Eileo simplifie “l’auto-partage”
11/01/2007
Onze étudiants ont développé une technologie permettant d’administrer sur Internet le partage de véhicules par plusieurs conducteurs.
Tout a commencé
sur le campus de l’Ecole normale supérieure de Cachan (Val-de-Marne). En
1999, onze étudiants répondent au concours lancé par la fondation Altran à l’occasion
des festivités du passage à l’an 2000. Ils n’auront que le deuxième
prix, donc pas le financement pour lancer leur idée, mais iront quand même jusqu’au
développement d’un prototype de scooters en libre-service. Persuadés que leur
solution a un avenir industriel, les étudiants se cotisent pour rassembler les
50 000 euros nécessaires à la création d’une entreprise, Eileo. Arnaud
Lejeune, qui prend la direction de l’entreprise, renonce donc à passer l’agrégation
mais décroche un MBA à l’Institut d’administration de Paris.
Grâce à un autre étudiant en stage de thèse chez Renault, le système retient l’attention
du constructeur, qui passe une première commande de développement sur la
technologie de transpondeur déporté sur un boîtier externe (brevet
international), pour un projet sur le site d’Abbeville. Elle permettra de
financer l’entreprise pendant trois ans, jusqu’à la commercialisation
de sa solution de suivi de flotte et de partage de véhicule, en 2003. Le boîtier
électronique qui associe GPS, GPRS et RFID, permet en effet de suivre en temps réel
des véhicules où d’organiser le partage d’une même voiture entre plusieurs
conducteurs, via une plate-forme internet.
L’ENTREPRISE
Siège Paris 19e
Dirigeant Arnaud Lejeune
Statut SAS
Capital 71750 euros
Actionnaires Salariés (80%), investisseurs privés
(20%)
Chiffre d’affaires 2006 450000 euros
Effectif 8 personnes
Développé par Eileo, il est assemblé par Micronique à Corbeil (Essonne). un marché
en croissance de 50% par an Eileo n’est pas seul sur le marché de l’auto-partage,
mais sa technologie pourrait faire la différence. Que ce soit le précurseur, le
suisse Mobility, l’allemand Cambio, ou aux Etats-Unis, ZipCar, Flexcar,
et City-Carshare, tous utilisent des solutions techniques propriétaires, basées
sur des codes d’accès et des coupe-circuits. Celle de l’allemand
Invers nécessite même l’installation de coffres forts dans les voitures
pour la gestion des clés.
Pour s’imposer, Eileo ne compte pas opérer directement des services d’autopartage,
mais uniquement fournir sa technologie, qui présente l’avantage de ne pas
toucher à l’électronique des voitures, donc de conserver la garantie constructeur
intacte, tout en résolvant le problème des clés. Son modèle économique est basé
sur un abonnement mensuel par véhicule (60 à 90 euros hors taxe). Il a déjà séduit
les assoctions françaises France- Autopartage (Marseille, Grenoble),
Auto’trement (Saverne), Clip Auto (Nîmes), Auto Comm (Bordeaux), ainsi que
les mairies du Kremlin- Bicêtre et de Villejuif (Val-de- Marne), pour les véhicules
de service.
GPS, GPRS et RFID : les gestionnaires de flottes
Eileo a développé une solution matérielle et
logicielle de partage de véhicule pour les gestionnaires de flottes publiques ou
privées.
Dans les voitures, un boîtier associant GPS (géolocalisation), GPRS (transfert
de données via réseau mobile) et RFID (carte « pass » sans contact) assure l’échange
de données à distance pour la réservation, la localisation et l’identification
des différents conducteurs.
Un système breveté permet de déplacer le transpondeur (système électronique d’identification
neutralisant l’anti-vol) présent dans les clés de contact vers le boîtier,
sans toucher aux circuits de la voiture et laissant valides les clés originales.
L’entreprise a même décroché un contrat à Sydney (Australie). Sur un marché
estimé à 10 millions d’euros aujourd’hui, en croissance de 50 % par
an, Eileo espère prendre 25 % d’ici à trois ans et vise un chiffre d’affaires
de 8 millions d’euros en 2009. Le principal de son activité est pour l’instant
réalisé avec le suivi de flottes en temps réel, grâce au composant GPS inséré dans
le boîtier. 280 camions frigorifiques Servair et la distribution du quotidien gratuit
Metro sont ainsi suivis via internet.
Aurélie Barbaux