Entre la « guerre juive » et le « complot américano-sioniste »
par Pierre-André Taguieff
L'Arche, n° 543, mai 2003.
©L'Arche
"La guerre pour la bourgeoisie c'était déjà bien fumier, mais la
guerre maintenant pour les Juifs! [...] On s'est étripé toujours
sous l'impulsion des Juifs depuis des siècles et des siècles [...]."
Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre, Paris, Denoël, 1937, p.
86-87.
Depuis l'automne 2002, l'antiaméricanisme à la française [1] s'est de plus en
plus clairement teinté de judéophobie, à travers une intensification du discours
« antisioniste » convenu, certes, mais aussi par la diffusion croissante d'une
représentation antijuive bien connue des historiens des années 1930, celle de la
« guerre juive » [2].
On sait que l'un des premiers usages idéologico-politiques des Protocoles des
Sages de Sion, entre 1918 et le début des années 1930, a été de justifier la
désignation des Juifs comme responsables de la guerre de 14-18.Dans la seconde
moitié des années 1930, le recours au mythe du complot juif mondial, véhiculé
par les Protocoles, a permis de dénoncer l'éventuelle guerre des démocraties
contre le régime nazi commeune « guerre juive ».
« Les bellicistes »
La récurrence de ce type d'accusation mérite d'être prise au sérieux et
inter-rogée.De la «guerre juive» à «l'agression américano-sioniste» :
persistance et métamorphose d'un stéréotype accusatoire, à travers lequel
s'opèrent la crimi-nalisation et la diabolisalion des «Sages de Sion» sous les
multiples noms dont on les affuble (le «lobby juif»,le «lobby sioniste», «les
sionistes et leurs alliés»,le «lobby pro-israélien»,le «sionisme mondial»,le
«pouvoirjuif», etc.) [3].
Dans les deux cas,en 1936-1939 et en 2002-2003,l'opposition à la guerre contre
une dictature reconnue comme telle prend la forme d'une puissante vague
«paci-fïste». Si l'ennemi est «belliciste», et à ce titre monopolise le statut
d'agresseur (réel ou potentiel), les anti-bellicistes se définissent eux-mêmes
comme partisans de la paix.
Face au messianisme démocratique à l'américaine, les plus gauchistes d'entre les
pacifistes américanophobes recourent volontiers aux arguments de base de la «
rhétorique réactionnaire », telle que l'a magistralement analysée Albert
Hirschman [4]. Toute tentative de modifier l'ordre international existant est
récusée au nom de trois types d'arguments: le risque d'engendrer des effets
contraires au but recherché(effet pervers);l'inutilité de l'action entreprise,
supposée impuissante à modifier le statu quo(inanité);le risque de bouleverser
une organisation fragile, représentant de précieux acquis (mise en péril). Si
tout est inconditionnellement préférable à la guerre, alors la servitude est
absolument légitimée. La prescription d'éviter la guerre à tout prix a conduit
naguère nombre de bons esprits à célébrer les accords de Munich. Des sociali-
stes pacifistes à l'extrême droite nationaliste.
Le maurrassien Pierre Gaxotte écrivait dans Je suis partout daté du 30
septem-bre 1938: « Quant à nous, il n'y a plus, à nos yeux, que deux partis:
ceux qui sont pour la France et ceux qui sont pour la guerre.» Quelques mois
plus tard, Paul Ferdonnet, publiciste stipendié par l'Allemagne nazie, publiait
La Guerre juive [5], qui commençait par ces propos dénués d'ambiguïté, datés de
« Noël
1938 »:«[...]Ces parasites, ces étrangers, ces ennemis intérieurs, ces Maîtres
tyranniques et ces spéculateurs impudents, qui ont misé, en septembre 1938, sur
la guerre,sur leur guerre de vengeance et de profit, sur la guerre d'enfer de
leur rêve messianique, ces bellicistes furieux, il faut avoir l'audace de se
dresser sur leur passage pour les démasquer; et, lorsqu'on les a enfin reconnus,
il faut avoir le courage de les désigner par leurs noms : ce sont les Juifs. »
[6]
« Sionisme mondial »
Considérons le discours « antiguerre » des premiers mois de 2003 à travers le
matériel constitué par les appels aux manifestations, les tracts distribués, les
banderoles et les pancartes brandies, les slogans proférés. Non seulement
l'intervention militaire anglo-américaine contre le régime de terreur de Saddam
Hussein a été assimilée aux réactions israéliennes contre les terro-ristes
palestiniens, mais aussi et surtout les Israéliens, et plus largement les
représentants du mythique «sionisme mondial»,ont été accusés d'être à l'origine
de la nouvelle « guerre d'Irak ».
