au sein d'une des plus vieilles guérillas du monde, le doute s'est
insidieusement installé, formant le terreau des désertions, ouvrant des brèches
pour les infiltrations menées par les services colombiens. L'action
psychologique menée tambour battant a fini par payer.
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News: ISRAEL BETANCOURT BREAKING NEWS - La TV en Israël le confirme ce soir :
plusieurs dizaines d'Israéliens (ex de TSAHAL) ont participé en coulisse à la
libération d'Ingrid Bentancourt
3 juillet 2008
Par Dan Assayah
israelvalley.com
BREAKING NEWS - Ce soir la télévision israélienne (Chaîne 10) vient de le
confirmer : des anciens de Tsahal ont bien contribué au sauvetage de Ingrid
Betencourt. La télévision israélienne parle de dizaine de soldats.
REVELATIONS - INGRID BETANCOURT DOIT-ELLE REMERCIER ISRAEL ? Ce n'est pas par
hasard si Nicolas Sarkozy a déclaré hier soir après la libération de l'otage
franco-colombienne Ingrid Betancourt, que "la France n'oubliait pas le soldat
franco-israélien Gilad Shalit, détenu comme otage par le mouvement palestinien
Hamas à Gaza depuis deux ans".
"Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat (Gilad) Shalit et pour
ses parents. Nous ne l'oublions pas. La France est toujours prête à se mobiliser
quand quelqu'un est injustement retenu", a affirmé M. Sarkozy.
Les israéliens ont aidé la France et la Colombie. Un juste retour devrait
apparaître dans un proche avenir selon nos sources à Jérusalem.
Les israéliens ont depuis plus de dix ans construit une spécialité reconnue par
tous dans le monde : la vente d'un savoir-faire opérationnel dans le domaine de
la sécurité (protections de stades et jeux olympiques, services de sécurité dans
les aéroports, lutets anti-guérillas.).
Il suffit d'observer le grand nombre de visiteurs dans les salons de la Sécurité
dans le monde pour s'en rendre compte : Israël est considérée comme un pays
ayant véritablement une expertise dans la lutte anti-terroriste. Le Maroc en a
bénéficié pendant très longtemps.
Dans ce contexte de nombreux anciens du Mossad vendent leur savoir-faire après
être sortis de l'ombre. Des ex-généraux de Tsahal se reconstruisent une carrière
dans le civil comme consultants spécialisés. La Colombie et l'Amérique Latine en
général est un Continent très lucratif pour les israéliens. La demande est
réelle.
En ISRAEL, ce n'est pas un hasard si beaucoup d'experts ont vu l'action
essentielle des hommes du renseignement israélien dans la libération des otages
en Colombie.
La signature des ex-du MOSSAD et/ou des ex-SERVICES d'intelligence de TSAHAL
existe bien et semble tout a fait "lisible". Dans les prochains jours les
journalistes du Yedioth et MAARIV vont certainement livrer des pages
d'informations confidentielles.
[...]
Source: IsraelValley
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Sans besoin de la France ni de Chavez
La libération d'Ingrid Betancourt par l'armée d'Uribe sonne le glas des FARC
3 Américains et 11 militaires et policiers également délivrés
LatinReporters.com
BOGOTA, jeudi 3 juillet 2008 - Réussie le 2 juillet, la libération par l'armée
colombienne de 15 otages des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie)
sonne le glas, en tout cas politiquement, de cette vieille guérilla marxiste
déjà très affaiblie militairement. D'autant que la Franco-Colombienne Ingrid
Betancourt et les trois Américains qui sont parmi les libérés étaient les pièces
maîtresses du chantage par lequel les FARC prétendaient contraindre Bogota à
négocier d'égal à égal.
Critiqué et vilipendé durant des années, par la famille et les comités
Betancourt, par la France et par des pays latino-américains autoproclamés
progressistes qui, tous, prônaient une négociation avec les FARC pourtant
déclarées terroristes par l'Union européenne et les Etats-Unis, le président
conservateur colombien Alvaro Uribe tient désormais une éclatante revanche.
C'est son armée et elle seule, avec il est vrai l'appui technologique des
Etats-Unis, qui a délivré les 15 otages, sans même tirer un seul coup de feu ni
faire la moindre victime. En France, la soeur d'Ingrid, son ex-mari, ses deux
enfants, le Quai d'Orsay, la présidence et les comités dits de soutien ne
cessaient pourtant de prier Uribe de cantonner ses troupes dans les casernes
sous prétexte que tout mouvement mettait en péril la vie des otages. Le comble
est qu'on a eu l'impression que mercredi soir, à Paris, tout ce beau monde, sauf
néanmoins le président Sarkozy, qui a félicité Uribe et son armée, s'attribuait
un rôle décisif dans la libération d'Ingrid Betancourt.
Ingrid elle-même a balayé cette impertinence. Car à peine avait-elle embrassé sa
mère Yolanda Pulecio en débarquant sur la base militaire proche de Bogota, que
la célèbre ex-otage disait "Merci à mon armée de ma patrie la Colombie... Je
demande aux Colombiens de croire en notre armée". Elle exprimait aussi sa
reconnaissance au président Uribe pour avoir assumé le risque de la délivrer.