Des listes de conseillers du président américain,« juifs », « sionistes » ou
« proches du Likoud », ont circulé sur Internet, et la presse, même la plus
« respectable », a relayé ces accusations ou ces soupçons, visant un Bush
manipulé par « les Israéliens » ou des « conseillers juif ». A l'amalgame
polémique « Bush = Sharon » (également et semblablement « assassins ») s'est
ajoutée une vision conspirationniste, que traduisent diverses images
schéma-tisantes : du « complot américano-sioniste » (où les « sionistes » sont
censés
rester dans l'ombre, ou agir de façon occulte) à « Bush valet de Sharon ».
Les Juifs, une fois de plus, sont ainsi désignés comme les vrais responsables
d'une guerre, et d'une guerre qui, dans le contexte géopolitique contemporain,
affecte le système mondial des États. Une nouvelle guerre sinon mondiale, du
moins mondialisée à bien des égards.
La croyance à l'action des démons, censée expliquer l'origine des malheurs des
humains, donne son assise à la judéophobie « antisioniste » [7]. La fixation de
la haine « antisioniste » sur un Sharon nazifié (et, entant que tel, devenu
synecdoque de l'État « raciste » et « fasciste » d'Israël) permet de formuler un
slogan de ce type:« Hitler en a oublié un : Sharon » [8], slogan justifiant le
génocide nazi des Juifs qu'ont osé crier des milliers de manifestants lors d'une
manifestation en faveur de la Palestine, à Amsterdam, en avril 2002. La
dénonciation néo-gauchiste de la « Busherie » peut ainsi glisser vers les
« antisionistes » de l'autre bord,les néo-fascistes de l'hebdomadaire Rivarol,
jubilant de pouvoir enfin dénoncer, en phase avec une importante partie de
« l'opinion mondiale », la « Busherie kasher ».
Paris VIII
De multiples incidents antijuifs se sont produits depuis la fin des années 1990
dans les universités françaises, où des groupes gauchistes et pro-palestiniens
font régner un terrorisme intellectuel qui rappelle l'époque de la guerre
froide, quand les staliniens exerçaient leur dictature idéologique dans certains
établissements universitaires. Après des années d'une intense
propagande « antisioniste » fondée sur la nazification des «
Juifs-Israéliens-sionistes », l'Union générale des Étudiants tunisiens (UGET)
[9] a organisé du 25 au 27 mars 2003, dans le hall d'entrée de l'université
Paris VIII (Seine-SaintDenis), en guise de célébration de la
nationale-palestinienne « journée de la Terre » (30 mars), une exposition
provisoire dont la dimension antijuive était à ce point évidente (caricature de
Sharon doté d'un nez proéminent, dessins de Juifs an nez crochu, citations «
antisionistes » de Roger Garaudy,
etc.)que même des enseignants gauchistes, palestinophiles par définition, s'en
sont aperçus. Le thème de la manipulation « sioniste » de la politique
améri-caine ne manquait pas à l'appel, comme le montre cette citation de Roger
Garaudy: « Le Premier ministre d'Israël a beaucoup plus d'influence sur la
politique étrangère des États-Unis au Proche-Orient que dans son propre pays.»
[10]Au milieu des drapeaux palestiniens tapissant le hall, le visiteur tombait
sur une série de photos choisies pour provoquer l'indignation, sur le thème
« Massacre à Jénine », pièce maîtresse de la propagande palestinienne depuis le
printemps 2002 [11].
Serge Thion
Deux journalistes de Marianne décrivent et racontent ce qu'elles ont vu et
entendu dans cette exposition : « Des corps mutilés, des crânes explosés, et des
explications "historiques " sur la naissance de l'État d'Israël, construit sur
les ruines des villes palestiniennes. Des pancartes résument: "sionisme
=impérialisme=fascisme ". [...] Un étudiant juif tente - en vain - d'expliquer
la définition du sionisme à un public plus que réfractaire. Le ton est donné.
Pendant ce temps, un "étudiant" (d'une bonne quarantaine d'années) crie dans un
micro: "Tout le monde sait qu'Israël est derrière la guerre en Irak."
L'auditoire applaudit. Les propos sont sans appel: "Sionistes et Juifs, ça
revient au même." [12] »
Le négationniste Serge Thion, ravi de la nouvelle conjoncture « antiguerre » où
l'antisionisme de propagande fusionne avec un antiaméricanisme mystique, écrit
dans le numéro 16, paru en janvier 2003, de sa revue La Gazette du Golfe et des
banlieues [13], à propos de la « composition » de « l'équipe Bush » :
«[...]On peut se demander légitimement, si ce ne sont pas des Juifs israéliens
ou pro-israéliens qui dirigent le gouvernement américain. » Le 10 avril 2003
paraît le numéro 20 de ce périodique caricaturalement haineux,« antisioniste »
autant qu'américanophobe. On y lit en guise d'avertissement au lecteur: « Née en
1991 de la révolte contre la guerre imposée par les pétroliers américains, elle
[La Gazette...] avait paru sans périodicité fixe. Ranimée par l'éclatant
retour de l'impérialisme américain dévoilé par la divine surprise du 11
septembre, elle avait adopté un rythme mensuel sans en faire un dogme. Le
dernier numéro, 19, paru après le déclenchement de la guerre par le quarteron
des néo-cons sionistes qui agitent la marionnette boucharde, a été submergé et
distendu par le flot de l'actualité. [14] »
D'abréviation usuelle pour « neo-conservatives », l'expression « neocons », en
langue française, se transforme subrepticement en terme insultant. Un certain
Christophe Deroubaix, dans le quotidiencommuniste L'Humanité, après avoir
affirmé que «Bush applique,les unes après les autres,les idées des "neocons"»
présente ainsi Paul Wolfowitz, « l'éminence grise »: «Le véritable chef de la
bande des "neocons", c'est lui [...]» [15]. Voilà qui doit faire beaucoup
ricaner, dans les troupes clairsemées des néostaliniens.
Israël Shamir
Le 20 mars 2003, dans la lettre d'information (diffusée sur Internet) de
l'Association médicale franco-palestinienne (AMFP, Marseille), Point
d'infor-mation Palestine [16], on pouvait lire un texte judéophobe et
conspirationni-ste signé Israël Shamir, « Les oreilles de Midas », dénonçant
violemment les
« magnats juifs des médias » et la « juiverie organisée » (Organised Jewry),
celle-ci étant par lui accusée d'être aujourd'hui responsable de la « guerre en
Irak » comme elle aurait d'une façon occulte, naguère, après avoir « acheté
secrètement et subverti les médias français durant de nombreuses années »,
précipité les Français « dans l'horrible et totalement inutile Seconde Guerre
mondiale ».
Ainsi parle Israël Shamir, l'un de ces Juifs antijuifs [17] qui, s'affirmant
« antisionistes », sont devenus des intellectuels organiques de la « cause
palestinienne » et se sont rapprochés des milieux négationnistes (« notre ami
Israël Shamir »: c'est ainsi que Serge Thion, l'ex-bras droit de Robert
Faurisson, le présente sur son site, avant de diffuser l'un de ses
articles)[18]. Shamir affirme que « les Juifs », qu'il oppose aux « gens normaux
»,
« règnent en maîtres en Amérique », et précise son accusation: « La juiverie
organisée ne cesse de pousser à la guerre tout en déniant toute prise de
position et tout engagement en la matière ».