"Une opération de libération est une option moins mauvaise que la séquestration"
a argumenté Ingrid Betancourt. Après six ans et quatre mois dans le bagne
révolutionnaire des FARC, elle sait de quoi elle parle. L'étonnant est que ni
son aplomb ni son sourire ni les traits de son visage ne reflètent la santé
vacillante qu'on lui prêtait depuis des mois. Tout au plus cherchait-elle ses
mots dans un long "Merci la France", en français.
Opération héliportée après infiltration des FARC
Les otages, dont Ingrid Betancourt et les Américains Marc Gonsalves, Thomas
Howes et Keith Stansell, sous-traitants du Pentagone dans la lutte contre la
drogue, ont été libérés lors d'une opération héliportée de l'armée, a annoncé à
la presse le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Onze
militaires et policiers colombiens, officiers et sous-officiers, ont également
retrouvé la liberté lors de cette opération, menée dans la province de Guaviare,
dans le sud-est de la Colombie.
Selon le ministre Santos, "les otages ont été libérés lors d'une opération de
l'armée au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des
FARC, celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe
d'otages".
Comme les otages séquestrés étaient divisés en trois groupes, l'armée, invoquant
grâce à ses agents infiltrés parmi les gardiens guérilleros un faux ordre
d'Alfonso Cano, le nouveau chef des FARC, a obtenu que les otages soient réunis
"soit-disant toujours sur ordre de Cano" par leurs geôliers et que leur
transfert se déroule dans un lieu du sud du pays.
"Puis un hélicoptère, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à
son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de
regroupement à proximité du département du Guaviare", a précisé M. Santos.
"César", le chef des geôliers des FARC, et ses guérilleros ont été immédiatement
"neutralisés et les otages sont actuellement libres", a annoncé M. Santos.
Le ministre a également affirmé "que grâce à diverses procédures, il a été
possible d'infiltrer" le secrétariat des FARC, organe suprême politique et
militaire de la guérilla.
Selon Ingrid Betancourt, "il n'existe pas de précédent historique d'une
opération aussi parfaite".
Le président Alvaro Uribe renforcé
La Franco-Colombienne appelle à la mobilisation pour faire libérer les centaines
d'otages que détiennent encore les FARC et elle reconnaît nourrir toujours à 46
ans une ambition présidentielle. Elle n'en loue pas moins le ciel d'avoir offert
à la Colombie la réélection en 2006 du "très bon président" Alvaro Uribe. Son
voisin, le président vénézuélien Hugo Chavez, appréciera. Il ne cesse, malgré
des embrassades épisodiques, de traiter le président Uribe de mafieux et de
paramilitaire. Les six otages remis au début de l'année à Chavez par les FARC
n'étaient malgré eux que les pions d'une stratégie visant à redorer l'auréole
nationale et internationale du bouillant Vénézuélien en échange de son aide
militaire et financière à la guérilla. Début juin, Chavez priait néanmoins les
FARC d'abandonner les armes au profit de la politique. Comme Sarkozy, le leader
du socialisme bolivarien rêvait de parrainer la libération d'Ingrid Betancourt.
C'est loupé.
Le prestige de cette libération revient à Alvaro Uribe et à son ministre de la
Défense, Juan Manuel Santos. Preuve en est, parmi d'autres, le "Grand merci au
président Uribe, à Juan Manuel et à toute l'armée" offert par la mère d'Ingrid,
Yolanda Pulecio, qui ne jurait pourtant ces derniers mois que par Chavez,
croyant voir en lui la clé de la libération de sa fille.
Jouissant déjà d'une popularité intérieure supérieure à 80%, sans égale sur le
continent américain, Alvaro Uribe, grâce à la spectaculaire libération des 15
otages, est désormais mieux armé pour faire face à tous les types de guérilla:
celle des FARC, qui a déjà perdu cette année trois de ses sept principaux chefs,
dont l'historique Manuel Marulanda, et la guérilla institutionnelle de la Cour
suprême colombienne de justice. Celle-ci met en doute la légitimité d'Alvaro
Uribe en attribuant à la corruption présumée d'une seule parlementaire, Yidis
Medina, l'approbation de l'amendement constitutionnel qui a permis la réélection
du président en 2006.
Sur le plan international, le renforcement du conservateur Uribe, félicité
notamment par le Vatican, par Washington, par l'Organisation des Etats
américains, la Commission européenne, le Chili, la France, etc. servira de point
de repère aux adversaires de la gauche radicale qui gouverne le Venezuela, la
Bolivie et l'Equateur.
Réussir à libérer des otages sans rien devoir payer en échange est, par les
temps qui courent, une leçon quasi planétaire. Le candidat républicain à la
Maison blanche, John McCain, en visite en Colombie au moment de la libération
dont viennent donc de bénéficier aussi trois Américains, recueillera peut-être
quelque dividende électoral de sa présence à ce moment providentiel. Comme le
suggère l'analyste international Isaac Bigio, l'un des plus cités par les médias
latino-américains, McCain pourrait présenter, pour contrer son rival démocrate
Barack Obama, la fermeté payante d'Alvaro Uribe comme le chemin à suivre pour
vaincre en Irak et traquer efficacement Oussama Ben Laden.
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