Cet « antisioniste » militant enchaîne en posant la question rhétorique suivante
: « Est-il totalement impensable que les Juifs américains aient pris secrètement
le contrôle de leurs médias nationaux et soient aujourd'hui en train de
précipiter les États-Unis dans une horrible et totalement inutile Troisième
Guerre mondiale ? » La prescription s'impose: « Faisons en sorte que les
conseillers juifs du président Bush soient virés. Ces comploteurs sont
incapables de tenir ce qu'ils ont promis [...]. Ils ont poussé le bouchon trop
loin. »
Les articles « antisionistes » de Shamir sont disponibles sur des sites
néga-tionnistes[19],islamistes et pro-palestiniens.Un des articles disponible
sur le site www.solidarite-palestine.org se termine par cette prophétie fondée
sur la christification des Palestiniens: « Même si l'on crucifie tous les
Pales-tiniens jusqu'au dernier sur le Golgotha, l'Etat juif d'Israël n'a d'autre
réalité que virtuelle et ne verra jamais le jour. »
Dans un autre article daté de septembre 2002, diffusé sur le site du Parti des
Musulmans de France (PMF) au début de février 2003, Shamir écrit : « [...] Les
élites juives américaines poussent à l'Armageddon [...] afin de placer l'État
juif au sommet de la hiérarchie mondiale. C'est le plan d'un mégalomane, mais ce
sont des mégalomanes qui sont aux manettes de la superpuissance mondiale
unique[...]»On comprend dès lors pourquoi Shamir, récusant le projet politique
fondé sur la coxistence des deux États, l'un juif, et l'autre palestinien, est
un ferme partisan du démantèlement de l'État d'Israël [20], en vue de créer un
nouvel État, déjudaïsé, incluant Juifs et Palestiniens. Sur ce même site, où le
président du PMF, Mohamed Ennacer Latrèche, dénonce inlassablement « le plan
américano-sioniste », on lit à la fin d'un communiqué de presse du PMF, daté du
20 octobre 2002: « Le PMF adresse au peuple irakien et à son président ses
meilleurs voux de bonheur et de prospérité,tout en lui assurant son entier
soutien dans sa résistance aux projets dévastateurs américano-sionistes. »
Diabolisation
La propagande pro-palestinienne aveugle et vindicative ne fait nullement
avan-cer la cause palestinienne, elle ne contribue en aucune manière à la
création d'un État palestinien, elle a pour seul résultat de nourrir
l'imaginaire anti-juif,en radicalisant la haine anti-israélienne [21]. Ceux qui,
comme moi, sont convaincus de la nécessité de créer un État palestinien
souverain se heurtent aujourd'hui à la dure réalité du total refus, par la
majorité des défenseurs de la cause palestinienne, de l'existence même de l'État
d'Israël.
La diabolisation d'Israël et de l'Occident, pour les «gouvernements à la fois
autoritaires et inopérants qui règnent sur presque tout le Moyen-Orient» [22],
est une condition de survie. Comme l'a montré Bernard Lewis, la désignation de
responsables imaginaires et de coupables fictifs présente pour ces
gouverne-ments plusieurs avantages essentiels:«Expliquer la pauvreté qu'ils sont
inca-pables de réduire,légitimer un pouvoir despotique qui ne cesse de
s'alourdir, détourner le mécontentement croissant de la population vers d'autres
cibles [23]».
Philosophe et historien des idées, Pierre-André Taguieff est directeur de
recherche au CNRS(derniers ouvrages publiés, en 2002: La Nouvelle judéophobie,
Paris, Mille et une nuits; L'Illusion populiste, Paris, Berg International). Cet
article, publié ici en exclusivité, est extrait d'un livre qui paraîtra en
septembre aux Éditions Fayard/Mille et une nuits.
Notes.
1. Voir l'indispensable ouvrage de Philippe Roger, L'Ennemi américain.
Généalogie de l'antiaméricanisme français, Paris, Le Seuil, 2002.
2. Voir notamment Ralph Schor, L'Antisémitisme en France pendant les années
trente. Prélude à Vichy, Bruxelles, Éditions Complexe, 1992; Richard Millman, La
Question juive entre les deux guerres. Ligues de droite et antisémitisme en
France, Paris, Armand Colin, 1992.
3. Le site de Radio Islam, fondé et animé par l'islamiste Ahmed Rami (qui
diffuse les Protocoles des Sages de Sion et toutes les formes de littérature
négationniste), fait circuler des listes de Juifs (parfois imaginaires) qui
dirigeraient en secret la politique américaine. Dans l'administration Clinton,
Rami avait repéré, en 1998, un nombre impressionnant de Juifs, de Madeleine
Albright à Janet Yellen. Au début de 2002, Rami fait circuler une nouvelle
liste, Jews in the Bush Administration, comprenant notamment Elliott Abrams,
Josh Bolten, Ari Fleischer, Jay Lefkowitz, Richard Perle, Paul Wollowitz. Dans
la littérature anti-américaine récente se sont multipliées les attaques contre
l'administration Bush fondées sur ces listes de patronymes,censées prouver que
le pouvoir politique,aux États-Unis,est «gouverné par les Juifs». Variations sur
le thème : « Le lobby sioniste dirige l'Amérique ». En France, l'un des
principaux périodiques de la mouvance lepéniste, National Hebdo, a consacré une
série d'articles à la dénonciation des inspirateurs ou des leaders juifs des
faucons américains qui viseraient, à travers la « destruction de l'Irak »,
l'établissement du « Grand Israël ». Voir Michel Limier, « Paul Wolfowitz,
pousse-au-crime de George W. Bush », National Hebdo,n° 968, 6-12 février 2003,
p. 7; Id., « Les faucons de George W. Bush(2) », National Hebdo, n° 969, 13-19
février 2003, p. 7. « Michel Limier » est le pseudonyme d'un disciple d'Henry
Coston, qui pourrait être Emmanuel Ratier, journaliste spécialisé dans la
littérature de dénonciation conspirationniste. Voir E. Ratier, Mystères et
secrets du B'nai'B'rith, Paris, Facta, 1993; Id., Les Guerriers d'Israël.
Enquête sur les milices sionistes, Paris, Facta, 1995.
4. Voir Albert O. Hirschman, Deux siècles de rhétorique réactionnaire, tr. fr.
Pierre Andler, Paris, Fayard, 1991.
5. Paris,Éditions Baudinière,1939 [début].Dans ce libelle besogneux, Ferdonnet
cite notamment le premier des pamphlets antijuifs de Louis-Ferdinand Céline,
Bagatelles pour un massacre (op. cit.) - mis en vente le 28 décembre 1937 -,
dont le thème central est précisément la dénonciation du « bellicisme juif » et
de la préparation d'une « guerre juive ».
6. Paul Ferdonnet, La Guerre juive, op. cit., avant-propos, p. 9-10.
7. Voir Léon Poliakov, « Causalité, démonologie et racisme. Retour à Lévy-Bruhl
? » [1980], in Pierre-André Taguieff (dir.), Les Protocoles des Sages de Sion,
tome II: Études et documents, Paris, Berg International, 1992, p. 419-456.
8. Slogan cité par Eric Krebbers et Jan Tas, « Comment éviter quelques pièges
antisémites », De Fabel van de illegaal, n° 52-53, été 2002 (traduit du
hollandais par Yves Coleman).
9. L'UGET prétend que l'autorisation administrative d'organiser cette exposition
a été donnée au Comité de soutien à la Palestine.
10. Extrait de Roger Garaudy, Palestine, terre des messages divins, Paris,
Albatros, 1986 (traduit en arabe); rééd., Éd. AI-Fihrist, 1998 (en vente sur des
sites Internet islamistes et négationnistes). Dans un autre extrait de ce livre,
la loi israélienne du retour était mise en parallèle avec les lois racistes de
Nuremberg. Selon le communiqué de l'UEJF du 28 mars 2003, 32 pages du livre de
Garaudy auraient été reproduites sur les panneaux de cette exposition.
11. Des photos des victimes palestiniennes des affrontements qui eurent lieu à
Jénine sont ainsi légendées:«ça s'est réellement passé à Jénine contrairement à
ce que le Lobby juif vous a fait croire ».
12. Natacha Polony et Sarah Weisz, « Manifs des jeunes. Chansons pacifiques
contre appels à la haine », Marianne, n° 310, 31 mars - 6 avril 2003.
13. Serge Thion a fondé La Gazette du Golfe et des banlieues en 1991. En octobre
2001 paraît le premier numéro de la nouvelle série de ladite Gazette, sur
Internet.
14. Serge Thion, in La Gazette du Golfe et des banlieues, n° 20, 10 avril 2003,
p. 3-4.
15. Christophe Deroubaix, « Cette idéologie ultra qui domine Washington »,
L'Humanité, 19-20 avril 2003, p. 4, 6.
16. Cette lettre d'information francophone (6800 destinataires), se présentant
comme une revue de presse hebdomadaire, a été créée en 1999 par deux militants
pro-palestiniens qui se disent «franchement de gauche»:Pierre-Alexandre Orsoni
et Marcel Charbonnier(traducteur de Shamir et d'autres auteurs
«antisioni-stes»). L'Association médicale franco-palestinienne de Marseille est
coiffée par l'Association France-Palestine Solidarité (créée en mai 2001 à
partir de l'AMFP et de l'Association France-Palestine). L'AFPS participe aux
activités de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine qui regroupe 34
associa-tions. Voir Michel Henry, « Charge antisémite d'une association
propalestini-enne. La branche marseillaise de l'AMFP a diffusé un texte
ordurier», Libéra-tion,3 avril 2003,p.24; Ariane Chemin, « Un bulletin Internet
pro-palestinien publie un texte antisémite.L'association France-Palestine
Solidarité a conda-mné son contenu et sa diffusion»,Le Monde,5 avril
2003,p.15.Bernard Ravenel président de l'AFPS,a condamné le «contenu
explicitement antisémite» de l'arti-cle de Shamir et rompu avec le groupe
marseillais.Le traducteur Marcel Charbo- nnier a démissionné de
l'AMFP-Marseille, mais celle-ci n'a pas pour autant présenté ses excuses, et
continue de diffuser des articles de Shamir.
17. Certains milieux palestiniens (par exemple Hussein Ibish et Ali Abunimah)
mettent cependant en doute la judéité de Shamir et le considèrent comme un des
nombreux olim russes orthodoxes installés en Israël.
18. Dans La Gazette du Golté et des banlieues, dès le premier numéro de la
nouvelle série (octobre 2001), on peut lire un article d'Israël Shamir,
«Comment saper les bases de l'édifice de la violence», repris de Point
d'information Palestine, n° 165, 28 août 2001. Dans le n° 15 (décembre 2002) de
la Gazette négationniste, on peut lire un autre article de Shamir (« La pluie
verte de Yassouf », hymne aux Palestiniens qu'on trouve publié dans de nombreux
autres périodiques), ainsi qu'une étude de Maria Poumier (« Les Juifs à Cuba »).
On retrouve la prose de Shamir dans le numéro 16 (janvier 2003), où l'on peut
lire notamment un article «antisioniste» de Ginette Hess-Skandrani, présidente
de « La Pierre et l'Olivier » et membre fondatrice des Verts:
« Décolonisation de la Palestine ». L'association « La Pierre et l'Olivier »,
créée à Paris en 1990, se présente comme un « réseau de solidarité avec le
peuple de Palestine ».
19. Par exemple, outre la revue de Serge Thion, La Gazette du Golfe et des
banlieues, les publications de Ernst Zündel et de Michael A. Hoffman II.
Précisons que le journaliste et publiciste Hoffman dirige le périodique
Revisionist History (devenu Revisionist History Newsletter), et qu'il est
l'auteur de plusieurs pamphlets ou libelles antijuifs, dont Secret Societies and
Psychological Warfare (nouvelle édition revue et augmentée, 2001), où il dénonce
notamment la prétendue pratique du crime rituel chez les Juifs. Mais on trouve
également des articles du communiste Shamir, ancien journaliste
(encore dans les années 1990) à la Pravda, dans le journal antijuif russe de la
mouvance communiste, Zavtra, où il signe « Robert David ». Sa spécialité est de
voir partout la main cachée du Mossad. Zavtra (« Demain ») a pour rédacteur en
chef l'extrémiste Alexandre Prokhanov, incarnant la synthèse
communiste-nationaliste des « rouges-bruns »). Voir Vadim Rossman, Russian
Intellectual Antisemitism in the Post Communist Era, Lincoln et Londres, The
University of Nebraska Press, et Jérusalem, SICSA, 2002, p. 24, 98 (note
73),110- 111, 131, 136 (note 37), 142 (note 118). Sur Prokhanov, voir Walter
Laqueur, Histoire des droites en Russie. Des centuriesnoires aux nouveaux
extrémistes [1993], tr. fr. Dominique Péju (avec la coll. de Serge
Zolotoukhine), Paris, Michalon, 1996, p. 161-162, 198-199, 281-282, 326. Hoffman
a, par exemple, publié en traduction américaine un article de Shamir paru dans
Zavtra, le 31 octobre 2000: « The Jews of Russia and Palestine : A Comparison »
(« Campaign for Radical Truth in History », archives).
20. Shamir s'affirme, selon une formule routinisée, « pour la déconstruction de
l'État juif raciste ».
21. Voir le remarquable dossier « Vérité sur deux ans d'Intifada » sous la
direction de Meïr Waintrater, dans le mensuel L'Arche, n° 536-537,
octobre-novembre 2002, p. 42-87.
22. Bernard Lewis, Que s'est-il passé ? L'lslam, l'Occident et la modernité, tr.
fr. Jacqueline Camaud, Paris, Gallimard,2002, p.221.
23. Ibid.
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